‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 197 sur 323 · JOU JOY · texte numérisé non relu

JOU JOY

flexions sages, des règles du goût le plus lus par la jeunesse, sans aucun danger de se sûr , formé sur les excellents modèles de corrompre le cœur en se formant l'esprit, l'antiquité ; des préceptes tracés par la rai- JOUX de La CHAPELLE. Voy. Dejoux. son et par l'expérience , une méthode claire JOUY (Louis-François de), avocat auparet mise à la portée do tous les esprits ; l'a- lement et du clergé de France, né à Paris le mour de la vertu, le zèle pour le progrès des 2 mai 1714 , mort dans la même ville le 7 fésciences et des bonnes mœurs. Ce qui paraît vrier 1771, se livra particulièrement aux afsurtout précieux dans l'ensemble des diffé- faires ecclésiastiques. Il fut changé des afrents avis que le P. Jouvency donne aux faires du clergé et s'en acquitta avec honmaîtres, c'est la noblesse et la force des neur. On a de lui : Principes sur les droits motifs qui doivent diriger et soutenir les pé- et obligations des gradués , Paris, 1759, in-12; nibles travaux de l'instruction ; motifs qui ne Supplément aux lois civiles dans leur ordre prennent leur essor et leur activité que dans naturel , de Domat , Paris, 1756, in-folio de l'esprit de la religion chrétienne, et qui par- 120 pages. Ce supplément fut ensuite refondu ,à même sont devenus bien rares , et qu'on dans les éditions ultérieures des Lois civine trouve plus que dans un petit nombre les; Arrêts de règlement recueillis et mis en d'individus, que le philosophisme n'a pas ordre , Paris , 1752,in-4°; Conférences des subjugués. On ne peut rien ajouter à cette ordonnances, édits, etc., sur les matières ecgrande leçon, pleine de sentiment, de ten- clésiastiques , Paris , 1753 , in-4°. Après sa dresse, d'une sage et bienfaisante philosophie, mort on trouva chez lui manuscrits : Prinet qui seule suffît pour faire un excellent cipes et usages concernant les dîmes, Paris , instituteur. « Cernât tamquam sub persona 1776, in-12 ; et la Coutume de Meaux, ou- « latentem , in exiguis corpusculis , divinœ vrage qu'il avait déjà mis au jour, et dont « speciem originis , lineamenta cœlestis co- il avait préparé une nouvelle édition. « gnationis, sanguinem Christi ; in eisdem JOVINIEN, hérésiarque du quatrième siè- « pretium crucis, jus regni, hœreditalein ee- cle, moine de Milan , infecta plusieurs mo- « ternitatis, contempletur : tum vero, quam nastères de ses erreurs, après être sorti du « nonmodolibenter, sed etiam ambiliose do- sien , où il avait vécu très-austèrement , ne « cendi munus exercebit ! » Dans les avis mangeant qu'un peu de pain , buvant de relatifs à la manière d'apprendre, l'auteur l'eau, marchant nu-pieds, et travaillant de est moins heureux ; il paraît qu'il ne con- ses mains. Il passa de Milan à Rome, et ennaissait pas assez la nature de l'esprit hu- gagea plusieurs vierges à se marier, voilant main, les différentes formes et propriétés son libertinage et celui de ses disciples de la sous lesquelles il se développe , pour îe di- fausse maxime que l'état de mariage est aussi riger sûrement dans ses travaux. En suivant parfait que celui de la virginité ; doctrine ses leçons à la lettre , les génies vifs , rapi- contraire à celle de Jésus-Christ , et réfutée des et profonds essuieraient tous les incon- par l'apôtre saint Paul. Les erreurs qu'il souvénients d'une servitude incompatible avec tint encore furent que la mère de Jésusleurs facultés intellectuelles. Le P. Jouvency Christ n'était pas demeurée vierge après l'enaccumule tellement et fait succéder si rapi- fantement ; que la chair du Sauveur n'était dément les lectures les plus disparates, qu'il pas véritable, mais fantastique ; que les jeuest impossible qu'il n'en naisse de la confu- nés et les autres œuvres de pénitence n'ésion et du désordre , et que l'esprit privé de taient d'aucun mérite. Ce moine se conduisa liberté et du loisir de la réflexion , n'é- sait suivant ses principes. Saint Augustin et prouve le malheur de la stérilité au milieu saint Jérôme, qui combattirent ses impiétés de l'abondance, le dégoût et la satiété dans et ses relâchements , lui reprochent son le sein de la variété et de la plus riche opu- luxe, sa mollesse et son goût pour le faste et lence (Voy. Sacchini). Appendix de Diis et les plaisirs. Jovinien fut condamné à Rome Heroibus poeticis ; c'est un excellent abrégé par le pape Sirice, et à Milan par saint Amde mythologie que l'on suit encore, et dont broise, dans un concile tenu en 390. Les em- M. Roger a donné une édition en 1805, avec pereuis Théodose et Honorius l'exilèrent , des notes sur lesquelles on trouve une cri- le premier dans un désert , et l'autre dans tique judicieuse dans le Magasin encyclopé- une île, où il mourut misérablement, comme dique de 1806, tome Ier, page 44-6 ; des Notes il avait vécu , vers l'an 412. Saint Jérôme pleines de clarté et de précision sur Térence, exprime son genre de mort d'une manière si Horace, les Métamorphoses d'Ovide, Perse, énergique qu'il serait bien difficile de la ren- Juvénal, Martial, et sur quelques ouvrages dre en français : Inter phasides aves et carde Cicéron. C'est lui qui le premier imagina nés suillas non tam emisit spiritum quam de donner des éditions d'anciens auteurs eructavit. Voy. Vigilance. classiques avec des suppressions, ou editio- JOYEUSE (François de), cardinal, fils de nés expurgatœ. On reconnaît dans tous ces Guillaume Joyeuse, qui fut fait maréchal de écrits un homme qui s'est nourri des bonnes France en 1582 par le roi Henri III, naquit productions des anciens. La pureté, l'élé- le 24 juin 1562, et fut successivement argance, la facilité de son style, la richesse de chevêque de Narbonne , de Toulouse et de ses expressions l'égalent presque aux meil- Rouen. Il fut chargé des affaires les plus leurs écrivains de l'antiquité. Tous ceux qui épineuses et les plus importantes par les s'intéressent aux belles-lettres et aux bonnes rois Henri III , Henri IV et Louis XIII. 11 mœurs lui auront une éternelle obligation gagna tous les suffrages par sa prudence , d'avoir mis les auteurs latins en état d'être par sa sagesse" et par sa capacité dans les af-

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foires. Il présida l'assemblée générale du clergé en H>05, devint en l(»0f> l^gat du pape en France, sacra Mario do Médhis h Saint - Denis et Louis XIII à Refais, présida les états-généraux en 1614 , et mourut à Avignon, doyen dos cardinaux, en 1613, à 53 ans. Il s'était illustré par plusieurs fondations : 1° d'un séminaire à Kuucn; 2" d'une maison pour les jésuites, à Pontoise ; 3° d'une attire à Dieppe potorles Pères d< fOratoire. Aubepy

I publié Vflisloirr dU cardinal Joyeuse, ele.,

Paris, 1(),')V, in-folio.

JDBAL, (ils de Lamech et d'Ada, et frère de label, inventales instruments de musique, Genèse, iv, 21.

JUBK (Jacques), curé d'Asnièros, naquit a Vanves près de Paris, le 27 mai 1674. Quoique ses parents fussent pauvres, il put néanmoins entreprendre ses études, et il lit des progrès remarquables dans les belles lettres et les langues classiques. Jubé eut pour maître de philosophie Dagoumer, qui, admirant ses talents précoces et n'ignorant pas le mauvais état de sa fortune, paya pour lui les frais d'une thèso publique, que Jubé soutint avec honneur ; Dagoumer lit encore les frais nécessaires pour le faire recevoir maitre-ès-arts. Jubé avait embrassé la carrière ecclésiastique, et eut pour maître on théologie le célèbre et savant Baillet. Aussitôt qu'il eut pris les ordres, on lui donna la cure de Vaugrigneuse, d'où le cardinal de Noailtes le lit passer, on 1701, à celle d'Asnièros. Pieux, austère, l'abbé Jubé ne tarda cependant pas à se faire remarquer par la singularité de son caractère et de ses opinions sur la rubrique. 11 avait un esprit vif, entreprenant, inébranlable dans ses principes, et propre à former un chef de parti. Pendant quelque temps il fut regardé , par les anti-constitutionnaires, comme une des plus solides colonnes de leur parti; mais l'abbé Jubé ne suivait que son propre sentiment, et ne reconnut toute sa vie d'autre parti que celui de l'indépendance. Aussi, lui seul et de son seul aveu, il voulut être le réformateur du culte et de la discipline de l'Eglise. Jadis il aurait été digne de figurer dans la secte des iconoclastes, et s'il ne brisait pas les images des saints, il les avait prises en aversion, les considérant comme objets d'un culte superstitieux. L'église de sa paroisse était précisément remplie de ligures et d'images de vierges et de saints pour lesquelles le peuple avait une grande vénération. Atin de mieux réussir dans son projet de réforme, il commença par dire que son église était trop petite et peu décente; puis excitant la piété des paroissiens, dont il avait captivé le respect et l'aifection, il recueillit des fonds suffisants pour une nouvelle église. Il fallait, en outre, préparer ces mêmes paroissiens aux innovations qu'il se proposait d'introduire, et c'est ce qu'il lit pendant qu'on bAtissait l'église. Il leur donna tous les livres de Y Ecriture sainte en français, et leur en recommanda la lecture. Ses sermons, ses abondantes aumônes, ses bonnes mœurs, tirent le reste; et lorsqu'il crut que

les esprits étaient bien disposés, il leur lit aisément adopter sa doctrine. Efl attendant la nouvelle église avait été terminée; elle était jolie, mais sans ligures, ni images, de sorte qu'elle ressemblait à un temple de protestants. L'autel, sans crucilix, sans chandeliers ni ornements d'aucune sorte, n'était composé ipie d'une simple table de marbre blanc. Au moment des offices, on le couvrait d'une nappe, et l'on allumait deux cierges attachés contre la muraille Pendant tout Vintroit de la messe, le curé était assis auprès de l'autel, tandis que son diacre chantait l'épîtro et l'évangile en latin; et se tournant ensuite vers l'auditoire, il les lisait et les expliquait en français. Ce n'est qu'à l'offertoire que le curé montait à l'autel, récitant à haute voix les secrètes et le canon, et à la lin de toutes les prières, les auditeurs répondaient amen. Une colombe en vermeil, suspendue sur l'autel, contenait le saint sacrement , qui n'était jamais exposé avec ïompe. Le jour du jeudi saint, après avoir avé, dans l'église, les pieds à douze pauvres, e curé les faisait asseoir avec lui à une tajle qui figurait la Cène. Il bénissait le pain, en présentait un morceau a tous en disant • Voici, mes frères, comme le Sauveur institua l'Eucharistie. Il faisait la même cérémonie et disait les mêmes mots avec le vin qu'il mettait dans un calice, et ;dont goûtait chacun des douze convives. On trouvera sans doute extraordinaire que l'abbé Jubé ne fût point inquiété pour ces singularités : aucun évêque, ni le régent (Philippe d'Orléans), ne sévirent contre lui. Mais on sait quel était alors le relâchement de notre cour, où un Dubois se trouvait ministre. La discipline que l'abbé Jubé établit parmi ses paroissiens était excessivement sévère; et si, par exemple, une fdle se laissait séduire, elle devait rester trois mois sous le porche de l'église, sans qu'd lui fût permis d'entrer. L'abbé Jubé était également rigide envers les grands. La marquise de Parabeyre avait une maison à Asnières : cette dame était aimée du régent , qui lui faisait quelques visites. Ce commerce galant ne fut pas ignoré du curé, qui fit dire poliment à la marquise qu'elle ne vint plus aux offices divins, car les canons lui défendaient de les célébrer devant I. s pécheurs publics. La dame s'étant présentée à l'église au mépris de cet avis, le curé la fît prier de se retirer. Elle s'obstina à rester, puis voyant que le curé ne paraissait point, elle envoya un laquais pour savoir quand la messe commencerait. « Dès qu'elle sera par- « lie, répondit l'inflexible curé, et assurez « votie maîtresse que je retournerai plutôt « chez moi que de monter à l'autel en sa « présence. » La marquise monte dans sa voiture, et va toute furieuse se plaindre de l'affront qu'elle vient d'essuyer... « Vous « ne deviez pas vous y exposer, madame, « lui dit le prince; vous deviez connaître « l'homme ; et s'il m'eût fait à moi-même « une pareille menace, je ne m'y serais pas « lié. » Après la mort du régent, Je nouveau ministre de Louis XV examina de plus près

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