CYRILLE
Sol
ques-unes. Voici ce que le saint évêque de Carlhage pense de la mollesse dans le traitement des pécheurs : « Celui qui flatte le pécheur par des paroles douces et complaisantes fomente pour lui la récidive et l'entretient dans ses crimes dont il devait arrêter le cours ; mais celui qui reprend son frère avec vigueur et l'instruit, avec fermeté le remet sûrement dans la bonne voie. Les ministres de Dieu trahiraient les pécheurs par des adoucissements coupables, lorsqu'il faut appliquer au mal des remèdes énergiques ; un chirurgien manque à son devoir, lorsqu'il laisse se gangrener une plaie pour avoir craint de la toucher ; il faut la sonder, il faut la rouvrir , il faut coù^Der et nettoyer les chairs. Le naalade poussera des cris, il se plaindra, il vous maudira peut-être ; mais il sera guéri, et plus tard il bénira la main du chirurgien habile qui a été assez courageux pour ne pas l'épargner. »
Durant la peste qui ravagea l'empire sous Gallus, saint Cyprien publia son traité de la Mortalité, livre sublime où l'éternité apparaît sapprochant d'un monde à l'agonie, et où se montre dans toute la grandeur de ses magnanimes dédains, cette foi qui foule aux pieds toutes les choses du temps , et ne se sent vivre que i)ar l'espérance. C'est l'immortalité anticipée, c'est la résurrection vivante et présente , c'est quelque chose de j»ius grand que l'univers, qui plane au-dessus de toutes les catastro()hes et de tous les (léaux ; c'est une littérature de l'autre monde , derant laquelle s'évanouissent toutes les espérances et toutes les craintes de celuici. Qu'importent à la sécurité du chrétien les prospérités ou les catastrophes de la terre; sa jtatrie est plus haut, et il n'a rien à perdre ni à espérer ici-bas. La mort est la norte de l'immortalité bienheureuse, et tous les genres de mort sont bons à celui i\m n'a souci que de bien mourir pour aller plus vite au ciel. Ces doctrines, si elles eussent été exagérées, eussf.-nt changé le monde en une immense 'Ihébaide; mais elles sont trof) grandes et trop fortes pour que la contagion en soit à craindre, et rien n'a jamais été i»lus capable de relever le courage; et les espérances rie e*!ux rjni souillent et qui vrjient s'avancer la mot t.
Le juge de Carthage , Démélrius, accusait les chrétiens de tontes les calamités publiques; c'est pour lui répondre qu«! saint Cyprien corn[»osa le livre contre D/métriH», où il tejeiie sur les perséf;uteurs du christiani^-iiie la responsabilité des malheurs du monde.* C'est le sang des chrétiens qui crie vengeance, lui dit-il ; Dieu vous paye l'ou- Trage de vfjs bourreaux, et nous n'avons pas in^uie [»rovoqué sa vengeance ftar nr»s plaintes, (jne rions importent h nous vos jierséculions et les cal imités du monde? Que ceijx-iJi s'afUigent des malheurs publics qui inetlenl dans |. s f:hos»:s du siècle toute bnir joie et toute leur gloir*;; pour nous les calamité.4 ne sauraient nous abattre; les pertes et le» maladies ne rujus font jamais mur- Uiurer : nous vivons bien plus par l'esprit
(pie nar la chair, et ce que vous appelez un supplice nous l'appelons une épreuve ... : à vous l'impatience qui murmure , à nous la l)atience qui se résigne et bénit Dieu. Nous ne recherchons ici- bas ni les prospérités ni la joie; aussi les tempêtes humaines nous trouvent-elles toujours calmes, impassibles et forts. Armés des promesses divines, nous avons l'inébranlable appui de la foi qui nous soutient. Debout, au milieu des débris d'un monde qui tombe , nous conservons une vertu à l'épreuve de la persécution, une patience toujours contente , et une espérance toujours heureuse, parce qu'elle est sûre de son Dieu. »
Etonnez-vous qu'avec de pareils évoques le christianisme ait conquis le monde , et que de pareils écrivains aient fait oublier au monde tous les bavardages dorés de ses poètes et de ses rhéteuis.
CYRILLE d'Alexandrie (saint). — La faillite des dieux de Rome était détinitivement déclarée , et les philosophes s'étaient constitués en conseil de famille pour tâcher de satisfaire ou d'apaiser les créanciers. Ils avaient imaginé une transaction des vaincus avec le vainqueur , une espèce de conipromis (jui devait, selon eux, contenter tout le monde et qui ne satisfit personne. Pour parler en termes plus clairs, l'école philosophique et néo-platonique d'Alexandrie essayait de faire réliograder le christianisme, pour injecter aux vieilles fables mourantes la jeune sève des vérités chrétiennes. Alexandrie était alors l'école du inonde , et toutes les lumières du passé et de l'avenir s'y trouvaient réunies ; mais le passé, qui jetait encore (juelques lueurs, ressemblait à ces lampes des vierges folles ((iii , faute d'huile , vacillent et vont s'éteindre a[)rès avoir jeté un grand éclat. Les beaux jours d'Aiumonius Saccas et de Plotin étaient déjà {)assés; Maxime, Jambli(jue et Porphyre avaient disparu avec le règne éphémère de Julien; Théodose s'était humilié devant saint Ambroisi!, et \'alens avait tremblé devant saint Basile, lorsque saint (Cyrille fut élu patriarche d'Alexandrie, (hélait un homme d'une ardente piété et d'une volonté invincible, (]ui re(;ut les insignes épiscopaux comme une ariiiur*;, et sa inissiun comme un ordre de combattre. Déjà l'hérésie se scmlevail jiar tout l'emjfire, et conspirait ouvertomenl, ou en secret, avec les restes tles anciennes su|ierstitions. I^'arianisme remuait partout ; des évoques sacrih'ges intriguaient pour Usurper l(;s sièges de la catholicité; les grands centres de population et d'iniluencu étaient les buts constants de leurs elforts : Cartilage avait eu déjà à m; défendre ccuitro eux; il> mena(;ai<nit Alexandrii;.
(/'ne |iopulatioii séditieuse prenait souvent les questions religieuses pour prétextes à ses bireiirs : la savanti* et malheureuse llypathie, lille du rhéliMii 'lliéoii , ess.iya alorsdo faire relb-uiir Icîssouvo iirsencoie récents do l'école d'Alexandrie, et mourut ma.'isac.réiîpar (pielques misérajiles, ameutés par un lecteur nommé Pierre. Tels ctaienl h.'s lem[)s et le»