CRA
Graverol défend la narration de Moïse contre les explications ineptes et allégoriques de Burnet, avec autant de force de raison, que de zèle jour la bonne doctrine. Nous citerons encore : De religionum conciliât oribus, Lausanne, 1674, sous le nom anagrammatique de Rollegravius, en réponse à l'ouvrage d'Huisscau, ministre de Saumur, sur la réunion du christianisme.
GRAVESON (Ignace-Hyacinthe Amat de), dominicain, docteur de Sorbonne, né en 1670 à Graveson, village près d'Avignon, fut appelé à Rome par son général. Il fut un des théologiens du concile de cette ville en 1725: mais l'air de Rome lui étant contraire, il se retira à Arles, où il mourut en 1733, à G3 ans. Ses ouvrages publiés à Venisp, 1740, 7 vol. in-4°, renferment : une Histoire de V Ancien Testament et une Histoire ecclésiastique jusqu'en 1730, assez peu lues l'une et l'autre. La dernière néanmoins a été réimprimée séparément à Augsbourg, en 1752, 2 tomes in-fol., et 1762, avec des notes et une continuation jusqu'à l'an 1760, par Jean- Dominique Mansi; un Traité de la vie et des mystères de Jésus-Christ ; une Histoire du brave Grillon, in-12; plusieurs opuscules sur la grâce efficace de la prédestination. Le P. de Graveson eut beaucoup de part à la réconciliation du cardinal de Noailles avec le saint-siége, et à son adhésion à la bulle Unigenitus. Il était d'un caractère doux et conciliant, mais il se laissa aller quelquefois à des préventions singulières : comme lorsqu'il s'avisa de déclarer supposée et fabriquée la fameuse lettre de saint François de Sales au P. Lessius, précisément parce qu'il ne la trouvait pas dans le recueil des lettres de cet évoque ; comme si les lettres qu'un homme écrit durant sa vie, pouvaient être prompiement rassemblées dans un recueil complet, où aucune ne serait omise.
GRAVINA (Dominique), dominicain, parvint aux premières charges de son ordre par son mérite et mourut à Rome en 1643, à 70 ans. On a de lui : Stato délia religione di san Dominico, Rome, 1605, in-12 ; De catholicis prœscriplionibus, Naples, 1627, 2 tomes in-fol., et d'autres ouvrages de théologie, estimés. — Il ne faut pas le confondre avec le P. Gravina, jésuite, auteur d'une Théologie, qui a eu un grand cours en Italie, et qui est réellement bien rédigée. 11 est vrai que l'auteur a enseigné le probabilisme, avec des réserves et des règles qui semblent faire rentrer son opinion dans l'esprit de celle qu'elle paraît combattre. 11 écrivait vers le milieu du xvin' siècle, et vivait encore en 1760.
GRAVINA (Jean-Vincent), né en 1664, à Rogliano, dans la Calabre ultérieure, obtint d'Innocent XII une chaire de droit civd à l'université de Naples, et devint le maître, puis l'ami de Métastase. 11 avait la manie des réformes, et le premier abus qu'il prétendit corriger, fut l'argumentat.on scoiastique; mais h est plus que douteux si en cela il rendait service aux sciences. L'argumentation scolastique a eu ses inconvénients j on
GRA
l'a fait servir à des spéculations inutiles et ridicules; mais, réduite à de justes bornes, elle est la conservatrice d'une bonne logique, et prémunit l'esprit contre les sophismes de tous les genres, regardés aujourd'hui comme des raisonnements solides. (Voy. Duns, Anselme, Suarès, etc.) Gravina mourut à Rome en 1718, à 54 ans, avec la réputation d'un poëte et d'un orateur médiocre, d'un savant quelquefois caustique, et quelquefois paradoxal. 11 donna à Métastase tous les biens qu'il avait acquis à Rome. 11 fut l'un des fondateurs de V académie des Arcades. On a de lui : De or tu et progressujuris civilis, Naples, 1713, où il y a beaucoup de recherches, et en môme temps des vues superficielles et fausses. Une partie de cet ouvrage a été traduite en français par Requier, sous le titre d'Esprit des lois romaines, Paris, 1766, 3 vol. in-12; De Romano imperio liber singularis, Naples, 1712, ouvrage qui fourmille d'erreurs : mais l'auteur espérait que le peuple romain, auquel il est dédié, ne s'en apercevrait pas, et il eut raison. Délia ragione poctica, en 2 li vres, espèce de poétique, traduite en français, à Paris, 1754, en 2 petits vol. in-12, sous ce titre , Raison ou idée de la poésie ; lnstitutiones canonicœ ; ouvrage posthume, imprimé à Turin en 1742, in-8"; quelques tragédies qui n'ont pas eu de succès, Venise, 1740, in-8° ; Discours sur les fables anciennes, et un autre sur la tragédie; deux drames sacrés faits dans sa vieillesse ; Christo et Santo Atanasio. On a fait une édition des OEitvres de Gravina, à Leipzig, 1737, 3 vol. in-4% avec des notes pédantesques et parasites, d'un nommé Mascovius. On a publié sa vie à Rome en 1758, in-4% sous ce titre : De Vita et scriptis J. V. Gravinœ Commentarius ; espèce d'éloge funèbre, fait par un M. Serrao, prêtre hiéronymite. On trouve encore sa Vie dans les Vitœ Italorum par Fabbroni.
GRAViUS (Henri), ou plutôt Vermolanus, dominicain prit le nom de Gravius, parce qu'il était de Grave, enseigna la théologie, lut prieur à Nimègue, et mourut dans sa patrie le 22 octobre 1552, avec la réputation d'un homme savant, surtout dans les langues. Nous avons de lui ;Annotationes inR.Cyprianum, Cologne, 1544. Jacques Pamélius s"est servi de ces notes pour son édition de saint Cyprien. Scholia et annotationes in Hieronymi epistolas, Anvers, 15G8, et Cologne, 1618. Elles sont plus propres a faire remarquer les beautés du st,yle de saint Jérôme, qu'à servir d'explication; une édition des ÙEuvres de saint Jean Damascène, Cologne, 1560, conférées avec plusieurs exemplaires grecs ; une édition des OEuvres de saint Paulin, corrigée, Cologne, 1560, in-8° Voy. le P. Echard, tome IL
GRAVIUS (Henri), natif de Louvain, fils d'un imprimeur, enseigna la théologie avec beaucoup de réputation pendant 20 ans. Il fut appelé à Rome par le pape Sixte-Quint, poursoigner l'édition de la Vulgate. Grégoire XIV l'admit à sa cour; les cardinaux Caratlà, Rorromée, Colonne, et surtout Raro nius, l'honorèrent d'une affection toute oar-
iS3
GRA
CKA
ticulière. II mourut h Home eu 1591, cinq mois anrès sua arrivée, h 55 ans. Baronius lit son épitaphe, el écrivit une lettre à la faculté de théologie i e Louvain, où il déploie tous les sentiments de la plus vive douleur d'avoir |> >rdu son meilleur .nui. Ces notes du 7< tome des OFuvres de saint Augustin, Anvers, I&78, soin de Gravius.
GRAWER (Albert), théol g en luthérien, né à Mescow, villa e le la marche de Brandebourg en 1575, s'acquit une grande rôputatlOO dans son parti pour ses écrits contre les sociiiiens, contre l'Eglise rom ii.e, et Contre les calvinistes. Sun glyle ital Irèsena porté. On a de lui : Absurda absurdorum, obturdittima oalvinistica, léna, 1612, in-4°; Anti-Litbinus de natura mali, Magdebourg. 10 6, in-'i*. Ce livre est dirigé contre Eilhart Lubin, qui avait renouvelé le manichéisme en l'ajustant à sa mode, et l'ait deux principes de Dieu et du Néant; Billum Calvini et Jesu-Cfiristi, ibid., 1605, in-V\ 11 mourut en l(il7, surintendant des églises du pays de "NVeimar.
GRA1IANJ (Awtoine-Marib) , naquit en 1537, dans la petite ville de Borgo-sai.-Sepolcro en Toscane. Le cardinal Commendon, qui voulut bien être son nmitre, et qui trouva <tans son disciple les dispositions les plus heureuses, le lit son secrétaire. Graziani le suivit en Allemagne, en Pologne et ailleurs. Ce cardinal le traita plutôt en ami qu'en homme de sa suite, lui confiant toutes ses affaires, prenant conseil de lui, et cherchant les occasions de l'employer pour faire valoir son mérite. 11 le récompensa de ses services par une riche abbaye. Après la mort de son bienfait) ur, Graziani futseciétaire de Sixte V, nonce à Venise et évêque d'Amélia. 11 mourut dans cette ville en 1611, à7i ans, avec la réputation d'un très-bel esprit et d'un saint évoque. Les ouvrages qui l'ont fait connaître, sont : De vita Joannis-Francisci Commendoni, cardinalis, libri quatuor, publiés par Roger Akukia, in-4% en 1069, et traduits en français par le même, Paris, 1671 , in-k°. C'est à M. Barbier que l'on doit la connaissance de cet ouvrage qu'on disait avoir été publié par Fléchier sous le nom de Roger Akakia (1);
(1) Jean-François Commendon naquit à Venise en 1524, d'Antoine Commendon, habile philosophe et c\( i llenl médecin. Des l'âge de dix ans, il composait des vers latins, même sur-le-champ. Son mérite naissant lui procura une place de camérier auprès du pape Jules 11. Ce pontife dit qu'il valait trop, pour ne l'employer qu'a taire des vers : il lui conlia plusieurs atlaires, aussi difliciles qu'importantes. Il l'envoya successivement en Flandre, en Angleterre, en Portugal, et Commendon s'acquitta avec zèle et prudence de toutes les négociations dont il le chargea. Marcel 11, Paul IV, Pie IV qui l'honora de la pourpre ii la prière de saint Ch ries Borromée, et les Pères du concile de Trente, le chargèrent de plusieurs commissions non moins intéressantes. Pie V l'ayant nommé légal en Allemagne et en Pologne, Commendon contribua beaucoup, par ses soins, à la publication des décrets du concile de Trente dans cette partie de l'Europe. Grégoire X11I ne rendit pas toujours la mémejusiiee à Coaiinendon.il le reçut extrêmement bien, lorsqu'il revint de sa légation de Pologne a
De bello Cyprio, publié à Rome, en 162V, ïn-k". Cet ouvrage, écrit avec autant d'éléganoe et depureté que le précédent, a (Hé traduit en français avec peu de succès par Le Pelletier d^Angere, Paris, 1685, in-'i", de même que le suivant : De cas/bus adremis illustriidit lirorum suicBVÎ, écrit avec autant de vérité (pie d'élégance. Cet intéressant ouvrage n'a vu le jour qu'en 1680, Paris, in-4% un siècle après sa composition, l'abbé Fléchier en awuit fait imprimer le manuscrit trouvé dans la bibliothèque du b ron Ferdinand de Fur>lemberg, évoque de Paderborn et de Munster.
GRAZI0L1 (Pibeee), religieux barnabiteet littérateur, vécut en 1700 à Bologne, où il mou ut en 173 5, recteur du collège de son ordre, laissant entre autres ouviages : de Praclaria Medioiani œdifiens quœ /Enobarbi cladem antecesscrunt dissertatio, etc., 17.35, in-- i°; Délia vita,virtà emiracoli delli. Alessandro Stiuli, Bologne, 1741, in-8°; Prœstanlium virortun qui in conqregatione S. Pauli, rulfjo Barnabitnrum, memoria nostra floruenuit, etc. La notice détaillée de ses ouvrages, tant imprimés (,110 manuscrits, se trouve dans les Scriltori Bolognesi de Fantucci, tome IV, page 269.
G RAY (Kobert), évoque de Bristol, né à Londres en 1762, se distingua comme prédicateur et comme écrivain dès son début dans la carrière ecclésiastique. Fn 180k il fut nommé chanoine de la cathédrale de Durham,etenl827, il fut élevé sur le siège épiscopal de Bristol. On lui a reproché de s'être montré, à la chambre, trop entêté partisan des privilèges exagérés dont l'Eglise anglicane était investie par la constitution. Aussi courut-d de grands dangers lors de l'émeute qui éclata à Bristol le 30 octobre 1831, et qui fit de son palais un monceau de ruines; il montra dans cette occasion la plus grande fermeté, et son clergé lui vota ensuite des remercîments solennels, avec une belle pièce d'argenté, ie. Ce prélat mourut à Bodney-House le 28 septembre 1834.. On cite de lui : La clé
Rome, et loua publiquement les grands services qu'il avait rendus à l'Eglise ; mais dans la suite il parut le négliger et l'abandonner à ses ennemis, qui lui reprochaient d'avoir préféré les intérêts de la France à ceux de l'empereur Maximilien, pour l'élection d'un roi de Pologne. Grégoire XIII étant tombé malade, plusieurs cardinaux formèrent le dessein de l'élever sur la chaire ponlilicale, cl ils l'auraient exécuté, si elle fût alors devenue vacante. Commemlon mourut peu de temps après à Padoue, en io'84, à 60 ans. « La cour de Home, dit Fléchier, c n'eut jamais de ministre plus éclairé, plus agist sant, plus désintéressé, ni plus fidèle. 11 soutint
< le poids des négociations les plus importantes, en 1 des temps tres-dimeiles. Il passa dans le™ royaumes t les plus éloignés avec une oiligence incroyable. Il c s'acquit l'amitié des princes, sans JMnais condes- 1 cendre à leurs erreurs ni à leurs passions. Il tra- « Tailla sans relâche à rétablir la foi et la disci-
< pline de l'Eglise, et il s'opposa au torrent des hé- « résies naissantes, avec une fermeté et une sagesse
< extraordinaire. » Il laissa quelques pièces de vers dans le recueil de l'académie des Occulti, dont il avait été le protecteur.
&5 GRE GRE iSG
de ï Ancien Testament et des livres apocryphes, de temps apros à Constantinople, en qualité
ou Traité des divers ouvrages qui doivent de nonce, pour implorer le secours de l'em-
De de
îr.
tions'tit à son auteur une g ande réputation .Grégoire se croyant incapable de soutenir de théologien et d'érudit; Voyage en diverses un fardeau dont tout le monde l'avait jugé parties de l'Allemagne, de la Suisse cl de l'ila- digne, se cacha, mais en vain : il fut ordonné lie en 1791 et 1792, in-8°, 1794-; Josias et Cy- le3 septembre en 590. La peste ravageait alors rus; Dialogue entre un membre de l'Eglise an- Rome : il lit faire une procession générale, glicane et un méthodiste, 1808, dans lequel d'où l'on croit qu'est venue celle du jour l'auteur examine les fondements de la tvu- de Saint-Marc >, appelée enoore la grande lu nion et du schisme entre les communions tanie. La plus impoi tante aifaire qui occupait étrangères à l'Eglise romaine; Théorie du l'Eglise dans ce temps-là était les Trois rêve, 1808 ; Démonstration de la liaison qu'il Chapitres. Le saint pontife n'oubiia rien pour y a entre les livres saints et la littérature tant éteindre ce schisme (Voy. Vigile). Son zèle juive que païenne, principalement pendant l'é- s'étendait à tout. Il envoya en Sardaigne des poque classique, 1819. Giay, en composant cet évoques pour convertir les idolâtres ; il en ouvrage, croyait très-sér.eusement avoir dé- envoya en Angleterre, exhortant les missioncouvert une démonstration nouvelle 'de la naires à se serv.r à p.opos de la douceur et vérité de la révélation; mais s'il n'a pas at- des récompenses. Samt Augustin, chef de la teint, ce but, il a fourni aux littérateurs pro- mission d'Angleterre , fit de grands fruits et fa:. es des rapprochements et des pointe do convertit le roi de Kent. Saint Grégoire tevue nouveaux ; enfin, des Discours et des Ser- nait de temps en temps des conciles à Rome, nions, sw divers sujets de controverse, d'his- pour maintenir la discipline ecclésiastique toire religieuse et de morale. et réprimer l'incontinence du clergé. Il s é-
GRKBNER (Paul), visionnaire allemand, leva avec force contre Je titre de patriarche qui se qualiiiait lui même de prophète de œcuménique que prenait le patriarche de de Dieu, de second apôtre Paul, de foudre et Constantinople , titre que Je pape même ne de lumière du pape, naquit vers le commen- prenait pas, quoique chef et pasteur de l'Ecementdu xvie>iècleà Schneebergen Misnie. glise universelle {Voy. Phocas ), et cassa les Après avoir étudié la théologie, il se Lit ma- actes du concile de cette ville, tenu en 589. tre d'écoie à Brème vers 1560, entra ensuite Un autre service qu'il rendit à l'Eglise , fut dans le service militaire en Hollande, puis la réforme de l'office divin. Il fonda à Rome devint professeur à Lunébourg. C'est alors une école pour le chant de l'église. Le moine que la folie de la prédication s'empara de lui, saint Augustin, en parlant pour l'Angleterre, sans qu'aucune représentation pût calmer emmena des chantres de cette école, qui passon enthousiasme. Il parcourut l'Allemagne sèrent en France, et instruisirent les Gauet une partie de l'Europe, et mouiut à Mag- lois. Grégoire termina saintement sa vie le debourg en 1621. On a de ce rêveur : Para- 12 mars 604- , consumé par les travaux de phrases elegiaca Cantici Salomonci et Thrcno- l'épiscopat et du cabinet : c'était la 62e année rum Jeremiœ, Anvers, 1562, in-i°; Oda de de son âge et la 14e t,e son pontificat. Il traconjunclione fidelium cum Christo, I§ù3; Va- vailla avec zèle à réunir les schismatiques ticinium Europœ , seu fata tristia et bella et à convertir les hérétiques; mais il voulait cruenta anno i§13,junii 23, manuscrit; Se- qu'on employât à leur égard la persuasion ricum mundi filum, seu Vaticinium, quo nun- et non la violence- Il s'opposa aux vexations cialur subita et plusquam miraculosa orbis qu'on exerçait contre les Juifs pour les ai.titerrarum mutatio, hoc est, antichristi ponlifi- rcr au christianisme. C'est, disait-il , par la cis occidentalis et Mahomcti orientalis horri- douceur, la bonté, l'instruction, qu'il faut ap~ bilisinteritus, atque Ecclesiœ Dei in loto ter- peler les infidèles à la religion chrétienne , et rarum orbe septenlrione per verbum et linguas non par les menaces et par la terreur. Quoilœtissima restitutio. Cet ouvrage est aussi que saint Grégoire fût d'une si grande huresté manuscrit : mais on en a publié l'ex- milité, qu'il se donna lui-même te titre de trait suivant : Vaticinia ex serico mundi Serviteur des serviteurs de Jésus-Christ, titre filo, libro, jussu divino, Augusto electori Sa- adopté par ses successeurs, il soutenait avec xonœi in Arœ Annabergensi exhibito, Amster- zèle l'autorité du saint-siége. Son ponliticat dam, 1631, in-8°; Pronosticon, ou Eclair ci s- est une réfutation de fait de tout ce que le sements sur la comète qui a paru en 1618, compilateur Fébronius et d'autres ennemis 1621 et 1631, in-V°, en allemand. du siège de Rome ont imaginé touchant les
GRÉGOIRE Ier (saint), surnommé le Grand, prétendus etl'ets des fausses décrétales ; ded'une illustre famille romaine , était tils puis Isidore Aiercator, l'auto, ité des papes du sénateur Gordien, et fut préteur de n'a point éié plus clairement et plus généra- Rome en 573, à l'âge de 30 ans. Lt mépris lement reconnue dans l'Eglise que sous le des grandeurs humaines l'engagea à je reti- pontificat de Grégoire. (Voy. saint Léon , rer dans un monastère qu'il avait fait bâtir Isidore, Litheu, saint Pierhe.) Il écrivait sous l'invocation de saint André. Le pape aux autres évoques avec toute ia dignité et Pelage 11 le tira de cette retraite pour le faire la fermeté du etief de l'Eglise ; il avertissait, Un des sept diacres de Rome, m'envoya peu instruisait, reprenait les rois, et ces grands.
GRE
GRE
4ss
de la' terre l'écoutaient comme leur pèro. Son pontifical présente le tableau d'une vaste théocratie, ou la religion , plus puissante que les lois et les armes, réunit toutes les nations chrétiennes par la voix de son pontife, et en se couvrant elle-même de gloire, faisait encore la félicité temporelle des peuples. « L'union de toutes les Eglises occiden-
« laies, sous un pontife souverain, dit un
« auteur protestant et philosophe, facilitait « le commerce des nations, et tendait a faire « de l'Europe une vaste république; la pompe « et la splendeur du culte, qui appartenaient « a un établissement si riche , contribuaient « en quelque sorte à l'encouragement des « beaux-arts , et commençaient à répandre « une élégance générale dé goiït en la con- « ciliantavec la religion. » Sa table était simple et frugale, malgré les richesses que possédait déjà l'Eglise romaine. Dans une lettre au sous-diacre Pierre, recteur du patrimoine de Sicile , il lui dit : « Vous m'avez envoyé « un mauvais cheval et cinq bons Anes; je « ne puis monter le cheval , parce qu'il ne « vaut rien , ni les Anes , parce que ce sont « des ânes. » Ces paroles sont une preuve que l'écurie de ce grand pape n'était pas bien magnifique. De tous les pape s saint Grégoire le Grand est celui dont il nous reste le plus d'écrits. Les principaux sont : son Pastoral, traduit par l'abbé Prévost, Paris, 169V et 1731), petit in-12; c'est un traité des devoirs des pasteurs : on ne saurait trop leur en recommander la lecture; des Homélies : elles sont au nombre de ko , et ont été traduites par le duc, de Luynes, Paris, 1609, in-i°; des Commentaires ou morales sur le livre de Job, pleins de leçons propres à former les mœurs, ce qui les a l'ait appeler les Morales de saint Grégoire; cet ouvrage a été traduit par le duc de Luynes , Paris , 1666 , 3 vol. in-i° ; des Dialogues , traduits par Bulteau , 1689 , in-12, composés en partie pour célébrer les miracles de plusieurs saints d'Italie. Le saint pontife s'y est un peu trop livré au goût de son siècle pour le merveilleux. Douze livres de lettres, qui o tirent quelques particularités sur l'histoire de son temps, et des décisions sur divers points de discipline. M. de Gondrin, archevêque de Sens, a traduit ses tpîtres choisies, Paris , 1676, in-12. Cet illustre pape avait le génie tourné du côté de la morale, et il s'ét it fait un fonds inépuisable de pensées spirituelles. Il les exprimait d'une manière assez noble , et les renfermait plutôt dans des périodes que dans des sentences. Ses termes ne sont pas fort choisis, et sa composition n'est pas beaucoup travaillée; mais elle est facile, bien suivie, et se soutient toujours également ; il n'a rien de bien élevé et de bien vif: mais ce qu'il dit est vrai et solide. On ne lui reproche que d'être trop ddl'us dans ses explications de morale , et trop recherché dans ses allégories. Barbeyrac et d'autres protestants ont eu tort d'exercer sur cet article leur critique caustique et déraisonnable; les allusions et les allégories dont les saints Pères se sont quelquefois occupés, n'étaient pas destinées
à exprimer proprement le texte sacré, ni à servir de preuve à des vérités contestées par les infidèles. Ces hommes zélés saisissaient toutes les occasions d'instruire et d'édifier, de porter à la vertu, de parler des mystères de la foi , conformément à l'avis de saint Paul : Quid enim sive per occasionem , site per vrritatem Christus annuntietur? Phil. 1. L'Ecriture sainte leur était si familière'', et ils prenaient tant de goût à la réciter, qu'ils en ont souvent fait des explications ingénieuses, sans prétendre déroger h la dignité du sens littéral. De toutes les éditions des ouvrages de saint Grégoire, la plus ample et la plus correcte est celle que le P. Denis de Saint - Marthe , général des bénédictins de Saint-Maur, et G. Bessin , de la même congrégation, publièrent enl705, en h vol. in-fol. On y trouve la Vie du saint auteur écrite 300 ans après lui par Jean le Diacre. Avant qu'on eût cette édition, on estimait celle de Pierre Gussanvillan, prêtre de Chartres, publiée à Paris, 1675, 3 vol. in-fol. La vie de saint Grégoire ou l'Histoire de son pontificat , a été laite par Maimbourg. Nous n'avons rien dit du reproche fait à saint Grégoire, d'avoir fait brûler les livres des auteurs païens : les gens instruits savent que c'est un conte qui ne mérite aucune croyance. Bayle et Barbeyrac, très-injustes envers les Pères, sont convenus que l'accusation n'est pas prouvée ; l'auteur de Y Histoire de Véclectisme a fait voir qu'elle n'a même aucune vraisemblance ; elle n'est fondée que sur le récit de Jean de Sarisbéry, écrivain du xn' siècle , estimable par ses principes plus que par ses connaissances historiques , et qui , à tous égards , ne peut servir de témoin ni même d'annaliste aux événements du vi' siècle. Avantjsaint Grégoire, Borne avait été saccagée deux ou trois fois par les barbares; il est impossible que, sous son pontificat, la bibliothèque du Mont-Palatin ait encore subsisté, et qu'il ait pu en faire brûler les livres. Le seul fait vrai est que saint Grégoire écrivit à Didier, archevêque de Vienne, pour le blâmer de ce qu'il enseignait la grammaire à quelq tes personnes : en effet , un évêque a des devoirs plus pressanis et plus sacrés que celui-là. Montaigne a trouvé bon, malgré la démonstration du contraire , d'ajouter foi au récit de Jean de Sarisbéry : nos incrédules moutonniers, sur la parole de Montaigne , répé teront éternellement la même accusation contre saint Grégoire. Qu'elle soit vraie ou fausse, probable ou improbable, cela ne fait rien; elle peut en imposer aux ignorants , et rendre odieuse la religion , cela leur suffit : et c'est ainsi qu'ils travaillent à perfectionner la critique et l'histoire. S'ils étaient les maîtres d'anéantir tous les titres du christianisme , et de brûler tous nos livres , ils n'en laisseraient pas subsister un seul. — M. Migne a donne dans son Cours complet de Patrologie : Sancti Gregorii Papœ I , cognomento Magni opéra omnia , ad mss. codices romanos, gallicanos, anglicanos emendata aucta et illustrata notis, etc., 18i9, 5 vol. in-i°- GRÉGOIRE II (saint) , élu pape le 11 ma>v
GRC
GRE
/15, après Constantin , mérita la double clef par le succès avec lequel il avait rempli des commissions importantes. Il était romain , et signala son pont ficat par son zèle. Il rétablit le monastère du Mont-Cassin; convoqua deux conciles , l'un en 721 contre les mariages illicites, et l'autre en 729 conlre les iconoclastes; envoya saint Boniface prêcber en Allemagne , et mourut en 731 , regretté pour ses vertus , son zèle et ses lumières. Les historiens grecs accusent Grégoire II d'avoir engagé les Romains à se soulever contre Léon l'Isaurien, et à lui refuser le tribut; mais on sait combien doit être suspect le témoignage des Grecs , déjà prévenus d'une secrète aversion conlre l'Eglise romaine , et d'ailleurs trop éloignés pour être bien instruits des véritables ressorts qui pouvaient exciter ces mouvements à Rome. Une pareille entreprise de la part de Grégoire eût été contre ses propres principes, puisqu'il disait à ce prince dans une de ses lettres (Conc. Labbe, tome VII) , que ni les pontifes ne devaient point se mêler des affaires de la république, ni l'empereur de celles de l'Eglise. D'ailhjurs l'histoire nous apprend le contraire, puisque ce pape se joignit à l'exarque de Ravenne , pour conserver l'Italie à l'empereur contre les entreprises de Petasius (Baionius, Annal, an. 729, p. 94). Peu de temps auparavant, le même pontife s'était fortement opposé au dessein qu'avait formé l'armée romaine, d'élire un autre empereur à la place de Léon , comme le rapporte Paul Diacre, lib. vi, de Gestis Longobard., c. 39. Cet auteur ne parle ni du refus du tribut, ni de la prétendue déposition de l'empereur. Les Latins , tels qu'Anastase, LanJulfe et Bellarmin, qui parlent de cette déposition , ne font que copier Théophane, Zonaras, et les autres historiens grecs qui, selon Baronius (tome IX, p. 63), ne méritent pas la moindre croyance. Entin, les faits postérieurs prouvent que Léon ne fut jamais déposé , puisque Grégoire III et les évêques d'Italie lui présentèrent des requêtesoù ils lereconnaissaient pourleur maître légtime. On a de ce pa^e 17 lettres insérées dans la Collection des conciles du P. Labbe , tom. VI et Vil , une dans la Bibliotheca floriacensis de Dubois, une autre dans VItalia sacra d'Ughelli , tome V, et un mémoire donné à ses envoyés en Bavière , sur divers points de discipline.
GRÉGOIRE Ili , natif de Syrie, succéda à Grégoire II en 731 , 35 jours après la mort de ce pontife. Un de s^s premiers soi.is fut d'écrire à l'empereur Léon, pour lui faire de vifs reproches de ce qu'il persistait à soutenir les iconoclastes ; mais sa lettre ne produisit rien. 11 assembla un concile en 732 , dans lequel il excommunia ces hérétiques. Les Lombards faisaient tous les jours de nouvelles entreprises contre les Romains ; le pape, pressé par ces barbares, implora le secours de Charles-Martel. Ses lé.ais envoyés à ce prince lui promirent de la part de ce pontife, que s'il le secourait , il se soumettrait à sa dom nation, et le reconnaîtrait pour consul et patrice de Rome , vu que l'eiupe-
Dict. de Biographie relig. II.
reur (c'était Léon l'Isaurien) abandonnait l'Italie , et cessait de la regarder comme sa propriété, en ne la d'fendant pas, et n'y portant aucun genre de secours, quoiqu'on l'en eût beaucoup sollicité. D'ailleurs, c'était de la part des princes et du peuple romain, que Grégoire envoyait cette légation à Charles- Martel : Decreto romanorum principum
quod sese populas romanus.... ad suam defensionem et invictam clementiam confugeret. Cette légation qu'on regarde comme 1 origine des nonces apostoliques en France, ne produisit rien. Charles-Martel la reçut avec honneur, et la renvoya avec des présents ; mais il était trop occupé en France contre les Sarrasins, pour aller se battre en ltc.lie contre les Lombards. Grégoire III mourut peu de temps après, en 741, regardé comme un pontife . magnifique et charitable. C'est le premier pape qui gouverna, en souverain, l'exarcat de Ravenne; non par aucune donation expresse {Voy. Etienne II), mais par l'espèce d'abandon où les Grecs d'avaient laissé, et le consentement de fait qu'on donne à l'aliénation d'une chose qu'on ne veut ni conserver ni réclamer. Son pontificat est une des époques de la grandeur^ temporelle des papes. On a de lui sept lettres dans les Collections des conciles du P. Labbe , tome VI , Baluze en a inséré une autre dans son appendix au traité de Pr'imatibus de Marca.
GRÉGOIRE IV, romain , recommandable par son savoir autant que par sa piété , obtint la couronne pontificale en 827. Ce fut lui qui entreprit de rebâtir la ville d'Ostie, pour défendre l'embouchure du Tibre contre les incursions des Musulmans qui s'étaient emparés de toute la Sicile. Il la nomma Gregoriopolis. Dans le temps des troubles entre Louis le Dé onnaire et ses fils, Grégoii e vint en France à la prière de Lothaire , pour tâcher de mettre la paix. C'était là son but unique, comme il le déclara lui-même à l'empereur : Sachez, dit-il, que je ne suis venu que pour procurer la paix que le Sauveur nous a tant recommandée. N'ayant pu réussir, il se retira à Rome, mécontent des deux partis, et y mourut en 844, après avoir occupé le saint-siége pendant 16 ans. C'est Grégoire IV qui fit célébrer la fête de Tous les Saints dans l'univers chrétien. On a de lui qmlques lettres dans la Collection des conciles du P. Labbe, tome Vil, dans les Mi*cellanea de Baluze, etc.
GRÉGOIRE V, Saxon, nommé auparavant Brunon, neveu de l'empereur Olhon, fut élu pape après Jean XVI en mai 996. Ci escentius, consul de Rome, qu'il avait protégé auprès de l'empereur, eut l'ingratitude de lui opposer Phiiaguthe, évêque de Plaisance, et de le chasser de Rome. Grégoire fut obligé de chercher un asile en Frnnconie. L'antipape qui prit le nom de Joan XVII, fut chassé parOthon, et excommunié par Grégoire dans le concile assemblé à Pavie l'an 997. 11 est faux que cet an ipape ait été traité avec cruauté par Grégoire ; il n'y a qu'un anonyme qui l'ait avancé dans la Vie de saint Nil le Jeune, abbé. Le prenne- éditeur de cette
GRE
GRE
Vie a réfuté ce conte dans une note, de même que le P. Cle dans les \cta sanclorum , tome Vil, sept., pag. 27!». Grégoire m- jouit pas longtempsdu pontifical, étant mort en 999. On a de lui quelques lettre* et diplômes dans la Collection des conciles, tome IX, dans les AfisceUanea de Baluze, t. VI, dans Vital in d'Ughelli, dans ieSpicilége de don) Luçd'A.chén .
GREGOIRE VI , romain et arcbîprôlre de l'Eglise romaine, nommé auparavant îean Grutien , fut ordonné pape en lo'iV, après avoir acheté le souverain pontificat de Jïonoit IX. Ce pape trouva le temporel flé son Eglise tellement diminue, qu'il fut obligé d'excommunier avec éclat ceux qui lavaient usurpé, Cet àiiathèmë ne lit qu'irriter les coupables, qui vinrent en armes jusqu'à Rome ; mais Grégoire les chassa, retira plusieurs terres de 1 Eglise, et rétablit lu sûreté des chemins, tellement remplis de voleurs, que les pèlerins étaient obligés de s'assembler en grandes troupes pour se défendre contre eux. Cette sage conduite déplut aux Romains, accoutumés au brigandage. Le feu de la sédition allait se rallumer, lorsque l'empereur Henri Hi vint en Italie, lit célébrer un concile à Sutri, près île Rome , en 10'tG, où Grégoire VI abdiqua le pontificat. Clément Il fut mis a sa [lace. On a daus la Collection des conciles une lettre circulaire de Grégoire VI à tous les fidèles. Le P. Papebrocli montre dans une dissertation particulière , insérée dans le Propylœum ad Acta sanctorum, p. 18i, qu'on doit regarder Grégoire VI comme pape légitime et nullement simoniaque ; une des raisons qu'il allègue, c'est que Grégoire et le clergé ont cru , de bonne foi, pouvoir faire renoncer au pontificat l'indigne Benoit IX à prix d'argent, et faire par là cesser un très-grand scandale dans l'Eglise : Papatum non tant émit quam redemit pecunium dando. Il ajoute que le concile de Sutri lui ayant fait sentir qu'il y avait du doute, si son élection n'était point simoniaque, Grégoire ne tar a pas de se dépouiller des orn"ments pontificaux, et de remettre le bâton pastoral , ce qui est digne du plus grand éloge. 11 se retira ensuite dans le monastère de Cluni , où il termina ses jours dans les exercices dé la vie religieuse.
GRÉGOIRE Vil, appelé auparavant Hildebrand , lils d'un charpentier de Soano en Toscane , fut élevé à Rome , et se tit moine de Cluni sous l'abbé Odiion. Devenu , selon
auelques-uns, prieur de cet ord.e , et abbé e Saint-Paul citra mur os , à Rome, il jouit d'une grande considération sous le pape Léon IX, à l'élection uuq.iel il ava:t beaucoup contribué. Ce pontife lui laissa la principale autorité, et il la conserva sous Alexandre IL Apres la mort de ce pape, en 1073 , la voix publique le désigna pour son successeur, il fut élu ; mais 1 ne fut sacré que deux mois après son élection , parce qu'il voulut attendre le consentement de l'empereur Henri IV. C'est suivant le savant Pagi, le dernier pape dont le décret d'élection ait été envoyé à l'empereur pour être confirmé. Le nouveau pape , animé d'un zèle intrépide ,
forma de vastes projets touchant la réformation de l'Eglise, surtout pour l'abolition de la simonie, appuyée alors de toute l'autorité impériale. Cette autorité (dit Voltaire, Annal. de IT'.mp., ami. 1076) avait tout envahi. Les empereurs hotnmaient aux évéchés, et Henri IV hs vendait. Pour corriger plus effiran ment cet abus, Grégoire se conduisit selon le droit ijue lui attribuait une jurisprudence , devenue dominante dans son siècle. 11 se crut maître du spirituel et du temporel pour autant que le temporel pouvait nuire au spirituel ou le favoriser. Il ne tardapas à se brouiller avec Henri IV Ils se raccommodèrent et se brouillé, eut de nouveau en 1075. Le pape lui tit ordonner par ses légats , sous peine d'anathème, de se rendre à Rome à un jour marqué Ce prince naturellement violent et emporté chassa ignominieusement les légats, et se vengea avec outrance , en suscitant contre le | ape un brigand nommé Censius , fils du préfet de Rome , qui saisit le pontife dans Sainte-Marie-Majeure.au moment où il disait la messe. Des satellites le menèrent prisonnier dans une tour, d'où Censius devait l'envoyer en Allemagne. Le peuple romain, olfensé d'une telle violence, escalada la tour et délhra le pontife. Henri IV con~ yoquait en même temps, en 107G, un concile à Worms, qui déposa Grégoire sur l'exhibition d'une histoire scandaleuse de la vie du pape, dans laquelle on le chargeait de crimes inouis et incroyables. Grégoire, de son côté, tenait un synode à Rome. Henri y fut excommunié , et , suivant la jurisprudence de ce temps-là, déposé. Cette sentence néanmoins n'aurait été que vaine, si Henri IV eût été assuré de l'Allemagne et de 1 Italie ; mais sa mauvaise conduite, ses injustices, et son mépris affecté pour les droits de la religion et de l'Eglise , lui avaient fait des ennemis sans nomb. e. Les seigneurs allemands crur ni pouvoir se donner un autre empereur. Henri IV résolut de parer ce coup en allant en Italie désarmer la colère de Grégoire. Lorsqu'il fut arrivé à Canosse , où le pape s': tait retiré, il fut obligé de demeurer trois jours pieds nus , et couvert d'un cilice, dans l'enceinte de cette forteresse , son humeur inconstante et son caractère faux et dissimulé ne permettant pas de croire que sa conversion, fruit de la crainte, fût sincère. Enfin, le 4* jour, le pape permit qu'il parût en sa présence. Après l'avoir repris avec autant de sévérité que de charité, il lui donna l'absolution , sous la | romesse qu'il serait soumis à l'Eglise et à son chef, et qu'il irait attendre son arrêt à Augsbourg. Les Lombards, mépiisant le lier Henri ainsi humilié , prirent la résolution de reconnaître pour- r i le fils de Henri IV, encore enfant. Cette conspiration l'engagea à rompre son traité avec Grégo re, quinze jours après l'avoir signé. Le pape l'excommunia de nouv au, et fit élire empereur Rodolphe, duc de Souabe, l'an 1077 ; mais le nouvel empereur fut vaincu et blessé à mort dans la fameuse bataille de Mersbourg. Après cette victoire , Henri marcha vers Rome , avec Guibert, ar-
gri:
GRE
chevêque de Ravenne , qu'il avait fait élire sous 1,' nom de Clément III. 11 assiégea Grégoire dans Je château Saint-Ange, et allait le j'aii e prisonnier, lorsque Robe.t Guischard , prince de la l'onille, se présenta pour le seco rir. Henri repassa en Ail magne, la:ssant l'Italie dans le tr uble. Le parti qu'il laissa dans Rome no cessa de chagriner Grégoire, q<u se ntira à Salerne, où ii mourut saintement en 1085, en se consolant dans ses souffrances par la pureté de ses vues et la droiture de son zèle, et adressant aux assistai. ts ces paroles : Dilexi jusliti um et odivi iniquitatem, propterea morior in exilio. Quelques satires cpie les protestants et les philosophes aient publl .'es contre lui , il est certain que sa conduite à l'égard de Henri était la suite naturelle ,;es opinions reçues dans ce tempslà. Il fallait bien que l'on crût général, nient que l'Eglise a ait quelque pouvoir sur les rois chrétiens (pour autant qu'ils pouvaient la trouoler ou 1 assister ) , puisque Grégoire le répétait dans toutes ses lettres. L'empereur lui-même était là-dessus dans l'opinion de son siècle. Un souverain , dit-il dans une le! Ire adressée à Grégoire, n'a que Dieu pour juge, et ne peut être déposé pour aucun crime, si ce n'est qu'il abandonne la foi. Aiais si les empereurs se trompaie; t à leur désavantage, ils s'en dédommag aient par des prétendons qui ne leur donnaient rien moins que l'univers entier. Voy. Louis V, Noble (Eustache Lej. Né avec un grand courage, et élevé dans la discipline monasiique la plus régulière , Grégoire avait un désir ardent de purger l'Eglise des vices dont il la voyait infectée. 11 aurait voulu faire régner à leur place les vertus dont il était animé. S'il avait eu affaire à Un autre prince qu'à Henri IV, il aurait épargné à l'Europe le spectacle de tant de guerres <jUi ne firent qu'augmenter les maux qu'il voulait guérir. Un philosophe modem • a fait sur cet objet des réflexions plus équitables que tout ce qu'on lit dans les perpétue les déclamations des périodistes et brochuraires du jour contre cet e époque de l'histoire de l'Eglise. « Si les papes, dit-il, se « sont trompés en croyant posséder u .e au- « torilé temporelle , ils en ont, pour l'orui- « naire, fait un usage louable et humain, en « entretenant la paix entre l 's princes chré- « tiens, en les unissant contre des hordes « barbares qui étendaient tous les jours leurs « conquêtes sanguin ores , en répr maut la « simonie, la violence, et les excès de to s « les genres que des maîtres altiers et cruels « commettaient contre des suj ts faibles et « opprimés; elle avait servi, selon li icrnar- « que d'u.i homme célèbre , à faire de tout « le monde c u'étien une seule famille, dont « les différends se jugeaient par un \ ère com- « rnun, pontife du Di u de la concor.ie et de « la justice. Grande et iniéressante idée de «l'administration la plus va 4e et la pus « magnifique qu'on pût imaginer » {Voy. Roniface Vlli ). En 1580, le nom de Grégoire Ml fut inséré dans le Martyrologe romain, corrigé par ordre de GrégoLe III. Enfin, sous le pontificat de Benoît XIII, on l'a placé dans
le Bréviaire, avec une légende qui a été supprimée par les parlements en France, et par l'empereur dans tous ses Etats d'Allemagne et d'Italie, comme contraire au droit des rois ; et cela dans le temps qu'une philosophie altière, encouragée par les mis mêmes, se disposait à culbuter les trônes au gré de ses caprees, et à changer en principes toutes les extravagances de l'anarchie : inconséquence que les parlements et les rois n'ont pas lardé d'expier sévèrement. On a de Grégoire Vil neuf livres de lettres écrites depuis 1073 jusqu'en 1082, pleines d l'énergie et de la fermeté inflexibles qui animaient le courageux pontife. Ces let;res son' insérées dans toutes les collections des concile-. On en trouve aussi plusieurs dans Bibliotheca Floriacensis de Jean Dubois, dailsJes collections de Martène, ded'Achery,d'Ughelli,etc. Il y a parmi ces lettres , un traité intitulé : Dictatus papœ , qui lui a été faussement attribué, comme l'oit prouvé les meilleurs critiques, entre autres Pavi et le P. Alexandre. C'est un rerueil de 27 maximes qui composent une déclaration de la souveraineté spirituelle et temporelle du pontife romain. Il y a apparence que cette pièce, singulière par les prêtent. ons exorbitantes qu'elle r. nferme, a été composée, ou par un ennemi qui voulait le rendre odieux , en lui prêtant les vues les plus ambitieuses, ou par un flatteur qui voulait a<ler à la fortune par cette bassesse. (Voy. Martin IV, Thomas deCantorbéry.) La Vie de Grégoire VU a été écrilepar Paul de Bernried , auteur contemporain , et publiée par Gretser, Ingolsladt, 1610. Elle se trouve dans les grandes collections de Mabillon et des Bollandistes. La biographie de ce grand pape | ar sir Griesley n'est qu'un tissu de mensonges historiques. De nos jours, Henri Luden a fait sur Grégoire Vil un travail estimé Nous citerons encore Y Histoire du pape Grégoire Vil et de son siècle, par J. Voigt, piol'ess. à l'univ. .e Halle, trad. de l'allem., augm. d'une introd., de notes, etc , par l'abbé Jager, Pans, A. Vaton, 2e édition, 1842, 1 vol. in-8°.
GRÉGOIRE VIII, appelé auparavant Albert de Mora , était de Bénévent. Il succéda au pa e Urbain III, le 21 octobre 1187, fut sacré à Ferrare, et mourut le 17 décembre suivant à Pise , après avir réconcilié cette repu, lique avec celle de Gênes, et exhorté le« princes chrétiens à entrepr ndre une nouv Ile croisade. C'était un pontife savant, éloquent, de mœurs exemplaires et d'un zèle vif. Ou a de lui trois lettres dans les Collections des conciles. — Voy. Bolrdin, antipape.
GRÉGOIRE Ifc ( Ugoun] , cardinal-évèque d'Ostie, succéda à Honorius 111 en 12^7. Il était ni veu d'innocent 111 , de la famille des comtes do Segui, et natif d'Aï agni. Ce triste état de la Terre-Sa hte, l'oppr ss.on des chréliens, et les progrès alarmants des Sarrasins, l'engagèrent à faire prêcher une nouvelle Croisade. L'empereur Frédéric II revoyait le voyage de Palestine autant qu'il pouvait , et paraissait oublier le serment solennel qu'il avait fait d'y porter ses armes. Grégoire l'a-
i9S GRE
vertit on vain d'exécuter son serment , el l'excommunia en 1227 et 1228. La paii honteuse conclue sans nécessité avec le Soudan de Rabvlone, le fit anathématiser ai nouveau. Cependant la réconciliation se lit en 12.'j0; mais les divisions recommencèrent en 1236: le pillage des églises el d'autrei violences attirèrent a Frédéric une nouvelle excommunication. Los esprits s'aigrirent .<lo plus en plus : Grégoire alla jusqu'à i ffrir l'empire a saint Louis pour Robert son fière, comte d'Artois. « Comment, répondit ce saint « roi, le pape a-t-il osé déposer un prince, « qui n'a point été convaincu des crimes « dont on l'accuse? S'il avait mérité d'être « ( éposé, ce ne pourrait être que par un con- « cile général . » Ces paroles prouvent quel était le droit public de ce temps-là; et. (pie si quelques-uns refusaient le droit de déposition au pape, ils ne doutaient pas du moins qu'il n'appartint au concile : mais si le concile n'a pas plus de droit sur les couronnes que le pape , et si les princes se trompaient là-dessus aussi bien que les pont. tes, il y a une injustice insigne a rendre ces derniers seuls responsables de ces opinions. ( Voy. Grégoire VIL) L'empereur brûlait d'aller se venger de Grégoire, lorsqu'il apprit sa mort arrivée le 21 août 12V 1. Ce pontife extrêmement zélé avait témoigné beaucoup d'ardeur pour la réunion des Grecs et la conversion des Mahométans. 11 envoya môme à plusieurs princes musulmans de longues instructions, par lesquelles il essayait de les amener au christianisme. On a de lui des lettres dans la Collection des conciles , les Annales de Wading, VItalia d'Ughelli, etc. Gérard Vossius , prévôt de Tongres , a publié la Vie et les lettres de ce pape en grec et en latin , avec des notes savantes, à Kome, 1587.
GRÉGOIRE X (Thibald ou Thébalde), né à Plaisance, de l'illustre famille des Visconti, devint archidiacre de Liège , et s'éleva avec zèle contre Henri de Gueldrc , évoque et prince de cette ville , qui scandalisait son peuple par sa vie irrégulière. Ayant été maltraité par ce prélat, auquel il avait fait, en plein chapitre, les remontrances les plus fortes, il quitta Liège pour aller consoler et encourager les croisés. 11 était dans la terre sainte avec Edouard , roi d'Angleterre, lorsqu'il apprit qu'il avait été élu pape par compromis, en 1271. 11 indiqua l'année suivante un concile général. La lettre de convocation marquait trois principales raisons de le tenir : le schisme des Grecs , le mauvais état de la terre sainte et les vices et erreurs qui se multipliaient dans l'Eglise. Ce concile se tint à Lyon en 1274, et fut très-nombreux. On y compta 500 évoques, 70 abbés, des ambassadeurs de presque tous les princes chi étiens. Henri de Gueldre y fut accusé par les députés de soi Eglise, et prévoyant qu'il serait déposé, il aima mieux donner sa renonciation à l'évêché de Liège. Après le concile, Grégoire fit faire des préparatifs pour la croisade ; mais ils furent sans ell'et : il ne se fit plus aucune entreprise générale pour la terre saiute. Le pape mourut peu de temps
GRE
après, a Vrezzo, le JO janvier 1270. Il se rendit recommandable par sa piété, son savoir, et son amour de la discipline. Il avait été élu à la persuasion de saint Bonaventure , qui connaissait son mérite. Ce fut lui qui ordonna que les cardinaux , après la mort du pape, seraient renfermés dans un conclave, et qu'ils y seraient jusqu'à ce que l'élection fût faite; règlement sage , . qui empêcha (pie le saint-siége ne fût longtemps vacant , cl qui arrêta les intrigues et les séditions. Le jésuite Ronucci a publié la Vie de Grégoire X en 1711, à Home, in-40. On a de lui 102 lettres dans Y Histoire ecclésiastique de Florence par P.-M. Campi , Plaisance, 1651 , 3 vol. in-fol. On en trouve aussi dans les Conciles du P. Labbe.
GRÉGOIRE XI (Pierre Roger), né er.
1321), au château de Maumont , dans la paroisse de Roziers ( Ras -Limousin ) , fut élu pape le 30 décembre 1370. Il était neveu du pape Clément VI, qui l'avait fait cardinal avant l'âge de 18 ans , et lui avait donné un grand nombre de bénéfices, abus qu'on s'efforçait de justifier, par la nécessité ou étaient les cardinaux de soutenir leur dignité. Son savoir et son mérite lui avaient procuré la tiare. Son premier soin fut de réconcilier les princes chrétiens, d'envoyer des secours aux Arméniens attaqués par les Turcs, et de réformer les ordres religieux. Avignon était encore la résidence des papes depuis que Clément V avait quitté Rome : mais la présence de Grégoire était très-nécessaire à l'Italie. La plupart des villes de l'Etat ecclésiastique s'étaient révoltées; les Florentins faisaient des courses jusqu'aux portes de Rome. Le pape voulant remédier à ces désord; es, et surtout vivement pressé par sainte Rrigitte de Suède , et sainte Catherine de Sienne , passa à Rome en 1377 ; et depuis , cette ville n'a point été sans pape. Il y mourut l'année d'après, mécontent des Romains et regrettant Je séjour d'Avignon; mais ne pouvant se dissimuler le bien qu'il avait fait par son retour à l'Eglise et à l'Etat {Voy. Rienzi). Ce pontife se rendit recommandable par la bonté ue son caractère, et par son savoir dans le droit civil et canonique. Ce fut lui qui proscrivit le premier les erreurs de Wiclef. On trouve le testament de ce pape dans le Spicilége de d'Achery, et dans l'Appenclix du Muséum Italie. , les Constitutions de r Eglise romaine qu'il avait rédigées étant caidinal. On a de lui des lettres dans Wading , Rzovius et Ughelli. Ce pape est le dernier que la France ait donné à l'Eglise.
GRÉGOIRE XII, vénitien, connu sous le nom d'Ange Conrario, avait été honoré de la pourpre par le pape Innocent VU. L'esprit de conciliât. on qu'il ava.t marqué dans ses nonciatures , lui fit donner Je souveroin pontiiicat en 1406, dans le temps malheureux du schisme d'Occident. On eut la précaution de lui faire signer un compromis, par lequel il s'engageait à renoncer à la tiare, en cas que l'autre contendant cédât de son côté. Les deux papes s'épuisèrent en lettres et en promesses ; ils devaient abandonner leur droit
GRE
GRE
l'un et l'autre. Grégoire XII ne cessait de l'écrire, Benoît XIII de le dire ; et tous les deux étaient fort éloignés de l'exécuter. Les cardinaux, voyant qu'ils n'agissaient pas de bonne foi, convoquèrent un concile général à Pise en 1409 , dans lequel ils les déposèrent, et élurent Alexandre V. Pour contrebalancer ce concile , Grégoire en tint un à Udine dans le Frioul ; mais craignant à tout moment d'être arrêté , il se retira à Gaete , sous la protection de Ladislas, roi de Naples. Ce prince l'ayant abandonné, il se réfugia à Ri mini, d'où il envoya sa renonciation au concile de Constance en 14-15. Grégoire instruit qu'elle avait été acceptée quitta la tiare et toutes les marques de la dignité pontificale. Le concile, en reconnaissance de sa soumission, lui donna les titres de Doyen des cardinaux , et de Légat perpétuel dans la Marche d'Ancone. Il mourut à Recanati en 1417, à \ 2 ans, pénétré du néant de la grandeur, et détrompé de ces sublimes misères qui avaient rempli sa vie d'amertumes.
GRÉGOIRE XIII (Hugues Buoncompagno), bolonais, successeur de Pie V, en 1572. C'était un des hommes les plus profonds de son siècle dans la jurisprudence civile et canonique. 11 l'avait professée avec distinction, et avait paru avec non moins d'éclat au concile de Trente , en qualité de jurisconsulte. Son pontdicat sera éternellement célèbre par la réformation du calendrier. Il s'y était glissé des erreurs si considérables , qu'on ne célébrait plus les fêtes dans leur temps, et que celle de Pâques, au lieu de demeurer entre la pleine lune et le dernier quartier de la lune de mars, se serait trouvée insensiblement au solstice d'été, puis en automne , et enfin en hiver. Il s'agissait de mettre ordre à cette confusion. Les cardinaux Pierre d'Ailly, Nicolas de Cusa et Paul de Middelbourg(Foî/. ce nom), évoque de Fossombrone avaient écrit sur la nécessité de la réformation du calendrier. On avait résolu d'en traiter, dans les conciles de Constance, de Bâle, et dans le vc de Latran ; mais ce fut sans effet. Sixte IV y employa Régio- Montan , qui mourut avant d'avoir exécuté son projet. Jean de Sepulvéda de Cordoue . Luc Gorurie de Naples, et d'autres y travaillèrent après la première publication du concile de Trente ; mais on n'y décida rien , la chose fut renvoyée au saint-siége ; enfin, Grégoire XIII ayant adopté le système d'Aloïsio Lilio , habile mathématicien et médecin de Rome, et l'ayant communiqué au P. Christophe Clavius,jésuiieaileman .1, le plus grand géomètre de son temps, termina les dimcultés et acheva cette importante réformation )ar sa bulle du 24 février 1582. Lilio fournit a manière la plus simple et la plus facile de rétablr l'ordre de l'année , tel qu'on le voit dans le nouveau calendrier; il ne fallait que retrancher dix jours à l'année 1582, où l'on était pour lors , et prévenir le dérangement dans les siècles à venir. Grégoire XIII eut plus de peine à faire recevoir cette réforme par les nations, qu'à la faire rédiger par les mathématiciens. Elle fut rejetée par les pro-
testants d'Allemagne , de Suéde , de Danemark , d'Angleterre , uniquement parce qu'elle venait du pape. « Comme s'il était « permis, dit Bossu et , à aucun homme rai- « sonnable, de ne pas recevoir la raison de « quelque part qu'elle vienne. » Us craignirent que les peuples , en recevant des lois clans l'astronomie , n'en reçussent bientôt dans la religion. Us s'opiniHrèrent à suivre l'ancien calendrier, et c'est de la qu'est venu l'usage d'ajouter aux dates les termes de vieux style pour ceux qui retenaient l'année julienne, et de nouveau style pour l'année grégorienne. En France, dans les Pays -Bas, dans la Grèce , on refusa d'abord ; mais on reçut ensuite cette vérité utile, qu'il aurait fallu recevoir des Turcs, dit un homme d'esprit , s'ils l'avaient proposée : les Anglais l'adoptèrent en 1752; leur exemple fut suivi des Suédois en 1753 et des protestants d'Allemagne en 177G; il n'y a plus que les Russes qui aiment mieux, dit un auteur judicieux , être brouillés avec tout le ciel, que de se rencontrer avec l'Eglise romaine. Grégoire XIII mit en même temps la dernière main à un ouvrage non moins désiré par les jurisconsultes, que la réformation du calendrier l'était par les astronomes. C'est le Décret de Gratien. Il le publia, enrichi de savantes notes. Le pape avait beaucoup travaillé luimême à cette correction, dans le temps qu'il professait à Bologne. Les derniers joirs de son pontificat furent marqués par une ambassade , envoyée du Japon de la part des rois de Bungo et d'Arima, et du prince d'Omura, pour reconnaître l'autorité du saintsiége : événement glorieux et consolant pour l'Eglise , déchirée par les nouvelles sectes , et dont on était redevable aux missionnaires jésu?tes. Grégoire mourut l'année d'après en 1585, à 83 ans. Le peuple eût été très-heureux sous ce pontife, si la tranquillité publique de ses Etats n'avait pas été quelquefois troublée par des bandits , encouragés par l'impunité qu'ils se promettaient de son excessive douceur. Sixte V lui succéda.
GRÉGOIRE XIV (Nicolas Sfondrate ) , né à Crémone , pape après Urbain VII en 1590, mort en 1591 , gouverna trop peu l'Eglise , vu l'espérance que son zèle , sa prudence et ses vertus avaient fait naître d'un heureux pontificat. Il se déclara contre le roi Henri IV, croyant devoir empêcher qu'un prince non catholique montât sur le trône de France. La consolation de voir rentrer Henri dans le sein de l'Eglise, était réservée à Clément VIII. Sa sobriété était si grande , qu'il n'usad'unpeudevin que sur la fin de sa vie. Il donna le chapeau rouge aux cardinaux réguliers. Innocent XI lui succéda.
GRÉGOIRE XV (Alexandre Ludovisio), bolonais, pape en 1621, mort en 1623, à l'âge de 70 ans , érigea l'évêché de Paris en métropole ; fonda la Propagande ; approuva la réforme des bénédictins de Saint - Maur ; donna des secours considérables à l'empereur et au roi de Pologne , qui soutenaient une rude guerre, l'un contre les hérétiques, l'autre contre les Turcs ; aima les pauvres