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la conduite du curé d'Asnières, et, en 172V, iJ manda chez lui l'abbé Jubé, qui prit le parti de se cacher. L'année suivante, on allait tenir à Home un concile, et l'évoque de Montpellier y envoya l'abbé Jubé pour aider de ses lumières les théologiens qui devaient y assister. Mais la cour de Rome était instruite des singularités de ce prêtre, et l'abbé Jubé se retira à Naples, d'où il revint en France. Il se rendit ensuite en Hollande, voyagea en Angleterre, en Allemagne, en Pologne, et partit pour la Russie, en qualité de précepteur des enfants de la princesse Dolgorouki, qui avait renoncé au schisme des Grecs. En 1717, la faculté de Sorbonne avait l'ait présenter au czar Pierre l" un mémoire tendant a opérer l'union des églises latine et russe. Ce mémoire n'ayant eu aucun résultat, elle en rédigea un autre, elles docteurs l'adressèrent a. l'abbé Julie, qui devait traiter de cette union avec les prélats de Russie Le fameux évèque de Novogorod lit avorter ce plan par l'influence qu'il exerçait sur le czar. Par suite de ces négociations, il parut un ouvrage intitulé : Lcclcsia romana cum rullienica irreconciliabilis, etc., que plusieurs bibliographes croient avoir été publié par févêque de Novogorod, et d'autres par fbidens, professeur de théologie à léna. Quelque temps après , les Dolgorouki étant retournés à la communion de l'Eglise russe, l'abbé Jubé vint en France. Il alla encore en Hollande, puis revint à Paris sous le nom de Lacour, et y mourut à l'Hôtel- Dieu, dans un étal voisin de la misère, le 30 décembre 17V5, à 70 ans, après avoir reçu les secours de la religion. Jubé eut part à la Vie des saints de Baillot , et publia un grand nombie d'opuscules anonymes. On le croit aussi éditeur de quelques ouvrages. On trouve sur ce prêtre des détails curieux dans une brochure publiée en 172V, sous ce titre : Nouvelle liturgie d'Asnières, qu'on attribue à M. Blin, chanoine de Rouen, et dans une Notice que Barbier lui a consacrée dans son Examen critique des Dictionnaires.
JUBIN (saint), tils de Hugon 111, comte de Dijon, ayant embrassé l'état ecclésiastique, devint grand-vicaire de l'église de Langres, puis archevêque de Lyon après la démission de Humbert 1er. 11 s'opposa inutilement à ce choix qui avait été fait par les évêques réunis au concile provincial à Autun; on le contraignit d'accepter cette dignité qui n'était à ses \eux qu'un pesant fardeau. Arrivé à Lyon, sa piété ranima la foi et la discipline, et il gagna par sa douceur tous les esprits. Son habileté soutenue par son zèle infatigable produisit dans la première église des Gaules le plus grand bien. Aussi le pape Grégoire VII lui adressa en 1078 une dé~ crétale pleine d'éloges, dans laquelle il lui continuait, ainsi qu'à ses successeurs, le titre déprimât des Gaules. Dans plusieurs autres occasions, le même pontife lui témoigna combien il avait pour lui d'estime et de confiance dans ses lumières. Cependant telle était la modestie de saint Jubin, que dans les huit lettres qui nous restent de lui , il ne prend
d'autre titre que celui d'indigne prêtre de Lyon. Jamais il n'usa de l'inlluence qui lui avait été accordée que pour pacifier les trou blés de plusieurs églises, et mettre fin à de fâcheuses divisions. Il assista au concile tenu à Lyon en 1080, et y concourut à l'adoption de sages règlements. Enfin, après avoir fait plusieurs pieuses fondations, il termina le 18 avril 1082 une vie entièrement consacrée à l'exercice de toutes les vertus chrétiennes. Ses reliques ont eu le don des miracles : Voy. Y Abrégé historique des martyrs de Lyon, par M. Guérin, chanoine de Saint-lrénée. M. J.-B. Durand, curé de Saint-îrénée, a publié une Notice sur saint Jubin, archevêque de Lyon, avec une dissertation sur l'authenticité de son corps ; quelques-unes des guérisons obtenues par son intercession ; une neuvaine de méditations et de prières; la messe et les vêpres à l'honneur de ce saint pontife, et le chemin de la croix, Lyon, 1827, 1 vol. in-12. JUDA, patriarche, 4e fils de Jacob et de Lia, naquit vers 1755 avant Jésus-Christ Lorsque les fils de Jacob voulurent mettre a mort Joseph leur frère, il leur conseilla plutôt de s'en défaire en le vendant, et cet avis sauva la vie à ce dernier. Juda épousa la tille d'un Chananéen nommé Sué, et il en eut trois fils, Her, Onan et Séla. Il eut aussi de Thamar, femme de l'aîné de ses fils, dont il jouit sans la connaître, Phares et Zara. Lorsque Jacob bénit ses enfants, il dit à Juda : « Le sceptre ne sortira point de Juda, ni le « législateur de sa postérité, jusqu'à la venue « de celui qui doit être envoyé, et à qui les « peuples obéiront. » Celte prédiction s'accomplit évidemment en la personne de Jésus-Christ ; car, de quelque manière qu'on l'explique, il reste vrai que la Judée ne cessa d'être un royaume, et le peuple juif une nation rassemblée en corps, ayant ses chefs, ses lois, jusqu'à l'arrivée de Jésus-Christ (1). Juda mourut l'an 1636 avant l'ère vulgaire, âgé de 119 ans. Sa tribu tenait le premier rang parmi les autres ; elle a été la plus puissante et la plus nombreuse. Au sortir de l'Egypte , elle était composée de 7V, 600 hommes capables de porter les armes. Cette tribu occupait toute la partie méridionale de la Palestine. Le royaume passa de la tribu de Benjamin, d'où étaient Saul et lsboseth, dans la tribu de Juda qui était celle de David et des rois ses successeurs. Les dix tribus s'étant séparées, celle de Juda et celle de Benjamin demeurèrent attachées à la maison de David , et formèrent un royaume qui se soutint avec éclat contre la puissance des rois d'Israël. Après la dispersion et la destruction de ce dernier royaume, celui de Juda subsista, et se maintint même dans la captivité de Babylone. Au retour, cette tribu vécut selon ses lois, ayant ses
(1) Par la simple transposition d'une virgule, le texle présente une explication plus facile et plus per sonnellement applicable au Messie. Non auj'ereLui sceptrum de Juda et dux, de femore ejus douée ve niât qui miltendus est. Le sceptre et le chef ne sor tiront point de Juda, jusqu'à ce que celui qui doi» être envoyé naisse de sa postérité.
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chefs; les restes des autres tribus se rangèrent sous ses étendards, et ne firent plus qu'un peuple que Ton nomma Juif. Les temps où (levait s'accomplir la promesse du Messie étant arrivés, la puissance romaine à qui rien ne résistait, assujettit ce peuple, lui ôta le droit de se choisir un cher, et lui donna pour roi Hérode, étranger et lduméen. Ainsi cette tribu, après avoir conservé le dépôt de la vraie religion, et l'exercice public du sacerdoce et des cérémonies de la loi dans le temple de Jérusalem, et avoir donné naissance au Messie, fut réduite au môme état que -les autres tribus, dispersée et démembrée comme elles.
JUDA (Léon de), lils de Jean de Juda, curé de Germéren, naquit en Alsace, l'an 1482, d'une concubine; il entra dans l'ordre ecclésiastique, et embrassa depuis les erreurs de Zwingle. Erasme lui ayant reproché sa lâche apostasie s'attira une réponse trèsaigre de la part de cet apostat. Juda acquit une très-grande réputation dans son parti, et mourut a Zurich, en 1542, à 60 ans. Sa Version latine de la Bible est celle qui est jointe aux Notes de Valable. On a de lui d'autres ouvrages qui prouvent son érudition. — Quelques auteurs l'ont cru juif, mais c'est à tort.
JtJDA-HJOUCr ou CH1NG, ou, selon les Arabes, Jahia-Ben-David-Aben-Zacliaria, célèbre rabbin, natif de Fez, et surnommé le Prince des grammairiens juifs , vivait au xie siècle. On a de lui divers ouvrages manuscrits en arabe, qui sont tiès-estimés , entre autres un Dictionnaire qui, imprimé, pourrait être fort utile pour l'intelligence de l'Ecriture sainte.
JUDA-HAKKADOSCH, c'est-à-dire le Saint, rabbin célèbre par sa science, par ses richesses et par ses talents, fondateur de l'école de Tibériade, fut, selon les juifs, ami et précepteur de l'empereur Antonin. Il naquit, selon le Talmud, à Séphora (ïzippuri), ville de Galilée située sur le sommet d'une montagne, l'an 120, et mourut l'an 19i; il était entré fort jeune dans le Sanhédrin, et fut proclamé par le peuple Nassi, c'est-à-dire prince très-riche et célèbre par sa sagesse. Il recueillit vers le milieu du deuxième siècle les constitutions et les traditions des magistrats et des docteurs juifs, particulièrement de Hillel, qui l'avaient précédé, et en composa, avec quelques autres docteurs, un livre qu'il nomma Mischna, ( première partie du Talmud), et il le divisa eh six parties. La première traite de l'agriculture et des semences; la deuxième, des jours de fêtes; la troisième, des mariages et de ce qui concerne les femmes; la quatrième des dommages intérêts et de toutes sortes d'affaires civiles ; la cinquième des sacrifices; et la sixième des puretés et impuretés légales. Il y consacra, dit-on, trente années (159-189). Surenhusius a donné une bonne édition de ce livre en hébreu et en latin avec des notes, Amsterdam, 1698, 6 volumes in-folio.
JUDAS, dit Machabée, troisième fils de Mathathias, de la famille des Asmonéens, succéda à son père dans la dignité de géné-
ral des Juifs, l'an 167 avant Jésus-Christ. Il descendait par Joiarib de la famille d'Eléazar, grand sacrificateur, fils aîné d'Aaron. Mathathias le préféra à ses autres enfants, et le chargea de combattre pour la défense, d'Israël. Judas ne trompa point ses espérances : secondé de ses frères, il marcha contre Apollonius, général des troupes du roi de Syrie, le défit et le tua. II tourna ses armes contre Séron, autre capitaine, qui avait une nombreuse armée, qu'il battit également, quoique avec des troupes fort inférieures eu nombre. Antiochus ayant appris ces deux victoires, envoya contre Judas trois généraux de réputation, Ptolémée, Nicanor et Gorgias. L'armée considérable qu'ils firent marcher en Ju lée épouvanta d'abord ceux qui accompagnaient Judas; mais son courage ayant ranimé celui de ses gens, il tomba sur cette multitude, et la dissipa. Lysias, régent du royaume pendant l'absence d'Antiochus, désespéré de ce que les ordres de son prince avaient été si mal exécutés, crut qu'il ferait mieux par lui-même. Il vint donc en Judée avec une armée nombreuse ; mais il ne fit qu'augmenter le triomphe de Judas , qui l'obligea de retourner en Syrie. Le vainqueur profita de cet intervalle pour rétablir Jérusalem; il donna ses premiers soins à la réparation du temple, détruisit l'autel que les idolâtres avaient profané, en bAtit un autre, lit faire de nouveaux vases, et l'an 165 avant Jésus-Christ, 3 ans après que ce temple eut été profané par Antiochus, il en fit célébrer la déJicace. La paix ne fut pas de longue durée. Judas fut obligé de reprendre les armes, et eut partout l'avantage : il défit Timothée et Bacchides, deux capitaines syriens, battit les Iduméens, les Ammonites, défit les nations qui assiégeaient ceux de Galaad, et revint chargé de riches dépouilles. Il n'y eut qu'une seule occasion où la victoire fut disputée, et où plusieurs Juifs périrent dans le combat. Comme on trouva qu'ils avaient péché en emportant des choses consacrées aux idoles, ce que la loi défendait, « le pieux général envoya, dit l'auteur du « second livre des Machabées, 2000 drach- « mes d'argent à Jérusalem, afin qu'on offrit « des sacrifices pour les péchés de ceux qui « étaient morts; car il était persuadé qu'une « grande miséricorde est réservée à ceux qui « meurent dans la piété : ainsi c'est une « sainte et salutaire pensée de prier pour les « morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs « péchés. » Passage qui prouve la croyance et l'usage des anciens Juifs sur la prière pour les morts, et sur l'existence du purgatoire. Antiochus Eupator, qui avait succédé à Antiochus Epiphanes, irrité des mauvais succès de ses généraux, vint lui-même en Judée, et assiégea Bethsure. Judas marcha au secours de ses frères. Du premier choc, il tua 600 hommes des ennemis; et ce fut alors que son frère Eléazar fut accablé sous le poids d'un éléphant qu'il tua croyant faire périr le roi. La petite armée de Judas ne pouvant tenir tête aux troupes innombrables du roi, ce général se relira à Jérusa'em. Eupator Vy