COLT
fum^hrr, iiii llamljcui et mi poi|^n.inî h la nifliii, [»;ir l<'s i;;ilcirc.s de son linrible manoir 1 Ou lR'"iissait (iciv.'ùs, l'homme sensible et vertueux, el l'orï se rcYtillait cornme (l'iiti tt'tiib'c; fauclieinnr, qnaiid, après liiiit volinnes de travei>es de tout genre, la vertu trouvait errlin une lardive et maigre récom- [tense I
a Honnête Duerav-T)uniinil ! <|ue l'oubli le soit léger! t.'t pui.sse Tange des ailligés faire luirr, d m)s la tond)e, un rayon do ta gh'iri' |ia.ssée !
« Kl l*igaull-Lel)run, qui l'ut i^ ^'oltaire ce que M. Sue est h l'asiai ! l'igault-I.ehrun, I auteur du Citnfeur, de la Folie Espagnole, i\vs [tarons de Felshcim, de M. Botte, d'.4n- (jélique et Jeanneton, et do lant d'autres romans qui depuis dix ans ont servi h allumer les cliauU'erettes des sibylles t|ui tiennent les cabinets de lecture. Quel éclat 1 (piellc popularité ne l'ut pas attachée à ce n tm (]in se mêlait au fracas des batailles impériales î De (|uclle renonnnée ne jouirent pas ces romans qu'on lisait sous le feu de l'ennemi, sur l'atl'iU des canons, dans les hôpitaux, dans les casernes, [tarlout enfin 1 (^omn)e M. Suc, INgault avait compris (lu'il V avait dans la saturnale religieuse, dans l'orgie lilléraire, tous les éléments d'un bon su(cè'<, et, connue M. Sue, l'auteur de VEnfnnt du carnaval fui proclamé un grand écrivain par des critiipies (pii le trouvaient bien Mipérienr à l'insipide chantre d'Atata et du Génie du christianisme.
« Quel est ce lu-ros somtire et mystérieux, vêtu d(î ten>pètes et voili' de nuages 1 11 desrend du Mont-Sauvage, farouche et hérissé. Son regard brille sous sa profonde; pau|)iêi(î ! ()nc nous veut ce mystérieux inccuiu, dont I • langage a tpjchiue rapport avec la l.uigui; française île M. Baour-Lormian ? C'est le Solitaire de M. h; vicomte d'Arlincourt , co Juif-Errant de la litléiature, ({ui nous rapl'oria l'an derni(;r des régions polaires un livie d'impressions de voyages , que vingt jierMinnes ont lu , tandis que lo Solitaire a éti' (h'voré |)ar le monde entier et traduit en neuf langues !
.< Quelle élévation et (juclle chute proforidf 1 et n'est-ce {tas ici le cas do s'écrier louuno Bossuet ; Muliùro soûl est grand, mes f, cres I
n Le succès du Solitaire est l'apogée de l'engoiirmenl, le summum delà lièvrtM'hau le, le ponit culminant de l'hvdrtjphobie adniiralivi- ! Jamais livre ne fut re(;u avec un fracas pan-il ! Janiais l'cîxtase lilb-rairo ne revêtit dc's formes plus grolosipies. plus sinrêres , plus fanatiques et pbis drôlalKpu'S ! On porta des robes , des panlalo'ts , des h iluls coulcMir Solitaire. Los marchands prirent lo Solitaire [)our enseigne , on grava le héros de M. d'Arluicourt sur Ic"^ tabatières, on le peignit dans lesassielles, oi rinn)rima «mr les foulards. Il y eut des contredanses et de.s valses intitulées : le Solitaire. Ou o;i lit des romances, des gravures, des casseiioiselte.H, des (-oniplaintes, des pendules, ic» éciaiis. On o:i lit dos ihuincs, des mélo-
drames, dvs mniiodrames, des ballets, des «»pêras, et jusqu'A des bons-hon)mes de pain dt'picelSans compter que c'est depuis cette époque, que toutes les blanchi>seuses s'appellent KIodio.
« Kt puis , qu(>lle religieuse ndnnration pour co style, oïl la boursoullure des mois cache des niaiseries superlatives, où le paillon , l'or faux et le strass sont |)rodi-cués avec aujour, où l'inversion systémati(pio amè'K! des rcnconlrrjs de mots inouïs , des accouplements d'idées hybrides et i'ico igiues.
" Le timbre de son âme grossièrement « frappé par les sens, n'avait .jamais rendu « que des sons trom|)eurs, parfois éclatants, << toujo u's faux, mais jamais sublimes.
<< Fille d Underlach, dit enfin l'inconnu, " pardonne/, h l'homme de l'ativersité, cpii, << pou maître des niouvements de son conir, « croit (|u'un ruban qu'avait porté l'iimou cence pouvait, en talisman céleste, purifier « .'a sombre demeure et rendre le re|)05 5 « son âme.
« Il dit, et quelque chose de sinistre a -< passé de ses lèvres dans son regaril ; d'une '< voix sauvage il coitînue: (Colombe du « monastère, non, ce n'est point h ton oreille « (jue les brises de la nuit portent jamais « de ces voix plaintives (jui glacent les mou- « vem(;nts
« Sa démarche était calme, son front as- « siiré. S'avançant au sein de la lourmente, « c'était le rayon de l'esiiérance h travers la « nuit du malheur. Sa voix stMublail le pre- « mier sonflle d'une tempête, et son œil « étincelant roulant çà et là dans son oibilo, « [)araissail devoir coMsuan-r les objets (ju'il H voulait fixer. So i regird semblait l'i'elair << d'une explosion. La nature épouvant'e a « fait silence !...
« Joie sens, le terme de tous mes
« maux est arrivé; bientôt j'irai rejoindre, « je l'espère, celle (pi'un funeste météore , en « passant sur la terre , a dévorée. O ma <« nièce! toi seule , ici-l>as , aurais réussi à " calmer mes regrets amers, si les consola- (' lions eussent pu descendre dans mon âme ; <i mais comme la lionne désespérée, ({ui, <i poursuivie par le chasseur farouche, l'ut o témoin du massacre de S()n dernier lion- « ceau,j'ai vu l'homme féroce m'arracher l'ê- « tre cliéri (pii seul charmait mon existence, " et sur la cendre u'iiéiia, (juiconque eût « voulu essayer d'adoucir ma souffrance, « m'eiU paru insulter à mon infortune.
« Khtdie , faible roseau du rivn(je désert, « je tremblais (pie, moi disparu , la lempôto <« no renversAl aus.^i ta faible tige ! « . I
o C'en est fait ! entre la vierge et le mou- « rant, l'ange aux ailes funèt)res a tiré le ri- »> dcau d(^ l'éternité.
t« Jamais, poursnivit-il avec une /«-
n Touche amertume, jamais sur le front d'nno n épouse, ma main le bandeau niqrtial n'al- « tachera. Le souille brr^lant du malheur a '< ("ieint |Mmi' moi les Uambeaux di; riiMiieii * et séché d'aïuuur les guirlandes ! w
GOUT
Clib'GOmE DE NAZIANZE
« Nous croyons inutile d'augmenter ces ci'alions, qui expliquent combien il est facile d'escamoter un succès litlérairc. Le Solitaire eut plu-s de dix éditions en Bolgi(|uc s-ulement. Ea France, il eut cette j>opularité de lorgue de Barbarie, (ju'on leint de mépriser et que Ro-^sini [)rét'ère aux plus belles couronnes. Cet em:ihati(jue et amphigourique roman fut traduit en espagnol, en italien, en anglais, en allemand, en russe, en polonais, en hollandais, en poitugais, et la renommée de M. le vicomte d'Ariincourt étendit ses ailes sur les deux mondes.
« Essayez aujourd'hui de relire ce Solitaire qui fit tourner tant de tètes et couler tant de larmes î Essayez de lire dix pages de cette prose hydropique, gonflée d'épithètes ridicules, qui semblaient le beau idéal de la langue française, et demandez-vous ensuite si M. Eugène Sue, s'adressant à des passions religieuses, à des haines mal éteintes, ne devait pas obtenir un succès plus fncile encore que le vicomte d'Arlincourt, 1 quel avait consciencieusement travaillé à ce qu'il croyait une œuvre immortelle et l'un des jilus beaux monuments de la littérature du XIX' siècle? »
Nous devons ajouter ici, pour être juste,
?ne les défauts du livre de M. d'Arlincourt taieit ceux du goût de son é[)0|ue, et ({u'il a depuis modilié soi style et mérité de nouveaux succès. D'ailleurs la conception de ce Solitaire si singulièrement écrit avait quelque chose de vraimeit dramatique, ce qui appartenait à M. d'Arlincourt dans l'ouviage attestait l'écrivain de talent, et les défauts ne devaient être attribués qu'au littérateur à la mode.
Lorsqu'on écrit des choses profanes et frivoles comme d( s romans, on est excusable piut-<Hre de sacriher h la mode, mais la lilténilure religieuse doit être h jamais exemple des caprices de l'engouement et des chances du mauvais gortt. Les modèles du beau et du vrai nous sont ol^-rts dans l'Ecri ture .sainte et dans les l'èies (piant au fond, et daij.s les immortels ouvrage s des beaux écrivains du grand siècle quant h la forme; c'est h c la que nous devins nous tenir.
Nous avons choisi h dessein nos exenqjles de mauvais goût dans des auteurs jirofanes, parce qu'il est pénill»e d'entendre [>arler de choses sérieuses dans un style qui provoque le rire, surtout lorsqu'il s'agit des obj«;ls de notre culte et de notre vénération. Nous trouverions en elfel, dans «les reeueil.s de sermons du temps de ir nri IV et du Louis XIILdes pages non-seuh ment ridicules mais boullonnes, nf)n-seulement irnorivenanles mais indécentes: ii sijliir'iil, pour s'en convaiMcr •, de feuill.ter les scrmmis «lu i'. Vaila/|i(;r, et (J,; Ijn; lin* nMablu dedican; qu'il en lit à la rein.î-rége-il.; M.irie di; .Médit\s : voici comment il y débute :
• Miulauic,
« L»* <livin amoureux, rha.slemeni p;is- >iofiné des pai laites beaiilé.s de l'épouse, chcf-do;uvie de son idée éternelle, .s'occu-
pant doucement à l'admiration des merveilles ({ue la nature a le plus enrichies en l'architecture de votre sexe, me licencie de les relever d'un grand estage plus haut, jusqu'au couronnement du frontispice de l'âme »
Lq reste ne saurait s'écrire; et pourtant tout ccia S(3 lisait alors à la cour et partout sans scandale, et peut-être même avec une certaine é litication, puisque nous ne voyons pas que le P. Valladi-r ait été condamné j)Our SCS fleurs de rhétorique, qui nous sem- Lleraient à nous des imag'S licencieuses.
La nature d'abord et ensuite les grands maîtres, tels doivent être les guides de notre goût, et nous devons en chercher les règles dans les préceptes et les exem[)les des plus excellents écrivains. C'est ci cela que doit servir surtout la lecture des beaux modèles. 11 faut, autant que pos-sible, ne lire que de bons ouvrages tant pour le fond que pour la forme, et éviter avec un soin presque égal tout ce qui peut entacher le goût ou corrompre les bonnes mœurs. Le goût d'un honnne est l'enseigne de sa raison, et ce n'est i)as en vain ciu'on a donné à cette faculté du jugement le nom du sens qui nous fait dist. liguer la nature des aliments : il y a en elfet entre le goût moral et le goût physique une com- [)lète analogie. Un goût vicié est une preuve de maladie tant pour le jugement que pour le corps, et la {)hysioIogie pounait aussi bien apprécier les excès de l'unie ([ui ont causé le mal, que la médecine peut découvrir h quels excès i»hysiques est dû le dépérissement ou l'aliération de la vraie sensibilité dans les organes de la nutrition. Les lectuies sont en etfet la nourriture de l'esprit, comme les alinKiits sont celle du corps.
Le goût [)eut être un don naturel ou ac^- (juis : un homme d(; goût n'est [)as toujours un savant, et n'cipro(|ueinent; mais le goût f)c-ut nous diriger dans la science, et la science sert beaucoup h éclairer le goût naturel. (Voj/. Aitokitf:, Stvi.ic.)
i'.Wi'r.OiWK I)K NAZIANZE (saint),— l'une des |tlus brillantes luinièr(;s de l'Eglise grec- (pie au iV siècle, fut élevé, avec saint Basile, dans l'étude des belles-leitres et (le la |diiloso|»liie, h l'écolt! d'Athènes. 11 honora également la religion et les lettres par .ses ouvrages, et fut non-S(;ulement un profond théologien et un orateur plein d'éhxpiencc;, mais aussi nn \)()('l(\ distuigué. Oti .sait (pu; Julien l'AposLil, pour ridiculiser h; christiani.sme et h; ruiner dans l'opinion pnbliipn;, ^ avait défendu aux chrétiens l'élude delà littérature piofane. Saint (irégoirede Na/i.inze essaya d(! rem|ilacer les oMivres des poel(!s anci(!ns par d(!S c(unposUions chrélienni^s, et sut consacrer aux b(;autés du dogme vériliible les gr.lces anti(pj(!s d(; la langue d'Ilo- Uière. Les poésies de sainl (licgoire de Na- /i.oi/e sont vérilalihinenl belles, (!l méritent de fan»; t';poque dans lalitlé;ralur(!chréti(!rnu'.. Les sujel.-> qu'd traite sf»nl peut-être d'une métaphysicpie Irop élevée, et raboiidanec des pensées imit (pn-hniefois <'i l/i vivacitii des itnages; mais le rhylhme est tonjonis plein, l'expiebM^jn piltoK.'sijue et ^onoie;
509 GRfr.OIRF, DE NAZIANZE
on scnl i|Uf la nnisc hfilriiiinu^ |iailr un hui- ^ag»» iioiivc.Tn pour t'ilc, mais elle .sail («iirore le rcvcMir des fonncN quï-llf* a rcndurs si «loucos, el r<»ii croit onfividro saint Paul adrosst^r h 1 Aréopago la dodriiie de ses Epîtres traduite dans la langue haraionieuse (ie Platon.
l'n pnisIMo sommeil avait elos ma paupière. Mon àim; >»V\ cilla dans des flols de claric, Deux vierges desren îaicni l)i'iUanle& de lumière, Couvorlos de beanUi.
Leurs yciix étaient baisses, leurs lèvres étaient
géloses ; Mais leur hoiirlic expriniail nn céleste dt'sir, Et, comme les l)onloi»s qui proinetlcnl les roses. Semblait prèle à s'ouvrir.
L'or pur d'nne auirole encadrait leur visage, Leurs fronis (Tnn seul amonisimiss;iicnl enflammes, Ll lair, en s"i-pnranl, révélait le i>ass;ige Do leurs pie.Is embaumés.
Emu, Je contemplais ces jeunes immortelles;
Je tremltlais de les \oir vers le ciel s'envoler,
Lt ma bouclie n'osait, tant elles (talent belles.
S'ouvrir pour leur parler.
Mais, elles, me do nanl le biiser d'une mère, S'iiieliiièrenl vers moi dans un cliasle al)an(ion, M appelèrent deux fois leur enl'ant et leur frère. Et me dirent leur nom.
Je suis la cîi; slel(-, je suis la ten.pérance; Jéstis est notre guide, et n:»iis suivons ses pas : Car la lampe célesle, où brill.' l'esjjéianco. Dans nos mains ne meurt pas.
Sois à nous, cher enfant, et reste-nous fidèle, Nous le présenterons à iélernel époux, Ouand ton ange, le soir, te couvrant de son aile. T'amènera vers nous.
C.liarmé, je le pronns par le Uieu que j'a 'oro, Kt les saillies beautés, aux paioles di> miel, bevanl mes yeux en pleurs, qui les clicrebaienl en-
[core .
Hemonlèrcnt au ciel.
C'est h pou juf.s en ces termes que saint ♦Irégoire nous raconte les [jrcmicrs vœux lie son adolescence. Ces vers, si pleins do }^rAce dans l'original grec, sont en cU'et un ouvrage et tni louchant souvenir de sa jeunesse. On peut y voir toute la vivacil(^ de son imagination et la tendressede son cieur, tout entier dès son enfance h lamour doses devoirs et h son amili»'; pour Basile,
Plus lard, la muse céleste, ou plutôt les deux nuises, car il fut toujours lidèle à la sainle vision de son e?ifance ; plus tard, disons-TU)Us, la sainl(> fem|)érance et la divine cliastet(^ lui inspirèrent des chants plus sévères : il imita, «mi l'honiuMir des trois personnes divines, levs liynines d(î Callima(pu', de Cléanle et d'Oroliee. Voici, autant qu'il nous a été donné île les traduire, les heaux Ters qu'il adresse au Fils.
Gloire au Fils incréé. <!onl la verlii f. ronde r)<s»ourres île la croix Ojianelie sur le monde : llendons un failde liomm.iKe a son nom plorieiix, El vengeons m-s aulels d'un blasplieme odieux (I).
Av inl lui rirn n'élail, eu lui lout reçoit l'élre ; II elail dans le Père avant rpiil dai^uftl iiailrc,
(I) L'bcicsic (l'Atius.
^.RF^GOIRE I)E !SAZL\>ZE
Identirpic on substance, égal en m.njesté. Embrassant avec lui la i. ê ne immensité. Dans la gloire du Fils le Père se roulemjde, El du IV-re inlini le Verbe ouvre le temple, A jamais engendre, mais toujours éternel, El n'ayant rien d'égal (pie le sein paternel. Mais (le lu eliair ici, loin de nous le langage ! Dieu n'a pas ete l'ait connue il fait son image :
A la mon, en naissant, promis par la douleur, L'hohime est un fruit maudit de l'arbre du malheur : Son fr(Hil .i sa naissance esl tourné vers la tondie. Sur la t:rre où tout meurt, pour s'y llélrir il tombe : M 'is le fruit incrcé du prineipi* inlini De l'arbre paternel n'est jamais désuni. Je ne p:iis contempler le Fils s ins voit le Père, Comme en Dieu, sans son Fils, c'est en vain que
iyesp,;rc ; Qui veut les séparer les blasphème tous deux. Car l'amour mutuel se réfléchit en eux. El couim(> la clarlé ([iie le soleil iioik ilonnt! Dans la s|)lendeur de Dieu c'est le F Is qui rayonne ! Pn'senis lonjours ensemble et vivaiilsen lonl lien. Ils sont Dieu, Père et Fils, mais sont un mémo Dieu, El si vous divisez votre imparfait hommage, Au lieu de riionorer, votre culte l'outrage.
Quoi ! de son amour même iudignemet.t jaloux.
Vous l'accusez des maux qu'il a siMilTerls pour vous!
I>e la mon, comme vous, soulTraul ré,,'ale atteinte,
I>oil-il être déchu de sa majesU' sainte?
Mais si Dieu l'a ciré pour être dans ses mains
Le fragile insirument du salut des humains,
C;H exilé du ciel, méconnu par la terre.
Dans le travail divin ressort snppléme. taire,
I)t! la faute de riiominc iimocent et piiii,
E^l bien moindre (pie nous.... s'il nesi pas i liai !
D.feude qui voudra cet insolent sy-itème 1
Moi, jus(jue dans la croix du Sauveur (pii nous aiiUvî,
J'ailore du salut le signe glorieiix,
F,! l'ombre de la mort le grandit à mes yeux '.
Immorlel médecin des mortelles souillures,
11 les b ligne de sang el resJe ^ans blessures.
La victime iies juifs est le Diea des ihréliens,
il esl lils de David, mais nous sommes les siens;
Dans le sein d'une vierge il s'enferme en silence.
Mais son Verbe éternel remplit l'espace immense
Lue crèche a reçu son doux vagissement.
Mais les rois de la terre, avec empressement.
Devant l'humble berceau conduits par une étoile.
De sa grandeur cachée ont s(mleve le voile.
Homme, il condiat l'enfer dont il Iriomphe en Dieu;
II lig\ire avec l'eau S(U» baptême de feu ;
Le j)ain vieiU au secours (le sa chair alTaiblie.
Mais l'eau se change en vin, le pain s(> nudliplio ;
l'",l le ciel, le couvrant d'un mn^ge enflamme,
Fait eiilendre ces mots : C'est mon Fils bien-aimé.
Vu long cl dur cbeuiin fatigue sa faiblesse,
Mais le parais li(pu> à sa voix s<> redresse :
Homme faible il s'endort... Mais Dieu de l'univers,
II s'éveille el connuande à la fureur des mers !
(Juand sur la terre il prie, au ciel il nous éc«»ute,
ll descend jiistpi'à nous pour nous njonirer la roule ,
II est viclime et prèlre, il est sujet et roi :
Par sou ob('issance il t onsac re sa loi,
El présentant a l>ieu l(> pur sang (pii l'inonde,
II suspend à sa croix tous les ciiincs du monde l
{)\u' dirai-je de pbis? Vendu pour racheter.
Il d(>s(en(l dans la moil pour nous ressusciter!
Il fait mourir la mori pour (pu* lOpoir revive,
El la caplivile pour lui devient captive !
>»• SOIS (loin i>as ingrat , loi ipi'il a eiuisob';
r, (st |i(tiirliii ipie d'un corps le Verbe s'est voile!
Adore cet amour (pii pour loi s'humilie,
l'iubrasse de la croix la ci'lesle folie,
El lienis eu pleurant ici auletir de la foi.
Qui [Hnn l'unir à lui sesl fait seiid)lable à loi !