‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 186 sur 323 · JER · texte numérisé non relu

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JEROME de PRAGUE, ainsi nommé du lieu de sa naissance, fut le plus fameux disciple de Jean Huss. Il avait étudié à Paris, à Cologne, à Heidclberg, et avait été reçu maître ès-arts dans ces trois universités. La subtilité de son esprit, jonte à la corruption de son cœur, lui fit embrasser les erreurs de Jean Huss. Cet héiélijue ayant été arrêté au concile de Constance, Jérôme vint pour l'y défendre, et fut emprisonné comme lui. On détermina Jérôme à se rétracter; mais, ayant appris avec quelle obstination son maître (tait mort, il eut bonté de sa docilité. Dans une deuxième audience que le concile lui accorda, il désavoua sa rétractation, et déclara qu'il était résolu d'adhérer, jus ;u'à son dernier soupir, à la doctrine de Wiclcf et de Jean Huss, exceptant pourtant les opinions de l'hérésiarque anglais sur l'eucharistie. Le concil • ayant tenté vainement de le ramener à la ver té, condamna cet enthousiaste, et le livra au bras séculier. Le magistrat civil le fit brûler le 1er de juin 1416. Le Pogge, Florentin, témoin de ce supplice, en a écrit ïhistoire dans une Lettre à Léonaid Aréti, où il parait presque aussi enthousiaste que Jean Huss et Jérôme. 11 y compare le fanatique Huss au philosophe Socrate. Qui aurait cru que la philosophie et le fanatisme eussent des rapports si marqués? Les écrits de Jérôme ont été recueillis avec ceux de son maître. (Yoy. l'article Jean Huss). — Ij y a eu un autre Jérôme ue Prague, pieux solitaire, qu'il ne faut pas confondre avec le disciple de Jean Huss, contre lequel il s'éleva, et dont il détestait les erreurs.

JÉRÔME de SA.NTE-FOI, juif espagnol , nommé auparavant Josué Lurchi, reconnut, par la lecture des livres hébreux, que Jésus- Christ est le vrai Messie prédit par les prophètes. Il embrassa le christianisme, et reçut à son baptême le nom de Jérôme de Sainte- Foi. 11 devint ensuite médecin de Pierre de Lune, qui prenait le nom de Benoit XIII. Cet antipape étant dans le royaume d'Aragon en 1412, alors le seul lieu de son obédience, Jérôme lui inspira le dessein de si nalerson zèle en attaquant les juifs par une conférence publique, indiquée à Tortose, en Catalogne. Elle commença le 7 février ik 13, en présence du pape, de* plusieurs cardinaux, d'un grand nombre d'évêques, et de savanis théologiens. Le Nasi, ou chef des synagogues d'Aragon, y était présent, avec les plus savants rabbins de ce royaume. Jérôme de Sainte-Foi leur prouva que le Messie était venu, et que Jésus-Christ en avait rempli parfaitement les caractères. La conférence ne finit que le 10 mai 1413. Jérôme de Sainte- Foi pi ésenta le 10 novemb.e de la même année à l'antipape son Traité sur les erreurs dangereuses qui sont dans le Talmud contre la loi ne Moïse, contre le Messie et contre les chrétiens. Ce livre fit tant d'impression sur les juifs, qu'il s'en conveitit au christianisme environ cinq mille. Voy. Joseph-Albo. Le traité de Jérôme de Sainte-Foi a été imprimé à Francfort en 1602, et inséré dans la Bibliothèque des Pères.

JÉRÔME (Claude-Geoffrin, plus connu sous le nom de dom) , qui était son nom de religion, prêcha pendant près de 60 ans dans Paris. Il quitta, à l'âge dfe 33 ans, les pénitents religieux du tiers- ordre de Saint-François pour entrer dans l'ordre des Feuillants, où il occupa dans la suite plusieurs charges. Il se retira en 1717 à Poitiers, et mourut à Paris le 17 mars 1721 à 82 ans. Ses sermons ont été publiés sous le titre de Nouveaux Sermons, Liège, 1738, 5 vol. in-12. Ces sermons sont écrits faiblement.

JESUA LÉVITE, rabbin espagnol, est auteur d'un livre utile po r l'intelligence du Talmud, intitu'é Les Voies de l'éternité, dont Basbuisen a donné une bonne édition à Hanovre en 1714-, in-i°, en hébreu et en latin. Il florissait au xvc siècle.

JESUS-CHRIST, le Sauveur du monde, fils de Dieu et Dieu lui-même. Coiçu par l'opération du Saint-Esprit dans le sein de la vierge Marie, il naquit dans une étable à Bethléem. La sainte Vierge et Joseph son époux s'étaient rendus dans cette ville pour se l'aire inscrire lors du dénombrement ordonné par Auguste, l'an du monde 400i.

Aussitôt après sa naissance, des anges l'annoncèrent aux bergers par les premières paroles de ce beau cantique, dont depuis tant de siècles retentissent les temples chrétiens : Gloria in exeelsis Deo et in terra pax hominibus bonœ voluntatis. Une étoile apparut en Orient, et amena des Mages qui vinrent adorer ce Dieu enfant. Il fut circoncis le huitième jour, et le quarantième sa mère le porta au temple. Hérode, soupçonneux et ci uel, auquel les Mages n'avaient pas caché la cause de leur venue, et qui craignaient que ce nouveau roi des Juifs ne voulût le détrôner, fit mourir tous les enfants de deux ans et au-dessous Voy. Innocents. Il comptait y envelopper celui dont les mages lui avaient annoncé la naissance; mais Joseph, averti par un ange, s'était retiré avec la mère et l'enfant en Egypte, d'où ils ne revinrent qu'après la mort du tyran. Les parents de Jésus demeuraient à N a::areth, et ils allaient tous les ans de cette ville à Jérusalem, pour. célébrer la Puque. Ils y menèrent Jésus à l'âge de douze ans : il y resta à leur insu; et s'en étant aperçus dans le chemin, -ils retournèrent à Jérusalem, où ils le trouvèrent dans le temple au milieu des docteurs, qu'il étonnait par ses que tions autant que par ses réponses. C'est tout ce que l'Evangile nou-< app end de Jésus-Christ jusqu'au moment de sa manifestation. Il croissait en sagesse, en âge et en grâce, étant soumis à sa mère et à celui qu'on croj ait être son père. Comme ils étaient obligés, par leur pauvreté, de travailler en gagnant leur vie, on ne peut douter que Jésus- Lhrist ne leur ait témoigné son obéissance en travaillant ave-- eux. C'était sans doute le métier de charpentier qu'il exerçait, puisque 1 s Juifs lui en donnent le nom.* L'an 15 de Tibère, Jean-Baptiste, qui devait lui prej arcr les voies, commença à prêcher la pénitence. Il baptisait, et Jésus-Christ vint à lui pour être baptisé. Au sortir :e l'eau, le Saint

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