ABDIAS
(lui ne s'(Honilcnl [).is jusqu'à la souillure de I Ame ; Voltaire, peu versé dans le symbolisme, superficiel en tout el ni0(|ueur eoiuiue son siùrle, n'a voulu voir \h «[uedcs malpropretés ridicules. C'est à Voltaire lui-même t>t non au propiièle (lu'il faut adresser le Ah ! nh ! ah ! tel qu'il était capable de lo traduire. [Voy. les Lettres de quelques juifs, par l'abbé Guénéo. Voy. aussi l'article EzÉ- (;im:i. dans ce Dictionnaire.)
ABAII.AUD. — Nous laissons aux dictionnaires historiques et biographiques tout ce qui concerne la vie des hommes célèbres do la littérature ecelésiastiipie, et nous ne les mentionnerons à leur rang alphabétique que pour api)récier leur influence sur leur siècle cl caractériser leurs œuvres. Pierre Abailard s'est acquis dans les lettres une doul)le célébrité qui a été pour rKglise un double scandale. On peut le regarder coanne le premier des révolutionnaires influenls, et l'émotion (|ui se |)roJuisit autour de lui h son époque est assez motivée par l'audace de ce novateur. Il osa le premier subordonner en quelque sorte la foi à la raison, et donna ainsi le signal de cette analyse universelle (pii plus tard est venue tout décomposer (Ml s'cITorçant de tout détruire dans le domaine des croyances les plus respectées et les plus saintes. On peut dire (ju'il traita la doctrine qui lui était contiée comme la nièce de Fulbert, et que le chûliment de Dieu égala la vengeance des hommes. En ell'et, celte grande célébrité dont il s'était enivré pendant ses jeunes années ne tourna plus lard (lu'h sa confusion et devint son supplice lorsque, foudroyé par l'Eglise et réfuté par saint Bernard, il chercha le rei)OS dans la solilule sans parvenir à h> trouver jamais. Les souv(!nirs d'une malheureuse [)assioii lo poursuivirent connue la douleur de ses défaites lhéologi(iues, et la littérature [)rofanc s'est em[)arée avec bonheur de celte existence cou[)abIe et tourmentée.
Les œuvres purement littéraires d'Abailard ne sont jias venues jus(prà nous, et ce qui nous reste de son style n'est pas de nature .^ nous les faire b aucoup regretter. Chez lui la pensée est souvent fausse, la {)hrase entortillée ou anqioulée, la diction barbare. Toutefois on ne saurait nier l intluence(iu'il exer(;a par son audac(! , |)ui.s(pi"à lui commence cette révolte de la raiso i (jui devait, (iuel(|ncs siècles |)lns tard, amener la réforme et la renaissance. Donc, pour les advcrsau'es de l'autoiilé catliolicjue et pour les admirateurs exclusifs di; la littérature paionni!, le nom d'Abailard esl un grand nom. Les égarements de son espril et de son cœur prirent leur source dans un extrême orgueil, el l'on se troMq)erail uK^me si, sur la foi do ses trop romanesnues aventures, on lui attribuait bnam;ou|) de tendresse ou môme do sensibilité. Ses leltnis h Héloiso sonl (iltnnes de lieux counnuns théologi(iues i>{ scolasliques, el il ne sail |)as mémo hii iKiilor avec onction le langage de la résignation et de la foi. Chez lui ra(Teclif)n élail peut-t'^tro du sensualisme, comme l'inteHi-
genco était de l'orgueil : aussi ses malheurs mômes ne p(îuvent inspirer ([u'unc médiocre pitié. Ce caractère expli(|ue la sévérité de saint Bernard et la guerre implacable quo l'abbé de Clairvaux fit à l'incorrigible novaleur. Ces deux honnnes représentaient h leur époque les deux princi[)es éternellement einiemis : d'un ccMé les passions, de l'autro la loi, et ce n'était certes pas la loi qui devait céder ou fléchir.
ABANDON. — 11 faut distinguer soigneusement dans le style l'abandon de la négligence. L'abandon est tout dans le sentiment, et ne doit pas rendre les expressions moins correctes ; c'est unç sorte d'oubli de soimême, une grâce natinelleipii exigerait l)caucoup d'art si elle pouvait être factice. C'est moins l'expression étudiée d'un sentiment que le sentiment lui-même s'échap|)ant , j)()ur ainsi dire, et selaissant voir tout entier ; c'est une nuance de la tendresse. On en lrouv(î beaucoup d'exemples dans les prophètes, et surtout (Jans Jérémie. ( Voy. Jérêmik. ) Baruch, son disciple, non moins éloiiuent que son maître, nous repnîsente Jérusalem désolée et ne voulant pas recevoir les consolations de ses enfants : Je ne puis plus rien pour vous , dit - elle ; que celui qui vous a châtiés vous délivre. Passez, mes /ï/ar, j)nssez ! Moi je suis abandonnée et solitaire.
On trouve aussi un abandon divin dans ces nlaijiles du Seigneur à son peuple, que l'Eglise répète dans sa liturgie de la semaine sainte : Popule meus, quid feci tibi ? En effet, il semble ici que le Tout-Puissant s'oublie lui-même, dans l'excès do son amour pour les hommes, jusqu'à les implorer à son tour, et ne puisse leur adresser, lorsqu'il est outragé par eux jus(ju'à la mort, que les reproches les plus soumis el les plus tendres. Cet aban(jon surnaturel ne touche iias seulement le cœur, il attendrit, il fait frémir. Et c'est à de semblables beautés que la littérature sacrée doit sa supériorité incontestable et sa souveraine puissance. Lo même sentiment se retrouve presque h toutes les pages du saint Evangile, et surtout dans les discours de Notre-Seigneur avant et après la Cène ; parmi les Pères, saint Augustin, cl saint François de Sales parmi les hagiogra|>lies, ont conservé dans leurs effusions de t(Mulre charité cet abandon divin des pro[)hèles et de l'Evangile. C'est d'ailleurs une grAce exquise qui éch.q)pe aux règles littéraires et ([u'il ne faut jamais rechercher.
ABDIAS PK Bahylonk. — Les ouvrages apocryphes des temps apostolicjues, juslointMit r(^jetés du catalogue des livres saints, n'appartiennent |)lus h l'exégèse ; mais ils sont encore du domaine tie la poésie sacrée» el no (loiv(Mit pas être effacés du cycle merveilleux des légiMidaires. C'est donc simplement comme légende po(''ti(pie el fabuhnise (pie nous acceptons ici Ihistoire du combat apostoli(|ue attribué h un certain Abdias, évêque de Babyl()n(\ dont l'existence mémo a été contestée. Pendant les premiers temps