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Cnrdeliers de Paris une confrérie du Saint- le» travaux qui do iv\ m être faits pour la re-
Sépulçre. Le P. Lacombe reçut en cette qua- cherche des objets oVdfttiquité dans le départe-
lité depuis la restauration plusieurs mem- ment du Puy-de-Dôme, suivies de notes, Cler-*
bres nouveaux dans l'ordre, ei il transmit, mont, 182V, in-8". L'abbé Lacoste avait fait
dit-on, ses pouvoirs à M. l'abbé Laboudefiô, paraître en' 1812 le Prospectus des Observa-
avec qui il était lié. Il mourut à l'âge de lions sur les volcaM de l'Auvergne, et autres
82 ans le 10 octobre 183V. opuscules relatifs à cette contrée : l'ouvrage
LACOMBE. Voy. Guyon. annoncé n'a pas été imprimé; il devait for-
LAGOSTE (PiEHRB-FRAifçois), eeclésiasti- tni r -5 vol. in-8". que et naturaliste distingué, paquit vers l'an LACROIX (Etietïnê), jésuite, né l'an 1579 175V au village de Plaisance près de Tou- a Saint-Pierre de Bôgerat, dans ie diocèse ïouse, et fut, pendant plusieurs années, profes- d'Evreut, s'embarqua en 1002 pour les missent' de inorale iv Toulouse, de minéralogie à Sions des Indes orientales, et, à son arrivée l'école centrale du département du Puy-de- 8 GrOa, fut chargé d'enseigner la philosophie Dôme, et d'histoire naturelle à la l'acuité de et la théologie dans le collège que son ordre Cleruionl-Ferrand en Auvergne. Il étudia et possédait à Saleelte. Le P. Lacroix se livrait explora les diverses parties de cette province, aussi à la prédication et remplissait les fonesur laquelle il lit paraître plusieurs ouvrages lions de maître des novices et celles de recimportants. Lois de la révolution française, il teur. Il se lit estimer et chérir des habitants avait adhéré à la constitution civile du clergé, de Goa, et moin ut dms cette ville le 24 sepainsi que le témoignent ses premières publi- temhre 1643, Il avait appris la langue des cations. Lacoste mourut à Clormont-Ferrand habitants du Canara et celle des Marashdis ou le 18 avril 1826. Il était rentré dans la carrière Mahraltes, et composa dans les deux idiomes ecclésiastique (t avait obtenu le titre de cha- plusieurs pièces ascétiques, notamment un noine honoraire. 11 était me.mbred:ï plusieurs poëme sur la passion de Jésus-Christ, qui sociétés savantes, entre autres de la Société était chanté les samedis du carême dans philotechnique de Paris et de celle des An- l'ég.ise de Saicetle par ies nouveaux chrétiquaires de France. On a de lui : Lettre de tiens. On c te de lui une Vie de saint Pierre, M l'abbé Lacoste, de Plaisance, vicaire de la apôtre, poème en lan0ue mahralte, et des Dalbade,àuncuré non-conformiste, Toulouse, Discours envers, contenant la réfutation des 1791, in-8°; Réponse à la lettre d'un curé erreurs des Orientaux, Goa, 163V, 2 tomes, non-conformiste, ihid., 1791, in-8°; Discours in-folio, de l'imprimerie de la maison prosur les devoirs des citoyens envers la patrie, fesse de la société.
Toulouse, 1792, in-8° ; Discours pour une LACHO.X ^Séraphin de), habile théologien
fête civique, ibid., 1793, in-8°; Discours sur et prédicateur, de l'ordre des récollets, né à
les obligations que les Français se sont im- Lyon en 1589, était très-versé dans la con-
posées en acceptant la constitution, Toulouse, naissance du grec et de l'hébreu, et publia
(an îv) 1795, in-8°; Discours sur les vertus pius eurs ouvrages de controverse, entre
républicaines, ibid., (an iv) 1796, in-8°, im- autres : Le Flambeau de la vérité catholique,
primé par ordre du département de la Haute- Paris, 1627, in-V°.
Garonne; Réflexions sur la nécessité de se LACKOIX-MARRON (N. de), poète borde--
rallier à la Constitution et de la maintenir, lais du xvie siècle, n'est guère connu que
Clermont-Ferrand, (an ix) 1801, in-8°. De- par un ouvrage en vers, ayant pour titre :
puis l'établissement du consulat , Lacoste La muse catholique, Bordeaux, 1612, in-8°.
s'appliqua exclusivement à ses études scien- Ce poème e>t divisé en deux parties : la pre-
tiliques, et publia : Observations concernant mière roule sur le libre arbitre, et dans la
l'agriculture dans les montagnes des départe- seconde l'auteur défend le dogme de l'eu-
ments de l'Auvergne, Clermont, 1799, in-8°; chanslie contre les calvinistes. Lacroix-Mar
Quelques observations concernant l'agriculture ron avait embrassé la profession des armes
dans les montagnes du département du Puy- et servit sous les oidres du duc d'Epernon.
de-Dôme, Clermont, 1799, in-8°; ibid., 18 A, LACROIX (Claude), jésuite, né à Saint-
in-8°; Discours sur les dispositions des habi- André, vil. âge entre Hervé et Dalem, dans la
Lanls du département du Puy-de-Dôme pour province de Limbom g, l'an 1652, se lit jésuite
les sciences, Clermont, 1801, in-8"; réimpr. l'an lb73, enseigna la théologie mo aie à Co-
avec des notes, ibid., 1819, in-8": Discours logne et à Munster, et mourut à C logne le
sur les avantages qui résultent de l'étude de 1" juin 171V. On a de lui un Commentaire sur
l'histoire naturelle, Toulouse, 1797, in-8°; la Théologie morale ^e Busemnaum, Cologne,
3e édition, aveedes notes, ibid., 1801, in-8°; 1719, 2 vol. in-fol. Lac.oix donne en entier
Observations sur les volcans d'Auvergne, sui- dans son Commentaire le texte de Busem-
r ies de notes sur divers objets, recueillies dans baum, pour l'expliquer et fixer h- vi ai sens
course minéralogique faite en 1802, Cler- des décisions : s'il a eu tort, les censeurs
mont, 1803, in-8°; Lettres minéralogiques et caustiqu s qui l'ont accablé d'injures et d ac-
(jéologiques sur lesvolcans de l'Auvergne écrites cusations odiet ses ne sont pas non plus à
dans un voyage fait en 180V, Clermont, 1805, l'abri des reproches. Voy. BlsembauiM, Es;:o
in-8°; Lettre aux amis des sciences du dépur- rah, Pascal. Le P. Frauçois-Antoine Zacca-
tement du Puy-de-Dôme et des autres pays ria ajustitié plusieurs opinions des deux jé-
pour leur recommander le cabinet de mine- suites que Concilia et Paluzzi avaient censu-
ralogie et le jardin des plantes de la ville de rées avec aigreur : il est certain que, en
Clermont, ibid., 1823, in 8"; Observations sur bornant, au cas précis, supposé par les au^
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teurs, la' plupart des décisions qui? paraissent relâchées, on verra presque toujours disparaître ce qu'elles semblent présenter de révoltant. Il est également vrai encore que toutes ces opinions avaient été enseignées avant les jésuites, qui n'ont fait que les adopter et les répéter. Voy. Moya. L'édition, qu'on dit avoir été faite à Cologne en 1757, est supposée. Ce n'est qu'un nouveau titre et une nouvelle table ajoutée àl'ancienne édition.
LACROIX (Jean-François), littérateur du xvme siècle, natif de Compiegne, publia de nombreux ouvrages d'histoire et d'éducation, sans y mettre son nom : L'esprit de mademoiselle de Scudéry, Paris, 1766, in-12 ; Abrégé chronologique de l'Histoire ottomane, Paris, 1768,2 vol. in-8° ; Anecdotes anglaises jusqu'au règne de Georges III, Paris, 1769, in-8° ; Anecdotes italiennes depuis la destruction de ('empire romain en Occident jusqu'à nos jours, ihiil., 1769, in-8° ; Anecdotes du Nord, avec P.-Ant. de La Place et Hornot, 1770, in-8" ; Anecdotes militaires de tous les peuples, 1770, 3 vol. in-8% réimpr. sous le litre de Dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables de l'histoire ancienne et moderne, 177 1 , Anecdotes des républiques, auxquelles on a joint la Savoie, la Hongrie et la Bohême, 1771 , 2 vol. in-8"; Anecdotes arabes et musulmanes jusqu'à l'extinction du khalifat, avec Hornot, 1772, in-8°; Almanach encyclopédique de l'histoire de France, Paris, 1770-1778, 9 vol. in-18 ; Dictionnaire portatif des faits et dits mémorables de l'histoire ancienne et moderne, Paris, 1768, 2 vol. in-8°; Dictionnaire historique portatif des femmes célèbres , Paris , 1769, 2 vol. in-8° ; nouv. édition, considérablement augmentée, ibid., 1788, 2 vol. in-8°; Dictionnaire historique des cultes religieux établis dans le monde depuis son origine jusqu'à présent, Paris, 1770, 3 vol. in-8°, avec figures ; nouvelle édition augmentée de divers articles, Versailles, 1821, 3 vol. in-8°, avec fig., auxquels se joint un volume de Supplément, par J.-B.-C. Chaud, Versailles, 1821 ; Dictionnaire historique des saints personnages, Paris 1772, 2 vol. in-8°. Lacroix coopéra en outre à l'Histoire littéraire des femmes françaises, publiée en 1769 par l'abbé de La Porte, et au recueil de Contes, Aventures et faits singuliers, tirés du Pour et Contre de l'abbé Prévost.
LACROIX (Pierre-Firmin), prêtre de la doctrine chrétienne , mort en 1786, après avoir professé la philosophie à l'université de Toulouse, a laissé : J.-J. Rousseau, citoyen de Genève, à Jean-François de Monlillet, archevêque et seigneur d'Auch, etc., Neufchàtel, 176V, in-12 de 22 pages ; Lettre de Jean- Jacques Rousseau, de Genève, qui contient sa renonciation à la société et ses derniers adieux aux hommes; adressée au seul ami qui lui reste dans le monde, 1765, in-12 : ces deux écrits sont sans nom d'auteur ; Traité de morale, ou Devoirs de l'homme envers Dieu, envers la société, et envers lui-même, Carcassonne et Paris, 1767, in-12; 2e édition augmentée, Toulouse et Paris, 1775, 2 vol.
in-12; Connaissance analytique de l'homme.
àe la matière et de Dieu, Paris, 1772, in-12.
LACROZE (Mathurin Veyssière de) Voy.
Croze.
LACTANCE (Luc.ius-Coelius-Firmianus) ,
orateur et défenseur de l'Eglise, né (suivant l'opinion la plus commune) dans le me siècle, étudia sous Arnobe, à Sica en Afrique. On ne connaît ni son pays, ni sa famille; presque tous les historiens le font africain; mais le P. Franceschini, carme, prétend qu'il était de Permo, et ses raisons sont très-plausibles. Son éloquence lui acquit une si grande réputation, que Dioctétien le fit venir, vers l'an 290, à Nicomédie, où il tenait son siège, et l'engagea h enseigner la rhétorique latine; mais il y eut peu de disciples, parce qu'on y parlait plus grec que latin. La il vit commencer, l'an 303 de Jésus-Christ, cette terrible persécution contre les chrétiens; et, s'il n'était pas lui-même alors attaché à la religion de l'Evangile (ce qu'on ne peut décider, parce qu'on n'a rien de certain surl'époquedesaconveision), son humanité du moins le trouva sensible aux maux qu'il voyait souffrir aux chrétiens. Sa vertu et son mérite le rendu ont si célèbre, que Constantin le fit venir dans les Gaules et lui confia l'éducation de son fils Crispus , l'an 317. Lactance n'en fut que plus modeste; il vécut dans la pauvreté et dans la solitude, au milieu de l'abondance et du tumulte de la cour. Il ne reçut les présents de l'empereur que pour les distribuer aux pauvres. Ce grand homme mourut vers l'an 325 à Trêves, à ce qu'on présume, dans un Age très-avancé. Le style de Cicéron avait été le modèle du sien : même pureté, même clarté, même noblesse, même élégance. C'est ce qui le fit appeler le Cicéron chrétien. Parmi les ouvrag-s dont il a enrichi la postérité, les plus célèbres sont ; les Institutions divines, en sept livres. L'auteur y élève le christianisme sur les ruines de l'idolâtrie ; mais il réfute beaucoup plus heureusement les chimères du paganisme, qu'il n'établit les vérités de la religion chrétienne. Il traite la théologie d'une manière trop philosophique ; il parle des mystères avec peu d'exactitude. Il parait néanmoins que le P. Petau et d'autres, ont jugé trop sévèrement quelques-unes de ses expressions, sans considérer que dans ce temps le langage théologique n'était pas encore fixé, quoique la foi fût sûre et constante. Un critique plus modéré en a parlé de la manière suivante : « Plu- » sieurs censeurs trop rigides y ont noté un « assez grand nombre d'erreurs théologi- « ques ; mais la plupart sont seulement des « laçons de parler peu exactes, et qui sont « susceptibles d'un sens orthodoxe , lois- « qu'on ne les prend pas à la rigueur. Il faut « se souvenir que cet auteur n'était pas « théologien, mais orateur; qu'il n'avait pas « fait une longue étude de la doctrine chré- « tienne, mais qu'il possédait très-bien Tan- « cienne p'-ulosophie. Quoiqu'il ne fût pas « assez instruit pour expliquer avec préci- « sion tous les dogmes du christianisme, il a « cependant rendu à la religion un service « essentiel, en mettant au grand jour Les er-
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« rours, les absurdités et les contradictions « des philosophes. » Ce traité a été traduit en français par René Famé, Paris, 1542,
in- fol. Le 1" livre do ses Institutions a été aussi t aduit par Drouet deMauperlu , Avignon, 1710, in-12. Il en a été fait un abrégé: lnatitutionum epitome. Vu Traité de la mort des persécuteurs, publié pour In première fois
rar Baluze, d'après un manuscrit trouvé à abbaye de Moissac, en Quercy, et réimprimé à Ltreclit, in-H°, en 1G93. On y a ajouté une dissertai on de Dodwell, De ripa striga, qui est d'une sécheresse extrême; niais on y voit avec plaisir la préface du P. Huinard, ad Acta martyrum, qui réfute supérieurement une autre dissertation de cet anglais : De pancitale martyrum. Dom Le Nourry, trompé sans doule par les prénoms Lucius Cœlius, a prétendu que cet ouvrage élait d'un Lucius Ccecilius, qui vivait, selon lui, au commencement du ive siècle : mais il a été réfuté par d'habiles critiques. Ce livre est ci é par sa nt Jérôme, dans le catalo^u^ «les ouvrages de Lact mce. Le but de Lactance est de prouver que les empereurs qui ont
Eersécuté les chrétiens onttous péri miséralement. Cet ouvrage, propre à faire dos impressions profondes et consolantes pour les fidèles, pourrait aisément être augmenté par des additions que fournil l'histoire de to js les sièc es. 11 a des rapports marqués avec le traité de Henri Sp Iman : de la Fatalité des sacrilèges. L'abbé de Maucioix l'a traduit en français, Paris, iGSô, in-12; il l'a été plus récemment encore par Basnage (d'après la version anglaise de Burnet), Utrecht, 1087, in-8°, et par l'abbé (iodescard. On trouve cette traduction dans l'édition de la Vie des saints de cet auteur, Versailles, 1820. Un livre de Youvrage de Dieu, où il prouve 1 1 Providence par l'excellence de son princip d ouvr.ige, par l'harmonie qui est dans toutes les parties du corps d • l'homme, et par les sublimes qualités de son Ame ; un livre de la colère de Dieu. Ces écrits furent imprimés d'abord collectivement in-fol. au monastère de Sublac, en 1405. C'est le premier livre imprimé en Italie avec date; il l'a été et plusieurs fois ensuite, séparément ou ensemble. L'édition la plus correcte de toutes ces différentes productions, était celle du P. François-Xavier Franceschini, came, Rome, 1754—1760, 10 vol. io-8°, avec des dissertations plein s de critique et de jugement. La plus répandue en France était celle de Le Brun des Maietles, publiée en 2 vol. in-i°, 17'i8. On attribue à Laciance un poërae intitu'é Symposium, que Heumann a fait imprimer à Hanovre, 1722, in-8°. On le croit aussi l'auteur d'un autre pôëme, Phénix, qu'on trouve dans la C llection des portes latins du second ordre, | ar Wumdorff, tome 111, 1782. On cite encore de Lactance plusieurs au'.res ouvrages qui sont perdus. M. l'abbé Migne a donné oans son (.ours complet de Patol >gie, les OEuvres très-complètes de Lactance, édition reproduisant intégralement celle de Lenglrt-Dufresnoy, augm. des notes et des variantes de Bunemann et
de O.-F. Fritzche, et des dissertations de dom Le Nourry, précédées des fragments qui restent des papes S. Marcellin, S. Marcel, S. Eusèbe et S. Melchiade, d'un Anonyme et de Ceïse; 18V4-, 2 vol. in-4°.
LACUNZÀ { Emmanuel) , jésuite , connu pars s rêveries mystiques et sa bizarre interprétation de l'Apocalypse, naquit le 19 juillet \i:i\, & Saint-Iago, capitale du Chili, d'une famille espagnole noble, mais sans fortune. Il se voua a l'état ecclésiastique, et après avoir fait ses études c'iez les jésuites, il entra, en 17V7, dans leur société et y reçut les ordres. 11 se livra pendant quelque temps avec succès a la prédication, et s'appliquait en outre à l'étude de la géométrie et de l'astronomie. Sa profession solennelle eut lieu le 2 février 1766. La compagnie de Jésus ayant été abolie en 1767, et ses membres expulsés, par ordre du roi d'Espagne, de tous ses états, Lacunza se rendit en Italie et se fixa à Imola, où il se séquestra entièrement de toute société, se servant lui-nT'me, se couchant au point du jou r, et passant la nuit à travailler. Le soir, il faisait seul une promenade à la campagne. Il poussait la sobriété au point de ne pas prendre quelquefois la nourriture nécessaire. C'est après avoir adop é ce genre de vi -, qu'il composa l'ouvrage intitulé: Avènement du Messie dans sa gloire et dans sa majesté, (en espagnol] qui I arut à Londres, 1816, k vol. jn-8°, imprimé aux frais de l'envoyé de la nouvelle république do Buenos-Ayres en Angleterre. 11 y en a\ait eu précédemment une édition incomplète, faite dans l'île deLéon, près de i adix, en deux petits volumes in-12, -ouslenom de Jean-Josaphat Ben-Ezen ; il fut traduit en latin par un mexicain qui garda l'anonyme. Le singulier système de Lacunza n'est au fond qu'un millénarisme mitigé. L'auteur croit que « Jésus-Christ descendra du ciel « lorsque le temps sera venu, qu'accompa- « gué des anges et des saints, il régnera vi- « sib'ement avec eux durant mille ans, et « qu'entin, mais sans être remonté aux cieux, « il se montrera dans toute sa majesté pour « juger tous les hommes. » Lacunza s'efforce de ré/ondre aux objections qu'on peut faire contre ses idées, et traite de prévention l'enseignement des théologienssurcette matière. Son ouvrage suppose toutefois une grande connaissance de l'Ecriture. Un de ses partisans iM. Agier) qui se montre en mène temps favorable à un parti qje les jésuites ont toujours combattu (voyez Agiek) a lait paraître une brochure intitulée : Vue sur le second avènement de Jésus-Christ, ou Analyse de Vouvrage de Lacunza sur cette importante matière, Paris, 1818, in-8° de 120 pages. On trouve à la suite de cette analyse une notice curieuse sur le jésuite espagnol. Le 17 juin 1801, on t ouva le malheuieuxLacunzr. sans vie, sur les bo.ds du Sanlcrno, rivière qui baigne les murs dlmola, et dans lequel il parait qu'il s'était laissé tomber eu faisant une de ses promenades nocturnes.
LADERCH1 (Jacques), or** .rien de la congrégation de Saint-Philippe de Néri, né à
Faëaza dans la Romagne : c'était un savant distingué, qui florissa t au commencement du xyiii" siècle, et n'était pas moins recommandable par si piété que par son savoir. Il tourna toute son application vers l'érudition ecclésiastique, et fit de la fondation des églises et des actes des martyrs, l'objet de ses principales recherches. Il mourut à Rome le 25 avril 1733. Il est auteur de nombreux: ouvrages, dont on trouvera la liste dans la Bibliotheca Faventina du P. Mittarelli, et dont voici les principaux: Acta sanctorum Christi martyr uni vindicata, Rome, 17-3, 2 vol. in-4° ; Annales ecclesiastici ab anno 15(16, ubi Oldericus Raynaldus desinit, seu tomi 22, 23,2k, Annaliumbaronianorum, Rome, 1727- 1728, 3 \ ol. in-fol. ; cette continuation des Annales de Raronius est peu estimée. L'édition de Cologne de 1733 est surtout remplie de fautes; Vïta sancti Pétri DamianiS. R. E. cardinalis,etc.,in sex librosdistributa, Rome, 1702, 3 vol.in-4". Cet ouvrage donna lieu à une critique amère et indécente, intitulée : Nugœ Ladercliianœ, et dialogus Sejani et Rufini, Paris, 1705 ; De sacris basilicis sanctorum martyr uni Pclri et Marcel Uni, dissertai io historica, Rome, 1705. Ces deux martyrs, saint Marce'lin, prêtre, et saint Pierre, exorciste, avaient été martyrisés l'an 302, et décapités à dix milles de Ko me, dans un endroit appelé alors Sylva nigra; et qui, de uis, fut nommé Sylva candida. Peu après le martyre de ces saints, leurs corps furent transportés à trois milles de Rome, dansl'endroit où saint Tiburce avait été martyrisé, sur le chemin nommé Via lavicana, et Constantin y avait fait bâtir une église en leur honneur. Une troisième qui leur était aussi dédiée, avait été bâtie dans Rome même, et l'opinion du P. Laderchi était que cette dernière avait été érigée en titre du temps de saint Grégoire le Grand. Il eu prend occasion de traiter des titres cardinalistes, qu'il croit n'avoir été dans le commencement que des maisons de chrétiens distingués et riches, où les tidèles étaient reçus pour la célébration des saints mystères, et recevaient des aumônes ou trouvaient un asile dans la p. rsécution. Selon Laderchi, les évêques de Rome préposèrent un prêtre à chacune deces maisonsde"enues des églises. Ces prêtres furent nommés cardinaux, du mot incar dinar e (attacher à une ég.ise). On attribue au pape Evariste la division de Rome en 25 titres ; on sait qu'originairement la dénomination de cardinal était commune à tout ecclésiastique titulaire d'un bénéticeà charge d'àmes, et q.ie ce n'e>t que par la suite des temps, qu'elle fut réservée exclusivement aux membres du sacré colége. Acta passionis sanctorum martyrum Crcscii et sociorum, ex manuscriptis codicibus biblioth. Mediceo laurentianœ, Florence, 1707 ; Apologiapro actis eorum sanctorum, Florence, 1708; Acta sanctœ Ceciiiœ et Transtiberina basilica illustrata, Rome, 1723, 2 vol. in-4D; La Critica d'oggidi, osia Vabuso délia critica odierna, Rome, 1726, in-4°. Outre ces ouvrages, Laderchi a laissé aussi une ample collection de mémoires manuscrits.
LADORE (Jacques), docteur en théologie, né en Touraine dans les premières années du xvue siècle, entra dans Tordre des Minimes, et en devint procureur général. Les fonctions de sa charge l'appelèrent à Rome où il était encore en 166V. A son retour en France, il se noya en passant la Seine à Joigny ; on ignore l'année précise de ce malheureux événem nt. On a de ce religieux : Le Vol de Vâme sur les autels, Paris, 1656, in- 8" ; Le bonheur de la fréquente communion, Paris, 1653, in-8' ; Digestum Sapientiœ minimitanœ, sive de jure Minimorum, Kome, 1660, in-4° ; Horalii christiani tripartitus in R. Francisci S'desii canonisationis i auguratione, fidei scilicet, spei et charitatis triumphus, Rome, 1662, in-i° : c'est un recueil d'odes < t d'hymnes comparées à cehes d'Horace, et ayant pour but de célébrer les vertus de François de Sales, dont on préparait la canonisation.
LADVOCAT (Jean-Baptiste), né en 1709, du sub iélégué de Vaucouleurs, dans le diocèse de Toul, fut doc e ir, bibliothécaire, et professeur d'hébreu en Sorbonne. Après avoir fait >es études de philosophie chez les jésuites de Pout-à-Mousson, qui voul rent en vain l'attacher à leur société , il alla étudier en Sorbonne. Il fut admis en 1734 à l'hospitalité, et à la société en 1736, étant déjà enlicence. Rappelé dans son diocèse, il occupa la cure de Domre ny, heu célèbre par la naissance de la Pucelle d'Orléans. Mais la Sor bonne l'enviant à la province , le nomma en 174-0 à une de ses ch ires rovales, et lui donna le titre de bibliothécaire en 1742. Le dur d'Orléans, prince aussi religieux que savant, ayant, dans l'année 1751, fondé une chaire en Sorbonne, pour l'explication del'Ecriture sainte selon le texte hébreu, y nomma l'abbé Ladvocat, qui remplit cet emploi avec succès jusqu'à sa mort, arrivée le 29 décembre 1765. C'était un homme plus érudit que judicieux, possédant les langues anciennes, l'hébreu, le chaldéen, les mathématiques. Ce savant avait un cœur digne de son esprit ; une noble franchise animait tous ses sentiments. Il n'ornait ni ce qu'il écrivait ni ce qu'il disait ; maison sentait dans toutes ses actions cette humanité et cette douceur qui est la vraie sour ce delà politesse. Nousavons de lui : Dictionnaire géographique portatif, in-8°, plusieurs fois réimprimé. Cet ouvrage, publié sous le nom de Vosgien, et donné comme une traduction de l'anglais, est un assez bon Abrégé du Dictionnaire géographique de La Martinière. Le livre français est beaucoup plus exact que l'anglais, aveclequel il n'a presque aucun rapport ; mais Ladvocat voulutaccréditer son ouvrage, en le présentant au public comme une pro metion de l'Angleterre. On a fait usage de ce Dictionnaire dans la rédaction d'un autre plus ample et plus correct, imprimé pour la seconde fois à Liège, chez Bas^ompierre, 1791 à 1794, 2 vol. in-8° ; Dictionnaire historique portatif des grands hommes, Paris, 1752, en 2 vol. in-8° : la meilleure édition est celle de M. Letronne avec des additions importantes, Paris, 1813, dont il y a eu plusieurs éditions
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ci contrefaçons. Quelquos-unes ont été défi- crés de la bonne école. La révolution le dé-
g irjées et altérées de toutes les manières; ponilla de tout ; mais il resta en France, et
les jansénistes el les protestants y ont glissé fut assez heureux pour échapper a tous les
leurs préventions et leurs erreurs. 11 en a périls gui environnaient les ecclésiastiques
paru une en 3 vol., à Paris, 1777, avec des restés fidèles à leur devoir. Après le coneor-
augmontàtions, les unes bonnes, les autres dat de 1801, il fut nommé h l'évôché de Mout-
mauvaises. Les bornes dans lesquelles l'an- pellier ; il s'excusa et se fixa h Versailles, où
teur avait circonscrit son ouvrage ne lui ont il accepta un canonicat.il reparut de nouveau
pas permis de donnera un grand nombre dans la chaire, a Versailles, à Paris, dans
d'articles un développement convenable; plusieurs villes de province, et son Age
mais son impartialité, son attachement aux avancé ne l'empôcha point de donner de
droits de la religion et de la vertu, rendent grandes stations. Il avait été nommé pour
son Dictionnaire, tout imparfait qu'il est, prêcher devant le roi le carôrae de 1815. Une
très-préféra le à la plupart de ceux par les- indisposition empêcha Louis XVI11 de l'en-
quels on a voulu le remplacer. Dans une tendre les premières semaines, et l'on con-
edition publiée à Paris de 1821 à 1824, 5 vol. naît les événements politiques qui obligèrent
in-!'.", ou a fondu avec le corps de l'ouvrage bientôt la cour de quitter la France. L'abbé
le Supplément de 1789 , un vol. in-8% par de Lafagc ayant été appelé en 1818 à prêcher
Charles-Guillaume Lecîerc.Cet ouvrage a été de nouveau à la cour, le roi Je suivit pendant
traduit en italien, Milan, 1758, 3 vol. in-8", toute la station. Le prédicateur avait alors
et en allemand, Ulm, 1761, 2 vol. in-8"; 85 ans; peu de temps après, il perdit l'usage
Grammaire hébraïque, 1755, 1765, 1789, 1822, de ses jambes, et de graves symptômes an-
in-S". L'auteur l'avait composée pour ses noncèrent sa fin prochaine- Il mourut le 23
élèves ; elle réunit la clarté et la méthode décembre 1818, muni de tous les secours de
nécessaires. Dissertations latines sur le Pen- la religion,
tateuque, sur le livre de Job et sur les Psau- LAFARE. Voy. Fare.
mes, et une Dissertation en français sur le LAFAYE (Antoine), ministre protestant,
lieu du naufrage de saint Paul | Voyez Agius en latin Fayus, naquit sur la fin du xvr siè-
de S i.dams) ; Tractatus de conciliis in génère, de à Châteaudun, et enseigna les belles-let-
Caen, 1709, in-12, et Porto, 1773, in-8"; Dis- très pendant plusieurs années à Genève. Il
sertation sur le ps. lxvii : Èxurgat Deus...; professa ensuite la philosophie et la tliéolo-
Leftrc sur ('autorité des textes originaux de gie à l'académie de la môme ville, accompa-
V Ecriture sainte, Caen, 1766, in-8"; Juge- gna Bèze au colloque de Montbéliard, en
mrnts sur quelques nouvelles traductions de 1589, et mourut de la peste à Genève, vers
l'Ecriture sainte, d'après le texte hébreu. Ces 1615 ou 1618. Il s'était fait recevoir doc-
quatre d Tniers ouvrages sont posthumes, teur en médecine, étant déjà avancé en
et ont été imprimés à La Haye en 1767. C'est âge. Indépendamment de Commentaires sur
une bonne réfutafion du système de l'abbé l'Ecclésiaste et les Epîtres de saint Paul, et
Villefroyet des capucins élèves de cet abbé, d'autres ouvrages théologiques, on a de La
L'éloge historique de I advocat se trouve faje : De vita et obitu Bezœ hypomnemata,
dans Y Année littéraire, 1766, tome 2, et dans Genève, 1006, in-4-°, traduit en français par
le Nécrologe de 1767. Pierre Solomeau, ibid., 1610, in-8°, et par
LAFAGE (Jean-Pierre de), prédicateur du Ant. Teissier, 1681, in-12; des traductions
roi, né vers 1733 à Mausy, près de Rieux en françaises de Y Histoire des Juifs, par Josè-
Làngucdoc, était fds du syndic général de la phe/ Genève, 1560, in-folio, et de Y Histoire
prov.nce, qui l'amena à Paris à l'Age de romaine, de Tite-Live, Paris, 1582, in-folio;
11 ans. 11 y reçut la tonsure des mains du Genevaliberata,seuiiarratiolibcrationisillius,
cardinal de La Roche-Aymon, alors archevô- quœ divinilus immissa est Genev'œ, , etc., 1603,
que de Toulouse, et fut pourvu, dès l'âge de in-12. C'est l'histoire de la tentative que fit
14 ans, d'un canonicat de l'église de Rieux. le duc de Savoie pour surprendre Genève,
11 fit ses cours de philosophie et de théologie tentative que le courage des habitants sut
en Sorbonne, et, après avoir été ordonné rendre vaine. — Lafaye (Jean de), autre
prêtre, il entra à la communauté de Saint- ministre protestant, né à Loriol , dans le
André des Arcs, sous la direction de M. Lé- Dauphiné, vers 1610, publia contre les or-
ger, curé de cette paroisse. On sait que de dres monastiques un pamphlet qui le fit exi-
cette école, alors célèbre, sont sortis plu- 1er. 11 se retira à Genève, où il mourut vers
sieurs prélats et sujets distingués. Quoique 1679. On a de lui : L' Anti-Moine : c'est le
le canonicat du jeune abbé semblât le rappe- pamphlet dont nous venons de parler; Douze
1er à Rieux, où il avait sa famille, et dont questions capucines répondues, Genève, 164-8,
l'évéque l'avait déjà nommé son grand in-8" ; un Traité pour soutenir la Religion
vicaire, cependant M. Léger, qui avait re- par les Pères; Le chemin ouvert à la paix, etc.
connu en lui le germe d'un talent sérieux, LAFAYE (Jacques de). Voy. Faye.
engagea M. de Beaumont, archevêque de Pa- LAFERRONAYS (Jules-Basile de), évêque
ris, à le retenir dans son diocèse. Ce prélat de Lisieux, né le 2 janvier 1735, au château
nomma l'abbé de Lafage promoteur de l'ofïi- de Saiut-Aiards-lès-Ancenis, près de Nantes,
ciahté, et lui donna un canonicat dans sa fut pourvu très-jeune de divers bénéfices, et
métropole. Il s'adonna dès lors entièrement devint grand vicaire de M. de Marnays, évé-
à la pi ■■'•di cation, où il obtint des succès mé- que de Couserans, qui lui donna aussi la di-
riféS. Si manière rappelait les orateurs sa- gnité de présenteur de son chapitre. L'abbé de
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Lahrronays assista à l'assemblée du clergé eu 1765, et fut conclaviste du cardinal de lierais a'i conclave de 17G9. Le roi le nomma à l'évêché de Saint-Brieuc, le 24 décembre de cette même année, et il fut sacré le 8 avril suivant. Il passa sur le siège de Baronne en 1775, sur celui de Lisieux en 1783, et s'ai tacha à pacifier ce diocèse, que des divisions avaient troublé sous son prédécesseur, M. de Condorcet. Le prélat prit part aux réclamations de ses collègues contre les décrets de "assemblée constituante, adopta Y Exposition des principes, et publia une Lettre pastorale pour adhérer à l'Instruction de l'évoque de Soissons. En 1790, il se rendit en Suisse, et alla rejoindre sa famille en Franconie. Il erra ensuite dans divers pays de 1 Europe, et se fixa enfin à Munich, où il mourut le 15 mai 1799. On a publié à Lisieux, en 1830, une Notice sur ce prélat.
LAF1TAU (Joseî -H-FiiANçois), missionnaire et historien, né à Bordeaux, entra de bonne heure tians la compagnie de Jésus, où son goût pour les belles-lettres et pour l'histoire le tira de la foule. Il se fit connaître dans la république des lettres par quelques ouvrages : Les mœurs des sauvages américains comparées aux mœurs des premiers timps, imprimées à Paris en 1723, en 2 vol. in-4°, tig., et 4 vol. in-12. C'est un livre très-estimable, attaqué fort mal à propos par Bobertson dans son Histoire de l'Amérique, ouvrage superficiel, plein d'observations fausses et de princ pes pernicieux. Voy. \e Journal liist. et litt., 15 mars 1778. Le P. Lafilau avait été missionnaire parmi les sauvages : aussi n'avons-nous rien d'aussi exact sur ce sujet. Son parallèle des anciens peuples avec les Américains est fort ingénieux, et suppose une grande connaissance de l'antiquité, quoique tout n'y soit pas également plausible, et qu'il y ait plusieurs rapprochements forcés; Mémoire concernant la précieuse plante Ging- Seng, de Tartarie, Paris, 1718, in-8° ; Histoire des découvertes des Portugais dans le Nouveau- Monde, 1733, 2 vol. in-4°, et 1734, 4 vol. in-12, exacte etbien écrite. L'auteur mouruten 1740. LAF1TAU (Pierre-François), parent du précédent, évêque de Sisteron, naquit à Bordeaux en 1685, d'un courtier de vin, et dut sa fortune à son esprit. Il entra fort jeune chez les jésuites, et s'y distingua par son ta ent pour la chaire. Ayant clé envoyé à Rome au sujet des disputes élevées par les jan énisles contre la bulle Unigenitus, il plut à Clament XL Sa conversation vive et aisée, son esprit fécond eu saillies , donnèrent au pontife une idée favorable de son caractère et de tes ialcnts. 11 sortit de son ordre et fut nommé à l'évêché de Sis eron en 1719; il y fut l'exemple de son clergé. Après avoir passé sa vie dans l'exercice des v. rtus épiscopales, il mourut en 1764, à 70 ans, au château de Lurs, qui a partenait aux évoques de Siste.on. L'évc jue de Sisteron s'était toujours montré ennemi aruent du jansénisme. On a de lui plusieurs ouvrages : Histoire de la constitution Unigenitus, 1737, 1738, en 2 vol. in-12. « On y trouve , dit l'auteur des
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« Trois siècles, le vrai, qui doit être la base « de tout ouvrage historique, et, avec le « vrai, de l'ordre, de la clarté, du développe- « ment, un style noble, convenable à l'his- « toire, et une modération dont on ne doit « jamais s'écarter. » Il en a paru une nouvelle édition à Mr.ëstricht, 1789,2 vol. in-12. Réfutations des Anecdotes, on Mémoires secrets sur l'acceptation de la constitution Unigenitus, par Ville fore, Gray, 1734, 3 vol. iri-8°; ouvrage qui prouve, ainsi que le précédent, qu'il connaissait à fond la secte dont il dévoilait les intrigues. Cette connaissance allait jusqu'à voir bien avant et d'une manière bien précise dans l'avenir, comme il parait par le passage suivant, sj littéralement vérifié lors de la révolution de 1789 : « Qu'on re- « vienne présentement sur tout ce qu'on a lu « dans cette histoire, et on trouvera que le « quesnellisme n'est au fond que le calvinisme « même, qui, n'osant se montrer en France « a découveit.s'est caché sous les erreurs du « temps. C'est ce qu'on a vu d.:ns ces fameux « projets où les qu duellistes voulaient réu- « nii i E lise de France à l'E.lise anglicane « [Voy. Duimn), et dans tous ces fameux li- « pelles où ils ont éi igé un tribunal à l'esprit « particulier. Mais c'est ce qui paraîtrait cn- « core mieux dans une de ces occasions criti- « ques, que Dieu veuille détourner, où il s'a- « girait de troubler tout pour établir une en- « tière liberté de conscience. Pour lors, il est « indubitable qu'on verrait les quesnellistes « s'associer ouvertement aux protestants, pour « ne plus faire qu'un même corps, comme « ils ne font déjà qu'une même âme avec « eux. » L'auteur avait signalé dans un mandement les Anecdotes, qu'd accompagna de la Réfutation; l'un et l'autre furent supprimés par un arrêt du conseil. Il avait désapprouvé la consultation des avocats de Paris en faveur de l'évêque de Senc, qui fut condamné au concile d'Embrun, i ù Lalitau assista. Histoire de Clément XI, 1752, 2 vol. in-12; des Sermons, Lyon, 1747, 4 vol. in-12, qui ne répondirent point à l'attente du punlic. Ce prélat avait plus de geste et de représentation que d'éloquence. 11 cite rarement l'Ecriture et les Pères; les preuves manquent de choix, et les meilleures restent souvent de côté. Ils sont cependant bien supérieurs aux discours légers de la plu art de nos orateurs modernes. 11 traitait la morale avec plus de succès que les mystères. Retraite de quelques jours, 1750, in-12; Avis de direction, in-12; Conférences pour les missions, in-12; Lettres spirituelles, in-12. Tous ces ouvrages, remplis de bonnes moralités, sont que'quefois faiblement pensés ; ils sont cependant très-utiles pour la direction des consciences; La Vie et les mystères de la sainte Vierge, 1759, 2 vol. in-12. L'auteur y montre plus de piété que de critique, et associe à des choses incontestables des traditions incertaines ou fausses LAFONT. Voy. Font.
LA FONTAINE (Jacques de), jésuite de Berg-Saint-Vinox, travailla avec beaucoup de zèle à la défense de la constitution Unigenitus, et publia sur ce sujet un ouvrage en 4
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vo] in-fol. Il mourut à Rome le 18 février 17-28, a l'Age de 78 ans.
LAFOREST (N. de), custode et curé de Sainte-Croix de Lyon, se signala par son zèle pour la conversion des protestants, et pendant quarante ans qu'il exerça son ministère, il eut le bonheur d'en ramener plusieurs dans le sein de l'Eglise. 11 a consigné les moyens qu'il avait employés pour cette noble fin dans un ouvrage qui a pour titre : Méthode d'instruction pour ranimer les prétendus réformés à V Eglise romaine, et confirmer les catholiques dans leur croyance, Lyon, 1783, in-12, un des meilleurs ouvrages que nous ayons sur ce sujet. Ce sont des entretiens dans lesquels il expose simplement , avec force et clarté, les dogmes de notre religion, donne les preuves qui se rapportent à chacun d'eux, et détruit les objections des incrédules. Les six premiers entretiens sont spécialement consacrés à prouver que l'Eglise catholique est l'Eglise de Jésus-Christ, et les six derniers à la discussion des points particuliers sur lesquels les catholiques sont en dissidence avec les protestants. C'est dans le même but que l'abbé de Laforest avait fait lies conférences dont M. Lasausse a recueilli le fonds, et qu'il a publiées sous le titre de Dialogues chrétiens sur la religion, les commandements de Dieu et les sacrements, Lyon, 1802, 2 vol. in-8°. On doit encore à l'abbé de Laforest l'ouvrage qui a pour titre : Traité de l'usure et des intérêts , augmenté d'une Défense, et de diverses observations, Cologne et Paris, 1760; 2* édition, Paris, 1777, in-12. Laforest mourut vers 1786.
LAFOSSE (Anne Charlier), fille d'un coutelier de Paris, et femme d'un ébéniste, est connue par un miracle bien surprenant, opéré sur sa personne l'an 1725. Elle était attaquée depuis 20 ans d'une perte considérable, et si affaiblie, qu'elle pouvait à peine se soutenir. Une protestante, sa voisine, lui d'.nna le conseil de demander, à l'exemple de l'hémonoïsse de l'Evangile, sa guérison à Jésus-Christ. Poussée par une inspiration secrète, elle en forma sur-le-champ la résolution, et choisit pour l'exécuter le jour de la Fô e-Dieu, où la procession passait devant sa porte. Elle se fit descendre à ce moment dans la rue, et lorsqu'elle aperçut le Saint-Sacrement, elle essa. a de se mettre à genoux, et pria d'une foi si vive, en faisant tous ses efforts pour le suivre, qu'elle se sentit tout à eouj) plus de force , et qu'elle put même accompagner la procession jusqu'à l'église. En y entrant elle sentit le sang s'arrêter, assista à la grand'messe , et revint chez elle, seule et sans appui, au grand étonnement de tous ceux qui la connaissaient. Depuis ce jour elle fut complètement guérie. Cet événement fit beaucoup de bruit; on venait la voir de toutes parts. Des médecins de la faculté royale furent choisis pour l'examiner avec une exactitude rigoureuse, et sur leur rapport, le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, publia un mandement par lequel il déclarait la guérison surnatuielle et miraculeuse, et ordonnait une procession et un Te
Deum en actions de tirAces. Pour en conserver la mémoire, il voulut qu'on gravAt le dispositif de son mandement sur une pierre érigée dans l'église de Sainte-Marguerite. Un office annuel avec octave se célèbre dans ci'tte église en commémoration de ce miracle1.
Cette solennité, interrompue pendant la révolution, a été reprise le 31 mai 1818. L'office qu'on y dit a été imprimé en 1725 et 1761. Les hymnes latines ont été composées par Coftin. Le cardinal envisa;ea cette guérison comme un témoignage solennel que Dieu avait voulu rendre au dogme de la présence réelle , pour éclairer les protestants qui étaient en grand nombre dans le faubourg Saint-Antoine, où demeurait M"" Lafosse. Le miracle opéré en sa faveur a donné lieu à une correspondance polémique entre le chanoine Hoqu:né et le pasteur Jacob Vernes. de Genève, imprimée en 1725, 2 vol. in-8°. Voy. Y Histoire littéraire de Genève, par Sénebier.
LACUILLE (Louis), jésuite, né à Autun, en 1658, mort à Pont-à-Mousson en 1742, se fit estimer par ses vertus et ses talents. Il s'était trouvé au congrès de R.icle en 1714; et le zèle pour la paix, qu'il avait fait paraître dans cette assemblée lui valut une pens'on. On a de lui plusieurs ouvrages. Le principal est une Histoire de la province d'Alsace, ancienne et moderne, depuis César jusqu'en 1725, Strasbourg, 1727, 3 part, in-fol. Cette histoire commence par une Notice utile de l'ancienne Alsace, et finit par plusieurs titres qui lui servent de preuves, et desquels on peut tirer de grandes lumières. h'Alsatia illustrata de J.-D. Schœpflin n'a point fait oublier cet ouvrage du P. La^uille. Il a aussi publié quelques livres de piété, entre autres : Préservatifs pour un jeune homme de qualité, contre l'irréligion et le libertinage, 1739, in-12. Le P. Laguille fut trois fois élu provincia. de son ordre, après avoir été recteur de plusieurs de ses collèges.
LAGUS (Daniel), luthérien professeur de théologie à Giipswald, mourut en 1678. On a de lui : Theoria meteorologica; Astrosophia malhematico-physica ; Steichologia.... Psychologia.... Archeologia : ce sont trois traités différents ; Examen trium confessionum reformatarum, machiacœ, lipsiensis et thorunensis; des Commentaires sur les Epîtres aux Galates, aux Ephésiens et aux Philippiens.
LAHARPE (Jean-François de), littérateur et critique célèbre, né à Paris le 20 novembre 1739, fut orphelin avant l'âge de 9 ans : il nous apprend lui-même que pendant six mois les sœurs de la charité de la paroisse Saint-André-des-Arcs le nourrirent et prirent soin de lui. Ces bonnes sœurs, poussant leur bienfaisance au-delà de la première éducation, parvinrent à lui donner des professeurs, au nombre desquels fut le respectable abbé Asselin, principal du collège d'Harcourt, qui le prit en amitié et lui fit obtenir une bourse dans cet établissement. Le voile qui couvre l'origine de Laharpe n'a jamais été entièrement levé; on lui a reproché dans vingt pamphlets l'illégitimité ue sa naissance. Laharpe dédaigna longtemps et avec raison de
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repousser une accusation qui ne retombait pas sur lui. Cependant en 1790 il déclara pour la première fois dans une lettre adressée au Mercure de France, et dirigée principalement contre l'abbé Royou, que le hasard l'avait l'ait naître d'un bon gentilhomme du pays de Vaud : ce qui ne décidait rien pour la question ; il ne parlait point de sa mère, et ce silence a été regardé par quelques personnes comme un aveu tacite du fait controversé. Ce qu'il y a de certain, c'est que, lorsque le général 'Laharpe fut tué en Italie, cette circonstance fut invoquée auprès du Directoire, comme une raison d'adoucir la situation de l'homme de lettres qui portait le même nom, et qui gémissait alors sous un décret d'exil à la suite du 18 fructidor : cette réclamation, appuyée par M. de Talleyrand et par Chénier, ne resta pas sans effet. Le jeune Laharpe fît au collège d'Harcourt de brillantes études, et deux années de suite, il obtint le prix d'honneur en rhétorique, avantage qui n'a été obtenu depuis Laharpe, que par M. Noël et par Victor Leclerc,devenudepuis professeur d'éloquence à la faculté des lettres de l'académie de Paris. Mais la douceur de ce triomphe fut empoisonnée par une humiliation cruelle : il s'était permis de composer des couplets satiriques contre quelques personnes du collège d'Harcourt, probablement contre des maîtres d'études : cette faute fut expiée par une détention ignominieuse à B cêtre; on le transféra de cette maison, par une espèce de grâce, à la Force, où il resta encore plusieurs mois. L'opinion publique aggrava sa faute, et on répandit que cette satire avait été dirigée contre son bienfaiteur. Le fait était faux; mais ses ennemis ( et peu d'écrivains en eurent autant que Laharpe), jaloux de quelques succès qu'il avait remportés, voulaient, par cette odieuse calomnie, noircir la réputation d'un homme dont le talent leur portait ombrage. Laharpe repoussa cette imputation dans un avertissement mis à la fin de sa tragédie de Timoléon : « Il est bien vrai qu'à l'âge de « 19 ans, je fis très-imprudemment quelques « couplets contre des particuliers du collège « d'Harcourt ; quelques-uns de mes cama- « rades les recueillirent, et y en ajoutèrent « d'autres; mais, dans ces couplets, il n'est « nullement question de personnes envers « qui j'eusse le moindre devoir à remplir ; » et il invoque à cet égard le témoignage de M. Asselin lui-même. La détention qu'il subit eut pour résultat d'aigrir son ressentiment contre le pouvoir. En sortant de sa prison, il se consacra tout entier à la carrière des lettres dans laquelle ses premiers succès semblaient luienprésager de nouveaux. Laharpe débuta par quelques Epîtres ou Héroides, qu'il fit paraître en 1759, entre autres les Epîtres de Montézume à Cortez, et d'Elisabeth à don Carlos, qui étaient précédées d'une Dissertation sur Vhéroide. Ces deux pièces furent vivement critiquées par Fréron, qui, dans un article de Y Année littéraire, blâma cet écolier d'avoir osé, d'une main encore soumise à la férule, peser le mérite. a" im poète tel que Ovide. L'injuste critique excita la
haine de Laharpe, et dès lors entre ces deux hommes de lettres il y eut guerre ouverte. Les applaudissements qui furent donnés aux Héroiacs encouragèrent le jeune auteur, qui fit jouer en 1703 à la cour, puis au Théâtre- Français, la tragédie de Warwick; cette pièce" eut un grand succès : elle lui valut l'honneur d'être présenté à Louis XV. La noblesse du style, la vigueur du rôle principal, la simplicité de l'action, et surtout la vérité du dialogue, ont fait rester cette pièce au théâtre, quoique l'histoire n'y soit pas respectée, et que le dénouement en soit un peu romanesque. Cependant les jouissances d'amour-propre que fit éprouver à Laharpe le succès de son premierouvrage dramatique furent un peu tempérées par les nombreuses critiques qui en parurent, et auxquelles il répondit avec ce ton de supériorité dédaigneuse qui, par la suite, indisposa contre lui tant d'esprits. Résolu d'imposer silence à ses détracteurs, et entre autres à Piron, qui avait dit de lui avec sa causticité ordinaire : « Ce jeune homme n'a que cette pièce dans « le ventre, » il continua de marcher dans la carrière où il venait de se distinguer ; mais il ne soutint pas cet éclatant début. Laharpe avait dédié sa tragédie à Voltaire. A compter de cette époque il s'établit entre le maître et le disciple des relations de l'amitié la plus intime : il y avait même de la part du philosophe de Ferney quelque peu de bonho mie. Chabanon nous a transmis quelques anecdotes à ce sujet. Un an après la représentation de Warwick, parut Timoléon, 170i, qui fut froidement accueilli ; Pharamond, qu'il donna en 1705, ne réussit pas aux premières représentations. De malins censeurs s'empressèrent de profiter de ce double échec, et l'on fit courir des épigrammes plus piquantes que justes. Laharpe ne se décon certa cependant pas; il donna successivement au théâtre, quoique à de grands inter valles, Gustave Wasa, 1700 ; Menzicoff, 1770; Les Barmécides, 1778 ; Les Muses rivales, espèce d'apothéose en l'honneur de Voltaire, 1779 ; Jeanne de Naples, Les Brames, 1783, et Coriolan, 1784. Le sort de ces différents ouvrages ne fut pas le même à beaucoup près : Menzicoff; Jeanne de Naples et Coriolan furent les seuls qui eurent quelque succès. Les nombreux ennemis de l'auteur triomphaient déjà de tant de chutes ; mais Laharpe se vengea pleinement par Philoctèle, qui est, avec Warwick, son plus beau titre à la gloire dramatique. Soit que, soutenu par Sophocle, qu'il a plutôt traduit qu'imité, et que, se trouvant affranchi du soin d'inventer un plan et de créer des caractères, Laharpe pût s'attacher exclusivement à embellir et à épurer son style, avantage inappréciable pour un auteur chez qui l'imagination n'était pas la faculté la plus puissante; soit que son amour passionné pour les chefs-d'œuvre de la Grèce et de Rome lui fournit d'heureuses inspirations, il est certain que, dans cet ouvrage, il se plaça, du moins sous le rapport de la diction, à peu de distance des maîtres de l'art. Jeanne de Maples mérita le succès
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qu'elle obtint; les Brames no partiront quo pour justifier une plaisanterie du marquis do Bièvre. l'n ouvrage distingué par son exécution, quoique appartenant à un genre moins recpiumandabje, vint accroître encore la réputation de Laharpe. Ce fut Mélàhie, drame en 3 actes, qu'il composa eu 1770. On prétend qu'il en puisa le fonds dans une aventure affreuse el récente, el qu'il se plut à y retracer les vérins de son bienfaiteur, M. Léger, curé do Saint -André-dos -Arcs. Cette pièce, écrite, avec une élégance et une pureté peu communes, eut uw succès peu proportionné à son mérite, el reçut plusieurs ibis les applaudissements d'une assemblée qui écoulait avec enthousiasme les sentences philosophiques dont elle est remplie, et venait pleurer sur la triste aventure d'une jeune insensée, qui se donne la mort plutôt que d'entrer dans un couvent où s s parents veulent l'envoyer. Ce sujet, qui était en rapport avec la haine qu'inspiraient déjà les institutions religieuses à ceux qui les dé truisirent depuis avec tant d'inhumanité, fu» la cause principale de cet accueil trop favb rable. L'on ne voulut point voir combien il était inconvenant de mettre sur la scène l'in teneur d'un couvent, et des personnages tels qu'un pasteur vénérable et une jeune novice Laharpe lui-même l'a si bien senti depuis qu'un an avant sa mort il a retiré du théâtre cet ouvrage, qu'il regretta sincèrement d'à voir fait représenter. Les succès dramatique1 ne furent point les seuls que Laharpe su i obtenir. Il était entré dans la carrière de concours académiques, où la nature de sor talent semblait l'appeler particulièrement Les Eloges de Henri IV, de Racine et de Fé nelon accrurent sa réputation, et contribué rent éminemment à lui faire ouvrir les po<' ; tes de l'académie, où il fut reçu en 1776 après avoir été couronné huit fois par cottt compagnie. Peu de temps après, il publia sur une traduction littérale, faite par d'Hermilly, une traduction en prose poétique, de la Lusiade, quoique, dit-on, il ne sût point le portugais. Mais si sa version ne reproduit pas souvent la verve et l'éclat de l'original elle est au moins recommandable par la correction et la clarté , qualités caractéristiques du style de Laharpe. Cette traduction, accompagnée de notes et de la Vie du Camoëns, parut en 1776, Paris, 2 vol En 1780 il fit paraître son abrégé de VHis toire des voyages de l'abbé Prévost; volumi lieux recueil, où des observaiions précieuses et des faits du plus grand intérêt se trouvent le plus souvent confondus parmi dos détails minutieux. Quoique ce travail, fort étranger par sa nature aux occupations habituelles de Laharpe, ne pût ^,uère être, de sa part, qu'une spéculation de librairie, l'on ne peut nier que cet abrégé ne soit rédigé avec goût, et ne se fasse lire avec beaucoup d'intérêt. Il réduisit à 21 volumes in-8° les 'j3 volumes in-4-° de l'abbé Prévost. La tournure de son esprit lo portant à disserter, un attrait de prédilection le ramenait sans cesse vers l'épineuse profession de journaliste. Pendant
quarante ans, il enrichit divers journaux d'articles où régnent les principes conservateurs du bon goût, lorsqu'aucun motif de partialité no l'égaré. Ses remarques sont quolqu t'ois minutieuses, mais en général sa discussion annonce le véritable esprit d'analyse. Dans les morceaux qu il soigne sa dialectique est sûre et pressante ; à la clarté, à la précision, à la correction de son stylo, on reconnaît le disciple zélé de nos classiques,, Il remporta aussi des prix de vers ; ma s en général lo plus grand mérite de ses poésies, c'est la correction du style et la pureté du goûl ; il manqué presque toujours de feu, d'invention et de coloris : on trouve difficilement dans ses compositions poétiques une tirade de vingt vers di;ne d'être retenue ou citée. Laharpe avait travaillé pendant plusieurs années à la ré laction du Mercure: à l'époque où la révolution éclata, il coopéra do nouveau à ce recueil périodique, dans la partie littéraire duquel il se montra le défenseur enthousiaste des nouvelles idées. Attaché au Lycée, qui devint Y Athénée des arts, depuis 178l>, en qualité de professeur de littérature, il y improvisa ou lut des leçons qui ont été imprimées sous le tiire de Lycée ou Cours de littérature ancienne et moderne, ouvra^e souvent réimprimé, dans lequel on trouve beaucoup de pages excellentes ; il serait en tout un mo lèle de critique, si le professeur eût été plus fort rjana les études ;grecques, et aussi juste envers ses contemporains qu'envers ses devanciers ; si à. une connaissance plus grande des chefs-d'œuvre de la Grèce il eût pu ajouter l'oubli de quelques querelles ou rivalités anciennes. Cette production importante valut à son auteur le titre de Quintilien français. Apôtre zélé de l'école philosophique, il parut h son cours, le 3 décembre 1792, le bonnet rouge sur la tête et récita une hymne à la liberté. Tant de gages donnés à la révolution, soit par sa conduite, soit par son enseignement, soit par ses articles du Mercure, ne le sauvèrent point de la proscription : en 1794, il fut détenu plusieurs mois dans la prison du Luxembourg, C'est de cette époque que date sa conversion politique et religieuse. 11 nous apprend lui-même que sa conversion fut entièrement opérée, lorsque ouvrant au hasard ['Imitation de Jésus-Christ, il tomba sur ces paroles : « Me voici, mon tils, je viens à vous, « parce que vous m'avez invoqué. » Voyez Bellêcize. Pendant sa détention, il traduisit le Psautier, à la tète duquel il a mis un excellera Discours su» l'esprit des livres saints et le style des prophètes. Depuis ce temps, Laharpe fut un autre homme, et surtout un écrivain tout nouveau. Rendu à la liberté, ii ne craignit pas de donner à sa conversion la publicité qu'ex;g ait le scandale qu'il avait pu causer; et, bravant à la fois les sarcasmes d< s révolut.onnaires et des ph losophes , il donna dans .-es leçons publ ques des témoignages certains de son changement. En 1791), il fit paraître son Cours de littérature , dont nous avons déjà parlé , après lui avoir fait sub.r toutes les moditications convenables :
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1-4 tomes en 17 vol. in-8°. Dans ce m A me temps, Laharpc se- réunit avec MM. de Fontanes et de Vauxcelles pour rédiger un journal (Le Mémorial), où il attaqua sans relâche la domination du Directoire , et où il cherchait à ramener aux bonnes mœurs et aux saines doctrines un peuple déjà lassé des révolutions , et qui commençait à être honteux de ses excès. Sa franchise , et surtout un écrit qu'il fit paraître dans le mémo temps , intitulé : Du Fanatisme dans la langue révolutionnaire, plein d'une énergiëqu'on ne lui connaissait point encore , le fit coui- )rendre parmi les proscrits du 18 fructidor. "1 fut obligé de se cacher aux environs de *aris , d'où il fit paraître la Correspondance littéraire que, depuis 1774 jusqu'en 1791 , il avait entretenue avec le grand-duo de Russie. La sévérité avec laquelle la plupart des écrivains du temps s'y irouvent jugés lui valut des désagréments qu'il aurait pu s'épargner. Ses écrits et ses discours contre le parti philosophique , que semblait favoriser Bonaparte, lui attirèrent un ordre qui l'exilait à 25 lieues de Paris. Il obtint ensuite de regagner à Gorbcil la retraite dans laquelle il avait échappé aux marais infects du Sinaniary ; mais le dépérissement de sa santé lui fit bientôt accorder la permission de revenir à Paris. Dès ce moment , on reconnut en lui les efi'ets de la résignation chrétienne. Presque uniquement occupé des exercices de piété , il se prépara à païaître devant Dieu ; et , malgré les secours de l'art , il expira , le 11 février 1803 , dans sa 64e année. Fontanes , au nom de l'institut , fit entendre sur sa tombe les regrets de l'amitié, et en 1805, à l'ouverture de l'Athénée, M. de Chazet prononça son éloge. Outre les ouvrages de Laharpê, dont nous avons parlé, on lui doit encore : Mélanges littéraires , ou Epitres et pièces philosophiques, 1763 , in-1'2 ; Traduction de la vie des douze Césars , de Suéionc , avec des notes et des réflexions, 1770, 2 vol. in-8° : cet'e traiuction, généralement élégante, n'est pas toujours fidèle ; Discours de réception à l'académie française , 1776, in-4° ; Eloge de Voltaire , 1780, in-8° ; Eloge de Catinat, couronné en 1775 par l'académie française ; De la guerre déclarée par nos derniers tyrans à la raison, à la morale, aux lettrés et aux arts, 1796, in-8°; quelques pièces devers, dont plusieurs ont été couronnées, te les que la Délivrance de Salerne, le Portrait du sage , les Avantages de la paix, Conseils à un jeune poète, Brutus au Tasse, Tangu et Félimc, etc. ; Commentaires des tragédies de Racine , ouvrage posthume , Paris, 1807,7 vol. in-8°; Commentaires sur le théâtre de Voltaire, 1814, 1 vol. in-8" ; le Triomphe de la Religion , ou le Roi martyr, épopée en six chants, 1814. Cet ouvrage est au-dessous de la réputation de son auteur. Laharpe avait donné lui-même un choix de ses œu\ res , Paris , 1778, 6 vol. in-8'. Le Lycée, ou Cours de littérature, a été imprimé en 1813, 8 vol. in-12 , précédé de la Vie de l'auteur, par L.-S. Auger ; Ja même année à Toulouse en 12 vol. in-8° , suivi d'une Table analytique ai d'une JSoticc histo-
rique sur l'auteur; la même année à Paris en 16 vol, in-12, avec une Notice \m, M. Mèïy- Janin; en 1816, Lefèvre en a donné une édition en 15 vol. in-8°; en 1817, Verdie' -re la réimprimé en 5 vol. in-8° , avec une Notice par M. Villemve; Deterville et Lefèvre l'ont publié en 1818, 16 vol. in-8°. Nous citerons encore les éditions de Peignot, Dijon, 1820, 16 vol. in-12; de Verdière, avec une Notice, par M. Saint-Surin, 1821-1823, 16 vol. in-8° ; de M. Buchon, avec un Discours préliminaire; de M. Daunou, 1825-1826, 18 vol. in-8° ; des frères Baudouin (éd tion stéréotype ) , avec une Notice par M. Léon Thiessé, 1826-1829, 18 vol. in-8"; d'Emler, avoc Ja Notice de M. Saint-Surin , 1829 , 16 vol. in-S°; de Finnin Didot, 1847, 3 vol. grand ;n-8°, édition augm. d'un Tableau de la littérature du xw siiclc, par .V'M. Chasles et Saint-.\ïarc-C.irard n , et du Tableau de la littérature du xixe siècle, par dénier. Il a paru en 1818 un Nouveau supplément au Cours de littérature de Laharpe, 1 vol. in-8°, réimprimé en 1823. Ses OEuvrcs choisies et posthumes, Paris, c'iez Migneret , lt-OG , ont été publiées par M. Petitot, qui paraît s'être conformé aux intentions de l'auteur dans les retranchements qu'il a faits. Il y a inséré plusieurs productions inédites, au nombre desquelles sont les Fragments de l'apologie de la religion, ouvrage que Lahar. e avait entrepris, mais qu'il n'a pu terminer. Ces Fragments remplissent presque entièrement le dernier volume. On y remarque, outre la pureté et l'élégance ordinaires à l'auteur , une onction et une élévation qu'il avait puisées dans ses sentiments religieux et dans l'Ecriture sainte, qui a fait l'objet principal de ses lectures et de ses méditations sur la fin de sa vie. Son Théâtre a été imprimé en 1779 ; il en a été fait un choix qui a paru en 1816. Ses OEuvrcs complètes ont paru en 1820, 16 vol. in-8° , et ses OEuvrcs choisies, avec une Notice sur l'auteur par M. Fayol, en 1818. M. l'abbé Migne a reproduit les Fragments de l'Apologie de la Religion, dans le tome XIII de sa grande collection des Démonstrations évangéliques, 1843-49, 18 vol. in-4°.
LAÏMAN, ou LAY.MAN (Paul), jésuite, né à Inspruck en 1576, enseigna la philosophie, le droit canon et la théologie à Ingolstadt, à Munich et à Dillingen , et mourut à Con tance < « 1635, a 60 ans. On a de lui une Théologie morale, in-folio, en 5 parties, à Munich, 1625; elle est d'un grand usage nonseulement pour les théologiens , mais aussi pour les can nistes. On en a fait plusieurs éditions : celle de Paris, 1622, est estimée.
LAINAS. Voy. Laisxïî.
LAINEZ, ou plutôt LAVNEZ (Jacques), deuxième général des jésuites, né en 1512, à Almançario, bourg du diocèse de Siguenza enOstifle, contribua beaucoup a l'établissement de la société de Jésus. Deux ans après la moit de saint Ignace, dont il fut un des premiers compagnons , et lui succéda dans le généralat. Il assista au concile de Trente , comme théologien de Paul III , de
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Jules III et de Pie IV. Il s'y signala par son savoir, par son esprit, et surtout par son zèle contre les sectes de Lu lier et «le Calvin, et s'y fit tellement estimer, qu'ayanl la fièvre quarte, le-; congrégations des théologiens et des cardinaux ne se tenaient point les jours de sa fièvre. Lainez parla fortement contre l'usage, du calice, demandé pour les Allemands par le roi Ferdinand el le duc de Bavière , malgré les grandes obligations que la société naissante avait «à ces princes, persuadé que ces sortes de condescendances, au lieu de contenter les novateurs, ne font que les enhardir. Ce fut devant ce concile qu'il prononça la harangue célèbre dans laquelle il chercha à établir la prééminence du pape sur les autres évêques , ses délégués. Lainez vint en France a la suite du cardinal de Ferrare, légat de Pie IV, et y parut au colloque de Poissy, pour s'opposer aux prétentions des calvinistes. Ses premiers traits s'adressèrent à la reine Catherine de Médicis. Il eut le courage de lui montrer l'inutilité et le danger de ces sortes de disputes, qui semblent rendre la vérité problématique. Il disputa pourtant contre Bèze dans cette assemblée , et parla avec force contre les erreurs modernes. De retour à Rome , il refusa la pourpre , et mourut , en 15G5 , à 55 ans. Sa Vie , écrite en espagnol par le P. Ribadeneira , a été traduite en latin par André Schott, et en français par Michel d'Esne, seigneur de Rettancourt, Douai, 1597 , in-8°. On a de lui quelques ouvrages de théologie et de morale. Théophile Raynaud le fait auteur des Déclarations sur les constitutions des jésuites; et quelques écrivains lui attribuent les Constitutions mêmes ; mais c'est une erreur réfutée par les dates et les faits les plus incontestables. ( Voy. Ignace.) Ce que quelques auteurs ont écrit touchant les changements apportés par Lainez dans l'institut des jésuites est également fabuleux (1). Personne ne saisit mieux que lui l'esprit du fondateur, et ne s'appliqua avec plus d'ardeur à le conserver parmi ses enfants. On trouve la liste de ses ouvrages dans la bibliothèque de Sothwell.
LAIRSVELS (Servais), né à Soignies en Hainaut l'an 1560, abbé de Sainte-.Marie-aux- Rois, et réformateur de l'ordre de Prémontré, fit approuver sa réforme par Louis XIII, qui lui permit de l'introduire dans les monastères de son royaume, et par les papes Paul Vet Grégoire XV. L'abbé Lairsvels eut la consolation de voir revivre en France, comme en Lorraine, l'esprit de pauvreté, de charité, d'humilité et de mortification, qui anima les premiers disciples de saint Norbert. Il mourut à l'abbaye de Sainte-Marie-
(l)Les biographes qui lui ont imputé de s'être fait donner les pouvoirs les plus étendus pour lui et ses successeurs, tels que le généralat à perpétuité, le droit de passer toutes sortes de contrats sans délibération commune, celui d'interpréter de même, et de modifier les constitutions de l'ordre, ont été induits en erreur. Tout était arrangé avant Lainez, qui pouvait bien y avoir contribué, mais omme adjoint, et non comme général de la société.
aux-Bois en 1631, après avoir publié quelques ouvrages de piété, écrit* d'une manière diffuse : Statut de la réforme de l'ordre de Prémon/ré; Catéchisme des novices ; YOptique des réguliers dr Tordre des Augustins, etc.
LAIS ( Joskpii-M mue ), évêque de Ferentino. né à Rome le 2V mars 1*775, de parents originaires de Bavière, fit ses premières études chez les jésuites, subit ses examens de philosophie à l'université grégorienne, et s'appliqua «à l'étude des lois et d.* la théologie dans la grande univers lé delà Sapienza, où il fut reçu docteur en théologie et en droit civil et canoni pie. Il fut nommé vicaire généra] par le cardinal Galeffi, abbé commandalaire de Subiaco. Les événements politiques <le 1808 l'obligèrent de se retirer a Naples; il passa de là à F orence où il pub'.ia la premier* partie de son ouvrage : Deuniversa Christi Ecclesia, qui fut bien accueilli des théologiens et des savants. Le pape Pie VII nomma Lais, en 1817, évoque d Hippone in partibus, et après avoir é é sacré à Rome, il fut fa t administrateur du diocèse d'Anagni, qui ne relève que du pape. Promu à l'ëvêché de Ferentino en 1823, il continua d'administrer le diocèse d'Anagni. C'est alors que Lais termina l'ouvrage dont nous avons parlé, et qui fut publié à Rome, 1829, 1 vol. in-V\ Ce prélat mourut à Ferentino le 18 juillet 1836. Il avait demandé et obtenu depuis deux ans d'être déchargé des soins de l'administration épiscopale, à cause du dépérissement de sa santé.
LAISNE, ou LAINAS (Vincent), père de l'Oratoire de France, né à Lucques eu 1633, professa avec distinction, et fit des Conférences surlEcriture sainte à Avignon, à Paris et à Aix. Elles furent si applaudies, que dans cette dernière ville on fut obligé de dresser des échafauds dans l'église. Sa sanié avait été toujours fort délicate. On l'avait envoyé à Aix pour la rétablir; il y mourut en 1677, à ko ans. On a de lui les Oraisons funèbres du chancelier Séguier et du maréchal de Choiseul : les louanges y sont mesurées, et les endroits délicats maniés avec adresse. Son éloquence est à la fois fleurie et chrétienne; Des Conférences sur le concile de Trente imprimées à Lyon ; desConférenccs manuscrites, en 4 vol. in-fol.,sur l'Ecriture sainte. Un magistral d'Aix les conservait dans sa bibliothèque. Madame de Sévigné, dans une de ses lettres à sa fi le, parle avec beaucoup d'éloge du taîent oratoire de Laisné, qu'elle avait entendu débiter une de ses oraisons funèbres, et l'assimile à Mascaron, dont ce père éta t l'ami.
LAL ANE (Noël de), fameux docteur de Sorbonne, né à Paris, était abbé de Notre-Dame de Valcroissant. Il fut le chef des députés envo.és à Rome, en 1653, pour l'affaire de Jansénius, à la défense duquel il travailla toute sa vie. Ce fut lui qui [Ton nça devant Innocent X la harangue rapportée au chapitre 22 de la 6' parti • du Journal de Saint- Amour. On lui attribue plus de iO ouvrages différents sur ces matières, sur lesquelles l'autorité de l'Église eût dû lui donner des
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sentiments différents. Les principaux sont : De initio piœ voluntatis, 1650, in-12; La Grâce victorieuse, in-4°, sous le nom de Beaulieu : la plus ample édition est de lGiJG ; Conformité de Jansénius avec les thomistes sur le sujet des cinq propositions; Vindictes sancti Thomœ circa gratiam sufficientem, contre le P. Nicolaï, dominicain, avec Arnauld et Nicoie. Lalane mourut en 1073, à 55 ans. 11 eut part à plusieurs des écrits d'Arnauld et de Nicole. LALAUBIE (Louis-Henry-Guy Delolm de), médecin distingué d'Aurillac, et maire de cette ville, mort en 1829, étudia au collège Louis-le-Giand, et vint exercer la profession de médecin dans son pays. Pendant la révolution, il avait publié un opuscule sur la loi naturelle, duntquelqi.es passages attaquaient la révélation : peu de temps avant sa mort, le 3 novembre 1828, il rétracta cet ouvrage par un acte ainsi conçu : Dans le discours sur la religion naturelle, que j'ai publié pendant la révolution, je regrette beaucoup d'avoir ajouté à la fin tout ce que j'ai dit contre la révélation, particulièrement dans l'application que j'en faisais à la religion chrétienne. Il a paru à Aurillac, une Notice nécrologique sur Delolm Lalaubie, où celait
LALLEMANDET(Jean), théologien , né l'an 1595 à Besançon, se fît religieux dans l'ordre des Minimes, el fut envoyé en Allemagne oui! professa avec distinction la philosophie et la théologie. En 104-1, il fut élu provincial, et chargé de la surveillance des maisons de son ordre, établies dans la haute Allemagne, la Bohème et la Moravie. Le P. Lallemandet avait d'abord refusé par modestie Je doctorat que lui offrait l'université de Prague; mais il finit par accepter un uiplùme qui lui donnait le droit d'argumenter dans les concours publics réservé aux seuls gradués. Il mourut à Prague le 10 novembre 1047, âgé de 52 ans. Indépendamment de trois manuscrits : De Eucharistia; Elucidationes in institutiones juris civilis ; et Institut um juris canonici, on a de lui : Decisiones philosophicœ tribus partibus comprehensœ, Munich, 1045 et 164.0, in-folio; réimpr. sous le litre de Cursus philo sophicus, etc., Lyon, 105d, infolio; Cursus theologicus in quo, discussis hinc inde Thomistarum et Scotistarum prœcipuis fundamentis, decisiva sententia pronuntiatur, Lyon, 1050, in-fol. Ces deux ouvrages ont joui longtemps d'une grande célébrité en Allemagne.
LALLEMANT (Louis), jésuite, né à Châlons-sur-Marne en 1578, mort recteur à Bourges, en 1035, est auteur d'un Recueil de Maximes, qu'on trouve à la fin de sa Vie, publiée en 1094-, in-12, par le P. Champion, et qui a paru depuis sous le titre de Doctrine spirituelle; la dernière édition est d'Avignon, 1781. 11 y a d'excellentes ch.ses, fruits d'une grande expérience dansjes choses de Dieu; mais aussi quelques minuties, des mysticités un peu exotiques, et des assertions au moins i h c ià v t a i n p s
LALLEMANT (Pierre), chanoine régulier de Sainte-Geneviève, né à Beims vers 1022,
n'embrassa cet état qu'à l'âge de 33 ans. La chaire, la din clion et les œuvres de piété remplirent le cours de sa vie. Il la termina par une mort sainte en 1073, à 51 ans, après avoir été prieur de l'abbaye de Sainte-Geneviève et chancelier de l'université. Nous avons de lui : /e Testament spirituel, in-12; Les saints désirs de la mort, in-12 ; La mort des justes, in-12. Ces trois ouvrages sont entre les mains de toutes les personnes pieuses; Abrégé de la vie de sainte Geneviève, 1003, in-12, réimprimé en 1083, avec des notes du P. Dumoulinet, in-8° : elle manque de critique; Eloge funèbre de Pompone de Bellièvre, 1071, in-4°, prononcé à l'Hôtel- Dieu de Paris, le 17 avril 1057.
LALLEMANT (Jacques-Philippe), jésuite, né vers 1660 à Saint-Valery-sur-Somme , mourut à Paris en 1748. Il était un des plus zélés défenseurs de la constitution Unigenitus, et de l'autorité de l'Eglise. On a de lui : Le véritable Esprit des nouveaux disciples de saint Augustin, l"ï05 et 1707, 4- vol. in-12 ; tableau vrai à certains égards, mais quelquefois outré. Le sens propre et littéraire des Psaumes, en prose, in-12, et qui met dans un beau jour les sublimes cantiques du prophète roi. On en a fait une multitude d'éditions; et ce livre ne saurait être trop familier aux chrétiens; c'est le meilleur livre de prières qu'on puisse leur suggérer. Le P. Goldhagen a donné une paraphrase allemande sur ce modèle, Mayence, 1780, in-8°. Voy. David. Réflexions sur le nouveau Testament, 12 vol. in-12, qu'il opposa à celui de Quesnel. Si, comme l'ont pré.endu les gens de parti, il lui est inférieur pour les grâces du style, ce ..ésavanlage est bi n réparé par une exacte oithodoxie.il y a à la fin de chaquechapiti e de très-bonnes notes pour l'intelligence du sens littéral, par le P. Languedoc. Une Traduction de l'Imitation de Jésus-Christ, 1 vol. in-12. Plusieurs Ouvrages contre les léiractaires aux décisions de l'Église.
LALLOUETTE (Ambroise), chanoine de Samte-Opportut.e, né à Paris, vers 1653 , mort en 1724., à 71 ans, s'appliqua avec succès aux missions pour la réunion des protestants à l'Eglise romaine. On lui doit : des Traités sur la présence réelle, sur la communion sous une espèce, réunis en 1 vol. in-12 ; l'Histoire des traductions françaises de l'Ecriture sainte, 1692, in-12. L'auteur parle des changements que les protestants y ont faits en différents temps, et entre dans des détails curie. ix, mais quelquefois inexacts. La Vie d'Antoinette de Gondi, supérieure du Calvaire, in-12 ; la Vie du cardinal Le Camus, évéque de Grenoble, in-12. On lui attr.bue communément l' histoire et l'Abrégé des ouvrages latins, italiens et français pour et contre la comédie et l opéra, in-12.
LA LOBE (Gérard de), prêtre et docteur en théoiogie, n.tif do Beims, où il devint curé de Ja paroisse de Saint-Jacques, et où' il mourut vers 1620, se montra tort attaché au parti de Henri IV, du temps de la ligue. Cq monarque, passant plus tard à Beims, et ayant été informé qu'il avait été mis en pri-
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son |ioiir ses opinions politiques, manda Lalobe, et lui lémôîgha s'a reconnaissance par des offres dignes de sa générosité. « Sire, « répondit Lâïpbe, j'ai appris dans l'Évangile « ce que je devais :i V tic Majesté; je n'auu rais pu y manquer sans trahir Dieu et ma «conscience; puisque raâ conduite a pu « l'honneur de vous plaire, et que Notre Ma- « jestc veut bien m'en récompenser, ordon- « ne/. Sire, que je nuire dans ma cure, « c'est toute mon ambition. » Cette grâce, comme on le pense bien, lui t'nt aussitôt accordée. On a de lui un volume de Noëls el de Cantiques spirituels ijui se chantaient pendant l'office divin, ce quii l'archevêque Letelîier défendit par son ordonnance du .'50 août 1802. Lalobe était devenu aveugle dans les derniers temps de sa vie.
LALL'ZEBNE (cardinal or.). Yoy. Luzerne.
LAMARK ( i ni. u r: de), né i an IGGi- à Paris, fut curé de Saint-Benoit, puis chanoine de Notre Dame, et mourut en 17V7, laissant plusieurs ouvrages estimés. On cite surtout ses Epitrts et Evangiles pour les dimanches et Jetés, avec de courtes réflexions, imprimé en 171V, en 1 vol. in-8°, et qui a eu un trèsgrand nombre d'éditions.
LAM AU H Jean-Françoisde).F.Delamare.
LAMBERT (saint), né vers l'an 640, évoque de Maëstriiht, sa patrie, succéda, vers 670, à Théodoret son maître, et fut c assé de son siège après la mort de Childéric II, rpi d'Austrasie, l'an 07'+, par le barbare Ebroin, qui mourut sept ans après. Lambert, qui s'était réfugié dans le monastère de Sta> elo, fut rétabli sur le trône épiscopal par Pépin d'Héristal l'an 681. Il convertit un grand nombre d'inlidèles de la Toxandrie , adoucit leur i'é- ; ocilé, et fut tué en 709 par Dodon (suivant les Bollandisles, et en 696 ou 6b7, selon d'autres), à cause Ue la liberté avec laquelle il reprit Pépin d'Héristal , qui menait une vie scandaleuse avec Alpaïs. Dodon était parent de cette concubine. D'autres attiibucnt sa mon à une cause différente ; ils prétendent que deux neveux del'évèque ayant assassiné deux frères de Dodon, ci lui-ci se vengea par co meurtre d'un crime auquel cependant Lambert était étranger. Son martyre arriva à Liège, qui n'était qu'un petit village, et qui devint par cet événement une ville considérable, la dévotion des fidèles y ayant attiré beaucoup de peuple. Saint Hubert fut son successeur. La Bibliothèque historigue de France, t. 1er, n° 87i6-8760, indique 14 Vies de ce prélat. — Il y a eu deux autres saints du nom de Lambert , l'un archevêque de Lyon, mort en 6(38; l'autre évoque de Veuce, mort en 1 114. Voy. la Vie des saints.
LA MBEIUd'ASCHAFFENBOLRC, célèbre bénédictin de l'abbaye d'Hirchfelden , en Î058, entreprit le voyage de Jérusalem. De retour en Europe, il composa une Chronique depuis Adam jusqu'en 1077. Cette chronique n'est qu'un mauvais abrégé jusqu'à Tan 1050; mais depuis 1050 jusqu'en 1077, c'est une histoire d'Allemagne d'une juste étendue. Ce monument fut imprimé à Bàle en 1069, in-fol., avec celui de Conrad de
Lichtenau, et dans le premier volume des Ecrivains d'Allemagnedw Pistorfus. Un moine d'Erfurt en a donné une continuation jusqu'il l'an 1V72 , mais elle est peu estimée. Celte continuation se trouve aussi dans lo liittiril de Plstorius.
LAMBERT, évoque d'Arias, né à (iuines, se distingua tellement par la prédication pendant qu'il était chanoine de Lille, que les Artésiens, désirant séparer leur église de celle de Cambrai, à laquelle elle était unie depuis 500 ans, l'élurent pour leur évoque en 1112. Urbain 11 confirma ce le élection, et sacra le nouvel évèque à Rome, malgré les oppositions des Cambra siens. Lambert assista à quelques conciles, et mourut en 1 1 15. 11 fut enterré dans sa cathédrale, où on lui mit une épitapHe qui annonce, que « la sainte « vierge était apparue à Lambert, et lui « avait donné un cierge qui avait Ja vertu « de guérir du mal des ardents, alors si corn- « muti eti France. » On a, dans h'sMisceUa* nea de Baluze, un Recueil de chartes et de lettres concernant l'ëvêché d'Arras, et qui est attribué à Lambert.
LAMBERT, surnommé Begh ou le Bègue, à Causedela diflicullé desa prononciation, mourut l'an 1177, à son retour de Rome, où Raoul, évêque de Liège, l'avait envoyé. Ce fut lui qui institua les béguines des Pays-Bas; établissement lort répandu dans ces provinces, et qui est de la plus grande utilité à Ja religion et à la société, en assurant à une multitude de filles les moyens de vivre vertueusement, sans leur ôter la liberté de rentrer dans le inonde. Plusieurs auteurs attribuent l'institution des béguines à sainic Bègue; on peut voir les raisons de cette attribution dans la Diplomat. belgicàdé Foppens, tum. II, pag. 9Ï8.
LAMBERT (François), cordelier d'Avignon, où il naquit en 1487, quitta son couvent en 1522 pour prêcher le luthéranisme, et surtout pour avoir une femme. Luiher en fit son apôtre dans la Suisse et en Allemagne, et lui procura la place de premier professeur de théologie à Marpurg. Il y mouiut de la peste en 1530 , après avoir publié: deux Écrits, l'un pour justifier son a; ostasie, et l'autre pour décrier son ordre, 1523, in-b". Le premier a été réimprimé avec plusieursdesesLc^resetde ses Questions théologiques; dans les Amœnitates litteraricedë Selhorn; des Commentaires sur saint Luc, sur le mariage, sur le Cantique des cantiques, sur les petits Prophètes et l'Apocalypse, in-8°; un Traité renfermant plusieurs discussions théologiques, sous le titre assez juste de Farrago, in-8u. Ce moine apostat se déguisa longtemps sous le nom de J ohannes Serranus, Jean de Serre-. Ses écrits sont aussi bouffis d'emportement que vides de raison. 11 était contemporain uu trop fameux Zwingle, avec lequel il eut plusieurs conférences sur divers points de doctrine. La liste de ses ouvrages est dans le tome xxxixdes Mémoires de Nicéron.
LAMBERT (Joseph) , fils d'un maitre des comptes, né à Paris en 1654, prit le bonnet de docteur de Sorbonne, et obtint le prieuré de Palaiseau,près de Paris. L'église de Saint-
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André-des-Arcs , sa paroisse, retentit longtemps de sa Voix duucc et éloquente. Il eut le bonheur de convertir plusieurs calvinistes et plusieurs pécheurs endurcis. Il don. /a tant à Paris qu'à Amiens des conférence.', qui ont été imprimées. Sa charité pour les pauvres allait jusqu'à l'héroïsme. Il mourut le 31 janvier 1722, à 08 ans. Ce fut à la réquisition de ce saint homme, que la Sornonne fit une déclaration qui rend nulles les thèses de ceux qui s'y seraient nommés titulaires de plusieurs bénélices. On a de lui : L'Année évangéiique, ou Homélies, 7 vol. in- 12, 169*2-1095, et en 8 vol., 1740. Son éloquence est véritablement chrétienne , simple, douce et toi chante. Tous ses ouvrages sonf. marqués au même coin, et l'on ne peut trop les recommander à ceux qui sont obligés par étac d'instruire le peuple. Si le style en est négligé, on doit faire attention qu'il écrivait pour l'instruction des gens de la campagne, et non pour les courtisans. Des Conférences , en 2 vol. in-12, sous le titre de Discours sur la vie ecclésiastique, 1702, 2 vul.: ce sont les conférences faites à Amnns et à Paris; Epîtres et évangiles de Vannée, avec des réflexions, 1713, 1 vol. in- 12; cet ouvrage a été réimprimé en 2 parties en 1831, et c aque partie a deux, volumes in-12; Les Ordinations des saints, 17i7, in-12; La manière de bien instruire les pauvres, 1717, in-12; Histoires choisies de l'Ancien et du Nouveau Testament, 1 vol. in-12: recueil utile aux catéchistes; Le chrétien instruit des mystères de la religion et des vérités de la morale, 17-29; Instructions courtes et familières pour tous les dimanches et principales fêtes de tannée, en faveur des pauvres, et particulièrement des gens de la campagne, 1721; Instructions sur le Symbole,*! vol. in-12, réimpr. en 1831, 3 vol. in-12; — sur les Commandements de Dieu et de l'Eglise , 2 vol. in-12; deux Lettres sur la pluralité des bénéfices, contre l'abbé Boileau.
LAMBERT (Jacques), jésuite, né l'an 1003 à Màcon, enseigna d'abord la rhétorique et Ja philosophie, pu,s s'appliqua <u min. stère de la chaire, et se fit une giande réputation dans les missio. s du midi de la Fiance. 11 fut successivement recteur du collège de Cârpentrâs, et de celui de Vienne, et in..urut le c>l déc. 1070, uans cette dernière ville. On a de lui : La philosophie des gens de cour, imprimée d'abo.d in-iu; réimpr. avec des additions, Lyon, 1630,4 vol.iu-8"; La science morale des saints, ib.d., 1062, h vol. in-8"; La science d'une cime consacrée en l'honneur de la B. Vierge, i-bid., 1663, in-i°; La science de la raison chrétienne, ou Logique chrétienne, ib^d . , 1669, in-8°; De la maternité divine et de ses prérogatives,Yienue,liîiO, in-12. — On a d'un autre Jacques Lamjekt, auss; jésuite, quf mourut à Paris le z4 mai 16/ 0, à 50 ans, après y avoir été longtemps chargé de la direction de la maison professe : Le trésor de la communion générale, et le Bon Pasteur.. Ces deux ouvrages ascétiques furent imprimés en 1003, in-12.
LAMBERT (Bernard], religieux domini-
cain, né l'an 1738 à Salernes en Provence, prononça ses vœux dans le couvent de Saint- Maximiu, dont les religieux étaient alors interdits pour cause de jansénisme; il prit l'esprit et les principes de la maison, et en soutint la doctrine dans des thèses publiques. Lorsqu'cnsuite il devint professeur du couvent de Limoges , il l'enseigna dans ses leçons. Une thèse qu'il y fit soutenir, le 14 août 1765, fut mise à l'index le 18 février 1700. 11 tint la môme conduite à. Grenoble, où il enseigna aussi la théologie. M. de Montazet, archevêque de Lyon, l'y appela, le mit dans son conseil, et en Ut son théologien. 11 quitta néanmoins ce prélat pour venir s'établir à P.iris. Ses principes étaient trop opposés à ceux de M. de Beaumont pour qu'il l'y souffrit volontiers. Quelques évêques néanmoins intervinrent en sa faveur, et promirent qu'il n'écrirait plus que contre les philosophes et les incrédules; à cette condition, qu'il ne viola point pendant la vie du ferme et pieux archevêque, il lui fut permis de se rendre dans un couvent de la capitale. Il est auteur de beaucoup d'ouvrag s. On a de lui : L'Idée de l'œuvre des secours selon les sentiments de ses véritables défenseurs, Paris, 1780, in-i°. Le P. Lambert y préconise les convulsions; il le fit encore dans l'Avertissement aux fidèles, etc., et dans l'Exposition des prédictions, etc. ; Recueil de passages sur l'avènement intermédiaire de Jésus-Christ, soumis à l'éditeur du Discours de M. l'évêquede Lcscar (le Noé), sur l'état futur de l'Eglise, Pans, 1785, in-12 ; Adresse des dominicains de la rue du Bac> à l'Assemblée nationale, 1789; Lettre de M.***, à M. l'abbé A. (Asseline), censeur et approbateur du libelle intitulé : Discours à lire au conseil, etc., sus date, 1787; Adresse des dominicains de la rue Saint-Jacques, à l'Assemblée nationale, 1789; Apologie de l'état religieux, in-12; Mémoire sur le projet de détruire les corps religieux, 1789, in-8°; Mandement et instruction pastorale de M. l'évêque de Saint- Claude, pour annoncer le terme du synode, et rappeler aux pasteurs les premiers devoirs envers la religion, 1790, in-4° et in-8° ; Avis aux fidèles, ou Principes propres à diriger leurs sentiments et leur conduite dans les circonstances présentes, Paris, 1791, in-8"; Préservatif contre le schisme (de Larrière), convaincu de graves erreurs, 1791, in-8n; l'Autorité de l'Eglise et de ses ministres, défendue contre l'ouvrage de M. Larrière intitulé : Suite du préservatif contre le schisme, ou Nouveau développement d<s principes qui y sont établis, 1792, in-8° ; Avertissement aux fidèles sur les signes qui annoncent que tout se dispose pour le retour d'Israël et l'exécution des menaces faites aux gentils apostats, Paris, 1793, in-8"; Devoirs du chrétien envers la puissance publique, ou Principes propres à diriger les sentiments et la conduite des gens de bien, au milieu des révolutions qui agitent les empires, Paris, 1793, in-8°; Réflexions sur la fl'te du 21 janvier, in-8° de trente-deux pages ; Réflcxioûs sur le serment de la liberté et de l'égalité, 1793, in-8" ; Apo <
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logis de la religion chrétienne et catholique, contre les blasphèmes et les calomnies de ses ennemis, Paris, 2' édition, 17'lli, in-8"; Cinq lettres aux ministres de la ci-devant église constitutionnelle, 1795 et 1790, in-8" ; La vérité et la sainteté du christianisme, vengées contre les erreurs du livre intitulé : Origine de tous les cultes par Dupais, 1796, iu-8" ; Truite dogmatique et moral de la justice chrétienne, 1798, in-12; Essai sur la jurisprudence universelle, 1799, in-12; Lettre à l'auteur de deux opuscules intitulés, l'un, Avis aux lidèlos sur le schisme dont la France est memicée; Vautre, Supplément à l'avis aux fidèles, in-8°. Cet auteur est le P. Minard, doctrinaire, partisan de la constitution civile du clergé. Remontrances au gouvernement français, sur la nécessité et les avantages d'une religion nationale, 1801, in-8°; Manuel du simple fidèle, où on lui remet sous les yeux, 1° la certitude et l'excellence de la religion chrétienne, 2" les titres et prérogatives de l'Eglise catholique, 3° les voies sûres qui mènent à la véritable justice, 1803, 1 vol. in-8°; quatre Lettres d'un théologien à M. l'évéque de Nantes (Duvoisin), 1805. On y a fait deux réponses qui se trouvent d ins le tome IV des Annales littéraires. La pureté du dogme et de la morale vengée contre les erreurs d'un anonyme (l'abbé Lasausse, dans son Explication du catéchisme), par M. P. T., Paris, 1808 ; La Vérité et l'Innocence vengées contre les erreurs et les calomnies des Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, pendant le xvuic siècle, 1811, in-8°. 11 publia quelques autres écrits sur la même matière dans une controverse entre lui et Reynaud , curé de Vaux , diocèse d'Auxerre ; Traité contre les philanthropes; Cours d'instructions sur toute la religion. Ces deux d rniers ouvrages sont restés manuscrits. Il avait fourni les matériaux de l'Instruction pastorale contre l'incrédulité, publiée parM.de Montazet en 1776. Cesouvrages ont été publiés sous le voile delanonyme; on en trouve la liste dans le Dictionnaire de M. Barbier. Lambert mourut à Paris le 27 février 1813, âgé de 75 ans. Le P. Lambert était un théologien de mérite. Si parmi ses o.ivrages il s'en trouve qui contiennent une doctrine repréhensible, et parmi ceux-là il faut compter non-seulement ceux qu'il a composés en faveur du parti auquel il s'était attaché, et dans lesquels il essaie de justifier une résistance coupable aux décisions du chef de l'Eglise, mais encore ceux où il renouvelle les erreurs du mdlénarisme, il en est d'autres dont le but est louable : tels sont ceux où il combat l'Eglise constitutionnelle et l'incrédulité, ceux où il défend l'état religieux, etc. 11 est malheureux qu'on puisse lui reprocher d'avoir fait revivre d'anciennes erreurs, et d'en avoir soutenu de nouvelles; d'avoir manqué de respect envers des ecclésiastiques constitués en dignité, d'avoir fait l'apologie des folies du secourisme, lorsqu'elles étaient méprisées et rejetées parles plus raisonnables de ceux avec qui il faisait cause commune. C'était, au reste, un religieux attaché à sa profession, et qui en remplissait
les devoirs, même après que la persécution révolutionnaire eut dispersé ses confrères. LAMBERT (Louis-Amable-victor) , vicaire général du diocèse de Poitiers, né l'an 17(5G a Cherbourg, se rendit à Paris après avoir fait ses éludes dans sa ville natale, et fut précepteur des fils de M. de Juigné, frère de l'archevêque. Au commencement de la révolution il émigra avec cette famille, et pendant son séjour en Allemagne, il entra dans la congrégation des Pères de la Foi. Le P. Lambert s'adonna à la prédication avec beaucoup île succès. Le dévouement et le zèle qu'il montra auprès des prisonniers de guerre de toutes les nations, et particulièrement des Français, le courage avec lequel il affrontait les maladies contagieuses qui les décimaient, lui attirèrent le respect et l'admiration de tous. Il revint en France vers 1802, et par son talent dans la prédication il contribua beaucoup à ranimer les croyances religieuses. La congrégation des Pères delà Foi s'étnnt trouvée dissoute p;»r suite du rétablissement de l'ordre des jésuites, Lambert s'attacha au diocèse de Poitiers, où il fut nommé chanoine, puis placé à la tête d'une mission, et enfin grand vicaire en 1820. Louis XV11I, en présence de qui il prêcha, le nomma son prédicateur ordinaire. A cette époque le hasard lui ayant fait rencontrer deux soldats qui se battaient, il se jeta entre leurs sabres, et parvint à les réconcilier. Il mourut en 1831, laissant : Oraison funèbre de Louis XVIII, prononcée dans la cathédrale de Poitiers le 24 septembre 1824, Poitiers, 1824 ; Oraison funèbre de Charles-François d'Aviau du Bois de Sanzay, archevêque de Bordeaux, Poitiers, 1827, in-8" ; Oraison funèbre de MM. de Larochejaquelein, généraux en chef de l'armée vendéenne, prononcée à Saint-Aubin de Beaubigné le 28 juillet 1828, en présence de S. A. R. Madame la duchesse de Berry, Poitiers, 1828, in-8° ; La Providence, discours prononcé dans l'église métropolitaine de Saint-Etienne, Toulouse, 1828, in-8° ; Puissance de la Croix, discours prononcé à Migné, le jour anniversaire de l'apparition de la Croix, Poitiers, 1828, in-8°; Triomphe de la Croix, discours prononcé dans l'église de Saint-Etienne le 23 mars 1828, Toulouse, 1828, in-8°.
LAMBERT (l'abbé Pierre-Thomas), né à Lons-le-Saunier en 1751, entra dans la congrégation des missionnaires de Saint-Joseph à Lyon, d'où il passa dans celle du Mont- Valérien. M. de Beauvais, ancien évêque de Sénez, lui confia la rédaction de VOrator sacer, ouvrage destiné à former des orateurs pour la chaire sacrée, et M. de Juigné, qui l'employa souvent dans les affaires de son diocèse, le fit choisir pour confesseur du duc de Penthièvre en 1790. Il fut ensuite aumônier de la duchesse d'Orléans. Sous la révolution, il fut persécuté et emprisonné, émigra après s'être évadé de prison, et eut la douleur de perdre tous ses manuscrits, qu'un ami, à qui il les avait confiés, avait jetés au feu dans la crainte d'une visi;e domiciliaire. Ce qu'il regrettait le plus, c'était