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mière cause a 17 nus, et fui fait avocat-fiscalgénéral à 2V. Il fut aussi nommé en 1001 historiographe des Etats de Hollande. Rotterdam souh itait de jouir do ses talents : il s'y établit ou 161.'}. el y fui fait syndic. Los querelles dos remontrants el dos contre-remontrants agitaient alors la Hollande. Barucvoldt était le prolecte ir dos premiers. Grotius s'etant déclaré pour le parti de cet homme célèbre, son ami, le soutint par ses écrits et par son crédit. Leurs ennemis se servirent de ce prétexte pour les perdre l'un et l'autre. Barneveldt eut la tête tranchée en 1618, et Grotius fut entonné dans le château do Lowenstein. Sa femme ayant eu la permission do lui faire passer des 1 vres, les lui envoya 'tans un grand coffre : l'illustre prisonnier se mit dans cecoirre, et échappa par cette ruse à ses persécuteurs. Après avoir erré quelque temps dans les Pays-Bas catholiques, il chercha un a^ile en France, et l'y trouva. On l'accusa dans son pays de vouloir se faire catholique; mais il répondit à un de ses amis , que « quelque avantage qu'il eût « de passer d'un parti faible qui l'avait malce traité à un parti fort qui le recevrait à bras « ouverts, il n'était pas tenté de le faire... Et « puisque j'ai eu, ajoutait-il, assez de cou- « rage pour supporter ia prison, je n'en niante querai point, j'espère, pour souffrir l'exil « et la pauvreté. » Louis XIII lui fit une pension, mais elle lui fut mal payée. Il retourna en Hollande, y trouva les mômes ennemis, et passa en Suède où d fut très-bien accueilli. La reine Christine le fit son conseiller en 1634 , et l'envoya ambassadeur en France. Après y avoir demeuré on/.e ans, il partit pour Stockholm , fut très-bien reçu de Christine, lui demanda s^n congé, l'obtint avec peine et mourut a Rostock, en retournant dans sa patrie, le 28 août 16V5 à 63 ans. Son corps a été transj orté à Delt't, et on y a éle.é un beau mausolée à la mémoire de cet illustre savant, en 1777. Grotius était d'une figure agréable. Il avait des yeux vifs, un visage serein et riant. Son ambition était tiès-mouérée. Il écrivait à son père tandis qu'il étaii ambassadeur : « Je suis rassasié « d'honneurs; j'aime la vie tranquille, et je « serais fort aise de ne plus m'occuper que « de Dieu et d'ouvrages utiles à la postérité.» Il était à la fois bon ministre , excellent jurisconsulte, théologien, historien , poète et b 1 e prit. Les principaux de ses ouvrages sont : un excédent traité De jure bclti et pacis, cum notis variorum, en latin, 1712, iu-8", traduit et commenté dans toutes les langues de l'Europe. Il a été traduit en français et enrichi deremarques par Barbeyrac, liàle, 1746, 2 vol. in-4° ; mais on le lit moins utilement dans la virsion que dans l'original latin, quoique le style soit un peu dur( Voy. Bakbeyrac ). Ant. deCourtin l'avait trauuit auparavant en français, Paris, 1688, 2 vol . in-4°, Amsterdam, 1703, 3 v. in-12. Cet ouvrage a passé autrefois pour un chefd'œuvre ; et malgré la foule des livres publiés sur cette matière, il mérite encore aujourd'hui une place distinguée parmi les pro-

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ductions de ce genre. Il y a pourtant un trop grand étalage d'érudition; les passages y étouffent les raisonnements. Divers points relatifs à la loi naturelle, tels que l'usure, le mensonge, le concubinage, etc., n'y sont pas traités avec assez d'exactitude ; et c'est sans doute pourquoi il a été condamné à Rome. Les meilleures éditions du texte sontcelles en 3 vol. in-l'ol., 1696, 1700 et 1704, avec les commentairesde vanderMeulon,et cellesde!744, 1748, avec les commentaires de Coccéius, réimprimés à Lausanne, 1751, 5 vol. in-4°. De veritate reliyionis cliristiante liber, 1636, Elzévir, 1662, petit in-12, plusieurs fois réimprimé. Il y en a plusieurs traductions françaises ; les plus connues sontcelles du P. Le Jeune, Ulrecht, 1692, ou Amsterdam, 17.28, in-8u, et une autre avec des notes par Goujet, Paris, 1754,2 tom. en 1 vol. in-12. lit. Courcellcs, Mézeray ( Voy le N° 18731 des Anonymes ), et Talon l'ont aussi traduit. Composé d'abord par Grotius en vers flamands, pour fortifier dans le christianisme les matelots qui font le voyage des Indes, il a été traduit en grec, en arabe, en anglais, en persan, en allemand. Il fut cependant condamné à Rome pour quelques e reurs relatives à la religion de l'auteur. 11 y a d'excellentes vues et des raisonnements pleins de fo.ee. Voltaire l'a fort déprimé, et l'on en sent assez les raisons. Le sixième et dernier livre est une courte mais excellente réfutation du mahométisme. Des OEuvres théologiques, qui renferment des Commentaires sur l'Écriture sainte et d'autres traités, recueillis à Amsterdam, par les soins de son fils P. Grotius, en 1679, en 4 vol. in-fol.On a accusé l'au'eur d'avoir donné quelquefois dans le pélagiani>me et le socinianisme ; d'avoir prodigué l'érudition profane dans des ma ières sacrées; d'avoir cherché dans le texte de l'Ecriture moins ce qui y est que ce que le comm ntateur voulait y voir, etc. La plupart de ces reproches sont fondés, et il faut avoue.' que plusieurs endroits de ses commentaires paraissent favorables aux nouveaux ariens. L'on trouve dans la Bibliothèque polonaise une de ses lettres au fameux socinien Crellius, qui, si elle n'a pas été altérée par ses sectaires, donne de violents soupçons sur sa religion. Néanmoins il a combattu le sentiment de Socin en soutenant la préexistence du Verbe ; mais il paraît se rapprocher de lai dans plusieurs autres points. Cela ne donne pas une grande idée des dispositions qu'on lui a supposées, surtout vers la fin de sa vie, pour la religion catholique ; mais peut-être avait-il quitté ses sentiments. Ses variations et ses incertitudes, ses nouvelles erreurs même étaient propres à ramener à la vérité un esprit aussi juste que le sien. Il voyait que tout cela découlait naturellement de l'esprit privé des protestants et du droit d'interpréter l'Ecrilure à sa mode ( Voy. Servet). Le P. Petau qui ava t eu d'étroites liaisons avec lui, était persuadé que la mort avait prévenu l'exécution du dessein qu'il avait formé dabjurer ses erreurs à son retour de Suède, et dau's

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cette idée i' ne fit point rie difficulté do dire la m ;sse pour lui. Des poésies, 1G17 et {022, in-8°. U y en a quelques-unes d'heureuses; mais sa vaste littérature éteint souvent son feu poétique ; De imperio summarum potestatutn circa sacra, La Haye, 1661, in-12, traduit en français en 1751 , in-12 , sous ce titre : Traité du pouvoir du magistrat politique sur les choses sacrées. Si dans cet ouvrage il semble accorder au pouvoir civil une influence trop marquée sur les choses religieuses, il faut se souvenir que l'auteur était protestant. Il avait du reste des sentiments très-raisonnables sur la nécessité d'un chef dans l'Eglise, sur la primauté et l'autorité du pontife romain, comme on le voit dans ses notes sur Cassan Ir > et Rivet ( Voy. Mélanchthon ). Annales et historia de rébus Belqicis, ab obitu reqis Philippi, usque. ad inducias anni 1609. L'auteur a parfaitement imité Tacite dans ses Annales; il est comme lui énergique et concis ; mais cette précision le rend quelquefois obscur. Comme ui il a développé toutes les intrigues tous es ressorts, tous les motifs des événements dont il a été témoin. Historia Gothorum, Vandalorum et Longobardorum, in-8°, inférieur à la précédente pour le style, mais trèsutile pour les recherches sur l'histoire d'Espagne et sur celle de la décadence de l'empire romain ; De antiquitate reipublicœ bataviœ, in-2Y, plein d'érudition; dos tragédies peu théâtrales, et dont le sujet est mal choisi. Elles parurent sous le titre de Tragediœ, etc., 1635, in-4°. Ses tragé iies latines sont : Adamus exul, Sophompanras ( le sauveur du monde; c'est de J se h qu'il veut pailer), etc. De origine gentium Americanarum dissert, duœ, 16i2 et 1643, 2 vol. in-8" ; Exccrpta ex tragœdiis et comœdiis grœcis, Paris, 1626, in-k°; Philosophorum sententiœ de fato, Paris, 16i8, in-i°; des lettres, publiées en 1687, infol. ; Annotata in consultationibus Georgii Cassandri ; Riveliani apologetici discussio ; c'est surtout dans ces deux ouvrages qu'on voit qu'il n'était pas éloigné de revenir à la religion de ses pères ; Mare liberum, 1609, contre Selden (Voy. ce nom et Bonaert). Le style de GiTitius est aisé, coulant, noble et ferme. Son latin est assez pur et supérieur à ce qu'il est dans la plupart des ouvrages de jurisprudence, de controverse et d'érudition. On peut consulter sur cet homme célèbre sa Vie par M. de Burigny en 2 vol. in-12, 1752. L'historien y entre dans de grands détails sur son h^ros rt sur ses négociations. Mais en général l'ouvrage est faiblement et froidement écrit, d'une minière lâche et verbiageuse, comme tout ce que nous a donné M. de Burigny. M. Cras, professeur de droit à Amsterdam, a publié dans cette ville : Laudatio H. Grotii, 1796, in-8°, ouvrage qui a été couronné à l'académie des sciences de Stockholm en 1795,etinséré dans les Mémoires de cette société savante. On voit dans 1' 'Histoire métallique de la Hollande, une médaille, sur laquelle Grotius est appelé le phénix de la patrie, V oracle de Dclft, le grand esprit, la lumière qui éclaire la terre.

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GROU (Jea^n ), ecclésiastique français, né au diocèse de Boulogne le 21 novembre 1731, entra dans le collège des jésuites, et fut admis dans leur noviciat à l'âge de 15 ans; à 17, il fit ses premiers vœux, et fut ensuite employé dans l'enseignement, suivant l'usage de la société. C'est alors que son goût pour la littérature se développa. Il affectionnai surtout Platon, et il publia à Paris, en 1762, une traduction de sa République, en 2 vol. in-12, qui fut très-bien accueillie des savants, et réimprimée l'année suivante à Amsterdam. Cette traduction fut suivie de celle des Lois, du môme auteur, et ensuite de celle des Dialogues. L'une et l'autre virent le jour h Amsterdam en 1769 et 1770. Il paraît douteux néanmo:ns que le P. Grou soit allô en Hollande, comme l'avance un biographe moderne. Il habita plusieurs années Pont-à-Aîousson, et il y fit ses derniers vœux à une époque où les jésuites étaient déjà supprimés en France. Après la m; rt de Stanislas, les jésuites ayant été aussi renvoyés do la Lorraine, le P. Grou vint à Paris, où il prit le nom de Le Clair, et où il mena une vie fort retirée, partageant son temps entre l'étude, les exercices de piété et les soins du ministère. M. de Beaumont l'employa quelque temps à écrire sur diverses matières de religion, et lui fit môme une pension, qui ensuite lui fut ôtée. Un de ses anciens confrères l'abbé Guérin du Bocher, lui procura la connaissance d'une sainte religieuse appelée la mère Pélagie, du monastère de St-Thomas de Villeneuve, situé dans la rue de Sèvres. Cette religieuse lui inspira la plus grande confiance. Ayant obtenu une pension du roi, il publia des ouvrages utiles à la religion, et menât une vie paisible, lorsque survint la révolution. Un de ses premiers actes fut une guerre permanente , qu'elle déclara aux prêtres fidèles à leurs serments. L'abbe Grou aurait désiré rester à Paris, et y exercer en secret son ministère ; mais la mère Pélagie , qui avait été forcée de quitter son couvent , et vivait dans une profonde retraite , lui écrivit pour lui conseiller de passer en Angleterre. Il suivit ce conseil, et se retira auprès d'un de ses confrères , chapelain d'un riche catholique anglais , qui, édifié de sa vie exemplaire, le choisit pour son directeur, ainsi que toute sa maison. Le P. Grou observait , autant qu'il le pouvait, la règle des jésuites. Tous les jours il se levait à quatre heures du matin , sans lumière et sans feu , faisait une heure d'oraison , et se préparait pour la messe, qu'il n'a jamais manqué de dire jusqu'à sa dernière maladie. U pratiquait la pauvreté, n'ayant rien à lui , et d mandait avec simplicité des livres ou des vêtements quand il en avait besoin. Il possédait une âme toujours tranquille, joignait à la plus grande humilité beaucoup de candeur et de zèle , et faisait profession d'une dévotion particulière à la sainte Vierge. Deux ans avant sa mort , il fut attaqué d'un asthme très-pénible, mais qui n'interrompit pas ses pieux exercices. U pratiquait tout ce qu'il enseignait , et sa vie formait le meilleur complément de ses con-

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