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« que Jésus-Christ est le Verbe de Dieu, et « la raison souveraine dont tout le genre v< humain participe ; et que ceux qui ont « vécu suivant la raison sont chrétiens. » Effectivement, on ne peut vivre selon la raison sans se soumettre aux lois de Dieu, sans adhérer à une révélation dont il est l'auteur, et dont il ne refuse pas la lumière à ceux qui la cherchent de bonne foi. Les saints de l'Ancien Testament croyaient au Messie qui devait venir, et nous croyons au Messie qui est venu. Cette seconde apologie n'eut pas, à beaucoup près, le succès de la première. Marc-Aurèle avait un faible étonnant pour les philosophes de sa religion, hypocrites habiles qui abusaient de sa confiance pour assouvir leurs passions particulières. Crescent le Cynique était le plus irrité contre Justin. Ils avaient eu ensemble une conférence, où l'orgueil du cynique n'eut pas lieu d'être satisfait. Le saint docteur en sentit d'abord les conséquences , puisqu'il annonça que Crescent lui procurerait la mort. îl fut martyrisé à Rome l'an 163, selon le P. Labbe ; l'an 167 ou 168, selon Tillemont, peu de temps après saint Polycarpe. On peut regarder saint Justin comme le plus ancien des Pères de l'Eglise, api es les disciples du Sauveur et des apôtres. Eusèbe ditqu'entrelesgrands hommes qui éclairaient le ir siècle de l'Eglise, le nom de Justin les surpassait tous par son éclat. Quoiqu'il eût donné beaucoup de temps à la philosophie profane, il parle de nos mystères avec une exactitude remarquable entre les auteurs de cette première antiquité, et il entend bien les Ecritures. « Ce pieux et solide écrivain, « dit un critique moderne, néglige assez ha- « bituellement les ornements et l'élégance « de la diction , mais il ravit ses lecteurs par « l'éclat de la lumière, avec lequel il leur « présente la vérité. Ainsi, quoique extrê- « moment persuasifs, pleins de force et d'in- « struction , ses discours sont bien plus « marqués au coin du philosophe qu'à celui « de l'orateur. Il paraît avoir eu peur de « corrompre labeauté simple et naturelle de la « philosophie par des couleurs empruntées « de la rhétorique. Son caractère propre est « une science vaste des matières philosophi- « ques, avec une profonde érudition et une « ample connaissance de toutes sortes d'his- « toires. Comme, depuis son baptême sur- « tout, il avait beaucoup plus étudié les « maximes des prophètes, suivant l'expres- « sion de saint Basile, que les préceptes d'I- « socrate ou de Démosthènes, il se rcncon- « tre souvent dans son style un certain « genre de digressions, et des endroits rom- « pus, qui demandent une grande applica- « tion pour être bien saisis. » Il rendit compte de son changement de religion par un petit discours qui commence ainsi : « Ne « croyez pas, Romains, que ce soit sans rai- « sous et sans examen que j'ai renoncé à « vos rites et à votre culte. Je ne l'ai fait que « parce que je n'y ai rien trouvé ni de saint, « ni qui fût digne des regards de la Divi- « nité. » Et tout de suite il fait voir, avec
une rapidité et une précision admirables, que les dieux qu'ils adoraient s'étaient livrés aux plus infâmes passions : que dans leurs fêtes, leurs assemblées, leurs festins, on s'abandonnait à. des excès qui déshonoraient la raison et outrageaient la nature. A tout cela il oppose la sainteté et la pureté des rites et des mœurs des chrétiens. « Noce tre maître, dit-il, ne daigne pas regarder « la beauté du corps ni les richesses de la « parure ; il ne fait attention qu'à la beauté, « c'est-à-dire à la sainteté de l'Ame. Venez « vous instruire, ô Romains, j'ai été autrece fois comme vous, soyez aujoi rd'hui comte me moi. C'est la force et l'énergie de la « religion chrétienne qui m'a éclairé, qui a « délivré mon âme de la servitude des sens. « et des passions, qui y a fait régner la « tranquillité et la sérénité. L'âme ainsi dé- « livrée est sûre d'aller se réunir à celui qui « l'a créée, parce qu'il est juste qu'elle re-, « tourne à celui des mains duquel elle est « sortie. » Outre ces deux Apologies, il nous reste de lui : un Dialogue avec le Juif Tryphon; deux Traités adressés aux gentils ; un Traité de la monarchie, ou de Vxmité de Dieu; son Traité à Diognèle sur les raisons qu'ont eues les chrétiens, et d'abandonner le culte des dieux, et de ne point s'attacher à la religion des Juifs. On lui attribue encore d'autres ouvrages. Les meilleures éditions de saint Justin sont celles de Robert Etienne en 1551 et 1571, en grec et en latin ; celle de Mor. 1, en 1656, et enlin celle de dom Maraud, en 174-2, in-iol. L'authenticité des autres ouvrages qui portent le nom de saint Justin est justement suspecte, même celle de la Lettre à Diognèle (qu'on trouve parmi ses OE uvres), qui n'en est ni moins belle, ni moins utde à la religion, et qui paraît encore antérieure aux écrits de ce saint docteur. M. Guidon adonné, dans sa Bibliothèque choisie des Pères de V Eglise grecque et latine, la plupart des principaux ouvrages de ce saint docteur. Nous avons une traduction française de la première apologie et un abrégé de la seconde, dans la suite des anciens apologistes de la religion chrétienne, traduits ou analysés par l'abbé de Gourcy, Paris, 1785, 2 \ol. in-8°.
JUSTINIANI (saint Laurent), né à Venise en 1381, premier général des chanoines de Saint-Georges in Alga, en 1424, donna à cette congrégation d'excellents règlements. Le pape Eugène IV le nomma évoque et premier patriarche de Venise en 1431. Saint Laurent Justiniani mourut en 1455, à 74 ans, après avoir gouverné son diocèse avec sagesse. On a de lui plusieurs ouvrages de piété, recueillis à Brescia, 1506, 2 vol. infol., et à Venise, 1755, in-fol. La famille des Justiniani, en Italie, qu'on écrit aussi, et même plus exactement, Giustiniani, a produit un grand nombre de personnes illustres.
JUSTINIANI (Bernard), neveu du précédent, mort en 1489, à 81 ans, fut élevé aux charges les plus impo. tantes de Venise. Il cultiva les lettres avec succès, et laissa (U-
vers écrits, Histoire de qu'en 809, dit! est en
langue, en
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Le plus considérable est une Venise, depuis son origine jus-
in-foï., Venise, 1V72 el 1504 ; italien. Il écrivit ans la même 1475, in-4", la Vie dfi son oncle
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saint Laurent : c'est un panégyrique.
JUST1NIAM (Augustin), évoque de Nebbio en Corse, aaquif à Gênes en 1470, d'une maison illustre, se lit dominicain à Paris en 1488, et s'y acquit un nom par son habileté da s les langues orientales. Il fut nommé.en 1514, évoque de Nebbio, par le pape Léon \. 11 assista au cinquième concile de Latran, lit fleurir la science el la piété dans son diocèse, et périt dans la mer en passant de Cènes à Nebbio, l'an 1536, avec le vaisseau (iui le port lit. Son principal ouvrage est un Psautier en hébreu, en grec, en arabe et eu chaldéen, avec des versions latines et de courtes notes, sans date (Gênes, 1516), infol. C'est le premier Psautier qui ait paru en diverses hngues. L'auteur le lit imprimer à ses dépens. On tira 2000 exemplaires sur du papier, et 50 sur du parchemin ou sur du vélin, pour les princes. Il espérait en retirer une somme considérable pour le soulagement des pauvres; mais peu de personnes achetèrent ce livre, quoique tous les savants en parlassent avec éloge. Le titre de cet ouvrage estimable est : Psalterium hebrœum, grœcum,arabicum et chaldaicum,cum tribus !atinis interpretationibus et glosais. On a encore deluides Annales deGènes, en italien ; ouvrage posthume, publié in-fol., en 1537. 11 revit le traité de Porchetti, intitulé : Victoria adversus impios Judœos, qui fut imprimé à Paris, in-fol., en 1520, sur papier et sur vélin. Cette dernière édition est recherchée des curieux et peu commune.
JUSTLNIANI (Benoît), né à Gènes l'an 1550, se ht jésuite et enseigna la thèolo-ie à Toulouse, à Messine et à Rome. Clément VIII l'envoya en Pologne avec le cardinal Cajétan, l'an 1590, en qualité de théologien du cardinal. Il mourut l'an 1622, à Rome, dans le collège de la Pénitencerie, qu'il avait gouverné pendant plus de vingt ans. On a de lui des Commentaires sur l'Ecriture sainte, 3 vol. in-fol.
JUSTINIANI (Fabio), né à Gènes, en 1568, de Léonard Taranchetti, qui fut adopté dans la famille de Justiniani, pour n'avoir pas voulu tremper dans la conjuration des Fiesques, mourut en 1627. 11 entra dans la congrégation de l'Oratoire de Rome, et fut en 1616, nommé évêque d'Ajaccio, où il est enterré dans son église cathédrale. On a de lui : Index universalis alphabelicus, materias in omni facultale pertractans, casumque scriptores el locos désignons, Rome, 1612, ini'ol.; Commentarius de sacra Scriptura et de sacrisinterpretibus, Rome, 1614; Paris, 1618, in-8° ; De sacro Concionatore, Cologne, 1619, in-4° ; Tobias explanatus, 1620, in-fol.
JUSTINIANI (l'abbé Bernard), de la môme famille que Bernard Justiniani, auteur de l'Histoire de Venise, donna en italien, ^Origine des Ordres militaires, Venise, 1692, 2
vol. in-fol. On en a extrait VHistoire des ordres militaires, Amsterdam, 1721,4 vol. in- 8", à laquelle se joint Y Histoire des ordres religieux, Amsterdam, 1716, 4 vol. in-8\
JU VENAL (Gui Jouvenneaux ou Jolev- , \ vi x, pins connu sous le nom de), érriva n ascétique et philologue, né dans le Maine, de parents pauvres, vers l'an 1V00, dut à son compatriote, Nicolas Le Pelletier, de pouvoir aller continuer ses éludes à Paris. Il se consacra d'abord à renseignement avec succès; mais touché du désir d'embrasser une vio plus parfaite, il se fit religieux dans l'abbaye de Chezal-Benoit en Bcrry, qui venait d'être réformée, et devint en 1497 abbé de Saint-Sulpice h Bourges. La bienheureuse Jeanne de France , fondatrice de l'ordre dis Annoncia les, le prit pour son directeur. Il mourut saintement en 1505; Ou a de lui: Commentarii in Tercntti comœdias, qui parurent pour la première fois dais l'édition do Térence, de Pans, 1492, in-fol., et qui furent souvent réim;>r. dans le siècle suivant ; Jnterpretatio in latinœ linguœ Eleganlias Laur. Vallœ, Paris, 1493, in-4", a ssi plusieurs fois réimpr.; Grammatica, Limoges, 1518, in-4°; Epistolœ, Paris, 1499, in-8"; La Règle de Saint-Benoit traduite en français, Pans, 1500, in-4°; réimpr. à Paris, 1505, petit in-8° goth.,et corrigée pour le style, ibid., 1573 et 1580 ; La Règle de dévotion de suint Hier orne à ses sœurs fraternelles de religion , Paris (vers 1500), petit in-4°r)oth., très-rare : laBibliothèque de la rue Richelieu eu possède un exemplaire sur vélin; Reformationis monasticœ vindlciœ,seu defensio ordinis sancti Bcnedicti, Paris, 1503, 2e édit., petit in-8°.
JUVENCUS (Caius Vettius Aquilinus), l'un des premiers poètes chrétiens, naquit en Espagne d'une famille illustre. Il mit en vers latins la Vie de Jésus-Christ, en quatre livres, vers 320. Ce poème est e-timable, moins par la beauté des vers et par la pureté du latin, que par l'exactitude scrupuleuse avec laquelle l'auteur a suivi le texte des évangélistes. On Je trouve dans la Bibliothèque des Pères, et dans le Corpus poelarum, île Maittaire. Saint Jérôme en cite avec éloge ce vers sur l'adoration des mages :
Thus, aurum, myrrham, Regique, Horainique, Deoque, Dona ferunt.
Les œuvres de Juvencus ont été recueillies dans le volume du Cours de Patrologie de M. Migne, qui a pour titre : OEuvres trèscomplètes des poètes chrétiens du n'" siècle, savoir : Juvencus, Sedulius, Optât ien, Sévère et Eultonia Proba, reproduites et corrigées d'après les éditions d'Arevalo et de Pise, suivies de divers opuscules d'Ausone de Bord aux, 1 vol. in-4°.
JUVENT1N (Jean-Jacques), né l'an 1741, à Genève, d une famille originaire de France, se lit quelque réputation comme prédicateur parmi les protestants. La maladie a laquelle il succomba eu 1801 ayant été longue et douloureuse, il chercha des consolations dans
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les idées religieuses, et il composa au milieu'de ses souffrances un discours sur ce texte : Si Dieu afflige quelqu'un, il en a aussi compassion, selon la grandeur de ses bontés. Lament. de Jérémie. Il a laissé en outre : une Dissertation latine sur la conversion de saint Paul, tirée en partie de l'ouvrage de Georges