M MlfcUK soit, et LA IXMIKHK fut ! Ct Dicu
rit que cela était bien (etc.); dans le Peuialeu |ue, l'aixindance se fait remanpier surtout par la grande simplicité des formes et la majesté des images, il semble que riiomme cr. ligne de déguiser Dieu en j)r(itanl à sa parole des ornemenls inutiles. Moise hisliirien a t(Uile la gravité d'un prètri' qui aecom|dit les saints mystères, et renseignement public est })oiir lui un \i.\% sacerdoce. Mai» lors(ju'il se livre à l'cnlhou-
ADOM)ANCE
siasme de son arae pour clian'.er comme jK)éte les merveilles de son Dieu et les Irausports de sa reconnaissance, c'est alors que, par le luîe de ses expressions et la beauté de ses images, il s'élève au-dessus de tous les monuments de l'éloquence antique : Dieu s'est levé comme un homme de guerre ; il s'appelle le Tout-Puissant. Quel appel que celui d'un chef de multitude à qui daigne réj)ondre un pareil soldat ! Comme on se sent pris d'une sorte de vertige sacré en essayant de suivre le prophète à la hauteur où il se place pour voir, pour juger et pour chanter les batailles et les victoires du Toull'uissant !
11 faut distinguer dans le style trois sortes d'aboiidances : celle des pensées , celle des images, et enfin celle des mois. Celte dernière espèce, lorsqu'elle est seule, produit la dillusion et ce qu'on appelle improprement le pathos, ou vulgairement le galimatias. L'abondance des images ap|)artient spécialement à la poésie et en fait la jdus grande richesse, pourvu toutefois que les images soient nobles et justes. L'abon ance des [tenséfs convient à tftule espèce d'ouvnige littéraire, à la condition toutefois (pi'o'i saura les coordonner enlre elles et les tlisj»oser de manière è éviter toute cordiisif)n dans l'esprit du lecteur: carc'est l'ordie s. ni qui dislingue l'abondance de la didn'^ion et de la confusion , et de même que 1 art du peintre consislo à bien grou[)er les figures de manière à éviter l'encombrement sur sa toilo ei à les rallacher touU'S à un groupe [>tincipal sur lequel doit tomber tonlc la lumière • in tableau, la science de l'écrivain est ton((î dans un bel arrangement des peii'-ées, arrangeuienl en (piel(,ue sorte hiérareiiicpio , (pn suijordonno toutes les id -es les unes an\ autnis et les dispose sous la lumièr-e d'irn; idée rnère et prmci|>ali' dont l'énoncé do.t résumer et carar:téiiser tout l'ouvrage. (Jn a donc toujours le droil rie dr'iiiander , aniès avoir lu ou entendu lire un ouviaze bllérairo, soit en v«rr*«, soit en prose : (Ju'est-co que cela prouve? Car le style n'est (pi'inuî forme, et la forme n'est qu«î le vêtement de la jtensée. Or il n'y a point dii pensée (pji tu; soit ou principale f)U relative, et les pensées relatives doivent toujours nous ramener h la (irincipale. Il uy a donc pas de poème, si fugitif et si léger qu'il puisse élre, rpti ne soil l'énoncé ou le <Iévelopf)''menl d'une pro- |»OHition, et rpii, par l'encliaînemenl h>gi(jue, ne puisse conduire à l'énoncé de quelque grande vérité soit théologique, srut philosf)phjquf; , soit t»liysi(pie. Mais cela est vrai surlo il flans la littérature sacréi; , où tout c%\ grave et doit se rapjiorier aux véi iiés é-lcrnelles.
Nous allons IrouviT un bel exfnnple <le co que ririUH nv.in«;ons ici dans un**, strophe de Malherbe que nous preiif»ns en (jiiehpic sorte au hnsard, et rpii rifMiH vient U \ esitiil In première , pan e que ifHil le monde la sait I ar f<»'ijr :
N ^'«(•('■rori^pliM, mon niic. ,\»\ |iioiiirsHCH ilii iiioiMic ■ bon *irl.«l r;»i un Tcrrc ' i t:i fj^ciir mic oihIc
ABONDANCE m-
Qiie toujours quelque vont empèclio <'e caliTio:-. Quittons ces vanités, lassons nous do les suivre;
C'est Dieu qui nous fait vivre,
C'est Dieu qu'il faut aimer.
La première idée que nous présente cettebelle strophe est une idée de recueillement accompagnée de retour sur soi-même et d'une sainte tristesse. Les pensées abondent et l'expression n'en est que jilus simple :
N'espérons plus, mon âme, auxpioracsscs (lun;on.!c,
première proposition relative, mais énoncée d'une manière abso'ue, parce qu'elle i)Ourrait seule avoir un sens complet, étant ellemême expliquée et prouvée par les deux autres j)rop()silions cjui la suivent :
Son éclat est un verre et sa faveur une onde Que toujours quelque vent euipêche de calmer.
Mais voyez comme cette première proposition , corroborée parles deux suivantes, conduit logiquement h celle troisième, qui appuie et développe la première :
Quittons ces vanités;
puis à celte quatrième :
Lassons-nous (!c les suivie.
On pourrait peut-être objecter que, dans l'ordre logique, il faudrait se lasser de suivre les vanités avant d'en veinri'i les quitter; cette objection n'a point de valeur, car la {noposition :
Lassons-nous de les suivre,
est le conqJément et comme la raison déterminante qui doit suivre iiatureliement celle-ci :
Quittons (es vanilcs;
puis enfi;i, iiour satisfain^ complélemenl l'esprit, vient la I cnsée principale jirécédée do sa i)reuve :
C'est Dkmi (|iii nous fait vivre.
C'est Dieu qui! faut aimer.
L'idéi! principale (h; celle slropluiest dom; celle-ci : Il f;iut aiiiUT Diini , et cette idé*;, forrnul(''e ainsi j)ar utu; proposition j)rincipale absolue, (Mitraliu! après elhî, comm« idée et proposition relative, c(!lle-ci d'abord, qui n'est point expiiiiK-e, mais (pi'on sous- (Mitrnid nécessaireimnil : On ne peut aimer à la foin hiru et le monde. IM.iintenanl, pour- (nir)i faut-:l aimer Dicni, el poiinpioi ne fautil pas aimer le mon<le? I.r; poêle nous en d'nine les raisons. Ses expressions .sont (laires el nobles dan» leur simplicité; ses iinag" s sont justes et bcîlles , s(»s pensées s'enchfllni ni dans l'ordre h; plus parfait, el toutes ses [iroiiositioiis relatives font ressortir av<'C plus déviibnice el de forc(! In proposition principale. Il y a dans vv\U\ slro|»ho le somm.'iiie d un livre, et on la trrnivc; belle parco rpj'elle est vraie. L'ahoiidaiic(! d«!S pensées et celle des images y cmilrasltnil mémo avec la sobriété du laiigar,e, si l'on peut s exprimer ainsi, (tl elle suflirail srnile pour justifier la grande réputalion du Malherbe.
iENEAS SYLYIUS
Toule l'o le est écrile de celle manière , el c'est inconleslnlilcment un des plus beaux monuments de In litl('>r.iture franenise.
Nous ne prétt'udons pas crpcndanl, tout en louant la sage parcimonie de mots, qui, jointe à l'abondance des pensi'-es et des ima- '^es , contribue tant à la sévère beauté des ■ efs-d'œuvre classi(}ues, nous ne prétondons pas proscrire celte abondance d'expressions que met au service des bons écrivaius une connaissance parfaite de 1 1 langue et de ses ressources. II est des pensées qui, pour être exprimées dans toute leur délicatesse, ont besoin de redites et de synonymes : la Bible en fournit de fréquents exemples, et le parallélisme poétique des saints prophètes est une sorte de rime appliquée aux idées et qui exige chez eux la plus magnificjne abondance d'expressions pour que le parallélisme soit toujours exact sans être une ré- ])élition.
Ne rien omettre des caractères et des ornements que comporte un sujet, mais aussi s'abstenir de toute divagation et de tout ornement déplacé ou superflu, voilh ce qui fO'istitue la véritable abondance de style, en la distinguant des défauts qui lui sont analogues ou contraires. Il ne faut pas que, dans une période écrite par un bon écrivain, un homme de goût puisse retrancher ou ajouter un seul mot. Une belle page est comme une belle scul[)ture, à laquelle le ciseau môme le {)lus habile n'oserait toucher. La propriété des termes, l'habile emploi des mots, la contexture des phrases, l'enchaineinent des périodi\s , la suite des idées, tout cela doit être inattaquable et en quelque sorte immuable comme le résultat d'une opération d'algèbre. A ce point de vue, l'art d'écrire doit avoir toute la |)récision des sciences exactes, et le beau en matière de style doit pouvoir se démontrer et se prouver, comme le vrai se prouve et se démontre en style de géométrie.
ACTE DRAMATIQUE. {Voy. Dramatique ACTES DES APOTRES. ÏVoi/. Apôrnics ACTES DES MARTYRS. {Voi/. Lkc.endks ) ACTION ÉPIOUE. {Vnif. EroréK.) ACTION ORAIOIRE. (Koy. Ei.oqiknce.) yENEAS SVLMUS. — litlérateur distingué du \V siècle, nui prit une part importante aux aiïaires ecclésiastiques de ce lemps-l;\ en récompense decpioi il fut promu d'abord h répisco[)atdeTric,sl(', qu'il (piilta pour celui de Sienne, |)uis au cardinalat, puis cnliti h la papauté sous le nom de l'ie II, en 1V5G.
C'est assez dire, on faveur de ses talents littéraires , fjue la gloire et les peines du ponlilical de Pie II n'rml pas fait oublier le nom <J'yEiieas Sylviiis, et que la co\non'ie de laurier dont l'empereur ErtNléric avait déroré lu |)oé!e nedis|)aiut |)oint sous l'éclat de la linre.
Il réussissait <^jj;alen»enl I» en <lans la poésie latine el dans la poésie <>n langue tosranc; il a eomposé (\'S Dialofjms, des i^pitrc», des Difcours, inie llisfoiir ilr Hnln'mi', deux livres de Cosmnfjmpliic, cpialre cent
AGRIPPA tJÎ
Ironle-deux Lettres, des traités de l'éducation des enfants, (]gs Epigrammcs ou poésies fugitives , et enfin un Poème sur In passion de Noire-Seigneur. iEnéas Sylvius élait encore plus recommandable par ses vertus que par ses talents, et n'appartenait pas h cette espèce irascible de poètes dont Horace s'est inginiieusement moqué. Les historiens disent de lui que généreusement et aisément il pardoimait, et que jamais il ne chAlia personne pour avoir médit de lui. vEneas Sylvius fut donc quclcpie chose de mieux qu'un littérateur distingué, ce fut im véritable ciirétien et un des grands papes de l'Eglise romaine.
AGGÉE. — C'était une des traditions de la Grèce fabuleuse, qu'au son de la lyre d'Amphion s'étaient élevés en cadence les murs de Thèbes : on pourrait dire de même, et avec plus de vérité, nue le second temple s'éleva aux sons de la harpe du prophète Aggée. C'est lui qui fit rougir les Israélites de leur inertie, au letour de la captivité, et de leur peu de zèle p;Our la maison du Seigneur. Quoi! leur dit-il, vous habitez sous des lambris, et le temple n'est quim désnt ; vous rebâtissez vos demeures, el celle de votre Dieu est en ruines!
La prophétie d'Aggée, quoique restreinte h deux chapitres assez courts , n'est pas une des moins importantes de l'Ancien Testament. Il annonce clairement le Désiré des nations et la gloire du second temple, qui doit surpasser celle du premier; mais l'imj)ortance de cette révélation, et tout ce qu'elle renferme d'espérance, ne rentrent point dans l'objet de cet ouvrage et se ra[){)ortent h l'exégèse. Comme ouvrage de littérature, la prophétie d'Aggée n'a rien que nous puissions remarquer d'une manière spéciale : les deux chapitres d'Aggée sont tellement remplis d'une seule et grande pr(lme^sc, que les ligures de l'éloipiencc ou de la |)oésie deviennent inutiles. Que pouvait-il dire de plus propre h émouvoir et h entraîner tous les cœurs, que d'annoncer la venue de celui (]ue tant de siècles appelaient avec tant de gémissements et de larmes?
AFFECTATION. (Vo//. Style.) AGRIPPA. — Cornélius Agrip|)a, un des plus savants hommes du xvi' siècle, plus connu par sa réputation de magie (|uo par ses écrits pjiildsophifpies el religieux, a composé un traité dr l'exretlrnre du sacrement de mariage, et un autre traité assez singulier sur la noblesse el la dignité du sc.rr féminin. Son livre de la vanité et de l'incertitude des sciences mériterait d'être rangé parmi les livres (pii a;>partiennent h la littérature religieuse , (pi.iud mèm(> il ne s'y trtmverail rien de mieux <pie c(> passage :
« Le vrai bonheur ne consiste pas dans la connaissance des bieus, mais dans la bonne vie : on ne le liouve pas dans l'acquisilion de la scieme spécul.ilivc, mais dans la pralifpieiies bonnes œuvres. Pour s'unir à Dieu, il ne Miliil pas de bien comprendre, il faut lue 1 viHiltiir. Quant à loules ces éludes qui ornc'it lentement et péiiblemenl nolie ej»-