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Los contes peuvent ôtre ou fanlasliques , ou allégoriques, ou seulement moraux. Les contes purement et simplement fantastiques peuvent avoir une certaine valeur comme po'^sie ou comme style, mais ne sauraient appartenir à la littérature religieuse , ni môme à la littérature sérieuse. Les contes allégoriques so'it à proprement parler des paral)oles et l'o i en trouve beaucoup dans les anciens légfndaires. [Voy. Légendes, Paraboles.) Les contes moraux ne sont guère qu'à l'usage de? enfants, car les exemples de vertus religieuses et les histoires édiiiontes ne manquent pas pour les jeunes gens et les grandes personnes.
La littérature orientale est fertile en contes merveilleux , et le génie particulier à l'Orient est naturellement enclin aux fielions et aux proJiges. Les Evangiles af)0trvphes conservent des traces de ces tendrMJces et font com[)renilre pourquoi saint l'aul recommandait aux fidèles de son temps de ne pas s'arrêter aux contes de vieilles dont il signa'e l'ineptie. Le goût des petits enfants est assez semhhihle en C'^la même «tu g'''nie des Orientaux : les contes les j)lus invraisemblables, les prodiges les plus absurdes, les métamorphoses les plus étranges plaisent particulièrement à leur ignorance de la vie réelle et à l'activité inquiète et frivole Uo leur imagination. Ce()endant un niora-
lisle peu profond, mais estimable, Berquin, a su dans le siècle dernier substituer aux contes d'ogres et de fées des histoi-iettes pleines dintérèt et de naïveté, puisées dans les scènes de la vie de famille, et a remplacé avantageusement Perrault dans la bibliotlièque des enfants. Avant Berquin le pieux archevêque de Cambrai avait composé, pour son élève le duc de Bourgogne, un recueil de failles et de contes dont la j)lu[)art ont sans doute servi au jeune | rince de sujets de thèmes ou d'analyses. On y voit que Fénelon n'a pas dédaigné d'appeler à son aide les merveilles des génies et des fées, mais il en fait un emploi [)leinde grâces. Son conte de La vieille reine et la jeune paysanne présente un contraste des plus frappants entre les bk'ns de la nature et ceux de l'opinion, et fait voir combien l'inconstance de nos désirs faiiguerait la Providence si elle se chargeait d'y satisfaire. Quelques-unes des pièces du recueil de Fénelon sont de véritables idylles à la manière antique, dont rien ne surpasse le charme, et sous le rapport du style et sous celui des pensées et des intages. iVoi/. LÉGENDES, Pakaboi.es, Poésie, etc.)
CONNKNANCl':. — Qualité essentielle du style et qui réunit presque toutes les autres. [Voi/. Stvi.e.)
COIUIEC riON. Voy. Style.
DAMASE. — Le pape Damasc cul pourserrélairc saint Jérôme fiui l'apiielle le docteur rierrje (le l'/ùflinp rieryr, h rauscsans doute d'un [toéme .Sur la tirf/itiité,(\u('. ce souvcr.iin [tontifeavail com[)osé en vers liéioiqiics, et qui ne nous est pas |»orvenu. Il ne reste du l^ane T)amas(; fjui; rpu-lques [loésirs et .S'pt a liuit lettres dont deux se trouvent parmi b'S ouvrages de saint hhùuui. On lui atli ibuc aussi des épigrammcs et des épila- I hes en vers, rai)[)Orlées par Baronius cl p.ir (îruter; tout ce qui est certain, c'est qu'ei!r;s sont d'un [loète espagnol, noiinné J)af[iase, mais rif-n ne prouve fju'on doive les allr bu«'r au j»ape do ce nom.
DANIEL lu'. Pèrej. — Le P. Daniel, jésuite, est un écrivain estimable, plutôt théfilf),;ien que litlér.ileur, mais qui eut le zèle mal inspiré de vouloir réfulcr' Ifs Prorinriahn de Pascal en opprjsanl I -s efforts d»; son firopre style aux fpialités inimitables de celui du grafid écrivain. La plaisanterir; est uin* arrnobion difli<:ile ,'i manier'; et d'une autre pari on fera lirediflicilemeui une réfutation .«^érietise rl'un ouvrage léger; c'est Cf; rpii a f.iil l'avantage de Pascal sur le P. Daniel, irialgré l'absurdité du jansénisirifl et la soiireralfie injustice rjr* ce mauvais livre que le génie <i'e son nuteur n mallieureusemonl rendti immr»rlel.
DAM KL. - le prophète Daniel est le Kr-ind historif n «lyrioptiqut! d(! j'averiir. En |i.r l»j g<fiiie prO|iné»iq'ii' é j.ie d'ime ma-
nière si surprenanic qu'il va jusqu'.^ marquer les (laies des événeuunitsiju'il annonce. En le voyant tirei- des ombres de l'avcînir les fai. tomes iWs grandes nionaichies, on dirait qu'il évoque les souvenirs du passé et (pi'il ur-ssine sur les toml eaux des nations ses allégories funèbres. Les douze [)remiers clia- |)itres de Daniel sfuil consacrés à ses gig.'uitesques prophéties; les deux derniers contieiuienl l'histoire de Susainie, et pourraient être pris pour un ouvrage séjtaré.
Les prophéties de; Daniel sont précéih-es d'une introdiuliou hisloriqu(! où l'auteiM- racr)Mte comm(M)t Daniel avec trois jeunes Hébreux remarquables par leur scimice, par leurs v(mIus et par leur beauté furent admis <i In cf)in- de Nabuehodonosor ou N(''l)uclia(l- Nésar, roi d'Assyrie. Ainsi les etd'ants de la captivité viinnunit exercer dans h; palais des vain pleurs il'lsrael la toute-puissairce de c(5 Dieu (pii triomphe toirjours darrs la faiblesse, et s^'. sent de («; «pii n'est pas [loui' anéantir C(r qui est. Azarias, .Misai'l et Ananias comnienr;enl ?i étonner le roi els(;s servileurs jiar leur abstirnnrce; une for-ce rrcjuvelle, celle de 1,1 volonté et de l'esprit, sr; r-évèh; sir|)érieure aiix attr-aits grossiers d(! la volujrté, cl se irionlii(;ta bientôt plus forte (pie In crainte el inaccrissible ii la douhnir. Qui! peut mainlerranl le grand roi d'As.syrie? Il est vaincu, il est désarmé iiar ses cîsclavrvs : voi( i (juaire errfatrls pour lestpiels (ît eorilro les(pif fs il ne}»eut r'ioir ! Mais la visite de r<.'i>-
prililivin tiui habile nvcc les (|ualie eiilanls lOîirniL'Mlo (l'-jà et nuMiaco le somiiieil du f)r'iiire. Los visions [iroplii'licjuos (juc Dieu envoie à Daniel viennent par une sorte de eoniiniinicalion mystérieuse et providentielle toiirnicnter le maître du nionde dans ses rt'ves. La puissance ro\ale lui est a|)^>alue sons la forme (runrolosse h la tète d or et aux pieds d'argile, et eeltc gii^antesque image d'une autorité (pii manifue par la l>ase, s'écroule sur elle-nu'^nie, parce qu'un caillou se détachant du llani; de la montagne est venu heurter son pied d'argile. Le roi s'éveille épouvanté : il n'a pas compris tout le songe, mais ce qu'il a vu sutlit pour le faire trembler. Il s'éveille en sursaut, il se lève : il veut qu'on appelle h l'instant les devins et les mages. Mais il ne leur dira pas ee ([u'il a rôvé; il !'a oid)l:é, dit-il, dissinnilant fieut-étre sa terreur; il veut non-seulement qu'on explique, mais qu'on devine son rùve. l-e silence des savants et des sages est pour eux un airèt de mort. iS'abuchodonosor se venge sur la science imi)nissante des anxiétésdu pouvoir et de son ignorance. Daniel et ses compagnons vont être enveloppés dans l'arrêt de mort ([ui pioscrit tous les prophètes, car la vérité n(> s'est pas encore fait coruiaîtrc pour être distinguée du mensonge. C'est alors que Daniel, esclave et proscrit, paraît devant Nabuchodonosor.
11 vient confondre et sauver les sages, il vient éclairer et terrasser son maître superbe : « Roi, dit-il à Nabuchodonosor, vous ave/ vu un colosse couronné, dont la tète était d'or etles[)icds d'aigile:ce colosse, c'est l'empire du monde dont vousèles le maître; il est composéd'or, d'argent, defer,debronze cl d'argile; puis vient la pierre (jui brise la staluf, et grandit elle-même connue une montagne. Celte pierre, c'est le règne de Dieu (pii succédera h renq)ire de l'or, à l'empire d-! largcnt, h l'empire du fer (>l à celui de Targile. Roi, in. linez-vons devant lui!.... » Frappé com nu; d'un coup de foudre, le supeibe roi d'.Assyrie se lève de sou trône et S)' prosterne devant Daniel. Le voile (pii couvrait l'avenir vient de se déchirer devant ses yeux : il a vu la chut(^ du vieux monde et la cré.ilion du monde nouveau, l'étn-oulenient des empires r; iiV(M'sés les uns sin* les autres et les (leslinées de cette |)ierre sur laipielle Jésus-Christ fondera la nouv(>lle J('rusalern et contre laijuelle ne prévaudront jamais les portes de 1 enfer... Kperdu, le roi demande de l'encens, il ordonne des sacnilic'es, il veut adorer Daniel cpii l'arrête en baissant les yeux et en montrant h» ciel. — Oui, votre f)ieu est vraiment le Dieu des dieux, s'étrie alors le roi, et il revêt Daniel «l'une grande puissance dans son em|>ire,et le njcl au-dessus de tons ses satrapes et de tous ses crinseillers. Daniel partage cette puissnnre avec Sidrach. Misach et Atileuago, h's Irois jeunes Israélites dont nous avons déj,\ p'irlé et dont on avait changé les noms.
Cependant l'orgueilleux monarque d'Ass^-ri»^ était poin'suivi par l'image de la statue
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d'or aux pieds d'argile et rêvait sans cesse la (bute de son empire. Il voulut se roidir contre les arrêts de la Providence et opposer à la statue (pTil avait vue une statue réelle rjui ne se l)riserait pas si facilement, car il la ferait toute d'or, et il forcerait le monde de l'adorer. Il faudrait bien alors cpio Daniel et les tiois jeunes sages Hébreux vinssent rétracter, le front dans la poussière, les oracles de la pro|)hétie. Roseau superbe (pu.' le souille de l'esi rit de Dieu avait courbé jusifu'à terre, Nabuchodonosor se relevé et délie l'Eternel 1 Daniel et les trois jeunes honuues acceptent le déli. La statue d'or est élevée, les trompettes sonnent, le peuple ent er ton'ibe le front dans la poussière devant rido!e royale : Daniel et ses frères sont'debout . « Qu'on les saisisse, dit le roi, (pi'on allume une fournaise cent fois plusar(linte(iue de coutume, et nous verrons si leur Dieu les délivrcn-a ! » La fournaise s'allume et vomit des llammes; une colonne d(! fumée s'élève en tourbillonnant jus(pi'au ciel. iMisach, Sidrach et Abdenago.y sont jetés les premiers et leurs bourreaux sont suffoqués par la flamme... O prodige! du nulieu de la fournaise ardente un cantique s'élève vers Dieu. Les jeunes honuues apparaissent brillants au milieu du brasier, comme des anges dans une auréole de lumière ; le tyi'an frémit et se confesse vainc u encore une fois. Mais bientôt il [«ortera la peit)e de son crime.
Dieu le jiour-suit dans son sommeil par de nouvelles visions. Il voit un arbre superbe (pii touchait le ciel de sa tête et couvrait la teii-e de son ombre, mais qui avait une hache à sa racine ; et une voix terrible parlait h la hache, en lui commandant de couper l'arbre et d'exposer ses rameaux llétris aux bêles de la terre et h la rosée du ciel. Nabuchodonosor tremble d'abord de recour ir encore à Daniel : il préfère co'îsultcr ses il(>vins rpii le llaîlerorrt |)eul-êlie ; mais ils restent muels et coristernés. Aloi'S D.uicl : « Cet arbre que vous avez vu, ô maître du monde, c'est vous, ^■ous avez voulu vous égaler h Dicir, et Dieu va vous égaler' aux bêtes (pii broutent rhtnbe de la terre et reçoivetit la rosée du ciel. Huriuliez-vous et faites le bien pendant (ur'il (M) (>st tenq)S [leut-êlre encore !... »
Il n était plus lv\\\\ s ! Un an après, Nabuchoilonosor marchait su|ierbe et im|>énileril dans sou palais, et du haut de ses terrasses il conttnnnlail les magniticences de Habylone, et il disait : « Toute cette grandinrr est morr ouvrage ; torrte celte pirissance est h moi, et morr royaume est éternel ! » — Ton règiK' est passé ! lui répond irne voix (jui lo lerra-se. Mais celle fois, le maître du monde ne se relève |>hrs : il a perdu la raisorr, il s"(Md'uit en mirgissant. Les gr-andsdesa coirr le voient passer et se détournent avec horreur. Le faux dieu n'est même plus un honrme, et [tendant sept ans, il viyr-a de la vie des animairx sauvages jusqu'à la mort de soir orgufnl. Aloi-s se réveillera sa rviison; il se souviendrM, il pleurera ; Dieu lui rendra alors «-a couronn'% il mourra pénitent,
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