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ordre les emplois les plus honorables, môme celui d'assistant-général . Sos vortus lui concilièrent l'estime et la bienveillance du grand pape Benoit XIV. Sa Sainteté daignait se
servir de lui dans son travail personnel, et l'avait chargé de traduire de l'italien en latin
les édits, notifications et lettres pastorales, qui devaient entrer dans l'édition complète de ses œuvres, Imprimées à Home en 17VH, par les soins du P. Azévedo. Aux différentes fonctions qu'avait exercées le P.
Ildefonse, On doit joindre connue une preuve de plus de ses rares qualités et delà considération dont il jouissait, celles de recteur du vénérable collège De propaganda jide. 11 s'en démit dans ses dernières années pour se retirer dans la maison du noviciat de son ordre à Saint-Laurent inBurgo. 11 y mourut le 30 novembre 1790, âgé de 81 ans. Dans le i"vol. de l'édition des OEuvrcs de Lambertini (Benoît XIV), faite à Venise avec beaucoup d'augmentations, il est question de ce savant et pieux religieux, dont les éditeurs rappellent la mémoire, et font l'éloge le plus complet.
IMBONATI (dom Charles-Joseph), religieux de la congrégation de Saint-Bernard de la Pénitence, ordre de Citeaux, issu d'une famille noble, originaire de Côme, connu sous le nom de dom Charles-Joseph de Saint- Benoît, naquit à Milan vers le milieu du xvn' siècle, et se distingua par de savants travaux et une érudition profonde. Il avait fait profession à Borne dans l'abbaye de Saiuie-Pudentiane. Il y eut pour maître le célèbre Jules Bartolocci, du même ordre, et apprit a fond, sous lui , les langues grecque et hébraïque. Il professa à Borne la théologie et l'hébreu. Bartolocci n'avait publié que trois volumes de sa Bibliothèque rabbinique, et il avait laissé le quatrième imparfait. Imbonati l'acheva et le lit paraître en 1693, six ans après la mort de son maître. L'année suivante il y ajouta un cinquième volume, qu'il fit imprimer sous le titre de Bibliothcca latino-hebraica, 1694-1696, 2 vol. in-fol. On a de dom Imbonati d'autres ouvrages, savoir: un Traité des mesures et des monnaies des Hébreux, 1662 ; une Chronologie sacrée, depuis la création du monde jusqu'à la naissance de 7.-6'., 1694, 1 vol. in-fol. Le Journal de Trévoux, 1717, lui attribue encore : Chronicon iragicum, site De eventibus tragicis principum, etc., Borne, 1696, in-4° ; enfin une longue et savante Dissertation, où il prouve aux Juifs, avec leurs propres raisonnements, la venue du Messie. Imbonati est mort en 1698.
IMPLKIALI (Joseph-Be;né), cardinal, né a Gènes en 1651, mort à Borne en 1737, à 86 ans, fut employé par les papes dans diverses affaires, et les termina toujours avec succès. Dans le conclave de 1739, il ne lui manqua qu'une voix pour être pape. Sa mémoire est précieuse aux gens de lettres, par la protection qu'il leur accorda, et par le présent qu'il fit au public, en mourant, de sa riche bibliothèque, qui est un des ornements de Borne. Fontanini a publié en 1711 le catalogue de cette collection, l'une des plus précieuses
qu'ait jamais formées un simplo particulier. (!. Chiapponi a publié Legazione del curd. Gius. H. Imperiali a Carlo 111, re délie Spagne, Vanna 1711, Home, 1712, in-4°.
IiVA, roi de Westsex, en Angleterre, se rendit célèbre parsesdidérentes expéditions contre la plupart de ses voisins, qui troublaient sa tranquillité, Il affermit celle de ses' états par des lojs pleines de sagesse (publiées parSpelman). En726, après un règnegloricux <le 37 ans, il alla à Borne en pèlerinage, y bâtit un collège anglais et assigna pour son entretien un sou par année, sur chaque maison de son royaume. Cette taxe, appelée Homcscot, fut étendue depuis par Olfa , roi de Mercie, sur toutes les maisons île la.Vlercie et de l'Estanglie ; et comme l'argentqu'elle produisait se délivrait à Borne lejour même de Saint-Pierre, on nomma cette taxe le denier de Saint-Pierre. Les papes prétendirent dans la suite que c'était un tribut que les Anglais devaient payer à saint Pierre et à ses successeurs. 11 abdiqua la couronne à la sollicitation de la reine, qui embrassa avec lu: la vie monastique à Borne. Henschénius a publié la vie dîna, sous le 6 février, dans les Acta sanclorum.
INCHOFER (Melchior), jésuite allemand, né à Ginsin, dans la basse Hongrie, en 1584, professa longtemps à Messine la philosophie, les mathématiques et la théologie. En 1629, il publia un livre in-fol., sous ce titre : Epistolœ B. Mariœ Virginis ad Messanenses verilas vindicata ac erudite illustrata, Messine, 1629, et avec un nouveau titre, Viterbe (Rome), in-fol., 1632. Ce livre, dans lequel il croyait avoir démontré que la sainte Vierge avait écrit aux citoyens de Messine, lui attira des tracasseries. Obligé d'aller à Rome pour se justifier des accusations qu'on avait intentées contre lui, il en fut quitte en réformant le titre de son livre, et en y faisant quelques changements. Il passa plusieurs années a Rome, aimé et estimé, et mourut à Milan, le 28 septembre 16^8. On a de lui diverses productions, entre autres : Annalium ecclesiasticorum regni Hungariœ tomus primus, 1644, in-fol., ouvrage plein de recherches ; il n'y a que le tome Ier réimprimé à Presbourg, 4 vol. in-8° ; Historia trium magorum, 1639, in-4° ; plusieurs Ouvrages sur V astronomie et la physique, dont on voit le catalogue dans le Memoria Hungarorum d'Alexis Horanyi ; De sacra latinitaic, 1638,-in-4°; on lui attribue l'ouvrage traduit en français, et imprimé à Amsterdam, en 1722, in-12, sous le titre de Monarchie des Solipses ; mais d'autres prétendent que ce livre est de Jules-Clément Scotti, ex-jésuite. Quoi qu'il en soit, c'est un tableau de la politique de cette société, telle que l'auteur la concevait. L'abbé Bourgeois, qui était à Borne lorsque l'ouvrage parut pour la première fois, prétend qu'lnchofer, ayant été condamné à mort par le général et :es assistants des jésuites, lut enlevé la nuit et conduit assez loin par des chevaux tout prêts au-delà du Tibre; mais qu'ayant été ramené par ordre du pape Innocent X , on le vit le lendemain matin au
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collège des Allemands. On peut consulter sur cette anecdote, que le père Oudin a réfutée, et qui n'avait pas besoin de l'être, le tome 35 des Mémoires de Nicéron, depuis la page 322 jusqu'à 3V6. Inchofer est le seul jésuite que l'auteur du Dictionnaire critique en 6 volumes (l:abbé Barrai) ait loué de bon cœur. Il dit avec sa douceur ordinaire, «que « le P. Oudin se débat comme un énergu- « mène , pour enlever l'ouvrage à Inchofer, « et le donnera Scotti, un autre de ses con- « frères. » Mais qu'importe, après tout, que cet ouvrage soit de l'un ou de l'autre? est-ce bien la peine de dire des injures à un homme estimable, pour un mauvais livre ? Au reste, l'original de ce livre fut imprimé à Venise en 1652, avec le nom d'Inchofer.
INDAGINE. Voyez Jean de Hagen.
INGOULT (Nicolas-Louis), jésuite , né à Gisors, mort en 1753 à 6i ans, cultiva le talent de la chaire. Après avoir été applaudi dans la capitale , il prêcha le carême à la cour, en 1735 , et ne reçut pas moins d'éloges qu'à Paris. La précision, la justesse des plans, la com aissauce des mœurs caractérisaient ses s rmons ; mais l'on trouvait un peu d'affectation dans son style et dans ses gestes. C'e>t lui qui a publié le tome VIII des Nouveaux mémoires des missions de la compagnie de Jésus dans le Levant, 17i5, in-12. 11 y a quelques-uns de ses discours dans le Journal chrétien.
1NGUIMBERT1 ou INGUIMBERT (Joseph- Dominique d'j , né à Carpentras le 2i août 1683, entra dans l'ordre de Saint-Dominique, et s'y rendit habile dans les sciences ecclésiastiques. Le désir d'une plus grande perfection, joint à quelques mécontentements, l'engagea à prendre l'habit de Cîteaux, dans la maison de Buon-Solazzo , où il prit le nom de Malachie, et où son mérite le fit parvenir aux premières charges. Envoyé à Borne pour les affain s de son monastère , il s'attira l'estime de Clément XII. Ce pontife le nomma archevêque de Théodosie in par tibus , et évoque de Carpentras le 25 mai 1733. Son discernement et ses lumières éclatèrent dans cette place autant que sa charité. 11 vécut en simple religieux ; mais les richesses qu'il épargna ne furent ni pour lui ni pour ses parents. 11 institua les pauvres ses légataires universels , fit bâtir un vaste et magnifique hôpital ; il recueillit une trèsriche bibliothèque et la rendit publique. Ce généreux bienfaiteur des lettres et de l'humanité mourut à Carpentras en 1757 , des suites d'une attaque d'apoplexie , dans la 75e année de son âge. Dès sa plus tendre jeunesse , on vit en lui les prémices d'une piété éminenle , qui ne se démentit point. On lui reprocha quelques singularités, mais elles ne firent aucun tort à sa vertu , si elles en tirent à son caractère. M. Piganiol de la Force, dans sa Description de la France, dit en parlant de Carpentras , « qu'il n'a vu de « remarquable dans cette ville que Yévéque et « la bibliothèque que ce prélat y a fondée. » Inguimberti est connu dans la république des lettres par divers ouvrages. Les princi-
paux sont : Genuinus character reverendi admodum in Christ o patris D. Armandi Joannis Buttilieri Rancœi , in-4°, Borne, 1718; une Traduction en italien de la Théologie religieuse, ou Traité sur les devoirs de la vie monastique , Borne , 1731 , 3 vol. in-fol. ; une autre traduction dans la même langue du Traité du Père Petit-Didier, sur l'infaillibilité du pape, Borne, 1732 , in-fol. ; une édition des OEuvres de Barthélémy des Martyrs, avec sa Vie, 2 vol. in-fol. ; la Vie séparée, 1627, 2 vol in-i". Maxime de Pazzis a publié un éloge en l'orme de notice historique d'Inguimberti, Carpentras , an xm (1805) , in-8\ M. Hyacinthe Olivier-Vitalis a aussi donné à Carpentras une Notice historique sur la vie de Malachie d'Inguimbert , ornée d'un portrait, 1812, in-4°.
INGULFE , ancien historien anglais, d'abord moine de l'abbaye de Sainl-Vandrille en Normandie, et ensuite abbé de Croyland, dans le comté de Lincoln, en Angleterre, naquit à Londres en 1030 , et mourut l'an 1109; il avait été secrétaire de Guillaume le Conquérant. II a laissé une Histoire du monastère de Croyland, depuis 664 jusqu'en 1091, en latin. Nous l'avons dans leBecueil des historiens de cette nation, par Savile, Londres, 1596, in-fol. , et dans le premier volume des Rerum anglicarum scriptores , de Thomas Gale, 1684- ; cette dernière édition est beaucoup plus ample et plus correcte. Celte histoire a paru isolément à Francfort en 1601. Ingulfe avait encore écrit un livre de la vie et des miracles de saint Gutlac, qui n'est point parvenu jusqu'à nous.
INNOCENTS. L'Eglise appelle ainsi les enfants qu'Hérode fit mourir à Bethléem et dans les environs, depuis l'âge de deux ans et au-dessous. Ce tyran espérait envelopper dans ce massacre le nouveau roi des Juifs, dont il avait appris la naissance par les mages. Le culte des saints Innocents est trèsancien dans l'Eglise , qui les a toujours regardés comme les fleurs des martyrs.
L'hymne qu'elle leur a consacrée , tirée de Prudence, est pleine de grâces naïves et touchantes , et ferait honneur aux poètes les plus célèbres dans le genre naturel et tendre.
Salvete flores marlynirn, Quos \ ilse ipso in lirai a e Christi jnsecuior su^tulit , Seu lurbo nascemes rosas.
Vos, prima Christi viclima, Grex immolatorum lener, Aram suli ipsam, simplices, Palma et curonis ludilis.
Voltaire n'a pas fait difficulté d'assurer qu'aucun ancien auteur n'a parlé du massacre des Innocents : cet écrivain superficiel et téméraire n'avait qu'^ ouvrir Macrohe , qui en parle de la manière la plus précise , Saturn. 1. 2. c. k. Cet auteur est, à la vérité, du ivl ou ve siècle ; mais il en parle d'après les païens, comme soi récit le témoigne. Le silence de Flavius Josèphe n'a non plus rien d'étonnant, comme Lardneret Holfman l'ont