‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 133 sur 323 · HAC · texte numérisé non relu

HAC

ne renferment que trois chapitres. Il prédit à sa nation la captivité, le renversement de l'empire des Chald^ens, la délivrance des juif> par Cyrus et celle du genre humain par Jésus-Christ. L'oraison qui termine ses prophéties et qui commence Domine, audivi auditionem luam et timui, est un des plus beaux et des plus touchants cantiques de l'Ecriture sainte, rempli d'images vastes, sublimes, magnifiques, de sentiments vifs et profonds. Les Grecs font la fête d'Habacuc, Agellius et Antoine Guévara ont commenté ce prophète.

HABERKORN (Pierre), théologien luthérien, né en 1604- à Butzbach en Vétéravie, fut surintendant et professeur en théologie à Giessen, où il mourut au mois d'avril 1676. Il perla beaucoup dans divers colloques tenus au sujet de la religion. Son principal ouvrage est intitulé : Heptas disputât ionum Anti-Wallemburgicarum, 1659, 1652, 2 vol. in-8°. Ce livre dans lequel il s'etforce de renverser les principes de MM. de Wallembourg, est un recueil de tout ce que les protestants ont dit pour justifier leur schisme. Il ne faut pas le confondre avec l'abbé Joseph Haberkorn de Habeifels , né 5 Kœnigswarthen en Bohême, l'an 1734, dont on a 14 vol. de Sermons, Breslaw, 1780-1781. Il y a des vues solides , des divisions justes et tranchantes , une diction pure , sans être atfectée, comme l'est aujourd'hui celle de la plupart des ouvrages allemands; mais le développement est souvent embarrassé , les preuves en désordre, et remplacées quelquefois par une verbosité qui déroge au prix des choses. Il vivait encore en 1786,

HABERT (Isaac), fut docteur ue la société de Sorbonne , théologal de Paris , nommé évêque de Vabres en 1645, et mourut en 1668. Il se fit un nom par ses Sermons, par son érudition, et surtout par le zèle avec lequel il s'éleva contre Arnauld et les autres disciples de Jansénius. C'était un homme aussi estimable par ses vertus que par ses connaissances. On a de lui : Une Traduction latine du Pontifical des Grecs, in-fol., Paris, 1643. Cet ouvrage est enrichi de savantes remarques, qui ont fait regarder son auteur comme un des théologiens qui aient le mieux connu les vrais principes de la liturgie et des cérémonies ecclésiastiques. Des Vers latins, des Sylves et des Hymnes en la môme langue pour la fête de saint Louis, dans le bréviaire de Paris. Les muses latines lui étaient favorables. De Consensu hierarchiœ et monarchiœ, adv. Optalum Gallum, Paris, 1640, in-4°. Voy. Hersent. DesEcrits contre Jansénius et contre Arnauld. Quoiqu'il fût fort opposé aux jansénistes, il n'adoptait pas les sentiments des jésuites, et combattait ceux de Molina, de Vasquez, de Lessius, etc. : il rend cependant justice à ce dernier, maltraité parles universités de Louvain et de Douai, et convient que le pape Sixte V lui fut favorable; que les propositions censurées furent bien accueiliies a Rome, et reconnues sanœ doctrinœ articuli. Il est encore auteur de la Lettre contre Jansénius, que signèrent pres-

que tous les évoques de France, et qu'ils envoyèrent au pape on 1651.

HABERT DE CERIS1 (Germain), abbé de Saint-Vigor de Ccrisi, au diocèse de Ba.y eux, l'un des ornements de l'ac:ulémie française dès sa création, mourut en 1655, avec la réputation d'un des plus beaux esprits de son temps. Parmi ses poésies il en est de chrétiennes, et quelques autres qui sont décemment galmtes. Sa Métamorphose des yeux de Philis en astres, 1639, in-8°, fut vantée de son temps comme un chef-d'œuvre. On a encore de ce poète une Vie du cardinal de Bérulle. qui n'est qu'un panégyrique boursouflé, in-4°, Paris, 1646, et une oraison funèbre du cardinal de Richelieu.

HABERT (Louis), docteur de la société de Sorbonne, né en 1635 à Blois, fut successivement grand-vicaire de Luçon, d'Auxerre, de Verdun et de Châlons-sur-Marne. Il se retira ensuite en Sorbonne, où il passa le reste de ses jours à décider les cas de conscience. L'auteur du Dictionnaire des livres jansénistesYappeïïe un janséniste radouci, qui, par des routes obliques, revient toujours au système jansénien. On a de lui : un Corps complet de théologie, Lyon, 1709, en 7 vol. in-8° : le dernier vol. parut en 1712. La partie dogm .tique et la partie morale y sont traitées avec autant de solidité que de précision; il y a cependant des choses qui prêtent à la critique. Fénelon, dans une instruction pastorale du 1" mars 1711, le censura avec sévérité ; La Pratique de la Pénitence, connue sous le nom de La Pratique de Verdun, a paru un peu rigoureuse : le lexicographe anti-janséniste l'appelle Pratique impraticable, ii faut convenir néanmoins, dit Feller, qu'elle est fort propre à corriger la pratique contraire, devenue commune, et quile devient tous les jours davantage, à mesure que l'esprit et les sentiments d'une vraie péni tenco deviennent rares (Voy. Concina). Habert mourut à Paris en 1718, à 83 ans.

HABERT (Suzanne), tante d'Isaac Habert, évêque de Vabres, et femme de Charles du Jardin, officier du roi Henri III, demeura veuve à l'âge de 24 ans. Elle savait l'hébreu, le grec, le latin, l'italien, l'espagnol, la philosophie et même la théologie. Elle mourut en 1633, dans le monastère de Notre-Dame de Grâce, à la Ville-l'Evêque, près de Paris, où elle s'était retitée depuis près de 20 ans. Elle laissa un grand nombre d'ouvrages manuscrits entre les mains du prélat son neveu, qui n'en aurait pas sans doute privé le public, s'ils avaient mérité les éloges que quelques auteurs leur ont donnés.

HABERT (Nicolas), religieux bénédictin, fut élu l'an 1608 prieur claustral de l'abbaye de Mouzon, diocèse de Reims, et y mourut en 1638, laissant une Chronique latine de l'abbaye de Mouzon, Charleville, 1628, in-8\

HACHETTE DES PORTES (Henri), évêque de Glandèves, naquit en 1712 au diocèse de Reims, où il devint chanoine de la cathédrale en 1738. 11 fut aussi grand-archidiacre et grand-vicaire, et se signala i»ar son zèla en faveur de la bulle Unigenitus. En 1748 il

IJAC

Page 1