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premier sur Jean de Jérusalem, que les carmes regardenl comme un de leurs fondateurs, I avait fait supprimer par l'Inquisition. Il a été réimprimé, en 17W, ù Ratisoonne, et en 1743, ;» Altorf, in-8°.

GUAKIN (Pierre), bénédictin de Saint- Maur, né dans le diocèse de Rouen en 1078, et mort bibliothécaire de Saint-Germain des Prés à Paris, en I72ii, à 51 ans, professa avec distinction les langues grecque et bébr.iï jue dans son ordre. 11 lit nus élèves, auxquels il savait inspirer L'amour et le respect pour leur maître. On a de lui : une Grammaire hébraïque, en latin, 2 vol. in-V, 172'». et 17-26; un Lexicon hébreu, publié en 1746, aussi en 2 vol. in-'i". L'auteur avait laissé cet ouvrage imparfait, il ne l'avait poussé que jusqu'à la lettre M; mais il a été achevé par Le Tournois. Dom Guarin était un adv rsaire de Masclef, et n'approuvait pas son système sur les voyelles hébraïques {Voy. Masclef). L'abbé de La Rlelterie, alors de l'Oratoire, discij le de Masclef, lui répondit dans la nouvelle édition delà Grammaire de son maître, publiée à Pans en 1730, 2 vol. in-1 .

GUARNACCI (Mario), né à Volterre en 1701, s'appliqua avec ardeur à l'étude des belles-lettres et à la théologie, prit le degré de docteur à Florence, fut a. de d'étude de Charles Rezzonico, élevé depuis au pontificat sous le nom de Clément Xlll , devint prélat-domestique de Clément XII, chanoine de Saint-Jean «Je Latrau, etc. Retiré dans sa patrie, en 1757, il y lit une précieuse collection d'antiquités étrusques, dont on trouve la description dans le tome 111 des OEuvres de Muratori. On a de ce prélat : une continua ion des Vitœ et gcsta romanorum pontificum et cardinalium d'Ali'onse Ciaconius, entreprise par ordre de Benoit XIV, et pousséejusqu'aupontiticat de Clément Xll, llome, 1751,2 vol. in-lol.; un Recueil de poésies, entre lesquelles on distingue une poétique en vers italiens, et qui ont élé publiées sous le nom deZelaigo Arassiano, Lucques, 1700, in-4°; une Traduction italienne de l'Hécube d'Euripide; Origines italiques, en italien, Lucques, 1757, 2 vol. in-fol. Il y ajouta un IIP vol., Lucques, 1772 : ouvrage critqué par l'auteur du traitéZ>es premiers habitants de l'Italie, attribué au P. Bardetti. Philippe Ferroni a publié son Eloge funèbre, Florence, 1785, in-i°. Il est enrichi de notes. La ville d 'Volterre doit divers embellissements à ce littérateur, l'un des plus illustres d'Italie, qui mourut le 21 août 1785.

GUASCO OcTàViEN), né à Turin, se fixa peu i-i rit qu 1 pie temps à Paris, ou il fréquenta les beaux esprits, et se lia d'une étroite amitié avec les coryphées de la philosophe moderne, dont il reçut un brevet pour aller prêcher le nouvel évangile en Allemagne, ce qui lui procura un canonicat de Tournay. 11 mourut en 1783, après avoir publié : Dissertations historiques, politiques et littéraires, Tournay, .756, 2 vol. in-1 2. Ces dissertations, au nombre de quatre, sur des sujets très-disparates, contiennent plusieurs

bonnes remarques, parmi quelques-unes du frivoles et de fausses. De l'usage des statues chez les anciens, Bruxelles. 1708, in-V", iig. 11 y a de l'érudition, de la bonne critique et des bévues; quelques dissertations couronnées par l'académie des inscriptions; 1 Es~ prit des lois, traduit en iiaben; Y Histoire de l'empire Ottoman, de Démétrius Cantemir, en italien; les Satires d'Antiocbus Cantemir, traduites en français, avec la Vie de ce prince, écrite en admirateur panégyriste, 1750, 2 vol. in-1 2; I Economie de la vie humaine, traduite en fiançais, 1755, in-8". Histoire de Clément F, dont il lut le premier livre, en 1747, à l'académie des inscriptions dont il était membre. On remarque, dans presque tout ce qui est de lui, le ton leste et tranchant d'un homme qui court après l'approbation de ceux qui distribuent la célébrité, et qui est moins occupé de l'objet sur lequel il écrit, que ue l'opinion des gens dont il recherche le sutlïage. G UDE(Gottlob-Frédékic), théologien protestant, né l'an 1701, à Lauban dans la Haute-Lusace, mort en 1756, a laissé : De jurisconsultorum et polilicorum in Scripturam sacrum meritis critico-exegesis, Leipzig, 17i9, in-4°; Dcmonstralio hermeneutica quod Christus in cœna sua vzavpavifiy agnum paschalem non comederit, 2e édition, Leipzig, 17 il, in-i°; Vita Joan.-Guill. Ho/fmanni J. U. doctoris, ibid., 174-2, in-4°. C'est la biographie, très-b en faite, d'Hoffmann, dontGude avait épousé la sœur. Dissertatio historicocritica de Sadducœorum in judaica gente auctoritate, dans le deuxième tome des Miscellanea Lips. nova, publiés par Mencke; Epistola apologelica sur la dissert, précédente, dans le cinquième tome du môme recueil; De artibus Juliani Apostatœ paganam religionem instaurandi, léna, 1740, in-4°, etc.

GIDVER (N...), curé de Saint-Pierre-le- Vieux, àLaon, dépouillé ensuite de sa cure, à cause de son opposition aux décrets de l'Eglise, mort le 3 septembre 1737, après avoir renouvelé son appel au futur concile, et publié des in,ures contre la bulle Unigenitus dans son testam; nt. Il est auteur : de la Constitution, avec des remarques et des notes; des Entretiens sur les miracles de M. Paris. 11 publia sous le voile de l'anonyme et sans date l'ouvrage infâme : Jésus-Christ sous Vanathcme, in-12, qui fut brûlé par la main du bourreau en 1734. Voy. Gusta.

GUÉD1ER DE SAINT-AUBIN (Henri-Michel), docteur et bibliothécaire de Sorbonne, né à (ïournay en Bray, diocèse de Rouen, l'an 1695, mort en 1742, à kl ans, se distingua par ses vertus et par ses lumières. Il savait le grec, l'hébreu, l'anglais, l'italien, et toutes les sciences qui ont du rapport à la théologie et à la mor.de. On lui doit : l'Histoire sainte des deux Alliances,! vol. in-12, 17il : ouvrage inférieur à celui de Rerruyer pour le coloris, la douceur, le brillant du style; mais écrit d'une manière plus digne de la sublime simplicité des livres saints. C'est une espèce de concoide de l'Ancien et duNouveau Testament, enrichie de réflexions sages et de dissertations savantes, et dirigée

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par l'intelligence des langues et par une critique judicieuse; plusieurs traités de théologie, manuscrits ; un grand nombre de décisions de cas de conscience. L'auteur les avait résolus pendant quatorze ans, avec cette sagesse qui sait tenir le milieu entre l'extrême sévérité et le relâchement.

GUÉNARD (A\toi\e) , jésuite , naquit à Damblin, près Bourmont. en Lorraine, le 25 décembre 1726. Après avoir fait ses premières études , il entra cbez les Pètes de la compagnie de Jésus, où il les perfectionna, et devint très-savant dans les langues anciennes et dans la littérature sacrée et profane. Il se livrait à l'enseignement depuis plusieurs années , lorsque L'académie française proposa pour sujet du prix d'éloquence, la question suivante : En quoi consiste V esprit philosophique ? Guénard, qui n'avait pas alors 30 ans, se présenta au concours, et remporta le prix dans la séance publique du 25 août 1755. Dans ce discours, modèle parfait de sagesse , de bon goût et d'éloquence, il s'éloignait du système suivi par d'autres auteurs couronnés avant lui, dont les discours, chargés de tropes et de figures , étaient vides de choses, et d'un style faible et ampoulé. Guénard ouvrit une carrière nouvelle, et mérita justement les éloges de d'Alembert et de La Harpe , qui , dans son Cours de littérature, appelle ce discours un chef-d'œuvre. Dans la première partie, voici comment est défini l'esprit philosophique : « Un esprit vaste et « piofond, qui voit les choses dans leurs « causes et leurs principes; un esprit natu- « Tellement fier et courageux, qui dédaigne « de .enser d'après les autres; un esp it ob- « servateur , qui découvre des vérités par- « tout , et les développe par une réflexion « continuelle : telles sont les qualités du su- « blime talent de penser, tels sont les grands « caractères qui distinguent l'esprit philoso- « phique de toute autre sorte d'esprit. » Puis, et en se fondant sur les paroles de l'apôtre saint Paul, non plus sapere quant oportet sapere, il dit : «Quelles sont donc, en « matière de religion, les bornes où doit se « renfermer l'esprit philosophique? il est « aisé de le dire : la nature elle-même l'a- « vertità tout moment de sa faiblesse, et lui « marque, en ce genre , les étroites bornes « de son intelligence. Ne sent-il pas à chaque « instant , quand il veut avancer trop avant, « ses yeux s'obscurcir et son flambeau s'é- « teindre ? C'est là qu'il faut s'arrêter; la foi « lui laisse tout ce qu'il peut comprendre, « elle ne lui ôte q le les mystères ei les ob- « jets impénétrables. Ce partage doit-il irri- '< ter la raison ? les chaînes qu'on lui donne « ici sont aisées à porter, et ne doivent part raitre trop pesantes qu'aux esprits vains « et légers. Je dirai donc aux philosophes : « Ne vous agitez point contre ces m y s: ères « que la raison ne saurait percer; attachez- « vous à l'examen de ces vérités qui se lais- « sent approcher, qui se laissent en quelque « sorte toucher et manier, et qui vous répon- « dent de toutes les autres: ces vérités sont « des faits éclatants et sensibles, dont la re-

« ligion s'est comme enveloppée tout entière. « afin de frapper également les esprits grosce siers et les esprits subtils. On livre ces « faits à votre curiosité, voilà les fondements « de la religion : creuse' autour de ces fon- « déments, essayez de les ébranler, descen- « dez avec le flambeau de la philosophie jus- « qu'à cette pierre antique , tant de fois re« « jetée par les incrédules , et qui les a tous «écrasés. Mais lorsque, arrivés à une cer- « taine profondeur, vous aurez trouvé la « main du Tout-Puissant, qui soutient, de- « puis l'origine du monde , ce grand et ma- « jestueux édifice , toujours affermi par les « orages et le torrent même des années, ar- « rêtez-vous enfin , et ne creusez pas jus- « qu'aux enfers. La philosophie ne saurait « vous mener plus loin sans vous égarer : '< vous entrez dans les abîmes de l'infini ; elle « doit ici se voiler les yeux comme le peu- « pie, adorer sans voir, et remettre l'homme « avec confiance entre les mains de la foi. » Que les philosophes n'ont-ils suivi ces sages conseils! ils nous auraient épargné bien des maux. « Téméraire philosophe, continue-t-il, « pourquoi vouloir atteindre les objets plus « élevés au-dessus do toi que le ciel ne l'est « au-dessus de la terre ? Pourquoi ce chagrin « superbe de ne pouvoir comprendre Pin- « fini? Ce grain de sable que je foule aux « pieds est un abîme que tu ne peux sonce der; et tu voudrais mesurer la hauteur et « la profondeur de la sagesse éternelle ! et « tu voudrais forcer l'Etre qui renferme tous « les êtres à se faire assez petit pour se lais- « ser embrasser tout entier par celte pensée « trop étroite pour embrasser un atome 1 » Plus bas , il s'élève ainsi contre l'orgueil de la prétendue philosophie : « Elle s'érige en « juge souverain , dit-il, et , en citant à son « tribunal Dieu même et toutes ses vertus « adorables qui furent apportées du ciel, elle « pré end, comme dit l'apôtre, avec les prin- « cipes et les éléments grossiers du siècle « présent, juger les objets invisibles et surce naturels du siècle à venir : il faudrait que ce Dieu, pour se conformer à son goût, eût ce soumis tous les mystères au calcul, et qu'il ce eût réduit en géométrie une religion touce chante dans ses preuves comme dans sa ce morale, qu'il voulait, pour ainsi dire, faire ce entrer dans l'Ame par tous les sens. » Après le succès mérité de ce discours, en attendait du P. Guénard d'autres ouvrages non moins remarquables , mais c'est tout ce que l'on connaît de lui. La compagnie de Jésus fut ensuite supprimée : un des amis du P. Guénard lui demanda pourquoi , après son brillant début à l'académie, il gardait un silence dont La Harpe lui-même était étonné. Tarais consacré mes veilles, répondit-il, à la gloire de mon ordre ; ce corps venant d'être détruit , il n'y a plus de gloire pour moi à acquérir ; je veux mener une vie obscure et ignorée. Cette résolution était noble et généreuse; il paraît cependant que le P. Guénard changea d'avis, et ce fut en faveur de la religion. 11 se proposa d'attaquer VEncyclopédie, et de préparer un travail à ce sujet. Dans ces entrefaites, la

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