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Jeune eut d'autres infortunes. Il fut deux fois taillé de la pierre, et on ne l'entendit jamais laisser échapper aucune parole d'impatience. Les plus grands prélats avaient tant d'estime pour sa vertu, que le cardinal Bichi le servit à table durant tout le cours d'une mission. Lafayette, évêque de Limoges, l'engagea en 1651 à demeurer dans son diocèse. Le P. Le Jeune y passa foute sa vie, et y établit des dames de la Charité dans to tes les villes. Dans sa dernière maladie, qui fut longue, il reçut souvent la visite des évoques de Limoges et deLombez. On lui avait permis de dire la messe quoiqu'il fût aveugle; mais il ne voulut jamais user de cette permission, dans la crainte de commettre quelque irrévérence en célébrant les saints mystères. Il mourut à Limoges le 19 août 1072 à 80 ans, en odeur de sainteté. Son humilité était admirable. Plusieurs seigneurs de la cour étant arrivés à Rouen, où il prêchait le carême, le prièrent de leur prêcher son >lus beau sermon; mais il se contenta de eur faire une instruction familière, touchant es devoirs des grands, et touchant l'obligation de veiller sur leurs familles et leurs domestiques. Les conversions que ce directeur, sagement sévère, opérait, étaient soldes et persévérantes. Sa réputation était si grande, qu'on venait de fort loin pour se mettre sous sa conduite. On a de lui dos Sermons, en dix gros volum s in-8% Toulouse, 1088, ou Paris, 1671, édition plus correcte et plus estimée. Ils furent traduits en latin, et hnpriruès a Mayence, sous ce titre : Johannis Junii delicia; paslorum sive conciones, in-4°. Le célèbre Massillon puisa dans l'étude de ce prédicateur, non cette facilité et cette chaleur qui le caractérisent, ce sont des talents qu'on ne doit qu'à la nature, mais des matériaux pour plusieurs de ses discours. Ce sermonaire, disait-il, estun excellcnlrépertoire pour un prédicateur, et fen ai profité. Le P. Le Jeune est simple, touchant, insinuant; on voit qu'il était né avec un génie heureux et une âme sensible. Le recueil de ses Sermons, qu'on appelle quelquefois Sermons du Père aveugle, est devenu peu commun. M. l'abbé Aîigne l'a reproduit dans sa grande Collection des orateurs sacrés, dans laquelle ses OEuvres complètes forment 3 vol. iu-i°. C'est par la lecture des Sermons du P. Le Jeune que Benoît-Joseph Labre, mort en odeur de sainteté à Rome en 1783, s'était senti particulièrement animé à l'exercice âes veitus chrétiennes. On a encore de lui une traduction du Traité de la vérité de la religion, 1 vol. in-12, imprimé en Hollande. M. Ruben a publié un Discours sur laVie du P. Le Jeune, et le P. Lamy le fait bien connaître dans son septième Entretien sur les sciences, p. 224. JEUNE (Claude-Mansuet), chanoine régulier de la réforme de Prémontré, né à Tignaenur, au duché de Bar, près de l'abbaye de Flabemont, prononça ses vœux en 1734 dans l'abbaye de Sainte -Marie de Pont-à- Mowsson. Il professa la philosophie et la (néologie à l'abbaye d'Estival, prit le bonnet de docteur dans l'université de Pont -à-Mous-
son, et. fut prieur de Sainte-Marie. Il retourna h Estival, où il passa le reste de sa vie dans la retraite , occupé de la composition de divers ouvrages, tels que : Histoire critique et apologétique rk- l'ordre des chevaliers du Temple de Jérusalem, diJs Templiers, Paris, 1789, et avec un titre rafraîciîj, an xni (1805), 2 vol. in-4°. Il y fait voir les commencements et les progrès de cet ordre; il y trace l'histoire de sa suppression, faite, à ce qu'il croit, sans raisons solides et motifs suffisants ; il appuie son sentiment d'autorités et de preuves auxquelles il prétend qu'on ne peut se refuser; Dissertation pour prouver que V amour qui est requis dans le sacrement de Pénitence n'est pas seulement un amour d'espérance, mais un véritable et sinci're amour de charité.
JEWEL (Jean), lvelus, écrivain anglais, naquit à Berry-Narber, au Devonshire ; il se fit proférant sur la tin du règne de Henri VIII, et fut exclu du collège d'Oxford sous la reine Marie. Après la mort de cette princesse, il quitta l'Italie, où il s'était enfui, et retourna en Angleterre. 11 fut un des théologiens protestants choisis pour disputer sur leur religion, devant la reine Elisabeth, contre les ecclésiastiques catholiques. En 1559, il fut nommé à l'évêché de Salisbury, et mourut en 1571. On assure qu'il avait beaucoup de mémoire : mais ses variations ne prouvent pas qu'il eût autant de jugement. 11 laissa quelques écrits, entre autres Y Histoire de la réformation, et celle des règnes de Charles 11 et de Jacques IL
JÉZAB L, tille d'Ithobal, roi de Sidon, et femme d'Achab, roi d'Israël. Ce fut elle qui porta le roi son époux à abolir entièrement dans ses Etats le culie du vrai Dieu, pour y substituer celui de Baal. Elie, le seul qui eût osé résister à cette reine impie, fut contraint de prendre la fuite, et de se retirer sur la montagne d'Horeb. Achab ayant eu envie de posséder la vigne d'un nommé Naboth, qui la lui refusa, Jézabel suscita de faux témoins contre ce dernier, et le lit condamner à être lapidé. Achab demeura en possession de la vigne; mais Dieu, pour punir Jézabel, éleva Jéhu sur le trône de Sainarie. Ce prince, après avoir fait tuer Joram, fils de Jézabel et d'Achab, et successeur de ce dernier, fit jeter Jézabel du haut d'une fenêtre ; les chiens dévorèrent tellement son corps qu'ils ne laissèrent que le crâne, les pieds et l'extrémité des mains, l'an 884 avant Jésus -Christ. — Il est parlé dans le second c. apitre de l'Apocalypse, d'une Jézabel, qui faisait la propi'étesse, et sous ce faux titre prêchait des erreurs. Elle y est menacée d'une maladie mortelle, si elle ne fait pénitence de ses péchés, comme tous ceux qui participeront à ses erreurs. Il est assez difficile de dire qui était cette Jézabel : c'était apparemment quelque femme puissante qui protégeait les Nicolaïtes, et. qui est ainsi nommée, sans doute à cause du rapport qui existait entre elle et Jézabel, femme d'Achab.
JOÂB, lils de Sarvia, sœur de David, et frère d'Abisai et d'Azaél, fut attaché au service de
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David, et commandasses armées avec succès. La première occasion où il se signala lut le combat de Grabaon, où il vainquit Aimer, chef du parti d'Isboseth. Il monta le premier sur les murs de Jérusalem, et mérita par sa valeur d'être conservé dans l'emploi de général, qu'il possédait déjà. 11 marcha contre les Syriens qui s'étaient révoltés contre David, les mit en fuite, et, s'étant rendu maître d'un quartier de la vdle de Rabbath sur les Ammonites, il lit venir David, pour qu'il eût la gloire de cette complète. Joab se signala dans toutes les guerres que ce monarque eut à soutenir, mais il se déshonora en assassinant Abner et Amasa, parce qu'il était jaloux de la conâance que David leur accordait. Il réconcilia Absalon avec David, et ne laissa pas de tuer ce prince rebelle dans une bataille, vers l'an 1023 avant Jésus-Christ. David , en considération de ses services, et par la crainte de sa puissance, ne sévit pas contre lui; mais en mourant il commanda à son fils Salomon de le punir. Ce jeune prince fut ministre de la vengeance de son père. Joab avant pris parti pour Adonias contre le nouveau roi, Salomon fit tuer le général rebelle aux jiieds de l'autel où il s'était réfugié, croyant y trouver un asile, l'an 1014 avant Jésus-Christ.
JOACHAZ, roi d'Israël, succéda à son père Jéhu l'an 856 avant Jésus-Christ et régna dix-sept ans. Le Seigneur, irrité de ce qu'il avait adoré les dieux étrang rs, le livra à la fureur d'Azaël et de Benadad, rois de Syrie, qui ravagèrent cruellement ses Etats. Ce prince, dans cette extrémi é, eut recours à Dieu, qui l'écouta favorablement. Joas, son fils et Sun successeur, rétablit les affaires d'Israël, et remporta durant son règne plusieurs victoires sur les Syriens. Il mourut l'an 839 avant Jésus-Christ.
JOACHAZ, nommé aussi Séleucus, fils de Josias, roi de Juda, fut élu roi après la mort de son ; ère, l'an 609 avant Jésus-Christ. Il avait 23 ans quand il monta sur le trône. 11 ne régna qu'environ trois mois à Jérusalem, et se signala par ses impiétés. Néchao, roi d'Egypte, au retour de son expédition contre les Babyloniens, rendit la Judée tributaire; et pour faire un acte de souveraineté, sous prétexte que Joachaz avait osé se faire déclarer roi sans sa permission, au préjudice de son f.ère aîné, il donna le sceptre à celui-ci. Le roi détrôné mourut de chagrin l'an 598 avant Jésus-Chi -ia.t , en Egypte, où il avait été emmené.
JOACHIM ou JOARIM, fils de Josias et frère aine du précédent, fut mis sur le trône de Juda par Néchao, roi d'Egypte, l'an 609 avant Jésus-Christ. 11 déchira et brûla les livres de Jérémie, et traita avec cruauté le prophète Urie. 11 fut détrôné par Nabuchodonosor, et mis à mort par les Chaldéens, qui jetèrent son corps hors de Jérusalem, et le laissèrent sans sépulture vers l'an OOOavant Jésus-Christ.
JOACHIM, fils du précédent. Voy. Jéchonias : c'est le même.
JOACHIM (saint), fut, selon une pieuse
tradition, époux de sainte Anne, et père de la sainte Vierge. On ne sait rien de sa vie, et l'Ecriture sainte ne fait aucune mention formelle de saint Joachim. Mais il est trèsprobable qu'Héli, dont il est parlé dans le chapitre m de saint Luc, comme père de saint Joseph, est ce môme Joachim, père de Marie, et beau-père de Joseph; car Joachim, Héli , Eliacim , etc., sont les mômes noms dans l'Ecriture. Le seul livre ancien qui parle expressément de saint Joachim, est traité d'apocïyphe par saint Augustin. L'Eglise grecque célébra la fête de saint Joachim dès le septième siècle; mais elle n'a été introduite que fort tard dans l'Eglise latine. On prétend que ce fut le pape Jules II qui l'institua.
JOACHIM (l'abbé), surnommé le Prophète, né en 1130 au bourg de Celico, près de Cosenza, fut d'abord un des pages de Roger, roi de Sicde , et voyagea ensuite dans la terre sainte. De retour en Calabre, il prit l'habit de Cîteaux dans le monastère de Corazzo, dont il lut prieur et abbé. Joachim quitta son abbaye avec la permission du pape Luce III, vers 1185, et se retira dans la solitude de Casemar, où il resta deux ans, occupé à commenter les saintes Ecritures. 11 revint à Corazzo en 1187. Le pape lui ayant alors ordonné de continuer son commentaire, lui permit de se démettre de son abbaye, où jusqu'alors il n'avait été que remplacé, comme absent, par un de ses religieux. En conséquence de cette permission, Joachim alla se fixer à Flora, où il fonda un monastère dont la règle était calquée sur celle de Cîteaux. Il mourut en 1202 a 72 ans, laissant un grand nombre d'ouvrages, imprimés à Venise, 1 516, in-folio. Ils contiennent quelques propositions touchant la nature divine, !a Trinité et la durée de l'Evangile de Jésus-Christ ; ils furent condamnés dans la suite au concile général de Latran, en 1215, et au concile d'Arles, en 1260. Les plus connus sont les Commentaires sur Isaïe, sur Jérémie et sur l'Apocalypse. On a encore de lui des Prophéties , qui ont fait autrefois beaucoup de bruit, et que dom Gervaise, dans VHistoire de l'abbé Joachim , 1745, 2 vol. in-12, prétend avoir été accomplies. On trouve dans le t. VII des Actu Sanctorum des détails sur la vie de Joachim.
JOANNET (Claude), né l'an 1716 à Dôle, mort à Paris en 1789, se vit obligé, à cause de sa mauvaise santé, de quitter la société des jésuites où il avait fait profession. 11 se rendit alors àParis, où il publia un journal destiné à faire connaître les ouvrages religieux, sous ce titre: Lettres sur les ouvrages de piété, ou Journal chrétien, Paris, 175i-64, 40 vol. in-12. Ce journal parut pendant dix ans, il était dédié à la reine Marie Leczinska, et avait pour but de combattre les progrès de l'incrédulité. Il c3mposa en outre : Eléments de poésie française, Paris, 1752, 3 vol. in-12. L'abbé Sabbatier, qui a consacré un article à l'abbé Joannet dans ses Siècles littéraires, tom. II, pag. 453, trouve dans cet ouvrage « des réflexions judicieuses, une cri- « tique fine, des règles sûres et le caractère
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