‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 203 sur 323 · JUR · texte numérisé non relu

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raphrase gothique des quatre Evangiles, corrigée sur de bons manuscrits, et éclaircie par les notes de Thomas Maréchal, 1665, in-k"; un Commentaire sur la concorde des quatre Evangiles, par Tatien, manuscrit ; un Glossaire en cinq langues, dans lequel il explique l'origine des langues septentrionales. Ce dernier ouvrage a été donné au public à Oxford, en 1745, in-fol., par M. Edouard Lye, savant anglais. Junius était aussi très-versé dans les langues orientales.

JUNTERBUCK. Voy. Jacques do Cluse.

JURE (Jean-Baptiste de Saint-), né à Metz en 1588, entra chez les jésuites en 160V, à l'Age de seize ans, et se distingua par ses travaux continuels pour le salut des âmes, et particulièrement pour la direction des collèges : il fut pendant douze ans chargé de ceux d'Amiens, d'Alencon ou de P<;ris. 11 passa en Angleterre avec quelques autres membres de son ordre, du temps de la reine Henriette, femme de Charles Ier. Les ouvrages ascétiques qu'il publia décèlent un homme consommé dans les voies deDieu et la science des saints. On estime surtout Le Livre des Elus, ou Jésus crucifié (qu'il no faut pas confondre avec Jésus crucifiéd: M. Duguet), Paris, 1771, in-12; La connaissance et l'amour de Jésus-Christ, in-i°, abrégé et réimprimé à Paris, en 1791, in-12, et dont il a été fait depuis plusieurs éditions en divers formats. Cet ouvrage est divisé en quatre livres : le premier contient les motifs qui doivent nous porter à nous appliquer à la connaissance et à l'amour de Jésus-Clirist ; le deuxième expose et explique les exercices de cet amour; le troisième en montre les effets, et le quatrième présente les exemples des saints qui ont fait une profession particulière d'aimer Noire-Seigneur. L'auteur, natuiellement fécond et accoutumé à méditer sur ce qui tient à la vie spirituelle, s'est beaucoup étendu sur ces divers objets, et il épuise en quelque sorte la matière ; cependant il ne fatigue jamais, parce qu'il a rattaché à son sujet toute l'économie de la religion , et qu'il parcourt tout ce qu'il y a d'important dans les doctrines et les pratiques du christianisme. Ce livre précieux a été réimprimé à Lyon en 1825, en 5 vol. in-8°, et l'on a eu soin de retoucher le style qui en avait besoin. Des tables à la fin de chaque volume montrent les divisions et les subdivisions des chapitres, et peuvent servir à guider des lecteurs dans le choix du sujet. L'abbé de Saint-Pard, pour mettre cet ouvrage à la portée d'un plus grand nombre de lecteurs, en a publié en 1773 un abrégé, en un volume in-12, sous le titre De la connaissance et de Vamour de Jésus-Christ. Cet abrégé est en trois parties seulement : les motifs de l'amour de Dieu, les caractères de la charité, et le récit abrégé des saints. Il a été réimprimé à Paris en 1824, avec des corrections et augmentations. Le P. de Saint- Jure a laissé en outre la Vie de M. de Renty; L'homme religieux, etc. îl mourut à Paris le 30 avril 1657.

JURET (François), né à Dijon on 1553, chanoine de Langres, mort en 1626, à 73 ans.

cultiva l'étude et les belles-lettres avec beaucoup d'assiduité. On a de lui : quelques Pièces de poésie qu'on trouve dans Deliciœ poetarumGallorum; des Notes sur Symmaque, Paris, 1604-, in-l°; sur Yves de Chartres, 1610, in-8°; sur Cassiodore. Elles sont remplies d'érudition.

JURIEU (Pierre), fils d'un ministre protestant de Mer, dans le diocès > de Blois, et neveu des fameux Rivel et du Moulin, naquit le 24 décembre 1637, et succéda à son père dans son ministère. Sa réputation le fit choisir pour professeur de théologie et d'hébreu à Sedan. L'académie de cette ville ayant été ôtée aux calvinistes en 1681, il fut destiné aux fonctions de ministre à Rouen ; mais averti que la cour voulait le faire arrêter, comme auteur d'un libelle intitulé : La politique du clergé de France, il passa h Roterdam, où il obtint une chaire de théologie. Jurieu, homme d'un zèle ardent et emporté, s'y signala par ses extravagances, et par ses querelles avec les philosophes de son parti Bayle, Basnage, do Beau val et Saurin. Il se mêla de présages, de miracles, de prophéties. Il osa prédire ( dans son Accomplissement des prophéties, 1686, 2 vol. in-12) qu'en 1689 le calvinisme serait rétabli en France. Il se déchaîna contre toutes les puissances de l'Europe opposées au protestantisme, et fit frapper des médailles qui éternisent sa démence et sa haine contre Rome et sa patrie. C'est ce fougueux insensé que Bayle eut a combattre. Ceitc gueire eut diverses causes, et la véritable est, sans doute, la jalousie qu'inspira à Jurieu le succès de la Critique, par Ba le, de l' Histoire du calvinisme de Maimbourg, qu'il avait aussi censurée de son côté. L'abbé d'Olivet a prétendu trouver le principe ae la haine de Jurieu dans les liaisons de Bayle avec madame Jurieu. Cette femme de beaucoup d'esprit connut, dit-il, Ba>le à Sedan, et l'aima. Son amant voulait se fixer en France; mais lorsque Jurieu passa en Hollande, l'amour l'emporta sur la patrie, et Bayle alla joindre sa maîtresse. Ils y continuèrent leurs liaisons, sans môme en faire trop de mystère. Tout Roterdam s'en entretenait ; Jurieu seul n'en savait rien. On était étonné qu'un homme qui voyait tant de choses dans l'Apocalypse ne vit pas ce qui se passait chez lui. 11 ouvrit enfin les yeux. Un cavalier en pareil cas ( dit le même académicien ) tire l'épée, un homme de robe intente un procès, un poète fait une satire; Jurieu fit des livres. Ce procès occupa longtemps la Hollande. Quoi qu'il en soit de ces anecdotes, la contention et la chaleur avec lesquelles Jurieu écrivit jusqu'à la fin de ses jours épuisèrent son esprit. 11 s'imaginait que les coliques dont il était tourmenté venaient' des combats que se livraient des cavaliers qu'il croyait avoir dans le ventre. 11 tomba clans l'enfance, et il est fort douteux si ce qu'il faisait dans cet état de langueur ne valait pas autant que ce qu'il avait fait dans la force de l'âge. Il mourut à Roterdam le 11 janvier 1713, à 76 ans. Les catholiques et les protestants, du moins ceux qui sont capables

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d'équité, so réunissent aujourd'hui aans lo jugement qu'on doit porter de ses écrits et de sa personne. Ils conviennent qu'il avait beaucoup de fèu et de véhémence, qu'il était

Capable d'en imposer aux faillies par son

imagination ; mais ils avouent en môme temps que son zèle allait jusqu'à la fureur et au délire; et qu'il était plus digne de prêcher à des frénétiques qu'à des hommes raisonnables. Ses principaux ouvrages sont : un Truite. de la dévotion; un écrit sur la nécessité du Baptême; une Apologie de la morale des prétendus reformes, ion re le livre du docteur Amauld, intitulé Le renversement de le morale par les calvinistes, La Hâve, 1085, 2 vol. jn-8"; Préservatif contre le changement de la religion, in-12, opposé au livre de ["Exposition de la foi catholique de Bossuet; des Lettres contre l'Histoire du calvinisme, de Maimbourg, 4 vol. in-12, et 2 vol. in-i°; d'autres Lettres de controverse, contre YHistoire des 1 ariations de Bossuet : ce prélat lésa anéanties par ses Avertissements aux protestants ; Traité de la puissance de V Eglise, Quedilli , 1677, in-12; Le vrai système de l'Iùjlise, 1086, in-8°; Unité de l'Eglise, 1688, in-8«. 11 y prétend qu'elle est composée de toutes les sociétés chrétiennes qui ont retenu ce qu'il lui plaît d'appeler les fondements de la foi : comme si tous les hérétiques n'accommodaient pas à leurs idées la nature et le nombre de ces fondements, comme les autres articles de la croyance chrétienne, et qu'on pût adhérer sincèrement, et conséquent ment, à quelques points de la religion, en rejetant les autres également consacrés par l'autorité qui donne la sanction à tous Les fanatiques de tous les sôc'es qui ont été proscrits par l'Eglise catholique entrent de cette façon dans les diptyques de Jurieu. Bayie lui-même fut scandalisé de l'indifférence ou de l'impiété du ministre protestant, et le mena assez mal dans son traité : Janua cœlorum reserata cunctis relirjionibus a eclebri admodum viro domino Petro Jurieu avec l'épigraphe :

Porta païens esto, nulli claudamr honeslo.

Mais Jurieu avait pour cela ses raisons. Il était au pied du mur par le terrible argument des catholiques, touchant la perpétuité de l'Eglise, la succession non interrompue des pasteurs, la continuité et la persévérance de la doctrine : il fallait bien compulser les annales du délire et de la scélératesse pour donner à son parti un air d'antiquité et de succession. Une Histoire des dogmes et des cultes de la religion des Juifs, Amsterdam, 170i, in-12, livre médiocre; L'esprit de M. Amauld, 168V, 2 vol. in-12 : satire caustique et furieuse contre cet écrivain, qui avait porté de violents coups au parti de Calvin ; Traité historique d'un protestant sur la théologie mystique, à l'occasion des démêlés de Fénelon avec Bossuet, etc., 1699, in-8°, peu commun; La religion du latitudinaire,l\oterdam, 1686, in-8° ; La politique du clergé de France, 1681, 2 vol. in-12; Préjugés légitimes contre le papisme, 1685, in-i" ; des Lettres pastorales, 3 vol. in-12, où il soufflait le

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