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les sectaires de Mahomet, qui ne nomment Isaac qu'après Ismaël, son aîné, avec lequel ils prétendent que celui-ci partagea la lumière prophétique, ont conservé sur Isaac plusieurs traditions dont quelques-unes se trouvent dans les Dynasties anciennes, d'Abul- Pharage. On peut consulter aussi la Bibliothèque orientale, et la Démonstration évangélique de Huet.
ISAAC (saint), solitaire de Constantinople, au ive siècle, avait sa cellule auprès de cette ville, qu'il édifiait par ses vertus et qu'il étonnait par ses prophéties. Il préd.t à l'empereur Valens, prêt à porter les armes contre les Goths, qu'il périrait dans cette guerre Ce prince se vengea de la prédiction, en faisant enfermer le prophète pour le faire mourir à son retour; mais il fut tué dans une bataille en 378. Isaac sortit de prison, et rentra dans sa cellule; il ne la quitta que pour se trouver au concile de Constantinople, en 381. L'empereur Théodose lui donna de grandes marques d'estime. Le saint solitaire rassembla tous ses disciples dans un monastère au bord de la mer, où il eut le bonheur et la gloire de guider leurs vertus. Il rendit son âme à Dieu sur la fin du ive siècle.
ISAAC LEVITA (Jean), savant juif, né l'an 1515, se fit chrétien, et enseigna la langue hébraïque à Cologne, où il mourut en!577. II défendit l'intégrité du texte hébreu, et écrivit contre Guillaume Lindanus, pour prouverque les Juifs ne l'ont point altéré : Defensio veritatis hebraicœ, Cologne, 1553. Bartolocci, dans le tome III de sa Bibliothèque rabbinique, lui attribue d'autres écrits.
ISA1E ou ESAIE, le premier des quatre grands prophètes, était fils d'Amos, de la famille royale de David. Il prophétisa sous les rois Osias, Joatham, Achaz et Ezéchias, depuis l'an 735 jusqu'à 681 avant J.-C. Le Seigneur le choisit dès son enfance pour être la lumière d'Israël. Un séraphin prit sur l'autel un charbon ardent, et en loucha ses lèvres pour les purifier. Ezéchias étant dangereusement malade, Isaïe alla de la part de Dieu lui annoncer qu'il n'en relèverait pas. Dieu, touché par les prières et les larmes de ce prince, lui envoya le même prophète lui annoncer sa guérison, et, pour lui en donner un gage, il fit en sa présence rétrograder de dix degrés l'ombre du soleil sur le cadran d'Achaz. Le roi Manassès, successeur d'Ezéchias, eut moins de vénération pour Isaïe. Choqué des reproches que le saint prophète lui faisait de ses impiétés, il le fit fendre par le milieu du corps avec une scie de bois, l'an 631 avant J.-C. Il avait pour lors environ 130 ans. Isaïe parle si clairement de Jésus-Christ et de l'Eglise , que, suivant l'expression de saint Jérôme, on croit lire l'Evangile plutôt qu'une prophétie. Les choses plus rapprochées de son temps, sur lesquelles il parle en homme inspiré, sont particulièrement trois grands événements. Le premier est le projet que Phacée, roi d'Israël, et Ra/.in, roi de Syrie, formèrent, sous le règne d'Achaz, de détrôner la maison de David. Le deuxième est
la guerre que Sennachérib, roi d'Assyrie, porta dans la Judée au temps d'Ezéchias, et la défaite miraculeuse de son armée. Le troisième est la captivité de Babylone, et le retour des Juifs d ins leur pays. Isaïe passe pour le plus éloquent des prophètes. Son style est grand et magnifique, ses expressions fortes et toujours assorties à la chose. « On chercherait en vain, dit l'abbé Joubert, « qui a si bien écrit sur Y éloquence des Li- « vres saints, dans les auteurs, soit sacrés, « soit profanes, une élévation de style telle « que celle qui se montre dans les écrits « d'Isaïe. Tout y est noble, grand, aisé et « coulant. Tout y est exposé et varié sui- « vant les sujets. Isaïe a-t-il à toucher l'ai- « mable ou le tendre ? on dirait que son « pinceau ne s'est jamais exercé que dans le « gracieux. Traite-t-il le grand ou le terrible? « le ciel et la terre paraissent avec leur plus « riche parur , pour rendre hommage à leur « Créateur, et s'ébranlent, pour ainsi dire, « sous sa main, pour servir sa colère. On « croit voir le Dieu des armées ranger et « conduire lui-même les guerriers qu'il a « formés pour venger la gloire de son nom. « On croit entendre le fracas des villes, des « empires, des nations entières, qu'ébranle « et que foudroie son bras tout-puissant. « QuTsaïe s'élève ou qu'il s'abasse, c'est « toujours avec dignité : s'il étend ses des- « criptions, ses images sont toujours ani- « mées du môme feu ; s'il les resserre, des « traits fortement prononcés font entendre « tout ce qu'aurait dit un plus long détail ; « s'il console, c'est la compassion même et « la tendresse la plus ingénieuse qui parient. « Rien de plus pressant que ses raisonne- « ments et ses exhortations : la lumière et « la prudence dictent ses avis ; la terreur « accompagne ses menaces. » Saint Jérôme dit que ses écrits sont comme l'abrégé des saintes Ecritures, et un précis des plus rares connaissances; qu'on y trouve la philosophie naturelle, la morale et la théologie. On admire surtout son Cantique sur la ruine de Babylone, et celui dans lequel il fait le tableau du monde sous le règne du Messie. Parmi les Commentaires de ce prophète, on distingue celui de Gaspard Sanctius et celui de D. Calmet. Ceux de Campège et de Vitringa sont recherchés parmi les prolestants. On a publié, en 1789, Isaïe, traduit en français avec des notes et des réflexions morales et dogmatiques, Paris, 5 vol. in-12 ; ouvrage posthume du P. Berthier que les hommes savants et pieux ont accueilli avec un empressement bien mérité. On reproche néanmoins à l'auteur d'avoir eu trop de confiance dans quelques nouveaux hébraïsants. M. de Genoude a publié en 1818 une traduction nouvelle des prophéties d'Isaie, qui est estimée pour son élégance et sa fidélité, et est accompagnée d'un Discours préliminaire et de notes. Une nouvelle traduction do ce prince des prophètes a été donnée par M. Prunelle de Lière, Paris, 1823, in-8u. Nous avons encore en vers français des morceaux traduits d'Isaie. Jean-Baptiste Rousseau, Le Franc
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ilt> Poropignan, et M. de Lamartine, ont puisé de belles stropi es dans ses prophéties.
ISAMBERT (Nicolas), célèbre docteur et professeur île Sorbonne , Datif d'Orléans, enseigna longtemps la théologie dans les ('■rôles de Sorbonne, et mourut en Ki't-2, à 77 ans. On a de lui des Traités de théologie, et un Commentaire sur la Soinm • de saint
Thomas, en 6 vol. in— loi ., qui prouvent autant de savoir que de zèle pour l'orthodoxie.
ISBOSETH, fils de Saûl, régna pendant deux ans asse2 paisiblemenl sur les diï tribus d'Israël, lorsque David régnait à Hébron sur celle de Juda. Aimer, général do son armée, auquel il était redevable de la couronne, souffrant impatiemment une juste )• i ii. and • qu'il lui fit, passa au service de David, et le lit reconnaître pour roi par les dix tribus, l'an 10V8 avant J.-C. Quelque temps après, deux Benjamites assassinèrent Isboseth dans son lit, et portèrent sa tête h. ] avid. Ces misérables croyaient faire leur fortune par ce présent ; mais, ce généreux monarque fil tuer les deux meurtriers, et lit faire de magnifiques funérailles à Isboseth. Le règne de ce prince l'ut en tout de sept ans et demi.
IS LIN (Jacques-Christophe), ïseîius, né à Bâle en K;81, obtint la chaire d'histoire et d'antiquités de cette ville, ensuite celle de théologie et la place de bibliothécaire, et mourut on 1737, à 56 ans. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : De Gallis lihenum transeuntibus carmen heraicum, Bâle, 1696, in-4°; De hist icis latinis melioris œvi dissertation 1697, il -V' ; des Harangues, des Dissertations sur
férents points de l'histoire ecolésiasdquc, etc. , imprimées séparément ou insérées i recueils ; plusieurs ouvrages de
i (roverse, pleins de préjugés de sa secte. i Boze a donné son Eloge, Roques sa Vie; dans le Mercure suisse, et Moréri la liste de ses o vra'cs.
>JDRE «'ALEXANDRIE (saint), né en Ej -, ic vers l'an 318, passa plusieurs années d us la solitude de la Tbébaïde et du désert de Nitrie. Saint Athanase l'ordonna prôl et le chargea cie recevoir les pauvres et Jes étr. . Cette fonction lui a fait donner le
nom d'Isidore l'Hospitalier. 11 joignit à une vie austère un travail continuel. Il défendit avec >.èle la mémoire et Jes écrits de saint A anase centre les ariens. Isidore se brouilla dans la suite avec Théophile d'Alexandrie pour n'avoir pas voulu se prêter à se ; vues contre Pierre , arcldprètre d'Alexandrie ; et ce patriarche le chassa du désert de Nitrie et de la Palestine, avec trente autres solitaires. Il se réfugia à Constantinopie l'an 400, on il fut très-bien reçu de saint Chrysosion.e. Le protection ouverte qui1 celui-ci accorda h Isidore le justifie pleinem nt de l'accusation d'origénisme. Théophile se réconcilia dans la suite avec Isidore, qui mourut le 15 janvier 404. Pallade a G :;;icc son Histoire Lausiaque par la Vie de saint Isidore.
ISIDORE de CORDOUE, évoque de cette ville, sous l'empire d'Honorius et de Théodose le Jeune, composa des Commentaires sur les quatre livres des Rois, et des Allégories sur les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il dédia son premier ouvrage vers k\-2 à Paul Orose, disciple de saint Augustin. ()n le nomme aussi Isidore l'Ancien, pour le distinguer d'Isidore le, Jeune, plus connu sous le nom d'Isidore de Séville. Plusieurs biographes prétendent qu'il n'y a jamais eu d'évôque de Cordoue du nom d'Isidore, bien que le faux Dexter en reconnaisse deux, et que d'autres écrivains qui ont réfuté celui-ci aient admis l'existence du personnage dont il esl ici question, il parait que les écrits qu'on lui a attribués appartiennent à Isidore de Séville. On trouvera les documents les plus précis sur cette question dans la Bibliothèque espagnole de Nie. Antonio.
ISIDORE dePÉLUSE (saint), ainsi nommé parce qu'il s'enferma dans une solitude auprès de cette ville, florissait du temps du concile général d'Epbèse, tenu en 431, et mourut en 440. avec une grande réputation de science et de vertu. Saint Chrysostome avait été son maître, et il fut un de ses plus illustres disciples. Nous avons de lui cinq Livres de Lettres en grec, et quelques autres ouvrages, dont la meilleure édition est celle de Paris, (ioiinée par André Schot en 1530, infol., en grec et en latin. Le style en est précis, élégant et assez pur. Plusieurs points de morale, de théologie et de discipline ecclésiastique, y sont éclaircis, ainsi que plusieurs passages de l'Ecrit t re. On y trouve beaucoup de solidité et de précision. Ce saint est connu aussi sous le nom de Isidore de Damiette, les auteurs confondant quelquefois celte ville avec Péluse. Voy. le Dictionnaire géographique.
ISIDORE de SÉVILLE (saint) , fils de Sévérien, gouverneur de Carthi gène, en Espagne, où il naquit vers 570, fut élevé par son frère Léandre , évoque de Séville. Après la mort de ce saint prélat, il fut choisi pour son successeur en 601. Pendant près de 4C ans qu'il tint le bâton épiscopal, il fut le père des pauvres, la lumière des savants, le consolateur dos malheureux et l'oracle de l'Espagne. 11 mourut en saint, comme il avait vécu, l'an 6.^6. Le concile de Tolède, terni en 653, l'appelle le docteur de -son siècle et le nouvel ornement de l'Eglise. Isiih re avait présidé à un grand nombre de conciles assembles de son temps , et en avait fait faire les règlements les plus utiles. Ou a de lui plusieurs ouvrages, qui décèlent beaucoup desavoir, niais qui manquent quelquefois de goût. Les princ paux sont : Vingt livres des Origines ou Etymologies. Saint Isidore n'avait pas mis la dernière main à cet ouvrage; Braulion, évoque cie Saragosse, le retoucha et lui dont la forme dans laqie lie il est aujourd'hui. Cet ouvrage traite de presque toutes les sciences divines et humaines; des Commentaires sur b i ivres historiques de 1 Ancien Testament; ils ne sont pas assez littéraux. Nous n'avons
qu'une partie de ces commentaires. Un Traité assez curieux des écrivains ecclésiastiques , intéressant pour les amateurs de l'antiquité et de l'ancienne discipline. Isidore y marque sent prières du sacrifice, qui se trouvent encore avec le même ordre dans la messe mozarabique , qui est l'ancienne liturgie d'Espagne , dont ce saint est reconnu pour le principal auteur. L'édition du Missel , 1500, în-fol. , et celle du Bréviaire, 1502, in-fol., imprimées par ordre du cardinal Ximenès, sont fort rares. Voy. Ortiz.Ou a fait paraître a Rome, en 17M), in-fol., un Traité sur cette liturgie; une Règle , qu'il donna au monastère d'Honori , où il recommande le travail des mains , disant « que ceux qui veulent « lire sans travailler profitent mal de la lec- « ture qui leur ordonne le travail. » Ce qu il ne faut cependant pas prendre avec trop de généralité et de rigueur, comme l'a prouvé le P. Housta dans ses remarques sur VHistoire ecclésiastique de Fleury. Une Chronique depuis Adam jusqu'en 626. Une Histoire des rois Goths , des Vandales et des Suèves, dont on n'avait qu'une partie dans les éditions de ses OEuvres. Le P. Florès l'a publiée tout entière dans sa Spana Sagrada , t. VI. Les OEuvres de saint Isidore ont été recueillies par D. du Breul , bénédictin , Pans , 1601, in-fol. , et Cologne, 1618. Ces deux éditions ne sont pas complètes. On cite celle de Madrid, 1778, 2 vol. in-fol. On estime aussi celle donnée à Rome, par Fauste Arevali, 1797-1805, 7 vol. in-i°. Une précieuse Collection de décrétales, examinée et vérifiée paie savant P. Burriel {Voy. ce nom). Elle commence par ces mots : Canones sancti et magni , etc. , et comprend les conciles grecs. Celui de Nicée est à la tète. Les canons qu'on nomme apostoliques ne s'y trouvent pas. Viennent ensuite les conciles d'Afrique, puis ceux de France et d'Espagne, qui terminent la première partie. La seconde contient les décrétales des papes, et commence par deux lettres de saint Damase à Paulin d'Antioche; celles de saint Clément , Lin, Clet , Lucius, Melchiades , etc. , n'y sont pas. Après les lettres de Damase , suivent celles de Sirice (par lesquelles Denis le Petit a commencé sa collection) et celles des autres jusqu'à saint Grégoire le Grand , contemporain de saint Isidore {Voy. l'article suivant). Nous avons une Vie de ce saint par Lucas , évêque de Tuy, en Gallice. — M. Migne a donné, dans son Cours complet de Patrologie : Sancti Isidori Hispalensis episcopi Opéra omnia Romœ, anno Domini mdccxcvii excusa , recensente Faustino Arevalo , qui Isidoriana prœmisit ; variorumprœfationes , notas, collaliones, qua antea éditas , qua tune primum edendas, collegit ; veleres editiones et codices mss. romanos conlulit, nova nunc et accuratiori editione donata pretiosissimisque monument is aucta, etc., 1850. k vol. in-i°.
ISIDORE MERCATORouPECCATOR, est, selon toute apparence, le môme que le précédent qui, par humilité , prenait le nom de Peccator, dont , par erreur, les copistes auront fait Mercator : car jamais on n'a pu
avoir aucune notice sur ce prétendu Isidorus Peccator. On ne sait ni sa patrie, ni sa qualité , ni sa naissance , ni sa mort , ni aucune de ses actions : on dit qu'il a existé dans )e vnr siècle , mais son existence est contestée. On ne connaît que sa Collection des décrétales; et comme cette collection est originairement et fondamentalement celle de saint Isidore de Séville , il n'est pas raisonnable de supposer un Isidore différent de ce saint et savant évoque. Cette collection, telle que nous l'avons fait connaître dansl'artkie précédent, a été, a la vérité, successivement augmentée de plusieurs conciles et décrétales; mais elle est toujours la Collection d'Isidore de Séville , comme celle de Denis le Petit ne laisse pas, quoique beaucoup augmentée, d'être celle de Denis le Petit. «Ces « additions , dit le P. Burriel , ne diminuent « en rien l'autorité et l'authenticité de cette « collection , parce qu'elles sont toutes au- « thentiques , et on ne peut pas dire pour « cela que saint Isidore n'en soit pas l'auteur, « puisque ces additions se faisaient succes- « sivement à la collection formée, de la même « manière qu'on ajoute aujourd'hui au Bré- « viaire les saints nouveaux. Ceci ne se fai- « sait pas sans autorité légitime , le respect « qu'on avait alors pour ces canons et cette « collection , étant si grand , comme tout le « monde sait , et qu'on peut prouver par « plusieurs témoignages. C'est ainsi que saint « Julien de Tolède, ses évêques provinciaux « et les procureurs des autres métropoli- « tains d'Espagne , n'ont point trouvé de « marque plus sublime d'honneur a faire aux « actes du sixième synode général, pour les « faire publier et recevoir comme constitu- « tion dogmatique de toute l'Eglise, que d'or- « donner de les placer dans le Codex Cano- « num, à la suite du concile de Chalcédoine, « comme en effet il fut ordonné dans les ca- « nons 5, 6 et 7 du quatorzième concile de « Tolède. Par la même autorité on ajoutait « les conciles particuliers, comme on le voit « dans le prologue du neuvième concile de « Tolède.... De la manière que Denis le « Petit est reconnu pour auteur de la collec- « tion par lui faite, quoique Adrien Ier l'aug- « mentât de plusieurs additions , et que la « collection ainsi ajoutée par Adrien est at- « tribuée, malgré cela, à Denis le Petit, parce « que les additions n'ont point altéré le fond, « l'ordre et la symétrie de l'ouvrage diony- « sien; de même, quoique après la mort de « saint Isidore, on ait ajouté à sa Collection « quelques conciles postérieurs au saint, on « ne doit pas pour cela lui ôter la gloire « d'auteur de la Collection ; et on ne doit pas « non plus laisser d'appeler et nommer ce « Code Collection d'Isidore, parce qu'on y « trouve des additions postérieures à sa « mort, quand celles-ci n'ont point altéré la « substance, la distribution et l'arrangement « de son ouvrage. » Interpolée ensuite par un inconnu , elle est encore la Collection d'Isidore de Séville , puisque le fond , le plan et la disposition en subsistent, et que c'est évidemment cette Collection qui, mal--
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adroitement retouchée et amplifiée , a été répandue en Allemagne durant les vin" ot ixe siei les. C'est à tort cjue quelques écrivains, et particulièrement le compilateur Febronius, ont prétendu que celle collection avait produit des changements dans l,rh érarchie et la discipline, et agrandi l'autorité du pape. Car, l°on s'accorde à croire que cet éditeur ou interpolateur a vécu dans le vur siècle; son ouvrage ne tut connu que vers 790 (1). Il est reconnu que les papes Innocent Ier, Grégoire leGrand, Léon le Grand, ont exercé dans toute l'Eglise une autorité plus vaste, plus ferme, plus éclatante que la plupart de leurs successeurs. Les hérétiques mêmes en conviennent. Casaubon admire en particulier l'énergie du pontificat de Léon Exercit. 15 ad Annal. Baron.). Avant eux , et dès les premiers siècles, |e pape saint Clément, disciple de saint Pierre, adresse des lettres pleines de force aux Corinthiens (sans que leur évêque s'en formalise), pour les reprendre des dissensions qui les divisent. Saint Irénée enseigne que c'est au siège de Home qu'il faut recourir pour s'instruire .de la tradition anos olique; et de toutes les parties du monde chrétien, on porte à Home les causes les plus importantes. Si les évoques proscrivent les erreurs dans les conciles , c'est toujours à Rome qu'ils demandent la confirmation de leurs décrets. Si les évoques d'Orient demandent la continuation ne leurs élections à leurs patriarches, les élections des patriarches demeurent aussi toujours soumises au siège de Rome , auquel ils envoient leurs professions de foi; et les papes refusent de les confirmer lorsqu'ils jugent les élections irrégulières ou les professions de foi insuffisantes. Saint Athanase , Paul de Coustantinople, Marcel d'Ancyre, Asclipas de Gaza, en appellent à Rome des sentences portées contre eux par des conciles; Jules I" casse les sentences et restitue les évoques à leurs sièges. Innocent Ie' rétablit saint Jean Chrysostomè sur le siège de Constantinople, et annule le décret du concile du Chêne qui l'a déposé, etc., etc. Alors Isidore n'était pas encore au monde; il devait s'écouler quelques siècles avant qu'il y vint. 2° Si on en croit le fameux abbé Schmidt, dans son histoire des Allemands, regardée parles partisans des nouveaux systèmes comme un livre national et classique , ce n'est pas du tout pour élever le pape , mais pour soustraire les évoques à l'empire des métropolitains,
(I) Riculphe, archevêque de Mayence, en lit diverses tirpies, qu'il répandit en Allemagne et en Fiance. Quelques critiques fonl Riculphe auteur de cette collection ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle a d'abord paru à Mayence, connue l'a prouvé le Père Zaccaiïa, et non en Espagne, comme l'ont annoncé des écrivains peu instruits ( à moins qu'on ne l'entende du fond même de la Collection ). Car puisque dans toute l'Espagne on ne trouve et qu'on n'a jamais trouvé un seul exemplaire manuscrit deia Collecdon interpolée, puisqu'on ne l'y connaissait pas avant I invention de l'imprimerie, il est lout-à-l'ait déraisonnable d'attribuer cette altération à un écrivain espagnol.
qu'Isidore a compilé ou fahriqué ses Décrétâtes. « Isidore, dit-il, osa attaquer les juges « mêmes des évêques, c'est-à-dire les métro- « polilains, et tâcha d'anéantir leur pouvoir, « afin que les évèques fussent libres et en «sûreté, et, pour ainsi dire, inviolables. On « se trompe beaucoup si l'on croit que son « dessein était d'élever l'autorité du pape. Il « ne les faisait plus grands qu'afin de rendre « les métropolitains plus petits. » Avant M. Schmidt, Charles Rlasco, dans un savant Commentaire sur bs canons d'Isidore, avait établi la même opirion , à cela près qu'il croyait , et avec raison , l'autorité du pape également propre a consolider celle des métropolitains, en même temps qu'elle les empêchait d'en abuser. Selon Rlasco, le but du collecteur des Décrétales était d'établir un métropolitain à Mayence avec les prérogatives de patriarche; le tout par l'autorité papale , destinée par Jésus-Chnst à donner la sanction à toute autorité subalterne dans le gouvernement de l'Kglise; et pour rassurer les évêques contre la puissance des métropolitains, il leur montrait dans le pape un moyen sûr de la contenir. 3° Le compilateur ou interpolateur, quel qu'il soit , a-t-il vraiment poussé l'imposture et le triste talent de la falsification aussi loin qu'ils le disent? Gardons-nous bien de Je croire; nous adopterions la plus étrange absurdité. Quoique plusieurs de ces lettres soient suspectes h cause de la fausseté des dates , à cause des noms des papes à qui on les attribue, ou à cause des titres d'archevêques, qui n'étaient pas encore en usage dans les temps où l'on suppose qu'elles ont été écrites, on ne peut pas conclure, de là qu'elles sont indistinctement et généralement fausses quant au fond ; car est - il bien surprenant qu'un compilateur peu éclairé dans la critique ait adopté des écrits intidèles pour les dates ou pour les noms des papes ? Est-il surprenant qu'il ait substitué mal à propos le titre d'archevêque à celui d'évêque, pour les sièges qui avaient le litre d'arche \rèché dans le temps où il écrivait? « Faut-il s'éton- « ner, dit un critique aussi savant que rai- « sonnable, si, dans le temps où l'imprimerie « n'existaitpas, où lesexemplaires manuscrits « étaient rares, et plus rarement collation- « nés avec les originaux ; où les documents '« épais manquaient d'ensemble et de suite, « sans nom d'auteur, et mêlés confusément « avec les ouvrages des autres; où les cote pistes s'occupaient à réunir tout ce qui « avait quelque rapport; où les savants ajoute taient des notes et des réflexions, qui « ensuite ont passé dans le texte, et substi- « tuaient aux anciens mots, des mots plus « connus et plus assortis à l'état des choses, « etc. ; fnut-il s'étonner, si dans un tel temps « il s'est formé des collections où nous trou- « vous de grands défauts et des faussetés, sans « que l'esprit d'erreur ou l'envie de tromper y « ait eu la moindre part?» Enfin est-il croyable qu'un imposteur ayant dessein de surprendre la bonne foi des églises et de leur faire adopter des lettres supposées, n'eût pas oi>
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serve au moins la vraisemblance, sur la dis- necessitate : h*;c certissima norm a est
cipline qui s'était observée jusqu'alors? Est- conciliante antique ecclesiarum disci-
il croyable que ce rédacteur eût pu, au flin,e cum nova.
moyen d'une suite de décrétales jusqu'alors ISIDORE de SAINT-JOSEPH, selon les
ignorées, persuader à toute l'Eglise osciden- uns de Douai, selon d'autres de Dunkerque,
taie qu'elle avait suivi jusqu'à ce temps un embrassa l'ordre des carmes à Douai, l'an
usage contraire à celui qu'elle avait toujours 1622. Il enseigna avec réputation la philoso-
pra iqué effectivement, et cela sur un fait aussi phie et la théologie aux Pays-Bas, et laeontro-
nnportant, aussi publicqueceluidu gouverne- verse à Rome; fut fait consulteur du saint-
ment généralderEglise,etdontililevaitrester office, procureur général delà congrégation
encorebeaucoupdemonumenlsauthentiques? d'Jtalie de son ordre en 1650, et définiteur
On peut dire que cette dernière réflexion général en 1656. Il était versé dans les lan-
surtout est péremptoire. Pour la combattre, gués et dans l'histoire de son ordre. Il mou-
il faudrait supposer qu'un aveuglement gé- rut à Rome l'an 1666. On a de lui : Vita et
néral et subit eût frappé tous les esprits; que epistolœ spirituelles Joannis a Jesu Maria
les évèques, L's princes et les peuples, ont Carmelitœ, Home, 16W, in-24; Sancti Grego-
passé tout-à-coup à un oubli des choses pas- rii decapolitœ sermo nunc primum editus,
sées plus parfait que celui que produisait l'eau grec et latin, avec des notes, Rome, 16V2;
du Léthé. Mais, outre l'extravagance d'une une Histoire des carmes de la congrégation
pareille supposition, il y a de plus ici une er- d'Italie, publiée en 1671, en 2 vol. in-folio,
reur contre la foi. Quelque illusion que puisse par le Père Pierre de Saint-André,
produire un recueil de fausses décrétales, il ISIDORE de ÏSOLANIS, dominicain mila-
est impossible, il est contre la divine parole, nais, dans le xvie siècle, s'est rendu célèbre
contre l'assistance promise du Saint-Esprit, par les opinions singulières et hardies qu'il a
que l'Eglise en fasse depuis dix siècles la ba*e répandues dans ses ouvrages. Les principaux
et la règle de ses opérations, des décrets de ses sont : De imperio militantis Ecclesiœ, ouvrage
conciles, de l'état général de sa discipline et rare et curieux; Disputationum catholicarum
de sa hiérarchie. Le prétendre avec Fébro- libri quinque. Il y traite de l'enfer, du pur-
nius et les docteurs d'Ems, c'est livrer l'E- gatoire et des indulgences : ce livre est (lus
pouse de Jésus-Christ à l'esprit de sub- recherché que le précédent. De principis
version et de désordre, c'est tomber dans institutione: ces tro's ouvrages furent im-
la dangereuse et criminelle folie dont primés- à Milan, en 1517, in-folio,
parle saint Augustin : Si quid per totum IS.VIAEL, fils d'Abraham et d'Agar, naquit
orbem fréquentât ccclcsia , quin sit facien- l'an 1910 avant Jésus-Christ. Ayant un jour
dum dispulare, apertissima insania est. — maltraité son frère Isaac, Sara sollicita Abra-
Le célèbre Morin , homme profondément ham de le chasser avec sa mère Agar, et ses
instruit dans les affaires de discipline et de instances furent appuyées d'un ordre du Sei-
hiérarchie, établit la môme règle d'une ma- gneur. Ces deux infortunés se retirèrent dans
nière lumineuse et pathétique : lnsolentis- un désert, où Ismaèl était près de mourir de
sima igitur est insania, non modo disputare soif, lorsqu'un ange du Seigneur apparut à
contra id quod videmus universam Ecclesiam Agar, et lui montra un puits plein d'eau, dont
credere, sed etiam contra id quod videmus eam elle but ainsiqueson lils. Ils continuèrent leur
facere. Fides enim Eccles:œ non modo régula chemin, et s'arrêtèrent au désert de Pharan.
est fidei nostrœ, sed etiam actiones ipsius ac- Ismael épousa une Egyptienne, dont il eut
tionum nostrarum; consuetudo ipsius consue- dou/;e fils, desquels sortirent les douze tri—
tudinis quam observare debemus. Prœf. Corn- bus des Arabes, qui subsistent encore au-
ment. nist. de admin. sacram. pœnit. — jourd'hui. Ses descendants habitèrent le
Enfin, quand il serait vrai que les Décrétales pays qui est depuis Hevilla jusqu'à Sur. Is-
d'Isidore auraient apporté quelque change- mâël se trouva à la mort d'Abraham, et le
ment dans la discipline, il en faudrait con- porta, avec Isaac, dans la caverne du ch :mp
dure précisément qu'elles ont été l'occasion d'Ephron. Ismaèl mourut l'an 1773 avant Jé-
(nullement le fondement, le titre et la sanc- sus-Christ Mahomet, dans son Alcoran, se fait
tion) d'une réforme avantageuse; que l'Eglise gloire d'être sorti de la famibe d'Ismaël. « Il
a cru s'en bien trouver, et, que cette révolu- « semble, dit un auteur moderne, que le peu-
tion dans la discipline rentre dans la consi- « pie de Dieu doit toujours avoir les enfants
dération générale des vicissitudes qu'elle a « d'Ismaël pour ennemis, que cette race est
essuyées, et qui toutes tiennent à un gouver- « destinée a combattre les chrétiens comme
nement dont 1 Esprit saint dirige les moyens « les juifs, et que le Seigneur a résolu de
et assure la conservation. C'est la conclusion « s'en servir pour châtier les uns et les au-
du savant Thomassin, qui d'ailleurs a (.eut- « très, conformément à ce passage de saint
être attribué trop d'influence aux fausses Dé- « Paul : Quomodo tune is qui secundum car-
(létales : In usu et exercilio variatum est, « nem natus fuerat, persequebatur eum qui
non inpotestate, quœ et in conciliis provincia- « secundum spiritum : ita et nunc. Galat. iv. »
libus suo modo, et in romanis pontificibus pro D'autn s ont observé que les Arabes, tou-
eorum summo principatu eadem semper in- jours indépendants, jamais asservis, tedou-
tacta alque illibata viget : erumpit a ut cm et tab espar une vie errante et ndbtaire,dépouil-
exercetur non eodem semper modo ; sed pro lant ou rançonnant tout c qui les approche et
locorum temporumqle et RERU.u opportu- tout ce qu'ils peuvent atteindre, plus invinci-
nitate, pro ecclesîje sive utilitate, siye blés dans leurs camps volants que les autres
ISO
ITH
ïeuplesdans leurs forteresses, semblent réaiser encore aujourd'hui le caractère et la destinée d'Ismaël et de sa postérité : Hic crit férus homo ; mantu ejus contra onmes et
manu* omnium contra cum ; et t regiotie universorum fiutrum suorum fujet labernucula. Gen. xvi.
ISOARD ( /oâghim-J ban-Xavier d* ) , cardinal, archevêque d'Auch, et archevêque Dommé de Lyon, né à Aix le 2'J octobre 17G6 d'une famille très-ancienne du Dauphiné, lit ses premières éludes au petil séminaire d'Ai\, ou il connut Fesch, qui <le\ int dans la suite cardinal, et se destina d'abp d à la magistrature. A l'époque de la tourmente révolutionnaire il émigra, et il se trouva, en 179V, à Vérone, auprès de Monsieur, depuis Louis XVIII, qui lui donna une mission. Après la. terreur, il revint à Aix, où il fut élu membre du conseil des sections, et il se trouva en position de sauver la vie à Lucien Bonaparte, poursuivi comme ayant été l'un des plus ardents révolutionnaires du midi de la France. En 1803, le cardinal Fesch, cpji l'amena avec lui à Rome, le lit nommer auditeur de Rote, et il entra, en charge au mois de juin 180V. Il acquit bientôt la réputation d'un juge intègre et éclairé. D'Isoard eut sa part des persécutions lors des brouilleries de l'empereur avec le pape, et il suivit en France les cardinaux et les prélats romains. Au mois de janvier 181V, il adressa, au nom de tous les prélats présents à Paris, un mémoire au souverain pontife, dans lequel il l'engageait à persévérer dans sa courageuse conduite, et lui faisait espérer une délivrance prochaine. Au commencement de la restauration , un autre auditeur de Rote fut nommé : c'était M. de Salamun, ancien conseiller-clerc au parlement de Paris, sacré évoque d'Orthosie en 1806; mais la cour de Rome refusa de le reconnaître. Ce débat se termina par la nomination de Mgr de Salamon à l'évèché de Saint-Flour, et d'Isoard continua d'occuper sa place à la Rote. 11 eut beaucoup de part à la conclusion du concordat de 1817, ce que témoigne suffisamment le rappoit, qui est écrit en entier de sa main. En 1823, il fut un des exécuteurs testamentaires de Pie \ II , qui eut toujours pour lui une tendre affection. En 1824, il devint doyen du tribunal de la Rote, ce qui, dans les usages de la cour de Rome, devait le conduire au cardinalat. Mgr d'Isoard n'était toutefois encore que simple tonsuré : son entrée dans les ordres avait toujours été différée par son excessive délicatesse de conscience. Enfin il se détermina à recevoir les ordres sacrés, et il fut ordonné prêtre à Rome en 1825. C'est le 25 juin 1827 qu'il fut fait cardinal par le pape Léon Xil, qui le désigna souvent comme arbitre dans les affaires difficiles et importantes. 11 eut d'abord le titre presbytéfal de Saint-Pierre-ôs-liens, puis celui de la Trinité-au-Mont-Pincius. Après son retour en Fiance, le roi le nomma à l'archevêché d'Auch, et il fut sacré le 11 janvier 1829, à Paris, par Je cardinal de Laid. Le 24 du même mois Charles X le nomma
pair de France avec le titre de duc. Dans son diocèse comme à Rome, le cardinal montra cette douceur et cette affabilité qui lui gagnaient tous les cœurs. Il se rendit encore deux fois en Italie pour assister aux deux conclaves qui élurent l'un Pie VIII, et l'autre Grégoire XVI. Il refusa deux fois l'archevêché ri' Aix, et, en 183(», l'archevêché de Bordeaux ; mais après la mort du cardinal Fesch, son ancien ami, il crut devoir accepter celui de Lyon. Il n'eut pas le temps de prendre possession de son nouveau siège : il mourut le 7 octobre 1839 à Paris, où il était venu attendre ses bulles.
ISOLANI ( M ahik-Joskpii), prêtre de la congrégati n de l'Oratoire de Saint-Philippe de Néri, naquit à Bologne, le 9 mars 1686, d'une famille sénatoriale. Il fit ses études à Rome et à Turin, sous des maîtres qui, avec le goût des lettres, lui inspirèrent celui de la piété. Après avoir embrassé l'institut de l'Oratoire en février 1705, il fit sa principale étude de rassembler des Mémoires sur les Vies des saints, des bienheureux et des plus illustres serviteurs de Dieu, et il en forma des recueils admirés des bollandisles, juges si compétents, (jui les ont souvent cités. Le savant Gaétan Volpi a aussi i arlé de ces recueils avec une grande estime. Le Père Isolani mourut saintement à Bologne le 24 novembre 1756. On a de lui : Vita di Anna Maria Calegari Zucehini, Jiolognese, Bologne, 1743; Vita del P. Luigi Fenaroii, prête delT Oratorio di Bologna, Rrescia, 1759 ; soixante volumes sur des objets de dévotion et de spiritualité, restés manuscrits et conservés dans la bibliothèque des Pères de 1 Oratoire de Bologne. — Le Père Rarbieri, de la même congrégation, a publié : Memorie délia vita e virlu del Padre Ercole-Maria-Giuscppe Isolani, etc., Venise, 1751. On peut consulter, sur le Père Isolani et sur d'autres personnages de son illustre famille, les Notizie degli scrittori bolognesi del cavalière Fantuzzi, 1 vol. in-4°, p. 366 et suiv.
ISRAËL (saint) fut prévôt de la collégiale de Saint-Junien en Limousin , puis grand chantre de Dorât dans la même province, où il avait embrassé l'institut des chanoines réguliers. Il mourut le 22 décembre 1014. La translation de son corps se fil en 1639. Nous avons de lui : une Histoire de Jésus-Christ, en vers et en langue vulgaire, que l'on a faussement attribuée à un Isaac, abbé d'Esterp , dans le nouveau Glossaire de Ducange. Cet ouvrage prouve que la langue romane était en usage avant le xn" siècle. Le P. Labbe a publié dans sa Biblioth. nova mss., tom. II , la Vie du B. Israël, qui fut écrite quelques années après sa mort.
ISSACHAR, cinquième fils de Lia, et le neuvième des enfants de Jacob. Ses descendants sortirent d'Egypte au nombre de 54,4-00 combattants. Sa tribu s'adonna à l'agriculture. Ce patriarche était né l'an 17V9 avant Jésus- Christ : on ne sait pas la date de sa mort.
ITHACE, évêque d'Ossobon (Ossone) en Espagne, montra beaucoup de zèle contre les priscillianistes ; mais ayant abusé de sou
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crédit près de l'empereur Maxime, pour les science, qu'il devint abbé, puis évèque de
faire condamner à mort.il encourut l'indigna- Chartres en 1092. Il s'éleva avec zèle contre
tion publique, et plusieurs évoques se sépa- le roi Philippe 1er, qui avait enlevé Bertrade
rèrent de sa communion. Voy. Priscillien. de Montfort, femme de Foulques leRechïn,
ITTIG ou ITTIGIUS (Thomas), savant pro- comte d'Anjou, après avoir quitté la sienne, fesseur de théologie protestante à Leipzig, où Bcrthe de Hollande. Il gouverna son diocèse il naquit le 31 octobre 1643, travailla aux avec sagesse, y fit fleurir la discipl ne ecjournaux de cette ville avec succès, et y clésiastique, et mourut le 21 décembre 1115, mourut le 7 avril 1710, âgé d'environ 67 à 80 ans. L'historien de l'Eglise gallicane ans. Il avait du savoir et des vertus, et il eut peint cet évoque sous des traits qui le vende la réputation dans son pays. On a de lui : gent bien des jugements défavorables qu'en un Traité sur les incendies des montagnes, ont portés quelques écrivains. On a de lui : Leipzig, 1671, in-8°; une Dissertation sur un Recueil de décrets ecclésiastiques. Les les hérésiarques des temps apostoliques, 1703, fausses Décrétâtes y sont mêlées avec les in-4° : elle est très-eslimée; une Histoire des vraies. Il transcrit ordinairement le Recueil synodes nationaux tenus en France par les ré- de Burchar i de Worms, comme celui-ci avait formés, 1705, in-V"; une- Histoire ecclésiasti- transcrit celui de Reginon. Un grand nomque des deux premiers siècles de l'Eglise, 1709 bre d'Epitres, et d'autres ouvrages fort utiles et 1711, 2 vol. in-4°; des OEuvres théologi- pour connaître la discipline de son temps. ques. Tous ces ouvrages sont en latin. On Toutes ses OEuvres ont été imprimées à Pales commit peu en France. La plupart sont ris en 16V7, in-folio, accompagnées de roremplis de préjugés puisés dans la secte que marques savantes et utiles , et d'une Vie l'auteur professait. 11 a paru sur ce savant de ce saint, tirée de ses écrits, et de divers professeur un écrit intitulé : De vita, obitu, monuments du temps, par Jean Fronteau. scriptisque Th. Ittigii, Epistola dissertât, a Cette Vie est insérée dans les Acta sanctorum, J.-F. Kernio, Leipzig, 1710, in-4°. avec des remarques du Père Henschenius.
IVES (saint), Ivo, né dans le territoire de Outre le Recueil des Décrets ecclésiastiques
Beauvais, dîme famille nohle, fut disciple et les Epîtres, celte collection renferme : Mi-
de Lanfranc, prieur de l'abbaye du Bec, et crolo'gm de ecclesiasticis officiis, des Sermons,
se distingua tellement par sa piété et par sa et une courte chronique des rois de France.
JABALOT (le P. François-Ferdinand), né trée en contrée, sans demeure fixe, et sans
l'an 1780 à Parme, de parents français qui autre habitation que des tentes, comme de-
s'étaient établis dans cette ville pour faire le puis ont fait les Scythes, les Nomades et les
commerce, fut admis comme novice dans Arabes Sénites. Le nom de Père se prend
l'ordre de Saint-Dominique à l'âge de 18 ans. souvent dans l'Ecriture sainte pour maître,
Après qu'il eut terminé son cours de philo- chef, instituteur.
sophie, il alla faire sa théologie au couvent JAB1N, roi d'Asor, fit avec trois rois ses de la Minerve à Rome, où il s'appliqua à voisins une ligue contre Josué. Ce général, l'étude des langues orientales, et surtout de comptant sur la protection du Seigneur, alla l'hébreu. Le Père Jabalot, qui s'était senti de au-devant de l'année ennemie, la tailla en bonne heure une vocation spéciale pour la pièces, fit couper les jarrets aux chevaux, et prédication, ne tarda pas à se faire une haute brûler les chariots de guerre. Josué alla enréputation dans la chaire, et tandis que les suite assiéger Jabin dans sa capitale. Elle fut prélats et des souverains le chargeaient de prise, détruite, et le roi et tout son peuple, prononcer des oraisons funèbres et de faire dont les mœurs et les abominations en des stations du carême, les académies s'em- tout genre avaient attiré la malédiction pressaient de se l'agréger. Il mourut subite- du ciel, furent passés au fil de l'épée. — Un ment à Rome le 9 mars 183V. Il était parvenu de ses descendants, nommé Jabin comme aux premières dignités de son ordre, et avait lui, entreprit de le venger deux cents ans été nommé maître-général et consulteur de après, l'an 1283 avant Jésus-Christ. Il s'assula congrégation de l'Index et des indulgences, jettit d'abord les Israélites; mais Dieu suscita examinateur des évêques. On a du P. Jaba- Barac et Debora pour délivrer son peuple de lot: Degli Ebrei nel loro rapporto colle na- la servitude. Sisara, lieutenant qV; Jabin, ziorti oHstime, Rdme', 1825, in-12 : l'auteur perdit la bataille et la vie. Jabin, voulant s y propose de montrer que le Talmud est venger la mort de son général, subit le même en opposition avec les lois sociales de la ci- sort. Sa ville capitale fut pour la seconde fois vilisation des autres peuples ; Orazione fu- détruite et rasée entièrement. nebre in morte del conte Antonio Cerati, detta JABIN rùAU [Henri), prêtre de la doctrine in Par ma nel 1816, in-4°. chrétienne, puis avocat, naqu;tà Etampes. Il
JABEL, fils de Lamech et d'Ada, de la fa- était professeur au collège des doctrinaires à mille de Gain, fut le père des pasteurs qui Vitry -ïe-Franeais ; il resta p'usieurs années habitaient la campagne sous des tentes; c'est- sans p. endre les ordres pour ne pas sousà-dire qu'il inventa la manière de aire pai- crire le formulaire, iMais Poncet Desessarts tre les troupeaux, en les conduisant de cofl- obtint de l'évoque de Chàlons-sur-Marne ,
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qu'il lui conférerait les ordres sans exiger sa signature. On dit que cette complaisance fut payée 20,000 francs, que Poneet-Desessarts avait promis à cetle condition pour les incendiés de la Fùre-Champenoise. Après la mort de M. de Choiseul, qui l'avait ordonné, Jabineau fut interdit par son successeur et obligé de s'arrêter dans la carrière do la prédication, qu'il avait embrassée et où il s'était fait quelque réputation. Il se rendit h Paris, y dogmatisa h sa manière, et se lit interdire de nouveau par M. de Beaumont. Ce fut alors qu'il abandonna l'Oratoire, et qu'il obtint le prieuré d'Andelotavec le titre de chapelain de Saint-Benoit. Il continua, malgré son interdiction, de prêcher dans des réunions particulières, et dans les provinces. Fatigué de ce ministère, il se fit avocat en 1TG8, fréquenta le barreau, et donna un grand nombre de consultations sur toutes les affaires de parti; on l'entendit môme plaider. Le parlement ayant été dissous en 1771, il embrassa avec chaleur la cause des magistrats renvoyés, et son ardeur à déclamer contre le président Maupeou lui ouvrit les portes de la Bastille. Bendu à la liberté, il jouit du triomphe des magistrats exilés, et rentra avec eux au barreau. Ami de l'opposition par caractère, et accoutumé par la doctrine qu'il professait à fronder l'autorité, il favorisa les innovations de 1789; mais les désordres dont elles ne tardèrent pas d'être suivies le firent changer de système. Il combattit la constitution civile du clergé, et traita assez mal les évêques de ce parti, sans renoncer cependant à ses sentiments sur l'appel. Il mourut au commencement du mois de juillet 1792, ne laissant aucun ouvrage remarquable que quelques mémoires sur des questions de droit, quelques livres ascétiques peu importants, et quelques écrits contre les innovations de la constitution civile du clergé. Nous citerons de cet écrivain : Epîtres et évangiles des dimanches, etc., avec de nouvelles réflexions, 1775, in-12; Exposition des principes de la foi catholique sur l'Eglise, recueillis des instructions familières de M. lab..., in-8% publié après sa mort; Lettre d'un magistrat de province à M..., au sujet des protestants, 1787; Lettre à un ami de province sur la destruction des ordres religieux, 1789; Lettre à M. Agier sur la consultation pour l abbé Saur ine, 1790; Mémoire sur la compétence de la puissance temporelle, sur l'érection et la suppression dss sièges épiscopaux, 1790; Réplique aux développements de Camus sur la constitution civile du clergé, 1790; La légitimité du serment civique, par Baillet, convaincue d'erreur, 1791. Jabineau ne borna pas aux six derniers ouvrages cités ses travaux contre les innovations religieuses de l'Assemblée constituante ; il commença, le 15 septembre 1791, un journal intitulé : Nouvelles ecclésiastiques, ou Mémoirepour servir à l'histoire de la constitution prétendue civile du clergé. Son intention était de l'opposer aux anciennes Nouvelles ecclésiastiques, rédigées par i'abbé de Saint-Marc {Voy. Guem.nj, qui soutenaient le schisme. Il attaqua vivement
' ses adversaires, et releva leurs inconséquences et leurs erreurs. Ces Nouvelles cessèrent de paraître un mois après sa mort, Maultrot et Blonde, ses collaborateurs, n'ayant pu les continuer.'
JABLONSKI (Daniel-Ernest^ , théologien protestant, né à Dantzig le 12 novembre 1600, exerça le ministère dans diverses villes d'Allemagne, et fut recteur du gymnase de Lissa. Il devint ensuite conseiller ecclésiastique de Berlin, prédicateur du roi de Prusse, et président de la société des sciences de cette ville. Il mourut le 26 mai 1742 dans sa 81* année, après avoir fait paraître beaucoup de zèle contrôles athées et les déistes, et après avoir travaillé longtemps, et avec le succès qu'il devait prévoir, à la réunion des calvinistes et des luthériens. Voy. Home. On a de lui des Sermons en allemand, 1718, in-4°; des l'raités théologiques, l'édition d'une Bible, des Réflexions sur l'Ecriture sainte, des versions latines d'auteurs, anglais, telles que les Huit discours contre les athées, par Bichard Bentley, Berlin, 1696, in-8°; le Traité sur la prédestination, par le docteur Burnet, ibid., 1701, in-8°; etc.
JABLONSKI (Paul-Ernest), fils de Daniel- Ernest, savant orientaliste, professeur en théologie et pasteur de Francfort-sur-1'Oder, naquit à Berlin en 1693, et mourut en 1757, à 6i ans. Il fit en 1714 un voyage dans une grande partie de l'Europe aux frais de son gouvernement. 11 a éclairci divers articles de la langue et des antiquités égyptiennes. Son ouvrage le plus connu en ce genre est intitulé : Panthéon JEg y ptiacum; c'est un traité sur la religion des Egyptiens, publié en 1750- 1752, 3 vol. in-8° , à Francfoi t-sur-1'Oder. On a encore du même auteur : De Memnone Grœcorum et Mgyptiorum, Franc'brt, 1753, in-4°, avec des figures; lnslitutioncs historiœ ecclesiasticœ, 2 vol. in-8°, estimé des protestants; Opuscula, quibus lingua et antiquitas jEgyptiorum , difficilia librorum sacrorum loca, etc., illustranlur, edidit J. G.the Water, Leyde, 1804-13, 4 vol. in-8°. On y a réuni divers opuscules publiés par Jablonski, avec des corrections et additions tirées des papiers laissés par l'auteur. Nous avons encore de cet auteur grand nombre d'ouvrages curieux et profonds, qui l'ont fait mettie au rang des plus savants orientalistes.
JACCAKD (François), missionnaire martyr, né au mois de septembre 1799, dans la province de Faucigny en Savoie, termina ses études a i collège de Mélan,fonué par labbé Ducrey en 1803, avec li destination spéciale de préparer les élèves au sacerdoce, et alla faire deux ans de théologie au séminaire de Chambéry, le seul qui existât alors en Savoie. Au mois d'août 1821, il entra au séminaire des Missions-Etrangères à Paris, n'ayant encore reçu que les ordres mineurs. Ordonné prêtre en 18*23, il partit le 10'juillet de cette même année pour s'embarquer à Bordeaux:
par suite des séjours qu'il fit au Bengale, a Macao et au Tong-King, il n'arriva que le Ojanvier 1826 en Cochinchine. L'abbé Jaccard eut bientôt gagné le respect et l'affection deg
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chrétiens dans cette contrée. Devenu provicaire généra! de la mission, il se trouva
>lus exposé à l'attention des persécuteurs.
1 fut arrêté et emprisonné, d'abord à Ai-Lao, nuis transféré à Cam-Lo. Dans le premier Interrogatoire qu'on lui tit subir sans le mettre à la torture, il apporta autant de sagesse dans ses réponses que de fermeté; mais dès ce moment le généreux confesseur vit aggra: ver ses maux, et il put prévoir le sort qui lui était réservé. Un second interrogatoire eut lieu quelques jours après : le mandarin pressant L'abbé Jaccard d'apostasier, le missionnaire rejeta la proposition avec horreur. Alors le mandarin ordonna de commencer la torture. Le patient, étendu par terre, chargé de la cangue et de ses chaînes, fut attaché à quatre ou cinq pieux enfoncés dans le sol; il reçut quarante-cinq coups de rotin, donnés à neuf reprises par différents bourreaux. Après cinq coups le mandarin recommençait ses questions et ses instances, mais toujours inutilement. Chaque coup faisait jaillir et ruisseler le sang. Enfin l'abbé Jaccard fut reconduit en prison, chargé de sa lourde cangue et de ses chaînes. Mais la douleur la plus vive qu'il ressentit, ce fut d'apprendre qu'un certain nombre de chrétiens avaient renié leur foi dans les tourments. Le 21 septembre 1838, dès le matin, une troupe de soldats commandés parun mandarin se rendit à la prison. L'abbé Jaccard et un jeune néophyte, Thomas Thiôn, resté fidèle à la croix, furent tirés de leur cachot et conduits au lieu du supplice. L'abbé Jaccard eut la consolation, avant de mourir, de recevoir l'absolution d'un prêtre annamite, qui était venu là dans ce dessein.
JACKSON (Thomas) , théologien anglais, président du collège de Christ à Oxford, ensuite doyen de Pétersborou^h, naquit à Witton, dans la province de Durham, en 1579, et mourut en 16i0. On a recueilli ses ouvrages en 1693, en trois volumes in-folio. On y trouve une Explication du symbole, estimée des anglicans.
JACKSON (John), théologien anglais, né à Lensey en 1686, fut ministre de l'Evangile, comme l'avait été son père. Il partagea les erreurs de ses amis Clarke et Whiston sur la Trinité, et la chaleur qu'il mit à les soutenir le fit exclure de tout bénéfice et lui attira plusieurs affaires fâcheuses. L'université de Cambridge lui refusa le titre de maître-èsarts, et il ne put être admis à Bath à la communion anglicane. 11 en vint à ne plus vouloir.souscrire les 29 articles de la confession de foi de sa secte. Doué d'un caractère ardent, il consuma. sa vie dans les disputes. Il mourut le 12 mai 1763, laissant de nombreux écrits, parmi lesquels nous citerons ceux qu'il publia en faveur des principes du christianisme contre les erreurs de Collins, de Tindal, et de leurs partisans : Défense de la liberté humaine, contre Collins; Remarques sur Le Christianisme aussi ancien que le monde, de Tindal; L'existence et l'unité de Dieu prouvées par sa nature et par ses attributs ; Dissertation sur l'esprit et la matière, avec des Re-
marques sur la Recherche de Raxter touchant la nature de l'âme humaine ; Adresse aux déistes pour prouver la religion par les miracles et les prophéties ; quelques autres écrits contre Warburton, pour établir la mission divine de Moïse, et contre Middleton, pour prouver que le pouvoir des miracles a continué dans l'Eglise après les apôtres. Nous citerons encore de lui les Antiquités chronologiques, 1752, 3 vol. in-4", qui furent le dernier et le plus considérable de ses ouvrages. JACOB, célèbre patriarche, fils d'Isaac et de Rebecca, naquit vers l'an 1836 avant Jésus-Christ. Sa mère avait [dus d'inclination pour lui que pour Esaii son frère, à cause de la douceur de son caractère et de son aptitude aux affaires domestiques. Esaii lui vendit son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, et Jacob lui enleva ensuite la bénédiction que son père voulait lui donner. Voy. Rebecca. Obligé de fuir la colère de son frère, il passa en Mésopotamie, aupiès de Laban son. oncle. Dans la route, s'étant arrêté en un lieu favorable pour se reposer, il vit en songe une échelle mystérieuse, dont le pied touchait à la terre et le haut au ciel. Les anges montaient, descendaient, et Dieu paraissait au haut; vision qui exprimait la communication admirable et consolante du ciel avec ta terre, celle surtout que Dieu se proposait d'établir avec son peuple choisi, les. tendres soins de sa providence, et le ministère des anges employés au salut des hommes. Le patriarche, étant arrivé chez Laban, s'engagea à servir sept années pour avoir Rachel, sa fille, en mariage. Il la lui promit, mais il lui donna Lia à sa place : c'était l'aînée de ses filles. Et pour avoir la cadette, Jacob s'obligea de servir encore sept autres années. Le Seigneur consola Lia de l'indifférence que son époux avait pour elle, en la rendant féconde; elle eut quatre enfants, savoir : Ruben, Siméon, Lévi et Juda. Rachel étant jusque là stérile, et Lia ayant cessé d'avoir des enfants , elles donnèrent leurs servantes à Jacob, qui les prit comme des épouses du second ordre, et eut des enfants de chacune d'elles, savoir : de Bala, servante de Rachel, deux fils, l'un appelé Dan, et l'autre Nephtali ; et de Zelpha, servante de Lia, deux autres fils, Cad et Aser. Lia donna encore à Jacob deux fils, Issachar et Zabulon, et une fille nommée Dina. Jacob servait depuis près de 20 ans Laban son beau-père. Cet homme injuste, api es lui avoir promis des récompenses, voulut lui enlever le bien acquis à la sueur de son front. Le saint homme fut obligé de sortir promptement de chez lui, courant risque d'éprouver toute sa colère; mais le Seigneur changea bientôt le cœur de son beau-père, et ils firent alliance ensemble. Le saint patriarche lutta ensuite contre un ange, qui changea son nom de Jacob en celui d'Israël, nom qui signifie fort contre Dieu, et qui est resté aux Hébreux : combat mystérieux, qui figurait l'espèce de violence que feraient à la justice de Dieu souvent irrité les intérêts du peuple d'Israël, et la prière de ses chefs et de ses prê-
JAC
JAG
Wi
très; et la constance avec laquelle sa provividence en dirigerait Les destinées, malgré les obstacles que ce peuple] mettrait lui-même. .1 icob, devenu en quelque sorte victorieux, demanda pour prix la bénédiction de range: Non dimùtam U douce benedixeria milii. Ce ! atriarche, retiré à B ithel, perdit ftachel, (jui
l'avait fait père de Joseph, et qui iiiourul en accouchant de Benjamin. Il en ressentit une douleur extrême, et celle douleur fut augmentée par la perle de Joseph (le plus chéri de ses enfants), qu'il crut mort, et «pie ses frères avaient vendu à des marchands madianites. Ayant appris ensuite que ce fils si pleuré était premier ministre enEgypte, il vint l'y trouver l'an 1701» avant J.-C. il y vécut 17 a iis; et sentant approcher la fin de ses jours, il lit promettre à Joseph qu'il porterait son corps dans le sépulcre de ses pères. 11 adopta Mariasses et Ephraïin, tils du môme Joseph. 11 donna aussi à ses enfants une bénédiction particulière; et, perçant dans l'obscurité des siècles futurs, il prédit à ses fils ce qui devait leur arriver. Le saint vieillard mourut de la mort des justes, l'an 1689 avant Jésus-Christ, Agé de 1W ans. Joseph lit embaumer le corps de son père, et obtint du roi la permission de le porter dans la terre de Ghanaan, pour l'enterrer dans le tombeau de ses pères. On aurait tort de reprocher à Jacob et aux autres patriarches l'incontinence, parce qu'ils eurent plusieurs femmes; l'ancienne loi ne le leur défendait pas, et la sainteté de l'Evangile n'avait pas encore réduit le mariage à des règles [dus sévères et plus assorties à l'état naturel et primitif des choses. M. Baer, dans une savante dissertation sur les Atlantiques, Francfort, et Leipzig, 1777, a tâché de prouver que Jacob est le chef des Atlantiques, et que l'Atlantide n'est autre chose que la Judée. Quelque paradoxa'e que paraisse cette opinion au premier abord, elle devient imposante par le développement que l'auteur lui donne.
JACOB (Ben-Nephtali) , rabbin du cinquième siècle, inventa, dit-on, avec Ben- Aser les points hébreux vers l'an 476. Us étaient l'un et l'autre l'ornement de l'école de Tibériade.
JACOB (Al-Bakd.vi, ou Zanzale), disciple de Sévère, patriarche d'Antioche, fut surnommé Bardai, de la ville de Bardea dans l'Arménie, dont il était natif, et fut un des irincipaux apôtres de l'eutychianismc dans a Mésopotamie et dans l'Arménie. C'est de ui, à ce qu'on prétend, que les eutychiens prirent le nom de jacobites, quoique quelques savants croient que ce nom leur a été donné d'un autre Jacob, également disciple de Dioscore et d'Eulychès.
JACOB , fanatique hongrois , apostat de l'ordre de Cîteaux, excita en 1212, sur une prétendue vision, une multitude d'enfants en Allemagne et en France à se croiser pour la Terre-Sainte. Ils partirent tous avec l'empressement de leur âge; mais ils n'allèrent» pus loin. La plupart s'égarèrent dans les forêts et dans les déserts, où ils périrent de
chaud, de faim et de soif. Jacob, la frompette de cette émigration, était alors fort jeune. Devenu vieux, il ne fut pas plus sage. Saint Louis ayant été pris en 1250 par ïe Sarrasins, Jacob se mit de nouveau à faire' le prophète. Il cria dans tous les carrefours de Paris « (pie la sainte Vierge lui avait «commande de prêcher la croisade aux « bergers et aux paysans, etqu'elle Jui avait « révélé ipie c'était eux qui devaient déli- « vrer le roi. » Des pitres et des laboureurs commencèrent à le suivre en grande troupe; il les croisa et leur donna le nom de Pastoureau®. A ces premiers croisés, qui s'enrôlèrent avec lui par simplicité, se joignirent des vagabonds, des vokmrs, des bannis , des excommuniés', et tous ceux qu'on appelait alors liibauds. La reine Blanche, chargée de la régence en l'absence de son (ils, les toléra pendant quelque temps, dans l'espérance qu'ils pourraient délivrer le roi; mais lorsqu'elle apprit qu'ils prêchaient contre le pape, contre le clergé, et même contre la foi, et qu'ils commettaient des meurtres et des pillages, elle prit la résolution de les dissiper. File y réussit plus tôt qu'elle n'aurait osé l'espérer. Le bruit s'étant répandu que les pastoureaux venaient d'être excommuniés, un boucher tua d'un coup de cognée Jacob, chef de cette multitude, comme il prêchait un jour avec son impudence ordinaire. A son exemple, on les poursuivit partout; il s'en dispersa un grand nombre, et les autres furent exterminés comme des bêtes féroces.
JACOB Ben-Hahm, rabbin du xvr siècle, publia la Massore dans toute sa pureté à Venise, en 1525, k vol. in-folio. Il l'accompagna du texte de la Bible, des Paraphrases chaldaïques et des Commentaires de quelques rabbins sur l'Ecriture.
JACOB de SAINT -CHAULES (le Père Louis), né à ChAlons-sur-Saône, en 1608, entra dans l'ordre des Ca'rmes, fut bibliothécaire du cardinal de Betz, ensuite chapelain d'Achille de Harlay, alors procureur général et depuis premier président, et fut honoré du titre de conseiller et aumônier du roi. Il mourut chez ce magistrat en 1670, après avoir publié plusieurs ouvrages, dans lesquels on trouve plus d'érudition que de critique. Comme il était naturellement bon et crédule, il se reposait avec trop d'assurance sur la bonne foi d'autrui. C'est ce qui lui a fait citer, comme de belles bibliothèques, des cabinets très-raédiocres. Ses principaux écrits sont : Bibliotheca pontificia, Lyon, 1643, in-i°, réimprimée en 16V7 : compilation mal digérée et inexacte sur les papes et les anti-papes jusqu'à Urbain VIII, / avec un catalogue des écrits publiés pour ou contre eux. Le Père Cosme de Villiers, dans la Bibliothèque des Carmes, dit que cet ouvrage a donné de justes sujets à la critique des savants, puisqu'il est défiguré par un grand nombre de fautes, touchant les ouvrages et les auteurs dont il y est fait
ntion : des caiholiques y sont mis au nombre des hérétiques, et des hérétique?
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au nombre des catholiques. Camusat et Niceion. ont relevé quelques-unes des erreurs répandues dans cet ouvrage. Traité des plus belles bibliothèques, Paris, 16W, in-.8°, aussi savant, mais aussi inexact que le recueil précédent; Bibliograpftia parisina, 1645 et années suivantes, in-i° : c'est le catalogue des livres imprimés a Paris, de 16V3 à 1053; De claris scriptoribits cnbilonensibus, 1(!52, in-i°; Gabrielis Naudœi tumulus, Paris, 1659, in-V : c'est un recueil des éloges que les savants ont faits de Naudé, et le catalogue de ses ouvrages; Bibliotheca (/allicauniversalis; pour les années 16i3 à 1653. Ces catalogues sont moins inexacts que les autres ouvrages du Père Jacob. On prétend qu'ils ont donné la première idée des journaux. Il a encore public plusieurs ouvrages qui regardent son ordre, et on en conserve un grand nombre de manuscrits.
JACOBATIUS ( Dominique ) , évoque de Lucera, fut employé en diverses affaires importantes par Sixte IV et par les papes suivants. Léon X le fit cardinal en 1517. Il mourut en 1527, à 8ï ans. On a de lui un Traité des conciles, en latin, fort cher, mais inexact, et qui n'est recherché que par les bibliomanes. C'est le dernier volume de la collection des Conciles du Père Labbe. La première édition est de Rome, 1738, in-fol.; mais on n'estime que l'édition de Paris, faite pour le recueil qu'on vient de citer.
JACOBEL, hérétique du xvc siècle, natif de Mise en Bohême, curé de la paroisse de Saint-Michel à Prague, et disciple de Jean Huss, prétendait que l'usage du calice était absolument nécessaire dans la communion.
JACOBUS (Magdalius) , nommé Jacobus Ooudanus , parce qu'il était de Goude en Hollande, se lit dominicain, s'appliqua à l'étude des langues savantes, et mourut vers 15-20. Ses principaux ouvrages sont : /Erarium pocticum, Cologne, 1506, in-4'; Correctorium Bibliœ cum difftciltum dictionum inlerprelatione, et compenéium Bibliœ, Cologne, 1508, in-i°; Flavii Josephi liber de impératrice ralione, e grœco latine versus, Cologne, 1517, in-i°. La traduction du Père François Combefis est préférée à celle-ci.
JACOPONE ouJACOPODA ÏODI, ancien poëte ascétique italien, ami et contemporain du Dante, naquit à Todi dans l'Ombrie, d'une famille noble. Son vrai nom était Jacopo de Benedetti. Après avoir vécu longtemps dans le monde, une circonstance singulière le porta tout à coup à y renoncer. 11 était marié à une femme aussi belle que vertueuse. Ami du plaisir, il obligea son épouse à assister à un bal. Au milieu de la fête, le plafond de la salle s'écroula et écrasa une partie des spectateurs. En examinant le corps de sa femme pour essayer de la rappeler à la vie, il y découvrit un cihee presque identifié avec ses chairs. Au désespoir de sa mort, il erra longtemps dans les ca;upa;,m£ comme un forcené. Enfin, revenu à la raison, il distribua ses biens aux pauvres, et entra dans l'ordre des frères mineurs. où, par humilité, il voulut toujours rester
frère convers. Il a composé des Cantiques sacrés, pleins de feu et d'onction, qui sont encore admirés aujourd'hui en Italie, malgré le mélange de son style, chargé de mots calabrois, siciliens et napolitains. On a de lui quelques autres Poésies du même genre en latin, et on le croit auteur de la prose V, Slabat Mater, que d'autres attribuent au pape Innocent 111, et d'une prose rimée, sur la vanité des choses humaines : Car mundus militât, etc. Ce poëte mourut fort vieux en 1306, et la réputation de sainteté qu'il s'était acquise pendant sa vie lui mérita le surnom de Bienheureux, que les Ilaliens lui donnent. L'édition la plus ample de ses Cantiques spirituels est celle de Venise, 1617, in-'i ■", avec des notes.
JACOTTET (Joseph), doyen et curé à Assens, dans le canton de Vaud, fut choisi dans sa jeunesse par les jésuites pour professer à Fribourg d'abord les humanités, puis la théologie. Nommé curé d'Assens, il remplaça M. Odet d'Orsonnes, appelé à l'év rché de Lausanne, à peu près dans le temps où mourut sur cette paroisse l'abbé Fabre, missionnaire, qui était allé en Cochinchine et qui a publié des Lettres sur sa mission dans ce pays. Jacottet fut pendant 32 ans chargé de ces fonctions dans des circonstances difficiles, et plus d'une fois il eut occasion de faire preuve d'une sage fermeté. En 1802, il fit revivre le privilège qu'avaient les curés d'Assens de célébrer trois messes dans l'ancienne cathédrale de Lausanne, privilège qui depuis est tombé en désuétude. Cet ecclésiastique vertueux et zélé est mort le 21 novembre 1827.
J ACOULSî/f ( Jeanne-Claude-Marie-Joseph), née à Besançon , morte dans cette ville le 5 juin 183o, a l'âge de 64 ans, fonda, sous la direction des PP. Jésuites, la congrégation des Sœurs de la Saintes-Famille, pour l'instruction de l'enfance. Cette congrégation, approuvée par les supérieurs ecclésiastiques, fut reconnue par le gouvernement en 1826. Elle comptait à la mort de la pieuse fondatrice un grand nombre d'établissements dans les diocèses de Besançon, de Nevers, de Bourges, d'Amiens et à Lille. La mère Marie-Josepn a composé à l'usage de la Sainte-Famille deux bons ouvrages écrits avec autant d'onction que de simplicité, et qui ont mérité l'approbation des archevêques de Paris et de Besançon : Dévotion au sacré Cœur de Jésus, proposée aux enfants, Besançon, in-18; la Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par demandes et par réponses, Besancon, in-18.
JACQUELOT, ou plus exactement JAQUE- LOT (Isaac), fils d'un ministre protestant de Vassy, naquit en 16i7. Il fut donné pour collègue à son père , dès l'âge de 21 ans. Après la révocation de l'édit de Nantes, il passa à Heidelberg, de là à La Haye. Le roi de Prusse s'étant rendu dans cette ville, et l'ayant entendu prêcher , l'appela à Berlin pour être son ministre. Il accompagna ce titre d'une forte pension, dont Jaquelot jouit jusqu'à sa mort, arrivée en 1708, à 6t