E1\ASME
EVANGILE
Ephrem escolle surtout pour la piété affectueuse et les prières qui viennent du cœur. 11 était très-dévot à la sainte Vierge, ce qui ne contribuait pas peu à rendre son éloquence pleine de grâces. (Voy. Pères du dés*:bt.)
EPIPRANE (saint), — évèque de Constan- (ia ou de Salamine, dans l'île de Chypre, joint à sa grande autorité comme théologien celle d'un écrivain mystique dont il faut consulter les explications sur la symbolique de TAncien et du Nouveau-Testament. Il a écrit un traité des douze pierres précieuses du rational d'Aaron, qui contient des traditions curieuses sur la vertu qu'on attribuait autrefois aux pierreries et sur leur signification symbolique. Il a composé aussi une physiologie ou étude de la nature, qui est un monument curieux de l'état des sciences naturelles à cette époque. On peut comparer les idées de saint Epiphane avec celles de Lactanco, qui fleurissait presque en même temps. Lactance se moque beaucoup des philoso- [)hes qui croyaient aux antipodes, et les réfute par cette lumineuse idée, que dans des régions pareilles les hommes marcheraient la tète en bas et seraient exposés à tomber dans le ciel. Nous ne voyons pas que les savants des écoles philosojihiqucs aient rien répondu à cela, ce qui prouverait assez, que h.'S lois de l'attraction n'étaient |»as encore connues, et qu'on ne savait pas sur quelle bise était fondé l'équilibre des mondes. On ro()roche à saint Epifthane une excessive crédulité [)0ur les merveilles qu'il a prises dans le pays (ïoui-dire ou dans le pays de salin, pour nous servir de deux exftressions ib- Kal>';lais, c'est-h-dire dans la tradition poétique et diins les livres fabuleux. Il avait beaucoup fréquente les gnosliques dans sa jeuiiessf,', rrwiis il se préserva toujours de leurs erreurs, et a mérité d'ùlre admis au nombre d».'S Pères de l'Eglise,
KUAS.MK DiiJiKHy, — savant illustre et latiniste dislingu du xvr siè.-le, que l'atlicisrne et la politesse de son caractère surent préserver dc;s erreurs de la réforme, tant il était éloigné de tout ce qui ressemblait à la grossièreté et à des rtnqior leiuenls ridicules, l'rasiiie était un bfxrune lrès-sag(!, peut-être un j»eu égoïste (!l amoureux de sa célébrité, qu'il ne vf)i/lait [tas comi»roinetlre. Saint Ignace de Loyola raconte fpi'il si; trouva n:i jour tout refrf>idi d.iii'» la piété' et tout (lesHéclié d'àrne r-l de coMir, [tour avoir essayé de lire b^ Soldat rhrélim, [»ar Erasme; en effet, on [teiit regarder- l'élégniit érwivain de Hollerdam plutôt loiiitiie un pliilosrjpb'; fjiie connue un écrivaui religi(!ux , et ses écrits, toujours coiiveuables et r-speclueux eu ce qui touche ]\ la religion, ne jtorlent fias l'empreinie d'une foi Ires-vive ni d'une piélé bien alfectueuse. L'f;s()rit <J(! la réiorme le possédait cornuifî <'i .•ion insu, et sul*ordr>nrirtil trop en lui les croyaricfrs aux calculs rlo la raison. Son Elntjr tir. ta folie a peiit-èlre «lonné a Habelais l'iléf- tic soi ^\HH}A(^ satirique et lK)ulforir)e : c'est déjh l'cspfif vollairiefi rjui comuie'ice .'i fioindie.
DiCTio^^i. rif f,ri If n vil ui. (iinii.
Mais Erasme, modéré et convenable en toutes choses, sait rendre la raillerie élégante et plaisanter sans se compromettre. Erasme appartient beaucoup plus comme latiniste, comme philosophe, comme savant et comme bel-esprit, à la littérature profane, qu'il ne peut, pour quelques opuscules de théologie et de morale, tenir un rang parmi les écrivains religieux. Les plus remarquables de ses productions chrétiennes sont des lettres et des préfaces, où il apprécie savamment le caractère des principaux Pères de l'Eglise. Erasme n'était pas un catholique ardent, mais on a tout lieu de croire cependant qu'il était un catholique sincère. 11 avait trop d'esprit et de bon sens pour n'être pas frappé des absurdités de la réforme, et pour ne pas comprendre qu'une raison sans autorité ne peut servir elle-même d'autorité qu'à la déraison. « On ne doit pas s'étonner, dit-il dans une lettre adressée, en 1527, à son ami Bilibeldus, si je m'en tiens à l'interprétation de l'Eglise, lorsqu'il sagit d'expliquer l'Ecriture sainte, puisque c'est l'autorité de l'Eglise qui me fait recevoir l'Ecriture et m'engage à y croire. » Erasme, d'ailleurs, n'était pas homme à se brouiller facilement avec ceux qui [)0uvaient ou (jui valaient quehîue chose : il sut ménager également et la science, et la foi, et l'a réforme, et l'orthodoxie, et les rois, et les souverains pontifes, et son amourpro[)re, et sa tranquillité. Il mourut h IWle, âgé de soixante-dix ans, laissant un nom universellement estimé et des œuvres incontestablement esiimables. Comme critique et comme savant, Erasme a rendu des services à l'Eglise, qu'il eût j)u défendre peut-être avec un peu plus de chaleur, h une épo(pi(; où son nom était une imposante autorité dans le monde savant, et où l'unité catholirjue rec(!vait les f)lus rudes atteintes qui 1 eussent encore frappée. On est surpris du sang-froid d'Erasme lorscpi'on le compare h la [)étulanc(; de Luther; mais on peut dire, h la justilication d'Erasme, (ju'il ne craignait rien pour l'Kglise, et que, dans sa conviction, elle (!t ses défenseurs peuvent imiter Dieu, [)atient parce (pi'il est éternel, selon la belle expression de saint Augustin.
EVANdILK. — '(J'avoue rpie la map'slé des Kciitures m'étonne; la sainteté d(!S l'!vangib.'s j)arle à mon c(eur, » disait nu d(!S adversairr-s ib; la n-vélation au dernier siècle, et après d'autres belles [laroles (pie tout U^ monde sait par cuMir, il ajoutait qui; si l'Evangile était nue licliou, l'inventeur en serait plus étonnant que le héros.
C'est qu'il est temps, en ellel, (b; reconnaître la majesté diviiK! d(! cet ouvrage;, (pii, s'il n'était pas appuyé sur le témoignag(! infaillible de ri'lglise et sur la vénération do dix-huit siècles et demi, rév('lerail assez son auteur par la beauté surhumaiue et l'aibjrable siiiiplicil(! de ses loiiiies ; c'est (pi'il faut s'incliner devant b; moriiiiiKnit litléiair(! autant <pie d(;vnnl le monument r(Jigieux, et (onvirnir enfin que Heii dr; si vrai «!ri |)liilosojtbie, rien de si touchant en poésie, rien de si iuronleslable en histoire, n'a été con<;u
EVANGILE
EVANGILE
\K\v les lionimos ol ne \o soin jamnis. ProiiDiis ce livro. lisons-lo rn savant plulAl qu'on li- (IMo, on lilléiatonr et en lir)nnno du inondr ]dnlôt ({n'en clirétion, et notre ailiniiation, loia (le diniiiuicr, gratidira.
Nous allons essayiT d'escpiisscr rapiilenient tout ce que ce livre divin, on dehors des mystères de la lh(W)logie, qu'il no nous appartient pas do touelier, dit à l'imagination et au cœur; tout ce que nous y trouvons d'aperçus luminou\on science, en philosophie, en sentiment surtout. Les jiages <|ue nous allons écrire se perdi'ont dans ces ni'lliors île vohnnes dont il faudrait remplir le monde, si l'on voulait tout dire sur la vie et les enseignome.ils de Notre-Seigncur Jésus-Christ. Esquissons donc, comme une série de tableaux, ces mystères si doux, ces miracles si divins, ces paraboles si |)rorondes, ces enseignements si forts, plutôt pour indiquer la carrière aux écrivains, aux })hilosophcs et aux artistes, que pour la parcourir nous-méme : nos forces n y sudiraient pas.