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revue ,<ur l'ancien original latin, d'où l'on a tiré un chapitre i/ui mant/ue (huis les autres
éditions, Amsterdam, 17oi, in- M. Arresta amorum, cum comnu niariis Benedicti Curtii, 1731, en 2 vol. in-12. cm; édition, il 'venue rare, est d'une grande beauté, la préface offre des endroits curieux ci piquants. Ré-
filiation ih s < murs de Spinosa, par FénelOD, Lami et Boulaiai illicrs. 1731, in-12; Œuvres dr Clément, Jean it Michel Marot, La Mac,
172!), en 'i vol. in-'i ; édition plus magnifique qu'il de, sur le plus beau papi t, ebaq e page encadrée... cl en 6 vol. in-12; édition très-inférieure à la précédente, l'une et l'autre pleines île fautes. Des différentes p èces qui grossissent ce recueil, les unes offrent des observations curieuses < i Gorl jusi, -, les autres des plaisanteries du plus mauvais ton, des obscénités dignes de la (dus vile canaille, des déclamations satifi [uas qui méritaient un châtiment exemplaire. L'abbé Lengiet se cacha sous Je nom <îe Gordon de Parcel. Les Satires et autres OEuvrcs de Régnier, 1733, grand in-4°; édilion qui plaît autant aux yeux, qu'elle déplaît au cœur et à l'esprit. L'abbé Leii-del éclairejt un texte licencieux, par des notes plus licencieuses encore. 11 avait du goût pour tout ce qui avait rapport à la plus sale lubricité. On lui a attribué, et ce n'est pas tout à l'ait sans fondement, des éditions de YAloysia Sigea, du Cabinet satirique, et, de plusieurs autres infamies. Lue Edition du roman de la Rose, avec d'autres ouvrages de J an de Meun, Paris (Rouen, 1735, 3 vol. in-12. On y trouve une préface curieuse, et des notes dont beaucoup sont communes et par conséqu nt inutiles, quelques-unes ridicules, d'autres obscènes, et un glossaire très-abrégé et très-superficiel. Lue édilion de Catulle, Properce et Tibulle, comparable à celles des Llzévirs pour la beauté et la correction, à Leyde (Paris, chez Coustelier), 1743, in-12. Le 6e volume des Mé± moires de C onde, 1743, in-4°, Londres (Paris), belle édition, mais pi ine de traits si vifs et de réflexions si hardies, (pie l'éditeur en fut puni par un assez long séjour à la Bastille. Journal de Henri 111, 17i4, en 5 vol. in-8", Paris, sous le nom de Cologne, avec un grand nombre de pièces cuiieus-s sur la ligue. Mémoires de Comines , 1747, 4 vol. in-4°; Lue édition de Laitance [Voy. Lacta\ci-:); Mémoires de ii régence de M. le due d'Orléans, 1749, en 5 vol. -in-12. L'abbé Lengiet n'a été que le réviseur de cet ouvrage, qui est de M. Piossens. 11 a ajouté des pièces essentielles, surtout la conspiration du prince de Cellamare, et Vabrégédu laineux système. Métallurgie d'Alfonse Barba, traduite de l'espagnol en français, 1751, 2 vol. in-12; le 2e vol. est de Lengiet. Cours de chimie de Nicolas Le Fèvre, 1751, 5 vol. in-12, dont les deux derniers sont de l'éditeur : Méthode pour étudier l'histoire, avec un Catalogue des principaux historiens, en 12 vol. in-12, et en 7 vol. in-4°; le meilleur ouvrage que nous ayons en ce genre. L'auteur y établit les principes et l'ordre qu'on doit tenir pour lue 1 histoire utilement ; il discute plusieurs
points historiques intéressants; il fait connaître les meilleurs historiens, et accompa me le titre de leurs ouyr iges de notes hisis, littéraires, critiques, et le plus souveul satiriques. Ce livre sérail plus estimé si l'auteur n'avail pas encombré son Catalogue de tant d'historiens inconnus, et s'il s'était borné à Paire un ouvrage de goût plutôt g nie compilation. La cinquième édition, de 172:), attira l'attention du .ministère, qui y iil m< it e un grand nombre de cartons. Le i nd de ces morceaux s uppj imés forme un in- 4' assez épais, qui se vendit séparément et sous le manteau, à un prix consi 'érable. Cet ouvrage a élé réimprimé en 1772, eu 15 vol. in-12, avec des addi;i n s et de pré* tendues corrections qui se ressentent étrangement de la corruption que l'histoire a subie dans ce siècle; Méthode pour étudier la géographie. E(le est recherchée, malgré quelques inexactitudes. On y trouve un Catalogue des meilleures cartes et un jugement sur les différents géographes. La dernière édition est de 1707, 10 vol. in-12, av. c les augmentations et corrections nécessaires. De
l'usage d< s romans, où Von fait voir leur utilité et leurs différents caractères, avec une Bibliothèque des romans, 173V, 2 vol. in-12; ouvrage proscrit par tous les gens sages comme un livre scandaleux. L'Histoire jus-? tijiée contre les romans, 1J35, in-12. C'est le GOUtre-poison du livre précédent, que l'auteur n'avait pas intérêt qu'on lui attribuât ; mais l'antidote est plus faible que le venin. Les auteurs qui se rétractent par des considérations humaines ont toujours soin do laisser subsister leurs erreurs, et de ne les combattre que \ ar des coups qui ne les abattent pas. Plan de l'histoire générale et particulière de la monarchie française. Il n'eu a donné que 3 vol., et il a fort bien fait de ne pas continuer, car ce livre est mal fait et mal écrit. Lettre d'un pair de la Grande-Bretagne sur les affaires présentes de l'Europe, HYS, in-12; elle est curieuse; L'Europe pacifiée par l'équité de la reine de Hongrie, par M. Albert van Heussen, etc., Rruxelles, 1745, in-12, ouvrage recherché à ca se des trads hardis, mais vrais, qu'il renferme; Calendrier historique, où l'on trouve la généalogie de tous les princes de l'Europe, 1750, in-24. Ce petit ouvrage Je lit mettre à la Bastille. Diumal romain, latin et français, 2 vol. in-12, 1705. 11 ni cette version à là sollicitation <;e madame la princesse de Coudé, qui disait tous les jours son bréviaire. Géographie des enfants, en un petd vol. in-12; Principes de l'histoire, 173G et années suivantes, 6 vol. in-12; ouvrage faible, écrit incorrectement, et dont les faits ne sont pas toujours bit u choisis ; l'auteur l'avait composé pour servir à l'éducation de la jeunesse ; Histoire delà philosophie hermétique, 3 vol. in-12, Paris, 1742. Cette mystérieuse philosophie y est traitée de façon à ne pas faire connaître la manière de penser de l'auteur sur son objet. Tablettes chronologiques, publiées pour la première fois en 1744, en 2 vol. in-8% de nouveau en 1778, avec les corrections et les
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augmentations dont cet ouvrage très-instructif avait besoin. On n'a pas tout corrigé, à la vérité, mais comment le pourrait-on dans des livres si chargés de noms et de dates ? Traité historique et dogmatique sur les apparitions, les visions, etc., 1751, 2 vol. in-12; curieux, mais mal digéré, presque sans ensemble et sans résultat. Le jugement de l'auteur n'égalait pas, à beaucoup près, sa mémoire ; Recueil de Dissertations anciennes et nouvelles sur les apparitions, les visions, les songes, etc., 4 vol. in-12, 1752, collection plus ample que bien choisie ; il n'a pas fait dimcullé d'y insérer l'absurde dissertation d'un nommé Meyer, qui prétend que les chevaux, les bœufs morts peuvent plutôt revenir en ce monde que les hommes ; Histoire de Jeanne d'Arc, 1753, in-12, en trois parties, composée sur un manuscrit d'Edmond Richer. On l'a lue avec plaisir. Le style est, comme celui de ses autres productions, vif, familier et incorrect. Traite' historique cl dogmatique du secret inviolable de la confession, Paris, 1713, in-12; livre utile, et l'un des meilleurs de ce fécond écrivain. Michault, de Dijon, a publié, en 1761, des Mémoires curieux pour servir à V histoire de la vie et des ouvrages de Vabbé Lenglet. On lui attribue aussi d'autres ouvrages qui ne sont pas de lui, connue Y Histoire de la philosophie païenne, qui est de Burigny (1724),
LENOBLETZ ou NOBLETZ (Mihiiel), missionnaire bretou, né le 29 septembre 1577, au château de Kerodern, dans la paroisse de Plouguerneau, évèché de Léon, d'une famille noble, fut d'abord élevé par M. de Lesguern son aïeul maternel. Celui-ci étant mort, on donna un précepteur à l'enfant, qui étudia ensuite pendant six ans chez un babil;! professeur à Ploudaniel. Une vision dans laquelle il crut voir le Seigneur lui-même dans l'éclat de sa gloire, lit sur son esprit une impression profonde; cl il se livra dès lois aux exercices de la pénitence. 11 s'essaya aussi à instruire et catéchiser les paysans, lorsqu'ils sortaient de l'église et dans les divers lieux où il les trouva, t réunis. Au mois d'octobre 1597, il se renuit avec ses frères au collège d'Agen, qui était tenu par les jésuites, et il y accrut la somme de ses connaissances en même temps qu'il se perfectionnait dans la piété. 11 étudia ensuite pendant quatre ans la théologie et les sciences ecclésiastiques à Bordeaux, et suivit quelque temps à Paris les cours de la Sorbonue. Ayant été fait prô tre, il se consacra aux travaux de l'apostolat, et, pour s'y préparer avec plus de fruit, il tit bâtir sur le bord de la mer, dans un endroit appelé Trémenach, près de Plouguerneau, une petite cellule couverte de paille, et pendant un an il y mena une vie plus austère que celle des anciens ermites. Des înoriihcations aussi excessives altérèrent sa santé au point qu'il en demanda plus tard pardon à Dieu, parce qu'elles l'avaient rendu moins utile à son service. Lenobletz commença alors ses prédications, et il s'appliqua à combattre dans les campagnes 1. s vieilles superstitions qui survivaient à l'idolâtrie drui-
dique. Il se fit admettre au nombre des dominicains do Morlaix-, et la réputation de ses rares vertus porta l'évoque de Quimper à l'appeler près de lui pour Fassocier aux travaux de l'épiscopat. 11 n'en continu;) pas moins de prècber et d'instruire le peuple qu'il convoquait non-seulement dans les églises, mais au mili u des champs et au pi >d des croix des chemins. Parmi celles de ses instructions qui nous sont parvenues est le cantique du Paradis, chant tout à la fois mystique et suave, reproduit dans la collection des Chants populaires de la liasse - Bretagne , par M. de La Villemarqué, qui le recueillit de la bouche d'une mendiante, et qui l'a traduit en français. Les îles d'Ouessant, de Molène. et de Batz, une foule d'autres lieux entendirent aussi sa parole éloquente et populaire. Les épreuves et les persécutions de toute espèce ne lui manquèrent pas, mais son zèle semblait y puiser de nouvelles forces et grandir avec les difficultés. 11 amena sa sœur Marguerite à se consacrer uniquement au service de Dieu, et elle lui fut très-utile par le zèle qu'elle mit à le seconder dans ses prédications, tant en instruisant elle-même les jeunes personnes de son sexe qu'en répandant avec son frère d'abondantes au^ mônes. Michel Lenobletz mourut auConquei le 5 mai 1052, avec une réputation de sainteté que confirmaient la foule des conversions qu'il opéra et la multitude des miracles attribués à la puissance de ses prières. Son tombeau se voit encore dans la chapelle de Loclirist, où il est environné e|P la vénération publique. On a publié : Lu Vie de Michel Lenobletz, prêtre et missionnaire en Bretagne, par le sieur de Saint-André (Antoine de Verjus, jésuite), Paris, 1666 et 1668, in-S° : on y trouve quelqu s fragments d'un Journal de ses rimsiûr-s. écrit par le saint prêtre lui-même. M. l'abbé ïresvaux a donné une nouvelle édition de ce livre, Lyon, 1836, 2 vol. in-12. On a annoncé la puoJiualion de ses OEuvres théologiques, recueillies par Miorcec de Kerdanct, qui en a donné un fragment, sous ce titre : De l'union delà volonté humaine avec la volonté divine, par le bienheureux Michel Le Nobletz, apôtre de la Bavsc- Br claque, Brest, 1841, in-18 do 23 pages.
LENOIK (dom Jacques-Louis), bénédictin, né l'an 1720 , à Alençon , mort vers 179,}, avec le titre d'historiographe d Normandie, a laissé : un Mémoire, couronné par l'académie de Caen, sur le commence particulier à cette ville et à sa généralité; un autre Mémoire relatif au projet d une Histoire générale de la province de Normandie, par des religieux bé-* nédictins, in-4" de 14 pages. Les supérieurs de dom Lenoir lui avaient remis les documents que dom Bonnard avait îecueillis pour une Histoire du diocèse de Rouen. L'ouvrage auquel se rapporte le Mémoire n'a pas paru ; Collection chronologique des actes et des titres de Normandie, concernant l'histoire des familles nobles, etc., depuis le second siècle jusqu'à nos jours , prospectus , 17B8 , in-8**. — Philippe Lexoui, auteur protestant du xviuc siècie, écrivit sur la vie de Jésus-Christ un
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poëme intitulé : Emmanuel ou Paraphrase évangélique, en quinze livres, qu'il cfédiaà la duchesse de Rohan , princesse «le Léon , dont le père fut le chef du parti rotestant en France, sons le règne de Louis XIII. Bien que cette production soit médiocre, il s'en est fait plusieurs élit., celles entre autres de Rouen, 1673. in-8% et d'Amsterdam, 17T2. in-12.
LENONCOURT Robert du), dune des plus anciennes maisons de Lorraine , fut archevêque de Reims. 11 se distingua tellement par «son éminente piété et par sa charité, qu'il acquit le litre de Père des pauvres. Il sacra le r-oi François Ier et mourut en odeur de sainteté l'an 1531.
LENONCODRT (Robert de), neveu du précédent , fut évoque de Chà lons-su r-Marne, puis de Met/.. Paul III t'avait fait cardinal en 1538. Lenoncouri fut aussi archevêque d'Embrun, d'Arles, etc. Il mourut à Charité-sur- Loire en 1561. Les huguenots , ayant pris cette ville Tannée suivante , portèrent la fureur jusqu'à ouvrir son tombeau et en tirer son corps. Il avait assisté ci quatre conclaves pour l'élection de Jules IV, de Marcel II , de Paul IV et de Pie IV.
LENONCOURT (Philippe de), neveu du précédent, cardinal et archevêque de Reims, gagna l'estime et la confiance de Henri III et de Henri IV, et du pape Six'e V. 11 mourut à Rome en 1591, à 65 ans. Il avait autant d'esprit que de piété.
LENOLRRY. Voy. Nolrry.
LENS (Jean de) , chanoine de Tournai et professeur de théologie à Louvain, né à Baillenl dans le Hainaut , en 15V1 , mourut en 1593. 11 a laissé plusieurs ouvrages de contioverse. Il fut un de ceux qui composèrent, en 1588 , la censure de l'univers té de Louvain contre Lessius , sur la doctrine de la grâce. (Voy. Lessils.) Il se distingua plus honorablement contre Baius, et composa, par ordre de la faculté de théologie, une formule de doctrine contradictoire aux propositions condamnées de ce novateur.
LENTULUS (Scipion), napolitain, né dans le xv siècle, se retira dans le pays des (irisons, où il embrassa le calvinisme et exerça le ministère à Chiavenne. 11 est connu par son Apologie d'un édit des Ligues-Grises contre des sectaires ariens , in-8°, 1570 : et par une Grammaire italienne , publiée à Genève en 1568. Bayle remarque, à l'occasion de son Apologie, « que les apostats affichent « un grand zèle pour la religion qu'ils ont « embrassée , et que , quoiqu'ils aient grand a besoin de tolérance, ils sont ordinairement « très-intolérants. » Cette Apologie , d'ailleurs , ne fait que mieux remarquer l'inconséquence des protestants, qui s'élèvent contre les ariens, après avoir secoué eux-mêmes le joug de l'Eglise. Car si les protestants ont le droit de s'en tenir à l'Ecriture sainte et de l'expliquer, même par 1' 'esprit privé , pourquoi les ariens n'auraient-ils pas le même privilège ? Et si l'on peut expliquer arbitrairement contre l'autorité de l'Eglise la tradition et les saints Pères , les passades de l'Ecriture touchant la présence réelle, pourquoi
ne prendrait-on pas la même licence h l'égard des passages qui regardent la divinité de Jésus-Christ? On peut voir cette observât;: ;i établie avec autant de force que d'évidence dans un petit traité du jésuite Kaprina.y , publié contre les ca vinistes de Hongrie : Vrl Christus est in Euchàristia, vel non est Drus. On la trouve aussi très-bien discutée dans la Perpétuité de ta foi, tom. I", pag. kl, 48, 50, etc. (Voy. Servet, Me-
LANCHTHON, VOKSTIl S Conrad.)
LEON (saint), surnommé le Grand, premier pape de ce nom, vit le jo' r à Rome suivant les uns, et en Toscane suivant d'autres. On ne sait rien de particulier sur ses premières années. Les papes saint Cél stinl" et Sixte III l'employèrent dan* les afiaires les plus importantes et les plus épineuses, lors même qu'il n était que diacre. Après la mort du dernier de ces pontifes, en W0, il fut élevé sur le saint Siège par le clergé de Rome. Le peuple apir't son élection avec transportât le vit sur le trône pontifical avec admiration. Léon réprima, par sa fermeté, les progrès des hérétiques, et en ramena plusieurs à la foi par sa douceur. Ayant découvert à Rome un nombre infini de manichéens, il fit contre eux une information juridique et publique, mit au grand jour les infamies ténébreuses de leurs mystères, et livra les plus opiniâtres au bras séculier. Il s'arma du même courage contre les pélagiens et les priscillianistes, et extermina entièrement les restes de ces hérétiques en Italie. Son zèle, non moins ardent contre les eutychiens, le porta à protester par ses légats contre les actes du Brigandage d'Ephèse , où l'erreur avait été préconisée en H9. L'empereur Marcien ayant assemblé, à la sollicitât on de Léon, un concile œcuménique à Chalcédoine en 451, saint Léon y envoya quatre légats pour y présider. La deuxième sess on fut employée à lire une lettre du saint pape à Flavien, patriarche de Constantinople, dans laquelle il développait d'une manière admirable la doctrine de l'Eglise catholique sur l'incarnation. Le concile lui donna tous les éloges qu'elle méritait. L'erreur fut proscrite, et la vérité prit sa place. Dans le temps qu'on tenait ce concile en Orient, Attila ravageait l'Occident et s'avançait vers Rome pour la réduire en cendres. L'empereur Vahntinien choisit saint Léon po r arrêter ce guerrier terrible et pour faire des propositions de paix. Le pontife 1 ji parla avec tant de majesté, de douceur et d'élo juence, qu'il amollit son caractère féroce. Ce roi barbare sortit de l'Italie et repassa le D nube, emportant dans son cœur de l'amitié, du respect et de l'admiration pour le pontife romain. Genséric fit ce qu'Attila n'avait pas fait. Il surprit Rome en 455 et l'abandonna au pillage; ses troupes saccagèrent la ville pendant li jours avec une fureur inouïe. Tout ce que put obtenir samt Léon fut qu'on ne commettrait ni meurtres ni incendies, et qu'on ne toucherait point aux trois principales basiliques de Rome, enrichies par Constantin de présents magnifiques. L'illustre pontife, en veillant aux,
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biens spirituel, ne négligea point ies intérêts temporels des peuples, et mourut en 461, avec la réputation d'un samt et d'un grand homme. Son pontificat embarrasse étrangement ceux qui rapportent la grande autorité des papes aux fausses décrétâtes. Jamais le siège de Rome ne fut plus respecté, ni ses décrets d'une force plus marquée que sous le pape Léon. (Voy. Grégoire le Gra^d, Innocent Ier, Isidore Mercator, Luther, saint Pierre.) C'est le premier pape dont nous avons un corps d'ouvrage. Il nous reste de lui 9f> Sermons, et 141 Lettres. Plusieurs savants lui attribuent aussi les livres : De la vocation des gentils, Epître à Démétriade : mais le pape Gélase, qui vivait à la fin de ce siècle, cite c >s livres comme étant d'un docteur de l'Eglise, sans les attribuer à saint Léon; quelques-uns, parmi lesquels se trouve l'abbé Anthelmi, les attribuent à saint Prosper, mais le style n'est pas favorable à cette opinion, car c'est réellement celui de saint Léon; style poli, coulant, nombreux, plein de dignité et de force, d'une latinité pure et riche. Toutes ses périodes ont une certaine cadence mesurée, qui surprend sans déplaire. Il est semé d'épithètes bien choisies et d'antithèses très-heureuses, mais un peu trop fréquentes. Le P. Quesnel a donné une édition des ouvrages de ce saint Père, laquelle parut à Paris, en 1875, en 2 vol. in-4°, ensuite à Lyon, l'an 1700, in-fol. Baluze, Anthelmi, Jean Salinas et dom Coustant ont reproché au P. Quesnel un grand nombre de falsifications; il parait avoir pris àtàohe d'affaib'ir dans plus d'un endroit l'impression de l'autorité pontificale, plus forte dans les ouvrages de saint Léon que dans ceux de la plupart des papes postérieurs, comme Casaubon lui-même l'a remarqué. On prétend même que c'est dans ce dessein que Je P. Quesnel, intéressé à combattre l'autorité du chef de l'Eglise , a entrepris cette traduction. Les OEuvres de saint Léon ont été publiées de nouveau à Rome en 1733, en 2 vol. in-fol., par le P. Cacciari, carme, et à Venise, en 1753, par les frères Ballerini; l'une et l'autre éditions sont en 3 vol. iù-fol. Le P. Cacciari a fait paraître, en 1751-53-55, une nouvelle édition avec des Exercitationes in Opéra sancti Leonis, in-fol. Ce sont des dissertations d'un style assez négligé, mais pleines de choses. L'abbé de Bellegarde a donné une traduction française des sermons de ce saint Père, Paris, 1701, er M. l'abbé Guillon on a donné, dans sa Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine, une analyse très-distinguée par l'élégance de sa traduction et par le goût qui a présidé aux choix qu'il a faits des morceaux les plus remarquables qu'ils renferment. Le P. Maimbourg a écrit l'histoire de son pontificat, in-4°, ou 2 vol. in-12. Voy. saint Hilaire d'Arles. L'Eglise honore la mémoire de ce saint pontife le 11 avril. M. Migne a donné les OEuvres très^complètes de saint Léon le Grand, publiées d'après l'édition des frères Ballerini et celle de Paschase Quesnel, enrichies de préfaces,- d'avertissements et de
commentaires; suivies des exercices de Cacciari sur toutes les œuvres du saint docteur, 3 vol. in-4°. M. Alex, de Saint-Chéron a donné Y Histoire du pontificat de saint Léon le Grand et de son siècle, en 2 vol. in-8°.
LEON II (saint), sicilien, successeur du pape Agathon en 682, envoya l'année suivante le sous-diacre Constantin, région naire du saint-siége, à Const.mtinopf», en qualité de légat. Il le chargea d'une lettre pour l'empereur, dans laquelle il confirma, par l'autorité de saint Pierre, la définition du sixième concile, et disait anathème à Théodore de Pharan, à Cyrus d'Alexandrie, à Sergius, à Pyrrhus, à Paul et Pierre de Constantinople, à Macaire, à Etienne et Polychrone, et même au pape Honorius : «parce, que, « comme il s'en explique dans une lettre aux « évoques d'Espagne , Honorius n'a point « éteint dans sa naissance la flamme de la « doctrine hérétique comme il convenait à « son siège. » {Voy. Honorius.) Léon II mourut le 23 du mois de mai 684, après avoir tenu le bâton pastoral avec autant de fermeté que de sagesse, il institua le baiser de paix à la messe, et ) aspersion de l'eau bénite sur le peuple, perfectionna le chant grégorien, et composa plusieurs hymnes pour l'office de l'Eglise. On lui attribue quatre EpUres, que Baronius croit supposées. L'Eglise célèbre sa fêle le 28 juin, jour auquel il fut enterré.
LEON III, roma.n, monta sur la chaire de saint Pierre après Adrien I", le 26 décembre 795. Une de ses premières démarches fut d'envoyer à Charlemagne des légats chargés de lui présenter les clefs de la basilique de Saint-Pierre et l'étendard de la ville de Rome, en le priant de députer un seigneur pour recevoir le serment de fidélité des Romains. Il se forma, peu de temps après, une conjuration contre Léon. Elle éclata le 23 avril 709, le jour de saint Marc. Le primicier Pascal, et Campule, sacellaire, ou sacristain, tous deux neveux du dernier pape, à qui ils n'avaient pu succéder, étaient à la tète. Après av »ir assailli le pontife avec une troupe de scélérats, tandis qu'il sortait à cheval du palais de Lalran pour se rendre à la procession des grandes litanies, ils le jetèrent par terre, le maltraitèrent avec fureur, et firent tous leurs efforts pour lui arracher la langue et les yeux. De la rue il fit traîné au monastère de Saint-Sivestre, où ils réitérèrent leurs cruautés, pour s'assurer que jamais il ne ferait usage de la vue ni de la parole. 11 ne perdit néanmoins ni l'une ni l'autre; ce que les auteu.s et les plus grands personnages du temps regardèrent comme un miracle. Dans la nuit, on vint à son secours. Albin, son camérier, et quelques gens l'enlevèrent du monastère, le tirent descendre par la muraille de la ville, et Je conduisirent en France, auprès de Charlemagne. Ce monarque lui donna une escorte pour retourner en Italie. 11 rentra à Rome comme en tr.om- •plie, au milieu de tous les ordres de la ville, qui vinrent au-devant de lui avec des bannières. Charlemagne passa en Italie l'an 800; le pape l'y couronna empereur.d'Occident le
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jour de Noël de la rfiêVrïé année, et obtint dPô lui la fcchcG de Pascal et de Campule, qu ■ ce [.rince avait condàttinés à mort. Les ennemis de LêOn awnt de nouveau donspiré contre lui après la moi ( dte Chàrle na m.e, il en fit p-'rir plusieurs par le dernier" supplice, en
.'>. {1 mourut le 11 juin H!(i, regardé comme un pontife politique. On a de lui treize Epfctits, Helmstadt, 1655, in-V". On lui attribue mal à propos YEnèhlrldièn LeèHis pape; petit livre de piiè. es contenant les sept psaiini, -s et diterses 'ii-a'iMi:; énigmatiques, dont les nie' imistes font cas, et que les ctirieui n ilierelient par celle raison. I! a été imprimé à L\on en 1*01 et IG07, in-2'i, et à Maycnce en 1023. .Mais l'édition rechi est éëllte de Rome, en 1825, in-2'i ; etla meilleure, après celle-là, est celle de Lvon, en 158V, aussi iïi-2V.
LEON IV (saint), Romain, pape élu le 12 avril 8V7, après Sergïus II, mourut saintement, le 17 juillet 835. Il illustra le pontificat par son courage et par ses vertus. Il eut la douleur de voir les Sarrasins aux pori s de Rome, prêts à faire une bourgade mahonu tr.ne de la capitale du christianisme. Les empereurs d'Orient et ceux d'Occident semblaient l'avoir abandonnée. Léon IV, pi; s grand homme qu'eux, prit ('ans e<-> danger l'autorité d'un souverain, d'un père qui défend ses enfants. 11 employa les richesses de l'Eglise à réparer les murailles, à élever des tours, à tendre des chaînes sur le Tibre. 11 arma les milices à ses dépens ; il engagea les h bitants de Naples et de Gaëte à venir défendre les côtes et le port d'Ostie ; il visita lui-même tous les postes, et reçut les Sarrasins à leur desconte, non pas en équipage de guerrier, mais comme un pontife qui exhortait un peuple chrétien, et comme un roi qui veillait à la sûreté de ses sujets. Il était né romain. « Le courage des premi rs âges de « la république ( dit l'auteur de Vllistoire « fféacralc) revivait en lui dans un temps de « ÎAchelé et de corruption. » Son courage et ses soins furent secondés. On reçut les Sarrasins courageusement à leur descente; et la tempête ayant dissipé la moitié de leurs vaisseaux, une partie de ces conquérants, échappés au naufrage, furent mis àla chaîne. Le pape rendit sa victoire utile, en faisant travail er aux fortifications de Rome et à ses embellissements les mêmes mains qui devaient la détruire, il enferma ensuite d'une bonne muraille tout le mont Vatican, où ilse forma un nouveau quartier, ou une nouvelle ville, qui prit le nom deCi^ Léonine. 11 s'appliqua fortement àla réformation des mœurs et au rétablissement de la discipline ecclésiastique, tint à ce sujet un concile à Rome en 853, et, pour faire un exemple, déposa Anastase, cardinal -prêtre de Saint-Marcel, pour n'avoir pas résidé dans sa paroisse. C'est le môme Anastase qui disputa la papauté à Benoît III. Nous avons de Léon IV une Homélie adressée aux ( .'êques et aux pasteurs sur leurs devoirs. El oa été publiée le P. Labbe, et se trouve dons le Pontifical romain. Cinq jours après sa mort, Be-
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noft III fut élu pape : ce qui détruit l'opinion fabuleuse de ceux qui ont placé le pontificat prétendu de la papesse Jeanne entre ces deux pontées. Voy. Benoît 111 et Jrvn VIL
ILEON V,- natif d'Andréa* succéda au pape Benoit IV en §09. Il fut cha-sé et mis en prison environ un mois après par Christ op e, qui s'empara de son siège. Léony mourut de chagrin le 6 décembre de la mômrt année.
LEON VI, romain, succéda au pape Jean X, .e 0 juillet. 1)28, et mourut au commencement de février 999. Ouelqucs-uns prétendent que c'était un intrus, placé sur le saint siège par les ennemis de Jean X. Etienne Vil fut son successeur.
LEON VII, romain, fut élu pape après la mort de Jean XI, en 930, et n'accepta cette dignité que malgré lui. Il fit paraître beaucoup de zèle et de piété dans sa conduite, et mourut en 939. Il est appelé Léon VI dans plusieurs catalogues. Il eut Etienne VIII pour successeur. On a de lui une Lettre h Hugo, abbé de Tours, insérée dans le Spicilége de dom d'Achery. Elle est une preuve de son zèle pour la discipline monastique.
LEON VIII fut élu pape après la déposition de Jean XII, le 6 décembre 963, par l'autorité de l'empereur Othon. Fleury en parle comme d'un pape légitime ; mais Baronius et le P. Pagi le traitent (rintrus et d'antipape. Au reste, ce fut la grande probité de Léon qui détermina les suffrages en sa faveur ; et quoique pendant la vie de Jean XII on n'ait pu le regarder comme canoniquement élu, rien n'empêche qu'il ne puisse être considéré comme pape légitime après la mort de ce pontife, surtout lorsque Benoît V, qui avait clé élu pour succéder à Jean XII, eut, pour finir le scandale, acquiescé à sa propre déposition, quoique injuste. Enfin, en le plaçant dans le catalogue des papes légitimes, on ne fait que suivre tous les anciens historiens qui lui ont accordé cet honneur. Il mourut au mois d'avril 105; o- lé 5 juillet de celte année, Jean XIII fut élu pape après la mort de ces deux pontifes.
LEON IX (saint), appe.e auparavant Brunon, fils du comte Egisheim, né en Alsace le 21 juin 1002, passa du siège de Toul à celui de Rome le 11 février 10i9, par Je crédit de l'empereur Henri 111, son cousin, qui le fit élire à Worms par les évoques, les grands de l'empire et les légats de l'Eglise romaine. Elevé au pontificat malgré lui, il partit pour Rome en habit de pèlerin, et ne prit celui de souverain pontife que lorsque les acclamations de joie du peuple romain l'eurent dé^terminé à accepter la tiare. Le nouveau pontife assembla des conciles en Italie, en France, en AUemagne, soit pour remédier au mal, soit pour introduire le bien. En 1050, il tint à Rome un concile où les erreurs de Bérenger sur l'Eucha.istie furent condamnées. La simonie et le concubinage étaient alors les deux plus cruels iléaux de l'Église ; mais la vigilance sévèi e av. g laquelle les souverains pontifes les repoussèrent prouve assez que i.e mal n'était ni général, ni toléré. Léon IX