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VERSIFICATION

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VERSIFICATION.— 11 n'entre pas dans notre plan de donner ici un traité de versification, ft de répéter des règles générales qui d'ailleurs se trouvent partout. Nos remarques se borneront à tout ce (lui peut être particulier à la littérature religieuse dans la versitication en général.

Lorsqu'on traite en vers des sujets religieux, on ne saurait employer une versificalion trop pure ni trop correcte. Il faut cependant éviter la sécheresse et la roideur : car la beauté poétique, dans le genre religieux surtout, se compose de correction et de grâce.

S'il est un genre dans lequel les négligences ne sont pas permises, c'est incontestablement la poésie religieuse; mais nulle part aussi ne saurait être mieux à sa |)lace une élégante et douce simplicité : la versification doit être facile et n'avoir rien de trop recherché dans les formes.

La versification ne consiste pas seulement dans la mesure et dans la rime, mais aussi dans l'harmonie des sons, le choix et l'arrang»-ment des mots. Des vers sans {«oésie ne s«.'raient que de la prose rimée : il faut donc que l'hrTrmonie des sons réponde à l'harmonie des idées.

La versificatioti hébraïque a pour base le jiarallélisme poétique des idées, des mots et des sons, ce qui lui donne trois degrés d'harmonie dont nous ne pouvons apprécier d'une manière bien juste que les deux (iremiors, le troisième étant déterminé par une acci^ntuation dont la valeur en quelque sorte musicale, échajifjeà l'oreille même desi)lus habiles hébraisanls.

Dans les autres langue^onciennes, h; mètre des vers est déterminé f»ar los inilexions, r('gulièresde la prononciation. Kn franr.iis, le nombre seul clés syllalifîs, la siis|ierision de riiémisticlie et le mélange régulier des rirnos masculines et féminines sont lt;s seules règles précises, et c'est vc (\u\ rend les vers frafHjais plus dilliciles h bien faire (lue les vers grer;s ou l.itins, parce rpje le poêle, irioinn souletm (»nr la mesure, doit créer le riiylhmeel le nombre en choisiss.inllui-mèmr! \c.H sons rpii lui H/jUent l'fjreille et qui sont en rapftort avec les pensées qu'il ex|»riiiie.

I^ versilif;ati(>n Ir-uiçaise jixée [>;m- Uacimj d'ins Atfiatifi, |r; clief-<ro;uvre de la lillératuro de notre nation, ii'ii jiu subir, dr-pnis Ir; siècle dr; l>)iiis XiV qiir; (jes modilicalions peu importantes, et ces inodilications sont des réformes. Ainsi, [tar exeiijjiU-, rm est mainlen/iril l»e,iij«;onp plus sévère en fait de rimes rpi'on ne réi;)ii ,111 siècle dernier. La rime riche est maifiienanl rje rigueur, eli'rMi liouveiail in- "-•iflis/iriles cfrrlaines rimes même de Hacine. Fri revanche, on tolère rejijamij'-menl, lorsqu'il doil f'iit»; im,^^e, en rejet uit au coniine»i«eiMe(il /lu vers suivant un iivditi.ihl '|ui apidiUciil au imn» du vcTb i>rccc'dunt.

Mais il ne faut se servir que bien rarement de cette licence. {Voy. Cantiques, Hymnes, Poésie. )

Le concile de Tours de l'an 813, en décidant que les évoques expliqueraient l'Ecriture sainte en langue vulgaire, donna lieu à quelques essais de traductions de la Bible qu'on mit en rimes, afin de les graver plus facilement dans la mémoire. Ce n'étaient que des ébauches infoi^mes, comme on peut en juger par ces quelques versets empruntés au livre des Rois : Cumque venisset arca fœ~ deris Domini in castra, vociferatus est Israël clamore grandi, et personuit terra.

E cum l'arcbc vint en l'ost, Li poples deu duna un merveillus cri Que lute lu terre rebundi.

Et audierunt PhiUstiim vncem clamoris , dixeruntque : Quœnam est hœc vox clamoris mafjni in castris llœbrœorum ? Et coynoverunt quod arca Domini venisset in castra.

Li Pliilislien virent ccst cri Et distient quo deist cesl cri k'il ftint en l'ost? Appeiceurent sei (pie l'aith' l'ud veniie en lost.

Respondens autem ilte qui nuntiabat, Fii- (jit, inqnit, Israël coram rhilistiim, et ruina Tnaqna facta est in populo, hisuprr et duo filii tui mortui sunl, Opltni et PUinees, et arca De i capta est.

Les nos de fosl s'en sunt cnfuiz, K laidenienl siiiil dcs( nnliz, K mors sunl andie-dous tes fiz E farclie deu i uni eil pris.

A|>rès ces traductions riinées vinrent les chroniques également en rimes , et les chansons des troubadours ; mais la vt^rsilicalion ne prit lias avant le xiT siècle une apparence de régularité et d'Iiaiinonie. En 1130, un chevalier, nommé Rédiada, jtiiblia un [loeme sur la prise de Jérusalem ijui lit grand bruit^h ceib; éfMxpie, et dont il nu nous reste Vien. INmi de temps ,-i|)rès paru- KMit le roman du Chevalier du Ujon et le Hou de Normandie ; \\n\s vinrent llélin.tnl, ipii chaulait ses veis .'i la labh; de l'Inlippi; Auguste, comiiK! Df-modocns ou Jopjis aux baïKpuîls d'Alcinous el de Didoii; et Alexandre de Paris, cpii le |»rernier lit usage du grand vers de dou/.i; syllabes ampiel on a coiis«-rvé depuis le nom de vims ahixandriii, du nom de son inventeur, et aussi du nom du poemi; où il lut em|)loyé pour la jtremière fois ; cfir Alexandre diî Paris donna siui nom <'i son pociiK; allégoriqiM!, ou prit peiit-èire lui-même W, nom de son poème. L'Alexandre dont il est ipieslion dans celle crtmposilion bi/.arre n'iîsl pas le coïKjnérant Macédonien, mais bien Pliilip|i(î Augiislo sous |(! nom d'Alexandre. V'iMci comment l'auteur nous représente son conbèie en poésie, IL'Iifianl chaulant ses vers 6 lalablo de Philij'iie ;

VINCENT

VINCENT

liU

Onaiil li rois ot uvaiigw s'apola llolinant.

Por li osi>an<»i<'r (-oinniaïKU* qiio il rliaïU.

Cil oommiMico à iioltT ainsi ((tm" li jaiaiil

MonUT volilnM\l an ciel, conio ponl mcscrtianl.

Entre les diex y ol nne It.ila'lio grant.

Si ne fusl Jupiter, à la fondre brnyant,

Qui tous les desroclia, jà n'éùsscnl garant, etc.

On voit que les rimes alors ne variaient guère ; les auteurs du roman de la linne y mirent jtlus de diversité, sans l'aire o{)core la distincliou de celles dont ke son es! plein et de celles (lui (inisscnt par une muelte ; Clément Marot lui-mùme u'y a aucun é^ard. Konsard parait èlro le premier qui les ait régulièrement disposées, en faisant suivre toujours deux, rimes féminines par deux rimes masculines, dans les vers h rimes plates, et en mélangeant artislcment les rimes masculines dans" les vers croisés. Mais la versification vraiment française et digne d'être employée aux louanges de Dieu fut créée par Malherbe, (lui a le premier traduit avec dignité et grantleur la belle i)oésie des jtsaumes. 11 est à remarquer que Marot, si gracieux dans les sujets badins, a complètement échoué lorsqu'il a voulu aborder la poésie sacrée : d'abord parce que son génie personnel se refusait à la gravité des choses saintes, puis aussi parce qu'il ne disposait ras encore d'une versification assez régulière, assez pure et assez forte. C'est Marot qui a grotcsipieuïent traduit ces paroles du Tsalmiste: Apcri os tuum cl impUbo illud,[)àv:

Ouvre ta Imnclie grande, El je reni|)lirai de viande,

Ot celles-ci : Amplius lava me ab inùiuitaU mea, et apeccato meo munda mCy par :

I.ave-moi, sire, et relave bien fort Dénia oonunise ini(|nité manvaisc.

Et des péchés (pii me rendent si ord.

Pour complél(îr la parodie, les seigneurs de la cour de François 1" chantaient les psaumes de Marot sur des airs de rondes et de mascarades. Malherbe eût imposé plus de respect.

De Malherbe à Corneille il n'y a qu'un pas : les vers de Polyeucte sont de la même i'amille que le beau psaume :

Pi'cspi-rons plus, mon unie, «nx promesses du monde.

Pnhjrncte et Àthalie sont les deux chefsd'ipuvr»' de la littérature et de la scène française ; mais pour la versification, Hacine, dans son Alhalir, a posé les colonnes d'Hercule : Nrcplu.^ ultra.

Les poètes modernes ont essayé do joindre h la correction de Racine la vigueur de Corneille, et de créer un vers nouveau en faisant comme la synthèse de ces deux génies. L'avenir dira s'ils ont réussi. Kn attendant, nous admirerons Corneille, nous étudierons Hacine, ot en vers connue m prose, en liltt-ralure roninu» on religion, nous nous délierons dabord et longtemps de tous les novateurs.

VINCENT DK L/MUNS. — Parmi les beaux souvenirs de rantii(uité catholique, il faut compter celte paisible solitude de Leriu>,

où la science et la piété trouvèrent tin abri i)endant (|ue les fléaux de Dieu passaient sur le monde. Or, de tous les solitaires de Lérins, aucun n'est |)lus célèbre ([ue le bienheureux Vincent, surnommé de Lérins, auquel ses écrits vraiment catholiques ont acquis une réputation universelle, il publia sous le nom de Percgrinns, qui veut dire le vayageur , l'étranger , l'homme qui passe, une Apologie de la foi catholique contre toutes les hérésies, et y ré[)andit tous les trésors de l'éloquence et de l'érudition les plus distinguées. 11 y établit victorieusement la nécessité d'une autorité infaillible et le besoin d'unité dans la foi qui perpétue en quehjue sorte le concile œcuménique de tous les premiers pasteurs unis ensemble et soumis au siège de Konu?. U fait voir combien toutes les nouveautés qui peuvent se produire dans l'Eglise sont dépourvues en même temps d'autorité et de raison, puisqu'une croyance qui détruit la foi est en contradiction avec elle-même. Or c'est détruire la foi que de détruire l'autorité : car la foi sans autorité ne peut être que de la. superstition et du fanatisme. La vraie foi n'est digne de notre confiance que par cette autorité invariable qui en renii les dogmes inaccessibles aux caprices do la science et de l'ignorance humaine. « Et copeudant, ajoute Vincent de Lérins, cette immobilité n'est pas la mort : nous conservons au contraire pour l'avenir un germe de vie. Ce que nous croyons aujourd'hui sans le comprendre, l'avenir le comprendra et se réjouira d'en avoir connaissance. Postcritas intrllcctum gratuletur, quod anlc vctustas non intellectum vcnerabatur. Si donc on nous demande : Est-ce que tout progrès est exclu delà religion de Jésus-Christ? Non, sans doute, et nous en espérons un Irès-çrand. Quel homme, en elïet, serait assez jaloux des hommes, asse^ ennemi do Dieu pour vouloir empêcher le progrès ? Mais il faut que ce soit réellement un progrès, et non pas un changement de croyance. Le progrès,, c'est l'accroissement et le développement de chaque chose dans son ordre et dans sa nature. Le désordre, c'est la confusion et le mélange des choses et de leur nature. Sans aucun doute, il doit y avoir, tant pour tous les hommes en général (pu> pour chacun en particulier, selon la marche naturelle des .'^ges do l'Eglise, dill'érenls degrés d'intelligence, de science et de sagesse, mais eu telle sorte (jue tout soit conservé, et ((ue lo dogme garde toujours le même esprit et la même délinilion. La religion doit dévelo|)per successivement les ;lin(\s, comme la vie développe les corps, ([ui grandissent et sont pourtant toujoiirs les mêmes. Ouelle ditléreiice entre la tleur enfantine du premier Age et la malurilé de la vieillesse! Les vieillards sont pourtant les mêmes, quant h la personne, (pi'ils étaient dans l'adolescence: il n'y a ([uo l'extérieur et les nppareiic(îs de changées. Les mendinvs de l'eid'ant au her- <e;iu sont biiMi frêles, et pouitant ils ont les mêmes i'rincii>c.s rudimçutaires et les luO-

VINCENT

VINCENT

mes organes que les hommes ; ils grandissent sans que leur nombre augmente, et le vieillard n'a rien de plus en cela que n'avait l'enfant. Et cela doit être ainsi, sous peine de difformité ou de mort.

« Il en est ainsi de la religion de Jésus- Christ, et le progrès pour elle s'accomplit dans les mêmes conditions et suivant les mêmes' lois. Les années la rendent plus forte et la grandissent, mais n'ajoutent rien à tout ce qui compose son être. Elle est née complète et parfaite dans ses proportions, qui peuvent croître et s'étendre sans changer. Nos pères ont semé du froment, nos neveux ne doivent pas moissonner de l'i- Traie. Les récoltes intermédiaires ne changent rien à la nature du grain : nous devons le prendre et le laisser toujours le même. Le catholicisme a planté des roses, devonsnous y substituer des ronces? Non, sans doute, ou malheur à nous 1 Le baume et le cinname de ce paradis spirituel ne doivent pas se changer sous nos mains en aconit et en poison. Tout ce qui, dans l'Eglise, cette belle campagne de Dieu, a été semé par les Pères, doit y être cultivé et entretenu par les flls : c'est cela qui toujours doit croître et fleurir ; mais cela peut grandir et doit se développer. Dieu permet en effet que les dogmes de cette pfiilosophie céleste soient, par le progrès du temps, étudiés, travaillés,

{(olis en quelque sorte ; mais ce qui est dééndu, c'est do les changer ; ce qui est un crime c'est de les tronquer et de les mutiler. Qu'ils reçoivent une nouvelle lumière et des distinctions plus savantes, mais qu'ils gardent toujours leur plénitude, leur intégrité, leur propriété. »

Ce passage de Vincent de Lérins est des plus remarquables, et semble fait [lour résoudre une des questions les {)lus dillicih'S de notre époque, celle du i)rogrès. Vincent de Lérins y croyait, conmie on peut le voir; n»ais il lui donnait pour sanction l'autorité catholique, et il donnait au niouvenieiit la ijtaijilite pour contre-poids.

Vincent de Lérins démontre ensuite que la science, le talent, le génie même ne sont rien sans l'obéissance «'i l'autorité qui règle l'usage des dons divins. « A quoi |»eiit servir un flambeau pour h; voyageur inqirud'Tilqui se hasarfle h travers les abîincs et [le veut, pas suivre les guides qui ra[»j»ellenl? Les grandes (paalilés des liéresi.irrpics n'ont ii'Tvi qu'/i rendre leiic chute [)lus irrémédiable et leur aveug|f;riie:it [dus j)roforid. Tertullien n'élait-il pas un oiateur jilein de génie ? Origène n'avait-il pas tous les dons «le la sciencr; et de la sagr-sse, lui qui i)OU»sn celte rriêrno sagesse jusfpi'.i la folie, f-n se niiitilarit lui-mêrne, ^,;^f■ iirriour dr; \ti chasteté 7 Nestorius nV-tait-il pas un honnne disert et habile? .Mais ce sont leurs talents mêmes qui ont perdu fcs hormrjes, qu<! l'obéi.HsafK;*; k l'Eglise eôt rendus si grands. Mais celui rjui fi'entr»^ \ms dans le bercail évangélique ,)ar la f)f>rte d«5 l'auiorité, cebn-la e«l un vohur et ufi brigarid , (!t anisi tous les hérétiques se iont faits les

voleurs de la vérité sainte, et en ont dépouillé le sanctuaire ; ils ont forcé les portes de l'Ecriture sainte, que les clefs seules peuvent ouvrir, et se sont approprié la loi sainte que Dieu avait donnée pour tous ; bientôt, quand il faudra se défendre, ils se feront de la parole sainte elle-même un bouclier sacrilège et en déroberont les textes divins. »

Ces paroles de Vincent de Lérins sont pleines de force , et il les fait suivre, en terminant son ouvrage, de ce passage célèbre de TEpître de saint Paul aux Epliésiens : Cesl Dieu qui a constitué les uns prophètes, les autres évangélistes, les autres pasteurs et docteurs pour la consommation des saints et Védification du corps de Jésus- Christ, jusqu'à ce que nous arrivions tous à l'âge de l'homme parfait, à la mesure de la plénitude du Christ. « Ces prophètes, d.l Vincent de Lérins, ces apôtres et ces docteurs que Dieu lui-même a constitués, voilà les maîtres, consultons-les. L'enseignement des maîtres est uniforme, tandis que les hommes sans maîtres et sans frein se contredisent sans cesse. Ici est l'unité, là le caprice ; ici l'autorité, là le dérèglement; ici la raison, là tous les rêves de la folie. Attachons-nous à l'autorité, unissons-nous à la communion îles sages ; suivons les maîtres {ro-'jç 5 35tf>;à>ovf\ et c'est par ce mot grec que Vincent de Lérins finit son ouvrage, ouvrage d'autant plus utile qu'il est plutôt philosophiquement pensé que théologiqucment combiné. C'est de la raison plutôt (jue du mysticisme; la dialectique en est sini^ [lie, Irt logifiue serrée, la diction élégante, la forme éminemment littéraiie. H serait à désirer que ce petit traité fût universelh;ment connu et étudié par les catholiques; les défenseurs de la religion y trouveraient un modèle d'urbanité et de sagesse, et les agresseurs im|)rudfnts y verraient (pie, dans l'enseiguetnent religieux toutes les vérités sq tiennent, et qu'il faut nécessairement choisir entre un «h'-isme hasardé et sc('pli([Uo et l'autorité calh(jli(pie tout entière, sans reslrictifjn et sans mélange. Le livre do Vinceiii de Lérins est vieux de (luinze siècles, et les vérités (pi'il rcuiferme sont encore nouvelles, parce (ju'<;lles sont éternelles (H jjarce que les combats de l'Eglise ne sont pas cnrurc terminés. Pour en l'an-e un livre de polémiqiK! religieuse moderne, il sullirait d'ajoiih.T un certain iiond)re do noms h ceux des hérétiques (lu'il nonnne. Le nombre en efl'et de ceux (pu ont nié l'unité (;atlioli(|ue s'est augmenté, mais leur caractère n'a i)as chanj^é. Quant à riiglis(; catholi(pj(!, (dlc est aujimrd'hui ce (pi elh; était du tem|i8 de Vincent de Lérins. Son esprit est le môUK!, ses enseignennuits n'ont pas changé , ses vertus la |»rolégent toujours, et pefidant (pn; de nouvelles persécutions p(!Ut-êti-e se |ir(''().irenl, pendant (pi'ufl nouv(r/iu délug(! (h; barbares nienaci! d'(!ngloutir (Micore une fois le monde, lo petit nombre des croyants, retiré hors du lumulto de la vie piésonte, contemjtio la uiêiiiu él(ji-

ZACIIARIE

Z.VCIIARIE

nité qui remplissait drjh les jours des soli- 4;iir»'s di; IatIus et leur fdisait oublier h'S luiinilU's (lu siècle et des enipir»>s ipii s'écrouif'il. (Ju'iinportent des siècles (jui passeul ? «in'iniporlent d-'S luurtels ({ui meurent ? (|u'iniporteiit des choses C()rruplil)les aui se corroiupeiil ? Tout cela n'esl-ii pas ans la nature? Kt (|ue j)ourrions-nous taire p»)ur l'empêcher? Mais ce (lui doit nous inl<3rcsser, mais ce ({ue nous devons défendre, c'est l'intégrité de notre foi, car la f(ii c'est on nous le sentiment de ce qui demeure tou-

jours ; c'est le gage des réalités que nous espérons au milieu des déceptions et des songes de la vie. Fides est spcrnndnnim suhstantin rerum, orgumrnl-um non appnrcnlinm. Or notre foi n'a (ju'un poiiU il'aiipui, elle n*a qu'mi rempart inaccessible «t une tour inexpugnable , l'autorité jfernianente dans la conununiun des pasteurs légitimes. Lh est la vérité, \h est la |)aix, \h est la sanc-| tion et la règle du progrès véritable. Kcoutons les maîtres, toCj 5i3«(7/«).ouf, comme dit Viucent de Lérins.

ZACHARIE. — Zacbarie est le prophète de la di-livrancc ; il annonce la (in de la captivité , il montre les quatre grandes nations (pii ont régné successivement sur l'ancien monde, passant conmie des courriers que Dieu envoie, ou conmie des conducteurs de chars qui se disputent le prix de la course. Allez ! .leur crie l'ange du Seigneur, et ils

f»artent ; ils font en passant du bruit et do a poussière ; mais ils passent et ne reviendront plus; les chars roulent et se précipitent entre des montagnes d'airain; leur bruit est comme celui du tonnerre ; mais ils passent , et l'ange du Seigneur , debout dans une vallée plantée de myrtes, crie au Sei-^ gueur que la soixante-dixième année de la captivité est venue. Dieu montre au pronhète quatre coiiies d'airain qui soulèvent la terre, et quatre anges armés de marteaux, comnm des forgerons, qui viennent les abattre et les briser. Ainsi tous les grands empires du monde , toutes les puissances do l'orgueil seront l)risécs et anéanties ; ainsi le Seigneur fra[»pera la domination humaine, et lui rivera sur son double front ses (luatre cornes de taureau. L'heure est venue de reb.Uir Jérusalem. Voyez-vous cet ange qui tient le cordeau et (pii mesure déj;\ la place? C'est (pu) l'élu du siècle nouveau va venir. « Kéjouis-loi , Sion , va-t-on dire bientôt : voi(M ton roi (jui vient h toi , plein d(» douceur. Il est pauvre, et il monte tour h tour sur inie ;lnesse et sur le petit de l'Anesse. Itevenez , revenez habiter Jérusalem , où le nouveau monanpu' doit venir ; abandotuiez la terre de l'aquilon ; sortez , sortez do Babylone, oh ! oh ! oh 1... »

Knlendez-vous les travailleurs qui parteîit, qui s'api>ell(Mit et (pii se répondent ? Ils s'en vont reli.Hir le temple. Le sacerdoce va se renouveh'r, le grand prêtre est debout, au jugement de Dieu, entre son ange qui le défend et le démon (pii l'accuse. Ses vêlements ont vieilli dans l'exil, et la blancheur de sa mbo s'est souillé(» datis les fers; le démon ni df* ses malheurs , et l'accuse d -s effets lie sa longue misère. Mais I)i(;u impose silence h S,'«ian, et donne au poilife une nouvelle tiare avec des vêlements nouveaux.

/arh.trie voit apparaître une pierre viva'ilc , et dans celte pierre il y a d s yeux

qnî sont au nombre de sept. Qu'est-ce quo cette |)ierre? C'est la i)ierre angulaire (pii avait été rejetée par les hommes , et que le Seigneur a choisie. Les yeux re|)résentent l'esprit et la vigilance du Seigneur; à droite, et h gauche de cette pierre , sut laiiuello biille le chandelier tl'or , avec ses yeux de tlanunes, s'élèvent deux oliviers ; et le Seigneur dit r Voici les deux erd'ants de Ihuilo sainte, voici les deux ministres qui aident le Seigneur lui-môme h gouverner toute la terre. C'est le pontife et c'est le roi ; le temple protège la cité, et la cité entoure le temple. Voili'i le monde nouveau reconslruil sur sa double base. L'esprit et la chair ont chacun leur |)rincc qui rendent compte h Dieu de h'ur pouvoir, et qui veillent l'un sur l'autre. ^'oilh le pape et l'empereur.

La prophétie de Zacbarie est pleine de ces étonnantes images. Ce qu'il dit de la lin de la captivité et de l'inauguration d'un règne nouveau pour le Seigneur et pour son Christ, l'Kglise pe>il rattcndriî encore ; car il pa?lo clairement de la conversion future des juifs f t de leur repentir amer lorsqu'ils reconnaîtront entin la divinité de Jésus-Christ. Us vrrrout cehti qu'ils otit percé, dit le prophète, et ils pleureront comme une mère pleure la mort de son (ils unique. L'impiété vient d'êire précipitét; et renfermée comme un vin cnq)oisonné dans une amphore (jue les vertus enq)orlent de devant la face de Dieu.

« Peu|)les de la terre , n'adorez plus do vaines idoles (pii ne peuvent vous doniuT ni la rosée du matin, ni les douces pluies du soir; mais j)riez le Seigneur (|ui prend pitié de l'herbe di's champs, et (pii abreuve la. campagne altérée, e Mais ce n'est plus seuhîinent dans la Judée (lue h; vrai l>ieu veut être adoré. Klargissez le sanctuaire du Seigneur, où tous les peuples vont venir. Liban , ouvre tes portes, et cpie le feu dévore tes cèdres I Pleurez, sapins , les cèdres sont tombés I Pleurez , chênes de Hasan , car vo»^ forêts sont (h'iiiantelées , et les vieux arbriis qui vous servaient de remparts se renversent coupés h leur racine. Voix des hurlemenls des pasleurs , parce ipie leur empire est dévasté; voix du rugissement des lions, l»arce cpie les rives du Jourdain sont dépouillée? de ce qui faisait leur orgueil! V'iti

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