HUS
Jossl'ordonnase.onlc rit de Whitofioldrn présence de toute la congrégation. Dans ses débuts il eut à subir de rudes épreuves auxquelles il résista avec éne:gie. Une nouvelle vision qu'il crut avoir l'ayant appelé à Londres, il y réunit un assez grand nombre de partisans, bfilit avec leurs secours une chapelle, et connut enfin les douceurs d'une position aisée el indépendante. Il mouruten 1813 h Tunbridge Wells, n'a ant pas encore quarante ans. Hunt-ington avait plusieurs l'ois voulu faire le prophète, et il avait eu le chagrin de voir plusieurs de ses prophéties promptement démenties par les •ails. C'est ainsi qu'il avait annoncé que ni Bonaparte, ni un seul soldat de son armée ne reviendrait de l'expédition d'Egypte. SesOEuvres ont été imprimées en 20 gros volumes in-8°. Elles se composent de Sermons, de Dissertations et traités de controverse, de Lettres à ses amis et à ses prosélytes, de Poésies au-dessous du médiocre, etc. Huntington n'ayant pu, lors de son ordination, se procurer comme les autres ministres, les titres de magister artium ou de doctor of divinity, s'en consola en ajoutant à son nom les deux initiales P. S. qui voulaient dire pécheur sauvé, et ce surnom devint populaire parmi ses tidèles.
HUR, tils de Caleb et petit-fils d'Esron, était époux de Marie, sœur de Moïse, si on en croit Josèphe. Lor>que Moïse envoya Josué combattre contre les Amalécites, il monta sur la montagne avec Aaron et Hur. Pendant qu'il élevait les mains, priant le Seigneur, Aaron et Hur lui soutinrent les bras, afin qu'ils ne retombassent point, et que Dieu ne cessât d'être favorable aux Israélit s. Preuve frappante de l'efficacité de la prière dans les combats, et combien elle doit être persévérante et confiante pour assurer le secours du Die.i des armées.
HURAULT deCHIVERNY (Jacques), abbé de Sainl-Lomer, chanoine d'Aufun , fut élu évêque de ce diocèse h; 7 avril 1505, et joua d'abord un grand rôle dans les affaires publiques ; mais, rendu à son diocèse, il s'appliqua aux fonctions épiscopales et fit de sages règlements pour porter son clergé à l'amour de l'étude et à la pratique des vertus ecclésiasiiques. Jacques Hurault possédait de grandes cunnaisj'ances et fut durant sa vie en relation avec les savants. Plusieurs d'entre eux lui dédièrent des ouvrages. 11 mourut à Bloisle.26juin 15+6.
HURÉ (Charles), d'abord professeur d'humanités dans l'université de Paris, ensuite principal du collège de Bonco irt, naquit à Champigny-sur-Yonne, d'un laboureur, en 1639, el mourut en 1717. Nous avons de lui : un Dictionnaire de la Bible, en 2 vol. in-fol., 1715, be iucou.) moins parfait et moins étendu que celui de domCalmet; une Edition latine du Nouveau Testament, avec de courtes notes, Rou-n, 1692, 2 vol. in-12; la Traduction française du Nouveau Testament et de ses notes latines, augmentées, Paris, 1702, 4 vol. in-12. Cette traduction est celle du P. Quesnel, un peu retouchée ; Grammaire sacrée, ou Rxjlespour entendre le sens littéral de l'E-
criture sainte, Paris, 1707, in-12. Quoique Huré fût lié avec les partisans de Jansénius, il n'adoptait point leurs opinions sur tous les points.
HUHTADO DE MENDOZE (Gaspard), né en 1575 a Monejar, reçut le bonnet de docteur en théologie à Alcala, et se fit ensuite jésuite a l'âge de '.VI ans. Il enseigna la théologie à Mincie, à Ma Irid et à Alcala: Etant à la cour de .Madrid, il y produisit do grands fruits par ses discours et par sa piété. Il mourut à. Alcala, doyen de la faculté de théologie, l'an 16V7. On a de lui une Théologie en 8 vol.
HURTADO DE MENDOZE (Thomas), célèbre théologien de Tolède, enseigna à Rome, à Alcala et à Salamanque, avec beaucoup de réputation, et mourut en 1659. On a de lui une Philosophie selon la doctrine de saint Thomas, production peu estimée. On fait plus de cas de ses Rcsolutiones orthodoxomorales, Cologne, 1653, in-fol. 11 est encore auteur d'un traité De unico martyrio, contre celui, De martyrio per pestent, du jésuite Théophile Raynaud, qui lui répondit en soutenanl que si la charité a ses martyrs comme la foi, celui qui prodigue sa vie au service des pestiférés mérite également le nom de martyr. C'était cependant dans le fond une question de mois qui ne touchait à rien d'essentiel : car il s'agissait de savoir si la seule mort pour la foi constituait le martyre. Anciennement, ce mot n'élait employé qu'en ce cas; mais l'usage et des raisons" d'analogie ont fait reconnaître aussi des martyrs de la justice, de la charil '•, de la chasteté, etc.
HUSS (Jean), fut ainsi appelé du li<u de sa naissance, Huss ouHussenetz, en Bohème, où il naquit en 1370 ou 1373, de parents de la lie du peuple, dont le nom n'est pas connu. Ses intrigues autant que ses talents le tirèrent de i'obscurité dans laquelle il était né; la protection d'un pu ssa t seigneur lui valut une brillante éduca:i. n. AJ(rès avoir été nommé bachelier et maître es arts en 1393, il devint recteur d • l'université de Prague, et confesseur de Sophie de Bavière, épouse de Wenceslas, roi de Bohème, sur laquelle il eut beaucoup d'ascendant. L'hé.ésiarque Wiclef avait débité depuis peu ses erreurs; Jean Huss lut ses livres, et en prit le poison. 11 adopta toutes les déclamations du rêveur anglais contre l'Eglise romaine; il prétendit que sai t Pierre n'avait jamais été chef de cette Eglise. Il soutint que l'Eglise n'était composée que de prédestinés, que les réprouvés n'en peuvent être les membres, et qu'un mauvais pape n'est pas le vicaire de Jésus-Christ. On dénonça ses opinions au pape Jean XXIII, et on le* cita à comparaître vers l'an 1411. H ne comparut point. On assembla cependant le concile de Constance. L'empereur Sigismond, frère de Wenceslas, roi de Bohême, l'engagea à aller se défendre dans ce concile. L'hérésiarque bohémien y vint en 1414, avec toute la confiance d'un homme qui n'aurait eu rien à se reprocher. Dès qu'il fut arrivé, les Pères l'entendirent. A li tin de la 2e audience, il offrit de se rétracter, pourvu qu'on lui apprît quelque chose
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de meilleur que ce qu'il avait avancé. Coite proposition caenait un orgueil et une opiniâtreté insurmontables. L'empereur, les princes, les prélais, eurent beau lui demander cette rétractation : caresses, menaces, excommunication, châtiments, rien ne put l'engager à se soumettre. L'hérésiarque, persistant toujours dans ses erreurs, fut condamné dans la 15e session, à être dégradé, et ses livres à être brûlés. Après la cérémonie de la dégradation, on mit sur sa tête une mitre de papier, haute d'une coudée, en forme pyramidale, sur laquelle on avait peint trois diables avec cette inscription : l'hékésiarque. Dès ce moment, l'Eglise se dessaisit de lui, et le livra au bras séculier. Le magistrat de Constance, à qui l'empereur l'avait remis, le condamna à expirer dans les flammes. Les valets de ville se saisirent aussitôt de lui, et, après l'avoir fait passer devant le palais épiscopal pour voir brûl r ses livres, ils le conduisirent au lieu du supplice. Son obstination l'y suivit : il criait au peuple que s'il était condamne', ce ri était pas pour ses erreurs, mais par l'injustice de ses ennemis. Enfin, après qu'on l'eut attaché au poteau, et qu'on eut préparé le buis, lYlecteur palatin et le maréchal de l'empire l'exhortèrent encore à se rétracter : ilpersista, etl'électeurs'étant retiré, on alluma le feu. Un gros tourbillon de fumée, poussée par le vent contre son visage, l'étouifa dans l'instant, en 1415. Ses cendres furent soigneusement ramassées, et on les jeta dans le Rhin, de peur que les sectateurs de ce fou ne les reçu il.issent pour en faire des reliques. iEnéas Sylvius dt que les hussites raclèrent la terre dans l'endroit où il avait été brûlé, et qu'ds l'emportèrent précieusement à Prague. Jean Huss laissa des Commentaires sur divers morceaux de l'Ecriture sainte, et plusieurs Traités dogmatiques et moraux, dont quelques-uns furent écrits pendant sa prison. La conduite du concile à l'égard de cet enthousiaste, muni d'un s.iuf-conduit de l'empereur, fit beaucoup murmurer dans le temps. Bien des gens en sont encore étonnés aujourd'hui; mais il faut faire attention, 1° que le concile ne décerna contre lui que la dégradation ; que tout ce qui s'est fait au-delà est l'ouvrage de la puissance civile; 2° que ce sauf-conduit ne lui avdit été donné par l'empereur que pour venir se justifier au concile, et à condition de s'y soumettre, si sa doctrine était jugée hérétique, comme Jean Huss le publiait lui-même dans ses af;;ches; 3° qu'il était contre toutes les règles de la sagesse, delà religion, de la bonne politique, d'exposer les peuples à la séduction d'un fanatique, qui déclarait lui-même vouloir dogmatiser tant qu'il aurait un souffle de vie. On remarque que le concile condamna les propositions de Jean Huss, sans les qualifier chacune en particulier, exemple qui suffirait, s'il était seul, pour réfuter ceux qui, dans ces sortes de condamnations, exigent des qualifications individuellement déterminées. L'hérésie de Jean Huss, comme presque toutes les hérésies, produisit une guerre civile. Ziska, dis-
ciple de Huss, à la tête de plusieurs milliers de forcenés, désola, non-seulement la Bohême, mais presque toute l'Allemagne. Enfin, l'empereur Sigismond mit une armée en campagne qui battit et dispersa les hussites commandés alors par Procope, successeur de Zisisa. On croit qu'il en existe encore dans la Moravie et la Bohême, parmi les individus qui prennent le nom de frères Moraves. L'édition des ouvrages de cet hérésiarque, faite à Nuremberg, en 2 vol. in-fol., 1558, redonnée en 1615, et qui comprend sa Vie et celle de Jérôme de Prague, est recherchée par ceux qui s'intéressent à la mémoire de ces deux hérétiques. La Vie de Jean Huss a été aussi écrite en allemand, par A. Zitte, Prague, 1709, 2 vol. in-8°, et par Tischer, Leipzig, 1804, in-4".
HUTCHESON (Francis), originaire d'Ecosse, né l'an 16% dans le nord de l'Irlande, fut appelé en 1729 h Glascow pour y professer la philosophie. Il y remplit ce poste avec distinc'ion jusqu'en 1747 , époque où il mourut à 53 ans. On a de lui : un Système de philosophie morale, publié à Glascow, en 1755, 2 vol. in-4°, par François Hutcheson, son fis, docteur en médecine, et traduit en français par Eidous, Lyon, 1770, 2 vol. in-12. Cet ouvrage est plein de vues neuves, justes et profondes ; Recherches sur les idées de la beauté et de la vertu, etc. Hutcheson établit, dans cet ouvrage le sens moral par lequel nous distinguons le bien du mal, 1725, in- 8% traduit par Laget, 1749, 2 vol. in-8°. Voy. le n° 15,387 du Dictionnaire des anonymes, de Barbier ; Essai sur la nature et sur la conduite des passions et des affections, avec des éclaircissements sur le sens moral, 1728. Cet ouvrage soutint la réputation de i'auteur, qui avait du talent pour la métaphysique. C'était un philosophe chrétien, qui joignait à un génie plein de sagacité les vertus que la religion inspire. Il donnait chaque dimanche un Dis*cours sur l'excellence et la vérité du christianisme. On trouve une Notice sur la vie de Hutcheson, composée par le docteur Leechman, à la tête du Système de la philosophie morale, édition de Glascow.
HUTCH1NSON (Jean), philosophe anglais, né à Spenn,)thorn dans le comté d'York en 1674, s'occupa d'abord d'histoire naturelle, et notamment des fossiles ; mais ce qui le fit le plus connaître, ce sont ses Principes de Moïse, où il attaque le système de gravitation de Newton. Il suppose que l'idée de la Trinité a dû être prise des trois principaux agents dans le système de la nature : le feu, la lumière et l'esprit; et il prétend que toutes les connaissances naturelles et théologiques sont renfermées dans les écritures hébraïques. Il trouvait dans chaque racine de cette langue, des sens cachés et des représentations de choses intellectuelles. Enfin il expliquait tout par l'hébreu. Tout bizarre qu'est son système, il a eu des partisans en Angleterre. Ses disciples ont été appelés de son nom, Hutchinsoniens. 11 mourut le 28 avril 1737. Tons ses écrits ont été imprimés en 1748, en 12 vol. in-8°. Un de ses parti-
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sans en a publié un extrait sous ce titre :
Chenitn abrégé de la vérité, ou /(' Doctrine chré- (icnric de ta Trinit: dans limité, éclaircie. et confirmée par l'analogie avec la création naturelle, 1703, in-8°.
HUTTEIUJS ou HUTTEft (Rut), théologien protestant du xvï- fcièclc, né r«fs 155V, à Ulm, mort à Nuremberg en 1602, est auteur de plusieurs ouvrages : le principal est une fiil/ïe polyglotte, (nu est très-rare, Hambourg, 1506, 3 vol. in-fol. Le psaume 117 est en .'{0 Inngueç, le Nouveau Testament en 12, etc.— Il ne faut pas le confondre avec Léonard Hctthuils, né à Ulm, en 1563, mort professeur de théologie à Witlenberg en 10IG, dont on fl un-ouvrage fanatique, /lias malorum régis pontificis romani, 1000, in-V".
HUYGENS (Gommare), ne à Lier dans le Bradant, en 1G31 , professa la philosophie avec distinction à Louvain, et mourut en 1702, à 71 ans, président du collège du pape Adrien Vi. Il était intimement lié avec Arnauld et Quesnel, dont il défendit la cause avec enthousiasme. On a de lui : Mclhodus remittendi pcccata,161ï, et 1G8G, in-12, traduit en français, aussi in-12; Conferentiœ theotogicœ, 3 vol. in-12; des Thèses sur la grâce, in-4°; un Cours de théologie, public sous le titre dé Brèves observation.es : il est pourtant en 15 vol. in-12. Tous ces ouvrages sont empreints de l'esprit de la secte où Huygens s'était engagé
HYACINTHE (saint) , religieux de l'ordre de' Saint-Dominique, né à Sasse en Silésie, l'an 1183, prit l'habit des mains de ce saint fondateur à Rome en 1218. De retour dans son pays, il y fonda divers monastères de son ordre, alla prêcher la foi dans le Nord, où il convertit un grand nombre d'infidèles et de schismatiques, et mourut le 15 août 1257 à Gracovie, dont son oncle avait été évoque.
HYGIN (saint) fut chargé du gouvernement de l'Eglise après la mort du pape saint Télesphore, l'an 130, et mourut en 142. Ce fut de son temps que Yalenlin et Cerdon allèrent à Rome. Les deux Décrétales qu'on lui attribue sont supposées, et ce qu'on dit de son martyre n'est nullement certain.
HYLARET (Maurice), prédicateur célèbre à l'époque de la ligue, né à Angoulôme en 1530, prit l'habit de cordeiier en 1551, et se distingua comme théologien et comme orateur : pendant les troubles que les huguenots excitèrent dans le royaume, il se déclara pour la ligue catholique contre celle des protestants. 11 mourut à Orléans en 1501, à 52 ans. On a de lui des Homélies en latin , publiées en différents temps à Paris et à Lyon, en 5 vol. in-8". Ses obsèques donnèrent lieu à des cérémonies dont on trouve la description dans l'ouvrage intitulé : Tombeau duvénérablefrèreMau>ïceHylaret,Or\éans,15'd-2,'m-'*n.
HYMENEE d'Ephèse , converti aux premières prédications de saint Paul, embrassa depuis l'erreur de ceux qui niaient la résurrection de la chair, et fut excommunié par cet apôtre l'an 63 de Jésus-Christ. On ne sait ce qu'il devint depuis.
HYPER1US (Gérard-André), professeur de
théologie à Marpurg, naquit à Ypres en 1511 de parents, catholiques, parcourut la France, l'Angleterre, l'Allemagne, où il prit du goût pour les nouvelles opinions, et mourut en 15i>*. On a 'de lui deux traités. in-8° : l'un,' De recte formando theologiœ studio ; l'autre De. formandis concionibus sacris. Ils furent estimés dans leur temps. Il y a affecté de se taire sur les matières controversées par les hérétiques. Le Père Laurent de Yilla-Yicentio, augustin espagnol et docteur de Louvain, a donné une édition de ces ouvrages corrigés. On a encore de lui des Traités tbénlogiques, en 2 vol. in-8", Râle, 1570 et 1571 ; et des Commentaires sur saint Paul , Zurich , 1582 et 158V, 5 vol. in-folio, remplis d'invectives contre l'Eglise catholique
HYRCAN 1" (Jean), souverain sacrificateur et prince dos Juif-, succéda l'an 135 avant Jésus-Christ, à son père Simon Machabée, tué en trahison par Plolémée son gendre. Ce trait c avait été gagné par Antiochus Sidélôs, roi de Syrie. Après avoir massacré son beaupère, il voulut l'aii e égorger son beau-frère, Jean Hyrcan; mais celui-ci fit arrêter et punir de mort les assassins. Ce fut alors que le perfide Ptolémée appela. Antiochus dans la Judée. Hyrcan, enfermé dans Jérusalem, y fut assiégé par le roi de Syrie. Après un siège long et opiniâtre, durant lequel Antiochus donna des aliments aux assiégés, que la famine tourmentait, et fournil même des vases précieux, des parfums et des victimes pour la fête des Tabernacles, la paix fut conclue. Les conditions furent que les Juifs lui remettraient leurs armes, avec les tributs qu'ils recevaient de Joppé et des autres vill s hors de la Judée. Après la mort d'Ant'ochus, H.rcan profita des troubles de la Syrie pour venger son pays. 1! prit plusieurs villes en Judée, subjugua les Iduméens, démolit le temple de Garizim, s'empara de Samarie, et mourut l'an 10G avant Jésus-Christ. Quelques savants le font auteur du premier livre des Machabées. I Mach. xiv, 23 et 24.
HYRCAN 11, fils aine d'Alexandre Jannée, succéda à son père dans le pontificat chez les juifs, l'an 76 avant Jésus-Christ, et, selon le droit d'aînesse, il devait iui succéd r à. la couronne. Son frère Aristobule II la lui disputa après la mort d'Alexandra leur mère, qui avait gouverné 0 ou 10 ans, et la lui ravit les armes à la main. Par un traité qui suivit cetie victoire l'an 66 avant Jésus-Christ, Hyrcan se contenta de la dignité de grand-prétre; mais depuis il eut l'imprudence d'aller mendier le secours d'Arélas, roi des Arabes, qui assiégea Aristobule dans le temple. Ce dernier ayant gagné Scaurus, lieutenant de Pompée, fit lever le siège, et défit Arétas et Hyrcan, à qui Pompée, Gabinius et ensuite César laissèrent la grande sacrificafure. Hyrcan tomba ensuite entre les mains de son neveu Antigone, qui lui fit couper les oreilles. Enfin , s'étant laissé persuader par Alexandra sa filie,mère de Marianne, femme d'Hérode, de se retirer vers les Arabes, ce dernier prince le fit mourir à l'âge de 80 ans. l'an 30 avant Jésus-Christ.
IBB
IDÏ
ÏAHN. Voy Jahn.
IAKUBOWSKI (Vincent), savant polonais, né le 18 mars 1751 à Maniew dans le palatinat de Cracovie, entra che« les piaristes en 1765 et devint dans la suite recteur à Gora. Il consacra toute sa vie à l'étude de la liitérature ancienne et moderne, et il a traduit plusieurs ouvrages français et latins, parmi lesquels nous citerons les suivants : Avis aux peuples, traduit de Tsssot, 2 vol. ; Pensées de Pascal sur la religion, traduites du français en polonais, ouvrage qui ne parait pas avoir été imprimé; Poésies latines, dont plusieurs sont adressées à d'illustres personnages, entre autres à Frédéric-Ciuillaume, toi de Prusse. Sermons de dimanche; une très-bonne traduction en vers polonais des dix'ème, onzième et douzième livres de VEnéide de Virgile, servant de complément à la traduction de Dmochowski. Iakubowski est mort à Varsovie, en 1826, à J'age de 73 ans.
IBAS, évèque d'EJcsse dans le ve siècle, fut d'abord nestorie:!, et ensuite orthodoxe. Il écrivit, lorsqu'il t'Iat encore dans l'erreur, à un persan nommé Maris, une Lettre qui fut quelque temps après une source de disputes. Il blâmait dans cette Lettre Rabulas son prédécesseur , d'avoir condamné injustement Théodore de Mopsueste, auquel il prodiguait toutes sortes de louanges. Dans le siècle suivant, Théodore, évèque de Césarée en Cappadoce, conseilla à Justinien, pour donner la paix à l'Eglise, de condamner les écrits de Théodore do Mopsueste, les anathèmes que Théodore avait opposés aux anathèmes de saint Cyrille, et la Lettre dTbas. C'est ce qu'on appela l'affaire des Trois chapitres , qui divisa l'Eglise d'Orient pendant soixante ans environ. Ce prince les fit condamner dans le cinquième concile général tenuàConstantinople en 553; mais la personne et la foi dTbas n'y furent point flétries. La condamnation de cette lettre éprouva môme des difficultés, parce qu'on prétendit qu'elle avait été approuvée par les légats du pape dans le concile de Chalcédoine; mais les légats ne s'étaient arrêtés qu'à la manière dont Ibas s'exprimait touchant son attachement à la foi et sa soumission aux uécisions de l'Eglise, et n'avaient pas prétendu approuver tous les détails de ceite lettre : Lcctalbœ epistola,novimus eum esse orlhodoxum. Le pape Vigile s'exprimait encore plus clairement, en disant qu'lbas corrige è la fin de sa lettre tout ce qu'elle peut avoir de défectueux : Si quid erravit, id sub finem corrigit. C'est donc l'orthodoxie personnede de cet auteur, et point celle de sa Lettre, qui avait été reconnue au concile de Chalcédoine. Voy. Pelage I", Vigile, Hojsorjus i".
IBBOT (Benjamin), théologien anglais, né l'an 1680 à Beachamwell dans le comté de Norfolk , commença par être bibliothécaire et chapelain de l'arohcvêquo Tenison, ob-
tint ensuite divers bénéfices, fut nommé prédicateur adjoint au docteur Samuel Clarke, et prébendier de l'église roilégia e do Saint- Paul à Westminster, et mourut, à ko ans, le 5 avril 1725. On publia a >rès sa mort une série de Sermons qu'il avait prononcés pour la lecture fondée par Robert Boyle à Cambridge, et dans lesquels il se proposait jie réfuter l'ouvrage de Collins sur le libre arbitre. A la suite de ces sermons, on trouve une liste des savants qui ont prêché les leçons de Boyle depuis 1692, époque de h ur ôiigine, jusqu'en 1726 avec un préc!s des sujets traités par eux. En 17^6 parurent trente autres Sermons sur des sujets de morale pratique, 2 vol. in-8°, publiés par le docteur Clarke, au bénéfice de la veuve de l'auteur. Ibbot avait fait paraître eu 1719 une traduction du traité de Puffendorf : De ha-, bitu religionis christianœ ad vilam civilem, in-8°, sans y mettre son nom.
IBERNON (André), espagnol, religieux de Saint-François, de la réforme de Saint-Pierre d'Alcantara", né l'an 153i, se distingua par sa charité, son abnégation et toutes les verlus de son état, qui le tirent béatifier par le pape Pie VI en 1791.
IDA'CE, évèque espagnol dans le ve siècle, né à Lamego en Galice, laissa une Chronique qui commence à la première année de l'empire de Théodose (38.), et qui finit a la onzième de celui de Léon, en k67. Eile contient des détails intéressants sur les ravages des Gotiis et des Suèves dans l'Espagne et dans les Gaules; elle fait suite à celle de saint Jérôme, el a été continuée par quatre auteurs jusqu'à l'an 1100. On lui attribue encore des Fastes consulaires, imprimés plusieurs fois. Le Père Sirmond a publié ces deux ouvrages à Paris, en l619,in-8°. Us ont été réimprimés depuis dans le Recueil des Historiens de France , dans la Bibliothèque des P^res, dans les Conciles d'Aguirra, etc.
IDE (sainte) , comtesse de Boulogne en Picardie, née 1 an lOiO, de Godefroi le Barbu, duc de Lorraine, épousa Eustache II, comte de Boulogne. Elle en eut Eustache III, comte de cette ville, le célèbre Godefroi de Bouillon, Baudouin, qui succéda à son frère au royaume de Jérusalem, et plusieurs filles, dont l'une épousa l'empereur Henri IV. Elle mourut saintement le 13 avril 1113.
1DIAQUEZ (François), décédé à Bologne, le 1er septembre 1790, en odeur de sainteté, âgé de 79 ans, était le fils aîné de l'ihYstre maison des ducs de Grenade d'Ega, do;.t il abandonna de bonne heure et les honneuis et les richesses, pour entrer dans la société des jésuites. Il fut recteur du noviciat, du séminaire et du collège de Villagarcio, ensuite de celui rie Salamanque, puis provincial de la province de Castille. Malgré les instances de sa famille, il ne voulut jamais abandonner ses frères, dont il fut toujours le
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vrai père, et qu'il suivit partout dans leur disgrâce et diins leur exil, vivant dans un parlait mépris du monde et dans l'exercice de toutes les vertus. On a de lui une traduction latine des Pensées de Bouhours, et un opuscule sur la Vie intérieure de Palafox. Il a de plus laissé quelques ouvrages manuscrits.
IDIOT, ou le savant Idiot, auteur que l'on a souvent cité ainsi, avant (pie le Père Théophile Raynaud eût découvert que Raymond Jordan, prévôt d'Uzès en 1381, puis aube de Celles au diocèse de Bourges, était le vérit ble auteur des ouvrages qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères, sous le nom d'Idiot. Raynaud les a publiés a Paris l'an 1654, in-V. Cetle collection contient six livres de Méditations, un Traité de la bienheureuse Vierge Marie, un autre Traité de la rie religieuse, et VOEU mystique.
IGNACE (saint), disciple de saint Pierre et de saint Jean, surnommé Théophore ou porte-dieu , était originaire de Syrie, et fut ordonné évèque d'Antioche, l'an G8, après saint Evode, successeur immédiat de saint Pierre en ce s ége. Il gouverna son église avec le zèle qu'on devait attendre d'un élève et d'un imitateur des apôtres. Rien n'égala l'ardeur de sa charité, la vivacité de sa foi, et la profondeur de son humilité. Toutes ces vertus parurent avec éclat uans la troisième persécution qu'éprouva le christianisme sous le règne de Trajan. Ignace parut et parla devant l'empereur, avec toute la grandeur d'âme d'un héros chrétien, et reçut de la bouche môme de ce prince, qu'on ne cesse de nous donner pour un modèle de justice et d'humanité, l'arrêt d'une mort cruelle et barbare. Envoyé d'Antioche à Rome pour y être mangé par les bêtes, il vit saint Polycarpe à Smyrne, parcourut différentes églises, écrivit à celles qu'il ne put visiter, encourageant les forts et fortifiant les faibles. Lorsqu'il fut arrivé à Rome, il s'opposa aux fidèles qui voulaient l'arracher à la mort. Entendant les lions qui, pressés de la faim, rugissaient a, rès leur proie, « Je suis, dit-il, « le froment de Je. us-Christ, pour être moulu «par les dents des bêtes, et devenir un pain « pur : Frumenlum Chrisii sum; dentibus « bestiarum molar , ut panis mundus inve- « niar. » Exposé à deux lions, il les vit venir sans trembler, leur servit de pâture, et rendit son Ame à Dieu l'an 107 de Jésus- Christ. Les fidèles eurent soin de recueillir ses ossements pour les porter à Antioche. Nous avons de lui sept£ pitres, qu'on regarde commeun des plus précieux monumentsde la foi et de la discipline de la primitive Eglise. Elles sont écrites avec beaucoup de chaleur, de force et d'élévation, et sont adressées aux SmyrnéenSjà s;iintPolycarpe,aux Ephésiens, aux. Magnésiens, aux Philadelphiens aux Tral-
liens et aux Romains. C'est dans cette dernière qu'il exprime vivementsondésirdu martyre, et sa crainte d'être épargné par les bons, comme ils ont, dit-il, respecté d'autres martyrs. 11 va jusqu'à dire qu'il les provoquera : Quod si ventre noluerint, ego vim faciam, ego urgebo,
et craignant le scandale de cette disposition, il rassure les chrétiens par le témoignage de sa conscience : Ignoscitis, filioli, quid mihi prosit ego scio. Ce que l'on peut dire à ce sujet, c'est que les saints envisageaient leur arrètde mort comme sanctionné deDieu même; et sans plus raisonner sur la loi de la conservation personnelle, ils ne songeaient qu'à Je subir le plus tôt et le plus sûrement possible. Voy. Apolline. C'est dans la même épître qu'on lit ces belles paroles : Nunc incipio Christi esse discipulus, nihil de his quee tidentur desideruns, ut Jesum Christian inveniam. Ignis, crux, bestiœ, in me veniant : tantum ut Christo fruar. Ces lettres ont été publiées par Yossius, Amsterdam, 1646, in-V", d'après le manuscrit de Florence, et par Usher, Londres, 16V7, réimprimées avec une version latine par C. Aldrich, et des notes, Oxford, 1708,in-8°, grec-latin, et avec des n< tes de Jean Peaison et Th. mas Smith, 1709, grec-latin, in-V. Parmi les éditions qui en ont été données , on doit distinguer : celle de Cotelier dans ses Patres apostolici, en grec et en latin. Amsterdam, 1698, infolio, avec des Dissertations d'Ussérius et de Péarson, et celle de 172V, donnée par Leclerc, ( t augmentée des remarques de ce savant. M. l'aobé Guidon a aussi donné, dans sa Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine, un choix des pensées les plus remarquables qu'elles contiennent. Outre ces sept Epîtres, il y en a quelques autres sous le nom de saint Ignace, mais elles sont supposées. Les lettres authentiques ont été traduites en français par. le Père Legras, de l'Oratoire, Paris, Î717, in-12
IGNACE (saint), fils de l'empereur Michel Ier Curopa ate, monta sur la chaire patriarcale de Constantinople en 8i6. Il y brilla par ses lumières et ses vertus. Le zèle avec lequel il reprenait les désordres de Bardas, tout puissant à la cour d'Orient, irrita tellement ce courtisan, qu'il fit mettre à sa place Photius, ordonné contre toutes les lois, en 857. Cet indigne successeur du saint patriarche assembla un «oncile à Constantinople en 861 pour le condamner. Il s'y trouva 318 évoques, parmi lesquels on comptait deux légats du pape, qui demandèrent qu'on fit venir Ignace. L'empereur Michel, dit V Ivrogne, le Néron de l'empire d'Orient, le persécuteur de l'homme apostolique, et le protecteur de l'eunuque intrus, n'y consentit qu'à condition qu'Ignace paraîtrait en habit de moine. 11 eut à y souffrir les insultes et les outrages les plus cruels, tant de la part du prince que de celle des légats, qui, contre les ordres du pape, se rendirent coupables de la prévarication la plus odieuse ; et du reste de l'assemblée, qui, n'ayant pu obtenir qu'il (Jonnât sa démission, le dépouilla de ses habits et le renvoya couvert de haillons. La cruauté de Michel ne fut pas satisfaite de cet affront public. 11 le fit enfermer dans le tombeau de Copronyme, et le livra à trois hommes barbares pour le tourmenter. Après l'avoir défiguré à force de coups, ils le laissèrent longtemps couché presque tout
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nu sur le marbre, au plus fort de l'hiver. Pendant les quinze jours qu'il y fut, dont il passa la moitié sans manger, ils imaginèrent mille supplices différents pour vaincre sa constance. N'ayant pu réussir, l'un d'eux, lui prit la main de force, et lui fit faire une croix sur le papier, qu'il porta ensuite à Photius. Celui-ci y ajouta ces mots : « Igna- « ce, indigne patriarche de Constantinople, « je confesse que je suis entré irrégulière- « ment dans le siège patriarchal , et que j'ai « gouverné tyranniquement. » L'empereur le fit relâcher sur ce prétendu aveu, et lui permit de se retirer au palais de Pose, que l'impératrice sa mère avait fait bâtir. L'illustre persécuté en appela au pape Nicolas Ier, qui, indigné de la conduite de ses légats, déclara nulle sa déposition et l'ordination de son persécuteur. Le saint évêque n'en vécut pas moins dans l'exil. Mais lorsque Bisilele Macédonien fut monté sur le trône impérial, il rappela Ignace et exila Photius l'an 8G7. Le quatrième concile général de Constantinople assemblé deux ans après à cette occasion, anathématisa celui-ci, et avec lui tous ceux qui ne voulurent pas abandonner sa cause. Ignace ne survécut pas longtemps à son triomphe. Cet illustre vieillard mourut en 877, à 80 ans. Trois jours après, Photius, qui avait flatté Basile par une fausse généalogie, reprit possession do la chaire patriarcale. C'est sous le patriarcat d'Ignace que le christianisme commença à s'établir en Russie ; mais il n'y fit de grands progrès que dans le siècle suivant. La Vie de saint Ignace, écrite par D. Nicétas, a été publiée par Rader, Ingolstadt, 1604, in-4°, et insérée dans le tome VIII des Conciles du Père Labbe. On y trouve plusieurs Lettres de ce patriarche. IGNACE de LOYOLA (saint), né au château de ce nom, en Biscaye, l'an 1491, de parents nobles, fut d'abord page de Ferdinand V. Il porta ensuite les armes sous le duc de Najara contre les Français, qui voulaient retirer la Navarre des mains des Espagnols. Le siège ayant été mis devant Pamnelune en 1521,' le chevalier biscayen fut blessé d'un éclat de pierre à la jambe gauche, et d'un boulet de canon à Ja droite. Une Vie des saints, qu'on lui donna pendant sa convalescence, lui fit naître le dessein de se consacrer à Dieu. La galanterie romanesque l'avait occupé jusqu'alors. Né avec une imagination vive, il la porta dans la religion. Les mœurs de son pays et de son temps jetèrent sur les commencements de sa dévotion une apparente singularité. Quand il fut guéri, il se rendit à Notre-Dame de Montserrat , se retira ensuite dans une grotte 5rès de Manrèse, où il s'abandonna à toutes es rigueurs de la pénitence, et partit pour a Terre-Sainte, où il arriva en 1523. Le pieux pèlerin, de retour en Europe, étudia, quoique âgé de 33 ans, dans les universités d'Espagne. Son zèle et sa piété, qui prenaient quelquefois un air extraordinaire , lui suscitèrent des traverses. Il passa à Paris en 1528, et recommença ses humanités au collège de Montaigu , mendiant son pain de
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porte en porte pour subsister, et s'exerçant dans toutes les pratiques de l'humilité et de la mortification chrétienne. S'il parut quelquefois donner dans l'excès en ce genre, c'est , dit un homme judicieux , que les saints, dans la première ferveur de leur conversion et de leur pénitence, sont emportés au-delà des lois ordinaires de la morale, et qu'il est déraisonnable de juger leurs actions sur les règles de la vie commune : Sanctorum dicta vel facta, maxime in ipso fervore pœnitentiœ, ad curatam normam exigenda non snnt. Il fit ensuite sa philosophie au collège de Sainte-Barbe, et sa théologie aux Dominicains. Ce fut à Sainte-B irbe qu'il s'associa, pour l'établissement d'un nouvel ordre religieux, François-Xavier, Pierre Le Fèvre, Jacques Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas-Alphonse Bobadilla, Simon Rodriguez. Les premiers membres de la société se lièrent par des vœux en 1534, dans l'église de Montmartre, où l'on voyait un monument qui perpétuait la mémoire de cet événement. Us passèrent ensuite à Rome, où Ignace présenta au pape Paul I!I un projet de son institut. Le fondateur en espérait de si grands avantages pour l'Eglise, qu'il ne voulut jamais entrer dans l'ordre des théatins quelques instances que lui fit le cardinal Cajetan. Ignace ajouta aux trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance , un quatrième vœu d'obéissance au pontife romain, relativement à la prédication de l'Evangile dans toutes les plages de la terre. Paul III confirma son institut en 15V0, sous le titre de Compagnie de Jc'sus. Ignace avait donné ce nom à sa nouvelle milice, pour marquer que son dessein était de combattre les intidèles, les hérétiques, tous les ennemis de l'Eglise catholique, sous la bannière de Jésus-Christ. Ses enfants prirent ensuite le nom de Jésuites, du nom de YEglise de Jésus, qu'on leur donna à Rome. Ignace, élu en 1541 général de la famille dont il était le père, eut la satisfaction de la voir se répandre en Italie, en Espagne, en Portugal et en Allemagne, dans les Pays-Bas, dans le Japon, dans la Chine, en Amérique. François -Xavier et quelques autres missionnaires formés dans sa société portèrent son nom jusqu'aux extrémités de la terre. Sa compagnie, qui n'avait pas encore pu pénétrer en France, y eut un établissement en 1550, l'année même que Jules III donna une nouvelle bulle de confirmation. Elle y essuya de grandes traverses. Le parlement de Paris, la Sorbonne, l'université alarmés de ses privilèges et de ses constitutions, s'élevèrent contre elle. La Sorbonne donna un décret en 1554, par lequel elle la trouva plutôt née pour la ruine que pour ïédification des fidèles. La patience et les fruits étonnants que produisait partout le nouvel institut dissipèrent peu à peu ces orages. Le saint fondateur mourut le 28 juillet 1556, à 65 ans. Il était, suivant les historiens, d'une taille moyenne , plus petite que grande. 11 avait la tête chauve, les yeux pleins de feu, le front large et le nez aquilin. Il était resté boiteux de lablessure qu'il
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avait reçue autrefois au siège de Pampelunc ; et quoiqu'il se lût t'ait recasser la jambe pour efi cacher la difformité, elle demeura plus courte que l'autre. 11 avait vu l'accomplissement do trois choses qu'il désirait le plus : la compagnie confirmée par les souverains pontifes, le livre des Exercices spirituels approuvé du saitit-siôge. et \es Constitutions publiées dans tous les lieux où ses enfants travaillaient. Sa compagnie avait déjà doure provinces qui avaient au moins cent collèges, sans les maisons professes. On comptait vers lo milieu du \vuic siècle, environ 20,000 jésuites, lorsqu'ils furent' supprimés en 1773 par le pape Clément XIV (Voy. son article). L'histoire des causes qui opérèrent cette destruction n'appartient peut-être point à ce siècle; la postérité les apercevra dans un jour plus distinct, quand le temps les aura mises à la distance qui fait leur vrai point de vue. On a vu ces religieux;, accueillis dans les coursde l'Europe jouir de la confiance des rois, se faire un grand nom par leurs étudesetparl'éducation qu'ils ont donnée à la jeunesse, aller réformer les sciences à la Chine, rendre pour un temps le Japon chrétien, et donner des lois admirables aux sauvages du Paraguay. « Il est glorieux pour la « société, dit Montesquieu , d'avoir été la « première qui ait montré, dans les contrées « de l'Amérique, l'idée de la religion jointe « à celle de l'humanité. Un sentiment exquis « pour tout ce qu'elle appelle honneur, et « son zèle pour la religion, lui ont fait en- « treprendre de grandes choses, et elle y a « réussi. Elle a tiré des bois des peuples « dispersés ; elle leur a donné une subsis- « tance assurée ; elle les a vêtus : et quand « elle n'aurait fait par là qu'augmenter l'in- « dustrie parmi :es hommes, elle aurait fait « beaucoup. » — « Les jésuites, dit l'abbé « Raynal, les plus ph losopnes de ceux quiont « annoncé la foi aux Barbares, sont toujours « prêts a soutfrir le martyre, quand il le « faut. » Groti 'S, tout protestant qu'il était, a rendu hommage à leurs talents et à leurs mœurs: mores inculpât os, bonas artes ; au sujet desquels il disait « que la sainteté de « leur vie et le désintéressement avec lequel « ils donnaient une excellente éducation à la « jeunesse, leur avait concilié les respects du « public. » Magna in vulgum auctorilas, propter vitœ sanctimoniam, et quia non sumpta mercede juventus litteris sopientiœque prœceptis imbuitur. « Cet aibre antique et mate jestueux, ajoute un auteur plus récent, « frappé de la foudre, a été desséché jusque « dans ses racines, et ses derniers rameaux « sont épàrs sur la terre. La jeunesse nom- « breuse qui se reposait sous son ombre a- « t-elle trouvé ailleurs un aussi sûr abri ? « Que devient-elle , que devieridra-t-ello « dans un siècle comme le nôtre? » On a remarqué que l'extinction de cet ordre célèbre avait précédé l'époque des révolutions religieuses et civiles qui ont fait l'étonnement de l'Europe; soit que le philosophisme ait regardé la destruction de cet obstacle»comme indispensablement nécessaire à ses succès,
soit que les travaux et les services de ce grand corps tomlnnt avec lui par une con» séquence naturelle, le cours de la séduction détint plus libre, et la défense des vrais principes plus rare et plus pénible. On peut voir les Vies de cet illustre fondateur par Matfei et par Bouhours, deux de ses enfanls ; elles sont bien écrites : la première présente toutes les grâces et la pureté du langage de l'ancienne Rome. Ignace laissa à ses disciples deux livres également célèbres : les Exercices spirituels, au Louvre, 16W, in-fol. Us ont été traduits en français, et dans presque toutes les langues de l'Europe. On a prétendu que cet ouvrage existait 150 ans avant lui, dans la bibliothèque du Mont-Cassin, où lo saint espagnol avait eu occasion de le voir. Mais comment concilier cette assertion avec le silence absolu qu'on a gardé sur la prétendue ancienneté de cet ouvrage, dans lo temps où le livre des Exercices faisait tant de bruit? L'attribution qu'on en fait à Gardas Cisneros, abbé de Mont-Serrat, est amplement réfutée dans le Journal historique et littéraire, 1er juin, 1783, pag. 185 et 1" janvier 1785, pag. 11. Des Constitutions, qui faisaient dire au cardinal Richelieu, qu'avec des principes si sûrs, des vues si bien dirigées, on gouvernerait un empire égal au monde. Quelques écrivains ont imaginé de les attribuer à Laynez, second général des jésuites. Il y a, selon eux, trop de pénétration, de force d'esprit, de profonde politique, pour qu'elles puissent être d'Ignace, qui n'était point savant, et ne passait pas pour un brillant génie : comme si la piété éclairée par l'esprit cie Dieu, et la vertu constamment pratiquée , ne donnaient point à une raison droite et saine, à l'homme solide et vrai,. plus de lumière et d'énergie que toutes les spéculations humaines. Cette assertion est d'ailleurs réfutée par le fait et la préexistence reconnue de ces constitutions, puisque, dès 15i0, elles avaient été solennellement approuvées , et qu'elles ont servi de règles et de lois à des milliers de religieux, jusqu'à la mort du saint fondateur. Ces constitutions parurent pour la première fois r en 5 parties, à Home, 1558 et 1559, in-8°. La dernière édition est de Prague, 1757, 2 vol. petit in-fol. Il y a sur le même objet : Régula societatis jesu, 1582, in-12, et le Ratio studiorum, 1586, in-8°, rare. Le dernier a été imprimé avec des changements , 1591, in- 8°. Le bénédictin Constantin Cajetan, le même qui avait revendiqué les Exercices spirituels, comme un ouvrage de Garcias Cisneros, son confrère, prétend dans son l'index benedictinorum , que saint Ignace avait pris sa règle sur celle de saint Benoit, et qu'elle avait été composée au Mont-Cassin parquatre bénédictins. Mais ce conte ridicule fait assez voir ce qu'il faut penser de l'autre. Voy. Lainez et Standonck. Les jésuites, chassés de l'Europe et même des autres parties du monde, conservèrent quelques maisons en Russie. Voy. Czermewicz. En 1801, Pie VII les autorisa, par un bref du 7 mars, à vivre en communauté, à administrer les sacrements
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cl à élever la jeunesse. En 180-1*., il étendit cette concession, sur la demande du roi de Napies, à ceux qui se trouvaient dans ses Etats. Enfin le 7 août 1814, il rétablit la société, et il autorisa les jésuites à reprendre les fonctions de leur institut dans tous les lieux où ils seraient appelés. Les jésuites ont été depuis renvoyés de la Russie ; mais ils ont formé plusieurs établissements dans divers royaumes, même en France, où ils avaient établi plusieurs maisons d'éduca'ion que les ordonnances royales du 16 juin 1828 ont contraint de fermer. — On a une Histoire de saint Ignace de Loyola de la compagnie de Jésus, d'après les monuments originaux, par le rév. Père Daniel Bartoli, jésuite, tra 1. de l'italien en français, et augm. de nouveaux documents, avec un portrait, Paris, 18U, 2 vol. in-8°.
IGNARRA (l'abbé Nicolas), savant anti^quaire,naquitàPietra-Bianca,près de Napies, le 21 septembre 1728, fit ses premières études auprès de son oncle, curé de la même vide, qui le fit enirer dans le collège ou séminaire Ùrbano. Il fit ses cours avec honneur, apprit en peu de temps les sciences, la littérature ancienne et moderne, et les langues classiques. Ignarra avait à peine vingt ans, qu'il fut nommé, dans le même collège, professeur de langue grecque et de poésie. Il prit les ordres à vingt-cinq ans. Quelques écrits qu'il avait publiés sur les antiquités napolitaines, lui acquirent de la réputation. Charles III (depuis roi d'Espagne), ayant institué l'académie Herculanensis, il choisit lgnarra pour un des quinze membres qui la composèrent d'abord. Le professeur Mazzocchi étant mort en 1763, lgnarra le remplaça à l'université royale, dans la chaire d'interprétation de l'Ecriture sainte, et en 1771, il fut professeur titulaire. Nommé, en 1782, directeur de l'imprimerie royale, il fut deux ans après appelé à la cour, pour être précepteur du prince héréditaire François de Bourbon.
Ferdinand IV lui ht donner un canonicat, en 1794, dans la cathédrale de Napies, et peu de temps après on lui olfrit le siège épiscopal de Reggio, qu'il refusa, à cause , dit-il, de son peu de mérite pour occuper une place aussi distinguée. Content de son sort, il menait une vie studieuse et paisible, lorsqu'à l'âge de soixante-dix ans, il perdit tout à coup la mémoire, de sorte qu'il ne se souveuait pas du titre de ses livres, ni même du nom de ses parents. Il vécut encore dixannées dans cet état de première enfance, et mourut à80ans le 6 août 18!j8. Ses talents, son alfabilitéet sa modestie luiavaientcaptivélabienveillance et l'esiime des gens les plus marquants, soit nationaux, soit étrangers. L'habitude de vivre a la cour, et parfois dans le grand monde, n'avait nullemeut altéré ni sa piété, ni ses mœurs, qui furent toujours exemples de reproches. On a de lui : De palœstra neapolitana commentarium, Napies , 1770 ;Doctissimi Mazzocchi Vita, ibid., 1778; De fratriis neapolitanis, Napies, 1785. L'auteur démontre, dans cet ouvrage, que les anciennes associations, appelées fratriœ, étaient
des assemblées politiques, établies parmi les Grecs, et non des confréries religieuses, comme le prétendent Reinesie, de Vanda'e, Fabretti et Martorelli. 0 pu s cul i, ibid., 1808, un volume, contenant des dissertations, des vers latins, des inscriptions , des lettres diverses, etc. Joseph Castaldia écrit sa Vie.
IKEN (Conrad) , docteur en théologie, né l'an 1689 àRrôme, fut pasteur à Zutphen en 1716, puis deuxième pasteur à l'église de Saint-Etienne à Brème, et professa au gymnase decette ville la théologie et les langues orientales. Iken mourut le 25 juin 1753 , laissant entre autres ouvrages: Antiquitateshebraicœ, secundum triplicem Judœorum statum, ecch' siasticum, politicumet œconomicum, breviter delineatœ, Brème, 1732, in-8°: cet ouvrage qui n'est pas sans utilité [tour l'étude de l'archéologie biblique, a ét'<> plusieurs fo;s réimprimé, notamment en 1752 avec des ad litions ; Thésaurus novus theologico-philologicus, seu sylloge dissertât ionum exegeticarumad selectiora atque insigniora Veteris et Novi Testamenti loca a theologis prœslantibus relictarum, ex museo Th. Hasei et Conr. lkenii, Leyde, 1732, 2 vol. in-fol. Cet ouvrage fait suite au Thésaurus theologico-philologicus de Menthen , Amsterdam, 1701 et 1702, 2 vol. in-fol. ; Tractatus Talmudicus de cultu quotidiano templi,versione latinadonatus et notis illustralus, Brème, 173'J, in-i°; Sgmbolœ litterariœ ad.incremcntum scientiarum a variis amicis collatœ, Brème, 1744, 3 v -.,1. in-8° ; Dissertaliones philologico-thcologicœ in diversa sacricodicis utriusqueTeslamentiloca., Leyde, 1749, in-8°.
ILDEFON'SE (saint), disciple de saint Isidore de Séville, d'abord abbé d Agali, ensuite archevêquede Tolède, naquitdans cette ville en 607 et fut l'ornement de cette église pendant neuf ans qu'il la gouverna. Il mourut en 66 J, laissant plusieurs ouvrages , dont le principal est un Traité de la Virginité perpétuelle de Marie, en latin, Valence, 15515, in- 8° ; plusieurs fois réimprimé, notamment à Baie en 1557, et dans diverses éditions de la Bibliotheca Patrum. On trouve de lui deux Lettres dans le Spicilége de dom d'Achery, et dans la collection des Conciles d'Espagne, par d'Aguirre ; un Opusculum de pane eucharistico, dans les Analecta de dom Mabillon ; un Liber adnotationum de ordine baptismi, dans les Miscellanea de dom Baluze, etc. Sa Vie a été écrite en espagnol par G. Mayans, et imprimée à Valence, 1727, in-12-
ILDEFONSEdeSAiNT-CHARLES (le Père), clerc régulier des écoles pies de la famille des Taruili, naquit à Rome vers 1709, et entra chez les élèves réguliers de ces écoles. Il était aimé et estimé, non-seulement dans sa congrégation, mais encore dans le monde, et des personnages les plus distingués. Il fit de très-bonnes'études et enseigna dans quelques collèges de son institut. Son mérite le ht choisir pour précepteur des fils de Jacques II, roi d'Angleterre, Charles-Edouard, connu depuis la mort du roi son père sous le nom du Prétendant, et du duc, depuis cardinal d'York. Le Père Ildefonse occupa dans son