‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 62 sur 233 · IV. Le mystère de VEpiphanie · texte numérisé non relu

IV. Le mystère de VEpiphanie

Voici un des plus gracieux tableaux de l'Kvangile. Sur les ruines de l'ancie'i monde représentées parles débris d'un [)alais qu'on a transformé en étable (car les puissants de l'ancien monde étaient devenus seml)lables à de vils animaux ), une vierge est assise : reine par la majesté de sa grâce et de sa pudeur, et riche d'un bel enl'ant qui tend les mains avec un naïf amour, les trois parties (lu monde connu alors viennent , en costume de rois et avec des ligures do sages, se prosterner devant l'homme de l'avenir, le Christ naissant, l'Homme-Dieu, qui doit sauver le monde. Une étoile non encore vue dans le ciel plane au-dessus de la misérable demeure où l'univers vient de renaître, et les mages qu'elle a guidés reconnaissent dans ce faible enfant l'ex[)lication et l'incari.ation delà vérité cachée dans leurs dogmes aslronomiipies et mystérieux. L'hiver de l'himianité fait place h un printemps céleste, et la constellation de la ^'ierge voit sortir de son sein le doux soleil de la nouvelle saison. Les mages olfrcnt h Jésus l'or de la royauté, l'encens de la divinité et la myrrhe do l'humanité, et reconnaissent ainsi en lui l'unité du [leuple à venir pour une puissance souveraine et divine, (pioi(pie toujours humaine. La myrrhe servait à embaumer les morts; c'est pounpioi elle est ici h; symbole de l'humanité, parce (pi'elle représente la conservation dans la mort. En elfel, l'humanité meurt et vit toujours : le souille divin (jui l'anime est en elle comme un baume (uii l'empêche de se corrom|>re, et lorsqu'ell(î parait immobile et sans vie au fond d'une lond)e, elle ne fait (pic dormir, (■i demain, éveillée avec une beauté nnu- Velle, elle racontera et expliipiera au inondt^ les longs rêves de son sommeil cl les mystères du cercueil.

Cependant Hérodcsc trouble et Jérusalem avec lui. Ouel est co nouveau roi (pie l'on vient adorer des extrémités du monde? 11 interroge les savants , el leur science adulatrice ne sait que lui répfcidre ; il appelle ji son secours la violcine, et veut luer dans sa terre natale le fruit de la libcnlé; mais h; génie de Dit>u veille sur son Christ, Josejih rsi averti on songe, cl fuil dans le tiéserl avec Marie cl son Jésus, tandis (pie la tyrannie, se montrant dan^ loutc sa laideur, se

rue sur les enfants ,^ travers les cris i-t les malédictions des mères, et va traînant sur le marbre de ses palais h>s cadavres des innocents. Alors est réalisée cette parole touchante du prophète : Inr voix dans Rama s'est fait entendre , pleine de pleurs et de Inmenlations : c'est Jlachel qai pleure ses enfants, et elle ne veut ])as être consolée, parce (ju'ils ne sont plus.

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