AL>!AN\CII
âmes exprimée dans ces paroles de saint Augustin : Domxis Dei credendo fundatur , spprando erigitur, diligcndo perficitur. « La maison de Dieu se fonde sur la foi, s'élève par l'espérance et se couronne par la charité; » mais, pour que la foi puisse asseoir solidement les fondations de l'éditice spirituel, il faut que la terre soit creusée et la ftlace déblayée par la pénitence. Les quatre tiges de la vie spirituelle sont donc la pénitence, la foi, l'espérance et la charité, et le genre humain tout entier, comme chacun des individus qui le composent, a dû p.sser P'ir tous ces âges successifs. L'histoire religieuse du monde se pactage en quatre époques, qui sont comme les quatre saisons d'une grande année divine. Dieu a appelé les hommes à la pénitence pir les prédications de Nué et parles terreurs du déluge; il lésa conduits à la foi par le ministère d'Abraham,
aui fut le père des croyants; il les a fondés ans l'espérance par les miracles du désert et les promesses faites à Moïse, et il les a enfin init4és à la charité sous les règnes de David et de Salomon, qui représentaient si bien, dans leur sjgesse et dans leur splendeur, le règne spirituel du Messie. Mais tout l'Ancien Tt-stament n'a été que la figure du Nouveau, et le temps qui s'est écoulé depuis l'origine du monde jusqu'à la naissance du Sauvtjur, n a été réellement que letempsdela préparation et des désirs. C est de ce temps que l'Eglise fait mémoire dans les instructions rnuJti[)liées et les prières proloig'-es de l'avent; alors la couleur de ses orneiiKints est le violet, couleur sombre rpiiexj)rime le deuil, mais un deuil tem[)éréd'es|)érance, une nuit à travers laquelle on voit poindre une nouvelle aurore. A .Noël, le Soleil d<; véiiié se lève, cl les vêtements sacerdotaux sont blancs, symbole de la pureté de la foi : Le temps de la foi dure jusqu'à Piques; de PAques à la PentecfMe c'est la saison de res}»érance, et de li Pentecôte à l'Avent c'e.'ît le temps de la charité; c'est donc à l'Avent que commence t.-t que finit, connue une couromie de prières, le cyc/e de l'année ecclésiastique. Les fpjau»;s couleurs symboliques de Vannée sont le violet, le blanc, le V(;rl, et le rouge. La couleur d'or reiirésenle éga|<;ment le bliuic et h; rouge, et reunit les eu)blernesde la foi et de la charité.
Voici donc des premières notions indispensables h la science ctiréli«;nne du calendrier; mais il faut y ajoul«T bi'-n des choses encore; les douze mois de l'année ne sontils pas sous Id K/'Tde spéciale des douze anges de la nouvelle Jérusalem? N'onl-ils pas pour .signes sj»éciaux les douze i>ierrf;s précieuses do la Jérusalem céleste et du raiional d Aaron? P«>ur((uoine rattar:lir;rail-on (»as de» V)uveiiirs pieux a chacurnt rb; ces heiifs du grand jour .qu'on nomme l'année?
Nous f-sl-il défendu d'fS[>érer oii'un jour ni^ine le» mois seront purifiés (Je leurs noms (Wiiens, et seront désigfiés par des appcllatiorn plus intéressantes |)Our nos esprits et filus toueh/intes [»our nos c<i;urs? .Mai, rr»fi- MCré autrefois ù ïa nymphe Muia, mcrc du
Dieu des voleurs, n'est-il pas bien plus saintement et plus agréablement nommé du doux nom de fnois de Marie?
Nous pourrions faire la môme observation sur le nom des jours, et si nous n'avons que faire d'un mois consacré à Janus, des fêtes Fébrua, de Mars le gendarme, do tous les Junius et de tous les Julius possibles, qu'ils soient des Brute ou des César, que faisons-nous d'un jour consacré à Mars le batadleur, d'un autre voué à Mercure, le dieu suspect? Puis encore pourquoi le milieu de la semaine serait-il consacré à Jupiter, «le vendredi à Vénus et le samedi à Saturne'^ N'est-ce pas le jeudi que le Sauveur du monde, en instituant la sainte Eucharistie, a supprimé pour jamais les sacrifices et les honneurs de Jupiter? N'est-ce pas le vendredi qu'il est mort pour précipiter dans l'enfer l'impudique Vénus? N'esî-ce pas le samedi que sa mère, pleurant près de son tombeau, a, par sa résignation, sa foi et son espérance, brisé à jamais ces lois aveugles de la fatalité représentée par le vieux Saturne? On dira peut-être, pour défendre lo vieux système par d'autres raisons que l'empire presque fatal de la routine, que les noms des jours de la semaine ne se rapportent plus aux anciens dieux du paganisme, mais aux se|)t principales planètes qui portent des noms mythologiques. A cela nous n'aurons rien à réiiondre, sinon qu'il est [)laisant d'avoir établi jiour les dieux déchus des Invalidesdans le ciel planétaire. Les sept planètes ne seraient-elles pas mieux nommées, par exemple, si on leur doimait les noms des se|)t anges qui se tiennent sans cesse devant le trône de Dieu? Sans doulo que sur tout cela le vieil usage aura longtemps plus ue puissance que toutes les raisons; mais si réellement il y avait dans notre calendrier des vestiges de [laganisme, le v(L'U de l'Eglise sans doute est (ju'on les fa.ise dis{)araîlre, et c'est surtout dans les annuaires et almanachs calholi(pies rpi'il faudrait prépar(;r de longue main les esprits à cette réforme, en exposant l'espiit du vrai calendrie'r chrétien, en expliquant la semaino d'après la grande ceuvre des six jours, en consacrant cha(jue mois à la mémoire d'un jjalrian.he ou d un -ijiôlre. L(; chaste Joseph, par »;xemple, et le discijjh* vierge n(! se rencontreiaient-ils pas à prrjpos dans nos souviMiirs pfMidant les touchantes solemnités du mois dt; Marie? Puis il faudrait (;xpli(pier en [)eu (b; mots aux fidèles l'esprit des fêles, et montrer la volo.ité de Dieu accomplie sur la terre par son Eglise toujours sainte et toujours pure, coiimik! par les étoiles dans le firmament, et par les anges dans le ciel. Des notions élémentaires (i'aslroiiomie srint toujours ni'-cessaires dans un almanacli, mais elles doivent être mises lellement à la jtorté(; (1(! tout le monde (nie les mots teclinupies eux-mêmes en soient écartés av<!(iioin ou traduits en langage viilgair»!. Nous voudrnms qu'on en vint k considérer l'immensité du ciel comiiie uri It-mple où l<;5 astres sib-ncieu\ et recueillie, vOlusd'ornomenls spleu-
ALMVNACIl
AMALARirS
diiies, arroni|)l\ssont gravcmont d'antir-r! pt amirt» les (•('•rtMiionios d'un ciillo poriK'lucl. Si l'on (.'XiimiiK» l)ien c^lto id('M% on verra (|U0 re n't'st pas uniqueinont de, la poésie, el qu'un chrélion peut dillicilenienl se faire une autre idée des mouvemenls majcslueux du ciel el de la procession des mondes autour de leurs soleils respectifs. Le calendrier doit nous rappeler encore les noms de nos protecteurs du ciel, et pour(|uoi ne joindrait-on [»as au nom de chaque saint un mol caractéristi(}ue de ses icuvres ou de ses vertus, pour les proposer clia(pie jour h l'imitation et aux prières des tidèles ? Un alraanach ainsi fait serait un véritable livre de piété et un manuel toujours utile.
La partie scientifiqu(> del'almanach aurait donc rapport au calendrier et h la science do l'année ecclésiasli(pie; il serait bon d'y joindre des éphémérides rappelant sommairement les grands événements dont le souvenir se rattache h chacun des jours de l'année, et les noms des grands hommes dont l'Eglise honore la mémoire sans les avoir placés Uans son Martyrologe; puis doivent venir des conseils sur l'agriculture, en tenant coin[)te de toutes \('S améliorations et de toutes les découvertes sanctionnées par l'expérience, des avertissemenls relatifs à l'hygiène et à la morale domesti([ue, en un mot les avertissements d'un bon pasteur et d'un bon père de famille.
La [>arlie historique et anecdotique du livre doit être revue avec un goût sévère; il faut en écarter avec soin l'esprit de parti, de dénigrement et de gaieté niaise ; il faut instruire même en amusant, et si l'on doit permettre et demander môme au Messager de tous les ans ((uelque récit du coin du feu, quelnue conte naïf empreint d'inu; bonne et franche gaieté, nous ne devons lui permettre ni bouffonneries indécentes, ni historiettes hasardées; le conteur du foyer doit se souvenir toujours ([u'il parle devant les mères de famille et les petits enfants. Il doit éviter également, dans ses récits, l'intention morale atfectée <pii fatigue, et les inventions oiseuses qui font i)erdre le temps; un bon conte qui fait rire sans otfenser Dieu ni le ■ pro;;haui n'est pas une chose oiseuse et défendue, puisque Dieu nous permet de nous récréer. Lorscpn; le bon roi saint Louis était .'i table, il ne voulait pas, jiar égard sans <loule pour ses convives, qu'on s'y faliguiU l'esprit par des conversations théologi(pjes ou des entretiens tro[) relevés. O. n'est pas le moment de disserter ici, disait-il avec bonté; si donc (lueliiu'un a (luehpie chose de joyeux dans I esprit, «pi'il le dise en tout bien tout hotmeur, et avec la crainte do Dieu.
La partie propliéli(pie de l'almanach no peut A(re, comme on le comprend bien, ipTun nouveau sujet de récits intéressants, une occasion do faire <les calculs el «les rapprochements ingénieux, ini prétexte pour instruir»; «Micore en aunisant, et pour exciter doucement et indirectement ses lecteurs au respect et h la conliance pour les .soins maternels do la Providence qui nous dirige. Un
peu de merveilleux ne nuit jamais aux pointes c(»mme aux conteurs, et les prédictions sont la partie potUiipu! de l'almanach. Souvent, sous prétexte de pré<liction, on peut se livrer aux observations les plus fines et aux critiques les plus délicates des ridicules de l'année précédente; mais combien de science et d'art ne faut-il pas pour manier habilement et surtout chrétiennement les armes si dangereuses de la raillerie et de la satir(! 1 Un almanach catholique bien fait sous tous les ra[»ports que nous venons d'indiquer, serait donc non-seulement un bon ouvrage et une bonne œuvre, mais encore un petit chef-d'œuvre. Il serait bon, du reste, d'étendre aux almanachsles prescriptions du concile de Paris touchant les livres qui doivent être soumis h l'ordinaire; car on no saurait apporter assez d'attention ni assez de soin h la rédaction de ces petits ouvrages si frivoles en ap|)arence, et qui peuvent avoir sur l'esprit d^s masses une influence si profonde ; il serait h désirer que deux almanachs ou annuaires fussent olliciellement publiés tous les ans dans chaque diocèse, sous la surveillnice spéciale des évè(pies : un almanach du chngé qui ne serait autre chose (pie le bref plus complet el plus étendu, el un almanach des fidèles où serait nt renfermés h la fois un résumé des instructions pastorales de l'année |)récédente el des conseils pour l'année suivante. Quoi qu'il en puisse être de ro[)porlunité de celte mesure, qu'il ne nous appartient en aucune manière de juger, ni de préiuger, et pour nous en tenir à îa seule a{)preciation littéraire, concluons (pi'un almanach est un ouvrage plus important qu'on ne pense, et que pour le bien faire il faut unir les qualités les plus diverses, l'instruction solide d'un savant, la méthode d'un bon professeur, l'indulgence d'un père de famille, l'exactilude et l'impartialité d'un journaliste consciencieux ((pi'on nous })erinelle cette utopie\ la grAce d'un joyeux conteur unie h la prudence d'un catéchiste; puis enfin la finesse, l'esprit d'observation et de saillie, le tout assaisonné et tempéré par beaucoiq) de bonhomie el d(! simplicité.
On voit par cet aper(,ni, dont |)ersonne m; contestera la justesse, que peu de littérateurs, mémo parmi les plus distingués, sont ca|»ables do coujposer un almanach irréprochable.
AMALAHIUS ou AMALAIUE, — disciple d'Ahuin, clerc de l'églisf; de Metz, et depuis chorévèque do Lyon, fut envoyé à Uonie, l'an 831, par l't inpereur Louis. Son grand trailé des Offirrs rrrir'sinstiqurs, divisé en quatre livres, est ini d(>s documents les plus curieux (lue doivent consulter ceux (jui s'occupent plus s[)éci3lement de la liturgie et do la signification emblématitpic des cérémonies de l'Kglise. Les eii|)lications mysti- (jues (pi'il donne de toutes les parties du culte ne sauraitml plaire à tous les esprits, surtout h une épocpie d'analyse rationnelle? où la critifjue se montre sévère envers toutes les assertions (pii ne paraissent (>as bien rigoureusement démontrées. Il y a néa i-
AMALARILS
AMRROISE
moins de la piélé et des recherches utiles dans le livre d'Amalarius ; il est surtout iirùrieui pour la démonstration de certains faits liturgiques d'une grande importance. On y voit que les prières de la messe et des heures étaient les mêmes, du temps d'Amalarius, que celles qui sont marquées dans le Sacramenlaire et l'Antiphonier de saint Grégoire, les mêmes que nous disons encore. On y trouve surtout la preuve irrécusable de l'antiquité et de l'immuable majesté des cérémonies de l'Eglise romaine; il étudie et analyse en détail toutes les messes, en commençant à la Septuagésime ; il en a même conservé et cité les Introït, les Epilres et les Evangiles, qui sont restés les mêmes depuis plus de onze cents ans; il note avecsnin les particuLirités et les eiceplions relatives à r;ertarns jours de l'année, et cite les époques auxquelles ces exceptions ont commencé.
De son temps on faisait encore un repas en commua drins les églises en mémoire de la dernière cène , coutume dont il est resté quelque chose dans la cérémonie du lavement des pieds, qui se pratique encore dans I)resque toutes les é;-;lises. Combien cette perpétuité du culte et celte unité de coutumes, dans la célébration de l'office divin, maimenues à travers les âges et malgré tous les changements des lois humaines, cette inimut.ibililé de ce qui est divin au milieu du llux et du re/lux des choses humaines, devraient donner à réiléchir à ceux qui pensent qu'on peut facilement supprimer et rétablir des religions comme on change les dynasties et cfxnme on modifie la cart(; des empires I Quelle légèreté aussi et quelle témérité dans la critique de ces enfants éhîvés à l'école de Voltaire, et qui viennent hausser les épaules devant la sagesse des vieillards, en critiquant les grandes choses qu'ils n»; so donnent pas la peine de comnrendrel Tout cela est passé, disent-ils, et ils {)assent euxmêmes; et cette Kglise dont ils se riaient vient prier. [jrès de leur lit dt; mort, comme elle priait a i i\' siècle, du t»Mnps d'Amalarius, comme elle priait du temps des a[)otres, comme r-IJe [irieta encore après (|ue [)lu- .sieurs géïK-ralioiis d ignorants fju d'insensés auront i»assé sans s«; rapprocfier d'e-lle ; |)ui.s (juanrl les [)eu[>les, fatigués du silence et du (Ié5e*j)oir qui se sont em(jarés de leur berceau et de leur tombe, chercheront de nouveau un culte et ries autels, ils creuserr)nt bien longtenqts avant de trouvtT où ]»oser la première [tierre de leur nouveau temple d'une mamère flurable et solide; le vent .soij/Ilera, l'inondaliijn passera, f;t leurs misérables édifices d'un jour seront entraînés : ils reviendrfuit alors s'abriter flans l'antifjuo maison de h:ur mère, et la retrr>uveront toujoum jeune, toujours sans lâches et sans rides comme aux jours de son adolescence, toujours le» bras f»uverls pour (lardonner, le» mains élendu»:s pour bénir. Alf)r.s la «cienr:c .s'élonnera ries richessr;s rpi'rijle avait f»er«iu»;s, la r)hiloso()hie admirera In simplif.'ilé d»; c»:s rlr»j^ni»'S rpji altin;nl vers le cir;| lé vraie sagesse humaine, et la forcent 6 s'é-
lever et à grandir sans jamais so laisser atteindre. Arnalarius, Alcuin, hommes vénérables que le dernier siècle eût peut-être traités de barbares, vous qui apparaissez dans l'histoire des lettres comme les représentants du véritable progrès à c<jté du grand Cliarlemagne, ce fondateur guerrier du second em()ire chrétien, comme les représentants, disons-nous, du progrès véritable, parce que vous constatez que l'Eglise fait avancer les nations vers la lumière, mais qu'elle n'avance pas elle-même, parce qu'elle les attend toujours, nous vous saluons, vous qui avez cru, qui avez espéré et qui avez prié comme nous. Après les tempêtes de la réforme, après le vent aride du xvm* siècle, après le tremblement de terre des révolutions, l'arbre de vos croyances est toujours debout, et se couvre encore du môme feuillage, et donne dans toutes les saisons do l'année les mêmes fruits après les mêmes fleurs; l'homme le plus puissant par le génie et j)ar les armes qu'aient prr^duit les temps modernes ne trouva rien de plus beau à faire, dans un monde avide de nouveautés et de merveilles, que de recueillir les reliques de Charlemagno, et d'essayer à ses propres mains son globe impérial et son éi)ée, et ce qu'il regretta le plus peut-être, ce fut de ne point avoir à ses côtés des hommes comme vous, des croyants soumis et laborieux, de sages et prudents défenseurs de tout ce qui est immuable.
Ces jiensées nous sont suggérées par la lecture des livres d'Amalarius sur la liturgie, et nous ne [)Ouvons nous empêcher d'admirer cette foi dont l'expression est peut-être peu attrayante relativriinent aux habitudes Jiltér.Hires de nos jours, mais dont la base est la même que celle de trjutes les grandeurs scient. (iques et littéraires de l'Eglise.
Hossuet et Fénelon ont célébré les saints mystères rnir; commente Amalarius, et avr'r; la seule (iiU'érr'nre du géni»; pr'isonnel. Ils se sr)nt unis, rians la iiK'ditation des mêmr'S symboles, au génir; rir' ces .Igr-s érîoulés, qui communiaifjril eux-mêmes avec le génie toujours vivant dr; la primitive Eglise : unité d'rîsj)rit, u-iilé de signt;s, unité rl'as- |)iratir)ris et rir; rlésirs, communion du passé avr'c l'avenir, riiii sr; r-rmlrjiident en (jueirpie .sorte (levant l'éternité. Voilà l'esprit do l'Eglise r;l lecara<;tère indélébile rie ses institiiiions et rjr- srjii cultr-,. «;t c'rist ainsi qu'elle établit l'égal té entre les vertus d« tous le» temps et la fratrMiiilé entre le.s flgr's.
A.MimOISK (saint), — J'Athanasr; rj«; l'Eglisr; liilirir', et le jdus granrl évêrpn; riu H;is- Empirr-, prut êtrr; rrjiisidéré r;oiiim(! le nèn^ ijr; la litteraturr; rilirétir-n-nrj v.\i ()r;r;iri('tit. Pr»ur le |)rr>uvr;r, c'est assr-/. rir; dire; rpi'il fui Ir; maUre «l hî pèn; spirituel rir; saint Augustin. Jamais itersrxinr; n'exprima mieux, rpjr; h; saint arr;hevê((ui; di; Milan tr)ut(; l.k vérité rhî cr; prér:r'plr; dr; saint l'aiil , i/uc tout ce (/ni rst vrai, f/m- tout cr (/ai est bon,, tjm: tout ce qui est unnu/jk, i/uc tout ce
nr, AMnnoisE
f/iii esl honoral)!e noit le mjrt de vos pcn-
Tout lo monde connaît assL'Z, pour quo nous ne le rappelions pas ici, ce ronllit de grandeur d'Ame et d"li6roïsmc chrétien (pii icj^éscnlera éternellement au souvenir du monde saint Ambroise arrêtant h la porte de rép'lisc Théodosc souillé du meurtre des liabità'uts de Thessaloniquc, et Théodose, empereur vraiment digne d'un tel évéque, elfaçant son crime par la magnanimité de sa soumissiou et la majesté de son rer<entir : sujet dramatique qui eût effrayé l'Ame et la vciTvc de notre vieux Corneille. Comment en eiret rendre une pareille scène en assez beaux vers? Comment faire bien comprendre aux hommes de notre temps cette toutepuissance morale de la vertu qui humilia Théodose aux pieds d'Ambroise, parce que Théodose se connaissait en grandes choses et ne voulut pas se laisser vaincre en générosité par un évéque? Il n'y a que de pareils hommes pour bien apprécier de pareils actes.
Uien n'égalait la douceur de l'éloquence de saint Ambroise lorsqu'il parlait, si ce n'est peut-être son énerg c lorsqu'il fallait agir : c'était en un mot le type du véritable évéque. Homme de parole et d'action, de propagande et de résistance, il ressemblait à ces architectes de l'Ecriture qui tenaient le compas d'une main et de l'autre i'épée pour bâtir h la fois et pour défendre le saint temple. Dieu avait mis en lui un attrait invincible et une é-ierjjie inexpugnable. Aucun de ceux qui aimaient le bien ne pouvait se défendre de l'aimer : ceux qui voulaient le mal tremblaient et se cachaient devant lui.
Nous aurons plus d'une fois occasion dans le cours de cet ouvrage de citer l'autorité de saint Ambroise. Ses jugements sur l'Kcriture sainte en général et sur les Psaumes en particulier sont de ces choses dassicpies en littérature sacrée (ju'il faut absoliunenl savoir jiar C(cur. 11 résuma et lit passer dans ses ouvrages tout ce (pie les P«>res de l'Eglise grec()ue avaient écrit de plus é]o(pient et de plus fort, en sorte (pie l'élude des seuls écrits de ce saint docteur pourrait suppléer en (pielque manière à un cours comj)let do [Hitrologie.
Il ex|>ose de la manière la plus lumineuse en iih'^iim! temps et la plus solide le sens ligure d(! tous les mystères de l'Ancien Testament dans ses livres sur (^ain et Abel, sur isaac, sur Jacol), sur Joseph, sur Job et David. Ses ouvrages sur la \ irginité, sur les Sacrements et sur les Mystères, contiennent tout ce (pi'on peut en |)enser de plus ('levé, tout ce (lu'on neul en dire de plus beau. Dans son livre (les odices il pose les principes de la vraie philosophi» chr(''tienne en dos termes (pii eussent étonné l'anii(iuité. Nous ne pouv«)ns pas nous refuser au plaisir d'en traduire ici (pielques chapitres, le titre seul du 12' chapitre du 1" livre nous réviilo le saint arthevè(pie tout entier ;