CONTE
erii'MPC avcr plaisir el cludier avec fruit. Il a laiss(^, iiulépciHlaminoiU <ln ses ouvrages sur la religion, une traduction de Fiorus, suivie (i'uJie histoire de l'empire romain depuis Auguste jusqu'à Couslanlii, qui fut rt'gardéo de son temps comme un des cliefsd'«euvi e de la langue l'ran(;aise.V;uigelas cite cet ouvrage comme un modèle. Son uK^ritc priici|).d a été d'éviter les lo,'u!io'is vicieuses, le néologisme et les tours suranués, mérite co-i->id 'rahle sans doute à rne é[)oqu(! où le goill n'était pas e;icore l'oruié, et où il fallait en q:iel(iue nia'iiô c le pressentir.
COFI'IN (Cinni.Es). Voi/. Hymnes.
COMKDIE. Voi/. MvsTKRES.
COMPARAISON'. Voi/. Almccoiue.
COMPOSITION. Voif. Invention, Style.
CONFÉRKNCKS.— 11 y en a de trois sortes. 1" Les traités de th'ologie faits en forme de dialogues. 2' Les discours prononcés dans des assemblées de religieux ou decclésiasli(pH?s. 3" Les discussions publiipics sur les vérités de la religion où ui ecclésiastique se charge du rôle des adversaires et [)résente les objections pour donner occasion à l'orateur de les réfuter. Les deux dernières espèces de conférences sont du ressort de la littérature sacrée, surtout la dernière, où l'on doit fra|)per l'esi>rit du |)euple par une n'fulation vive, saisissante, et ipii puisse se graver dans son esprit, de ces objections baiales, de ces sentences de carrefour qui [•araissent invincibles aux hommes dépourvus de sci(;nce et de réflexion.
Il f lut dans les confér<MJces que les objections soient présentées de bonne foi, avec toute 1.1 prétendue force qu'o!i leur attribue : elles seront toujours assez chétivc?; ; anlrenient l'auditeur croirait en savoir plus long (pu- le prêtre et roulerait dans sa pensée i'obji'ctiuii (ju'il sup|)Oserait irréfutable nu lieu d'écouter ce qu'on lui (brait. Donnons rpielqiM'S exemples de ces objections si victorieusco et de leur solution.
L'nrorrl du dinhlc. { On appelle ainsi vulgaireiiU'nt celui (pii propose les doutivs.) — Kn mk; créant, Dieu a prévu ce que je ferais, il sait d'avance si je serai sauvé ou dannié ; donc, (pioi qiu' je puisse faire, il n'en sera que ce qu'il sait.
A'/jon.sv.— Sans donte. Il savait même que vous feriez un aussi pauvrt! raisoinement, mais il ne vous a jias forcé h le faire. Ce (pn* Dieu sait de votre avenir, vous n'en savez rien; mais ce que vous savez certainement, c'est que, si vous faites le bien, vous serez sauvé. Serez-vous moins heiu'eux alors en pensant (pie Dieu l'avait prévu? Ce n'est pas jtarce (pie Dieu les prévoit (lue les choses ari'ivenl, mais c'est parce qu elles arriv(Mit (pi'il les a prévues. Comment peut-il les prévoir ? Ce n'est pas ce qui nous regarde. Nous comprenons seidement (pi'il doit les prévoir, parce que rien ne peut écha[)per 5 sa providence inlinie.
L'nvncalflu Dlnhlr. — Mais si Dieu a pri'vu vu tn(> créant que je me damnerais, de deux rl'.os «-i l'une : ou il n'a pas voulu s'abstenir cie me (r(?cr cl alors il n'est pas bo;i; oti il
ne l'a pas pu, el alors il n'est pas tout-puissant.
Réponse. — A quoi alors pourrait penser Dieu en s'abstenaiit de vous créer? A rien, puis.que de fait vous ne devriez jamais être. Anrail-il prévu aussi qu'il s'abstiendrait? Mais (le (pioi, et pounpioi? L'idée môme de votre individualilé, de votre volonté personnelle , de votre liberté en tant qu'appartenant à vous, ne saurait exister dans sa j)ensé(!. Il pourrait se dii-e seulement : Je vais créer un homme de moins. Mais pourquoi? II lui serait impossible de se le dire, puisque votre.' existence, ne devant jamais être, ne saurait être prévue par lui. Vous venez donc tout simplement de dire une absurdité, une chose qui implique contradiction dans l'idée de la manière la plus complète. Vous faites dire h Dieu ce qu'un spirituel caricaturiste fait dire à un vieillard ridicule : Je n'aime pas les épinards et j'en suis bien aise; car si je les aimais, j'en mangerais : et je ne jjcux pas les souffrir.
L'avocat du Diable. — Comment cela ?
Réponse. —Selon vous. Dieu dirait : Je ne veux pas créer cet homme, et j'en suis bien aise; car si je le créais, il pécherait : et je ne veux pas le créer. L'absurde niênie va plus loin ici que dans la phrase des épinards, car au moins les épinards existent. Mais de quel homme, je vous prie. Dieu pourrait-il parler ainsi, puisque réellement vous ne devriez jamais exister, et (pic j)ar con>é(pient dans sa pensée vous n'existeriez pas? Son idée en ne créant pas devrait donc êtic' vague et générale; il devrait dire : Un individu qui n'existe pas doit m'olfenser, donc il n'existera jamais ; enlhymême don», la majeure est fausse, le conséquent absurde, et la consé<pience ridicule. Cherchez (jnelque chose de plus fort.
Cet exemi)le et mille antres qu'on pourrait d(>nner et citer sont du genre (jui convient h la conférence populaire qui est en usage surtout dans les missions. Le style doit en être généralement simjile, familier même, sans descendre jamais au trivial, mais ne doit manquer ni d'énergie, ni de couleur, ni de vivacité dans la répartie. Le questionneur ni! doit pas alfecter la bê ise; au contraire, il doit faire de res[)rit, el celui (pii répond doit tellement écraser cet esiirit à force de bon sens et de raison, (jue le faiseur d'obj(>ctions paraisse d'autant plus ridicule (pi'il aura l'air plus prétentieux. Ces nuanet's du dialogues ne doivent cependant pas être martpiées au point de faire (lég(>nériM' la conf(''renc(> en fcène de haute comédie. Il faut garder tf)ujours la gravité et la dé- «•ence (jui convient au saint lieu et aux vêtements sacr('vs dont li>s interlocuteurs sont couv(>rts. Seulement si les auditeurs sont des enfants, on pcul être plus simple et plus famili<M', atin de se mieux mettre à la portée de leurs jeunes intelligences.
CON IF. — Un conte est un récit inventif dans le but d'amuser ou d'inslrnire. La perfection du genre seinil d'in^^liuire el d'amuser louf à la fois.