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vint assiéger; mais, averti de quelques mouvements qui se tramaient dans ses états, il fit la piix avec le général hébreu, qu'il déclara chef et prince du pays. Il retourna ensuite en Syrie, où il fut tué par Démétrius, nui régna en sa place. Le nouveau roi envoya liacchdes et Alcime, avec la meilleure partie des troupes. Les deux généraux marchèrent contre J udas, qui était à Béthel avec 3000 hommes. Cette petite armée fut saisie de frayeur a la vue des troupes ennemies; elle se débanda, et il ne resta que 800 hommes au camp. Judas, sans perdre courage, les exhorta à mourir courageusement, fondit sur l'aile droite et fut tué dans la mêlée, l'an 1G1 avant Jésus-Christ. Simon et Jon ,thas , ses frères, enlevèrent son corps, et le firent porter à Modin, où il fut enterré avec magnificence dans le sépulcre de son père. Les Juifs pleurèrent sa perte plus longtemps qu'ils n'avaient coutume de le faire pour les rois mêmes. Les froids moralistes qui onF- prétendu que la guerre faite à Antiochus était contraire à la soumission due aux rois , méritaient bien d'être eux-mêmes les victimes de sa tyrannie. S'il n'est pas permis aux particuliers de se soulever contre une autorité quelconque , une nation entière devra-t-elle se laisser massacrer, voir anéantir ses lois et son culte, parce que le caprice du tyran l'ordonnera ainsi? On cite l'exemple dès chrétiens qui se laissaient égorger; mais ces chrétiens étaient des particul.ers soumis à l'autorité établie, et dont la religion contrariait celle de l'empire. « Vous ne pouvez, dit à ce sujet un « jurisconsulte éclairé, vous prévaloir de la « conduite des premiers chrétiens, sous le « règne du paganisme : ils devaient s'exclure « absolument de la société publique, toute « vouée aux horreurs de l'idolâtrie, à une « impiété plus détestable encore, et à toute « espèce d'abominations. Contraints en quel- « que sorte de vivre inconnus, ils n'avaient « point une existence civile dans l'empire « romain, étant considérés comme des coua pables, à cause de la nouvelle religion « qu'ils professaient et cherchaient à répan- « dre; ils étaient, sous Né. on et d'autres « monstres couronnés, dans le cas des parce ticuliers, que nous convenons ne pouvoir « pas résister au prince. La Sagesse éter- « ne! le a fait servir cette situation des chré- « tiens à s i gloire : elle a fait éclater en eux « l'esprit de paix, d'humilité , d'une char, té « sans boines, d'un détachement héroïque, « d'une douceur et ffune patience admira- « blés, au milieu d'un monde corrompu, qui « avait besoin de ces leçons et de ces exein- « pies; les chefs-d'œuvre de cet enchaine- « ment de miracles qui devaient terrasser « l'incrédulité, adoucir et subjuguer la féroce cité, faire taire les passions et convertir « l'univers. Mais inférer de là qu'une nation « entière, ses chefs et ses représentants, doi- « vent livrer leurs possessions, leur vie , « leurs lois et leur culte aux caprices et aux « violences d'un tyran, c'est ce qui certa. nece ment n'est ni aans les règles de la bonne « logique, ni dans celles de la bonne jus- Dict. de Biographie relig. II,
« tice. » Bossuet, qu'on ne soupçonnera pas d'affaiblir l'autorité des rois, justifie hautement les Machabées, parce que Antiochus voulait détruire leur religion et la nation même, en la corrompant par les rites idol tr s pourlamèleretconiondreaveclesnationsinfidèles. « Antioc'ius, dit-il, ne se proposait rien « moins que de détruire la nation et le « culte qu'elle professait, et en éteindre la « mémoire, profaner le temple, i effacer le « nom de Dieu, et y établir l'idole de Jupi- « ter Olympien. Voilà ce qu'on avait entre- « pris, et ce qu'on exécutait contre les Juifs « avec une violence qui n'avait point de
« bornes Lorsque Dieu ne leur donnait
« aucun ordre d'abandonner la terre proa mise, où il avait établi le siège de la reli- « gion et de l'alliance, ni ne leur montrait « aucun moyen de conserver la race d'Abra- « ham que celui d'une résistance ouverte, « comme il leur arriva manifestement dans « cette cruelle persécution des rois de Syrie, « c'était une nécessité absolue et une suite « indispensable de leur religion; de se dé- « fendre. » Cinquième Avertiss. aux protest., n. 2i. — On peut ajouter que l'autorité des rois de Syrie sur la Judée ne provenait que du droit du plus fort. Raynouard, de l'Académie française, a composé un poëme intitulé : Machabée.
JUDAS , fils de Sarriphée , s'étant joint à Matthias , fils de Margalotte , docteur de la loi , persuada à ses disciples et à quelques autres juifs d'abattre l'aigle d'or qu'Hérode le Grand avait fait poser sur le plus haut du temple , en l'honneur d'Auguste. Ce prince cruel le condamna à être brûlé vif. Après la mort d'Héi ode, le peuple, qui aimait Judas , demanda à son successeur Archélaùs la punition des auteurs d'un supplice si inhumain ; et, sur le refus qui en fut fait, il s'éleva une sédition qu'on ne put éteindre que par le sang de 3,000 hommes. Josèphe , Histoire des Juifs, livre xvn, chap. 8
JUDAS , chef de voleurs , ap es la mort d'Hérode le Grand , assembla une troupe de déterminés, avec lesquels il pilla les trésors du roi , et se rendit assez redoutable pour pouvoir aspirer à la couronne. Josèphe, Antiq. Jud. , livre xvn, chap. 12.
JUDAS ESSÉEN se rendit célèbre par quelques prophéties. Il prédit qu'Auligone , premier prince des Asmonéens, périrait d.ins la tour de Straton. Cependant le jour même qu'il avait assuré que le roi mourrait , il parut douter du succès de sa prédiction , parce qu'il savait que ce prince était à J rusalem, éloigné de la tour de Straton d'environ 25 lieues. 11 l'ut surpris , peu de temps après, d'apprend; e que le roi venait d'être tué dans une chambre du palais, qu'on appe ait la Tour de Straton, endroit qu'il avait nommé sans le connaître, trompé par la ressemblance des noms. C'était un saint homme. Quel.jues savants pensent que ce Judas est le même que l'auteur du ne livre des Machabées.
JUDAS de GAULAN , chef d'une secte
avec Sadoc parmi les Juifs , s'opposa au
- dénombrement que lit Cyrinus dans la Ju>
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dée, ot excita une révolte. Il prétendait que les Juifs étant libres, ils ne devaient reconnaître aucune autre domination que celle de Dieu. Ses sectateurs aimaient mieux souffrir toutes sortes de supplices que de donner le nom de Maître ou de Seigneur à quel- 3 ue homme que ce fût. f Josèpne , Histoire es Juifs, livre xvm , ehap. 1. ) Le même Judas est nommé le GaHléen dans tes Actes des apôtres, parce qu'A était de la ville dé Gama la dans la Gaulanité; petit pays dé la Galilée.
JUDAS ISCARIOTE, ainsi appelé parce qu'il était d'une nUe de ce nom, d ms la tribu d'Ephraïm , fut choisi par Jésus-Christ pour être l'un des douze apôtres ; mais il répondit mal au choix et aui bontés de l'Homme-Dieu. Son avarice lui fit censurer l 'action de la Madeleine, qui répandait des aromates précieux sur les pieds du Sauveur, et lui fit livrer aux Juifs le Fils de Dieu pour 30 deniers. Il reconnut ensuite l'atrocité de sa trahison, jeta dans le temple l'argent qu'il avait reçu (Veux , se pendit de désespoir , et son corps devint, comme dit saint Pierre dans les Actes des Apôtres , un objet d'horreur, en s'ouvrant et présentant le plus affreux spectacle. Casaubon, Jacques Gronovius, Daniel HeinSius, ont assez inutilement disserté sur ce phénomène, qui, disent-ils, ne résulte pas de la strangulation. On peut voir dans \aPhysica sacra de Scheuer une explication naturelle, rendue sen~ sibïe par une estampe [pittoresque. Mais il ■> a plus de vérité peut-être dans ce passage i.'un théologien moderne: Post bucccUam , ut ait Scriptura , introivit in cum Salarias , (jiiem minime mirum est devotum ac dévolution sibi cadaver decerpsisse. Les savants ne sont pas d'accotd entre eux sur la valeur des 30 deniers que reçut Judas. Les hérétiques cërinthiens honoraient cet apôtre infidèle d'une manière particulière, et se servaient d'un évangile qui portait son nom.
JUDDE (Claude, le P. ), jésuite, né àRouen le 2i décembre 1GG1, est connu par divers ou— rtages moraux; et ascétiques , qui décèlent un homme consommé dans les voies de la perfection chrétienne. Après avoir prêché quelque temps avec succès , il fut chargé à Rouen de la direction du second noviciat, où les jeunes jésuites prêtres, après avoir enseigné les humanités et étudié pendant quaire ans en théologie , étaient formés au ministère apostolique , avant de faire leurs vœux solennels; il fut ensuite , jusqu'en 1721, supérieur du premier noviciat à Paris, d'où il passa à la retraite de ce même noviciat, et de là à la maison professe , où il mourut en 1735. Ses principaux ouvrages sont : Réflexions chrétiennes sur les grandes vérités de la foi et sur les principaux mystères de la Passion, Paris, 1757, in-12, ouvrage tiré des manuscrits de ce jésuite par l'abbé Le Mascrier. Le P. Chéron,théatin, a publié en 1780 ses Exhortations sur les principaux devoirs de l'étal religieux, Paris, 1780, 2 vol. in-12; réimpr. en 17 G; Retraite spirituelle pour les personnes religieuses, Paris, 174G , in-12. En 1781 et 1782 , l'abbé Lenoir Duparc a donné
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une Collection complète des OEuvres spirituelles du P. Judde , Paris, 7 vol. in-12, réimprimée en 1815-1816 , Besançon , 7 vol. in-12; 1825-26, Paris, 5 vol. in-12: moins complète que les précédentes. On a aussi publié à Besançon : Traités sur la confession <) l'usage des séminaristes et des communautés religieuses , tirés des œuvres spirituelles du P. Judde, 1825, in - 18. Ce qui prévient beaucoup en faveur du P. Judde , c'est le cas tout particulier que le P. Bourdaloue taisait de ses lumières; il souhaita en mourant qu'on lui confiAlscs papiers, sans doute pour qu'il les mit en ordre. Mais ce grand prédicateur avait mis, sans le prévoir, un obstacle h l'exécution de cette demande , ayant indiqué le P. Judde pour un emploi qui, le tirant de la prédication, fixa son attention sur des objets différents.
JUDE (saint), apôtre, nommé aussi Lebbéc, Thadée ou le Zélé, frère de saint Jacques le Mineur et parent de Jésus-Christ selon la chair, fut appelé à l'apostolat par le Sauveur du inonde. Dans la dernière cène, il lui dit : « Seigneur, pourquoi vous manifeslerez-vous « à nous , et non pas au monde? » Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il gardera '( ma parole , et mon Père l'aimera ; et nous «viendrons à lui; et nous ferons en lui « notre demeure. » Après avoir été visité par le Saint-Esprit avec les autres apôtres, Jude alla prêcher l'Evangile dans la Mésopotamie , l'Arabie , la Syrie , l'Idumée et la Libye. On dit qu'il reçut la couronne du martyre dans la ville de Béryle, vers l'an 80 de Jésus-Christ. Nous avons de lui une Epître, qui est la dernière des sept Epîtres catholiques. Il l'écrivit après la prise de Jérusalem , principalement pour les Juifs convertis au christianisme. Il y attaqua les nicolaïtes , les simoniens , les gnostiques et les autres hérétiques qui combattaient la nécessité des bonnes œuvres. On avait d'abord fait quelque difficulté de mettre celte E;;ître dans le canon des Ecritures , à cause de la citation du livre apocryphe d'Enoch ; mais elle y est placée communément dès avant la lh.<lu ivc siècle. Le passage rapporté par cet apôtre peut être ré: llement d'Enoch , quoi qu-.- le livre qui le renferme soit apocryphe, c'est-à-dire d'une autorité incertaine ; la tradition , quelque ancien écrit , ou une inspiration particulière peuvent avoir appris à saint Jude que ces paroles sont véritablement d'Enoch. Il a pu d'ailleurs citer un livre célèbre et estimé de son temps , pour faire impression sur les esprits et donner plus d'horreur des hérétiques contre lesquels il écrivait. Le saint apôtre dépeint ces imposteurs avec des couleurs fort vives. On y reconnaît trait pour trait les philosophes dogmatisants de notre siècle. C'est avec raison qu'Origène dit de cette lettre, « qu'elle « ne contient que très-peu de paroles , mais « qu'elles sont pleines de la force et de la « grâce du ciel. »
JUDEX (Matthieu), dont le véritable nom était Richter en allemand , ce qui veut dire Juge, né à Dippolswald en Misnie, l'an 1518,