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cortège. La nouvelle de l'arrivée de madame de Krudener S'était répandue en peu de temps dans tout le pays, et, avant ré jour, plusieurs personnes étatétil arrivées à Barvcfegg, eu voiture, à cheval, on a pied, toutes d maniant à voir et entendre la prophétessè. M idame. de Krudener, a peine sortie de sou lit, prit son costume de prêtresse, enveloppa une baguette d'une manière mystérieuse, et, après avoir fait mettre a genoux tous les siens et les nombreux étrangers, se promena au milieu d'eux en agitant la baguette, et menaça trois fois do courroux du ciel le bailli et un mon le corrompu et impénitent. Parmi ses auditeurs se trouvaient quelques Juifs attirés par la curiosité ; elle les reconnut, leur reprocha leur opiniAtrcté et leur endurcissement. Après cet anathème et cette remontrance, la procession se mit lentement en marche vers Rodolphell, où elle arrivé à dix heures. Le bailli, étonné de cette audace, et voyant tout ce monde qui était venu a la suite de madame de Krudener, se transporta chez elle, et lui deman !a où elle voulait aller avec ce cortège. Une conversation très-vive s'établit entre eux; le bailli la termina en lui signifiant l'ordre de partir. Madame de KruJener n'en tit aucun cas, et, le lendemain, toutes les auberges étaient encombrées de nouveaux voyageurs qui étaient venus entendre la sibylle : elle commença son sermon à Faillie du jour, se plaignit des persécutions qu'elle essuyait, de la dureté des cœurs, des suggestions de Satctn, dont ses persécuteurs étaient l'organe ; elle n'oublia pas de placer le bailli parmi ce< derniers. Contrainte enfin de partir, elle tit donner deux écus n ufs h l'a iministratcur de la paroisse (sa bourse état épuisée en ce moment); mars les pa ivre^qui connaissaient par expérience la géne*i osité de la bonne daine , crurent qu'elle avait donné cent louis , et furent sur le point de saccager la maison de l'administrât >ur. Elle erra encore dans divers cantons, d'où elle fut également expulsé >. Contrainte de q otter Zinch , elle se retourna vers la ville, et étend nt les bras... « Je te maudis , « dit--e le ; m dheur à toi , ville profane , où « les eniants eux-mêmes ont déjà des mines « d'Holopherne...! C'était son usage de maudire les lieux qu'elle était forcée de quitter; elle secouait ensuite ta poussière de-ses pieds, reprochait aux magistrats qui l'expulsaient leur dureté envers Venvorjée du Seigneur, leur annonçait les derniers malheurs , les menaçait du feu du ciel et de toutes les vengeances d'un Dieu irrité. Ne pouvant plus trouver en Suisse un seul pays qui voulût lui donner asile , elle pénétra en France, et se présenta à Cnlmar; mais les autorités lui en défendirent l'entrée. Madame de Krudener parcourut encore quelques pays, et on la repoussa de toutes parts. Elle était devenue un ennemi redoutable pour tous' les gouvernements , et il est curieux de voir tous les souverains se réunir contre une faible femme, dont ils croyaient avoir h craindre l'ascendant. En effet, dans les proclamations imprimées qu'elle publiait dans les divers
pays où elle devait faire ses prédications, tout en parlant d'amour divin et de charité , elle paraissait exciter les peuples à la révolte. Quelques-uns ont cru que madame de Krudener était l'agent du parti philosophique, dofll le but était de détruire, par les prédications de la fausse propliélesse , la religion calhol que, et même la protestante, et d'y substituer m culte éphémère-, qui bientôt aurait conduit au déisme. Quint h nous, nous n'embrasserons ni cette opinion, ni celle qui avai d'abord donné à ces prédications un but tout politiq ie : et nous nous bornerons à ne voir dans madame de Krudenet qu'une imagination exaltée et avide de célébrité. Quoi qu'il en soit, restée seule, abandonnée par ses prosélytes, eïfe trouva une retraite àSackingen, (fans le grand-duché de Bad •, où elle était étroitement surveillée. Forcée pour la troisième fois d ! sortir de ce pays, madame de Krudener retourna en Russie. K le tro.iva un instant de repos dans l'une des terres qui lui restaient encore près de Uiga. Ses communications sympathiques avec les Hernutes ou frères moraves, qui habitent cette contrée, l'y retinrent d'aiiord : elle forma ensuite le pro,et daller fonder en Crimée un établissement chrétien de correction, pour les criminels et les pécheurs. Elle mourut à Karasou-Bazar le 25 décembre 182V. Outre son roman de Valérie, Mmi'de Krudener a publié une brochure intitulée le Camp des vertus, Paris et Lyon, 1815, in-8°. Son adepte principal , M. Empeytaz , est devenu le chef de l'association dirigée en Suisse sous le nom de momiers : un autre de ses disciples, M. Liedner, de Leipzig, a publié un ouvrage intitulé : Macbenac, en la eur des opinions de M"" de Krudener. Peu de temps auparavant, le professeur Krug avait fait paraîtra ses Entretiens avec Mm< de Krudener, Leipzig, 1818. Enfin M.Marigniéa publié, en 1817, une brochure in-8", sous ce titre : Sur M"1" de Krudener, en réponse à V article sur cette dame, et contre M. de Bonald, inséré dans le Journal de Paris, N° du 30 mai 1817. On trouve une lettre de Mm' de Krudener à Beruaruin de Saint- Pierre, parmi celles qu'on a jointes à l'édi tion ues OE uvres de cet écrivain, publiées ei 1821, p>irM. Aimé-Martin.
KRUCiEll (Théodoue), théologien protestant, né à Stetlin le 16 décembre 16%, fut d'abord ministre évangélique et inspecte r des écoles à St. ttin et dans différentes villes de la basse Lusace, fut nommé surintendant à Colditz (n 1732, à Chemnitz en 1735, et fut reçu docteur en théologie à Wittenberg en 1737. Il mourut subitement le 1er juillet 1751, laissant, entre autres ouvrages : Origi nés Lusatiœ , complectens historiam Geronis primi Lusatiœ inferioris Marchionis , Leipzig, 1721, in-4°, ouvrage contre lequel Frédéric Matha écrivit son Lubbena olim magna, en 1727; De martyriis falsis, prœsertimatheis, pseudomartyribus , Wittenberg, 1722, in-i", où Kruger s'attache à réfuter Bayle; Prodromus annalium Luccavensium, Lubben, 1727 , in-4-°.
KUEN (Michel), religieux de l'ordre des
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chanoines réguliers de Saint-Augustin de la congrégation de Latran, naquit l'an 1709 à Weissenhorn dans l'Autriche antérieure. Il fit profession en 1728, fut nommé en 17«% doyen, puis abbé de Wengen à Ulm, sous le nom (Je Michel III, et mourut le 10 janvier 1705. 11 avait aussi les titras de p évôt du chapitre de Wengen , abbé de Latran , conseiller et chapelan perpétuel d:j Sa Majesté impér aie. On a de Kuen : Collrctio scriptorum rcruin historico-monaslico-ecclesiasticarum variorum religiosorum ordinnm , Ulm , 1765-1766, G vol. in-fol., où l'on trouve un grand nonrt>re de pièces rares et inédites, le tout terminé par une Vie de l'auteur ; Wenqa, sire ivformatio historien de exempli collegii S. Archangeli Michaelis ad insulas Wengenses , ibid., 1766, in-fol. ; Joannes de Canabaco ex comitibus de Canabaco oriundus, qui nul go venditur pro autore quatuor librorum de Imitatione Christi , recentvr delectus a quodam canonieo regulari Sancti Augustini congregationis Lateranensis ; Canabaci, sumptilnis hœredum Jo. Gtrsenii, (Ulm), 1760, in-8° : l'auteur de cet ouvrage revendique ironiquement en faveur d'un descendant des comtes allemands de Canabac l'attribution, reno ivelée à Jean Gersen, du livre de limitation , par le béné ictin Ange Maerz : celui-ci répondit, et l'abbé Kuen répliqua par deux nouvelles brochures anonymes, intitu-ées, la première : Anticrisesin Crisin apologeticam inscriptam Angélus contra Michaelem, auth. Adolpho de Kempis C. R.; Canabaci (Ulm), 1761, et la seconde : Appendix ad anlicrises depalinodia eminent. S. R. E. cardinalis Roberti Bellarmini in favorem Thomœ de Kempis adrersus Gersenistdm Schyrenscm ; Canabaci (Ulm), 1761, in-8\ Dans ces deux brochures, comme dans l'ouvrage précédemment cité, l'auteur combat le P. Maerz avec l'arme de l'ironie ; Lucifer Wittembergensis , ou Vie complète de Catherine de Bore, 2e éd., Landsfoerg , 17 V9, in-8% publié sous le nom de D. Michel Singelhard; Historia Friderici I imperatoris, et parentelœ suœ, conscripta circa annum 1226, a Burchardo Uspergensi, ordinis Prœmonstratensis, Ulm, 1790, m-k\
KUHLMANN (Quirinus), fameux visionnaire, était né en 1651 à Breslau, en Silésie, avec un esprit sage et pénéirant ; une maladie dérangea ses orgnnes à 18 ans; il se crut inspiré te Dieu , et s'imagina être dans un globe de lumière qu ne le quittait .jamais; il ne voulut recevoir aucune leçon, parce que, disait-il , le Saint-Espr t était son maître. Cet écervelé , qu'il aurait fallu enfermer, fut brûlé l'an 1689, à Moscou , po r quelques prédications séditieuses, il avait
parcouru auparavant l'Angleterre, la France, l'Allemagne , l'Orient , et n'avait pas fait beaucoup de prosélytes. On a de ce vis;onnaire plusieurs ouvr i^es pleins de rêveries les plus absurdes. Il en préparait un qu'il devait intituler : La clef de V éternité et du temps; c'était la suite d'un ouvrage qu'il avait publié en 1674, à Leyde, sous le titre de Prodromus quinquennii m-rabilis. Voy. Adeluiïg, Histoire de la folie humaine, tome V, p. 3-90.
KUHN (JoAcnm), en latin Kuhnius, professeur de grec et d'hébreu dans l'université de Strasbourg, né à Crispswald, en 16V7, mort en 1693, laissa des Notes sur Pollux, Pausanias , Elien , Diogène-Laërce , et d'autres écrits dans lesquels on remarque un grand fonds d'érudition. Le plus connu est intitulé : Quœstiones philosophicœ ex sacris veleris et novi Test, aliisque scriptoribus, Stiasbourg, 1698, 3 tom. m-k".
KULCZINSKI ( Ignace ) , abbé de Grodno , né à Wlodimir, en Pologne, l'an 1707, entra de bonne heure dans l'ordre de Saint-Basile, et fut envoyé à Rome en qualité de procureur général de cet ordre. Il mourut dans son abbaye de Grodno, en 1747, après s'être acquis une granle réputation par son Spécimen Ecclesiœ ruthenicœ. On a encore de lui en manuscrit, Opus de vitis sanctorum ordinis Basilii magni, 2 vol. in-fol.
KUNADUS (André), théologien luthérien, né à Dobelen en Misnie, l'an 1602, fut, professeur de théologie à Wittenberg, et ministre général à Grimma. Il mourut en 16„2. On a de lui : une Explication de VEpître aux Galates ; un Abrégé des 1 eux communs de théologie; des Dissertations sur la tentation au désert, sur la confession de saint Pierre, sur ceux qui ressuscitèrent au temps de la passion, 111-4% etc.
KUNRATH ou KHUENRATH (Henri), chimiste de la secte de Paracelse , et aussi visionnaire que son maiire , né en 1530 dans la Saxe, fit beaucoup parler de lui au commencement du xvne siècle, et fut professeur en médecine à Leipzig, sa patrie. Mo lerus prêt nd que Kunralh était un adepte qui possédait la [lierre philosophai?. Ii nous apprend lui-même « qu'il avait obtenu de Dieu le don « de discerner le bien et le mal dans la chi- « mie. » il mourut à Dresde , en 1605. On a de lui plusieurs ouvrages d'une obscurité impénétrable, qui ne serven! qu'a montrer le fanatisme ou la c;:arlat merie de leur auteur. Les curieux recherchent son Amphithcatrum sapientiœ œternœ solius verœ, christiano-cabatisticum, divino-magicum , Hanau, 16i9, in-fol. On y mit un nouveau titre en 1653. Ce livre fut censuré par la faculté de théologie de Paris.
LABADIE (Jean), fanatique du xvn' siècle, Bor ieaux, trompés par sa piété apparente t» fils d un soldat de la citadelle de Bourg, en charmés de son esprit , le reçurent dans la juvénile , naquit en 1610. Les jésuites de société et il y resta quinze ans. Quoique dès
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lors son esprit donnAt dans les rêveries de la plus folte mysticité , il sut si bien se déguiser que, lorsqu'il voulut quitter la société, les supérieurs et les inférieurs mirent lout en usage pour le retenir. Rendu au siècle en 1639, il parcourut en prêchant plusieurs villes de la Guyenne , prêcha aussi à Paris, et fut employé dans le diocèse d'Amiens, où M. de Caumartin, alors évoque de celte ville, lui donna une prébende dans l'église collégiale de Saint->iicolas. Les suecès qu'il obtint dans la chaire ("'lièrent son Orgueil, et il se persuada qu'il était un nouveau Jean-Baptiste , envoyé au inonde pour annoncer un second Messie. On le croyait un saint; mais un commerce criminel avec une dévote, et d'autres liaisons plus que suspectes , découvrirent en lui un scélérat hypocrite. L'évèque d'Amiens , Caumartin, allait le faire arrêter lorsqu'il prit la fuite. Il se sauva à Paris , et se cacha quelque temps chez MM. de Port-Royal. 11 demeura ensuite à Bazas; il passa de là à Toulouse, dont il trompa l'archevêque , qui lui confia la direction d'un couvent de rebgieuses; mais bientôt celui-ci, informé de ses désordres, dispersa les religieuses , poursuivit le corrupteur, qui alla se cacher, dans un ermitage de carmes, près de Bazas, s'y fit appeler Jean de J.-C, parla en prophète, et y sema son enthousiasme et ses détestables pratiques. Contraint de s'enfuir, il se fit calviniste en 1650, et exerça le ministère pendant huit ans. « Après avoir été fort es- « timé de l'abbé de Saint-Cyran, dit Collet « dans la Vie de saint Vincent de Paul, tome « I", p. 53G, et fort zélé pour les sentiments « de Po t-Royal , il se fit huguenot à Mon- « tauban, et pour justifier son apostasie, il « publia un écrit, où il prouva que du jan- « sénisme dont il avait fait profession au « calvinisme qu'il venait d'embrasser, il n'y « avait qu'un pas à faire. » Labadie passa à Genève, d'où il fut encore expulsé, et delà à Middelbourg, où il épousa, dit-on, la célèbre Schurman, si habile dans les langues savantes, et qui attira à la secte des labadistes la princesse pa'atine Elisabeth. Après diverses courses et aventures en Allemagne et en Hollande, il mourut d'une colique violente à Alloua dans le Holstein, en 1674-, âgé de 64 ans. Il avait été déposé, peu de temps auparavan', dans le synode de Dordrecht. Les ouvrages de ce fanatique sont en grand nombre. Voyez-en la liste aux tomes XVIII et XX des Mémoires deNicéron,et au tome III (Je la Cimbria litterata. Ils sont tombas dans l'oubli. 11 les intitulait singulièrement : Le hérault du grand roi Jésus, Amsterdam, 1667, in-12 ; Le véritable Exorcisme, ou l'Unique moym de chasser le Diable du monde chrétien, Amsterdam, 1667, in-12; Le chant royal du roi Jésus-Christ, Amsterdam, 1670, in-12; Les saintes Décades, Amsterdam, 1671, in-8°; V Empire du Saint-Esprit, Amsterdam, 1671, in-12; Traité du soi, ou le renoncement à soi-même, etc., etc. Les disciples de ce dévot libertin s'appelèrent labadistet. On assure qu'il yen avait encore,
il n'y a pas grand nombre d'années, dans le pays de Glèves. « Cette secte, dit un auteur «moderne, n'avait fait qe joindre quelques « principes des anabaptistes à ceux des cal- « vinistec, et. la prétendue spiritualité dont . « elle faisait profession était la même que « celle des piétistes et des hernhutes. Le « langage de la piété, si énergique et si tou- « chant dans les principes de l'Eglise catho- « hque n'a plus de sens et parait absurde, « lorsqu'il est transplanté chez les sectes lié— « rétiques; il ressemble aux arbustes qui ne « peuvent prospérer dans une terre étran- « gère.)* Voy Bahral, Krmpis, Pascal. On a publié une Vie de Jean Labadie , La Haye, 1670, in-12.
LABAN , fils de Bathuel et petit-fils de Nachor, fut [ère de Lia et de Rachel, qu'il donna l'une et l'autre en mariage à Jacob, pour le récompenser de 14 ans de services qu'il lui avait rendus. Comme Laban vit que ses biensfructifiaientsousles ma ns de Jacob, il voulut le garder encore plus longtemps par avarice; mais Jacob quitta son beau-père sans lui rien dire. Celui-ci courut après lui durant sept jours, dans le dessein de le maltraiter, et de ramener ensuite ses biens, ses fils et ses filles. Mais Dieu lui apparut en songe, et lui défendit de faire aucun mal à Jacob. L'ayant atteint sur la montagne de Calaad, ils offrirent ensemble des sacrifices, et se réconcilièrent. Laban redemanda seulement à son gendre les idoles qu'il l'accusa de lui avoir dérobées. Jacob qui n'avait aucune connaissance ce ce vol, lui permit de fouiller tout son bagage. Rachel, assise dessus, s'excusa de se lever, feignant d'être incommodée, pour ne pas restituer à son père un objet de superstition etde fauxculte. lisse séparèrent contents les uns des autres , l'an 1730 avant Jésus-Christ. On cro t q ;e Laban s'attacha dans la suite exclusivement à l'adoration du vrai Dieu, à l'exemple et par les exhortât ons de son gendre et de ses filles.
LABARTLTTE (Jean), évoque de Véren, vicaire apostolique de Cochinchine, né dans le diocèse de Bayonne en 17V5, s'embarqua pour la Cochinchine en 1774-, devint coadjuteur de Mgr Pigneau de Behaine , évoque d'Adran, qui amena en France, sous Louis XVI, le prince royal de Cochinchine, et lui succéda en 1782. Mgr Labartette mourut le 6 août 1823, à l'âge de 78 ans.
LABAT (Jean-Baptiste), dominicain parisien, né en 1663, fut d'abord professeur de philosophie à Nancy, puis il fut envoyé en Amérique l'an 1693. Il y gouverna sagement la cure de Macouba , et visita comme, supérieur des missions de son ordre toute la chaîne des Antilles françaises, anglaises et hollandaises, depuis la Grenade jusqu'à Saint- Domingue. Les Anglais étant venus en 1703 attaquer la Guadeloupe, où il se trouvait, le P. Labat donna des preuves d'un grand courage, et contribua à la défense de la colonie I ar ses conseils éclairés. Etant revenu en France par l'Espagne, en 1705 et 1706, il se rendit à Rome en 1709 pour y veiller aux intérêts de la mission des Antilies. 11 revint
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d'Italie à Paris en 1716, et mourut dans cette ville le 6 janvier 1738, à 75 ans, dans le couvent de son ordre, de la rue Saint-ilonoré. On a (Je lui : Nouveau Voyage aux îles de VAmérique, contenant l'Histoire naturelle de ce pays, l'origine, les mœurs , la religion et le gouvernement des habitants anciens et modernes; les guerres et les événements singuliers qui y sont arrivés pendant le long séjour que Vauteur y a fait, le commerce, les manufactures qui y sont établies, et le moyen de les augmenter, avec une description exacte et curieuse de toutes ces îles, ornée de figures, Paris, 1722, 6 vol. in-12; La Haye, 1724, 6 vol. in-12, ou 1738,2 vol. in-4°; Paris, 1742, 8 vol.in-12. « Ce livre agréable et instructif est écrit (dit « l'abbé Fontaines) avec une liberté qui ré- « jouit le lecteur. On y trouve des choses « utiles, semées de traits historiques assez « plaisants. Ce n'est peut-être pas un bon lice vre de vovage, mais c'est un bon livre de « colonies. Tout ce qui concerne les nôtres « y est traité avec étendue. On y souhaiterait « seu'ement un peu plus d'exactitude dans « certains end/Oits. » On a critiqué la paitie botanique. Il a été traduit en allemand par C. F. C. Schad, avec le Voijage de Laborde aux îles Caraïbes, Nuremberg, 1783-87, 6 vol. in-8°, avec fig.; Voyages en Espagne et en Italie , Paris, 1730, 8 vol. in-12, fig., écrits avec autant de gaieté que le précédent. Ses plaisanteries cependant ne sont pas toujours de bon aloi, il prend quelquefois un ton satirique qui déroge à sa sagesse et à sa circonspection ordinaires. Ils ont été réimprimés à Amsterdam, 1731, 8 vol. in-12, fig., et traduits en allemand par C.-F. Troltsh, Francfort, 1758-61,8 volumes ; Nouvelle relation de l'Afrique occidentale , Paris, 1728, 5 vol. in-12, tig., composée sur les Mémoires qu'on lui avait fournis ( de Brue ), et par conséquent moins certaine que la Relation de son voyage en Amérique ; Voyage du chevalier Desmarchais en Guinée, îles voisines, et à Cayenne, avec des cartes et des figures, Paris, 1730, 4 vol. in-12: on y donne une idée très-étendue du commerce de ce pays ; Relation historique de V Ethiopie occidentale , 1732, 5 vol. in-12. Cette relation, traduite de l'italien du capucin Cavazzi, est augmentée de plusieurs relations portugaises des meilleurs auteuis, et enrichie de notes, de cartes géographiques et de figures ; Mémoires du chevalier d'Arvieux, envoyé de France à la Porte, Paris, 1735, 6 vol. in-12. Le Père Labat a recueilli et mis en ordre les Mémoires de ce voyageur sur l'Asie, la Palestine, l'Egypte, la Barbarie. A peine ces Mémoires avaient-ils vu le jour quil en parut une critique par M. Pétis de la Croix, sous le nom d'un secrétaire de l'ambassadeur Méhémet-Etfendi : cette criti |ue est estimée. Le style des ouvrages du Père Labat est en général assez coulant, mais un peu diffus. On peut le considérer comme un des voyageurs les plus dignes de la confiance du lecteur.
LABAT (Pierre-Daniel), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur,
naquit à Saint-Sever en Gascogne l'an 1725, et lit profession dans l'ordre de Saint-Benoît au monastère de la Diurade à Toulouse, en 1742. 11 en devint prieur en 1768, et se distingua dans les conférences ecclésiastiques qui eurent lieu en 1769 à Marmoutier par l'ordre de M. de Brienne, archevêque. Un écrit sur la grilce, in-8° de 24 pages, où l'on reconnut quelques erreurs déjà combattues, et réfutées depuis plus d'un siècle, fit interrompre ces conférences. En 1770, D. Coniac ayant proposé à Labat de venir se joindre à lui au monastère des Blancs-Manteaux de Paris pour y travailler à la Collection des conciles de France, celui-ci vint se fixer dans la capitale et se vit bientôt chargé seul de conduire cette publication. Les temps étaient peu favorables ; mais au moyen de quelques secours du gouvernement et de quelques souscriptions, le premier volume parut en 1789. La moitié du second était imprimée quand la révolution dépouilla le clergé de ses biens, et força Labat à abandonner son entreprise Peu d'exemplaires du premier volume ontéié mis en circulation, et le travail du savant religieux a été presque perdu. Pendant la révolution, dom Labat vécut ignoré à Saint-Denis, s appliquant à ses études et à ses exercices de piété, puis il reprit l'exercice du saint ministère dès que les circonstances le lui permiient. Dom Labat mourut le 10 avril 1803, laissant la réputation d'un savant pieux et estimable, mais qui n'avait pas été toujours exempt d'un cer;ain esprit de parti. Il avait été d'un grand secours à dom Clémencet pour l'édition des OEuvres de saint Grégo re deNazianze, dont il n'a paru qu'un volume. 11 publia en 1785 Y Histoire de l'abbaye de Saint-Poly carpe, in- 12, et coopéra aux écrits composés contre la constitution civile du clergé par l'abbé Bastignac. Dom Brial publia sous le voile de l'anonyme son Eloge historique , en 1803. LABBE (Philippe), jésuite, né à Bourges en 1607, professa les humanités, la philosophie et la théologie avec beaucoup de distinction. Il mourut à Paris le 25 mars 1667, dans sa soixantième année, avec la réputation d'un savant profond et d'un homme doux et poli. Le Père Commire lui fit cette épitaphe :
Labbeus hic situs est. : vilam moresque requiris?
Viia librus illi seribere, niorsque fuit. Onimium felix ! qui palruni aniiqua retracians
Concilia, accessit conciliis superum.
Il avait une mémoire prodigieuse, une érudition fort variée et une ardeur infatigable pour le travail. Toutes les années de sa vie furent marquées par des ouvrages, ou plutôt par des recueils de ce qu'il avait ramassé dans les livres de§, autres , ou de ce qu'il avait déterré dans les bibliothèques. La liste qu'on en a publiée contient 64 articles. Voy. le tome XXV des Mémoires de Nicéron. Ses principales compilations sont : De Byzantinœ historiœ scriptoribus, 1648, in-fol. C'est une notice et un catalogue des écrivains de l'histoire byzantine par ordre chronologique. Nova bibliotheca manuscriptorum , 1657, 2
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vol. in-fol. : compilation du plusieurs morceaux qui n'avaient pas encpreélé imprimés;
Biltliolhrca bibliotheearuni , lOGV , 1072 et 1080, in-fol., et Genève, 108(1, in-V, avec la Biblioth. nummaria, et un Auctuartum, imprimé en 1705 ; Concordia chronologica , 1070, 5 vol. iu-fol. Les quatre premiers volumes de cet ouvrage, fort embrouillé, peu utile, maisbicii Imprimé, sont du Père Labbe, et le 5' du Père Briet. Cependant il \ a des choses qu'on chercherait inutilement ailleurs: tede est ÏArladne chronologies, qui est au premier volume. Cet ouvrage ne s'étanl pis vendu d'abord, Cramoisi, séduit par l'esprii d'intérêt, en envoya inconsidérément une partie à la beurrière : c'est ce qui le rend raie aujourd'hui. Le Chronologiste français, 6 vol. in-12, 160;i, assez exact, mais écrit avec peu d'agrément ; Abrégé royal de l'alliance chronologique de l'histoire sacrée et profane, avec le lignage d'Outremer, 2 vol. in-i°. 1051. Cet Abrégé royal est fort confus, mais on y trouve des extraits et des pièces qu'on ne pourrait découvrir ailleurs. Concordia sacra et profana chronologiœ, ab orbe condito ad annum Chrisii 1638, in-12 : Méthode aisée pour apprendre la chronique sacrée et prof me, in-12. en vers artificiels £ mal construits , que cette méthode aisée deviendrait fort dillicile pour un homme qui aurait du goût. En général, les vers techniques sont un mauvais moyen d'apprendre ; on doit les employer tout au plus dans l'enseignement des langues: le mot, le genre, le régime, etc., faisant tout l'objet de la leçon, elle peut être tout entière renfermée dans un vers, mais il n'en est lias ainsi des traits historiques. Celui qui ne sait que les noms et les dates ne sait rien, et ces dates s'apprennent mieux dans la suite et l'ensemble de l'histoire, qoe dans ces espèces de grimoires rimes. Plusieurs Ecrits sur l'histoire de France, la plupart ensevelis dans la poussière : La Clef d or de l'histoire de France... Les Mélanges curieux... Les Eloges historiques , etc. ; Pharus Galliœ antiquœ , 1008, in-12. L'auteur y relève quelques erreurs de Sansou ; mais celui-ci répliqua vivement et attaqua le Pèie Labbe à son tour. Plusieurs autres ouvrages sur la Géographie ; beaucoup d'écrits sur la grammaiie et la poésie giecque, entre autres un excellent Recueil de racines grecques, et l'Etymologie de plusieurs mots français, 1001, in-12, contre le Jardin des racines grecques de MM. de Port-Royal. Lanceloi, dans une deux.ème édition, défendit vi0oureusement l'ouvrage attaqué. Bibiiolhccaantijanseniana, \n-k" : c'est un catalogue des éeiils composés contre Jaiisénius et ses défenseurs ; Nolitia dignitatum omnium imper ii romani, 1051, in-12, ouvrage utile; De scriptoribus ecclesiaslicis (hssrrtationes, en 2 vol. in-8". C'est une petite bibliothèque des écrivains ecclésiastiques, utile mais tropab.é0éc; on y trouve une bonne dissertation contre la papesse Jeanne. ( Yoy. Benoît 1H. ) Conciliorum collectio ma.rimv, 17 vol. in-fol. , 1672, avec des notes. Les huit premiers volumes
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de cette collection sont du Père Labbe, les autres sont du Père Cossart son confrère, plus judicieux et meilleur critique que lu . On y a joint un 18e volume. C est le plus ra e. Il est sous le titre de Âpparatus aller, , parce que le 17' tome est aussi un apj a rat : cependant ee 18e volume n'estante chose
que le Traité des conciles de Jarobatius. Cette collection est recherchée, quoiqu'elle; renferme un assez grand nombre de fai tes. Le jésuite Hardouin s'était chargé d'en donner une nouvelle ; mais on peut voir dans son aiticle comment il l'exécuta. Nicolas Coleti a donné une Collection des conciles i lus ample, Venise, 1/28 et 1732, 25 vol. in-fol., et Jean-Dominique Mansi a donné des Suppléments très-eslimés de cette édition, Lucques, 1748; une édition des Annales <Je Michel Glicas, en grec et en latin, in-tol., et une de Vlnstitution du roi chrétien par Jonas, évoque d'Orléans ; enfin ce savant et infatigable compilateur publia, en 1659, un Tableau des jésuites illustres dans la république des lettres, suivant l'ordre chron logique de leur mort : ouvrage sec, et qui ne peut avoir (futilité que par rapport aux dates. En 1665, il mit encore au jour une Bibliographie des ouvrages que les savants de la société avaient publiés en Franc;', dans le courant de 1661, et au commencement de 1662.
LABBÉ Marin), né au village d' Luc, près Caen, fut destiné, en 1678, à la m ssion de la Cochhichini:. Rapp< lé en t697, il fut nommé évèque de Tilopolis parle pape Innocent XII. 11 remplit pendant quinze ans les devoirs de vicaire apostolique dans la Cochinchine, où il était retourné, et mourut en 1723. On a de lui une Lettre au pape Clément XI , sur le culte des Chinois ; et un Mémoire qui, ainsi que la Lettre, semble annoncer certaines préventions, et un zèle un peu amer.
LABBÉ (Pierre), jésuite , né l'an 159V à Clermont en Auvergne, mort vers 1080 à Lyon, professa pendant vingt-trois ans dairs son ordre la rhétorique la philosophie et la 1 léologie, et fut ensuite recteur ues maisons d'Arles de Grenoble et de Lyon. On a de cet écrivain aussi méJiocre que fécond et aborieux : Carmenpancgyricu:/, Ludoviro XI 11, composé à l'occasion de la prise de Casai; Vita et Etogia Ludovici Xlll, novo lyrici carminis modo, Lyon, 163i, i -i°; Etogia sacra, theologica, philosophica, etc., Grenoble, 166'*, i. -folio; Lcip/ig , 1o8G, in-b"; Epistola historica deorta et situ primo Lugduni; nec non Disserlaiio de itiîierc Annijalis, etc., Lyon, 160Y, iii-4°; Epistola de anliquo statu Lugduni, Grenoble, 106V, in-8"; Eustachius seu Placidus héros christianus, poema epicum, Lyon, 1673, in-L2; Lugdunt veteris usque ad Lugdunum christianum historia, ibiii., 1671, in-folio ; dive.ses poésies ascétiques, notamment unpoemesur le Saint- Suaire que l'on conservai à Besançin, et des opuscules de piété, dont Moreri et Sotwel ont donné la liste.
LABBFY (dom Falste), né l'an 1653 à Vesoul, embrassa la régie de Sainl-Benoit dans