‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 29 sur 233 · nOSSUET · texte numérisé non relu

nOSSUET

Mcau^ <lo la sninU* Kcritiiro. Ellos rc^pi^iulciit «M nuMiip tiMn[)S h celte rritiquo cliagriiii' et iiiinli'lli-îc-ilo par lanuoHe les prétoiidus rél'tirmi'5 ont voulu proscrire les lucrvoilles |)liis ou moins aullienli(ines , mais toujours «'..lilianles , de nos légendes , comme ils ont buini 'ie leurs temples les ornements et les i!iia;;es , ali'i d'avoir un culte triste, somhre et froid comme leur jjauvre- raison sans iuiiour.

Saint Tîonaventure est aussi un des autours (;ui ont poussé le plus loin le culte si consolant el si doux de la sainte Mère de Dieu. H ne lui mesure pas .ses éloges avec une inquiétude avare , et ne craint jamais de déplaire au Fils en témoignant trop de contianre et d'atreclion à la Mère.

On attribue à saint Bonaventure un psautier de la sainte Vierge, où les psaumes de David sont appliqués dans un scis accommodatice (5f«s»s accommodatitius] ix la louange de Marie.

Ses sermons sont rem[tliS des plus merveilleux éloges et des élans d'am )ur les plus tendres en hionncur de cette divine Mère. Saint Bonaventure, comme tous les vrais catlioli(iues de ces derniers temps, sentait que, pour .sauver le monde dans ses derniers dangers et le consoler dans ses angoissas sui)rùmes, le cœur d'une mère devait avdir reçu plein pouvoir, et que les pécheurs n'avaient plus d'esi)érance qu'en celle en qui l'on espère encore lorsqu'il n'y a plus à espérer.

Saint Thomas d'Acinin, contemporain de saint Bonaventure, lui témoignait la plus haute estime. Un jourqn'il l'était venu voir, il le trouva occupé h écrire la Vie de saint François, et se retira doucement sans lui parler, dans la crainle de l'interrompre. « Laissons lés saints louer les saints, » ditil ; comme s'il faisait l'anlilhèse de cette I arole de Notrt -Seigneur dans l'Evangile : Laissez les morts rnsivclir les morts.

Un autre jour le Docteur Angélique, demandant avec une grande modestie à saint Bonaventure où il prenait toute cette onction, toute cette puissance de ferveur (jui fait le caraïUère de ses écrits, saint Bonaventure lui montra son crucilix, el les deux saints se comprirent si bien, que saint Thomas répéia depuis lui-même à ceux qui lint-'iTogeaient sur la source de son grand savoir, le secret de saint Bonaventure.

BOSSUET. — Uors(iue le monde moral est menacé de quelque déluge, Dieu susiite toujours un homme h (|ui sera conlié le soin do bAlir une arche où il renfer(nera Ions les princi|)i's d'ordre, de vérité el de grandeur. Quand l'arche est faite, le cataclysme peut venir; plus le ilol monte, plus elle s'élève, cl quelque courroucées que pui.sscnl élro les vagues, elles mugissenl toujours à ses pieds. Quand des signes ob- , serves J» l'Iioiizoïi ainoncent ipi'il va bientôt passer un de ces siècles ravageurs qui ne laissent après eux que des ruines, la IVovjdence fait surgir quelque feigantes(iuc reuomniéc tiu front de granit, pour briser la

BOSSUKT

tromi)e qui passe cl rosier debout après la lempèle. Ces faiseurs d'arches, ces constructeurs do pyramides, ces hommes que l'ancienne mythologie représentait sous la ligure d'Atlas, n'abandonnent jamais à la mort ((ue le vêtement usé de leur grande Ame; ils restent tout entiers sur la terre, qu'ils dominent de leur génie, qu'ils illuminent de leur gloire. A toutes ses éfioquesdc grands périls et de douloureuses épieuvcs, l'Eglise a été visitée par ces consolateurs envoyés du ciel comme des anges puissants et forts qui tiennent dans leur main te petit livre doux aux l(}rrrs et amer aux entrailles; mais (juand s'est élevée ladernièreel la |)lus terrible lempèle; quand l'orgueil humain, prêt cl se dresser de toute sa hauteur, espérait se mesurer bientôt avec Dieu mémo; quand l'impiété croyait tout ébranler et tout détruire, Dieu a dil à un homme, réservé pour celle dernière heure, de se lever et d'étendre la main sur la mer pour en dominer et en rabaisser les vagues. Cet homme a enraciné ses pieds dans la pierre vive dos croyances éternelles, el il s'est dressé comme un chône ; puis il a laissé passer, en les brisant toujours, les flots de l'orgueil el l'écume do ses blasphèmes; son front est resté audessus des nuages, et ses pieds n'ont pas été ébranlés; cet homme, nous ne craignons pas de faire trop attendre son nom h nos lecteurs, puis(|u'en tète de col article nous avons inscrit celui de Bossuet.

Nous ne craignons pas d'être accusé d'enthousiasme en reconnaissant Bossuet pour le grand maître cl la plus imposante autorité de la liitérature chrétienne. Quelles pensées, en olfet, ont jamais été plus hautes (juc les siennes, el quoi style, mieux (|ue le sien, s'est jamais élevé au niveau île toutes les grandeurs? Bossuet théologien, c'est la lumière descendant avec facilité jusqu'au fond des questions les plus obscures; Bossuet controversiste, c'est la force assez sûre d'elle-même pour vaincre avec élégance el triompher avec douceur; liagiogra|)lie, il semble s'élever justpi'au trône de Dieu avoc les six ailes dos mystérieux chérubins; historien, il {)lane comme un aigle sur les nations el sur les Ages, on poussant un cri do victoire au nom du Dieu crucilié; orateur, c'est le Jéiémie des majestés éteintes, el sa |)aroI(>, dans la grandeur de sa tristesse, fail pressentir le silence élerncl «jui vient s'asseoir sur la lombe des rois el des siècles ensevelis. ,

Le Discours sur l'histoire universelle est, après la Bible, ce (pie nous connaissons de plus grand datis la litti'ratnre. Jamais le génie humain ne s'était élevé si haut. .Vssis à la source îles Ages au pied du Irôiie do l'Etcrnel, l'orateur les voit bouillonner au-dessous de lui, et, l'ieil ti\é sur leur couis, il semble en diriger la marche et en mesurer l'étendue. .\vec une puissance dont le Créateur lui-même semble l'investir, il pailago on trois neuves h- torrent des événements cl des siècles; ici, les éj oquos se suivent el s'eiichahient; lîi, les cuq»ires se recvcrscnl

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