‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 176 sur 323 · JAM · texte numérisé non relu

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il i'!ait néanmoins aise de les distinguer par le temps : l'un <'iait mort s »us Constantin , et l'autre sous Aalons. Nous'avons une Histoire de la vie et <lr I" secte d.- Pythagore , portant jour nom d'auteur celui de Jamb ligue t Amsterdam, 1707, in-V" ; cl Leipzig, 1815, 2 vol. in -S" : mais on no sait lequel des deux en est l'auteur. On esl dans le même embarras par rapport h récrit contre la Luire de Porphyre sur les mystères des Eyypïiens, Oxford, 1 (> V 8 , in-fol. li avait déjà été publié avec d'autres Truites philosophiques, Venise,

1Ï97 , in-fol. Cet ouvrage est un traité de théologie , dans lequel le platonisme est ajusté sur le christianisme , la philosophie ayant cherché dans tous les temps h se tarer des lumières de la religion. (i.-E. Hebeuistieita publié en ilQk une dissert, contre cet ouv âge ; elle a pour litre : DeJamblici... doctrina, christianœ religioni, quam imitari studet , noxia, Leipzig, in-4\ Les Remarques sur l'arithmétique et le Traité du Destin do Nicomaque , publiés en latin à Arnheim, 1668, in-8°, passent pour être du Chalcidien, ainsi que Adhortatio ad philosophiam, en grec et en latin, dont une édition a été publiée à Leipzig .par Kiessling, 1813, in-8°.

JAMBRl, dontla famille faisait sa demeure à Medaba , assassina Jean, frère de Judas Machabée et de Jonathas. Mais Jonathas en tira vçngeance sur ses enfants, dans le temps qu'ils menaient en grande pompe la fille d'un des j>l s qualifiés desArabes, qui devait épouser l'un d'eux. 11 se cacha avec plusieurs soldats , et extermina cette race d'assa>sins.

JAMES ( Thomas ) Jamesius, docteur d'Oxford et premier bibliothécaire de la bibliothèque Bodléicnne , né à Newport en 1571, mort à Oxford, en 1626, et selon Chalmers, en 1629, avec une grande réputation d ' savoir, était un homme atrabilaire et mélancolique. Il est principal 'ment connu par le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque d'Oxford, et par un Traité de l'office de juge chez les Hébreux et chez les autres peuples, in-V'. 11 a écrit aussi contre l'Eglise romaine et contre les jésuites. 11 a voulu prouver dans un écrit particulier, 1626, in-i°, qu'il y avait beaucoup de falsitications dans le texte des saints Pères ; mais ces prcu\es ont fut peu d'impression sur les gens sensés. C'est «ans les mêmes vues qu'il composa le Bellum papale, 1600, in-4% 1678, in-8% mais avec aussi peu de succès. Celte espère de satire qui fut imprimée à Londres, fut faite pour relever les ditférences qu'il y a entre l'édition de la Vulgate donnée par Sixte V, et celle donnée par Clément VIII. Voyez Joseph Bianchini , Bukentop , Amama , Léon de Castro. 11 s'était mis en tête que les catholiques avaient corrompu l'Ecriture , les Conciies et les Pères , pour les ajuster à leurs sentiments ; il écrivit presque toute sa vie pour montrer ces prétendues corruptions , voulut même engager le parlement d'Angleterre à le seconder dans son entreprise; et ne lit que. prouver au public son étrange prévention sur cet objet , et en même temps la conformité de la croyance catholique avec tous les livres

et monuments de l'antiquité sacrée : car cette conformité devait lui paraître bien évidente et bien incontestable , pour l'engager dai s l'absurde système de la supposition d'une falsili ation générale de ces mêmes livres. Il a été réfuté par Joseph Biancliini. On croit que James est auteur d'une autre ce tique intitulée : Fiscus papalis , seu Calalogus indulgentïarum et rtliquiarum urbis Romœ, Londres, 1617, in-V°; plusieurs l'attribuent à Guillaume de Cambridge.

JAMIN ( dom Nicolas ), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Dinan en Bretagne en 1730, < assa une partie de -a vie à Paris, fut fait prieur de Saint-(iormain-d< s- Prés, et mourut le 0 février 1782. Ceux qui sont attachés à la reli don lui savent gré de ses productions, qui sont : Pensées théologiques, relatives aux erreurs du temps, Paris, Ï768, in-12. Le choix des matières, la précision et 1' xactitude avec laquelle elles sont traitées, rendent cet ouvrage intéressant. L'auteur y ayant établi des maximes qui confondaient la petite Eglise, les partisans de cette secte euren' le crédit de faire supprimer l'ouvrage par arrêt du conseil en 176). Le fruit de mes lectures: c'est un recueil de beaux passages de différents auteurs ; Traité de la lecture chrétienne, etc., 177/*, in-12 ; Placide à Scholastique, sur la manière de se conduire dans le monde, 1775, in-12; Traité de la lecture chrétienne. 177i, in-12; Placide à Màclovie, ou Traité des scrupules. Voy. le Journal hist. et liltér. année 1:74, in-12, 15 juillet, p. 70. Tous ces ouvrages ont été traduits en allemand, et la [dupait l'ont été en italien.

JAMIN (madame), supérieure et fondatrice d'une communauté connue sous le nom de Providence, naquit à La Flèche en 1773. Dès sa première jeunesse, elle se sentit puissamment entraînée vers les œuvres extraordinaires de charité, et elle résolut dès lors de consacrer sa fortune, sa santé, sa vie, au soulagement des pauvres infirmes. Pendant sept ans, el e prit chaque jour, dans ce but, des leçons d'un des plus habiles médecins de sa ville natale. Pendant les orages révolutionnaires, on la voyait visiter les malades que la Terreur privait de leurs médecins ordinaires, multiplier ses démarches auprès des agents du pouvoir pour arracher d s vieillards et des femmes à une mort injuste el cruelle ; procurer les consolations de la religion auxtidèles; secourir les religieuses et les ecclésiastiques que tant de périls menaçaient alors, etc. Lorsque le calme fut revenu, madame Jamin voulut réaliser son projet d'assurer des secours durables aux pauvres malades el aux orphebnes de La Flèche. En 1806, elle fonda, avec l'approbation des autorités civiles et ecclésiastiques un établissement de charité dans la maison de ses pères, s'adjoignit des compagnes, et développa successivement toutes les parties d'un institut qu'elle vit enfin, après 22 années de travaux et de persévérance, obtenir la sanction légale du gouvernement. Sa communauté, qui se composait d'une vingtaine de sœurs, d'un assez grand

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nombre de pensionnaires, d'orphelines, et d'incurables prosp'rait sous ses yeux, et promettait un heureux avenir, lorsque madame Jamin mourut le 17 novembre 18'+0, à l'âge de 67 ans.

JANSÉNIUS (Cokneille, qu'il ne faut pis confori Ire avec le suivan'). né à Hulst en Flandre, l'an 1510, mourut évoque de Gand en 1576, à 66 ans. Il eut cet évêché en 1568, à son retour du concile de Trente, oùilavait avait fait éclater son savoir et sa modestie. Il avait été auparavant curé de Saint-Martin de Courtray, et ensuite professeur de théologie à Louvain, et doyen de Sain'-Jacques de la môme ville. Nous avons de lui une excellente Concorde des évanqélisles, in-fol., plusieurs fois réimprimée; Commentaire sur les Psaumes, les Proverbes, le Livre de la Sagesse, l'Ecclésiastique, et sur les Evangiles. Tous ces ouvrages sont écrits en latin avec beaucoup de solidité et d'érudition, et sont généralement très-est;més. Le nom des d ux Jansénius était Jansen dont ils firent Jansénius en le latinisant, suivant la coutume de leur siècle. Jansénius fut lelcrévèquedeijand.

JANSÉNIUS (Corneille Jansex, plus connu sous le nom de), évoque d'Ypres, né en 1585, dans le village d'Acquoy, près de Leerdam en Hollande, de p irents catholiques, se rendit à Paris en 1604, après avoir étudié à Utrecht et à Louvain. La même façon de penser sur c< rtaines matières théologiques unit étroitement Jansénius et l'abbé de.Saint-Cyran,qui le plaça, comme précepteur, chez un conseiller. Saint- Cyrah appela Jansénius quel pie temps après à Bayonne, où ils étudièrent ensemble penJant plusieurs années, cherchant dans saint Augustin ce qui n'y était point, mais croyant ou voulant l'y trouver. Voy. Vekgeh de Hauranne. Le jeune théologien, revenu à Louvain en 1617, après douze ans de séjour en France, prit le boanet de docteur en 1619, obtint la direction du collège de Sainte-Pulchérie, et enfin une chaire d'Ecriture sainte en 1630. C'est dans ce temps qu'il se signala contre Gisbert Voet. Voy. ce nom. L'université de Louvain le députa deux fois auprès du roi d'Espagne pour faire révoquer la permission accordée aux jésuites de professer les humanités et la philosophie dans cette ville, et il obtint cette l'évocation. Pou,' mériter les grâces de son souverain, il publia un ivre contre la France, intitulé : Mars Gallicas, 1633, iu-12, traduit en français par Cii. Hersent, 1638, in-8°. Cet ouvragé, écrit avec chahur, fut composé à l'occasion de l'alliance que les Français avaient fdte avec les puissances protestantes. L'auteur y fait un portrait pou avantageux de la France, de ses alliances, de ses traités, et des modfs de ses guerres. Peu après la publication de ce livre, il fut nommé à l'évêché d'Ypres par Philippe IV; il fut sacré en 1636, et il gouverna cette église jusqu'en 1638, qu'il mourut frappé de la peste. Ce prélat laissa des Commentaires sur les Evangiles, in-4°; sur le Pentateuque, in-4° ; sur les Proverbes, VEcclésiaste, Louvain, 1644, in-fol., pleins d'érudition, et écrits avec net-

teté; Lettres à l'abbé de Snint-Cyran, trouvées parmi les papi rs de cet abbé, et publiées sous ce titre : Naissance du jansénisme découverte, ou Lettres de Jansénius à l'abbé de Saint-Çt/ran, depuis l'an !6i7 jusqu'en 1635, Louvain, 1654, in-8° ; l'ouvrage si célèbre et trop célèbre, qui porte tour titre : Cornelii Janswii, episcopi, AU'îUSTINUS, in quo hœreses Pclagii contra naturœ sanitatem, œqritudinem, médicinaux, recensentur, Louvain, 1540, et Rouen, 1652, in-fol. Celte de nièro édition est augmenté • d'un Ecrit où Jansénius fait le parallèle des sentim mts et des maximes de quelques théologiens jésuites, et des principes des semi-pélagiens de Marseille, sans assez distinguer ce qu il y a dans les écrits de ces Marseillais, d'opposé h la saine doctrine d'avec ce qui peut se con il 1er avec elle. Il doit y avoir à la fin le traité De statu parvulorum sine biptismo deerdentiua. L'auteur dit avoir travaillé vingt ans à ce livre, et avoir lu, pour le composer, dix fois tout saint Augustin, <l trente fois ses traités contre les pélagiens. Mais bien des écrivains prétendent que cet étalage de travail et de lecture n'est qu'une petite industrie pour détourner l'attention des plagiats faits à Calvin. « Car c'est dans cet hérésiarque, disent- « ils, que Jansénius a pris ses Opinions : « ma s comme d'un côté, il ne voulait pas « avouer une teli • source, et que de l'autre « Calvin prétendait avoir pris toutes les « idées sur la grâce dans sairt Augustin, « Jansénius a cru qu'il était tout simple de « faire à ce sai t docteur honneur de sou « système, il est certain que la fameuse dis- « tinction de l'adjuiorium quo et de Yadjuto- « rium sine quo non, répétée soixante-dix fois « par Jansénius, et dont il fait la base de ses « preuves, se trouve tout du long et avec la « môme emphase dans Calvin, ainsi qu'une « multitude de choses que Jansénius nous « donne comme originales et découvertes par « lui dans saint Augustin. » Ce prélat, soit qu'il espérât qu'un examen solennel donnerait une nouvelle considération à son livre, soit que, par sa soumission au saint-siége, il voulût réparer ce que sa conscience lui reprochait à cet égard, écrivit pea de jours avant sa mort au pape Urbain \ II i, qu'ilsoumettait sincèrement à sa décision et à son autorité VAugustinus, çu'ii venait d'achever, et que si le saint Père jugeait qu'il fallût y faire quelques changements, il y acquiesçait avec une parfaite obéissance. Cette Lettre fut supprimée par ses exécuteurs testamentaires, Calénuset ^roidmont.(Foy. C"S ûoras.) Selon toutes les apparences, on n'en aura t eu aucune connaissance, si, après la réduction d'Ypres, t lie n'était tombée ei.tre les mains du grand Condé, qui la rendit publique. Jansénius, quelques heures av. nt de mourir, et dans son dernier testament, soumit encore et sa personne et son livre au jugement et aux décisions de l'Eglise romaine?. Voici les propres termes qu'il dicta une demi-heure avant d'expirer : « Sentio aliquid « difficulté}' mutari posse ; si tamen romanu « sedes aliquid mutari velit, sum obediens fi ■

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« lius,"et illius Fcclesiœ in qua semprr rixi, « ïisquc ad hune lectum mords obedicns sum. « lia postrcma mea voluntas est. Actutn sexto, « matt 1638. ■» On voit clairement par ces paroles que Janséniusne contestait pas, comme ses disciples, l'infaillibilité dans les faits dogmatiques, ni mémo l'infaillibilité du souverain pontife. Ainsi, cet évoque devint chef de par i sans ['avoir voulu, au moins dans ses derniers moments. Si ses liaisons avec Saint- Cyran et quelques autres anecdotes ont fait croire le contraire, ses dernières narol es doivent être regardées comme une rétractation de ce qui avait précédé, et sesdisciples prouvent bien par leur conduite qu'i s ne sont pas en tout de l'avis de leur maître. Tout son système se réduisit, suivant un auteur, h ce oint capital : « Que depuis la chute « d'Adam, le plaisir est Punique ressort qui « remue le cœur de l'homme, que ce plaisir « est inévitable quand il vient, et invincible « quand il est venu. Si ce plaisir est céleste, « il porte a la vertu; s'il est terrestre, il dé- « termine au vice ; et la volonté se trouve « nécessairement entraînée par celui des « deux qui est actuellement le plus fort. Ces « deux délectations, dit l'auteur, sont comme « les deux bassins d'une balance : l'un ne « peut monter sans que l'autre ne descende. « Ainsi, l'homme fait invinciblement, quoi- « que volontairement, le bien ou le mal, se- « Ion qu'il est dominé par h grec ou la cu- « pidité. De là il s'ensuit qu'il y a certain « commandement impossible , non-seulement « aux infidèles, aux aveugles, aux endurcis, « mais aux fidèles^ et aux justes, maigre' leur « volonté et leurs efforts, selon les forces « qu'ils ont, et que la grâce, qui peut rendre « ces commandements possibles, leur manque.» Cette analyse n'a pas paru exacte à quelques partisans d Jansénius. L'abbé Kacine en a donné une autre dans son Histoire ecclésiastique ; mais les hommes les plus fameux de ce parti ont reconnu que la doctrine de ces deux délectations était évidemment celle de l'évêque d'Ypres : Arnaud n'avait aucun doute là-dessus, quoique par une résistance qui peut étonner dans un disciple, il rejetât celte base de la nouvelle doctrine. Après avo r disserté sur cette matière d'après les princi, es de saint Augustin, tels qu'il les concevait : « On ne voit point dans tout cela, « ajoiiie-t-ii, de qualitas fluens, ni d'aclus in- « délibérai us, dans lequel M. d'Ypres a fait « consister sa délectation victorieuse. En « quoi certainement il s'est trompé : mais il « est de la prudence de ne le point mettre « en jeu, et de ne point faire un mérite de « ce qu'on l'abandonne en cela. C'est ce que « j'ai empêché fort à propos que ne fit M. du « 'fil (Hennebel). » Lettres <ie M. Arnaud, tom. VII, p. 146. Un auteur moderne a cru que le système de Jansénius n'était qu'un plagiat fait au prédestinatianisme des Turcs. «( il serai' possible de prouver, dit l'auteur « des Vœux d'un solitaire ( Bernard n de « Saint-Pierre), que la plupart des opinions « qui en diiïïrenis temps ont bouleversé « l'Europe, sont venues des pays lointains.

« Le jansénisme, par exemple, paraît nous « avoir été apporté de l'Orient par les croi- « sades avec la peste et la lèpre : du moins « on trouve les maximes du jansénisme dans « des théologiens mahométans cités par « Chardin. La peste et la lèpre ne subsistent « plus chez nous ; mais le jansénisme dure « encore, et fait môme, dit-on, des progrès « en Espagne. » Dès que le livre de Jansénius parut, la guerre fut allumée dans l'université de Louvain. L'on vil paraître de petites brochures et de gros livres pour et contre cette doc'rine. Urbain VIII crut mettre la paix en défendant, l'an 16V2, l'ouvrage, comme rcnouve'ant les propositions condamnées par ses prédécesseurs {voy. Baius) ; mais la guerre terminée ou du moins assoupie en Flandre, passa en France, et y fut beaucoup plus vive. La Sorbonne censura cinq propositions ex'raites de YAugustinus. Innocent X les condamna peu après en 1653. Les jansénistes crurent élud ir la bulle en distinguant entre le sens hérétique et le sens orthodoxe. Us prétendirent que ces cinq propositions n'étaient point dans l'ouvrage de l'évoque flamand, ou que si elles y étaient, on leur donnait un mauvais sens. Le pape Alexandre VII foudroya ces distinctions par une bulle du 16 octobre 1650. 11 y déclare que les cinq propositions sont tirées du livre de Jansénius, et qu elles ont été condamnées dans le sens de cet auteur. Ce pape agissait de concert avec Je plus grand nombre des évoques de France. Les jansénistes, accablés du poids de l'autorité par l'adhésion du corps épiscopal, dirent que ces bulles ne renfermaient qu'un simple règlement de discipline, qui n'exigeait qu'un silence respectueux ( qu ils n'ont cependant point gardé) : ils eurent recours à la distinction du droit et du fait; mais cette distinction fut formellement proscrite par la bulle de Clément XI, Vineam Domini Sabaoth, donnée en 1705 ; bulle qui a reçu l'autorité d'un jugement infaillible par l'adhésion de l'Eglise universelle , et particulièrement de l'Eglise gallicane. Les évoques de cette Eglise, non contents d'un formulaire qu'ils avaient déjà fait , en dressèrent un second. En voici les termes : « Je « condamne , de cœur et de bouche, la doc- « trine des cinq propositions contenues dans « le livre de Cornélius Jansénius , laquelle « doctrine n'est point de saint Augustin, que « Jansénius a mal expliqué. » Cette formule fit une foule de rebelles, et encore plus d'hypocrites , ou plutôt elle servit à faire connaître les uns et les autres. On en exigea la signature de tous ceux qui prétendaient aux ordres et aux bénéfices. ( Voy. pour la partie historique du jansénisme l'Histoire des cinq propositions, par Dumas; ouvrage où l'exactitude des faits se trouve réunie à un ton de sagesse et de modération assez rare dans ces disputes. ) Mais ces sages précautions ne purent ni ramener les obstinés, ni corriger l'indocilité de ces nouveaux sectaires; fruit amer d'un fanatisme dont il est d'autant plus difficile de deviner la vraie

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cause , que , dans la doctrine de Jansénius , rien ne paraît propre à faire des prosélytes. Un historien philosophe, très-opposé aux jésuites, et qu'on ne peut soupçonner de partialité ni de prévention , après avoir exposé les attraits que pouvait avoir pour les peuples la doctrine de divers hérésiarques , ajoute : « Rien de tout cela ne se trouve dans « les opinions qui partagent aujourd'hui la « France; il ne s'agit que de vérités abstrai- « tes, de subtdités qui passent de bien loin « la portée du vulgaire, et que la plupart de « ceux même qui en disputent n'entendent « pas. Loin d'adoucir le joug , on l'aggrave ; « on fait du tribunal de la pénitence un trice bunal de terreur et de vengeance : on pa- « raît ne reconnaître pour vraies pénitences « que ces pénitences fabuleuses , du moins « outrées et excessives ( c'est un philosophe « qui parle) dont on a fait la peinture dans « les Vies des Pères du désert ; on ne parle « que de rigueur, que d'austérité, que de re- « noncement, au môme temps qu'on prouve « que toutes ces bonnes œuvres sont des dons « de Dieu aussi gratuits, aussi indépendants « des dispositions de l'homme que la pluie « l'est par rapport à la terre ; on ne parle « que de charité, que d'amour de Dieu , au « même temps qu'on le représente comme « un maître dur et impérieux, qui veut mois- « sonner où il n'a pas semé, qui punit parce , « qu'on n'a pas reçu ce qu'il n'a pas jugé à « propos de donner, ce qu'il a refusé, ce qu'il « a même ôté ; et on veut persuader que le « plus grand effort et la perfection de l'a- « mour est d'aimer celui sur l'amour duquel « on ne peut compter ; on veut que l'homme « se reproche avec amertume de cœur de n'ê- « trépas veitueux, lors même qu'on s'efforce « de lui prouver que la vertu n'est pas plus « en son pouvoir que la beauté et la laideur « de son visage, que la grandeur ou la peti- « tesse de sa taille ; en un mot, on veut qu'il « se croie coupable , parce que Dieu ne l'a « pas tiré de la masse de perdition où on « prétend que tout le genre humain a été « enveloppé par la faute de celui dont il « tire son origine. ..Il est visible que ces opi- « nions n'ont rien par elles-mêmes qui flotte « et qui attire : pourquoi donc les suit-on? « pou. quoi tant d'oppositions contre l'auto- « rite qui les condamne et les proscrit ? pour- « quoi cette prédilection pour ceux qui s'y « attachent?... Est-il possible que des corps « éélairés n'aient pas fait les réflexions que « je viens de proposer ? qu'ils se soient laissé « séduire comme des femmes? qu'ils aient « véritablement adopté ces sentiments? Quel « est donc leur dessein? Je crois l'entrevoir, « mais je me donnerai bien de garde de m'ex- « pliquer à cet égard ; c'est aux puissances « qui y sont particulièrement intéressées aie « prévoir et à l'empêcher si elles peuvent. » Vie du duc d'Orléans, par M. L. M.D. M., t. Il, page 281. « C'est, dit le dauphin , duc de « Bourgogne , dans un mémoire écrit de « sa main, et publié par ordre de Louis XIV, « c'est une cabale très-unie et des plus dan- « gereuses qu'il y ait jamais eu. » Vie du

' dauphin, tome II, p. 228. Le célèbre Talon, cet avocat général , qu'on peut considérer oorame le philosophe du barreau, dans un discours adressé aux chambres assemblées le 23 janvier 1687 , disait que le jansénisme était « une faction dangereuse , qui n'avait « rien oublié pendant trente ans pour dimi- « nuer l'autorité de toutes les puissances ec- « clésiastiques et séculières qui ne lui étaient « pas favorables. » Nous finirons cet article pnr la réflexion d'un auteur moderne (l'abbé Hérault - Bercastel , Histoire de l'Eglise , tome XX), aussi judicieusement présentée que pleine de vérité. « Le jour marqué pour « la pleine effusion des miséricordes du Sei- « gneur sur son Eglise n'était pas arrivé. La « foi du vrai fidèle devait même être mise à, « des épreuves toutes nouvelles. Le hu- « guenotisme n'était pas abattu , que de sa « souche si malheureusement féconde , il « sortit un rejeton nouveau ; faible et ram- « pant d'abord dans la poussière des écoles « et des cloîtres, évitant le grand jour, et « rougissant lui-même de son origine. Mais « en vain s'efforça-t-il d'étendre les ombres « du mystère jusque sur son nom : au pre- « mier trait de son tableau, il n'est personne « qui ne le reconnaisse ; rejeton du calvi- « nisme, calvinisme mitigé, ou plutôt mu- « tilé , ou simplement dégagé de l'impiété « sacramenfaire : du reste, il est à peine un « point de doctrine en quoi son patriarche « diffère de celui des calvinistes, si ce n'est « que l'oracle de Genève ôte au concile môme « l'autorité que la nouvelle branche de la « réforme refuse aux pasteurs qui le com- « posent. Chacun peut nommer à présent la « secte qui , se donnant pour un faniôme , « prend son nom pour injure. » Voy. Alexandre VII, Clément XI, Filleau, Montgero\, Paris, Marande, Riciier (Edmond), Verger de Hauranne. 11 existe une Vie de Jansénius par Leydecker, Utrecht, 169o,in-8°, en latin; on en trouve une autre en tête de VAugustinus.

JANSON ou JANSON1US (Jacques) , né à Amsterdam en 1547, docteur de Louvain , professeur en théologie et doyen de l'église collégiale de Saint-Pierre, muurut le 20 juillet 1625. On a de lui : des Commentaires sur les Psaumes, in-4° ; sur le Cantique des cantiques , in-8" ; sur Job , in-fol. ; sur l'Evangile de saint Jean, in-8° ; et sur le canon de la messe ; Institutio catholici Ecclesiastœ , Enarratio passionis ; quelques Oraisons funèbres. On y chercherait en vain la vraie éloquence. Les commentaires sur l'Ecriture et ce qu'il a donné sur la liturgie, prouvent qu'il était bien loin d'avoir les connaissances nécessaires pour réussir dans ces genres de travail. Plusieurs écrivains, entre autres Danès, disent qu'il avait épousé le sentiment deBaïus. SiJanson suivit quelque temps ce système, il le combattit ensuite par diverses thèses qu'il a soutenues publiquement.

JANSON (Charles-Henri) , prêtre, né à Besançon le 15 novembre 1734, administra, avec beaucoup de zèle pendant 23 ans, la cure de Chambornay-lès-Pin ; mais la faiblesse de sa santé l'obligea de résigner ce

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modesl bénéfice : il se retira h Paris, où on lui confié 11 direction des carmélites de Saint- Houoré. Pendant la révolu ion, il se réfugia eu Suisse, dans le canton de Soleure, où il remplit peu lanl li ans les fonctions de son ministère. De retour en France, il se chargea quelque temps de desservir une par >s>'' demeurée sans pasteur. Son grand âge et ses infirmités l'obligèrent encore d'abandonner son troupeau pour se retirer à ïîe-ançon. où il mourut le; 2V juin 1817. L'abbé Jaiison avait t'ait paraître, en 1788, le prospectus d'une nouvelle édition de l'Histoire du peuple de Dieu, par le P. Berruyer, purgée de tous ies défauts qu'on s reproeb ;s à cet ouvrage; mais la révolut on empêcha de la publier. On lui doit : Y Eucharistie selon lr dogme et la morale, Besançon, 17G't, 2 vol. in-12-; Instructions familières sur tes écrites dogmatiques et morale-, de In religion, ibid., 1781, o vol. in-12; abrégées en 3 vol. in-iâ , Paris, 1788; La vérité de la religion démontrée par le miracle de la résurrection de Jésus- Christ, abrégé de l'anglais de Ditton, in-12; Discours sur l'Eucharistie pour l'octave de la Fête-Dieu, 2 vol. in-12; Le panégyrique de sainte Thérèse , in-8° ; Explication succincte des devoirs propres à chaque état de la société naturelle et civile, Paris, 1787 , in-12; Le Catéchisme des fêtes , Paris, 178G , in-12. L'abbé Janson avait composé plusieurs autres ouvrages qui sont restés manuscrits.

JANSSENS (Herman), récollet, né à Anvers en 1G>5, passa i ar toutes les charges de son ordre, et mourut pieusement à Anvers le 5 avril 17G2. On lui doit : Prodromus sacer, Anvers, 1731 , in-4.°. 11 y donne dos règles pour traduire l'Ecriture sainte , et montrer les défauts d s traductions ilamandes ; Explanatio rubr,carum missahs romani, etc., Anvers, 1757, 2 vol. in-8°. Cet ouvrage est plus estimé que ie précédent.

JANSSENS ou JANSSENBOY, en latin Jansénius, est le nom de cinq frères qui se distinguèrent dans l'ordre des domii icains, et qui s'appelai nt Nicolas, Corneille, Dominique, Léonard et Ambroise. Les cinq frères étaient nés à Ziriczée, petite ville de l'île de Schowen (Zélande). Les Hollandais avant repris cette ville sur les Espagnols , un grand nombre de familles , parmi lesquelles était celle des Janssenboy, passa sur ie continent, afin d'y pouvoir exerce'- la religion catholique avec plus de liberté. Les deux plus célèbres des cinq frères furent Nicolas et C.;uneillk. — Nicolas naquit dans la seconde moitié du xvT siècle, prit l'habit des dominicains à Anvers , i t devint régent, puis supérieur du collège de Lière dans le Brabant. I! fut ensuite professeur en théologie aLouvain, et prit ses degrés dans l'université de cette ville. Il s'occupait avec beaucoup de zèle de la conversion des protestants , et il combattit !e> progrès de l'hérésie, tant par ses ouvrages que par son enseignement et par ses discours. 11 parcourut cans cette vue ie Danemark, le Holstein , la Norvège et quelques autres provinces du nord, et il alla rendre compte à Grégoire XV et à la con-

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grégalion de la Propagande de tout ce qu'il avait fait dans ces contrées et leur soumettre ses plans. En 1G23, il repartit pour les mômes pa s avec de nouveaux pouvoirs, et il y fit un bien immense. Aussi les luthériens n'épargnèrent-ils rien pour mi susciter des obstacles; mais le zèle de Nicolas Janssenboy ne se laissa jamais décourager. Il mourut le 21 novembre 1634, à Frédérikstadt, où il avait ont nu de Frédéric III, roi de Danemark, le libre exercice de la religion catholique. Il avait publié : Panégyrique de saint Thomas d'Aqutn, Loiivain, I62Î, in-8°; Vie de saint D minique, Anvers, 1G22, in-8"; Animadversïones et scholia in apolqgiam nuper éditant de cita et morte Joannis Dans Scoti, adversus IL P. F.Âbrahamum Bzovium, ord. Prœdic. S. T. M. et hist. cèdes, scriptorem, Co- ].) ne, 1G22; Defensio fidei catholicœ et apost<:lica> romance opposita Admonitioni necessariœ Joannis Mulleri, lulherani prœdicantis Hamburgensis , Anvers , 1631, in-8°. Cet ouvrage est une réfutation d'un écrit publié par Jean .Muller, ministre à Hambourg, dans le but de ralentir les progrès du retour à la religion catholique; BcneficiaFF. Prœdicatoribus a diva Virgine collata, Anvers, 1G32 , in-12. On a encore de Nicolas Janssenboy des traductions en latin de l'Instruction des Prêtres, de Molina, chartreux espagnol, et des Cas de conscience de Pierre Ledesma, dominicain. — Son frère Corneille, qui se fit dominicain, au couvent de Bois-le-Duc, prit une grande part aux travaux de Nicolas dans les provinces du nord. S'étant embarqué pour aller instruire le souverain pontife de l'état de la religion dans les Provinces-Unies, il fit naufrage et périt le 11 octobre 1637, avec un de ses frères, ainsi que tous les hommes qui et dent sur le même bâtiment. Le ministre Jean Muller ayant répliqué à la Défense de la foi catholique par Nicolas, comme celui-ci était mort, Corneille se chargea de la réponse, et il publia une Apologie de cette Défense, en 1G35.

JANVIER (saint), évêque de Bénévent, était, selon Ja plus Gommune opinion, de Naples. Il souffrit le martyre, et eut la tète tranchée vers l'an 3C5, à un mille de Piuzzo'es, durant la peisécution de Diocléîien. La tianslation de ses reliques se fit a Naples vers l'an iOO; elles furent transférées ensuite à Bénévent vers l'an 825, enfin déposées dans li cathédrale de Naples le 13 janvier li(J7. Il y a une chapelieditele Trésor, dans laque. le on garde le chef de ce saint, avec son sang renfermé dans deux fioles de verre fort anciennes. Le sang est congelé et de couleur noirâtre. Lorsqu'on approche les fioles près de la tête, le sang se liquéfie, et cette liquéfaction est suivie d'une ébullition. Quand on a retiré le sang, etqu'il n'est plus en présence du chef, il redevient solide. On fait celte cérémonie avec beaucoup de pompe le jour de la fête de saint Janvier, le 19 septembre, et le premier dimanche de mai, jour où l'on célèbre la translation de césalnt de Pouzioles à Naples. Le pape Paul II parle ce la liauéfaction et de l'ébullition du sang

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de saint Janvier, sous le règne d'Alphonse I" d'Aragon en 1450. Ange Caton, qui florissait en 1474, et d'autres auteurs de ce siècle, en font mention. Les protestants n'ont jamais nié ce phénomène, plusieurs voyageurs de leur communion l'attestent comme témoins oculaires : leurs efforts pour l'expliquer naturellement ont été jusqu'ici parfaitement vains, comme on le prouve dans une Dissertation insérée dans le Journal historique et littéraire du 15 novembre 1779. Voyez aussi le journal du 15 juillet 1788, page 421. — 15 mai, 1789, page 97. On peut consulter encore Baronius, Annal, ad ann. 305, et Annot. ad Martyr. Rom. ad 19. sept. ; Pic de la Mirandole, lib. Defide; Benoît XIV, Decanonis, lib. 4 ; Melchior Canus, Defens. miracul. adv. Danhawerum; eth'sActasanetoruin, tom. Imartii.

JANVIER (dom René-Ambroise), bénédictin, né à Sainte-Suzanne dans le Maine, en 1614, se rendit habile dans la langue hébraïque. Après avoir professé pendant plusieurs années dans son ordre avec réputation, il mourut à Paris dans l'abbaye do Saint- Germain des Prés, le 22 avril 1652, à C8 ans. On a de lui : une édition des œuvres de Pierre de Celles, Paris, 1671, in-4" : la préface de cette édition est du Père Mabiilon; une traduction latine du Commentaire hébreu de David Kimchi sur les Psaumes, Paris, 1669, in-4° ; une élégie en vers hébraïques sur la mort de Jérôme Bignon, 1656, réimprimée à la suite des Formules de Marculphe, 1666.

JAPHET, fils aîné deNoé, né l'an 2448 du monde, eut sept fils, Corner, Magog, Madai, Javan, Tubal, Mosoch et Tiras, dont la postérité peupla, suivant qu Iques savants, une partie de l'Asie et toute l'Europe. C'est de ce fils de Noé que les poètes ont fait leur Japet, tiis du Ciel et de la Terre, et roi des Thessaliens, qui, de la nympheAsie eut Hesper, Atlas, Epimélhée etProméthée. C'est du moins le sentiment de plusieurs mythologistes, qui n'a rien d'éfonnant pour ceux qui savent que l'Ecriture sainte et les traditions primitives sont les sources où les païens ont continuellement puisé.

JAQUELOT. Voyez Jacquelot.

JAKD (François;, prêtre doctrinaire, né à Bollène près d'Avignon en 1675, mort en 1768, a donné avec le Père Débonnaire : La religion chrétienne méditée dans le véritable esprit de ses maximes, Paris, 1745, 6 vol. in- 12, quia eu du succès. Ses Sermons, publiés en 1768, 5 vol. in-12,ont moins réussi, parce que le style en est froid, et que le fond n'a rien de neuf. C'était un appelant des plus vifs et des plus entetés.

JAKED, lils de Alalaléel et père d'Hénoch, qu'il engendra dans sa 162e année. Il mourut âgé de 962 ans, 2582 ans avant J.-C.

JARlUGi-: (Pierre), ,;ésuitenéenl605àTulle en Limousin, assez Don prédicateur pour son temps, quitta son ordre en 1647, et se sauva en Hollande. Les é ats-généraux lui firent une pens on. Cet apostat publia peu de temps après un livre exécrable, intitulé les Jésuites mis sur Véchafaud, pour plusieurs crimes capitaux, Leyde, 1649, in-12. C'est un des plus

sanglants libelles que la vengeance ait enfantés. Le père Ponthelier, confrère de ce misérable, était alors à LaHayeaupiôs d'un ambassadeur. ïl se conduisit avec tant d'adresse et de prudence, qu'il engagea Jarrige à rentrer dans le sein de l'église catholique. Retiré chez les jésuites d'Anvers en 1650, il composa une ample rétractation de tout ce qu'il avait avancé dans son ouvrage. Il le traita d'avorton, que sa mauvaise conscience avait couru, que la mélancolie avait formé, et que la vengeance avait produit. Cette rétractation fut imprimée à Anvers en 1650, in-12 ; on y fit deux réponses pleines d'aigreur et de mauvaises raisons. Jarrige , de retour en France, eut le choix de rentrer dans la compagnie, ou de vivre en prêtre séculier. Il choisit ce dernier parti, et se retira à Tulle, où il resta jusqu'à sa mort , arrivée le 26 septembre 1660.

JARRY (Laurent Juilhard du), né vers 1658 à Jarry, village près de Saintrs, s'adonna de bonne heure à la chaire et à la poésie. Il prêcha avec applaudissement à Paris et en province ; et, quoique poète médiocre, il travailla assez bien dans ce genre pour mériter deux couronnes de l'académie française, en 1679 et en 1714. L'auteur de la Henriade, alors fort jeune, composa cette dernière année pour le prix et fut vaincu par l'abbé du Jarry :1e sujet était le Vœu de Louis Xlll. Le poëme couronné, assez médiocre ducôié delà poésie, éiait encore défiguré par une méprise assez singulière en matière de physique, et même de simple géographie. Un de ses vers commençait par Pôles glacés, brûlants, etc. Le vainqueur et môme les juges furent très plaisantes dans le temps, surtout par le vaincu, qui n'a jamais pardonné à ceux qui lui ont été préférés, ou à ceux qui se sont décidés pour cette préférence. L'abbé du Jarry avait encore remporté le prix de l'académie en 1(583, ou du moins il le partagea avec la Monnoye. Les d-ux pièces ayant eu un égal nombre de suffrages, l'académie fit frapper deux médailles, chacune valant la moitié du prix , et elles furent données aux deux auteurs. On a de du Jarry : dis Sermons, des Panégyriques, et des Oraisons funèbres, en 4 vol. in-i2, qui, sans être du premier mérite, ont des beautés, entre autres, 1 'Oraison funèbre de F léchier ; un Jiecucil de divers ouvrages de piété, Paris, 1688, in-12; des Poésies chrétiennes, héroïques et morales, Paris, 1715, in-12 : la versification en est faible ; Le Ministère évangélique ou Réflexions sur l'éloquence de la chaire, in-12, Paris, 1756 , pleines de bonnes observations. Il mourut en 1730, dans son prieuré de N.-D. du Jarry, au diocèse de Saintes.

JARRY (Pierre-François-Théophile), né à Saint-Pierre-sur-Dive en 1764 fut nommé, au commencement de la révolution, curé d'Escots, paroisse voisine du lieu de sa naissance. Son refus de prêterserinentàla constitution civile du chargé l'obligea bientôt de s'éloigner. 11 se retira d'abord à Jersey, d'où il passa en Angleterre. 11 se rendit ensuite en Allemagne, ou îi se tia avec M de Cicé, évê-

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