‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 32 sur 233 · CAMUS · texte numérisé non relu

CAMUS

d'un vieux courtisan au service, non pas do son ambition, car il n'en avait pas d'autre que d*accom[)lir son devoir, mais de sa charité et de tout le zèle d'un apôtre.

CALMET (Dom Augustin), — savant estimable, dont la vaste érudition et la bonne foi ne sont malheureusement pas toujours soutenues par une critique bien éclairée. On dit que Voltaire cherchait dans les traités de dom Calmet des objections contre la foi et ïes lui empruntait sans s'embarrasser des réponses. Dom Calmet mourut en 1757, à l'abbaye de Sénones, après avoir composé pour lui-même cette épitaphe :

Hic JkCET

Fr4Teu Augustinus calmet

n4ti0.ne lotharus,

Rei.igione Christiaxus,

FiuE, Rom. Cathol.

Professione Monachus

Abijas N0MI>E.

Legi , SCRIPSI, gravi;

Ut|\AM ! BE\E.

Exspeclo flonec reniât immutatio mca.

Vcni, Domine Jesu.

Amen.

Le Dictionnaire de la Bible de dom Calmet est un ouvrapre très-utile , et l'on neut encore profiter beaucoup dans j'éluae de ses Commentaires sur l'Ecriture sainte, il publia vers la fin de sa vie un Traité des apparitions empreint dune excessive crédulité. On lui reproche aussi d'avoir trop néj^ligé son s! vie.

'CAMPANELLA (Thomas), — religieux dominicain, célèbre par son utopie communiste inlilul''-e : Im cité du soleil, dont M. Villf'^ardellc et madame Lotiise Collet ont f)ublié récemment dfux traductions. C'était un esnrit ardent, ami passionné de la vérité et ne la justice, mais ayant trop peu le l/ict des convr-nances et ne sachant pas régler son zèle. Aussi se fit-il des ennemis implacables, f-t eut-il à souffrir pendant vingl-sffit ans tout cerpie la méchanceté dos liorriines peut inventer d'alrocités et de tortures. Le grand tort dr; (,'airi[ianella était de rêver pour les hommes dégradés [»ar le [léehé originel un orfire de choses qui leur serait a(i[»licablr; s'ils étaient ftnrfails, et c'est [>ar l.*! rjue [»èchent i-l (iér:|it;roril éternelleineril les utofiifs socialistes. On b;s réfutera toujours en leur disant : C est trop beau ! hA en efrci,ori peut voir fie notre trîijipsqu(! hs plus enthousiastes primeurs dr; la fraternité universelle nejjeuvenl s'aciorder sr;iilement deux 0.1 trois ensr'uible. La religion .scMile peut apprenfire h riioiiwne qu'il ne. doit rien s'npproprier ici-bas, jiuisrpj'il n'emporte rif;n «voc lur dans la toiribe, (pio la conscience (h; *f» crimes ou de ses vertus. Seule eih* peut fonder j>ur rabiié^Tlion et le désinlércsso-

ment la communauté des enfants de Dieu, et c'est ce qu'elle a fait dans ses monastères. Un seul homme a compris le vrai socialisme catholique, et a pu réaliser dans le monde l'association spirituelle et temporelle des hommes dans une communauté d'études et d'efforts vers un but commun : cet homme se nommait Ignace de Loyola : nom qui fait encore frémir et trembler les ennemis de l'Eglise. La communauté entre les hommes a été, dès les premiers siècles et dès les premiers jours du christianisme, l'idéal de la perfection sociale; mais les hérétiques et les catholiques se sont séparés radicalement quant au principe de la réalisation de cet idéal. Les hérétiques voulaient la communauté des brutes, les catholiques aspiraient à la communauté des anges ; les uns voulaient faire de la terre une mangeoire commune, les autres un oratoire et un couvent; les uns disaient, comme Rousseau: L'homme est bon naturellement, et c'est la civilisation qui le dégi-ade ; les autres : L'homme est naturellement mauvais, par suite de la d-'chéance originelle, et la religion seule peut le rendre meilleur, en lui imposant l'annégalion et le sacrihce. La consécration du droit de propriété a été dès l'origine le seul moyen d'enq)êcher les honnnes de s'entredécliirer comme des bêtes sauvages, en mettant des bornes à l'égoisujc de chacun, et si, maintenant i)lus que jamais, l'égoisme se gonfle et bouillonne, ce n'est pas le moment do briser ou de h^ver les digues. Cam|)anella, comme bien d'autres rêveurs, nv. coiii- I)r(niait pas ces tristes vérités, et crut souffrir i)our la justice [)endanl (ju'il n'était cpio le martyr d(! son ignorance et de sa présomntion. Rien cependant ne saurait justifier les auteurs des lourm(;uts (pi'on lui fit souffrir, et on ne saurait les attribuer à l'inclémence de l'autoiité ec(;lésiasti(|ue, puisqu'il dut sa délivrance au pap(; lui-même, et fui ac(,in,'illi à l*aris, où il se léfugia, |)ar les bienfaits du cartlinal de Richelieu. 11 y n:ourul en lO-'fî), Agi- di! soixaiite-onz(^ ans. Il a hiissé fpielque.s opuscules sur les sciences et la poésie, et l'on peut ré.sumfu' en ces mots tout ce qu'on pourrait dire sur lui :(^i!fiitun savarit i;icoiu|)let, un philosophe incompris et un |io(;le malh(Mjroux.

CAMLS (Li;i, — Jean-Pierre Lr (]amus , évêque de Relley, ami de saint François de Sale>, a essayé de corupiérir poiu' la religion le domaine (l<; la littérature jirofane. C'était )in esprit loyal et hardi, (|ui ne croy.dt ji.is qu'on remédi.lt assez aiix désordres en les (i.ssiiuiihiiit : il écrivit (ontn; h's abus de l'étal monastique, et fui accusé, jiarceux qui

TA

CKSAIIIE

(Haioiit iiilriTSsés h la co-iscrvalion do cos abus, (l'avoir voulu (it'truir(î la religion en const^ lueiicc d'un sonnent |)rùté par lui, h ce (ju'on jir'Mo!i(lait, dans nu ronriliabnle sonot lonii h Morlfonlaino : calomnio que le zèle et les verlus épiscopales do révcSpic do Bolioy ont sudisammonl réfutée. Jean-Piorre Lo Camus, dans son vif désir d'amener les ))('rson'i(>s du monde h la connaissanoe et h l'amour dos viM'ilés chrélifMines, a un peu tro[) sacritié, dans ses livres, au mauvais goiit de son sièole. Sou style est vif, leste, brillant, mais déparé souvent par des jeux de mots puérils, ot surchargé dune érudition mal digérée. Il aurait dû mieux proliter de ses relations avec l'illustre évoque de Genève, pour prendre un peu de son immortelle simplicité et de sa grâce sans apprôls. Voyant que les gens du monde négligeaient pour les romaus la lecture dos livres de piété, il eut l'ingénieuse idée de prêcher la morale dans des romans, et en composa plusieurs qui eurent du succès dans son temps. (Vo//. Roman.)

Kn voici les princi|)aux titres : Dorothée, Paris, l(r21. — Hyacinthe, histoire catalane, in-8", Paris, 1627. — F.cs spectacles d'horreur, in-8% Paris, 1630. — Alcime, relation funeste, in-12, Paris, 1625. — Spiridion, ou l'anachorète do rApr>nnin, in-12, Paris, 1623. — Alexis, in-8", Paris, 1622.

CASAS (F. \s). — Barthélémy de LasC vs\s, évécfue de Chiappa, dans l'Amérique septentrionale, auteur d'un mémoire historique intitulé : De la destruction des Indes, se (it le défenseur dos Indiens contre la férocité des aventuriers espagnols, et vint lui-même })laider leur cause, qui était celle de la religion et de l'humaMité, devant le roi d'Espagne. La philosophie du siècle dernier a voulu rcgeler sur la religion dos ciimos dont elle ne {)ouvait pas même être le i)rétoxte, comme s'il y avait (piel([ue chose do conunun entre les enseignements de la charité et dos actes inspirés par la grossièreté, la débauclie et l'araour (Je l'or. (]open(lanl Marmontel luinu>mc, dans son roman des Incas, a rtMidu justice à rhumaniti' (l(> Las Casas, s(>ul véritabli! reprosenlaiit do In n^ligion parmi ces jHuplos opprimés. Cet lioimue de Dion, après avoir consacré à leiu- défi'ns(; les plus héroïques ell'orls, st^ démit de sou évêché, et revuU (h'Iinitivoment en Kspagn(% pour notre plus t(''n)oin d'un mal (piil ne pouvait empêcher, ot (jui lui déchirait le cunir. 11 moui'ul h .Madrid (M1 1566.

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