‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 201 sur 323 · JUI · texte numérisé non relu

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dation <1 un autre plus petit, et consacré h instruire gratuitement les enfants de la campagne que Ton croyait propres à l'état ecclésiastique. Humain , doux, charitable, il

était généralement aime dans : son diocèse, où le pauvre trouvait en lui un constant bienfaiteur. Dans une occasion il donna une preuve du rare courage qu'inspire celte religion, dont le premier précepte est d'aimer et de secourir son prochain. Au milieu d'une nuit obscure, le ciel en feu annonce un incendie dans le voisinage deChâlons. Le pieux évéque en e^t averti, et ne balance pas à courir lui-même au secours des incendiés. Dirigé par les flammes et à la tète de ceux qui l'accompagnaient, il arrive à Saint-Di/.ier, qu'il trouve réduit en cendres. L'espoir de sauver quelque victime lui fait affronter tous les pér.ls; il se fraie un chemin au travers des décombres, entouré de flammes et de fumée. On crut , pendant quelques instants qu'il avait péri, lorsqu'on parvint à le retirer de ce lieu où Tonne trouvait plus que des ruines et des cadavres défigurés. Le retour de M. de Juigné à Cirions ramena la tranquillité parmi les habitants, qui avaient tremblé pour les jours de leur prélat. Ces événements malheureux étaient fréquents en Champagne, où la plupart des maisons sont cous mites en bois.' ..Ni. de Juigné s empressa d'établir un bureau de secours pour les incendiés. A peu près à cette' époq ie, on lui Offrit l'archevêché d'Auch,un ues plus riches du royaume; M. de Juigné le refusa , se fondant sur le texte des canons, qui enseignent qiïune augmentation de revenus ne doit pas être un motif pour changer de siège. Cependant, après la mort de M. de Beaumont, archevêque de Paris (1781), le roi, de son propre mouvement, l'appela à ce siège. Sa modestie et ses scrupules durent aloi s céder aux ordres réitérés du monarque. Le vertueux prélat vint à Paris animé des , mêmes sentiments qui avaient jusqu'a'ors dirigé sa conduite dans ses fonctions pastorales'. Les revenus de son vaste patrimoine et de son archevêché étaient, en grande partie, employés en aumônes et en établissements pieux ; dans le rigoureux hiver de 1788 à 1789, ayant presque épuisé ses moyens, il vendit sa vaisselle d'argent, engagea son patrimoine ; et, leur produit ne sullisant pas pour subvenir aux besoins des nombreuses familles dont la misère affligeait son cœur, il emprunta des sommes considérables jusqu'à la valeur ..de cent mille écus, dont son frère aîné, le marquis de Juigné, garantit le payement. Peu de temps après eurent lieu les états-généraux, auxquels l'archevêque de Paris fut député ainsi que ses deux frères. Il siégea parmi la minorité, et s'attira de la sorte la haine des factieux, qui excitaient les passions du peuple. 11 ne tarda pas à éprouver l'ingratitude de ce même peuple qu'il venait d'arracher aux tourments de la faim. Le pieux archevêque sortait, le 2i juin 1789, de l'assemblée de Versailles, lorsque sa voiture fut attaquée et poursuivie longtemps à coups de pierres, au milieu des insultes de la populace. 11 n'échappa qu'avec

peine à la fureur de la multitude à laquelle il promit de se réunir au tiers-état. Il assista h la fameuse séance du k août, où tous les membres de l'assemblée parurent se confondre dans un même sentiment de bien public, et où le clergé et la noblesse rivalisèrent avec le tiers-état de dévouement dans leurs généreux sacrilices. Séduit par ces apparences trompe;. ses de la part de ceux qui voulaient tout envahir, le bon archevêque proposa de chanter un Te Dcum, pour solenniscr cette mémorable journée. Les affreux désordres qui suivirent éclairèrent bientôt M. de Juigné sur ce que l'on devait attendre de ces commencements. Avant obtenu du roi la permission de quitter la France, il se retira a Chambéri, où il reçut l'accueil le plus affectueux duma;quis de Clermont-Saint-Jean, qui était son allié. 11 se rendit ensuite à Constance, et c'est de cette ville qu'il publia son mandement et plusieurs autres écrits relatifs au serment à la constitution civile du clergé. D'autres évoques et plusieurs prêtres émigrés le rejoignirent. M. de Juigné les aida de sa bourse, et de ce que produisait la vente de quelques effets précieux qui lui restaient encore. Les obstacles ne faisant qu'enflammer davantage sa charité toute chrétienne, il sollicita, en faveur de ses compagnons d'infortune, l'impérairice de Russie Catherine II, différents prélats et princes de l'Allemagne, et en obtint d'abondants secours. Infatigable dans son zèle, il parvint à établir à Constance un séminaii e pour l'instruction des jeunes clercs destinés à remplacer les prêtres qui périssaient journellement en France sous la hache révolutionnaire. En 179J, les Français s'étant emparés de Cous tance, M. de Juigné et tous les émigrés qui s'y trouvaient durent quitter cetle vilie.ll se rendit à Augsbourg, et reçut de l'électeur de Trêves un 'accueil honoiable. Après le concordat de 1802, M. de Juigné ne revint dans sa patrie que pour donner la démission de son archevêché entre les mains de Pie VII. Il mourut à Paris le 19 mars 1811, Agé de 83 ans. Ses restes alors déposés dans le cimetière commun furent transportés dans le caveau de l'église Notre-Dame en 1814. On a de ce prélat : des Mandements ; un Rituel, Châlons, 1776, 2 vol. in-V\ On reproduisit cet ouvrage avec plusieurs changements sous le iitre de Pastoral de Paris, 1786,3 vol. in-V". Les changements qu'on remarque dans cette édition sont attribués aux abbés Revers, chanoine de Saint-Honoré ; Plunkett , professeur au collège de Navarre, et P.-J.-Hippolyte Charlier, secrétaire et bibliothécaire de l'archevêque de Paris. Quoi qu'il en soit, les jansénistes combatiirent ce livre par divers écrits, tels que : Observations sur le Pastoral; Réflexions sur le Rituel; Examen des principes du Pastoral sur l'ordre, la pénitence, les censures, le mariage, écrits que l'on attribue à Maultrot et à de Larrière. Les jansénistes ne se bornèrent pas là; leurs clameurs furent telles que le Pastoral fut dénoncé au parlement le 19 décembre 1786 par le consehler Robert de Saint-Vincent. Ma).-

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gré ses instances pour qu'on en fit arrêter la. distribution, séance tenante, le parlement ordonna qu'on le remît aux gens du roi, qui ne donnèrent pas de suite à la dénonciation', au grand déplaisir des jansénistes. L'abbé Lambert a donné une Vie de M. de Juicjné, archevêque de Paris, Paris, 1821, 1 vol. in-8°; 2e édition, 1823, 1 vol. in-8", avec un portrait lithographie du prélat.

JULES 1er (saint), Romain, successeur du pape saint Marc, le 6 février 337, envoya ses légats au concile de Sardique en 347, et soutint avec fone la cause de saint Atbanase, qui en avait appelé à lui comme au chef de l'Eglise et au juge des évêques. Yoy. Apiarils, Athanase, Innocent 1er. Il mourut, après avoir illustré son siège par la science et les vertus des saints, le 12 avr 1 352. On a de lui deux Lettres dans les OEuvres de saint Athanase, et dans les Epitres des papes, de D. Coustant, qui sont, au jugement de Tillemont, deux ees plus beaux monuments de l'antiquité ecclésiastique. Les autres ouvrages que l'on attribue à saint Jules sont supposés. — M. Migne a donné ses écrits, avec ceux de plusieurs autres auteurs, dans son Cours complet de Patrologie, sous ce titre : OEuvres très-complètes de Constantin le Grand, recueillies dans les excellentes collections de Heenelius, de Labbe, de Gallând, de Mai, de dom Coustant et de Vabillon, réunies pour la première fois en corps d'ouvrage, enrichies des notes et des variantes de Valesius, de Binius et de plusieurs autres commentateurs; suivies des OEuvres complètes de Victorin,deNazaire, d'un Anonvme, des papes S. Sylvestre, S. Marc, S. Jules, d'Osius de . Cordoue, de Candidus Arianus, du pape Libère et de Potamius, 1844, 1 gros vol. in-4°.

JULES II (Julien de La Rovère), neveu du pape Sixte IV, né au bourg d'Abizal, près de Savone, l'an 1454, fut élevé successivement sur les sièges de Carpentras, d'Albano, d'Ostie, de Bologne, d'Avignon. Le pape Sixte IV, son oncle, l'honora delà pourpre en 1471, et lui confia la conduite des troupes de l'Etat contre les peuples révoltés en Ombrie. Le cardinal de La Rovère, né avec un génie guerrier, dompta les rebelles. Ses exploits et ses entreprises lui acquirent beaucoup de pouvoir dans Rome. Cependant, à son avènement au pontificat, le pape Alexandre VI, son ennemi déclaré, l'exila. Le cardinal de La Rovère remua alors toute l'Italie. La conquête de Naples par Charles VIII, le soulèvement des Génois, l'expulsion de Ludovic Sforce furent en grande partie son ouvrage. A la mort d'Alexandre VI, il fit élire le cardinal Piccolomini (Pie III), vieillard infirme qui ne régna que vingt-six jours. Il fit alors entrer dans ses intérêts César Borgia, et, l'emportant sur le cardinal d'Amboise, son compétiteur, il fut élu pape au premier scrutin, en 1503. Son premier soin fut de faire construire l'église de Saint-Pierre; il en posa la première pierre en 1506. Cet édifice, le plus bea^i que les hommes aient élevé à la Divinité, fut bâti sur le Vatican, à la place

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de l'église construite par Constantin : « Mo « miment célèbre dans toutes les langues, « dit un voyageur , et toujours supérieur à « l'idée qu'on s'en fait, pourvu que le bon « sens règle l'imagination; temple auguste, « qui n'eut jamais d'égal en grandeur, en « majesté, en richesse; où la relig:on a rasce semblé tout ce qui peut servir h animer et « à nourrir la piété ; où la curiosité la plus « avide et la plus intelligente trouve Je quoi « se satisfaire, revient sans cesse aux mêmes « objets, et ne les quitte que. déterminée a. «revenir encore; où les artistes en tout « genre les plus critiques et les plus ha- ' « biles viennent admirer et s'instruire. »

• Des idées différentes occupèrent bientôt le souverain pontife. Jules II,- qui, comme ses prédécesseurs, aurait voulu chasser les étrangers de "l'Italie, cherchait à. renvoyer les Français au delà des Alpes; mais il exigeait auparavant que les Vénitiens lui remissent les villes dont ils s'étaient saisis après la mort d'Alexandre VI. Ces républicains voulurent garder leurs conquêtes; Jules s'en vengea en liguant toute l'Europe contre Venise. Cette ligue, connue sous le nom de Ligue de Cambrai, fut signée en 1508, entre le pape, Tempe eur Maximilien, le roi de France Louis XII, et le roi d'Aragon Ferdinand le Catholique. Les Vén'ti^ns, réduits à l'extrémité, demandèrent grâce et l'obtinrent à des conditions assez dures. Us cédèrent à. Jules une. partie de la Romagne, et

• alors le pontife n'eut plus besoin des Français. 11 ne les aimait pas d'à Heurs, parce qu'ils avaient, traver-é son élection au pontificat, et qu'ils perpétuaient les guerres d'Italie par des prétentions et des vues de conquêtes toujours renaissantes. Il se ligua contre eux la même année, avec les Suisses, avec le roi d Aragon, et avec Henri VIII, roi d'Angleterre. Il fit demander a. Louis XII quelques villes qu'il occupait en Italie, et sur lesquelles le saint-siége prétendait avoir des droits; Louis les refusa, et fut excommunié. La guerre commença vers Bologne et vers le Ferrarais. Le pape assiégea la M randole en personne, pour donner de l'émulation à ses troupes. On vit ce pontife septuagénaire, le casque en tête et la cuirasse sur le

. corps, visiter les ouvrages, presser les travaux et entrer en vainqueur par la brèche le 20 janvier 1511. Mais Trivulee, général des troupes françaises, ts'empara de Bologne, et l'armée papale unie à celle des Vénitiens fut mise en déroute. Jules H, oMigé de se retirer a. Rome, eut le chagrin de voir en passant à Rimini les placards affichés pour intimerl'indictiond'un concile à Pise. Louis XII excommunié en avait appelé à cette assemblée, qui inquiéta beaucoup le pape. Après diverses citations, il fut déclaré suspens par contumace dans la 8e session, tenue le 21 avril 1512. Ce fut alors que Jules ne gardant plus aucune mesure , mit le royaume de France en interdit. Louis XII fit excommunier à son tour Jules II, et fit battre des pièces de monnaie qui portaient au revers : Perdam babylonis nomen : Je détruirai jus-

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qu'au nom de Habi/hnw : démarche qu'on ne saurait excuser, qui marque la passion et l'aveuglement de la colère. Louis pouvait se défendre et même se venger, sans outrager l'Eglise et le saint- Siège. Jules opposa au conciliabule de Pise, qu'il ne faut pas confondre avec le célèbre concile de ce nom en li09, le concile général de Latran, donl l'ouverture se lit le 3 mai 1512; niais il n'en vit pas la fin. Une fièvre lente, causée, dit-on, par le chagrin de n'avoir pu porter les Vénitiens à s'accommoder avec l'empereur, l'emporta le 21 lévrier 1513. Il pardonna aux cardinaux de l'assemblée de Pise, avec cette restriction , qu'ils ne pourraient assister à l'élection de son successeur. « Comme Julien « de La Rovère, dit-il, je pardonne aux car- « dinaux schismatiques ; mais comme pape, « je juge qu'il faut que la justice se fasse... » Jules II avait dans le caractère un fonds d'inquiétude qui ne lui permettait pas d'être sans projets, et une certaine audace qui lui faisait préférer les plus hardis. S'il eut l'enthousiasme propre à communiquer ses passions à d'autres puissances, il manqua de la probité

3ui rend les alliances sincères, et de l'esprit e conciliation qui les rend durables. Jean Stella, auteur contemporain, dans ses Vies des papes, peint au contraire ce pontife avec les plus belles couleurs; on ne peut rien ajouter à l'éloge qu'il en fait : d'autres historiens en font un portrait affreux. On ne peut guère se fier à ce que les auteurs disent des grands hommes qui ont vécu dans des temps de trouble : chacun en parle selon le parti qu'il a épousé. Au reste, ce que l'on leut assurer, c'est que le sublime de sa place ni échappa; il ne vit pas ce que voient si jien aujourd nui ses sages successeurs : que e pontife romain est le père commun, et qu'il doit être l'arbitre de la paix, et non le flambeau de la guerre. Tout entier aux armes et h la politique, il ne paraissait chercher, dans la puissance spirituelle, que le mo\en d'accroître la temporelle. 11 n'est pas vraf cependant qu'il jeta un jour dans le Tibre les clefs de saint Pierre, pour ne se servir que de Vépée de saint Paul, comme tant d'historiens protestants et catholiques l'ont dit, d'après Je témoignage d'un mauvais poète satirique. Les papes n'ont pas conservé tout ce que Jules 11 leur avait donné ; Parme et Plaisance, détachées du Milanais, furent jointes par ce pape au domaine de Rome, du consentement de l'empereur, et en ont été séparées depuis. Il fut favorable aux savants, et avait même une trop bonne opinion de l'influence des lettres, si un propos qu'on lui prête est véritable. Il encouragea la peinture, la sculpture , l'architecture; et de son temps, les beaux-arts commencèrent à sortir des décombres de la barbarie gothique. Le pape Jules II fut le premier qui laissa croître sa barbe , regardant l'usage contraire comme l'effet de la frivolité et de la mollesse. François !•% Charles-Quint et tous les autres rois suivirent cet exemple, adopté à l'instant par les courtisans et ensuite par le peuple. Léon X lui succéda.

JULES III (Jean-Marie Giocchi , pape sous le nom de), né, selon quelques-uns, dans le diocèse d'Arezzo, et selon Je continuateur deFleurv, à Rome, dans le quartier del Parione, d'une famille originaire de Monie-Sau-Savino, dans le diocèse d'Arezzo, d'où il avait le nom dcl Monte, se fit estimer de bonne heure par ses connaissances en littérature et en jurisprudence. Il eut successivement l'administration de plusieurs évêchés, l'archevêché do Siponte, enfin le chapeau de cardinal en 1530.11 succéda au pape Paul III en 1550, et prit le nom de Jules III. Né avec de la fermeté dans le caractère, il avait paru, avant son pontificat, selon Panvini, d'une grande sévérité; mais lorsqu'il eut été placé sur le trône de saint Pierre en 1550, ses mœurs parurent s'altérer, et son amour pour la justice diminua. D'autres auteurs ont porté de ce pape un jugement tout opposé , et ont dit que Jules III, depuis son élévation, n'eut d'autres plaisirs que ceux qu'il trouvait dans les affaires et dans le maintien de l'ordre public. Il avait présidé au concile de Trente sous Paul III; il le fit rétablir et continuer dès qu'il fut souverain pontife. Il prit les armes ensuite avec l'empereur, contre Octave Farnèse.duc de Parme, et mourut en 1555. Ce pontife avait établi en 1553, une nombreuse congrégation de cardinaux et de prélats, pour travailler à la réforme de l'Eglise; mais cette congrégation n'eut aucun succès. Jules 111 eut Marcel 11 pour successeur.

JUL1ARD ou JUILIARD (Guillaume), docteur en théologie et prévôt de la cathédrale de Toulouse, neveu de la fameuse madame de Mondonville, institutrice des Filles de l'enfance, défendit la mémoire de sa tante contre Reboulet, auteur d'une Histoire de cette congrégation. Il publia deux brochures à ce sujet : L'Innocence justifiée; Le Mensonge confondu. L'abbé Juliard mourut en 1737, à 70 ans, après avoir réussi à faire condamner au feu par le parlement de Toulouse, l'ouvrage de son adversaire. « Jubard « était connu, dit Ladvocat, par son appel de « la bulle Unigenitus au futur concile. » Voy. Mondonville (Jeanne dej.

JULIE (sainte), vierge et martyre de Cartilage. Cette ville ayant été prise et saccagée en Ï39 par Censéric, roi des Vandales, Julie fut vendue à un marchand païen, et menée en Syrie. Quelques années après, ce marchand s'étant em! arqué avec elle pour transporter des marchandises en Provence, le vaisseau s'arrêta au Cap-Corse pour y célébrer une fête en l'honneur des fausses divinités. Julie, qui n'y prenait aucune part, fut citée devant le gouverneur Félix comme chrétienne, et elle reçut la couronne du martvre.

JULIEN (saint), premier évoque du Mans et l'apôtre du Maine, sur la fin du m' siècle, doit être distingué de saint Julien, martyrisé en 318, dit-on , à Rrioude , en Auvergne , sous Dioclélien. Quoiqu'on ne puisse Contester à saint Julien la gloire d'avoir prêché l'Evangile dans le Maine, on n'a aucun

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monument ni du tem des actions qui si.ma JULIEN (saint)

)S auquel il a vécu , ni èrejit son épiscopat.

lustre archevêque de

Tolède, en GSO, présida au douzième concile de Tolède et aux trois suivants. Il mourut en 690 , et laissa : un Traité contre (es Juifs, dans le livre intitulé : Testamentum duodeeim prophetarum , Haguenau , 1532, in-8°; Pronostica futuri sœculi , dans la Bibliothèque des Pères; De expeditione Wambœ régis in Paulum ducem Narbonensem, dans les Historiens de France de Duchesne; d'autres écrits savants et solides. Ii avait l'esprit aisé , fécond , agréable , et les mœurs douces et pures.

JULIEN (Flavils-Clacdrs) , dit Y Apostat, fameux empereur romain , fils de Jules Constance et de Basiline, sa seconde femme, naquit à Conslantinople , en 331. Il pensa périr avec son frère Gallus dans l'horrible massacre que les fils de Constantin firent de sa famille, massacre dans lequel son père et ses plus proches parents furent enveloppés; il ne fut sauvé que par les soins de Marc, évêquc d'Aréthuse, qui le cacha dans le sanctuaire de son église, circonstance qui a.oula, dans la suile , à l'horreur de son apostasie et de la persécution qu'il souffrit que l'on exerçât contre les chrétiens lorsqu'il fut sur le trône. Eusèbe de Nicomédie , chargé de l'éducation de Julien et de Gallus, leur donna un gouverneur nommé Mardonius, qui lâcha de leur inspirer de la gravité, de la modestie et du mépris pour les plaisirs des sens. Ces deux jeunes princes entrèrent dans le clergé et firent 1 office de lecteurs; mais avec des sentiments bien différents sur la religion. Gallus avait beaucoup de piété , et Julien avait un secret penchant pour le culte des faux dieux. Ses dispositions éclatèrent lorsqu'il fut envoyé à Athènes, à l'âge de 24 ans. Il s'y appliqua à l'astrologie , à la magie, et à toutes les vaines illusions du paganisme. Il s'attacha surtout au philosophe Maxime, qui flattait son ambition, en lui promettant l'empire. C'est principalement à cette curiosité sacri-

lège

de connaître l'avenir, et au désir <

dominer, que l'on doit attribuer l'apostasie de ce prince, qui ne la fit connaître qu'après la mort de Constance. Celui-ci le fit César l'an 353. Julien eut, en cette qualité, le commandement général des troupes dans les Gaules, et se signala dans cet emploi par sa prudence et son courage. Il remporta une victoire sur sept rois allemands, auprès de Strasbourg , vainquit plusieurs l'ois les barbares , et les chassa des Gaules en très-peu de temps. Constance, auquel il était devenu suspect par tant de succès , lui envoya demander, pour l'affaiblir, une partie considérable de ses troupes , sous prétexte de la guerre contre les Perses. Mais les soldats de Julien se mutinèrent et le déclarèrent empereur malgré sa résistance. 11 était alors a Paris, où il avait fait bâtir un palais dont on voit encore les restes. L'empereur Constance, indigné contre lui , songeait aux moyens de le soumettre , lorsqu'il mourut le 3 novembre 301. Julien alla aussitôt en Orient, où il

fut reconnu empereur comme il l'avait été en Occident. Le luxé, la mollesse, une foule de maux désolaient l'empire; Julien y remédia avec zèle , et fit naître les plus fortes espérances d'un règne heureux; mais \<Ts philosophes dont il était environné les fin nt évanouir. Us lui persuadèrent d'anéantir' te christianisme et de faire revivre I ïâ 1 Utie. Julien ordonna, par un édit général, < ouvrir les temples du paganisme. Il fit lui :n me les fonctions de souverain pontife, avec toutes les cérémonies païennes, s'elforeant d'effacer le car ctère de son baptême avec le sang des sacrifices. 11 assigna des revenus aux prêtres des i .joies , dépouilla les églises de tous leurs biens, pour en faire des largesses aux soldats, ou les réunir à son domaine; révoqua tous les privilèges que les empereurs avaient accordés à l'Eglise', etù! :.i les pensions que Constantin avaii données pour nourrir le> clercs , les veuves et 1 s vierges. Plus adroit que ses prédécesseurs, il ne crut pas d'abord devoir employer la violence, pour abolir le christianisme : il savait qu'elle avait donné à l'Eglise une plUa grande fécondité. 11 affecta même la douceur envers les chrétiens , et rappela tous ceux qui avaient été exilés sous Constance, à cause de la religion. Son but était de les pervertir par les caresses, les avantages temporels, et les vexations colorées de quelque prétexte étrange. S il enlevai! les richesses des églises , c'était , d sail-il , pour faire pratiquer aux chrétiens la pauvreté évangélique : il

I ur défendait de plaider, de se défendre en justice , et d'exercer des charges publiques.

II fit plus; il ne voulut pas qu'ils enseignassent les belles-iettres , sachant les grands avantages qu'ils tiraient des livres profanes pour combattre le paganisme et l'irréligion. Quoiqu'il témoignât en toute occasion un mépris souverain pour les chrétiens , qu'il appelait toujours Galiléens, cependant il sentait l'avantage que leur donnait la pureté de leurs mœurs et l'éclat de leurs vertus; il ne cessait de proposer leurs exemples aux prêtres païens. Tel fut le caractère de la persécution de Julien : la douceur apparente et la dérision de l'Evangile. Il en vint néanmoins ouvertement à des moyens violents, quand il vit que les autres éiaient inutiles. L donna les charges publiques aux plus cruels ennemis dos chrétiens , et les villes furent remplies de troubles et de séditions. Il y eut un grand nombre de martyrs dans la plupart des provinces, et même à sa cour, où, par des ordres secrets , on se défaisait des plus illustres partisans du christianisme. Il fit mourir à Chalcé.:oine les deux ambassadeurs de Perse, Manuel et Ismaël , pu: ce qu'ils étaient chrétiens. Maris , évoque de cette ville , qui était aveugle , lui ayant reproché publiquement ses impiétés, Ju.ien lui répondit en souriant, « que son Galiléen ne le « guérirait pas de la perte de sa vue. — Je « loue le Seigneur , répondit Maris , d'êj^e « aveugle pour n'avoir p. s les yeux souilles « par la vue d'un apostat tel que toi... » Julien voulant convaincre de faux la prédic-

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tion de Notre-Scigneur sur le temple de Jérusalem, entreprit de le faire rebâtir par les Juifs, environ .'JDO ans après sa démolition par Titus; mais tous leurs efforts ne servirent qu'à vérifier la parole de Jésus-Christ, Les Juifs , qui s'étaient rassemblés de tous côtés à Jérusalem, en ayant creusé les fondements, il on soriitdes tourbillons de flammes qui consumèrent les ouvriers et l'ouvrage commencé. Les maçons s'opiniâtrèrent à diverses reprises , à. construire les fon icments du temple ; mais tous ceux qui osèrent y travailler périrent par les flammes. Ce fait est constaté par Ammien Marcel lin, auteur païen très-eslimé , et par un grand nombre de témoins authentiques. L'empereur Julien , résolu d'éteindre le christianisme, voulait auparavant terminer la guerre contre les Perses. 11 fit des préparatifs et des sacrifices sans nombre, et jura, en partant, de ruiner l'Eglise à son retour : mais Dieu la garantit de ses menaces insensées. Ce prince s'étant engagé sans cuirasse dans le premier combat , fut blessé dangereusement. Comme il levait les bras pour animer les troupes , en criant : Tout à nous ! il fut frappé d'un dard qui le blessa à mort. Théodoret et saint Grégoire de Nazianze rapportent qu'il prit alors dans sa main du sang de sa blessure , et qu'il s'écria en le jetant vers le ciel : Tu as vaincu , Galiléen ! Trait que quel pies critiques ont révoqua en doute, mais que sa haine contre Jésus-Christ et ses vains efforts pour détruire le christianisme ren lent très-croyable , et que M. Le Beau, dans son Msloirc du Bas-Empire, a suspecté sans raison sur le simple silence d'Ammien Marcellin. « Lorsque, dit un critique, à l'au- « toiit é de Théodoret, si voisin de ce temps- « là , on ajoute celle de saint Grégoire de « Nazianze, auteur contemporain, écrivain « solide et ju licieux , et qui connaissait si « bien Julien (1); lorsque l'on considère que « le silence d Ammien Marcellin ne prouve « rien, puisqu'il n'est pas naturel qu'un au- « teur païen rapporte l'aveu de la victoire de « Jésus-Ch.ïst , échappé à son héros mou- « rant; lorsqu'on se rappelle que Julien avait « résolu d'extirper le christianisme à son re- « tour; que l'éd.t de persécution était déjà « envoyé en Afrique, et que les païens étaient « si persuadés de sa prochaine destruction, « que Libanius osa demander à un gram- « m nrien chrétien : Que fait maintenant le « fils du charpentier (2) ? lorsqu'on songe que « les païens mômes ont regardé la mort de « Julien comme une vengeance du Christ (3) ;

(!) Ce saint avait été condisciple de Julien, lorsque ce dernier étudiait à Athènes.

(2) // fait un cercueil, répondit le grammairien.

(3) Saint Jérôme, qui était âgé de 22 ans quand Julien mourut, raconte qu'au milieu des gémissements que sa mort arrachaiuà l'idolâtrie, il entendit ces paroles de la bouclie d'un pa en : < Comment les chré- < liens peuvent-ils vanter fa patience de leur Dieu ? « Rien n'est si prompt que sa colère. II n'a pu sus- « pendre pour un peu de temps son indignation. > Octave de Milcl, Théodoret, Sozomène, etc., rapportent des propos semblables. Or qui ne voit que ce

« lorsqu'on réfléchit à l'exclamation tout à « fait, froide et insignifiante (Soleil, tu as « perdu Julien), que M. Le Beau substitue à « l'énergique Vicisti, Galilœel si bien assorti « au car ictère de haine que Julien portait à « Jésus-Christ, si naturellement lié aux cir- « constances , si digne du vainqueur et du « vaincu; lorsqu'on se souvient de la mort « d'autres ennemis du christianisme, surtout « de ceux qui ont eu contre son divin fon- « dateur une haine personnelle, et qu'on a « vu renouveler ce Vicisti d'une manière « terrible, etc.; lorsque, dis-je, on rassemble « toutes ces considérations, on n'hésite point « à soupçonner de légèreté l'historien, d'ail- « leurs très-estimable, quia paru révoquer « en doute une ancienne et générale tradi- « tion. » Julien employa ses derniers moments à s'entretenir avec le philosophe et le magicien Maxime, et expira la nuit suivante, le 26 juin 3G3, à 32 ans. Il avait épousé Hélène, sœur de Constance, laquelle mourut à la fleur de son Age. Il n'y a guère de prince dont les auteurs aient parlé plus diversement, parce qu'ils l'ont regarde sous différents points de vue , et qu'il était lu;-mômo un amas de contradictions. Il fit paraître des vertus tant qu'il fut en tutelle , et réduit à trembler continuellement pour ses jours; lorsqu'il fut maître, il donna l'essora son caractère. Une dissimulation profonde , une hypocrisie raffinée , dont il avait contracté l'habitude, fut le voi'e dont il sut couvrir de très-grands vices... Son courage est incontestable; mais il fut bouillant, téméraire, avide de gloire à un excès puéril. Maître de conclure avec bs Perses une paix avantageuse, il eut la folie de vouloir imiter Alexandre; il se laissa tromper par un espion, malgré les remontrances de ses généraux; il exposa son armée à une perte certaine , en faisant brûler sa flotte. Il mit l'Assyrie à feu et à sang; la manière dont il traita les villes de Diacires, Ozog.irdane et Maogamalgue, fait horreur. Il fut d'une tempérance ex mplaire , mais il poussait la malpropreté et 'extérieur cynique à une indécence qui aviissait l'empereur et le philosophe. Dans les fêles de Véous, il ne rougissait point de se môler à la troupe des prostituées et des efféminés qui célébraient la déesse; il fit pour les sacrifices des profusions insensées. Ammien Marcellin dit que s'il était revenu vainqueur des Perses, l'empire n'aurait pas pu fournir assez de bœufs pour servir de victimes. Il faisait lui-même les fonctions les plus vilesde sacrificateur, et paraissait continuellement dans l'équipage d'un boucher... Dans plusieurs occasions il donna des exemples de clémence, dans d'autres il montra de la cruauté. Il laissa tourmenter impunément Marc, évoque d'Aréthuse, qui lui avait sauvé la vie pendant son enfance; il paya de la môme ingratitude le trésorier Ursulus, qui avait tenu son parti dans les Gaules : la mort de cet homme irréprochable fit murmurer

langage des païens, qui ne croyaient point en la puissance deJ.-C, ne pouvait être fondé que sur les dernières paroles de Julien ?

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tout l'empire. Il fit mourir deux officiers parce qu'ils étaient demeurés fidèles à Constance, leur maître. Il ne vengea aucune des cruautés que les païens exercèrent contre les chrétiens sous son règne : il punit au contraire les gouverneurs de province qui voulurent les réprimer. Par une libéralité fort mal entendue, il causa une famine à Antiotioche. Il était d'une application infatigable au travail, fit plusieurs ordonnances trèssages, et retrancha beaucoup d'abus ; mais il en fit naître de nouveaux et commit plusieurs injustices (Voy. Ammien Marcellin, liv. xxiv). A la place des tyrans subalternes qu'il déposséda, il mit en faveur des sophistes dont l'orgueil, l'insolence et les vexa ions indignaient tout le monde. L'apostasie, sous son règne, tint lieu de mérite; on vit un certain Ecebelus, qui avait été un de ses maîtres, changer trois fois de religion sous trois règnes. Enfin, parmi les philosophes même du xvnie siècle, qui ont tenté de l'aire de Julien un héros et un sage, il s'en est trouvé de sincères qui en ont parlé avec vérité. Celui qui a traité de la félicité publique a porté de ce prince un jugement plus équitable que ses confrères. Il convient que la manière dont on en a parlé est moins humiliante pour le faux zèle que pour la philosophie; que c'était un crime, de la part de Julien, d'opprimer le christianisme; qu'au lieu de montrer sur le trône un philosophe impartial, il ne fit voir en lui qu'un païen dévot et fanatique. « Je ne sais, dit-il, quel caractère «de comédien domine dans l'espr.t de « Julien : tantôt c'est Marc-Aurèle , tantôt « Trajan, tantôt Alexandre qu'il s'empresse « de copier. Ses ouvrages sont ceux d'un « sophiste et d'un rhéteur. Dans ses mœurs, « c'est un stoïcien; au temple, c'est un ido- « lâtre; et dans son cabinet un mauvais pla- « tonicien, qui cherche à corrompre la doc- « trine de celte secte par l'indigne alliage de « la magie. » Saint Grégoire de Nazianze fait le portrait suivant de sa figure, de ses altitudes et de ses manières : « Il y a beaucoup « de gens, dit-il, qui n'ont connu Julien que « lorsqu'il s'est fait connaîlre par ses actions « et par l'abus de la puissance absolue; mais « pour moi, je connus ce qu'il était dès que « je le vis et que je le pratiquai à Athènes, « et je ne lui trouvai aucune marque de rien « de bon. 11 portait la tête au vent, remuait « sans cesse les épaules, tournait les yeux « de côté et d'autre à tout moment, avait « le regard farouche ; il ne pouvait tenir « ses pieds en place, enflait ou retirait ses « narines continuellement, en signe de co- « 1ère ou da mépris; s'exerçait à dire des « bons mots et des bouffonneries froides, « riait à gorge déployée , accordait ou refu- « sait légèrement une même chose d'un mo- « ment à l'autre, parlait sans ordre et sans « fondement, faisait des interrogations im- « portunes et des réponses hors de propos. « Mais pourquoi est-ce que je m'arrête à faire « un si long détail de son extérieur? Pour « conclusion, je le connus dès lors par là, « avant que de le connaître dans ses actions,

« et, depuis, elles n'ont fait que me confir- « mer dans mon premier jugement; car ceux « qui étaient alors avec moi pourraient ren- « dre témoignage, s'ils étaient présents, que « dès que j'eus observé toutes ses manières, «je dis aussitôt que la république romaine « nourrissait un serpent bien dangereux. Je «le dis, et je souhaitais en même temps « d'être un menteur; et sans doute il eût « beaucoup mieux valu que je l'eusse été et « que l'on n'eût point vu tant de maux qui « ont désolé toute la terre. » A ces divers portraits de Julien , nous joindrons cehii qu'en fait Lebeau dans son Histoire du Bas- Empire; le dernier trait surtout est caractéristique. « On aperçoit, dit-il, dans cette âme « tout le jeu de la vanité. Avide de gloire « comme les avares le sont des richesses, il « la chercha jusque dans les moindres objets. « Sa tempérance, poussée à l'excès, devint « une vertu de théâtre. Une grande partie de « ses sujets ne trouva jamais en lui de jus- « tice : s'il eût été vraiment le père de ses « peuples, il eût cessé de haïr les chrétiens, « et ne leur eût pas fait la guerre du mo- « ment qu'il devint leur empereur; il n'épar- « gna leur vie que dans ses paroles et dans « ses édits. Julien est 1e modèle des princes « persécuteurs qui veulent sauver ce reproche « par une apparence de douceur et d'équité. » On peut consulter son Histoire , très-bien écrite par l'abbé de La Bletterie, réimprimée à Paris en 1 vol. in-12, ou bien encore celle qu'a publiée Jondot, 1817, 2 vol. in-8". Ce prince a été encore bien jugé par un auteur déjà cité, dont les principes anlichrétiens ne sont pas équivoques (Chastellux, De la félicité publique), et mieux encore par le cardinal Gerdil, Considérations sur Julien. L'abbé Baudouin, dans une savante explication de l'Apocalypse, publiée en 178*1, Paris, 2 vol. in-12, prétend que Julien est le persécuteur dont le nom est exprimé d'une manière enigmatique au chap. xm, et que le mot grec àiro(TxccTvç, devenu son surnom et sa qualité distinctive , donne exactement le nombre 666, suivant la valeur, numérique qui se trouve dans tous les dictionnaires grecs. Il nous reste de cet empereur plusieurs Discours ou Harangues , des Lettres, une Satire des Césars, la Fable allégorique, le Misopogon ou l'Ennemi de la barbe, satire par laquelle il répondait aux habitants d'Antioche, qui avaient tourné en ridicule son extérieur philosophique. Ces différents opuscules, publiés plusieurs fois séparément, l'ont été collectivement, à Paris, 1583, in-8°, grec et latin; ibid., 1630, in-4°, et Leipzig, 1696, in-folio. La Bletterie enatraduitunepartie, Paris, 1748, 2 vol. in-12. Le marquis d'Argens a traduit ses Discours contre les chrétiens, avec des notes nouvelles de divers auteurs (de Voltaire), nouvelle édition, Berlin (Genève), 1768, deux parties in-8°.Les Douze Césars ont été traduits par Ezéchiel Spanheim, avec des remarques et preuves, et 300 médailles gravées par B. Picart, Amsterdam, 1728, in-4°. On a publié en 1821 Jes OEuvres complètes de l'empereur Julien, traduites pour la pre

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