‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 187 sur 323 · KS · texte numérisé non relu

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Espril descendit sur lui en forme de colombe, et .in entendit une voix <|ui dit : Voici mon Fils bieti-aimé, en (jui j'ai mis toutes mes corn-

plaisances. 11 fut conduit par le Saint-Esprit dans le désert, y passa quarante jouis sans manger, et voulut bien y essuyer les attaques de l'esprit de ténèbres. Il commença ensuite à prêcher l'Evangile. Accompagné desdouze apôtres qu'il avait choisis, il parcourut toute la Judée, et la remplit de ses bienfaits, confirmant les vérités qu'il enseignait par des miracles. Les démons et les maladies lui obéissent, les aveugles voient, les paralytiques marchent, les morts ressuscitent. Mais il fallait que le Christ souffrtt, satisfit par ses souffrances à la justice de Dieu, réparât la nature humaine, et méritât aux hommes les grâces qui les rendissent purs et saints; grâces qui, en vue de ce sacrifice futur, avaient été accordées aussi aux justes de l'ancienne loi. La jalousie des pharisiens et des docteurs de la loi le fit condamner à un supplice infâme; et ainsi qu'il l'avait prédit lui-môme, un de ses disciples le trahit, un autre le renia, tous l'abandonnèrent. Le pontife et le conseil condamnèrent Jésus-Christ , parce qu'il s'était dit Fils de Dieu. Il fut livré à Ponce-Pilate, président romain, et condamné à mourir attaché à la croix; il offrit le sacrifice qui devait être l'expiation des crimes du genre humain. A sa mort, le ciel se couvrit de ténèbres (Voy. Phlégon), la terre trembla, le voile du temple se déchira, les tombeaux s'ouvrirent, les morts ressuscitèrent; l'Homme-Dieu, mis en croix, expira le soir du vendredi 3 avril, le lk de Nisan, l'an 29 ou 30 ou 31 de l'ère vulgaire, l'an 33 de sa vie, et, selon quelques chronologistes, l'an 33 de l'ère et 36 de sa vie (1). Son corps fut mis dans le tombeau, où l'on posa des gardes. Le troisième jour, qui était le dimanche, Jésus- Christ, sortit vivant du sépulcre. II apparut d'abord à plusieurs saintes femmes, ensuite à ses disciples et à ses apôtres. Il resta avec eux pendant M) jours, leur apparaissant souvent , leur faisant voir, par beaucoup de preuves qu'il était vivaut, et leur parlant du royaume de Dieu. Il n'y a pas dans tous les faits historiques qui composent les annales des hommes, un événement mieux prouvé que la résurrection de Jésus-Christ. Quarante jours après sa résurrection, il monta au ciel en présence de ses disciples, leur ordonnant de prêcher l'Evangile à toutes les nations et

(1) Voy. l'Art de vérifier les dates, ou le Journal histor. et littér., 15 mai 1784, pag. 107. Ceux qui veulent connaître les raisons de l'ancienne et commune opinion qui fixe la mort de J.-C. à l'année 35 de son âge, peuvent consulter le cardinal Noris, le Père Pagi, les Acta sanctorum, tom. 5, junii, p. 404, et la Dissertation qui se trouvera la fin du Commenlarius lust. ait. in Lucam et Joannem, etc., défendu par manière de ihèse à Louvain, et imprimé chez Jacob, 1764 ; Danès, Molio temporum; Pelau, De doclrina temporum, etc. ; mais quelque système de chronologie que l'on adopte, il y aura toujours entre l'ère vulgaire et la naissance de J.-C, trois, qualre, jou cinq ans de différence, pour des raisons qu'il n'est (pas de la nature de cet ouvrage de rechercher.

leur promettant d'être avec eux jusqu'à la fin du monde. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'exposer les preuves sur lesquelles la religion chrétienne est fondée : Bossuet , Huet, Abbadie, Bergier, Le Franc de Pompignan, l'académicien Bauzée, et plusieurs autres grands écrivains, ont épuisé cette matière. Il nous suffira do dire que, dans ce siècle où l'impiété triomphe, il s'est trouvé des philosophes qui n'ont pu s'empêcher de reconnaître la sublimité de la morale de L'Evangile. Voici ce que dit l'un d'entre eux (J.-J. Rousseau). Le passage est long, mais il est d'une beauté et d'une vérité frappante. « La majesté des Ecritures m'é- « tonne, la sainteté de l'Evangile parle à mon « 'cœur. Voyez les livres des philosophes avec « tonte leur pompe : qu'ils sont petits auprès « de celui-là! Se peut-il qu'un livre, h la fois « si sublime et si simple, soit l'ouvrage des « hommes? Se peut-il que celui dont il fait « l'histoire ne soit qu'un homme lui-même? « Est-ce là le ton d'un enthousiaste ou d'un « ambitieux sectaire? Quelle douceur, quelle « pureté dans ses mœurs! Quelle grâce tou- « chante dans ses instructions! Quelle élé- « vation dans ses maximes ! Quelle profonde « sagesse dans ses discours! Quelle présence « d'esprit, quelle finesse et quelle justesse « dans ses réponses 1 Quel empire sur ses « passions! Où est l'homme, où est le sage « qui peut agir, souffrir et mourir sans fal- « blesse et sans ostentation? Quand Platon « peint son juste imaginaire, couvert de tout « l'opprobre du crime, et digne de tous les « prix de la vertu, il peint trait pour trait « Jésus-Christ; la ressemblance est si frap- « pante, que tous les Pères l'ont sentie, et qu'il « n'est pas possible de s'y tromper... Socrate « mourant sans douleur , sans ignominie, « soutint aisément jusqu'au bout son perce sonnage; et si cette facile mort n'eût ho- « noré sa vie, on douterait si Socrate, avec « tout son esprit, fut autre chose qu'un so- « phiste. Il inventa, dit-on, la morale. D'au- « très avant lui l'avaient mise en pratique; « il ne fit que dire ce qu'ils avaien.t fait; il « ne fit que mettre en leçons leurs exemples. « Aristide avait été juste avantque Socrate eût « dit ce que c'était que la justice; Léonidas « était mort pour son pays avant que Socrate « eût fait un devoir d'aimer la patrie; Sparte « était sobre avant que Socrate eût loué la « sobriété ; avant qu'il eût défini la verce tu, la Grèce abondait en hommes verce tueux. Mais où Jésus avait-il pris chez ce les siens cette morale élevée et pure, dont ce lui seul a donné les leçons et l'exemple? « La mort de Socrate, philosophant trancc quillement avec ses amis , est la plus ce douce qu'on puisse désirer; celle de Jésus ce expirant dans les tourments, injurié, raillé, ce maudit de tout un peuple, est la plus horce rible qu'on puisse craindre. Socrate, ce prenant la coupe empoisonnée, bénit celui « qui la présente et qui pleure; Jésus, au ce milieu d'un supplice affreux, prie pour ses « bourreaux. Oui, si la vie et la mort de « Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de

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