CI1RYS0ST»)ME
t.nUVSOSTOME
sot
d'nbonl du sié.;t! patriarcal de Conslanlinople, puis pour le perdre lorsqu'il y fut élev(V A leur tète <^tait un nonitiié Théophile, patriarche d'Alexandrie, qui fut le prédécesseur do saint Cyrille. (Voy. Cyrille d'Alexandrie.) Mais l'ascendant des vertus et des talents de saint Chrysostome triompha de leur mauvais vouloir : de prêtre il devint
fatriarche et fut l'oracle et le défenseur de Eglise universelle. Ses cond)ats contre les mauvais prêtres et les mauvais rois furent gigantesques comme ceux de saint Athanase. Chrysostome semblait être l'autorité de l'Eglise incarnée et vivante; Dieu i)arlait par sa bouche et faisait frémir les maîtres du monde. C'est qu'on ne pouvait rien pour cet homme qui dédaignait toutes les choses de la terre; on ne pouvait rien non filus contre cet évoque amoureux des soufrances et exercé dés sa première jeunesse au suprême combat du martyre. « Ils veulent me déposer, disait-il tout haut, parce que je ne suis pas vêtu de soie, parce que je n'ai pas de tapisseries, et parce que je ne liens pas table 1 » Aussi ses ennemis n'osaient-ils pas le regarder en face, et l'impératrice Justine, son entuîmie personnelle, n'osait le frapper des coujis de sa tyrannie, tant cet homme pauvre, morlitié et intrépide lui faisait peur. Un jour on avait fini Car l'exiler : le lendemain la terre tremlait ; et le peuple et les grands, pâles d'épouvante, rappelaient à grands cris le saint confesseur. Jamais plus de gloire ne s'était mêlée à plus de tourments. Toujours calomnié , toujours accusé, traîné devant les conciliabules, chargé de chaînes et toujours libre , toujours souverain comme la vérité, d'un mol il terrassait la calomnie et faisait tressaillir le monde. Un jour on osa lui interdire l'entrée de son église, et c'était le jour même de la solennité pascale. Ce jour- \\\ l'église resta déserte, et les calomniateurs purent s'y voir et s'y com[)ter. Chrysoston»e <^lait une métropole vivante, et le peuple, qui reconnaissait en lui les caractères de Jésus-Christ même, le suivait en pleurant et en priant dans ses retraites; lorsqu'il sortait de Constantmople , on aûl dit (jue la ville entière alhiit m exil. On ne trouvait pas de désert assez reculé pour le dérober à l'enlhousiasme des populations. A Cucuse sur les contins de la (.ilicie , on le trouve «Micore trop près; c'est à Pythyonte, ville déserte et la dernière de l'Empire sur le bord oriental du Ponl-Euxin, (ju'on le r«'lègne, et on tremble encore tpi'il n'y arrive vivant : on le livre h des gardes (jui sont de véritables bêles féroces, et on Imr promet de lavancement s'il meurt erjlre leurs mains. On traîne le faible vieillard par des roules détournées, comme s'il était (captif d'une hande (îe vf)leurs; on le fait marcher sous des pluies torrentielles et sous un soleil dévorant, |)auvre faible vieillard, prêt h succomber, et que redoutent encore, en l'assassinanl, toutes les i>uissances mauvaises de la terre. Il arrive enfin à C,omano dans le Pont, et obtient comme une grâce de se re-
poser dans une chapelle consacrée h saint liasilisque. Le martyr de Comane, à la vue do cette grande et sainte victime , se lève de son sommeil et sort de la tombe pour le saluer; les yeux du saint vieillard se ferment un instant , et il voit en songe saint Basilisque, martyr, évêque de Comane, qui lui dit : « Courage, mon frère Jean» demain tu seras avec moi. » Le lendemain, les cris de ses gardes se font entendre : il se lève encore et se remet en route. Mais bientôt SCS forces J'abandonnent» il tombe , et on le rapporte dans la chapelle où il expire. 11 y a un grand évêque de moins sur la terre et uu martyr de plus dans le ciel.
Telle fut la glorieuse destinée de saint Jean Chrysostome. Son esprit, affranchi de la ti'rre, resta immortel dans ses ouvrages, et ne cessa du haut du ciel de continuer son œuvre. Les tyrans qui croyaient avoir tué Chrysostome mirent ses reliques sur les autels et ses pensées dans toutes les âmes généreuses ; ils avaient fait un crime inutde pour assurer le triomphe immortel de celui dont la puissance ne pouvait mourir.
Les livres de saint Jean Chrysostome appartiennent h la plus belle antiquité e^'lésia,>lique et portent le caractère des grands siècles de la littérature chrétienne. On y respire partout cette foi qui peut bien transjorterles montagnes, puisqu'elle change les empires, déplace les pouvoirs, et fonde des institutions nouvelles, en leur donnant une base qui doit les rendre inébranlaldes. Sou style a cette simplicité primitive qui caractérise les vrais chefs-d'œuvre de l'esprit humain, et l'on n'y trouve rien qui se ressente de la corruption de la décadence, ni du mauvais goût du Bas-Empire. Ce qu'il recommande surtout dans ses livres et dans ses homélies, c'est la foi et la conliance en Dieu, parce que là est la religion avec toute sa force. « Croyons en Dieu, en toutes choses, s'écrie-t-il, et ne le conlredi>ons point ; et s'il nous dit dos choses (jui nous paraissent contraires à notre raison et à notre degré d'intelligence, ayo;is plutôt conliance en sa parole (lu'en nos fragdes raisonnements.
Elle seule ne saurait nous tromper, et puis- (pi'eile nous dit (pie ceci est son corps, soyons en sûrs, et n'en douions plus. Combien n'y en a-t-il pas (pii disent : Oh ! si je voyais le Sauveur dans cette même chair nu il â revêtue pour venir en ce monde I — Eh bien ! moi je vous dis (pie vous le voyez. ; eh bien ! moi je vous dis (jue vous le touche/,, et plus encore, (juo vous le mange/ ! Quel soin ne devez-vous pas prendre pour veiller sur vous-mêmes! Prenez garde!...
n'allez pas profaner le corps et le sang do Jésus-t.hrisl ! Quoi î Dieu ne s'est pas contenté de se faire homme et d'être crucifié pour nous : il s'idenliru! encore h nous, se confond h notre substance et devient noire propn' corps, non pas seulement par la foi, mais d'une manière très-réelle. Quelle doit donc être la sainteté de celui qui participe à un loi sacrilice ? L«s rayons du soieil n'approchent pas de la purelé que doil avoir la
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main jui louche celte cliair, la bouche qui aspire cette flamme, la langue qui est teinte de ce sang redoutable ! Considérez à quels honneurs vous ètez admis et à quelle table il vous est donné de vous asseoir. Celui que les anges ne regardent qu'en tremblant, ou plutôt n'osent regarder, tant Téclat de sa majesté les éblouit ; c'est celui-là même qui nous seit de nourriture, qui s'unit à nous et avec f!ui nous ne faisons [ilus qu'une même fjiair et un môme corps. O'ii ^^'''-^ capable de f)ar!er assez dignement de la toute-puissance du Seigneur et de publier les louanges qui lui sont dues ? Quel est le pasteur qui ait jamais donné so'i sang pour la nourriturc de ses brebis? Or voilà ce que fait Notrc-Seigneur ; il nous donne son sang pour nourriture et nous incorpore à sa chair! » Il est impossible d'exprimer plus dignement une foi plus orthodoxe , plus ardente, et plus entière, à un mystère plus adorable f't à UQ sacrement plus digne de tout notre amour.
Le Trailé du Sacerdoce, le livre aur la Dirinité de Jésua-Christ, sont pleins de pagis semblables à celle fjiie-nous venons de citer. Les jjomélies de saint Jean Chrysostome sont encore des chefs-<i "œuvre d'éloquence que les prédicateurs ne sauraient troj» étudier ni citer trop souvent. Dans les ouvrages de ce saint la forme n'e>t [las moins belle que les pensées, et il doit faire autorité en littérature religieuse comme en théologie par sa doctrine et en morale par ses admirables exemples.
CLÉMANtiLS. — Cl.'mangis ou Nicolas de Clémangc, poète, orateur et savant célèbre du XIV' siècle, disciple de Jean (jersoir, et recteur de l'université de Paris en MVXi, lut mêlé aux aff.iires de l'Kglise à l'époque déplorable du grand s diisme. Il a écrrt avec une grande énergie et un zèle quelquefois un peu arerbe corjlre les vices du clergé de son épofjue. Jamais en effet la foi catholique, a|)ostoli(pie et rrjrrraine n'avait été soumise à de pareilles éjireuves. Pierre était crihlé comme, le froment, et torjt sembliit perdu, hormis l'intégrité drj dogm.-. .Mais le dogme lui-mAme ne semblait-il f)as chanceler sur sa base qrj.irid i>- Cf-nfro de l'infaillibililé sr; i-irlageail en deux analhérnes réciprorpies ? Chose qu'on n'aurai! jarrrais crrif; possibb;, la chrétienté avait deux listes qrii s excommu- »iaie/)t l'une l'autre , (!t pendant (piarnnte ans dura cet incalcul/dde scacrdale. La foi alors fut éliraidée dans bien «les («erirs; et le rel/ichemenl des mceurs s'ensuivit n;iliirellernent. L'Kglise traversait une <]e (es nuits profondes où s'étei/U, erunine la lampe des vicrjçes folle-., la Irjmiére dr; loutr-s les Ames qui ne sont i)as nninres en abondaïue de Ihuile de la charité. C'éi,iif, «h^rs /.ar de hautes vertus et par d'h 'ror(pjr's exerrrphs phjtôt que i.ar rJes déclamalrons dangeicune% ((u'd r;r^rt fallu rriiigir contre les lan- Huc:jrH H(; la piété; mai» le zèle (■}„■//. pln- *ieiirs «écrivains do ce ternps-lii rem(ioil,i Aiir la prudeiire. Le discrédit f»rj l'autorité *Uj»r/niie tombait par ses divisions faivaiJ Ui(.iio>N l'i l.i 1 1 Ml A II itr. ciir.i.i.
CLEMANGIS
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dailleurs fermenter déjà dans les âmes ce levain de révolte et d'indépendance ([ue devait achever d'aigrir la mort de Jérôme de Pr-ague et de Jean Hus. Il seniblait que le (ie) s'éloignait de la terre, j;arce (ju'on voyait des hommes dans ceux qu'on avait regardés uniquement jusqu'alors comme les ieprésentan:s de Di(:iu,et l'espérance des biens éternels ne touchait plus que faiblement les Ames découragées et refroidies.
C'est en cet état de choses que Clémangis publia son Traité de l'état ccrrompu de lE- (;lise, dont nous ne voulons ni analyser ni citer les pages, de peur de réveiller encore, sous les cendres trompeuses qui le couvi-ent, un feu ti'op souvent excité par Thérésie et qui a fourni des flammes à tant d'incendies.
Clémangis publia aussi un Traité de l'Antéchrist, où l'on trouve des recherches assez curneuses et des cx[)lications parfois mi peu ténjér'aires de la tradition et des saintes Ecritures au sujet de cette réaction de la chair contie l'esprit, annoncée par les «[<ôtr-es et pr-éditc dans les premiers siècles de lEglise connue devant arriver' aux (linnieis jours. L'ouvrage de Clémangis sur l'Antéchrist ne niarKpiait pas d'oi)porluniié à une époque de srandale où tout seirdjiait j)rèl à périr. Aussi est-ce avec une grande solennité que l'auti ur le dédie aux peuples cl aux nuissances soit ecclésiaslifpus, huI séculières, (jui étaient alors dans l'alleiile de quelque terriJ)le événement. « Jp suis obligé, princes orthodoxes, cl vous, [Kuilifes oe i'Kglise catholique, et vous tou<, qui f.utes profession de la foi chrétienne, de v<his révi'ler les maux elfrovables qui sont prèls à fondre sur vous, aulaul (pie j'ai pu Je conipreiidie |iar la lectui'e assidue des propliètes et (Je ceux (pii les ont médités avec le plus de soin. J'ai cru que, pou/- c(urtribiier au bien de la religion et au salut (!o c(mix qui seront éprouvés dans cet c hnilal o i c(;mme r(jr dans la fournaise, il ('t.iit im- I ortanl de pulilier c(' (pie jai pu apjirendre des écrits des prophètes, et des commenlaiics où ils sont expli(pjés avec plus de solidité; en in'atlachanlà ce (pji regarde Je temps présent et les malheurs terrijjhîs (iiii doivent toml».n' bientfu sur l'I-lglise latine. » Oi voit (pje Clémangis était d(Mié (run<5 sorte de seconde vue, ou plutôt c'était un csinit judiciinix (pii prévoyait les ellVls dans les causes, et pour ipii ie grand scliismo apparaissait connue le geriiu! des plnséponvanlables iii,ilh(nirs et d'uiK! ruirui iiiiivc rselle. \'oi(n du restr- sur la question de l'Aiitechrisl les piincifiales choses ('•laljlies pnr l.i Iradilifiii rpn; rernieille et d(;vel(;jipe Chniangis d.uis S'Mi ouvrage.
1" Il doit v(! nir dans le mondf! uu faux piophele dont la vie et les enscngneiiKnils doiv(nit èlK! en 0[)|)osition directe et alisoliie avec les exemples et la doilrine de Jésus- Ci. rist.
1" Ce f'Mjx ()r<»ph(''t(; sortira de l'Kglise ra- IleJrqiie. et rpielrpies comiiierilal(nirs dri iii»»y I .Ige ont ét('jus(pr/i afiiniiei (ju il so
n.KMA.NClS
n.r.MANcis
rail le fruit IucosIikmix du sanilrgo duii [irùlro avec une rclij^ieusc r(^uMis piu- l'ciitremiso d'un démon tour h tour iiicnhr et surcubc.
:y li régnera sur le niondt^ entier, et à laide de taux niirarles il se fera adorer ronunc Dieu, s'élevanl nu^^nie hcaucoiiii audessus de tout ce (lu'on aura ap[)elé Dieu jus(ju'alors.
4" Il viendra f|uand Tempirc romain sera etdièrement détruit et même, S(do;i l'expression (\o Lactaîiee, lors([ue le nom Romain sera elTai-é de la terre : ce (pii, |)ar parenthèse, nesl s^uère favorable au dire des protestants qui, dans la personne de I'AjUcchrist, oui voulu reconnaître le pape.
5° Le centre de son em|)ire sera au nord, cl ses princifiaux instruments seront les pnjples liésignés dans les prophètes par les noms de (io.^ cl de Mago;.;, «lui s"appli(iuent, selon (juchpies couunentateurs, aux races asiatiques et aux Slaves.
()• Longtenqis avant sa venue, l'empire romain aura été démembré en (Hx princi- [>aux royaumes. L'Antéchrist détruira d'abord trois de ces royaumes, et usurpera ensuite une domination absolue sur la république universelle. Cette circonstance paiticulière et ce mol singulier de n'/;»/;//quc onqdoyé f)Our caiaclériser r(Mnpire du monde dont s'emparera l'Antéchrist, se trouviiil dans Laclance, à la liu du Traité (1rs Institutions divines. Voici ses propres paroles : Qui {Antichristus) tribus eorum [iinperiorum) ex nnmero ilelelis, rempublicani suam factet, rexabit, etc.
7" Il persécutera les chrétiens, el sa persécution sera plus terrible qu(; toutes celles (jui ont signalé les premiers siècles de l'Li^lise. Klie el Lnoch, qui oui été enlevés vivants au ciel, reviendionl dans ces (hi-niers jours i)0ur soutenir les élus dans cett-e angoisse suprême du dernier combat, el seront mis à mort par l'Anteclirist.
8" 11 viendra vers l'an -2000 de l'èic chrétienne, selon un(! tradition conlinme dans lépilie ajiocryphe de saint Barnabe, et (pii n'a été négligé.) de[)\iis <pie [>arce qu'elh» semblait fivoriser les rêveries des millénaires. \(n(i (luelle est celte tradition : Les sept jours de la création suivie du repos de DuMJ r.'[)rés(ntenl la durée enUèie du monde (pii doit être de sept mille ans. Il est dit en etVel dans ditféreuls endroits de l'Kciiturc el notamment dans les K|)ilre> de sauil l'iiMio que mille ans devant Dieu sont connue un jour. Les six piemiers jours de l'.^go du monde seront employés h p;é|)arer le repos du septième par une création morale el S|)iriluelle dont la création corporelle était la ligure. Les six jours ou les six nnlle ans (lu travail divin pour constituer la réyél.ilion parfaite seront partagés en trois périodes de deux nnlle ans chacune, par la nuniile.slalion et la coopération successive des trois |)ersonnes divines. Ainsi la loi de nalnre, rèj;nc du Père, aura duré deux mille ans, la loi do erninlc, règne du Fils, deux nulle ans, cl la loi de |;'rAce, règne du Saint-
K>pril, deux milN» ans encore; après quoi les trois personnes régneront ensemble l)endant mille ans, puis le monde finira ou sera transfiguré.
î)° L'Antéchrist régnera vn temps des temps, et In moitié d'un temps, ce (jue les commentateur', et les interprètes expliquent ordinairement par trois ans et demi.
10" Il aura un nom dont le nombre est 060. Mais d'après quelle combinaison numérique; eu quelle langue et en quels caractères, l'Apocalypse ne le dit [)as; ce qui ouvre un cham|) fort large aux conjectures.
11" Sa doctrine sera celle de la bête, c'està-dire sans doute qu'il satisfera tous les appétits grossiers et toutes les passions animales de ses sectateurs.
1-2" Il sera précédé et accompagné d'un faux proplu^'le dont la parole exercera une puissante séduction el (jui fera pour son maître un nombre incroyable de prosélytes. Ce faux prophète sera un homiue de scienc<r et de prestiges; il fera descendre le feu du ciel à sa volonté el [)Ourra donner la parole à des êtres inanimés.
LS" Jésus-Christ détruira le royaume tle l'Aidechrist par la lumière de son dernier avènement et par le soufde de sa bouche.
ri-" Un des caractères particuliers de l'Ant(M'hrist et de ses j^-écurseurs, c'est de diviser le Christ, selon l'expression de saint Jean, c'est-à-dire de séparer sa- divinité de son humanité et mettre le schisme dans son Kglise qui est véritablement son corps animé de son es|irit , el ([u'on peut considérer comme lui-même.
15° Le règne de l'Antéchrist sera préparé de longue main par des doctrines et des vices dont la tradition ne sera pas interrompue el (jui connuençaienl déjà à se manifester du temps des a])ôlros. Ce qui faisait dire à saint Jean : Vous savez que l'Antéchrist doit venir et il est déjà dans le monde. L'Antechrisl résumcna donc dans sa personne toutes les scnisualités et tous les orgueils, dans sa doctrine toutes les erreurs de la chaîne des hérésiarques, dans S(ui gouvernement tous les abus de la politi([ue el de la force : en un mot, ce sera le nn'ssie du mal cl le verbe incarné de l'enfer. Il r ''habilitera la débauche, mais toute répugnanle ([ne seront au fond ses doctrines il saura les colorer, les appuyer, les rendre tellement acce|)lables (pu» 1rs élus eu.r-mémes, ai cria était possible, seraient induits en erreur.
Tels sont les caractères principaux (pie les prédictions donnenl à l'Antéchrist. D'après ces caractères cha(pie siècle de crise a (nni voir ce umnaripu; du mal. Les premiers chrétiens le reconnaissaient dans Néron, et lorsque Néron eu! dis()aru sans (jiie le règne temporel du Christ lui eill inuiiédial(nnent sueci'd', on (il courir h^ bruit (jne Néron n'était pas mort el qu'il réapparaîtrait au monde à la lïn t\vs temps. Au sixiènn^ siècle on vil l'Antéchrist en la |)ersonne de Mah;> met, dont le nom donnait en chill'rcs Crées Ib nombre fatidique d(! 000. Les protestants liront ensuite lous leurs efforts uour démon-
CLEMANCiS
CLEMENT
trer que TAïUechrist n'était autre chose que la puissance pontificale, représentée également selon eus par la grande prostituée de Babylone, assise sur une bête couleur d'écarlate, et qui porte le mol mystère sur son front chargé de diadèmes.
Plusieurs commentateurs et interprètes de TApocalypse ont vu l'Antéchrist dans les empereurs Julien et Dioclétien. Ciémangis ne suppose pas, comme l'a fait depuis Bossuet, que toute la prédiction apocalyptique ait seulement rapport à l'établissement du christianisme, et soit par conséquent accomplie df[>uis longtemps; il croit voir au contraire dans les maliieurs de l'Eglise les signes avant-coureurs des plus terribles calas ro-
Fhes. annoncées tant par les prorhèles de Ancien Testament que (lar saint Jean dans le Nouveau. t)u reste, bien que ce savant docteui- n'ait jamais donné Ueu de suspecter son orihodoxie, on sent s'agiter au fond de sa pensée je ne sais quelles tendances réformatrices dans le sens protest:int, seinbla- Ijles à celles que plus tard on ajustement reprochées au savant et spirituel Erasme, Dom Luc d'Acheri, bénédictin, a publié, d-uis le s>f)lieme tome du Spicilége, un traité sur l'élude de la théologie, où il veut qu'on reconnaisse un docteur [>ar la science, et non par le bonnet. Rien de mieux sans doute : mais voilà les universités ([ui donnent le bonnet de docteur mises en état de suspicion ; plus tard Jean Hus dira : Ne reconnaissez les ftrètres qu'à leurs vertus et n'en croyez ni leur tonsure ni leurs lettres dordination. Un homme scandaleux ou ignorant peut porter le titre de prélie, mais il le jx'nte faussement, car c'est dans la sc'ence et les vertus ecclésiastiques que consiste l'essence du sacerdoce. Assertion qui semble au premier abord si judicieus»; et (lui ne tenu à rien moins qu à l)ouleverser la hiérarchie , anéantir l'autorité et détruire le culte dans l'Eglise.
Ciémangis, dans un autre traité, s'élève conirtj linslitulion des no ivtdlcs fêles et voudrait même qu'on réduisît le nombre des anciennes, sous le prétexte que dans le renos des fêtes il (îst [»rcsrpif! impossible rjue les hommes n'olfensent pas Dieu, On devait f.lus tard prendre 'i {ifu piès les mêmes prétextas pour attaquer la .sanctilicalion du dimanch'- ; mais (ciémangis était loin de prévoir jiisrpj 'où on pourrait ()Ousser des ith-cs qu'il ne firoposail fpie jtour le birni, Outrtî quehjue.s autres traités, il reste de (>!éma - Kis cenl trente-sept lettres adre sées aux priiir:ipaux perso inag'-s d»; son temps sur les an'aires «h; l'Kdise. Elhrs soiil écrites avec une grande élégance. On y trouve des iiis- Irijctioris chrétiennes, morales et politiques; des peintures du vice el de la vertu, des Irails d'histoire, des morceaux de liltératuie el (Je crilirpje. Son slvl.; rapr>elle celui des anciens Pères dmil il a qiief(juefoi.s l'éloquence; ses pensées .sont élevéen, son élocul, on pure el facile, ses lermos choisis, »o-i imagination riche en élégance»; c'rvsl tnfin un aut'ur riu'ori peut étudier avec
fruit, bien que nous ne rangions pas ses écrits parmi les modèles vraiment irréj>rochables de la littérature religieuse. Glé^ raangis est un criti(jue trof) acerbe et un moraliste un peu chagrin, il tombe parfois dans la déclamation lorsqu'il attaque le vice, et on pourrait lui souhaiter un peu plus de cette onction qui tempère dans les écrits des saints toute l'amertume des reproches et justiiîe tous les emportements du zèle.
Ciémangis mourut en liiO, au collège de Navarre, où il s'était retiré, et fut enterré dans la chapelle môme du collège, sous la lampe. Cette inscription fut gravée sur la dalle qui recouvrait sa tombe :
Qui lampas fuit Ecclesiœ sub Imnpade jacel.
CLÉMENT (saint) i)ape, — Saint Clément pape est un écrivain des temps a[>ostoli(iucs. 11 reste de lui deux épiires fort rcmari^uables. Il avait conversé avec les apùtres et touché aux sources de la tradition. On trouvi; dans u ie de ses épîtres une parole énigmatique ••iltribuée à Jésus-Clirist lui-même, et qui n'est rapportée dans aucun des évangeliste*, Notre-Seigneur interrogé sur l'époijue de son avènement et de son règne, auraii répondu : « Ce sera quand deux ne feront qu'un, quand ce qui est au dedans sera au dehors, et quand l'iiommc avec lafiiinme no seront plus ni homme ni femme. » Ué[)onse diflicile h bien explitpier, maisipii peut s'appliquer ù la sainteté du mariage, parce (jue 1;\ remonte en ell'et le h'cn ou le mal dans la société. Voy. Apostoliques.)
CLÉMENT (saint) d'Alexandrie. — Clément, discipledesaint Pantène,fulunedes lumières de l'école d'.Vlexandrie, et eut lui-même pour disciples le grand (^rigône et saint Alexandre. On trouve dans ses écrits les formes élégantes el savantes du christianisme néoplatonicien. Il i)arle souvent plutôt en [ihilosophe (pi'en évêqiie, et s(ï montre; toujours studieux de la s.igesso anlirpie et des souvenirs de la (îrèce savante. Son Pcihtyoïjue, ses Slromates et ses I/ypotyposcs sont des traités fie morale d'une grande beauté et auxquels on ne saurait reprocher auti-e cl'r)s<î qu'une cr-rtaine alb.'elation des lonnes païennes (pii rend dis()aral(! l'éloepiencc; de saint Clément comparée à celh; des apôtres. Nous pensons d'ailleurs fpie ce. reproclu^ sérail mal fondé. La vérité cliréiienne n'a sans floiite |)as (Ml besoin \)nur si; propager dans le monde de, l'élégancf; d(!S [taroles ni d(ï l'artilice des pensé(;s, mais les biîlhvs formes de l'antitpiité n'ont rien d'incompaiibh; aveu les belles el saintes |»ensées <pie le chiislianisiiie seul [)ouvail suggérer <'i la pfiilosophie; et si la scifnice et les arts d(! l'ancien monde avairîut été insullisanls pour l'éclaircM" el le sauver, ils n'en pouvaient pas moins recevoir eux-mêmes de la doctrine du salut iirn; vie et uiuî exist(Mic(! nouvelles. L(! beau est la forme du vi-ai (!t riielb'-nismo n'avail pu e I (fièce [irésider ii um; civilisation brill/inte (pi'à la faveur de ipielipies rayons échappés au foyer du Veibe éternel, et ré-
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CLEMENT
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flécliis j.ai inieli|uos puissanU géiiio.s (jiii rt^pnntlirciil sur l'ancici pn;^,inism«* un peu (le l;\ liunirreclcs prophètes. Pvlh.igoro nvait rt'vé la Iriadn élcrnelle et toute-puis.saiiie, et faisait présider à la création de toutes choses CCS mathématiques incréées cl vivantes dont les comhiniusons lui révélaient lires(|ue les harmonies de la nature déterminées par la sagesie éternelle du Verh;'. Ce Verbe ([u'avait entrevu Pythagore, Pialon l'avait nommé, et la |)hilosophie du Lofjos n'avait plus à admettre que l'incarnatioi ot la croix pour se changer en foi chrétien le. Saint Clément d'Alexandrie est tni des grands hommes qui rajeunirent la vieille philosophie et la tinrent pour ainsi dire sur les fonts du baptême. A ce litre la piété, la science et la littérature, trois belles choses (^ui no s'cxclue:it pas mutuellement, qnni ([u'uii en dise , doivent également honorer sa mémoire.
Nous ferons mieux connaître saint Clément d'Alexandrie par quehfues citations q le par l'analyse de ses ouvrages. Nous choisirons quelques [)ages dans ses livres alin de le faire rjiiiaitre couunc oiateur, comme historien et comme poète; el nous aurons occasion d'intercaler ici une des légendes les plus touclianles des t(Mn;)s apostoli([ues, racontée ' ar saint Cléminit d'Alexandrie, avec toute "élégance ijui caractérise sa manière.
I.e philosophe chrétien, exhortant les lldèles à la charité, se plaint de leur indilîérence cl de leur froideur ; car leur iutértH même devr-.it les exciter puissamment à la pratiipic des préceptes divins, s'ils avaient la loi. " Quelle récom|>ense cependant de votre charité et de vos bienfaits ! les labernaclcs éternels 1 Quelle admirable et divin i.ommerce ! échanger des biens (pii périssent contre des biens qui ne périssinit pas l \ cas bAlir de vos propr-s mains dans le ciel une (Imneure indestructible l O vous ipii êtes riches, si votre tbiie niî vous aveugle point, h ile/.-vons, faites, concluez un marrhé si a\a Uageux 1 Parcourez, s'il le faut, la terre entière, n'é|)!irgncz ni soins ni danjçers. Tandis (jue celte vie vous e>l laissée, taudis (pie vous le [)Ouvez encore, achetez le royaume des cifnix.l'oiuipioi mettre votre joie dans des pierres pré .Kni-cs, dans des palais (pie le feu dévore, (pie le l(Mnps dé- Iruil, (pi'un tremblement di; terre ébranle et renverse, ((ue rinjii>lice des tyrans vous ravit? Idiirnez vos vieux vers les palais célestes, Y voulez-vois régner ave.- U eu? Lu homme vous les ouvrira. Partage/ ave(^ lui vos trésors leri-eslres ; il partagera avec vous les tréM>rs du ciel. Pressez , priez, su|)[)liez pour ([u'il a(ce[itc vos bienfaits. Craignez surtout qu'il neUis rcfus(>. il ne lui est |)oinl 'M-doiiné du les recevoir, il est h \inis de les lui ollVir. Le Seigneur (nilln n'a [loint dit : OJIrez, donnez, soyez bienfaisant et secourable. il a dit : Faitrit-vnns un nmi. Pensez- Tous (pi'iin ami s',\c(pi ère par (pielqu. s pr<'"- ;>enls ? Non, il faut une longue habitude, une longue siiiie de soms et de l>ieiifaits. Pen- »'.?iL-vuu> ([uil Miliiso d'être lidèle, [)alieiit
charilabhj un s(hi1 jour? Non, il faut l'être tous les jours de votre vie. Celui qui persévc'rrrn jusqu'à la fin sera snuré.
n Comment un homme nous distribueral-il les trésors du ciel ? Ecoutez ce ([ue dit le Seigneur : Je ne donnerai pas seulenienl n mes amis, mais aux amis de mes amis. Eh 1 (pii est l'ami de Dieu ? Ce n'est point h vous à juger le<iuel de vos frères e-'t digne ou indigne de ce nom. Vous |)Oiirriez vous trom- \H'y en choisissant. Ne choisissez donc pas. Donnez h tous indistinclcment ; n'enchaînez [loint votre bienfaisance par la crainlc de la répandre sur ceux Tiui en sont indignes. Vous pourriez, par celte; précaution danj;ereuse, passer sans les secourir auprès des amis de Dieu, el un seul, vous le savez, un seul d'entre eux ([ue vous négligez de secourir, vous r(nul digiuîdufeu (Je l'enfer. D'ailleurs, en doiuianl à tous ceux qui sont dans le besoin, vous donnerez infailliblement à celui qui [leut f;'.ire votre salut auprès de Dieu. Ne jugez point de i)eur d'être jugés. La mesure que vous ferez aux autres est celle qui vous sera faite. Dieu rous la rendra bonne, pleine et surabondante. Ouvrez donc vos entrailles cl tous vos frères inscrits au nombre .les disciples du Seigneur ; n'en repoussez aucun par dégoiU de leur Age, de leur faiblesse ou de leur laideur. Ces haillons (pii les couvrent, ces maladies qui rendent leur cori>s difforme ou déligurent leur visage, loin de vous inspirer de l'aversion, doivent, par un juste retour sur vous-mêmes, vous faire réiléchir que c'est une des nécessités de notre faible humanité, une leçon coqimune h tous les hommes. Songez d'ailleurs (pie, sous cet extérieur repoussant, sont c;> chés le Père et le Fils : le Père, ipii nous a créés ; le Fils, qui est moi t [lour nous et qui ressuscite avec nous.
« Cet extérieur olVei l ^ leurs yv\\\ trompe la mort et le démon, h (pii demeure invisible et cachée la beauté intérieure qu'il iy]ferme. Pleins de mépris pour la chétive faiblesse de notre corps, ils s'élèvent contre lui avec une vaine fureur, aveugles (pi'ils sont pour voir les richesses intérunires de notre Ame, cl ne c(Huprenant |»as (ombien est grand le trésor (pie nous portons dans ( e vase d'argile, trésor déf(ni(lu par la imissance du Père, par le sang du Fils, par la rosée du Saiiil- F.spnt. Mais vous, (jui avez goilté des fruits de la vérité et (lui êtes jugés digues des récompenses (jue le Sauveur vou-. a acquises par son sacrilice, craignez de tomber dans une si funeste erreur 1 Uassemblez contre l'usage ordinaire des autres hommes, rassembl z autour de vous, pour vous défendre, uiK" armée inhabile à la guerre, impuissante h répandre le sang, (pie la colère ne trouble pas. unie les vices ne souillent point : des vieillards adiiuifables de piélé, des orphelins do mo'iirs |)ures et religi<niscs, des veuves ins; mites à la iialiencc el à la douceur; des hommes ornés et embellis par la charité; failes-vous-en, par vos richesses, des girdes vigilantes autour de votre ,\uu' et de votre COI ••>. Dieu lis (oumiandera. Par eux, par
CLEMENT
CLEMENT
les prières des saints, votre navire, prêt à s'enfoncer dans l'abîme, se relèvera et voguera légèrement vers le ciel. Par eux, toutes vos maladies seront vaincues, toutes vos craintes effacées et détruites, et la violence du démon se brisera, impuissante, contre la doctrine qu'ils vous apprendront à méditer et à suivre.
« Aucun des membres de celte milice courageuse ne restera oisif et inoccupé, aucun ne vous sera inutile. Les uns verseront devant Dieu des prières pour votre salut ; les autres verseront des larmes Ils vous consoleront dans vos afîlictions, vous instiuiront dans votre ignorance. Ceux-ci vous r<'j)rendront avec hardiesse; ceux-là vous «lonneront des conseils pleins de bienveillance ; tous enfin, sans crainte, sans fard, sans dissimulation, sans flatterie, vous ent'jureront, comme d'un rempart, d'une sincère et solide amitié. Quelle douceur dans It-urs bons offices ! Quelle puissance dans la généreuse liberté de leurs conseils ! Quelle sincérité dans leur foi, garantie par la crainte de Dieu ! Quelle vérité d;\ns leurs paroles, que le mensonge ne saurait souiller ! Quelle beauté dans leurs œuvies, choisis de Dieu j.'Our le servir, pour le fléchir et pour lui j'Iaire ; n'aimant jias votre corps, mais votre âme ; vous parlant, mais s'adrossant au roi invisible qui habite en vous, roi des tem[)s et de l'éternité !
« Tous fidèles, tous admirables de justice et de probité, tous aimés de Dieu, auquel ils ressemblent , et le front ceint comme d'un diadème de la couronne éclatante de leurs bonnes œuvres. 11 en est même [larmi eux nui, choisis entre les choisis, élus entre les élus, brillent d'une gloire d'autant plus vive que, s'éloignant volontairement des dangers du monde, ils s'ouvrent , par leur inodirstif, un port assuré contre ses orages; <pii, rraignant de paraître saints, rougissent quand on leur en donne le nom ; qui cachent au fond de leur cnMJr «l'ineflablcs mystères , et d('daignent d'exposer leur gloire en S]»eclacle aux regards des hommes. Ce sont es justes qur; rkcrihire sainle appi'Ue la Inmiirc du monde cl If net de la trrrc, véfilafjle .'oiuencf; de Dieu , son image et sa r 'ssemblance , ses enfants et ses héritiers. Voyagjuis exilés eu ce monde; j».'\r celle haute Sagesse, df>nt leur destinée merveilleuse est d'aceorrq)lir les desseins cachés ; di s choses qu<; le monde enfeiriu*, soit visibles , soit invisibles, les unes ont été faites pour leur usage, les autres pfjur les é[irouver, les [lurilier et les instruire. Le monde fut créé [)Our eux. Tant «pif; celle seruencf; divine germera el produira des fruits sur la terre, la lerro ne périra |ioinl. La moisson toile et recueillie datjs les Inbernac'cs éternels, le morirle entier se dissoudra.
« Vous tous donc qui êtes riches, orgueilleux de votre jiuissatMe el de vos dignilés, filacez, il le faut pour voire salut, place/ audessus de vous un honnne de Dieu dont la vertu anime la vAtre et ipii vous soit un tjuidc lidéle el assuré. A)'-^ au moins un
h.)innic ([ue vous respectiez, un lionnue ipie vous ciaigniez. Accoutumez-vous à l'entendre vous parler librement, soit qu'il vous bli'ssc par ses rejjroches, soit qu'il vous touche par des discours pleins de tendresse et de douceur. Des objets toujours agréables fitiguent la vue et gâtent les yeux. Il faut pleurer quelquefois pour les conserver mieux. il est bon de souffrir pour se bien porter : une volupté prolongée affaiblit et aveugle l'Ame ; elle se retrempe dans la douleur (juo lui fait éprouver une juste sévérité. Ciaignez-le donc quand il s'irrite, gémissez quand il gémit, respectez-le quand il s'efforce d'aj\iiser votre colère. Allez vous-même au-devant des peines qu'il s'apprête à vous imposer ; qu'il passe en votre faveur de nombreuses nuits sans sommeil, versant devant Dieu des prières pour votre salut, et le touchant piar les accents d'une voix qui lui est connue. Dieu est tout cœur et tout entrailles pour ceux qui sont ses enfants. Si vous honorez ce saint guide à l'égal d'un ange de Dieu; si vous ne l'attristez point, mais qu'il s'attriste de lui-même à cause de vous, ses prières pour votre salut seront pleines de puissance et de pureté , et votre pénitence ne sera point vaine. Dieu ne sera ni moqué ni trompé; de vaines paroles ne le désarmeront point. Il sonde nos reins et nos cœurs, il [)énèlie la moelle cacl.ée de nos os. Il entend ceux qui crient vers lui du milieu des llannnes; il exauce le l'ejjcnlir (h; celui (pii l)lenre dans le venire de la baleine. Toujfjurs près des lidèles , il s'éloigne des infidèles; mais il revient avec joie à ceux ([ui reviennent vers lui.
« Afin d'accroître encore votre confiance que je vous engage h placer dans le repenlir, et de vous assurer que si vous vous repentez sincèrement vos espérances de salut ny S(;io it point vaines : écout(.'Z ce qu'on nous raconle de l'apôlr»; saint J(,'an. C'est une lii.sloire i-eligieusement transmise et reconnuandéi! il la UM'inone îles fidèles. Ce saint apùtr(!, a|)rès la nu)i't du tyran, reverui de l'île de Patmos h Kphèse , fut prié de visiter les églises voisiiu's pour y établir des évêoues, pour en régler et réforimn' la discipline ,
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our choisir et ordonnin- j)rêtres ceux <pn;
Ivspril-SainI lui désignerait. Parmi les villes «pTil visita, il s'en trouvait um; voisine d'Mphèse, dont plusieurs rappoi'tent h; nom, oîi, tandis rpi'il cr)nsol/iit ses frèies pnr r-n nrésenci! el par ses discoiirs , il aperçut un jeune homme, aussi i-emaicpi.ible par- l'élégance de sf)n ( rups et la beauté de .son visage, (pje |)ai' la ff^ne de son caraclèit; (,'t la vivacité de son esprit; se tournant aussitôt vers l'évèfpie du lieu : « Je prends, lui dit-il, celle; église il lo (Ihrisl à témoin (|U(! jo vous recommande cr; j(!uue homrm! (I(î tout mon |»ouvoir. » L'évêepu; le recul de ses mains; el laudis (pu; saint Jean redoublait ses recommandations et ses instances, il promit de veiller' fidèleiiiinil à son instruction el Ji sa conduite. (Icîpciidant l'apùlie revint il Kphèse, et l'éjvèipn; ouvrit sa mai.s(m OU jeune honnne fpjj lui avait é!é ( ontiû. 11