X. Les noces de Cana
C'est au milieu d'un mariage et d'un banquet que le Christ fait éclater pour la première fois sa puissance divine ; c'est ainsi qu'il comnience à parcourir cette carrière merv?ill(.'use qui s'ouvre [)ar une noce et finit par un festin funèbre. A Cana, il change l'eau en vin , et h la dernière cène , il change le vin en son sang. C'est ainsi qu'il ramène tout h lui , en [)erfectionnanl la nature , et qu'il se donne ensuit»^ tout entier lui-raôme pour le salut de l'bumanité.
Le Christ est venu pour alfranchir la femme esclave de l'homme et l'élever h la dignilé d'épouse; il est venu lui-même épouser la liberté sainte, et faire de la société l'épouse légitime et chérie de Dieu. Mais, pour célébrer dans la joie cette sainte alliance, il faut qu'une nouvelle effusion d'amour réchauifiî et ranime nos cceurs glacés. Le Christ , nar Ra parole pleine de la toute-puissance de l'amour divin, fait couler le vin brûlant de la charité, au lieu des eaux froides de la philosophie humaine, et, pour que l'humanité se fdaise h son céleste baixpiet , il enivre tous (;s convives de ce vin miraculeux dont il devait dire jtlus tard : Buvez-cn tous ^ ceci est mon sang.
Ici se révèle la tendre sollicitude de la femme, et cet instinct divin <pii lui fait ronij)ren(lr(! toutes les gènes et tous les besoins de riuMume pour la dévouer tout entière à nous secourir. Aux noces Ao. {]:\ui\ , on oublie le liancé et la lianc('e pour lu* s'occuper (lue de Ji'sus et de Mario; et ces deux tètes douces et rnyonnanles sfnil et> eifel les véritables époux de celle noc(! syud)oliqin'. Marie dit fi Jésus : Us n'ont pas de vin. C'est une prière maternelle (|ui ressemble à uu ordr»' ; c'est (ont l'empire insitniant et i-ivincM)le do la leuune ; l'hounne aussi, repré- •MMili- [>nr le ChrisI, est jaloux île garder son indt'ipendance , et il ré|ionil fr(»idement v\\ aj'l>arcutc ; femme, qu'y a-l-il inlre vous et
moi ! mon heure n'est pas encore venue. Cependant le cœur de la femme est sOr d'avoir triomphé ; et comme elle a eu, par la |)romptifude du sentiment , l'initiative du salut, elle commence aussi l'exécution de ses bienfaits en disant aux hommes , qu'elle adopte pour ses enfants, et qui seront ainsi les frères de son fils : Faites tout ce qu'il vous dira l
XL Les miracles.
Notre siècle croit aux n.erveilles du magnétisme qu'il ne com|)rend pas, et ne voudrait pas croire aux miracles du Sauveur sous prétexte qu'il ne saurait les com|)rendre. Pauvres raisonneurs que Dieu gène î Comme s'ils pouvaient espérer d'être bien î> l'aise dans leur raison, si Dieu et son infini se retirent 1 « Oli î heureux, dit l'auteur du Génie du christianisme, mille fois heureux ceux (jui croient; » et il a bien raison, parce que croire c'est aimer ; et aimer, lorsqu'il s'agit de Dieu, n'est-ce pas toujours avoir raison ? Mais ces miracles ne sont [)as seulement des faits historiques incontestables, ce sont aussi des enseignements, et il y a cela d'admirable dans nos livres saints, que l'allégorie y existe partout sans fictions, que la vérité des faits y représente la vérité (le la doctrine. Sublime caractère (jue veulent méconnaître les froids raisonneurs de l'exégèse socinienne 1 Selon eux, tout n'est que mythes et symboles; sont-ils sûrs alors que la personne môme de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne soit pas également un rôvo de la philosophie et une abstraction de l'ésotérisme? Et voilà le christianisme tout entier qui s'évanouit en fumée, emportant avec lui le mot élernellcment introuvable de l'énigme du sphinx ! Malheureux imitateurs d'OKdi|)e, depuis le jour où ils ont offensé leur mère, la sainte Eglise catholique, ils se sont aveuglés eux-mèuu^s 1
Mais nous qui avons le bonheur de croire h la fois, cl la divinité et à l'humanité de notre maître, nous ne renon(;ons h autuno des beautés de son Evangile ; si nous aduieltons la vérité des faits matériels» nous n'eu recherchons pas moins la vérité des faits spirituels, dont les premiers sont la figure ; et c'est av(>c cet esprit (jue nous voulons rappeler ici A notrt> mémoire les principaux nuracles du Sauveur.
Le paralytique.
Le Christ trouva le genre huinain couché cotnme un pauvre paralytiipu» au bord >.W la piscine dont uu ange renuiait tous les ans les ea»ix pour la guérison des malad(>s. L'homnu' attendait, pour être guéri, (pie Dieu agitât de nouveau les doctrines saintes (lui le [lurilient. (M leur doimàt une nouvelle chaleur. Cette lois, c'est Jésus lui-même (pli vient agiter les eaux de la piscine avec le doux bruit de sa voix : Tes crimes sont elfacés, dit-il à l'homme languissant, et comme les dcnteurs orgueilleux se scandalisent duu Dieu (jui [tardonne, le Christ jus-
EVANGILE
EVANGILE
tifie la grâce par I évidence du progrès, cl dit à l'honiiue : Lève-toi et marche 1
La tempête apaisée.
Jésus et ses disciples étaient sur une barque au milieu de la mer; les disciples ramaient, et le maître se laissait aller au sommeil. Cependant la mer était grosse et le ciel se chargeait d'orage, le monde allait périr dans la tempête, et Dieu dormait... L'orage redouble, les apôtres crient... Jésus se réveille et sourit... Vent, tais-toi ; mer, calmetoi, dit-il, et il se fait un grand calme, et alors, se tournant vers ses disciples, l'Homme- Dieu leur dit : Hommes de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? — Symbole divin qui doit nous consoler dans l'époque orageuse que nous traversons. Le ciel est noir, la mer est furieuse ; mais le Sauveur est avec nous, et nous ne sommes pas en danger, puisqu'il dort ! Attendons qu'il s'éveille, et nous saurons alors quel est celui auquel les vents et la mer obéissent.
Jésus marche sur Veau.
Une autre fois les apôtres voguaient dans la nuit et luttaient seuls contre la tempête : car le maître n'était pas avec eux, et voilà (ju'au milieu de la nuit il vient à eux en marchant sur la mer, et comme ils crient do frayeur, il leur dit : C'est moi, ne craignez rien. C'est ainsi que le Christ vient au secours ries malheureux en soumettant sous ses pieds les vagues agitées des passions et des vicissitudes humaines. Maître, si c'est vous, dit Pierre, celui (jui représente le peuph', celui à qui le Christ a dit : Je bâtirai mon éfjlite sur toi, si c'est vous, dit ce disci()le |)lein de foi, dites que j'aillf h vous en marchant aussi sur les flots... V iens, dit le maître, et le peuple chrétien marche aussi .sur la tempête... Mais bientôt vient un coup «Je Vf^rit terrible... des révolulif)'is iniigissoir, les lumières du «:i»'l se couvrent, cl Ihommo chaticellf!, h; disciple du (Christ a peur... Aussitôt la puissance de Dieu l'abandonne, el les vagues noires vont l'engloutir... .Mais le Christ lui tend la main et lui re[)ro<lie son peu de foi. C'est maintenant. Seigneur, que nous sommes [trêts h périr : tende/-nons la main do nouveau, car nous ,ivons douté, cl les Ilot» des ()a.s.si()ns huiniines ne nous obéissent plus.
La (juérixon de» dix lépreux.
l'n jour dix lé|»r<;u\ implorèrent la coni- |»assi()fi d« Jésus. Allez vou» montrer dur //r/'rrr^, U'iir dit-il, et comme ils y all.iient i!s furent guéris;f»r un seul d'entre eux retonrn i sejeler aux pie Ih de son Sauveur, el «■.•hii-l;i était un Samaritain. Toun Im dix nonl-iln ilonr. piiK été (jnéri» '( dit Jésus : oit. nont donc la neuf autre» 'f
Tous les horiuries sont couverts de |,-i lèj»re du |»éché, mais les [(rêlres de lanrieniM! loi ne »aurnienl les guérir. Si c'est par l'oiilct! fjo l'ospril de Jésus que les léprerx se mclicui. CI. route pour monlier leur njal.idie ,i d'^.
médecins .mpuissants, ils sont déjà guéris avant que d'arriver. Si tu te repens sincèrement de tes fautes, ô mon frère, va d'abord les confesser à un prêtre, qui soit le représentant, non de la loi de crainte, mais de la loi de grâce , à un prêtre catholique qui puisse t'absoudre. Laisse là ces pratiques humaines de la loi pharisaïque, et reviens te donner tout entier au Christ qui t'a sauvé ! Mais les prêtres juifs n'aiment pas qu'on parle ce langage; ils aiment mieux qu'on reste lépreux en les consultant que de voir qu'on est guéri par l'esprit de grâce et do charité : et celui qui retourne à Jésus au lieu (le venir à eux , celui qui préfère la grâce évangélique aux observances légales, celuilà ils le nomment un Samaritain, c'est-àdire un hérétique et un maudit... Que nous importent les injures des Juifs ! ils ont appelé Belzébutli le père de famille. Ecoutons jilutôt le Sauveur qui nous bénit en nous disant : J'avais pourtant offert le salut à tous les hommes : doit vient que cet étranger seul est revenu à moi?
Aveugles et sourds.
Le genre humain était plongé dans la nuitavant la venue du Sauveur, el une surdité morale l'empêchait d'entendre le Verbe éternel que toute la nature écoute. C'est pour- (luoi Jésus nous est représenté guérissant des aveugles et des sourds ; il touche leursyeux et leurs oreilles en gémissant, et leur dit : Ouvrez-vous. Pour quelques-uns la guérison est lente et lahorieuse. Que vois-tu? dit Jésus à un aveugle dont il vient de toucher les yeux.— Je vois les hommes comme des arbres qui marchent, répond le matérialiste. Beaucoup (riiommes de nos jours ressembh;nt à cet aveugle : ils conunencent à voir, mais ils voiont mal, et leur état est |)lus dangereux pour eux (pi'un aveuglement «omplet, car maintenant ils ne veulent plus se laisser conduire. Le Chiisl, pour guérir les aveugles, délaye un peu de poussière av(îc sa salive et leur niet di; celte boue sur les yeux. Cela signi(i(; (pj(! l'orgueil étant la |irini;i[)ale cause de l'aveugleiiKnit de; l'IioniiiK!, il faut lui meltrt; aux yeux tout ce (pi'il est, pour l(!s lui faire ouvrir : un prni do I oussièn; hume.té(! p.ii' la bouelii! de Dieu, voilà l'homme;, el Jésus, après avoir mis celte souillure salutaire sur les yeux encore; fermés d'un aveu^;,l(;, l'envoie se lavera la pis<;ine de Siloé. (^est dans les eaux [turcs de la sagesse éternelle (pie l'hommc} doit di'-harrassc'r s(!s yeux (!o la fa ige qui les couvre; qu'il ccssr; de se voir lui-inèmi' avec, complaisance, et ses yeux ne sciiont plus voilés par un peu de Ixiue, etjl reverra l.i bell(! nature; que Di(;u bénit, et la douce laiinère tlu ciel.
La fille de Juire.
Il y avait en ce temps-là un chef (h; la Syna^o;:;ue drml la lilh; s(; mourait. La lilhj du ( hel de la Synagogue; repi ('-sentait l.i religion de Moi>e. Or ( •• lion jière, im;ige de
EVANGILE
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ce qu'atimiont di^ ôtro tons les prèfros lors (le la venue dd SaiivcMir, comiirit (|ue Jésus seul, le Vorhe nouveau lo Verbe de vie, pouvait rendre la santé h saCrile agonisante. Jésus se leva et dit h ce pèr»^ désolé : Je mis nu secours de votre fille. Mnis comme ils étaient en chemin, ils rencontrèrent des gens «pii dirent au père : Ne tourmente pas le Maître : ta fille est morte. C'est ce que les hommes superficiels disi^it aussi aujourd'hui de la religion catholique, cette belle lille du Christ, qui h son tour est, selon eux, devenue malade et a lutté, disent-ils, contre plusieurs siècles d'agonie. Mais le |)ère, (jui avait la foi. et le Christ, qui était Dieu, marchaient toujours.
Arrivés h la maison oi^ la jeune tille était étendue sans mouvenuMit, ils trouvèrent une foule de gens qui faisaient un grand bruit de lamentations et de musi([ue funèbre.
Jésus leur dit : Ne troublez pas cette jeune fille, elle nest pas morte, elle dort ; et ils se moquaient (h lui. Vaines plaintes des hommes sans foi, vous n'êtes qu'un bruit importun. La vérité étcrnelli\ représentée par une jeune (lllc, s'endort queI(|uefois pour se réveiller plus vivante et plus belle ; mais elle ne saurait mourir ! ne la troublez pas par vos gémissements insensés : elle est silencieuse, die sommeille; mais voici le Verbe de Dieu qui va la réveiller! Que nous imjiorfc que les insensés se moquent de Dieu et de nous 1 Dieu sauvera les insensés, et nous nous vengerons d'eux en les end)rassant dans les joies prochaines de la fraternité nouvelle.
Car, écoutez C(> (pie lit le Christ : il ne prit avec lui que trois de ses disciples : Pierre, l'npAtre de la foi ; Ja(Mpir'$, le jièlerin de J'espi-rance, et Jean h; disci()I<^ de l'amour, et prenant la main de la jeune lille, il lui dit a haute voix : Ma fille, Irvez-vous! et la jeune fille se leva, et il la rendit à sa mère.
Non, tu n'es pas morte, jeune (ille aimée de nos pèrtvs ; déjà reviennent doucement sur ta |)Aleur les dOnccs couleurs de la vi(>, et le Christ va bientôt te rendre h la mère en unissant, par un miracle de puissance et d'amour, le pnss'' avec l'avenir 1
L'hcmorroisse.
Ce jour-I;i même, comme Jésus était pre«sé par la foule, une femme lourm(vii('o d'un flux de sang s'appifxha de lui par derrière: O/r, disait-elle, .x/yf puis toucher srulrmeiit la frant/e de son vêtement, je serai f/iic'rie. Or il y avait de longues années (pi(> celte f(Mnme était malade, et l'art îles uu-derins avait ét('' impuissant pour la soulager. V.Wo. s'appro( lia donc du Chiist et tfxicha s(y\ vêlement, et tout h coup elle S!> sentit gu('rie. Quelqu'un m'a touché, dit le Christ en se retournant... Maître, disent les apôtres, ne rnijrz-rous pas (pie la foule cous presse de tous côtés? — Je vous dis que quilqu'un nt'd touché, car j'ai senti une vertu sortir de moi. Alors In femme ('pou vantée se jeta aux pieils du Snuveur et lui confessa re (pi'i'lle venait de fiiro. MIrz. ma fille, lui dit Jésus, c'est Votre f'ii qui vous a quérie.
Cette fen>me, qui perdait depuis si longtemps la substance de sa vie, c'est la sagesso humaine <jue fiersonne n'avait pu guérir; il a fallu qu'elle se rapprocliAt du Christ et cju'elle se mit en contact avec lui par la foi, par l'espérance et par l'amour. Il a fallu qu'elle toucliAt de la main le vêtement du Christ, c'est-à-dire qu'elle comprit les paraboles où il enveloppe sa doctrine. Et quand le Christ sentit qu'une puissance salutaire était sortie de lui, la sagesse humaine, étonnée de trouver tant de divinité dans un homme, se prosterna devant lui et l'adora; mais lui, divin Fils de Dieu et Dieu luimême , répond à l'humanité prosternée : C'est votre foi qui vous sauve ; aimez et vivez, puisque vous avez cru 1
Le serviteur du centcnier.
En ce temps-là, un officier de la milice romaine vint conjurer Jésus de guérir son esclave. — J'irai, dit le Sauveur. — Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez en ma maison: mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. — l'n vérité, s'écrio alors Jésus, je n'ai pas trouvé une si grande foi en Israël ; allez, et qu'il vous soit fait se~ Ion que vous avez cru; et le centcnier, en rentrant dans sa maison, trouva son serviteur guéri.
Le centcnier représente l'empire romain qui, penchant alors vers sa ruine, implorait un Sauveur qui put le guérir de sa grande maladie : l'avilissement et l'esclavage. Le peuple romain, qui commandait alors au monde entier, était le maitre d'un esclave malaile, et ne sachant plus que faire dans sa détresse, il appelait un libérateur.
Jésus ne devait pas entrer dans la maison (\vs Césars, et Rome ne se sentait pas digne de recevoir la doctrine trop pure de l'Evangile; mais le Christ envoya sa parole, et renq)ire romain ayant eu à cette parole |>lus de foi i[uo le Sauveur n'en avait trouvé mênuî en Isiai'l, vit son esclave non-seulement guéri de toutes ses corruptions, mais encore de sa servitude.
Le démoniaque et les pourceaux.
Jésus, chassant toutes les erreurs qui obscurcissaient l'esprit de l'humanité et toutes h\s mauvaises passions qui torturaient son c(PU'\ nous est ir.ontié délivrant des malheureux fféiiéliques de l'obsession des esprits impurs.
Mais comme le bien de l'humanité est dans Iharmonie et l'amour, le plus mauvais de fous les esprits c'est l'esprit de division et de giunre. L'homme possédé de ce mauvais (hniion nous est dlfert sous une image diini le -iens est fai ile à deviner.
Jésus riMicontra un homme furieux qui brisait toutes ses chaînes, fuyait la société des hommes, cherchait la solitude et vivait dans les tombeaux. A l'approche de Jésus, rc possédé du déniion île la guerre trembla ol s'écnia : l'ourquoi viens-tu nous tourmen^ ter avant le temps.^ Car, à l'épocpie de la vtvnuu du (Ihrist , lu discorde [ ouvail so
EVANGILE
KVANGILE
promettre encore de longtios onnées de triomphe : Comment te nommes-tu? dit le Clirist. — Je me nomme Légion, dit l'esprit mauvais, parce que nous sommes plusieurs. Et il conjurait le Christ de leur poriiietfre d'entrer dans un grand troupeau de pourceaux qui paissaient là, sur le rivage. Jésus le leur ayant permis, les pourceaux, emportés d'une soudaine fureur, coururent tous se, précipiter à la mer, et le malade fut guéri.
Le génie de la guerre, depuis la piédication du Christ, doit cesser de tourmenter l'homme éclairé. II n'est plus un besoin de gloire pour les peuples, mais un moyen de salubrité pour les Etats; il enrégimente des troupeaux inutiles, et les poussant par la brutale puissance du faux honneur et de la tyrannie mutuelle, il les engloutit dans la mort.
Le fils de la veuve de Natm.
Jésus entrait dans la petite ville de Naïm, lorsqu'il rencontra le convoi d'ui jeune homme que l'on portait en terre : c'était le lils unique d'une pauvre veuve, et la mère désolée suivait le triste cortège en pleurant.
Jésus fut touché de la douleur de celte mère, et s'approchnnt d'elle il lui dit : Ne pleurez pas; puis il fit arrêter les jiorteurs, et il cria au mort : Jeune homme, livez-vous, »'<? vous le commande. Et le jeui.e honiMiC, étonné, se leva sur son sémt, et Jôsus le rendit à sa mère.
C'est ainsi que le Christ, touché des laruuvs de l'humanité, lui a rendu l'avenir, cp fruit douloureux de ses entrailhs, nui un jour «nvait ()aru lui écliapper, et qu elle croyait mort pour toujours.