‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 223 sur 323 · LAM LAM · texte numérisé non relu

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avec son Orator sacer, dont il avait rassem- publia plusieurs ouvrages dont les titres blé presque tous les matériaux, une traduc- suivent : Eloge de l'impératrice Marie-Thétion entière de la Bible d'après la Vulgate. rèse, Bruxelles ; Table raisonnée des matières Après la journée du 18 fructidor, il émigra contenues dans l'esprit des journaux depuis pour la seconde fois, et fut admis en au- 177*2 jusqu'en 178V inclusivement, Paris et dience particulière auprès de Louis XVIII, à Liège, sans date, k vol. in-12; Notice de Mittau. Il alla reprendre ses fonctions d'au- quelques manuscrits qui concernent l'histoire mônier auprès de madame d'Orléans en Es- de la Belgique, et qui se trouvent dans la bipagne, et mourut en 1802 à Sirin ou à Fi- bliothèquc publique de Berne, i sérée dans le guières, pendant qu'il s'occupait de revoir tom. V, 2e partie, des Mémoires de l'acadéles mémoires de sa vie. Cet ouvrage a paru mie de Bruxelles, p. 252-203. L'abbé Lamsous le titre de Mémoires historiques, litté- binct rédigea cette notice avec le secours raires et religieux, Paris, 1822, in-8°. de M. de Wilhelmi, bibliothécaire de Berne; LAMBERT (l'abbé N.), était au commen- elle fut lue à l'académie de Bruxelles, le 12 cément de la révolution secrétaire de M. de oc'obre 1780. Becherches historiques et litté- Juigné, archevêque de P.iris, qu'il suivit raires sur V origine de l'imprimerie, particudans son émigration en Allemagne. 11 se lièrement sur ses premiers établissements, au rendit de là en Angleterre, d'où il faisait pas- xve siècle, dans la Belgique, Bruxelles, an VII ser des secours au prélat qui avait perdu (1798, in-8°), réimprimées à Paris en 18 !0, son patrimoine aussi bien que ses revenus sous ce titre : Origine de V imprimerie, d'aecclésiaétiques. De retour en France en près les titres authentiques , l'opinion de 1802, l'abbé Lambert devint secrétaire de M. Daunou et celle de M. Van-Praè't, 2 vol. M. de Faudoas, évêque deMeaux, qui le lit in-8°. La première édition fut vivement crisuccessivement chanoine et grand-vicaire, tiquée par M. de La Serna Santander, dans Après la démission de ce prélat, en 1821, il le Dictionnaire bibliogr. du xve siècle , part, se retira à Paris, et publia une Vie de M. de 1", p. 388 et 389 ; Remarques bibliographiques Juigné, 1821, in-8° ; 2e édition revue et et critiques sur une édition latine de l'Imitaaugm., 1823, in-8°. L'abbé Lambert mourut tion de Jésus-Christ, donnée par Beauzée de à Paris le 11 juin 1830. Il avait publié à l'académie française, chez Barbou, 1788, et Londres, en 1800, une Lettre à M. l'abbé sur plusieurs éditions du même livre, insérées Barruel, au sujet de l'opinion de M. de Jui- dans le Journal des curés, 25 et 27 août gné sur la promesse de fidélité. 18U9, n. 117 et 119. A cet ouvrage, M. Gence LAMBERTI (le P. Archange) , religieux opposa, dans le même journal, un écrit in théatin et missionnaire, né, dans le xvn'siè- titulé : Défense de l'édition latine de l'Imitacle, à Aversa dans le royaume de Naples, tion, donnée par Beauzée. U y prouve que la exerça son zèle apostolique dans la Min- prétendue édition de Beauzée, attaquée par grélie. Il parcourut dans tous les sens cette Lambinet, n'est autre chose que celle de belle province, et publia : Relazione délia Valart, revêtue du frontispice de l'édition Colchide, oggi detta Mengrellia, Naples, 1654, de l'académicien. L'abbé Lambinet a revu et in-4°, ouvrage qui est devenu rare, et dont augmenté la Notice des éditions de l'imitaon trouve une traduction française dans le tion, publiée par le P. Desbillons. lia donné Recueil des Voyages de Melch. ïhévenot , lui-même une édition stéréotype de ce livre tome I", p. 31-52. célèbre, et a pris part aux disputes élevées LAMBINET (Pierre) , bibliographe, suc- sur son auteur, qu'il prétend être A-Kemcessivement jésuite, prémontré et prêtre se- pis, contre l'opinion de M. Gence. La lutte culier, naquit en 17*2, à Tournes, village qu'il eut à soutenir à cet égard avecdecélèprès de Mézières (Ardennes). Il fit ses étu- bres adversaires altéra, dit-on, sa santé. Il des chez les jésuites, et entra dans leur so- fut frappé d'un coup d'apoplexie et mourut piété à Pont-à-Mousson, à l'âge de 15 ans ; le 10 décembre 1813. L'institut a donné des il y resta jusqu'à sa suppression. Rendu au éloges à ses connaissances, et des savants monde, il y passa quelques années, après l'ont mis au nombre de ceux qui ont bien quoi il se présenta à l'abbaye de Lavaldieu, mérité de la bibliographie, ordre de Prémontré, pour en embrasser l'in- LAMRRUSCHiNI (Jean-Baptiste), évêque stitut. Il y prit l'habit de l'ordre, et alla faire d'Orviète, né le 28 octobre 1755, à Sestriprofession à l'abbaye de Villers-Colterets. di-Levante, dans le diocèse de Brugnato, fît II' quitta cette maison et 1 habit religieux, ses études chez les jésuites de Gênes. Il ocsinon de l'aveu formel de ses supérieurs, au cupa la chaire de théologie dans le séraimoins sans qu'ils s'y opposassent, et se ren- naire de cette ville, et sut prémunir les jeudit à Bruxelles, où il fit l'éducation des deux nés gens qui suivaient ses cours contre les fils du duc de Croquenbourg. Après l'avoir séductions de quelques théologiens novafinie, il s'adressa à Rome pour obtenir un teurs. Lors de la révolution de Gênes, en bref de sécularisation, qui lui fut accordé, 1797, Lambruschini fut arrêté avec plusieurs sur le consentement de l'abbé de Prémon- autres personnages de distinction. Renfeimé tré. L'abbé Lambinet s'était toujours occupé dans la forteresse de Savone, il ne recouvra de belles-lettres , et principalement de re- la liberté qu'à la condition de ne point rencherc-hes bibliographiques. 11 avait visité un trer à Gênes. Il y revint cependant, lorsque grand nombre de bibliothèques, et entre- les alliés obtinrent des avantages sur les pris des voyages pour étendre ses connais- Français, et fut nommé grand-Yicaire en 1799 sances sur cette partae de la littérature. Il Obligé de fuir une seconde fois, il se réfu-

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gia h Rome, où lo pape l'accueillit avec honn m- et le nomma évoque d'Azoth in partihus, puis administrateui apostolique du diocèse d'Ôrviète, enfin évoque de ee siège on (807. Il se rendit au milieu de ses dioi ésalns : m.iis n'ayant pas voulu prêter le serment exigé par lo gouvernement français, il fut o x 1 1 . ■ drabord a Turin, puis à Bourg, et cnlin a Holloy, où il resta Jusqu'en 181V. Do retour dans son diocèse, Lambruschini s'appliqua •» y faire refleurir la religion et à réparer les maux de l'invasion étrangère. 11 fonda plusieurs écoles , entre autres une

maison des frères des écoles chrétiennes, et dix couvents do religieux des deux sexes s'élevèrent en peu de temps sous ses auspices. 11 fut emporté le 24 novembre 1-827 par Uine attaque d'apoplexie. Entre autres ouvrages, on cite de lui : Thcologica dogmnta, Gènes, 1788, in-Y°, qui embrasse en 33 articles toute la théologie dogmatique ; un Abrégé de théologie, en latin, sur la grâce, Gênes, 1789, in-8°; un Discours prononcé en 180V a l'académie de la religion catholique, dont il fut un des premiers membres; La Guide spirituelle pour l'usage d'Orviètc , Home, 1823, in-12.

LAMECH, do la race de Cain, tils de Mathusaël, père de Jabel, de Jubal, de Tulbacajn et de Noèma, est célèbre dans l'Ecriture par la polygamie, dont ou le croit le premier auteur. 11 épousa Ada cl Sella. Un ion- Lamech dit à ses femmes : « Ecoutez- « moi, femmes de La.nech ! J'ai tué un lioin- « me pour ma blessure, et un jeune homme « pour ma meurtrissure. On tirera vengeance « sept fois du meurtrier de Caïn, et soixante- « dix-fois de Lamech (Genèse, iv). » Ces pâçoles renferment une obscurité impénétrabl • ; on n'a pu les expliquer que par des conjectures, parce qu'on n'est point instruit, de tout le détail des choses qui se passèrent dans ces premiers temps du monde. 11 paraît cependant qu'une partie de ce discours regarde Gain, qu'on croit avoir été tué par Lamech, et dont le meurtrier devait èt.e puni au septuple, comme il est dit au chapitre iv de la Genèse. Ce qu'on peut conclure en général, c'est que Lamech était un homme, violent et emporté, dont Dieu a puni la brutale colère, et que la divine justice aggravait le châtiment de l'homicide par une sévérité croissante, à mesure que cette barbarie atroce gagnait parmi les enfants des hommes. Dom Calmet et le continuateur de Bullet ont travaillé à éclaircir ce passage de l'écriture sainte, et à résoudre les difficultés qu'il a fait naître,

LAMECH, fds de Mathusalem , père de Noé, qu'd eut à l'âge de 182 ans; après la naissance de son fils, il en vécut encore 575. Ainsi tout le temps de sa vie fut de 757 an-. 11 mourut la cinquième année avant le déluge, l'an du monde 1651.

LA.S1ET (Adrien-Augustin de Bussy de), d'une famille illustre de Picardie, né dans le Beauvaisis, vers l'an 1621, reçut le bonnet de docteur de Sorbonne on 1650, après avoir fait éclater, pendant le cours de sa licence.

autant de lumières que de vertus. Le cardinal de Retz, son parent, l'attira auprès de lui. De Lamet le suivit dans sa prospérité et dans ses disgrâces, on Angleterre, en Hollande, en Italie. Cette vie errante lui déplut enfin; il revint à Paris, et se livra, dans la maison de Sorbonne, lieu de sa retraite, à l'élude, à la prière, à l'éducation d'un grand

nombre de pauvres écoliers, et 8,1a direction de plusieurs maisons religieuses. Son ardente charité le fit choisir pour exhorter à la mort ceux qui étaient condamnés au dernier supplice. Il mourut au milieu de ces bonnes œuvres, en 1691, à 70 ans. On a imprimé après sa mort, en 1721, 1 vol. in-8°, qui renferme ses résolutions et celles de Fromageau. L'auteur avait été associé à Sainte- Beuve, son ami, dans la résolution dos cas do conscience: les fruits de leur travail, et de quelques autres casuistes, ont été recueillis en 1732, dans un Dictionnaire en 2 vol. in-fol., que l'on joint d'ordinaire aux 3 vol. de Pontas.

LAM1 (dom François), bénédictin, né à Montreau, village du diocèse de Chartres, l'an 1636, de parents nobles, porta d'abord les armes, qu'il quitta ensuite pour entrer dans la congrégation de Saint-Maur. Il y fit profession en 1659, et mourut à Saint-Denis le h avril 1711. Il fut infiniment regretté, tant pour les lumières de son esprit que pour la bonté (\c son cœur, lacaud ur de son caractère, et la pureté de ses mœurs. Les ouvrages dont il a enrichi le public portent l'empreinte de ces diBférentes qualités. On en peut voirlaliste dans \diBibiiotli''quedos auteurs de la congrégation de Saint-Maur, par dom Tassin. Les principaux sont : un traité estimé, De la connaissance de soi-même, Paris, 1604- 1693, 6 vol. in-12, dont la plus ample édition est celle de 1700. Celui d'Abbadie, sur le môme sujet, semble être plus profonde-; ment pensé ; Nouvel athéisme renversé, Paris, 1696, in-12, contre Spinosa : ouvrage assez faillie, et où l'auteur n'assure point à ses raisonnements le triomphe éclatant que les absurdités de Spinosa rendaient bien facile; Les gémissements de rame sous la tyrannie du corps, Paris, 1701, in-12; Lettres philosopha mies, sur divers sujets, Paris, 1703, in-12; Les premiers éléments, ou Entrée aux connaissances solides, suivi d'un Essai de logi- Îue en forme de dialogue, Paris, 1706, in-12; 'incrédule amené à la religion par la raison, ou Entretien sur Vaccord de la raison et de la foi, Paris, 1710, in-12 : livre estimé et peu commun ; De la connaissance de l'amour de Dieu, Paris, 1712, in-12, ouvrage posihume ; Réfutation du système de la grâce universelle, de Nicole; Réflexions sur le traité de la prière publique, de Duguet; un petit traité de physique, fort curieux, sous ce titre : Conjectures sur divers effets du tonnerre, 1689, in-12 ; Les leçons de la sagesse sur l'engagement au service de Dieu. Paris, 1703, in- 12 ; La Rhétorique du collège trahie par son apologiste, in-12, contre Gibert. Le sujet de la querelle était la question : « si la connais- « sance du mouvement des esprits animaux

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x dans chaque passion est d'un grand poids « à l'orateur pour exciter celles qu'il veut « dans le discours. » Le professeur Pourchot avait soutenu l'affirmative ; le bénédictin la soutint avec lui contre le professeur de rhétorique. Il paraît cependant que tout ce qui est l'effet de telles spéculations est naturellement faible pour convaincre et toucher. Le P. Lami brillait surtout dans la dispute. 11 en eut une assez sérieuse au monastère de la Tra ipe avec le célèbre abbé de Rancé, au sujet des études monastiques, et devant un auditoire nombreux et choisi.

Le bénédictin remporta la victoire, ce qui ne fit qu'augmenter sa réputation.

LAMI (Bernard), prêtre de l'oratoire, né au Mans, en lGio, d'une bonne famille, professa les humanités et la philosophie dans divers collèges de sa congrégation, et dans tous avec le plus grand succès. Ce fut un ecclésiastique aussi remarquable par sa piété sincère que par ses connaissances étendues. Son zèle pour les opinions de Descartes souleva contre lui les partisans d'Aristote. Il essuya des chagrins à Saumur et à Angers, où il enseigna successivement la philosophie; on en vint jusqu'à demander et obtenir une lettre de cachet contre lui. Le savant oratorien fut privé de sa chaire, et relégué à Grenoble. Le cardinal Le Camus, évêqtie de cette ville, l'associa au gouvernement de son diocèse, le nomma vicaire-général, et lui confia la place de professeur en théologie dans son séminaire. Ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il ramena à la foi catholique Vignes, minisire protestant , qui jouissait d'une grande réputation. Lami joignit l'Ecriture sainte à la théologie, et dès lors il prépara les matériaux des ouvrages quil a publiés sur cette matière. Celui qui a fait le plus de bruit est sa Concorde des évangélistes, dans laquelle il avança trois sentiments qui le brouillèrent avec M. de Harlay, archevêque de Paris, et rengagèrent dans de longues contestations. Il y soutenait, premièrement, que saint Jean-Baptiste avait été mis deux fois en prison, la première fois par l'ordre des prêtres et des pharisiens, la deuxième par celui d'Hérode; secondement, il prétendait que Jésus-Christ ne mangea pas l'agneau pascal dans la dernière cène, et que le véritable agneau pascal fut mis en croix, pendant que les Juifs immolaient le typique ou le figuratif; troisièmement, les deux Marie et la pécheresse étaient , selon lui, la même personne, en quoi il parait avoir dit vrai. Yoy. Madeleine. Bulteau, Tille. nont, Mauduii, Witasse, Daniel, Piednud, attaquèrent ces opinions avec beaucoup de feu, celle de la Pàque surtout , qui ne semblait pas s'accorder avec le récit évangélique : Apud te facio Pascham cum discipulis meis. Le Père Lami était un homme très-estimable, ami de la retraite, simple, modeste; ses mœurs étaient pures et austères. Il parlait aisément et sur toutes sortes de matières. La république des lettres le perdit en 1715. 11 mourut à 70 ans, du chagrin qu'il ressentit d'avoir yu retourner à l'hérésie un jeune homme

qu'il avait converti et associé à ses travaux. On a de lui onze ouvrages qu'il publia de 1670 à 1701 : Eléments de géométrie et de mathématiques, 2 vol. in-12, qu'il composa dans un voyage qu'il lit à pied de Grenoble à Paris ; Traité de V équilibre, 1687, in-12; Harmonia siveConcordia evangelica, Lyon, 1699, 2 vol. in-4°; Traité de perspective, 1700, in-8° ; Traité de la grandeur en général, in-12. Tous ces différents traités furent bien reçus dans le temps, mais à présent ils ne sont d'aucun usage. Entretiens sur les sciences et sur la manière d'étudier, 1706, in-12; ils forment une composition estimable, dont la lecture serait très-utile aux jeunes gens assez sages jour vouloir s'instruire, avant d'exercer leur Diurne au hasard et sans principes. L'auteur eur donne des avis très-judicieux contre la présomption et la précipitation qui les égarent, et peint fort bien les savants de son siècle. (Voy. Spizelils.) Démonstration de la sainteté et de la vérité de la morale chrétienne, en 5 vol. in-12, 1706 à 1716; Tntro duction à l'Ecriture sainte, traduite de VApparatus Biblicus deBoyer, in-i°; l'édition latine est in-8°. 11 y en a un Abrégé in-12. L'abbé de Bellegarde l'a aussi traduit sous le titre d'Apparat de la Bible, in-8°. Ce livre remplit son titre, et l'on gagne beaucoup à le lire avant que d'étudier les 1 vres saints. Le tabernaculo fœderis, de sancta civitate Jérusalem et de templo ejics, fn-fol., ouvrage savant; une Rhétorique, avec des Réflexions sur l'art poétique, 1715, in-12. Le style de cet écrivain est assez net et assez facile, mais il n'est pas toujours pur. M. Poté, ex-proiesseur de mathématiques à l'école centrale de la Sarthe, a publié un Eloge du Père Lami, Le Mans, 1816, in-8°.

LAMI (Jean), théologien du grand-duc de Toscane, professeur d'histoire ecclésiastique dans l'université de Florence, né en 1G97 au village de Santa-Croce, entre Pise et Florence, mort dans cette ville le 6 janvier 1770 à 73 ans, s'est fait connaître par un grand nombre d'ouvrages latins, entre autres par les Délices des savants, Florence, 1736-69, 18 vol. in-8% et par le Vrai sentiment des chrétiens sur le mystère de la très-sainte Trinité, divisé en 6 livres, Florence, 1733, \n-k". On a aussi de lui De Eruditione apostolorum liber singularis, Florence, 1738. in-8"; ibid., 1766, 2 vol. in-f+°. Il rédigea de 1740 à 1770, à Florence, les Nouvelles littéraires. L'Eloge de Lami se trouve au tom. IV des Elogi degli uomini illustri Toscani : l'abbé François Fontani, bibliothécaire de la Riccardiana, en a publié un autre plus complet, Florence, 1789, m-4°.

LAvILLETIÈRE (Théophile Brachet de).

Voy. Milletiere.

LAMIOT (Louis-Marie), né vers 17G5 dans le diocèse d'Arras, entra dans la congrégation de Saint-Lazare, en 1787, et partit pour les missions en 1789, avec MM. Clete. Pené, n'étant encore que diacre. Il fut ordonné prêtre à Macao, et alla à Canton, puis à Pékin, où il devint, depuis la mort do M. Baux, interprète du gouvernement chinois pour les

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langues européennes. Il y dirigeait en même temps un séminaire de jeunes Chinois, et enseignait Les mathématiques, M. Clet, ayant été pris dans le Ho-Nou, où il prêchait, Lamiol fut arrêté sous prétexte (ju*il entretenait des rapports avec .lui. Durant sa translation dans le Hou-Pé, où on le menait pour le confronter avec cet ecclésiastique, on lui fit soufirir plusieurs mauvais traitements, afin de lui arracher un aveu. Le tribunal décida qu il n'était pas prouvé que Lamiot fût en rapport avec M. Clet, niais qu'il fallait le renvoyer en Europe. M. Clet fut étranglé dans sa prison, le 17 février 18-20, après avoir reçu la communion des mains de Lamiot, qui avait trouvé le moyen de pénétrer jusque lui. Lamiot fut conduit a Canton; arrivé dans cette ville au mois d'avril 18-20, il se rendit peu de temps après à Macao, où il est mort le 5 juin 1831. 11 avait fondé dans cette ville un collège ou séminaire pour les jeunes Chinois, et il a augmenté la mission d'au moins quinze prêtres.

LAMOLETTE. Voy. Contant.

LAMONT (Jean de), ancien abbé de Notre- Dame de la Chûtre, mort sur .'a fin du xvn' siècle, exerça en 1077 le minislère de la prédication dans l'église paroissiale de Saint- Paul à Paris. Ses Sermons, qui traitaient de la hiérarchie de l'Eglise, fuient publiés en 1082, in-8°. L'orateur s'attache à y établir quels sont les devoirs des pasteurs et ceux des ouailles. On a encore de Lamont des Panégyriques des saints et autres Sermons, Paris, 1085, in-8°, qui sont aujourd'hui oubliés.

LAMOTTE. Voy. Ouléans (d').

LAMOU11ETTE (Adrien), évoque constitutionnel de Lyon, naquit à Frevent, dans le Boulonnais, en 1742. 11 entra dans la congrégation des lazaris es, et fut successivement supérieur du séminaire de Toul, directeur à Saint-Lazare, et grand-vicaire d'Arras en 1789. 11 s'était distingué jusqu'alors par une piété apparente, ou, si elle était sincère, du moins elle fut peu constante et trop faible pour lutter contre les séductions du siècle. Cependant il avait déjà publié quelques écrits, où, parmi les maximes de religion, i! avait mêlé des idées philosophiques. Cette tendance aux innovations révolutionnaires le lit choisir par Mirabeau pour son théologien, et il se servait de la plume ue Limourette lorsqu'il avait à parler sur des matières religieuses. Ce fut Lamourette qui rédigea le projet d' Adresse au peuple français, sur la constitution civile du clergé, que Mirabeau lut à l'Assemblée constituante. Ayant prêté le serment exigé, Lamourette fufnommé à l'évêché de Lyon, et sacré à Paris le 27 mars 1791. Le département de Saône-et-Loire le choisit pour député à l'Assemblée législative, où ik se montra d'abord un des plus modérés. Lamourette se déclara contre la liberté des cultes, contre la république et les deuv chambres, et demanda qu'on fit cesser toutes les recherches relatives aux chefs de l'insurrection du 20 juin 1792, contre la fa-

mille roya.e, dans le château des Tuileries; c'est a cette époque qu'il fit sa fameuse motion, à laquelle il doit la plus grande partie de sa célébrité, et qui tendait à réunir dans un même esprit tous les membres del'Assemblée législative. Le résultat de cet appel'à l'union et à la fraternité fut de détruire passagèrement les distinctions de partis qui y existaient, et l'on vit Dumas et Bazire, Chabot et Gentil, Jaucourt et Merlin, Pasloret et Condorcet, Albitte et Hamond, etc., etc., se serrer mutuellementdans leursbras. Des plaisants ne virent dans cette démonstration do fraternité que le côté qui pouvait prêter à un edembourg, et l'appelèrent le baiser de Lamourette. Lamourette parut insensible au terrible événement du 10 août de la môme année. Lorsque Louis XVI fut enfermé avec sa famille dans la lour du Temple, il demanda que toute communication fût interdite entre les membres de la famille royale. Le Moniteur s'étant trompé de nom, et ayant signalé M. Damourette, honnête cultivateur des Ardennes, comme auteur de cette motion cruelle, ce député réclama contre cette assertion, et le Moniteur se rétracta le G septembre 1792, en déclarant pour véritable auteur de la motion l'abbé Lamourette, évoque de Lyon. 11 revint bientôt à des idées plus humaines et plus équitables, lorsqu'il vit répandre le sang innocent ; il attaqua les factieux, parla avec courage et vigueur contre les massacres du 2 septembre, où périrent dans les prise ns et les églises tant d'infortunés, parmi lesquels on comptait un grand nombre de prêtres. A la clôture de l'Assemblée législative, il se retira à Lyon, où, pendant le règne des terroristes, il se prononça en faveur de.f . habitants de celte malheureuse ville. Tombo plus tard au pouvoir des factieux, Lamourette fut conduit à Paris, et enfermé a la conciergerie , où il trouva l'abbé Emery. Les conseils de ce respectable ecclésiastique et sa propre couscience l'amenèrent à signer, le 7 janvier 1794, une rétractation de ses erreurs passées : l'original de cette pièce se conserve à Lyon. Il s'y déclara auteur des discours prononcés par Miraueau sur les matières ecclésiastiques. Condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, il monta à l'échafaud avec un calme et une résignation chrétienne qui édifièrent les autres victimes qui l'accompagnaient au supplice. Il lut exécuté le 10 janvier de la même année 1794; il avait alors 52 ans. Quelles qu'aient été les fautes de ce pécheur repentant, il faut avouer qu'il fut plus imprudent que coupable. 11 a laissé : Pensées sur laphU losophie de V incrédulité, ou Réflexions sur V esprit et le dessein des philosophes irréligieux de ce siècle, 1780, in-8°; Pensées sur la philosophie de la foi, ou Le système du christianisme considéré dans son analogie avec les idées naturelles de l 'entendement humain, 1789, in-8°; Les Délices de la religion, ou Le pouvoir de r Evangile pour nous rendre heureux, 1788, in-12, traduit en espagnol, Madrid, 1791, in-8u; Décret de V Assemblée nationale sur les biens du clergé, justifié par la naiure.

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et les lois de l'institution ecclésiastique, 1789- 1790 , in-8° ; Lettre pastorale , suivie de la Lettre au pape, Lyon, 1790-1791; Prône et Vêpres, ou Le pasteur patriote, 1790-1791; Considérations sur V esprit et le devoir de la vie religieuse, publiées après sa mort, 1795, in-12.

LAMPE (Frédéric-Adolphe), théologien protestant, né à Dethmold, dans le comté de fa Lippe , le 19 février 1683, fut successivement ministre de plusieurs églises, puis docteur et professeur en théologie, et d'histoire ecclésiastique , à Utrecht, et mourut pasteur de Saint-Etienne de Brème, d'une hémorragie, en 1729 , à 46 ans , laissant plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue son traité De cymbalis veterum , Utrecht , 1703 , in-12 avec fig-, et son commentaire sur l'Evangile de saint Jean , 1724-1725 , en 3 gros vol. in-4% plein de savantes minuties. On a encore de lui : un Abrégé de la théologie na- Uirelle, in-8°. Il travailla, avec Théodore de Hase, à un journal intitulé Bibliotheca historico-philologico - theologica bremcnsis , et donna une édition de Hist . ecclesiœ reformates in Hungaria et Transilvania, de Paul Embert, avec des suppléments , Utrecht , 1728, in-8°. La vie de Lampe a été publiée d'ins le t. II des Miscell. Duisburgensia et dans les Acta Eruditorum german., sect. XXXV, etc.

LANCELOT , ou plutôt LANCELLOTI ( Jean-Paul), jurisconsulte célèbre de Pérouse, mort dans sa patrie en 1591, àquatevingts ans, composa divers ouvrages, entre autres celui des Instituées du droit canon, en latin , à l'imitation de celles que l'empereur Justinien avait fait dresser pour servir d'introduction au droit civil. Il dit, dans la préface de cet ouvrage , qu'il y avait travaillé par ordre du pape Paul IV, et que ces institutes furent approuvées par des commissaires députés pour les examiner. Nous en avons diverses éditions avec des notes. La meilleure est celle de Doujat, en 2 vol. in42. Durand de Maillane en a donné une traduction en français avec des remarques, eii 10 vol. in-12, Lyon, 1770. On a encore de Lancelot un Corps du droit canon, in-i°.

LANCELOT ( dom Claude), habile grammairien , né à Paris en 1615 , fut employé , par les solitaires du Port-Royal , dans une école qu'ils avaient établie à Paris, enseigna les humanités et les mathématiques. Il fut ensuite chargé de l'éducation des princes de Conti. Cette éducation lui ayant été ôtée après la mort de la princesse leur mère , il prit l'habit de Saint-Benoît dans l'abbaye de Sainl-Cyran. Ayant contribué à élever quelques troubles dans ce monastère, il fut exilé à Quimperlay en Basse-Bretagne, où il mou» rut en 1695, à 79 ans. Les vertus que lui attribuent les Mémoires sur Port-Royal ne s'accordent guère avec ce qu'en disait le comte de Brienne en 1685 : « Claude Lancelot , né « en 1616, est bien le plus entêté janséniste « et le plus pédant que j'aie jamais vu. Son « père était mouleur de bois à Paris. Il fut « précepteur de messeigneurs les princes de « Conti , d'auprès desquels le roi le chassa

« lui-même, après la mort de la princesse « leur mère, ce qui l'obligea de se retirer en « l'abbaye de Sainl-Cyran , où il avait déjà « reçu le sous-diaconat. Depuis son retour « dans cette abbaye, il y faisait la cuisine , « et très-mal ; ce qu'il continua jusqu'à la « mort du dernier abbé de Saint-Cyran. » Ses principaux ouvrages sont : Nouvelle méthode pour apprendre la langue latine, Paris, 16H, in-8° ; 3e édition , avec des augmentations considérables , 1656 ; autre , avec un index général des mots latins , 1761 ; nouvelle édition avec de courtes notes , 1819. Lancelot est le premier qui se soit affranchi de la coutume de donner à des enfants les règles du latin en latin même; coutume qui, avec des difficultés d'abord rebutantes, avait l'avantage de hâter les progrès des écoliers , et de leur donner la pratique avec la théorie : aussi s'aperçoit-on que, depuis qu'on l'a négligée, l'usage de la langue latine est fort déchu. Les grammaires de Despautère , d'Alvarès , et d'autres qui ont fait, tant de bons latinistes, étaient écrites en latin. On a beau dire que cela est absurde , « qu'il est contre la nature et l'ordre des « choses d'enseigner une langue dans cette « langue même, puisque cela suppose qu'on « la sait déjà : » dans les langues mortes cela est absolument nécessaire ; c'est le seul moyen de se les rendre familières, et de suppléer l'avantage qu'on a dans l'apprentissage des langues vivantes. Dès qu'on en sait assez pour comprendre imparfaitement quelques constructions , il faut s'attacher aux grammaires latines. C'est le cas d'un enfant qui apprend à marcher, à danser; ce n'est qu'en pratiquant ces choses qu'il les apprend ; savait -il la langue maternelle quand on a entrepris de la lui apprendre ? ( Voy. la défense de ces observations dans le Journ. hist. et littér., 15 janvier 1783.) On peut regarder l'ouvrage de Lancelot comme un extrait de ce que Valle , Scaliger , Scioppius , Saturnius, et surtout Sanctius, ont écrit sur la langue latine. On y trouve des remarques curieuses sur les noms romains , sesterces , sur la manière de prononcer et d'écrire des anciens. Nouvelle méthode pour apprendre h grec. Elle vit le jour en 1655 , in-8°, chez Vitré, et réimprimée souvent, l'a été encore en 1819 : ces deux .ouvrages ont été traduits en anglais. Des Abrégés de ces deux ouvrages. On prétend que Louis XIV se servit de la méthode latine. Les vers français de ces deux ouvrages sont de Sacy. Le Jardin des racines grecques, m-k°, 1657. (Voy. Labbe. ) Cet ouv, âge a eu un grand nombre d'éditions, il a servi oie modèle à bien d'autres Jardins: de racines pour l'étude de diverses langues, et dont le succès n'a été égalé par celui d'aucune de ses nombreuses imitations. Une Grammaire italienne , in-12; une Espagnole, in-12; et une générale et raisonnée , in-12, celle-ci réimprimée en 1754 par les soins de Duclos , secrétaire de l'académie française. Cet ouvrage-, fait sur le plan et sur les idées du docteur Arnauld , a été traduit en plusieurs langues. Delectus epigrammatum , eu

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è vol. in-12, avec une Préface par Nicole. Mémoires pour servir à la vie de Saint- Cyran, en 2 parties in-12, ouvrai d'un enthousiaste, qu'il faut apprécier sur la vie et les qualités connues de son héros (Voy. Verser). Dissertation sur l'hémine d* vin et la livre de pain de Saint-Benoit, in-12. Le savant Maliillon réfuta modestement Popiniou de l'auteur. Les Dissertations, les Observation* et (a Chronologie sacrée, qui se trouvent dans la Bible de Vitré, Paris, KiG2, in-l'ol.

LANDAZUR1 (Joachim ), prêtre espagnol , né h Vittoria eu 173V, s'appliqua particulièrement à l'histoire et à la littérature de son pays. Charles 111 lui accorda une pension , cl il élait membre de l'académie espagnole, il a laissé plusieurs ouvrages estimés, tous imprimés h Vittoria : Histoire ecclésiastique et politique de la Biscaye, 1752, 5 vol.in-V"; Géographie de la Biscaye , 1760, 2 vol. in-8° ; Histoire des hommes illustres de la Biscaye, 1786, in-V\ Son style annonce un écrivain exercé. Landazuri mourut à Vittoria le 12 janvier 1806.

LANDON, pape, successeur d'AnastaselII, en 91V, mourut à Rome, après six mois de pontificat. Soumis aux volontés de la fameuse Théodora , mère de Marosie , il ordonna archevêque de Ravenne le diacre Jean, un des favoris de cette femme impérieuse. La mort enleva ce pontife peu de temps après.

LANDRI (saint) , évêque de Paris , signala sa charité durant la grande famine qui affligea cette ville l'an 651. Ce fut lui qui fonda vers le même temps l'hôpital qui dans la suite a pris le nom d'Hôtel-Dieu. Après sa mort , sa précieuse dépouille fut déposée dans l'église de Saint-Germain l'Auxerrois, qui alors était sous l'invocation de saint Vincent.

LANFRANC , archevêque de Canlorbéry , naquit à Pavie vers l'an 1005 ; il était fils d'un conseiller du sénat de cette ville. Après s'être distingué par sa science, et avoir enseigné le droit à Pavie , il passa en France et se consacra à Dieu en 10V1 dans le monastère du Rec , dont il devint prieur. Il y ouvrit son école , qui devint la plus célèbre de l'Europe ; il en établit une autre de littérature à Avranches; mais en allant d'Avranch s à Rouen, ayant été arrêté par des voleurs , qui le laissèrent attaché à un arbre , il lut dégoûté du monde. 11 se distingua aussi par le zèle avec lequel il combattit les erreurs de Réranger au concile de Rome, en 1059, et dans plusieurs autres conciles. Guillaume, duc de Normandie , le tira de son monastère pour le mettre a la tête de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen , en 1063. Lanfianc y ouvrit encore une école qui devint aussi fameuse que celle du Rec. En 1070, Guillaume, devenu roi d'Angleterre, appela Lanfranc, et lui donna l'archevêché de Cantorhéry. Le nouvel archevêque rebâtit la cathédrale de Cantorbéry, et y fonda plusieurs hôpitaux. Guillaume avait une ti lie confiance en lui , qu'il le chargeait du gouvernement de l'Angleterre, quan 1 il était obligé de passer en Normandie. Ce saint prélat mourut

en 1089, illustre par ses vertus et par son zèle pour le maintien de la discipline, des droits de sou église et des immunités ecclésiastiques, il An regardé à la fois comme un homme d'Etat habile, et comme un prélat sa- \ani. S >fi ouvrages ont été recueillis pardom dÀchéry, et imprimés à Paris chez Riluine en 1648, in-fol. On y trouve : son fameux Traité du corps et du sang de Notrc-Seigncur, contre Bérenger ; des Commentaires sur saint Paul; des Notes sur Cassien ; des Lettres; des Sentences , où il est parlé en détail des exercices de la vie monastique, ouvrage découvert par domd'Achery, après son édition des écrits de Lanfranc , et inséré dans le Vr tome de son Spicilége. « Cet auteur, dit « l'abbé Rergier, se serit moins que ses con- « temporains de la rudesse du siècle dans «lequel il écrivait; il montre une grande « connaissance de l'Ecriture s.unto, de la « tradition et du droit canonique. On trouve « dans ses écrits plus de naturel, d'ordre et « de. précision que dans les autres produc- « tions du xr siècle. Les protestants, qui ont « témoigné en faire peu de cas parce qu'il « était moine, avaient oublié que son mérite « seul le fit placer sur le premier siège d'An- « gleterre ; qu'il gagna la confiance de Guil- « laume le Conquérant ; que, pendant l'ab- « sence de ce prince , Lanfranc gouverna « plusieurs fois le royaume avec toute la sa- « gesse possible. 11 ne faut donc juger des « hommes, ni par l'habit qu'ils ont porté, « ni par le siècle dans lequel ils ont vécu : le « cloître fut et sera toujours le séjour le plus « propre pour se livrer à l'étude, pour ac- « quérir tout à la fois beaucoup de connais- « sances et de vertus. On n'a qu'à confron- « ter ce qu'a écrit Lanfranc , pour établir le « dogme de l'eucharistie, avec ce que les plus « habiles ministres protestants ont fait pour « l'attaquer, on verra de quel côté il y a plus « de justesse et de solidité. » Quelques écrivains satiriques et détracteurs ont attaqué la mémoire de ce prélat ; mais on trouve une réfutation solide de ce qu'ils ont avancé dans YAnglia sacra de Wharton. Lanfranc avait fait encore une Histoire ecclésiastique, la Vie de Guillaume le Conquérant, et un Commentaire sur les psaumes, qui sont per.lus. Ses œuvres se trouvent aussi dans la Bibliothèque des P,'res.

LANFRED1NI (Jacques), cardinal, naquit à Florence le 26 octobre 1670. La première charge qu'il occupa fut celle d'auditeur civil du cardinal camerlingue, en 1722. L'année suivante il fut déclaré prélat domestique, membre de la congrégation consistoriale, et référendaire de l'une et l'autre signature. Le 16 mars 1727, il reçut l'ordre de la prêtrise des mains du pape fiènoît XIII. Clément XIII, son compatriote, le nomma, en 1730, à un canonicat de Saint Pierre. Il fut successivement secrétaire de la congrégation du concile, votant de la signature de grâce, dataire de la pénitencerie, enfin cardinal le 2V mars 1735. Il quitta alors le nom d'Amadori, qu'il avait porté jusque-là, pour prendre le nom de Lanfrcdini, oui était celui de sa famille.

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