I.AUDA , SI0>" , SALVATOUEM
Sion, réjouis-toi : que tes pieux cantiques. Enflammés par l'aiiioiir, ébranlent tes portiques : Loue un Sauveur, un Dieu, ton guide el ion pasleur; Fais monter juscju'au ciel tes transports unanimes.
Les clianls les plus sublimes Ne sauraient de sa gloire (galer la splendeur. De son amour i)our nous ce beau jour esl la fétc. Dieu s'abandonne à riiomme; il devient sa coiupiète; Le Saint des saints réside au mdieu des mor:els. Tous les jou;s le Tres-llanl, devenu pain de vie,
J'our nous ^e sacrifii* , Et, sans quilter les cicux, habile nos autels. Convives du Seigneur, invités à sa table, Céldirons à l'envi ce myslèie adorable : Du bouiieiir des humains les anges sonl jaloux. D'un jour si solennel les p mipes el la gloiie
(consacrent la mémoire De ce festin d'un Dieu |)rèl à mourir pour nous. La vérité nous luit, la grâce se révèle. L'antique loi n'est plus : une Pâqiie nouvelle Appelle il son ban(|uel lous les peuples divers. L'aurore du salut succède à la nuit sombre ,
L'éclat du jour à l'ombre :
Le soleil de jusliee éclaire l'univers.
Dieu, se livrant pour l'iioinmc au plus affreux su|^
Iplice , > oubli élerniser ci; sanglant sacrilice Par un festin sacri', iiionnnienl immortel. Le p. in, le vin délruils, n'en sont que la ligure.
l/aiileur de la nature Ol.éil a son prêtre, et des<ciiil sur l'autel (1).
Les sens sont coiilondiis, la raison doit se tairc. Mais l.i foi sait percer b;s ombres ilii mystère , Ll reconnaît un Dieu (|ne cache un sacieinenl. L'Iioiniiie pai le; à sa voix Dieu s'emeiil, le cii I s'ouvre^
El b; cbrelien de( ouvre Le corps de son Sauveur sous un simple aliment. Le nain s<;ul s'idlie à nous, inysli rieiix sMiibole : El la 1 bair de l'Agneau, qui sur l'.iulel s'immole , Se couvre a nos ii;gards d'un voile l)ieiif'aisaiil. Son sang roule pour nous dans le suc de la vigne (2) :
(\) Ohrdirnie Doviino vnri liominii (Josué, x , I i)- \'i) De hf tjcnimtnc vint. (Marc,xiv, 2^.j
PROSPF.R
Ainsi SMMis rliaiino sijjno L'Iioinmo-IMoii loiil «Miiior nous est tonjonrs pn-scnt. Son ninoiir, sooondc par sa lonlo-pnissanro , Sait, sans ronipn*, aliorer, diviser son csscnco. Miiliiplior pour nous le plus grand des bicnfails ; SonI, il roniplil un cœur à ses leçons docile,
Sonl, il suflit à nnllc, Kl se prodigue à tous sans s'épuiser jamais. Il se donne an p«Mlienr, il se donne au fidèle. Tons deux niangenl enseinhie une eliair innnorlelle : Tous les deux rependani n'oiil pas le niéine sorl ; leslin hien dilTi-renl pour le juste el l'impie !
A la source de vie L'un l;ouve le salut, l'autre puise la mort. Saisis d'un saint respect, n'hésitons pas .i croire Qu'un fragnieiil de ce pain qui cache tant de gloire r.oinme le tout, d'un Dieu contient la majesté. Le prèlre qui le rompt ne rompt que l'apparence :
Le Dieu reste en substance.
Le couvre, et le nourrit de sa divinité. Chrt'tion , proslerne-loi ; lu vois le pain des anges, Saint el touchant ohjot de tes justes louanges! Pour riioninic voyageur mets céleste, heureux don ! Il se change en poison pour l'étranger coupable :
Et ce pain délectable , Le père le réserve aux fds de la maison. L'univers a de loin salué ce mystère.
L'Agneau pascal, déjà victime salutaire, Isaac sur l'autel offert et racheté , La manne, des Hébreux céleste nourriture,
iN'étaient que la ligure :
Les chrétiens ont joui de la réalité.
O Jésus! bon pasteur ! Ji'sus, vrai pain de vie , Vous qui, dans ce banquet où l'amour nous convie , Knivrc/, de douceurs liîs coeurs pursel lervents! Qu'il charme notre exil, que de ses chastes flammes
Il etnhrase nos âmes, El nous ouvre à la fin la terre des vivants. Scignoir, vous dont les mains à nos maux .ttlcnlives Pn-parenl un festin pour vos heureux convives, Qui les rassasie/, d'un pain délicieux , Lu jour, à leurs regards vous montrant sans nuage,
iVinne/.-lui l'héritage!
Dont jouissent d-jà les habitants des cieux.
PROSPER (saint), — poëlo chrétien du V siècle, consacra son talent aux sniets(l();j;mati(iucs, sujets ingrats pour la po(;sie dont ils exagèrent l(>s (lillicultés en lui laissant toujours quel({ne chose d'aride. Mais Prosper vivait dans un siècle oii les (juestions llié'ologiques passiunnaiettt vivement tous les esprits. Ses écrits furent donc lus avec intérêt , et exercèrent une grande iniluence en faveur des doctrines calli()li(pies soutenues par saint Augustin dans 1,1 (picstiou si dillicile et si ohscure de la gr.lce. (Vesl à la demande de saint Prosper (pie saint Augustin écrivit ses (i«*ux livres dr la Prt'drslimitinn (trx saintii cl (lu Don de prrst'vndnrr , dans l'intention de poursuivre el de délruirr entièrement les restes de l'hérésie de Pelage. On sait ipie d'autres héré-ticpies ont ahusé en sens contraire des doctrines de saint Prosper et des livres de saint Augustin, tant il est dillicile au gi'niede l'homme, lorsfpi'il veut marcher sans guides, de suivre la ligne droite de la vérité.
Le poème de saint Prosper contre 1rs InarrUs (et l'on sait (pie pnr iiKjrais il entend les ennemis de la grAcc ) , ce po(>me a été iniilô sans succc> par Louis Bacine, qui sé-