‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 188 sur 323 · ES · texte numérisé non relu

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« Jésus sont d'un D;eu. Dirons-nous que « F histoire de l'Evangile est inventée à plai- « sir? Non, ce n'est pas ainsi qu'on invente, « et les faits de Socrate, dont personne ne « doute, sont moins attestés que ceux de Jé- « sus-Christ. Au fond, c'est éluder la diffi- « culte sans la détruire. Il serait plus incon- « cevable que plusieurs hommes d'accord « eussent fabriqué ce livre, qu'il ne l'est « qu'un seul en ait fourni le sujet. Jamais « des auteurs juifs n'eussent trouvé ni ce « ton, ni cette morale, et l'Evangile a des « caractères de vérité si grands, si frappants, « si parfaitement inimitables, que l'inven- « teur en serait plus étonnant que le héros. » Un philosophe anglais a démontré la divinité de Jésus-Christ et la vérité de la religion par la seule excellence de sa doctrine, et le simple récit de ses actions, tel qu'on le voit dans l'Evangile. Voy. Jenyiss. Ceux qui ont voulu comparer sa morale, ou, pour mieux dire, l'enseignement complet et tini de ses dogmes et de ses lois à quelques froides maximes éparses et arbitraires des philosophes, manquent bien certainement de jugement ou de bonne foi. L'ensemble de sa doctrine, la liaison intime et la dépendance mutuelle de toutes ses parties, la totalité d'un enseignement qui embrasse tout ce qui tient au ciel et à la terre, qui prend l'homme dans toutes les circonstances, et toujours par son cœur et sa conscience, repoussent tout parallèle avec les apophthegmes insignifiants des prétendus législateurs moraux sans sanction et sans titre, puisque, sans parler des miracles et des preuves de fait que Jésus-Christ donnait de sa mission, toutes ses leçons étaient fondées sur l'éternelle et incontestable vérité de l'immortalité de l'âme et de la vie future, énoncée de la manière la plus touchante et la plus sensée, garantie par la divine parole, reçue et professée avec cette ineffable persuas;on dont le nom même n'était pas connu. La foi est une chose tellement sublime et divine que les philosophes de l'antiquité, dans leurs longues spéculations sur la morale, sur les facultés et les dispositions de l'esprit humain, n'ont rien découvert qui lui ressemble ; ils n'avaient aucun mot pour en exprimer l'idée; car le mot grec ou latin que nous rendons par celui de foi, ne fut jamais employé par aucun auteur païen dans un sens qui eût du rapport à celui qu'il a dans l'Evangile, où il explique une humble, docile et franche disposition d'esprit à croire en Dieu, une ferme confiance en lui, en ses révélations et en ses promesses. La foi est la base, et pour employer l'expression de saint Paul, la sxibstance de notre espérance, et la lumière qui nous découvre les choses invisibles. Estautem fides sperandarum substantiel rerum, argutnentumnon apparentium. On ne peut lire ce que cet apôtre dit de la foi, dans le chapitre xi de son Epitre aux Hébreux, sans chérir ce don divin, au-dessus de toutes les possessions; sans en être pénétré, et sans préférer ses mystérieuses obscurités à toutes lès connaissances humaines. Sans elle les

vérités même les plus graves n'ont aucune consistance ; c'est la foi qui les tire de la faible et mobile lumière de la raison, pour leur donner la sanction et la stabilité. Enfin, la doctrine de Jésus-Christ a eu pour objet des choses, dont les sages profanes n'avaient aucune idée, et dont ils ne pouvaient avoir l'idée, sans devenir muets et sans perdre tous les motifs de leur enseignement. Telle est l'idée du monde que Jésus-Christ nous a donnée d'une manière si claire et si profonde. « C'est, dit un philosophe chrétien, « une chose très-remarquable que le mot et « l'idée de mundus dans le sens de l'Evan- « gile. Cet être si réel et si connaissable « n'est devenu pour ainsi dire manifeste et « sensible que depuis Jésus-Christ. Les an- « ciens moralistes n'en ont pas parlé, parce « qu'ils étaient eux-mêmes du monde ; parce « que leur vaine et fastueuse morale, leurs « vertus de commande et de parade, n'avaient « rien que de conforme et de parfaitement « assorti à l'esprit du monde : ils ne pouce vaient donc en faire un être moral, diffé- « rent de celui qu'ils prétendaient établir ; « mais Jésus-Christ nous a découvert l'es- « pace immense que le monde, dans sa plus « haute sagesse, laissait entre ses leçons et « celles de l'Evangile. Aussi le chrétien le « moins instruit connaît-il le monde; il sait « très-bien dire : Voilà ce que c'est que le « monde; voilà comme nous trompe le monde; « tels sont les mensonges et les illusions du « monde; les fausses vertus et l'hypocrisie du « monde; langage inconnu a tous les sages « de l'antiquité, et même à tous les sages « modernes qui ont abjuré leur foi. C'est « dans ce sens qu'il est dit : Princeps hujus « mundi jam judicatus est, Joan. xiv, 11 ; et « plus clairement encore : nunc judicium est « mundi, Joan. xn, 31. » Un autre caractère de la doctrine de Jésus-Christ est la haine que ce même monde lui porte, tandis que toutes les erreurs sont bien accueillies, ou envisagées avec indifférence. Cette distinction ne peut que servir à caractériser la vérité, à la distinguer, à la rendre connaissable pour quiconque la cherche sincèrement, à prouver son efficace, son action puissante sur l'esprit et le cœur, cette empreinte de la lumière divine, si odieuse à la scélératesse et à l'impiété. « Que de réflexions, dit un « sage observateur, cette haine fait naître « dans l'esprit du chrétien, instruit de ce « que l'Evangile nous apprend de la haine « réservée à son auteur, à sa doctrine et à « ses ministres. Haine du monde contre Jé- « sus-Christ et son ouvrage, si longtemps, « si fortement annoncée et si terriblement « réalisée! Nos philosophes se sont-ils ja- « mais avisés de concevoir quelque haine « contre Mahomet, Confucius,Zoroastre, etc.? « Ces noms-là, au contraire, ne sont-ils pas « l'objet de leurs hommages? Je sens que je « ne puis bien exprimer le résultat de cette « réflexion. C'est peut-être le motif de cré- « dibilité le plus persuasif et le plus tou- « chant. » Les nations infidèles, les païens, les mahométans, ont reconnu les miracles »t

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