IV. Celui qui est dihout
Tous SOS ennemis sont tombés; tons C(mix qui le condamnaient sont morts ; ceux (pii \^^ ncrséeulaionl sont couchés pour toujours, et lui il est toujours debout.
Les honnnos d'onvie se sont coalisés contre lui ; ils se sont accordés sur un seul point : les hommes de division so sont imis pour le détruire; ils so sont faits rois, et ils l'ont proscrit; ils so sont faits hypocrites, ot ils l'ont accusé; ils se sont faits juges, ot ils lui ont >u sa sentence do niorl ; ils se sont faits bourreaux, et ils l'ont exécuté. Ils lui
ont fait boire la ciguë, ils l'ont crucifié, ils l'ont lapidé, ils l'ont brûlé et ont jeté ses cendres au vent. Puis ils ont rugi d'épouvante... 11 était debout devant eux, les accusant par ses blessures et les foudroyant pail'éclat de ses cicatrices.
On croit l'égorger au berceau à Bethléem i il est vivant en Egypte 1 On le traîne sur la montagne pour le précipiter; la foule de ses assissins l'entoure et triomphe déjà de sa perte certaine... Un cri se fait entendre... N'est-ce pas lui qui vient de se briser sur les roches du précipice?... Ils pâlissent et ils se regardent... Mais lui, calme et souriant do pitié, il passe au milieu d'eux et s'en va.
Voici une autre montagne qu'ils viennent de teindre de son sang; voici une croix et un sépulcre;... des soldats gardent son tombeau... Insensés! le tombeau est videl et celui qu'ils crovaient mort chemine paisiblement entre deux voyageurs sur la route d'EmmaiJs.
Où est-il? où va-t-il? Avertissez les maîtres de la terre, dites aux Césars quo leur puissance est menacée! Par qui? Par un pauvre qui n'a pas une pierre ou renoscr sa tète, par un homme du peuple condamné à la mort des esclaves. Quelle insulte ou quelle folie! N'importe, les Césars vont déployer toute leur puissance : de sanglants édils proscrivent le fugitif; partout des échafauds s'élèvent; des cirques s'ouvrent tout garnis de lions et de gladiateurs ; des bûchers s'allument; des torrents do sang ont coulé, et les Césars, qui se croient victorieux, osent ajouter un nom h ceux dont ils rehaussent leurs trophées... Puis ils meurent, et leur apothéose déshonore les dieux qu'ils ont cru défendre. La haine du monde confond dans un même mépris Jupiter et Néron : les temples dont l'adulalion a fait des tombeaux sont renversés sur des cendres proscrites, (>t sur les débris dos idoles, sur les ruines dol'empire. Lui seul, celui que proscrivaient les Césars, celui que poursuivaient tant de satellites, celui (pie torturaient tant de bourreaux. Lui seul est debout; Lui seul règne; Lui seul triomphe!
Cepondanf, du milieu même de ses disciples, la hideuse hérésie lève la tète : Jésus- Christ, dans son /;:u;lis(> ei^J déchiré par les faux frères, ot le srtiis'mo, soniblablc h un oiseau de proie , voudrait dévorer sa chair toujours renaissante. Au lieu de l'imiter dans son ."^acrilice ot de doinier leur sang pour leurs frères dans la foi, ils l't'nchainont sur le Calvain* coinnio sur un nouveau Caucase, ot se font les vautours de ce divin Promélhée. Mais (jue lui importe leur mauvais rêve? Ils n'ont enchaîne (|ue son image; pour lui, il est toujours debout, et il marche d'exil on exil et de comiuèlc on conipiète.
C'est (pi'on peut enchaîner un homme, mais on no relient pas captif le >'erbo de Dieu. La parole est hbre, et rien ne peut la coin|)rinier. Cette parole vivante est la condanmalion des méchants, et c'est pourquoi ils voudraient la faire mourir. Mais ce soni
5fô
FICTION
FiCTlON
hbd
<;uï enfin qui meurent, et la parole de vérité reste pour juger leur mémoire 1
Depuis Âbel jusqu'à Zacbarie, ies justes ont souffert persécution pour la justice ; le saint diacre Etienne a été lapidé, et en mourant que voyait-il ? Je vois le ciel ouvert, et le Fils de rhomm« debout à la droite de Dieu ! La rosée de son sang a fécondé la terre et l'a fait produire une moisson de chrétiens. La faux des persécuteurs s'est promenée dans la moisson , mais les dieux aveugles et sourds pour qui l'on moissonnait n'ont pas joui de leur récolte : ils sont tombés eux-mêmes avant la dernière gerbe de martyrs; ils sont tombés avec l'empire des Césars, mais l'esprit de Jésus et des martyrs restera toujours vivant au milieu des persécuteurs morts à leur tour : il reste debout au milieu des institutions qui tombent et des empires qui se renversent!
C'est cet esprit divin, l'esprit du Fils unique de Dieu, que saint Jean représente dans son Apocalypse, debout au milieu des chanceliers d'or", parce qu'il est le centre de toutes les lumières ; tenant sept étoiles dans sa main, comme la semence de tout un ciel nouveau, et faisant descendre sa parole sur la terre sous la figure d'une épée à deux tranchants. Quand les sages découragés s'endorment <lnns la nuit du doute, l'esprit du Christ est <iebout, et il veille.
Quand les peuples, las du travail qui délivre, se coucnent sur leurs fers, l'esprit du Christ est debout, et il [iroteste.
Quand les sectateurs aveugles des cultes JdohUriques et stériles se prosternent dans la poussière des vieux temfdes, et ram|)ent servilement dans une crainte superstitieuse, l'esprit du Christ reste debout, et il [)ric.
Quand les forts s'alfaiblissent, quand 1(!S vertus se corrompent, quand tout se plie et s'amoindrit [>our cherclier une vile pAlurc, J'esprit du Christ reste debout en regardant le ciel, etil attend Iheure d(; so'i PZ-re