‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 117 sur 323 · G KL · texte numérisé non relu

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et assista les uialaoes. 1! donna une consUtution par laquelle il ordonna que I >s sufframr l'élection des papes seraient serv ts et par là plus libres. On .1 des preuves de sa science dans pltisie rs ouvrag •> qu'il laissa, entre antres : Epistolu ad regem Per- Barum Schah Ahhas, cum notfs Hcgalfoni , 11)27, in-S°; et les Décisions delà Rote. Ce pape canonisa quatre saints fort célèbres : sa t i- ice de Loyola . saint François-Xavier, sainl Philippe de Né 'i et sainte Thérèse. I"i- >;mi Yill i i succéda.

GREGOIRE XVI. Mau.ro Cappellari, naquit le 18 septembre 1765 à Bellune, ville épiscopalede l'Etat v ni t i n, d'une famille qui avait produit un grand nombre d ■ magistrats honorabl s. Ii entra chez les bénédictins camaldules, devint en peu de temps l'un des su- 1 les lus istingués de leur institut, et fat chargé, n'ayant pas encore -25 ans, d'enseigner la théologie aux proies. C'est à cette é 0 pie qu'd recul l'auguste et redoutable caractère du sacerdoce. En 179!) il |)ublia : Le Triomphe du saint-siège et de l'Eglise, ou I.' s novateurs battus par leurs propres armes, Home, un volume in-V°, dans lequel il combat les jansénistes en général, et particulièrement Tamburin. « On trouve au début du livre, dit un biogra lie, un traité sur l'immutabilité du gouvernem ntdel'Eglis .avec le titre de Discours préliminaire. M. Menghi d'Arvi 1 ', docteur en théologie et protonotaire apostolique, en donna vers 1832 une traduction remarquable, faite, dit-il, sous les yeux de l'auguste auteur. Ce tivité est divisé en 82 paragraphes, dont le contenu est sommairement indiqué en tète de chacun d'eux. Le savant religieux suit pas à pas ses dangereux aJve saires ; il établit la souveraineté monarchique et absolue des pontifes romains sur les preuves les plus irrécusables, telle q;e la raison universelle formulée par la tradition et l'histoire ; il discute certains actes relatifs au concile de Constance et à Grégoire XII, etc., etc. Dans la seconde partie, le P. Cap.iellari aborde la question si fort débattue de l'infaillibilité pontificale » Lorsque Pie VII fonda en 1800 l'académie de la reli ion catholique, le P. Cappellari fut un des premiers qu'il appela à eu faire partie. Ins rit, dès 1801, au nombre des membres résidents, il lisait chaque année un mémoire sur des matières important s. De uis 1307, il exerça successivement les fomtion- de ces ur d'exercice de l'académie, de lecteur éméiitede théologie, de vice-procureur général, et d'ab é des Camaldules. Lorsque les ordres religieux se dispersèrent, le P. Capp lia: i se relira au monastère de Saint- Àchel de Murano dans l'Etat vénitien; puis il accepta une chaire dans un collège voisin de cette ville, lequel avait pour provis ur l'abbé Traversi, et pour recteur le P. Z irla, depuis cardinal. Au commencement de 1814, il &e rendit à Padoue avec le collège, et c'est là qu'il apprit la délivrance de P.e VIL Rappelé à Rome- peu de temps après. J fut nommé d'abord abbé-procu.e r-général, et insuite (onsulteur de l'inquisition, de la propagande

et des affaires ecclésiastiques, n fut aussi chargé d'examiner les nouveaux sujets à promouvoir aux évôchés; puis, nommé consulta ur de la correctipp (la livres de l'Eglise orientale, et, par suite de l'élévation du P. Zuila à la dignité de cardinal, vicaire gênés rai des Camaldules. Le 13 mars 1826 luimême fut investi de cette dignité avec le titre de Saint-Calijte. 11 était préfet de la propagande, lorsque lo choix du conclave rappela le 2 février 1831, à ©couper le saintsiége, que la mort de Léon XII laissait vacant. « Comme souverain temporel . d t le biographe déjà cite, h s'occupa d'abord de l'organisation intérieure de ses Liais ap uyé par le concours des hommes les plus remarquables sur lesquels étaient tombés ses choix. Il divisa le gouvernement en déjéga'ioi s, hormis les environs de la ville, appelés Comarca de Rome. Les communes et les provinces furent harmonisées et constituées-, chaque localité, pourvue dos règlements nécessaires au bien-être et à la séenrité de ses habitants. Un grand travail eut lieu pour la révision des lois en général. De fAcheuses coutumes furent abolies. II introduisit avec .habileté des innovations désirables. Les plus hautes rapacités intellectuelles que renfermât le clergé romain fuient appelées aux affaires. » Ajoutons que l'enseignement public et gratuit fut, de sa part, l'objet d'une vive et particulière sollicitude, que les étab issemen's de bienfaisance et de charité lui durent des améliorations et d.'S développements considérables, qu'il fonda des établissements industriels et d'utilité publique, et que les musées s'enrichir, -ut par ses soins. Un des actes de son pontiticat qui ne fut pas le moins important, c'est la publication de la raémorai le Encyclique, par laquede le souverain pontife condamna les doctrines professées par .'d. l'abb ; de L mennais dans le journal \ Avenir , qui cessa de paraître. Grégoire XVI décréta la canonisation de plusieurs saints, entre autres d'Alphonse de Liguori, érigea dans les cinq parties du monde quarante nouvelles églises, archevêchés et évèchés, prépara l'élection de plusieurs autr. s, d-mna à l'Angleterre quatre nouveaux vicaires apostoliques et imprima à la pi opagation de la foi une impu'sion nouvelle. Toujours profondément pénétré du sentiment des obligations immenses dont sa dignité suprême lui imposait la charge, il était toujours prêt à rendre ses comptes au Dieu qui juge les souverains pontifes et les monarque-; comme le pûtre et le mendiant, et quoique la mort l'ait frappé à l'imnroviste, elle n'a pu le surprendre. La vei le il avait encore reçu le pain des anges. C'est le lfr juin 1846, que Grégoire. IL VI expira, âgé de 81 ans, 8 mois, li jours. Ce pipe avait conservé sur le troue la simplicité d 1 religieux; il n'avait d'autre lit qu'un peu de paille ou un simple tapis dans le monastère de Saint-Gré0oire comme ai Vatican» et àsesd rniers instants il disait encore : « Je veux mourir en moine, et non en souverain. » Ce pape eut pour successeur Pie IX, élu le 16 juin 1846. — Le Triomphe du saint-siége et de l'Eglise fait par-

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tie du toine XVI de la collection des Démons- la vertu et dans les lettres. A Césarée , trations évangéL, publiée par M. Migne, en 18 Alexandrie, Athènes, où on l'envoya étudier vol in-i° sous les P^us habiles maîtres, il brilla par GRÉGOIRE DE NÉOCÉSARÉE ( saint) , ses mœurs et par son esprit. C'est dans cette surnommé le Thaumaturge , faiseur de mira- dernière ville qu'il connut le fameux Julien, des disciple d'Origène , fut él vé au siège qui de puis voulut l'approcher de son trône, de Néoc'sarée, sa patrie, vers l'an 2-VO. Gré- mais inutilement. Grégoire n'aimait pas le soire évita cet honneur par la fuite; mais il grand monde, qu'il regard- it comme recueil fallu' qu'il se rendît à la vocation divin;; et de la vertu. Dès qu'il eut fini ses études , il aux sollicitations du peuple. Son épiscopat s'enfonça dans un dése.t avec Basile , son fut une suite non interrompue de prodiges illustre ami , et n'en sortit mie pour aller opérés sur les êtres sensibles et sur les in- soulager son père, qui, accablé sous le poids sensibles. Il fut , pour ainsi dire , le maître des années, ne pouvait plus porter le fardeau de la nature et des cœurs. On rapporte que de l'épiscopat. Ce respectable vie illard, affaimanquant de place pour bAtir une église, il bli par l'âge, avait signé le Formulaire de fit, par l'eficace de sa prière, recu'er une Rimini ; son fils l'engagea à rétracter sa simontagne qui laissa l'espace nécessaire à gnature. instruisit les infidèles et résista aux cet effet , réalisant ainsi ces paroles de l'E- hérétiques. Elevé au sacerdoce par son père, vangile : Si habueritis fidcm , dicetis monti et ensuite sacré évêque de Sazime en Cappa huic : transi hinc illuc; ettransibit. Lors mil doce par saint Basile, il abandonna ce siège à monta sur le siège deNéocésarée, ilne trouva un autre évêque pour se retirer de nouveau dans cette ville que 17 chrétiens : se vo. ant dans la solitude. Son père, prêt à descendre près de mourir, il n'y avait plus qu'un pa- dans le tombeau , le pria une seconde fois reil nombre d'idolâtres. Je dois à Dieu de de venir gouverner son Eglise. Grégoire se grandes actions de grâces ! s'écria-t-il plein, de rendit à ses instances ; il fit toutes les foncjoie , je ne laisse à mon successeur qu'autant tions d'évêquc , mais sans vouloir en preniï infidèles que fai trouvé de chrétiens. Il ex- dre le titre. Grégoire son père mourut en pira peu après, en 265, ou plus probable- 37k, à l'âge de près de 90 ans, ayant goument 270 ou 271. Les Pères parlent de lui verné son diocèse environ 45 ans. On lit comme d'un nouveau Moïse, d'un nouveau dans les ouvrages du fils un détail fort édi- Paul.Rufin et Usuard le nomment martyr, sui- fiant de ses vertus, surtout do son zè'e et de vaut la coutume des Gre s, qui donnaient ce son humilité. On voulut forcer le fils d'acnom à ceuxqui avaient beaucoup souffert pour cepter l'épiscopat, et il alla se cacher encore la cause de IV. vangile. Parmi les ouvrages de une fois dans son désert. Ses amis l'engacet illustre défenseur de la loi, il y en a plu- gèrent à en sortir pour gouverner l'Eglise sieurs qui ne sont pas de lui ; mais le Renier- de Constantinople alors en proie aux ariens. ciment à Origène , morceau de la plus sublime Dès qu'il parut , les hérétiques furent teréloquence , dont M. l'abbé Guillon a donné rassés et confondus. En vain s'armèrent-ils l'analyse danssa Bibliothèque choisie des Pères de la calomnie et de l'imposture : l'empereur de VÈglise grecque et latine; un Symbole ou Théodose le Grand rendit justice au saint Profession de foi sur la Trinité ; VÈpître ca- évêque , et se déclara pour la foi. Les prénomme et la Paraphrase de VEcclésiaste , lats d'Orient , assemblés par ordre de ce que nous avons mousson nom, sont certaine- prince , lui confirmèrent l'évêché de Consment de lui. Tous ces écrits ont été recueil- tantinopN? ; mais voyant que son élection lis en iin vol. in-4-0 , par Vossius , Mayence, causait du trouble, il s'en démit, retourna à 1604- , avec la Vie de V auteur , et des sco- Nazianze, gouverna encore cette Eglise penlies, etc., et en un vol. in-fol., grec et latin, en dant quelque temps, y fit établir un évêque, 1622, à Paris. Pour les sermons qui lui ont et enfin retourna dans sa retraite , où il été attribués, on croit qu'ils sont de saint mourut en 389, à 62 ans. L'abhé Duguet a Proclus, disciple et successeur de saint Jean- fait un beau parallèle de saint Basile et de Chrysostome. Saint Giégoire de Nysse a saint Grégoire de Nazianze : mais ces deux écrit que la Profession de foi sur la Trinité saints, si conformes par l'amitié, l'innolui fut communiquée par une voie surnatu- cence , la solitude , la pénitence , l'amour relie : cependant elle ne comprend rien au- des lettres, l'éloquence, l'attachement à la delà ni au-dessus des symboles ordinaires ; vérité, l'épiscopat, les travaux pour l'Eglise, mais elle est exacte et orthodoxe , avec une ne l'ont pas été en tout. Saint Basile avait grande précision de termes : ce qui dans un plus de capacité pour les affaires, et plus de temps oùles disputes embrouillaientla chose, douceur dans la société. « L'ardente passion et où le langage théologique n'était pas en- « de Grégoire de Narianze pour la sol.tude core firme , quoique la foi fût constante et « ( dit l'abbé Ladvocat) le rendait d'une huuniformeT pouvait être précieux et pas au- « meur triste, c!.agrine et un peu satirique.» ssous d'une instruction surnaturelle. « — Mais avait-il tort , reprend un auteur GREGOIRL DE NAZIANZE (saint) , dit « judicieux , de préférer le repos de la sole Théologien, naquit vers l'an 3 8 à Azianze, « litude aux troubles que les ariens avaient petit bourg du territoire de Nazianze en « excités dans toutes les villes épiscopales, iiappadoce.il était fils de saint Grégoire, « et aux orages qu'ils formaient contre tous évêque de Nazianze et de sainte Nonne, l'un « les évêques orthodoxes ? Il avait été en et l'autre également illustres par leur piété. « butte h leurs persécutions ; ils attentèrent Leur premier soin fut d'élever leur fils dans « plus d'une fois à sa vie ; le saint évêque

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« n'-employa contre eux que la douceur ef la «patience, jamais il ne. voulut implorer « contre eux le bras séculier, et il ordon- ■< nait à ses ouailles de leur rendre le bien *< pour le mal : il consentit de sortir de la « solitude toutes les finis que le bien de l'E- « j^lise l'exigea ; mais il aima mieux quitter « le siège de Constantinople que de contes- « ter avec ses collègues. Où trouve;-a-t-on « une vertu plus pure , | lus douce et plus « désintéressée! » Il reste de lui beaucoup d'ouvrages , dont les principaux sont : 55 sermons, traduits en français (par l'abbé de Belgarde), Pans, 1698, 2 vol in-8° ; 235 lettres, la plupart sur des sujets intéressants; des poésies , au nombre de 153 pièces. Ces diirérentes productions ont été recueillies à Bàle en 1 550, età Paris en 1609 et 1611, 2vol. in-fol., avec des notes , et la version de l'abbé de Bil'y , très-versé dans la langue grecque. D. Maraud , bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, en avait entrepris une autre édition, dont il n'a paru que le premier volume, Paris, 1788, in-8°. On trouve dans Tollii insignia itinerarii Italici, Utrecht, 1696, in-i° , 20 poèmos de saint Grégoire de Nazianze , qui n'avaient pas encore été imprimés et auxquels l'éditeur a donné le titre de Carmina cycnea. Muratori a publié 22S épigrammes inédites de lui dans ses Aneccïoeta grœca , Padoue, 1709 , in-4° , d'après les manusrrits de la Bibliothèque des Médicis , de la Bibliothèque Ambrosienne et de celle du roi à Paris. On est forcé, en lisant les écrits de ce Père , d'avouer qu'il a remporté le prix de l'éloquence sur tous les orateurs de son siècle , pour la pureté de ses termes, pour la noblesse de ses expressions, pour l'élégance de son style , pour la variété des figures, pour la force des raisonnements, pour l'élévation des pensées ; malgré cette élévation il est nature], coulant, agréable Ses périodes sont pleines , el^se soutiennent jusqu'à la fin. C'est 1 Isocrate des Pères grecs. On peut néanmoins lui reprocher qu'il affecte trop de se servir des antithèses , des allusions , des comparaisons et de certains autres ornements, qui prodigués rendent le style précieux et efféminé. Ses sermons sont mêlés d'un grand nombre de pensées philosophiques , et semés de traits d'histoire et même de mythologie. 11 est aussi exact que sublime dans l'explication des mystères : qualité qui lui mérita le nom de théologien par excelence. Ses poésies furent , presque toutes , le fruil de sa retraite et de sa vieillesse ; mais on ne laisse pas d'y trouver le feu et la vigueur d'un jeune poète. Son poème des Vicissitudes de la vie a été traduit par Le Franc de Pompignan. Hermant a écrit sa vie avec exactitude et éloquence, Paris, 1675, in-4°.

GBÉG01RE DE NYSSE (saint), évêque de celte ville, naquit à Sébaste vers l'an 331. Frère puîné de saint Basile le Grand, il était digne de lui par ses talents et ses vertus. Il s'appliqua de bonne heure aux belles-lettres, et acquit une profonde érudition. Il professa la rhétorique avec beaucoup de distinction.

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Saint Grégoire de Nazianze l'engagea à quitter cet emploi pour entrer dans le clergé : il abandonna dès lors la littérature profane, se donna tout entier à l'étude des saintes Ecritures, et se fit autant admirer dans l'Eglise qu'il l'avait été dans le siècle. Ses succès le tirent élever sur le trône épiscopal de Nysse en 372. Son zèle pour la foi lui attira la haine des hérétiques, qui vinrent h bout de le faire exiler en 37V par l'empereur Valens. Du fond de sa retraite, il ne cessa de combattre les errants et d'instruire les ortliodoxes.il s'exposa h toutes sortes de dangers pour aller consoler son peuple. L'empereur Tliéodos« ayant rappelé les exilés à son avènement % l'empire, Grégoire retourna h Nysse en 378. L'année suivante, il assista au grand concile d'Antioche, qui le chargea de visiter les Egl ses d'Arabie et de Palestine, déchirées par le schisme et infectées de l'arianisme. Grégoire travailla en vain à procurer la paix et la vérité. Il ne brilla pas moins en 331, au grand concile de Constantinople , qu'à celui d'Antioche. 11 prononça l'Oraison funèbre de saint Mélèce, évêque de cette dernière ville. Les Pères du concile lui donnèrent les plus grands éloges et le chargèrent des commiss ons les plus importantes. Cet illustre saint mourut en 396, selon les uns, et en iOO, suivant les autres, avec le surnom de Père des Pères. Ses ouvrages ont été publiés en latin et en grec en 1615, à Paris, en 2 volumes in-folio, par le P. Fronton du Duc. Il y ajouta un troisième volume in-folio, en 1618, par forme d'appendice. Claude Morel y fit quelques additions en 1638. Cette dernière édition en 3 vol. n'est pas correcte, et l'on préfère celle de 1615. Les principaux sont : des Oraisons funèbres, des Sermons, des Panégyriques de saints, des Commentaires sur l'Écriture, des Traités dogmatiques. On trouve une analyse raisonnée de ces ouvrages dans la Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine, par l'abbé Guillon. Saint Grégoire de Nysse peut être comparé aux plus célèbres orateurs de l'antiquité pour la pureté, l'aisance, la force, la fécondité et la magnificence de son style, surtout dans ses ouvrages polémiques. 11 y montre une pénétration d'esprit singulière et une sagacité merveilleuse à démasquer l'erreur. C'est celui de tous les Pères qui a le mieux réfuté Eunomius. On lui reproche cependant d'avoir trop donné à l'allégorie, et d'avoir quelquefois expliqué dans un sens figuré des textes de l'Ecriture qu'il aurait été plus naturel de prendre à la lettre. (Voy. saint Grégoire le Grand.) Dans son Discours sur la mort, il paraît admettre cette j urgation générale qu'on attribue aux origénistes , ce qui l'a fait accuser d'avoir p rtagé leurs erreurs. Plusieurs auleurs l'ont lavé de cette calomnie ; ils prouvent que ce qu'on trouve dans ses écrits de trop favorable à l'origénisme y a été ajouté par les hérétiques.

GRÉGOIRE DE TOURS (saint), le plus ancien des historiens français, évêque, d'une famille illustre d'Auvergne, naquit vers l'an 5W. Saint Gallus ou Gall, évêque de Cler-

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mont, son oncle, le fit élever dans les sciences et dans la vertu. Devenu évêque de Tours en 573, Grégoire assista a plusieurs conciles, montra 'beaucoup de fermeté en diverses occasions , surtout contre Chilpéric et Frédégonde, qu'il reprit souvent de leurs désordres. Sur la fin de ses jours il se rendit à Rome, y fut reçu comme il le méritait par le pape Grégoire, et mourut en 505, a 51 ans. On a de lui : une Histoire ecclésiastique et profane, depuis l'établissement du christianisme dans les Gaules , par saint Pothin , évoque de Lyon, jusqu'en 591, et divisée en 16 livres. Grégoire de Tours est le père de l'histoire de Franco, mais il n'est pas le modèle des historiens. Simple, crédule, il n'a mis du choix ni dans les faits ni dans le style; le sien est aussi rude et aussi grossier que le siècle où il vivait. Il ne se fait pas scrupule de mettre un cas pour un autre. Il ne marque ni les dates du jour, ni celles de l'année où sont arrivés les événements. Mais, malgré ces défauts, il f mt le lire, parce que nous ne savons guère sur nos premiers rois que ce que cet historien nous en a appiis. Une bonne édition de son ouvrage fut donnée par dom Ruinart, en 1699, à Paris, in-folio; dom Bouquet l'a insérée dans sa grande Collection des Historiens de France , après l'avoir revue sur des manuscrits inconnus à son confrère. L'abbé de Marolles en a donné une version, 1638, 2 vol. in-8°, qui est, comme toutes les autres sorties de la môme main, rampante, infidèle, etc. Huit livres sur la gloire des martyrs et des confesseurs, et les miracles des saints Julien et Martin. Us sont remplis de tant de prodiges si extraordinaires , qu'il est difficile qu'on ail ajouté foi a tous, même dans son siècle, quelque goût qu'on eût pour le merveilleux. On peut consulter sur cet historien le tome III de l'Histoire littéraire de la France, par dom Rivet : on y trouvera une notice exacte de tous les ouvrages de Grégoire de Tours, et un détail circonstancié de toutes les éditions, tant générales que particulières, qu'on en a laites, avec le jugement qu'on doit en porter. La meilleure et la plus complète est cède qui fait partie du Cours de Patrologie de M. Aligne, sous ce titre : S. Georgii Florentini Gregorii, Tur. episc, Opéra omnia'necnon Fredegarii Scholastici Epilome et Chronicam cum suis continuât or ibus, etc., 18*9, 1 vol. in-4°.

GRÉGOIRE D ARIMIIN1 ou Rimini, g.'néral des augustins en 1357, surnommé le Docteur authentique , est auteur d'un Commentaire sur le Maître des sentences , Venise , 1503 , in-folio; d'un Traité de Vusure, et d'autres ouvrages peu estimés, Rimini, 11*22, in-fol. Il combattit quelques théologiens ineptes , qui soutenaient que « Dieu peut faire que « deux propositions contradictoires, sur un « même sujet, soient vra.es en même temps. » On l'a quelquefois surnommé Tortor puerofum, à cause de l'opinion qu'il soutenait touchant les enfants morts sans baptême.

GRÉGOIRE (Pierre), Toulousain, célèbre professeur en droit, mourut en 1597 à Ponta-Mousson. On a de lui : Syntagma juris

universi, in-folio; De Republica, in-8°, et d'autres ouvrages pleins d'érudition. Il s'est rendu surtout célèbre par sa Réponse au conseil donné par Charles du Moulin , sur la dissuasion de la réception du concile de Trente en France, Lvon, 158k, in-16. On la trouve dans les Bibliothèques de du Vrerdier, de Denis Simon, de Lenglet, de le Long, etc., et dans le 5e vol. des OEuvr<js de du Moulin, partout sous le nom de Grégoire, et pas Gringoire, comme dit de Bure.

GRÉGOIRE, patriarche de Constantinople, naquit en Arcadie, dans la Morée, dans la petite ville de Dimitzana, en 1739. Il était d'une famille riche et considérée, qui, après qu'il eut fait ses premières études dans l école de sa ville natale, l'envoya au monas tère de Monga-Spiléon, sur le mont Cyllène en Béotie. De là il se rendit à celui de Saint- Luc, et reçut les ordres au monastère du mont Athos. Il était connu de Procope, évêque de Smyrne, et son compatriote, qui l'admit dans son clergé, et le fit nommer son successeur lorsqu'il fut choisi pour le patriarcat de Constantinonle. A la mort de celui-ci, le synode, qui, h l'instar du sacré collège de Rome , choisit le chef de son Eglise, lui donna en 1795 la place de Procope. Les Français ayant débarqué en Egypte, et s'étant emparés d'un territoire que les Turcs considèrent comme iombilic ou le nombril de l'empire mahométan,on demanda à grands cris la tête du patriarche, par la seule raison que Grégoire était chrétien , de même que les Français. Pendant ce temps-là, des émissaires de cette nation faisaient tous leurs efforts pour porter les Grecs à prendre les armes et à faire avec eux cause commune, leur promettant de les délivrer du joug musulman. Sélim III, qui régnait alors et qui craignait sans doute une guerre intestine au moment qu'il avait à combattre des ennemis du dehors, proclama l'innocence de Grégoire. Il en agit ainsi, moins peut-être par un sentiment de justice que dans la persuasion que le patriarche, lui seul, pouvait empêcher la révolte des Grecs. En effet , Grégoire publia une encyclique qui enjoignait aux Grecs de demeurer tranquilles. Cette conduite du patriarche n'avait aucun mérite auprès d'un peuple fanatique et ignorant; et quand , vers la tin de 1806 , la guerre éclata entre la Russie et la Porte, les Turcs demandèrent encore la tête du patriarche, par le même motif que les Russes étaient des chrétiens. Sélim III défendit de nouveau Grégoire, et les Grecs ne firent aucune démonstration hostile, en vertu d'une autre encyclique que ce patriarche publia. Comme les Anglais étaient aussi des chrétiens, quand leur flotte, commandée par Ducworth , parut devant Constantinople, dans la même année 1806, le patriarche courut encore de grands dangers, auxquels Sélim ne put le soustraire qu'en l'exilant au mont Athos. La Porte se trouvant, enfin, en paix avec le reste de l'Europe, Grégoire se livra aux soins de son ministère, surveillant de près son clergé et punissant les abus qui s'y étaient introduits. Il rétablit

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l'imprimerie du patriarcal, écrivit plusieurs nour do la province, expédia un courrier è sermons , traduisit en grec moderne et çorn- (a cour de retersbourg , pour demander des monta un Traite sur h* l\/>ïtrrs <h «tint Paul, instructions sur ce qu'il devait faire en pauu 'il fit imprimer, ainsi cnie ses Êoxnélies sur reil cas. Pendant ce temps, l'archimandrite la charité. Simple et austère dans ses mœurs, russe., Théophile, eut la permission, tandis il menait une vie exemplaire. Il j mit de qu • le vaisseau opsëpvaij la quarantaine, de quelque repos sous la règne de M is'aphi V, veiller le corps dû patriarche selon les rites successeur le Sé|im; mais, en juin 1S-21. le de l'Eglise grecque; qui sont les mômes en prince Ypsilanti ayant appelé tous les Grecs Russie que dans l'Orient. Ehtsuite, et d'après aux armes, en arborant la proix grecque, 'es ordres qui arrivèrent de Bélersbourg, on Mahmoud, qui avait succédé à Mustapha, "t fit au patriarche de magnifiques obsèques, le divan, liront venir le patriarche à la ha re et ses dépouill )S mortelles furent couvertes de Yapostrophe impériale, Après l'avoir acca- du costume patriarcal, et des riches orneblé d'injures, on lui enjoignit d'ordonner aux ments qu'avait enyoyés pour cet ohjet lo Grecs de mettre bas les armes. Le patriarche syno le de Péters.bourg. On déposa son cor >s obéit, et lança Vanatheme contre Ypsilanti. dans l'égKse grecque d'Odessa, et on lui • 'elle mesure arrêta, pour le moment, les éleva plus tard nu monument en marprogrès de l'insurrection Mais il avait tou- hre, avec u> e inscription qui rappelle sa jours existé à Constantinople une faction qui, mort injuste et tragique, depuis longtemps, méditait la ruine du chris- GRÉGOIRE (Henri), évoque constitutiontianisme dans les Etats musulmans; celte nel, député aux états généraux, naquit à. faction prévalut dans le divan, et on y ré>o- Vého, près Lunéville, le k décembre 175?). lut la mort de 1 innocent patriarche. On Destiné à l'état ecclésiastique, il voulut, unir croyait intimider les Grecs par un exemple à la connaissance de la théologie celle de affreux, qui ne servit qu'a les irriter encore l'histoire, du droit des gens et du droit puplus, et ne contribua bas peu a les rendre blk;. La direction de ses études , jointe à la indomptables. Peu de jours- après avoir fougue d'une Ame ardente, donna de bonne adressé (la veille du jour de Pâques) une heure à ses croyances religieuses ce caractroisicme encyclique aux archevêques, évè- 1ère démocratique qu'elles conservèrent jusques, exarques, archimandrites, et à tous les qu'au terme de sa vie, et qui put leur pertulèles de son Eglise, pour les exhorter a. mettre de se produire au milieu des sectarester fidèles à la Porte, Grégoire fut arrêté teurs les plus intolérants de la philosophie dans sa propre maison. On lui fit subir toutes moderne. Grégoire débuta par des travaux sortes d'outrages , puis on le pendit comme purement littéraires : en 1772, il composa un un malfaiteur à la porte de la basilique pa- Eloge de la poésie, qui remporta le prix protriarcale , le jour même de Pâques. Les posé par l'académie de Nancy ; en 1778, il fit Juifs, les plus violents ennemis des chré- paraître un Essai sur V amélioration politiens, et envieux des richesses des Grecs de tique, physique et morale des Juifs, qui fut l'Orient, s'emparèrent du corps du palriar- aussitôt traduit en anglais et couronné par che, li.i crevèrent un œil, le traînèrent dans la société royale de Metz. Grégoire exerles rues, et prirent plaisir à maltraier et à çaif. alors les fonctions pastorales à Emberdéfigurer son cadavre, qu'ils jetèrent enfin ménil en Lorraine. Nommé député du clergé dans le Bospho e. Leur froide et lâche aux états généraux, il se réunit dès l'ouvercruauié surpassa celle des Turcs, aux juels ture de la session aux députés du tiers-état, ils s'unirent dans les excès qui suivirent la et prêta avec eux le serment du Jeu de paume, mort du patriarche. Ils massacrèrent des La veille de la séance royale du 23 juin, il évoques, des moines, des prêtres. On pillait lit partie de la réunion préparatoire dans laies maisons des G ces, on les tuait dans les quelle fut prise la résolution de résister aux rues, partout où on les trouvait; les femmes ordres de la cour. Le 13 juillet suivant, il furent outragées, dos enfants écrasés, mutilés demanda la formation d'un comité pour sur le sein maternel; les rues de Conslanti- connaître et révéler les crimes ministériels, nople étaient couvertes du sang et des cada- pour dénoncer les auteurs des maux qui afflivres des malheureux Grecs. On avait attaché geaient la patrie, et livrer les coupables à la une pierre au cou du patriarche; elle se dé- rigueur des lois. Dans la fameuse séance tacha; le corps revint sur l'eau, fut poussé nocturne du h août, il prit une part active è vers un vaisseau qui se trouvait dans le Bos- la destruction des privilèges, et demanda phore, et où s'était sauvé un domestique du spécialement a suppression des aimâtes. Plus môme patriarche. Ayant reconnu son maître, tard il s'opposa fortement à ce qu'on aecoril en avertit aussitôt l'éq ipage par ses cris dAt au roi le veto absolu, et ne cessa de plaiet ses gém ssements. Le capitaine, ayant pris dor la cause des Juifs, des nègres et des toutes ses précau ions pour n'être pas aperçu hommes de couleur. Lorsque la constitution des Turcs, fit jeter une natte sur le cadivre, civile du clergé eut été adoptée, le premier et l'ayant l'ait attachr par une corde au vais- de son ordre il prêta serment, et il fut élu se au, les mat. lots le retirèrent la nuit de la évoque du département de Loir-et-Cher, mer, et le tran (portèrent à Odessa, où se di- Lors de l'arrestation do Louis X.V1 à Varenrig ait le vaisseau. Arrivé dans le port, des nés, Grégoire se prononça avec la plus grande commissaires furent envoyés pour examiner véhémence pour la m se en jugement de co le cadavre, qui s'était conservé exempt de prince. Sou discours fut accueilli par dos corruption. Le comie de Langeron , gouver- murmures ; on lui cria qu'il ne convenait

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point à un prêtre de prendre la parole sur une pareille matière. Grégoire, pour soutenir sou opinion, invoqua celte maxime, dont on a tant et si souvent abusé : que le salut du peuple est la suprême loi. Nommé plus tard député à la Convention nationale, dès la première séance de eette assemblée, il appuya fortement la motion d'abolir la royauté , en disant cpie l'histoire des rois était le martyrologe des nations. Lorsque la discussion s'ouvrit, le 15 novembre, sur la mise en jugement du roi, Grégoire se prononça pour l'affirmative; mais, en même iemps, il déclara qu'il r prouvait la peine de mort, comme un reste de barbarie qui devait disparaître de nos codes, et il demanda que I ouis fût admis à partager le bienfait de celte abolition. Vous le condamnerez alors à l'existence , disait-L en parlant du vertueux Louis XVI , afin que l'horreur de ses forfaits l'assiège sans cesse et le poursuive dans le silence de la solitude. Le 21 du même mois, l'évèque de Blois Eut élevé à la présidence, et quelque temps après il fut nommé commissaire, avec Hérault de Séchelles, Jagot et Simon, pour aller organiser l'administration républicaine <!ans le département du Mont-Blanc, qui venait d'être réuni à la France. Il se trouvait a Cliambéry au moment de la condamnation du r i; ses collègues ayant rédigé une lettre dans laquelle ils déclaraient à la Convention qu'ils votaient pour la condamnation à mort, Grégoire refusa d'abord son adhésion à ce vote, et ne signa la lettre qu'après avoir fait efFacer les mots à mort. Après son retour à Paris, il fut ap- elé dans le sein du comité d'instruction publique, où il proposa des moyens d'établir des communications, entre les écrivains et les savanls des diverses nations. Dans le temps où la commune de Paris prétendait établir le culte de la raison sur les ruines du christianisme, Grégoire, sommé au milie.i même de la Convention d'imiter l'apostasie de Gobel, repoussa cette invitation avec les marques de l'indignation la plus vive. Cette résistance, qui alors était périlleuse, lui attira les invectives des partisans d'Hébert et de Chaumelte, q,!i le signalèrent à la fureur aveugle de la multitude. Grégoire n'en publia pas nions un écrit virulent où il flétrissait les perséc tions en matière religieuse; et, dans une autre brochure, il s'éleva contre la substitution du décadi au dimanche Après le 9 th.'rmido , il fut maintenu au comité d'insir ction publ que : on se rappela quU avait fait de cons'ants efforts pour arracher un grand nombre de victimes au glaive révolutionnaire, et qu il avait môme réel mé la liberté des prêties réfr ctaires qui gémissaient sur les pon'ons de Rorhefort. Après avoir fait un rapport sur les excès auxquels s'était livré le vandalisme révolutionnaire, il demanda et obtint cent mille écus d'encouragement pour les citoyens dont la vie était consacrée à la culture des I ttres , des sciences et des arts. Il prit aussi ui e part act ve à toutes les créations importantes, de cette ép que, et notamment à l'établissement du bureau des longitudes, du Conservatoire des

;i;ts et métiers et de l'Institut national. Ce dernier corps l'admit au nombre de ses membres. Entré au conseil des Cinq-cents, Grégoire s'y montra le même qu'a l'Assemblée constituante et à la Convention. Après le 18 brumaire, il devint membre du corps législatif, qu'il présida, et au nom duquel il parla plusieurs fois devant les consuls, sans chercher à déguser ses sentiments républicains. A trois rep ises différentes , cette assemblée le présenta comme candidat au sénat conservateur; et, malgré la répugnance que ses principes inspiraient à quelques personnes de l'entourage de Bonaparte, il fut enfin élu le 25 décembre 1801. Vers le même temps, il présenta plusieurs mémoires coHtre le concordat, et publia les Ruines de Port- Royal, oivrage dont quelques passages énergiques excitèrent plus tard le mécontentement de Napoléon. En 1802, Grégoire fit un voyage en Angleterre, et un an après il parcourut la Hollande , où il reçut des Juifs d'Amsterdam des témoignages de vénération et de reconnaissance, pour les efforts qu'il avait tentés en faveur de leur régénération. A son retour en France, il vota, lui troisième , contre l'érection du gouvernement impérial, et combattit seul l'adresse du sénat à Napoléon, au sujet du rétablissement des titres nobiliaires. En 1814, il fut un des premiers à se prononcer pour la déchéance de l'empereur, et il réclama l'acceptation d'un acte constitutionnel par les Bourbons. Pendant les cent jours, Bonaparte ne lui donna aucun témoignage de bienveillance. Exclu de l'Institut après la seconde restauration, il fut nommé député en 18J9 par les électeurs de l'Isère; mais la chambre l'exclut de son sein comme régicide et comme ii 'digne. Depuis cette époque, Grégoire vécut dans la retraite. En 1801, il avait donné au pape la démission de son siège, tout en soutenant la légitimité de son titre. L'archevêque de Paris, après avoir fait vainement plusieurs tentatives pour obtenir de lui la rétractation de ses erreurs, et avoir employé pour le ramener toutes les ressources d'une affectueuse charité, défendit atix prêtres de son diocèse de lui administrer les derniers sacrements. Toutefois, > l'abbé Gusllon crut devoir prendre sur lui de lui donner l'extrême-oncfion ; l'auto.ité, de son eût'1, fit ouvrir par force les portes de l'église, et chargea quelques ecclésiastiques inconnus de réciter sur le corps du d f nt les prières d'usage. Grégoire est mort le 23 mai 1831. Il joignait à des connaissances étendues, des mœurs austères, un caractère indépendant et un attachement réel pour la religion, telle qu'il l'entendait; mais la fierté et l'opiniâtreté de son caractère le rendaient peu propre à donner l'exemple de cette soumission modeste à l'autorié spirituelle, qui est une des premières vertus du christianisme. Aussi cet homme, qui aurait iu, par ses talents et son courage, devenir l'ornement et le soutien de l'Eglise dans des temps difficiles, en a-t-il fait le scandale et l'affliction par sa vie et par sa mort. Voici ses principaux ouvrages : Eloge de la poésie

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discours prononcé h Nancy, 1773; Essai sur la régénération morale, physique et politique des Juifs , couronné à Met'. , 1789 ; Mémoire en faveur des gens du sang mêlé de Saint-Domingue,etc., 1789; Motion en faveur d' s Juifs, et sur l'admission de leurs députés ù la barre nationale; Légitimité du serment civique exigé des fonctionnaires ecclésiastiques ; Essais historiques et patriotiques sur les urines de la liberté; nombre d'ouvrages el de brOC ures sur l'Eglise ponstitutioDnelle ; les Ruines de Port-Royal, dont la vente fui interdite; De la littérature dis Nègres, Recherches sur leurs facultés intellectuelles et mondes; De lu domesticité chez les peuples anciens et modernes ; Histoire des sectes religieuses qui, depuis le commencement du siècle dernier jusqu'à l'époque actuelle, sont nées, se sont modifiées, se sont éteintes, dans les quatre parties du monde, 6 vol. in-8°, ouvrage rédigé avec trop peu de goût et de méthode, qui n'est point achevé; Chronique religieuse, 6 vol. in-8°; Recueil de lettres encycliques ; Annales de la religion (journal constitutionnels 18 vol. in-8°. On a les Mémoires de Grégoire, précédés d'une Notice, par H. Carnot, 1837, 2 vol. in-8°. GREGORAS. Voy. Nicéphore Gregoras.

GREGORIO (le cardinal), évoque de Porto et sainte-Ruline, sous-doyen du sacré collège, né le 18 décembre 1758 à Naples, était, en 1808, secréiaire de la congrégation du concile et de celle de la résidence des évoques. En 1809, il fut amené en France, à la suite des démêlés de l'empereur a^ec le pape, et on l'enferma à Vincennes, d'où il ne sortit qu'en 181i. Pic VII le fit cardinal le 8 mars 1816 ; il reçut le titre presbytéral de Saint-Alexis et entra plus tard dans l'ordre des évoques. Gregorio devint successivement grand pénitencier, secrétaire des brefs pontificaux, archimandrite de Messine, et grand chancelier de l'ordre de Saint-Grégoire. 11 mourut le 7 novembre 1839.

GREGORY (Jean) , écrivain anglais , né l'an 1007 h Amershim, dans le Buckingamshire, mort en 16i6, était habile dans les langues et dans la théologie. On a de lui des Notes sur le droit civil et canonique; des Remarques en anglais sur quelques passages de V Ecrit, sainte, Oxford, 1746, in-4fc, et en latin, Londres, 1660, in-i°; ouvrages médiocres.

GRÉGORY(le chevalier), des ordres royaux de Saint-Maurice et de la légion d'honneur, ancien membre du corps législatif, président honoraire de la cour royale d'Aix , mort a Turin le 12 septembre 18i6, à 77 ans, est connu surtout par ses savantes recherches sur le véritable auteur de ïlmitation de Jésus-Christ. 11 composa, en outre, plusieurs ouvrages d'histoire et d'économie politique, et coopéra à la Biographie univ. de Michaud. GREGORY (Georges), théologien et littérateur anglais, naquit en 175V, à Edernin en Irlande, paroisse dont son père était ministre. Après avoir terminé avec succès ses études à l'université d'Edimbourg, il entra dans les ordres en 1776: il fut nommé en 1778 ministre à Liverpool, et ensuite à Londres, dans l'église de Saint-Gilles de Cripplegate où il

so fit une grande réputation comme prédicateur ; mais ses idées philanthropiques, et son opposition aux vues des ministres, nuisirent quelque temps à son avancement ecclésiastique. Cependant, lorsque M. Addington fut portéau ministère, il transforma le nouvel Annuaire qu'il pub iait en un ouvrage ministériel, et alors il obtint le riche bénéfice de Westhara qui lui fut accordé en 180V une prébende dans la cathédrale de Saint-Paul, la fonction de chapelain de l'évêque de Landaffet quelques autres [laces lucratives. Il ne cessa de s'occuper de travaux littéraires, et on le vit surfout seconder les honorables efforts de Wakefield, de Roscoe et de Wilberforce pour provoqu r l'abolition de l'infâme Irafic des nègres. Il mourut à Wes ■ tham le 12 mars 1808. Ses principaux ouvra' ges sont : Essais historiques et moraux, 1785, in-8", et 1788, 2 vol. in-8°; un vol. de sermons, précédés de réflexions sur la composition et le débit d'un sermon, 1787, in-8°; une continuation de V Histoire d Angleterre de Hume, 1795, in-8°; YEconomie delanature expliquée et écluircic d'après les principes de la philosophie moderne, 1796, 3 vol, in-8°, avec 46 planches gravées; Leçons astrono~ iniques et philosophiques pour l'instruction de la jeunesse anglaise, 1797, in-12; Eléments d'une éducation polie, extraits des lettres du lord Chesterfield à son fils, 1801, in-12; un Dictionnaire des sciences et des arts , 1806, 2 vol. in-V% qui offre plusieurs bons articles; Lettres sur la littérature et la composition, adressées à son fds, 1808,2 vol. in-12; la Vie de Th. Chatterton, avec des notes critiques sur son génie et ses écrits, et une notice sur les poésies de Rowley, 1789, in-8°, imprimée aussi en tète de l'édition des œuvres de Chatterton, 1803, 3 vol. in-8".

GRENADE (Louis de), né l'an 1505 en Espagne, dans la ville de ce nom, prit l'habit de Saint-Dominique, et l'illustra par ses vertus et ses écrits. Les rois de Portugal et de Castille le considéraient beaucoup. La reine Catherine, sœur de Charles-Quint, voulut le l 'lacer sur le siège de Rragen; mais il le refusa, et y fit nommer à sa place le pieux don Barthélemi des Martyrs. Ce saint religieux mourut en 15S8. Les principaux fruits de sa plume sont : la Guide des pécheurs, un vol.; le Mémorial de la vie chrétienne, 3 vol.; un Catéchisme, i vol., 1729; un Traité de l'Oraison, 2 vol. Ces écrits sont en espagnol. Des sermons latins, en 6 vol. in-8°, Anvers, 1G0V ; Vie de Jean d'Avila, etc. Guillaume Girard a traduit en français la plus grande partie des ouvrages de Grena e. Cette version, en 2 vol. in-fol., et en 10 vol. in-8" (Voy. Girard), est enrichie de la vie de l'auteur, le modèle des religieux. M. Barbier attribue cette traduction à J. Talon. Les historiens et les bibliographes ecclésiastiques le peignent comme un excellent auteur ascétique. Ses écrits ont été célébrés par saint Charles Borromée, qui y puisait les instructions qu'il faisait à son peuple, et par saint François de Sales, qui ne se lassait point de les étudier et d'en conseiller la lecture. Ils seraient une

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