‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 238 sur 323 · H 57 LEO · texte numérisé non relu

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porta un décret, dans un concile tenu à Rome en 1051, où il était dit, que « les femmes « qui, dans l'enceinte dés murs de Home, se « seraient abandonnées à des prêtres, se- « raient à l'avenir adjugées au pelais de La- « tr.tn comme enclaves. » C'est sons son pontificat que le schisme des Grecs, dont Photius avait jeté les premiers fondements, éclata par les écrits do Michel Cerularius, patriarche de Constantinople. Léon réfuta solidement ces écrits, et fit une belle apologie de la discipline observée parmi les Latins. En 1053, il se rendit en Allemagne pour demander du secours contre les Normands, et en obtint. Ayant armé contre ces guerriers, il lut battu et pris près de Rénévent, qui', sous son pontificat, avait été donné au saintsiége par l'empereur Henri III. Après un an

par ses 1054. Il

de prison, il" fut conduit à Rome vainqueurs, et mourut te 19 avril avait passé le temps de sa cnptivitô dans les exercices de la pénitence. L'archidiacre \\ibert a écrit en latin sa VU, que le P. Sirmond a mise au jour, Paris, 1615, in-8", et qui se trouve dans leThcsaurusAnccdolorum de dom Martène. On a de ce saint pontife des Sermons dans les Œuvres de saint Léon, des Epîtres décrétâtes dans les conciles du P. Labbe, et une Vie de saint Jlirfulphc, dans le Thé», anecdoct. de dom Martène.

LEON X (Jean et non Julien de Médicis), fils de Laurent do Médicis, naquit à Florence le 11 décembre 1475. 11 fut créé cardinal à 15 ans, par Innocent VIII, et devint dans la suite légat de Jules II. Il exerçait cette dignité à la bataille de Ravenne, gagnée par les Français en 1532, et il y l'ut fait prisonnier. Les soldats qui l'avaient pris, charmés de sa bonne mine et de son éloquence, lui demandèrent humblement pardon n'avoir osé l'arrêter. Après !a mort de Jules II, il obtint la tiare, le 5 mars 1513. Léon X fit son entrée à Rome le 11 avril, le même jour qu'il avait été fait prisonnier l'année précédente, et monté sur le même cheval. Ce pontife avait reçu l'éducation la plus bridante : Auge Politien et Démétrius Chalconlyle avaient été ses maîtres. Sa famille était celle des beaux arts ; elle recueillit les débris des lettres chassées de Conslanlinople par la ba;barie turque, et mérita que ce siècle s'appelât Je siècle des Médicis. Léon X joignait au goût le plus fin la magnificence la plus recherchée. Le nouvau pontife vécut, si on en croit quelques auteurs, en prince voluptueux; mais Paul Jove, qui d'ailleurs ne lui est pas favorable, en condamnant ses dépenses excessives et ses profusions, rend le plus beau témoignage à la pureté de ses mœurs. Dans le sein de la magnificence et des plaisirs fastueux, Léon X n'oublia pas les intérêts du pontificat. Il termina les différends que Jules II avait eus avec Louis Xll, et conclut en 15171e concile dcLatran. Il choisit ses secrétaires parmi les plus beaux. esprits <le l'Italie. Le style barbare de 1 ; daterie fut aboli et fit pia)o*e àl'él'oquence douce et pure des cardinaux iîtm.bo et Sadolet. Il fit fouiller dans Jes bibliothèques, déterra

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les anciens manuscrits, et ne ménagea aucune dépense pour se Tes procurer; il acheta 500 sequi s ( 5,.';00 IV.) un seul exemplaire d s "ir.q premiers livres do Tacite, qui fuii . . t trouvés dans l'abbaye de Gorwcy, en Wësfphalié : il se procura des éditions exactes des meilleurs auteurs de l'antiquité. Les poètes étaient surtout les objets de sa complaisance ; il aimait les vers, et en faisait de très-jolis. Dans le temps qu il préparait aux hommes des plaisirs purs, en faisant renaître les beaux arts, il se forma une conspiration contre sa vie. Les cardinaux Pctrucci et Soli, irrités de ce que ce pape avait été le duché d'Urbin à un neveu de Jules II, corrompirent un chirurgien qui devait panser un ulcère secret du pape; et la mort de Léon X dëVait être le signal d'une révolution dans beaucoup de villes de l'état ecclésiastique. La conspiration fut découverte; il en conta la vie à plus d'un coupable. Les doux cardinaux furent appliqués à la question et con amnés à la mort. On pendit le cardinal Pc'rucei dans la prison en 1517; l'autre radiera sa vie par ses trésors. Léon X, pour faire oublier le supplice d'un cardinal mort par la corde, en créa 31 nouveaux. Il méditait depuis quelque temps deux grands projets : l'un était d'armer les princes chrétiens contre les Turcs, devenus plus formidables que jamais sous le sultan Sélim II; l'autre d'embellir-Rome et d'acbever la basilique ne Saint-Pierre, commencée par Jules il, le plus beau monument qu'aient jamais élevé les hommes. I! lit publier en 1518 des indulgences plénières dans toute la chrétienté, pour contribuer à l'exécution de ces doux projets. Il s'éleva à celte occasion une vive querelle en Allemagne, entré les dominicains et les augiislins. Ceux-ci avaient toujours été en possession de la prédication des indulgences; ils virentavec peine la préférence donnée aux dominicains. Luther se fit l'organe de leur mécontentement.C'était un moine ardent, infecté des erreurs de Jean Huss. (Voxj. Luthek. ) Ses prédications et ses livres enlevèrent des peuples entiers à l'Eglise romaine. Léon X tenta vainement de ramener l'hérésiarque par* la douceur; il fut enfin forcé de l'an: tbématiscr par deux bulles consécutives, l'une en 15:20, l'autre en 1521. Le feu de la guerre s'alluma vers le même temps dans toute l'Europe. François 1er et Charles-Quint recherchant l'alliance de Léon X, ce pontife flotta longtemps entre ces deux princes ; il fit presque à la fois un traité avec l'un et avec l'autre ; en 1520 avec François Ier, auquel il promit le royaume de Naples, en se réservant Gaète ; et en 1521 avec Charles-Quint, pour chasser les Français de l'Italie, et pour livrer le Milanais à" François Sforce, fils puîné de Louis le Maure, et surtout pour . donner au saint-siége Feirare, qu'on voulait toujours ôter à la maison d'Est. On a ridiculement prétendu que les malheurs de la Franco clans cette guerre lui causèrent tant de plaisir qu'il fui- saisi d'une fièvre, dont ii mou le 1" décembre 1521, a 40 ans moins dix jours. Mais il paraît [dus probable que le poi-

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son termina sa vie. Son talent était de manier tes esprits ; il s'empara si hii*n de celui de François I", dans une entrevue qu'ils eurent à Bologne en 1515, que ce prince consentit à l'abolition de la Pragmatique. Voy. Frahçois 1". Le goût du luxe, goût plus convenable à un prince qu'à un poulife, les moyens qu'il employa pour élever sa famille, son humeur vindicative, ternirent l'éclat de ses bonnes qualités, et celui que les beaux-arts avaient répandu sur son pontificat. U ne faut pas croirH cependant tous les bruits répandus sur Léon X par les protestants, qui l'ont peint comme un athée qui se moquait de Dieu et des hommes. Ces bruits scandaleux ne sont fondés que sur de prétendues anecdotes, et sur des propos qu'il est impossible qu'il ait tenus. On sent assez que ces sectaires ont dû se déchaîner contre le pont.fe qui avait lancé la prem ère excommunication sur le patriarche et ses adhérents. Un auteur moderne, calviniste anglican, rend à Léon X plus de justice que ses coreligionnaires. Voici comment il le .juge après a\oir balancé les opinions et les jugements divers des historiens. («-Il nous reste les lémoigna- « ges les plus satisfaisants sur la pureté de « mœurs qui distingua ce pape lant dans sa « première jeunesse que lorsqu'il parvint au « souverain pontificat ; et l'exemple de « chaste: é et de décence qu'il a donné est « d'autant plus remarquable qu'il était plus « rare dans le siècle où il a vécu. » « Le « gouvernement de Léon X, dit un écrivain « judicieux, est le ta.deau d'un siècle entier, « auquel il a eu la gloire d'imposer son « nom. » Non-seulement ce siècle fut celui des grands hommes, mais des femmes aussi s'y distinguèrent, telles que Constance d'Avalos, Tullie Arragon, Laure Balt fua, Victoire Colonne, Véronique Gambara, Gaspara Stampra. Léon X ne dédaignait pas d'admettre à sa table les beaux-esprits ue son époque. C'était son uélassement a. Tes les soins assidus qu'il donnait à ses Etais. Protecteur éclairé des lettres, il avait choisi ses secrétaires parmi les bons écrivains de 1 époque. Il rétablit le gymnase de l'université de Rome, et lui ri-nd.t ses revenus, employés depuis longtemps à d'autres usages; des t,rofesseurs j furent appelés de toutes parts pour y enseigner la l êulugie, le droit canon, le droit civil, la philosophie morale, la rhétorique, la logique, les mathématiques, la médecine, la langue grecque, etc. On ne connaît de ce prélat qu'une pièce de vers latins, composée pendant son cardinalat, sur une statue de Cléopàtre qu'on venait de découvrir. On peut consulter Y Histoire de LéonX par Will. Roscoë, Londres, lo05, k vol. in-V, traduite en français p.ir P.-F. Henry, Par.s, 1808, k vol. in-8°. L'Histoire de Léon X et de son siècle, a été écrite aussi de nos jours par M. Audin, 2 vol. in-8°.

LEON XI ( Alexandre-Octavien, de la maison des Médicis, cardinal de Eiorence), fut élu pape le 1" avril 1005, et mourut le 27 du même mois, à 70 ans, infiniment regretté. Ses vertus et ses lumières présa-

geaient aux Romains et a l'Eglise un règne glorieux.

LEON (Pierre de), antipape. Voy. Innocent H.

LEON XII (le cardinal Annibal délia

Genga), né le 2 août 17o0, dans la terre de ce nom, ancien fief de sa maison, situé dans le diocèse de Spolette, fut promu par Pie VI à l'ai chevêche deTyr [in partibus), en 1793, et envoyé nonce à Cologne; plus tard, Pie Vil lui confia la mission importante de nonce extraordinaire à la diète de Kalisbonne, pour pourvoir aux besoins des Eglises d'Allemagne, après les sécularisations et les envahissements de 1803. il eut à ce sujet plusieurs conférences à Ratisbonne en 180i, et il y déploya beaucoup de zèle et de talent, mais il ne put triompher de la diffi culte des circonstances ; au bout de quelques années, il se vit obligé de quitter l'Allema gne et de retourner en Italie. Délia Genga y fut témoin de la persécution suscitée par Napoléon contre Pie VII, et après que cô ponlife eut été arraché de sa capitale, il &e retira dans sa famille. Le pape, en rentrant dans ses Etats, en 1814., Je nomma nonce extraordinaire à la cour de France, et le cha gea de complimenter Louis XVI11 sur son retour. L'archevêque de Tyr revint à Rome sur la fin de la môme année, et fut le premier cardinal nommé dans la nombreuse promotion du 8 mars 1816. Il succéda, en 1820, au cardinal Litta, dans les fonctions de cardinal-vicaire de Sa Sainteté, et était de plus préfet des congrégations de la résidence des évèques, des immunités ecclésiastiques, et du spirituel au collège et séminaire romain, lorsqu'il fut élu pape après la mort de Pie Vil le 27 septembre 1823; alors il prit le nom de Léon Xll. Son couronnement eut lieu le 5 octobre. U s'occupa d'abord du soulagement des pauvres, et remit en vigueur une ancienne coutume introduite par saint Grégoire le Grand, qui voulait que tous les jours douze pauvres trouvassent à dîner dans son palais- Léon s'occupa aussi des besoins de l'Eglise, et s'empressi de pourvoir aux évèchés vacants. Le 5 février 1829, il commença à ressentir les atteintes de la maladie qui devait l'emporter : il rendit le dernier soupir le 10 du même mois, vers les 10 heures du matin, après une longue et tranquille agonie. Léon XII excita le zèle dus tideles pour la reconduction de l'église d Saint-Paul ; délivra les environs de Rome des malfaiteurs qui les infestaient; embellit Rome, encouragea les sciences et les arts, enrichit la bibliothèque du Vatican et les musées, d^nna des soins particuliers à l'instruction et aux études, fit des règlements très-sages sur l'administration publique, la justice et Je commerce, favorisa les établissements de charité et remplit tous les de voirs de pontife, de prince et de père commun. 11 aidait de ses conseils tous ceux qui avaient en lui quelque confiance. L'élection de Léon Xll, dit le Mémorial catholique de mars 1829, avait été une marque de la protection divine sur l'Eglise. Les plus tou-r

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chantes vertus s'alliaient en lui à la prudence et à la fermeté, si nécessaires aujourd'hui. Ses hautes lumières égalaient son zèle. Il connaissait les besoins du siècle, et méditait, dans sa sagesse, les grands devoirs que le nouvel état du monde prépare à la souveraineté spirituelle. Quoique la courte durée de son pontificat ne lui ait pas permis de déployer ses salutaires desseins, entourés d'ailleurs d'obstacles de tout genre, quel-

2ues-uns de ses actes font connaître quelles taient ses vues. Il croyait que, sans changements brusques et violents, l'autorité spirituelle devait tendre à se dégager des liens Eolitiques, et à exercer, avec une pleine lierté, la puissance qui lui appartient. C'est ce que montre sa conduite à l'égard des républiques de l'Amérique méridionale. Au lieu de subordonner à des considérations d'un ordre inférieur les intérêts de la religion, il s'éleva au-dessus des questions agitées parla diplomatie, et remplit avec indé--pendance le premier devoir d'un pape, celui de pourvoir, en tout état de choses, à la perpétuité du ministère pastoral. Le même Mémorial nous apprend que les derniers jours de la vie de ce pontife ont été attristés par l'abus que l'on a fait en France de la lettre écrite par le ministre secrétaire d'Etat du gouvernement pontifical au sujet des ordonnances relatives aux séminaires, mais que la vérité n'a pas tardé à percer à travers toutes les intrigues, et il cite un passage de la réponse du pape, qui prouve que ce pontife n'a pas approuvé une circulaire, rédigée par quelques évêques, et adressée à M. Feutrier, laquelle reconnaissait au gouvernement des droits de surveillance. Le pape souligna ces mots, et y joignit les observations suivantes : « Cette note tombe sur cette « expression qui, dans le sens si large qu elle « peut présenter ici, ne doit certainement pas « être soufferte dans l'Eglise du Christ, et a « été rejetée d'une voix unanime dans plus « d'un concile. La même expression ne peut « être admise et employée maintenant par « un illustre corps d'évêques ; car elle ne peut « l'être sans un grave scandale et au détri- « ment de l'Eglise. » Nous terminerons cet article en citant ce passage de la Quotidienne du 19 février : « Léon XII a vécu orné de « vertus et de science; c'était un des esprits « les plus grands de son siècle : son carac- « tère était doux et ferme, il savait les hom- « mes et les choses de son temps ; rien ne « manquait à ce pontife pour gouverner l'E- « glise de Dieu, de manière à la faire sortir « triomphante du milieu des tempêtes. L'ita- « lie a béni la douceur de son sceptre, et le « monde a admiré la prévoyance de son au- « torité ; il a calmé des irritations profondes « et apaisé des haines furieuses. L'Eglise de « Belgique commençait à jouir de sa sainte et « souveraine intervention ; les Etats dissi- « den's cédaient à l'ascendant de son génie ; « l'Allemagne s'étonnait de voir plusieurs « de ses grands princes passer sous l'auto- « nté de la foi divine, dont il leur présen- « tait le flambeau. De grandes conquêtes ont Pictionn. de Biographie relig. II.

« illustré son court pontificat. Le catholi- « cisrae s'étendait de toutes parts. L'Améri- « que, agitée par les usurpations, gardait « l'antique lumière et le lien vénérable de la « religion ; et pour mêler à ces sacrés dece voirs du pontificat des bienfaits d'un ordre « moins imposant, la culture des sciences et « des beaux-arts donnait du charme à l'aus- « tère dignité d:; son commandement. L'ita- « lie présentait le doux exemple d'un peuple «gouverné comme une famille; l'autoiité « des patriarches se rendait vivante, et le « monde pouvait savoir ce que c'est que « le sceptre de la royauté , lorsqu'il est « adouci par la religion et sanctifié par les « vertus. » M. Artaud de Montor a écrit une Histoire de Léon XII, 1 vol. in-8".

LÉON VI , empereur d'Orient , surnommé le Sage et le Philosophe, fils de Basile le Macédonien , monta après lui sur le trône , en 886. L'empire était ouvert à tous les Barbares : Léon voulut dompter les Hongrois, les Bulgares , les Sarrasins ; mais il ne réussit contre aucun de ces peuples. Les Turcs, appelés à soii secours , passèrent en Bulgarie, mirent tout à feu et à sang, enlevèrent des richesses immenses, et firent un nombre prodigieux de prisonniers , qu'Us vendirent à Léon. En se servant des armes des Turcs, Léon leur ouvrit le chemin de Constantinople, et après en avoir été les soutiens, ils en furent les destructeurs. Il se montra meilleur politique en chassant de son siège le patriarche Photius. Un des successeurs de cet homme fameux, le patriarche Nicolas, excommunia l'empereur, parce qu'il s'était marié pour la quatrième fois , ce que la discipline de l'Eglise grecque défendait. Il tei ruina cette affaire en faisant déposer le patriarche. Léon mourut de la dyssenterie en 911, à l'âge de 46 ans. Il fut appelé le Sage et le Philosophe par des flatteurs qui distribuaient , comme aujourd'hui, la célébrité selon leurs intérêts. « Ce prince , surnommé le Philosophe, je « ne sais pourquoi (ilitle traducteur (les Avis « de l'empereur Basile à Léon, son fils et son « collègue), ne fut qu'un pédant sans vertus, « qui fit des livres , se laissa battre par ses « ennemis , et donna à ses sujets l'exemple « d'un libertinage scandaleux. » 11 se plaisait à composer des Sermons , au lieu de s'occuper de la défende de l'empire. Nous en avons trente-trois pour différentes fêtes dans la Bibliothèque des Pères ; Combefis, Savile, Mafl'ei et Gretser en ont publié quelques-uns. L'éloquence de ce prince tenait beaucoup de la déclamation. Il nous reste encore de lui : Opus Basilicon, dans lequel on avait rassemblé toutes les lois des empereurs grecs. Les Basiliques (Opus Basilicon) avaient été compilés par Basile : ils furent retouchés par les soins de Léon VI; ils étaient en soixante livres , dont quarante-sept ont été publiés en 1647 , par G.-A. Fabrol; quatre autres ont été publiés depuis par Beitz, avec une version latine de Buhnkenius , sous ce t.tre : Operis Basilici Fabrotiani supplementum , Lcyde , 1765, in-fol. Noicllœ constitulioucs, au nombre de cent treize, avec des Epitome

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pour corriges plusieurs nouveautés que JustiniVii avait introduites. Leunclavius les a (tonnées à la lin de son abrégé du Basilicon, Baie, 1575. L'u Traité de tactique, publié par Mem i is . Leyde, Kii,{, in-V". C'est le plus intéressant de ses ouvrages. On y voit l'ordre, des batailles de son temps , h [a manière de

combattre dos Hongrois et des Sarrasins. Ce

livre, important i»our la connaissance du Bas-Empire, a été induit en français par M. de Maizeroy, Paris, J771, 1 vol. lu -S". Ou a encore de cel empereur un Cantique sur le jugement dernier, traduit en lutin par Jac-

SPontarus; des Prédictions sur le sort e Constantinople, recueillies par George Codiniis dans son ouvrage De imperatoribus constantinopolitanis, ipu fut publj • par Pierre Lambecius, Pai is, 1655, in-folio; et nue Lettre à Omar, pour prouver la vérité de la religion chrétienne et [Impiété de celle des Sarrasins; on la trouve dans les nouvelles éditions de la Bibliothèque des Pères. Léon VI avait, connue on le voit, la prétention de prédire l'avenir; mais ses oracles obscurs ne trouvèrent do croyance que chez les Grecs superstitieux. Rutgersius a publié les seize premiers avec une version latine, et l'on doit à Leunclavius le dix-sej tième , qui était resté inédit. Les bibliothèques de Florence et du Vatican possèdent plusieurs autres ouvrayesinanusc.de Léon. L'on trouve de lui vingt-sept vers rétrogrades en grec, dans les Èxcerpta grœe. rhet..f de Léo Allatius, Rome, 1641, in-8", pag. 398.

LÉON (saiut), évoque de Rayonne, et apôtre des Basques, était de Carentan en Basse- Normandie. Il fut chargé d'une mission apostolique par le pape Etienne V, pour le pa,ys des Basques, tant en deçà qu'au delà des Pyrénées; mais pendant qu'il exerçait son ministère, il fut martyrisé vers l'an" 900 par les idolâtres du pays.

LÉON le Grammairien, qui vivait dans le xne siècle, composa une Chronique de Constantinople, sous le titre de Chronographia res a récent, imperutor. geslas complectens : elle comprend l'histoire des empereurs depuis 813 jusques à 929, c'est-à-dire depuis Léon l'Arménien jusqu'à Constantin Vil.

Elle est jointe à la Chronique de saint Théophane, imprimée au Louvre en 1655, in-fol., et fait partie de la Byzantine; elle a été traduite en latin par Jacques Goar, et en français par Cousin.

LEON d'ORVIÈTE, Léo Urbevetanns, natif de cette ville, dominicain suivant les uns,, et franeiscansuivantd'autres, laissadeux Chroniques, l'une des papes, qui finit l'an 1314, et l'autre des empereurs, qu'il a terminée à l'an 1308. Jean Lami les publia toutes deux en 1737, en 2 vol. in-8°. Le style de Léon se sent de la barbarie de son siècle. Il adopte plusieurs fables que la lumière de la Critique a dissipées. A ces défauts près , son ouvrage est utile pour l'histoire de son temps.

LEON de MODËNE, célèbre rabbin de Venise auxviP siècle, dont le véritable nom était Juda Arié, naquit à Modjène vers 1574 et mourut à Venise eu I05i. il se distingua dans la poésie hébraïque et dans la poésie

italiennes II est auteur d'une oxcoUcnto Uistoire des rites et coutumes des Juifs, en italien.

La meilleure édition de cet ouvrage esi celle de Venise, en 10:58. Richard Simon a donné une traduction française de ce livre, Paris, loTV, û>12, qui instruit en peu de mots des Coutumes des Juifs, et surtout des anciennes, auxquelles l'auteur s'attache plus qu'aux modernes. L'édition de celte Irad., do Paris, 1081, in-12, est préférable à la précédente. Le traducteur a enrichi sa version de deux morceaux curieux.) sur la secte d es CaraUvs, l'an Ire sur cel le des. Samaritains d'aujourd'hui, çt d'une seconde partie intitulée : Comparaison des cérémonies des juifs et delà discipline de l'Eglise ; arec un Discours touchant les différentes messes ou liturgies qui sont ru, usage dans tout le monde. Elle est dédiée à Bossuct. On a encore de Léon un Dictionnaire hébreu et italien, Venise, 1012, in-4° ; 2' édition augmente, Padoue, lG'i-0, in-4° ; Bibliahebrœa rabbinica, Venise, 1610, 4 vol. in-fol. : cette édition renferme le Targum, la grande et la petite Massore, les commentaires des Rabbins., et tout ce qui se trouve dans les premières éditions de Bombe.rg; mais il y a plus de trois cents corrections. Elle fut soumise à la censure des inquisiteurs; Désert de Juda, Venise, 1598 et 10J2, in-4° : c'est un recueil de discours qui neinanquent pas d'élégance; Histoire aé la Pdûue, en italien, caractères hébraïques, avec le texte hébreu à côté, suivie de plusieurs hymnes, Venise, 1609, in-fol.; Eviter le mal, dialogue sur les jeux de hasard, Venise, 1595 et 1615, in-8"; Leipzig, 1056, in-8° , avec une traduction allemande d'un juif devenu chrétien, nommé Frédéric Albert, sous le titre de Lusor doctus, sed non conversus ; un livre de morale intitulé : Rejeton de justice, Venise, 1585, in-8° ; Cœur de lion, Venise, 1617, in-4°, où Léon de Modène traiteue la mémoire artificielle et de iamanière d'apprendre toutes sortes de sciences; etc.

LEON (Louis de), Aloysius Legionensis,religicux augustin , professeur de théologio à Salamanque, se rendit très-habile dans le grec et dans l'hébreu. 11 fut mis à l'inquisition pour avoir commenté d'une manière assez inconsidérée le Cantique des cantiques. Il y donna des exemples héroïques de patience et de grandeur d'àme, et sortit de son cachot au bout de deux ans. On Je rétablit dans sa chaire et dans ses emplois. Il mourut en 1591, à 64 ans. Il avait le génie de la poésie espagnole, et ses vers avaient de la force et de la douceur ; mais il est plus connu par ses livres théologiques. Son principal ouvrage est un savant traité en latin intitulé: De utriusque Agni, tgpici et veri, immolât ionis legitimo tempore. Le P. Daniel a donné ce livre en français, 16D5, in-12, avec des réflexions. L'original et la copie sont également curieux. Son Commentaire sur le Can tique des cantiques parut à Venise en 1604, in-8°, en latin.

LÉON de SAINT-JEAN, carme, né à Rennes l'an 1600, était appelé, avant son entrée en religion, Jean Macé: il fut élevé successivement presque à toutes les charges de

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son ordre, dont il devint provincial et s'acquit l'estime de Léon XI, d'Alexandre VII, de plusieurs cardinaux , et des grands hommes de son siècle. Il prêcha devant Louis Xlfl et Louis XIV avec applaudissement. Ami intime du cardinal de Richelieu, il recueillit les derniers soupirs de ce ministre. Il mourut le 30 décembre 1671, à Paris, après avoir publié un très-grand nombre d'ouvrages ; les principaux sont : Vie de François d Amboisc, Paris, 163V ; Viedesainte Madeleine de Pàzzi, Paris, 1636, in-S° ; Histoire de la province des Carmes de Tours, en laiin, Paris, 1640, in-4° ; Journal de ce qui s'est passé à la maladie et à ta mort du cardinal de Richelieu, Paris, 1643, in-V°; plusieurs ouvrages ascétiques ; et quelques-uns pour soutenir la prétendue antiquité de son ordre ; Studium sapientiœ universalis, 3 vol. in-fol. : le premier parut à Paris en 1657; il comprend les sciences profanes; les deui autres ont été imprimés à Lyon, en 1664 ; ils ont pour but la science delà religion : on estime principalement ce quiregardela théologie dogmatique. Le style de cet ouvrage est pur et coulant. La Somme des sermons pare'nétiques et panégyriques , 4 vol. in-folio, Paris, 1671-75.

LÉONARD (saint), solitaire du Limousin, mort vers le milieu du vie siècle, a donné son nom à la petite ville de Saint-Léonardle-Nobïet, à cinq lieues de Limoges. Il avait été baptisé, dit-on, par saint Rémi qui, après l'avoir chargé de prêcher la foi aux peuples, le présenta à la cour de Clovis. Léonard demanda pour toute faveur la permission de visiter les prisonniers, et de délivrer ceux qui sembleraient mériter leur grâce. Après s'être acquitté de ce devoir, il revint dans sa retraite. Le concours des néophytes qui l'y suivirent fut si grand, qu'il donna naissance à la petite ville de Saint-Léonard-!e-Nob!et. h" Histoire de sa vie, écrite par un anonyme, est pleine de faussetés et de fables absurdes. On estime jolie de l'abbé Oroux, imprimée à Paris, chez Rarbou, en 17G0, et dans Raillet, au 6 novembre, jour où l'Eglise honore sa mémoire. LÉONARD MATTHEI d'UDINE, dominicain du xve siècle, ainsi nommé du lieu de sa naissance , enseigna en 1428 la théologie avec réputation, et fut l'un des plus célèbres prédicateurs de son temps. En 1435, il prêcha à Florence devant Eugène IV ; puis il parut avec éclata Venise, à Rome, à' ;;:ilan, etc., et devint successivement prieur du couvent de Saint-Dominique de Bologne, ensuite provincial de touie la Lombardie. Il mourut vers l'an 1470. On a de lui un grand nombre de' Sermons latins, dont le mérite est trèsmédiocre; mais comme les éditions en sont anciennes, quelques curieux les recherchent. Les principaux sont : ceux De sanctis, 1473, ceux du Carême , Quadragesimale aureum, Paris, 1478, in-fol. Il a laissé a«ssi un Tractatu» mirabilis de «wftptéine Christ i, m Iridao morti's effuso ; an fuerii, vniîus Divinitatt? Venise, 10:*7, in-4". Cette question ihéoîygique occupait les écoles d'itabe en 1463. LEONARDI (Jean), instituteur de la con-

grégation des Clercs-Réguliers de la Mère de Dieu, de Lucques, né à Décimo en 1541, érigea cette association en 1583. Il avait d'abord étudié la pharmacie à Lucques ; il s'associa ensuite à un artisan de cette ville qui consacrait le produit de son travail au soulagement des pauvres religieux et pèlerins. Au bout de dix ans il commença ses études théologiques et fut ordonné prêtre en 1571 . Après avoir ouvert des conférences, il engagea ses plus assidus auditeurs à faire partie de sa congrégation. Le but de cet instiiut était de consacrer une vie pauvre et laborieuse à l'instruction de la jeunesse. Le pieux instituteur essuya des contra actions à Lucques; mais il en fut dédommagé par l'estime du pape Clément VIII, et du grand-duc de Toscane. Il mourut à Rome en 1609, à 69 ans. On a de lui quelques ouvrages peu connus, et il est plus recommandable comme fondateur que comme écrivain. Sa Vie a été donnée en italien par Maracci, prêtre de sa congrégation, Venise, 1617, in-fol. On en trouve un extrait dans V Histoire des ordres religieux du P. Hélyot, tom. IV; une autre Vie de Léonardi a été publiée par le P. Ch. Ant. Erra, Rome, 1759,in-8\

LÉONCE (saint), né à Nîmes en Languedoc, évoque de Fréjus en 361, se fit un nom par son savoir, et édifia par le spectacle des plus éminentes vertus. C'< st lui qui engagea saint- Honorât, son ami, q .i voulait mener la vie solitaire, à se fixer dans son diocèse, et lui désigna l'île de Lérins, où il bâtit le célèbre monastère de ce nom. Cassien, fondateur de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, dédia à saint Léonce, vers J an 423, les ;ix premiers livres de ses Conférences. Quelques auteurs ont cru qu'elles furent dé.iiées à un évoque nommé aussi Léonce, mais autre que le saint dont nous parlons; ce sentiment n'est point appuyé sur des preuves satisiaisanies. Saint Léonce mourut, suivant ia commune opinion, vers 450; mais Anthelmiy dans son ouvrage De iniliis Ecclesiœ Fofojuliensis,< parait rrouver solidement qu'il mourut vers l'an 432 ou 433. On compte ce Saint évêque parmi ceux des Gaules auxquels les papes Boniface et Célestin écrivirent pour desaffaires importantes. La lettre du premier concernait les mesures à prendre dans la cause de Maxime de Valence, contre lequel on avait porté des plaintes graves au saintsiège. 11 s'agissait, dans celle de Célestin, d'imposer sdence aux semi-pélagiens, qui attaquaient la doctrine de saint Augustinsur la grâce. On a quelquefois donné à cet évêque le titre i'e martyr, mais sans fonderaient. LÉONCE le Scolaslique, prêtre de Gcnstantmople dans le vr siècle, a laissé plusieurs livres d'histoire et de Urologie, entre autres un Traité du concile de Chalcédoin1?, qu'oui trouve dans la Bibliot': 'que dcsPrrcs; et dans5 le quatrième vol; ime | ';; tiennes leçons m Ganishis, in-4\

évùni en Breta-

gne au vr siècle?, : ,s de Galies. .

Ses travaux apostoliques et ses vertus l'ont ; fait mettre au nombre des saints.

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LEOPOLD (saint), Bis de Léopold In Bel, marquis d'Autriche, succéda à son père en 1096. Sa vertu lui mérita le titre de Pieux. Pénétré des maximes de l'Evangile, dont il

avait l'ait de lionne heure nue étude particulière, il sentit que la religion était la même pour les princes et pour les particuliers; il mortifia ses passions, renonça aux plaisirs

du inonde, nourrit son âme de la prière, pratiqua tontes sortes de bonnes œuvres, et répandit surtout des aumônes abondantes dans le sein des malheureux. Les Autrichiens étaient alors aussi grossiers que superstitieux ; il travailla à adoucir leurs mœurs, à les former aux œuvres et au véritable esprit du christianisme. Ces entreprises réussireni au delà de ses espérances. Léopold fit le bonheur de ses sujets, diminua les impôts, traita avec une égale bonté le pauvre et le riche, et fit rendre à tous une justice trèsexacte. Sa valeur, égale à sa piété, éclata sous l'empereur Henri IV, et se soutint sous Henri V, qui lui donna, en 1106, Agnès sa sœur en mariage. Après la mort de ce prince, il eut plusieu.s voix, pont lui succéder à l'empire; mais Lothaire l'avant emporté, Léopold se fit un devoir de le reconnaître. Apres un règne glorieux, ce prince mourut saintement en 1136 : il avait fondé plusieurs monastères. Innocent VIII le canonisa en 1486. Il avait eu d'Agnès 18 enfants, 8 garçons et 10 filles, qui se montrèrent dignes de leurs illustres parents.

LEPAIGE(JEA>j,chanoinerégulier de l'abbaye de Prémontré, et docteur de Sorbonne, fut élu [trieur du collège de Prémontré, dans l'université de Paris et procureur-général de l'ordre. A la mort de l'abbé général Gosset, en 1635, le cardinal de Richelieu voulut se faire élire abbé de Prémontré, comme il avait déjà été élu abbé de Cluni. Lepaige, qui favorisait le projet du cardinal, auquel s'opposaient et le cha| titre de l'abbaye de Prémoniré et tous les abbés des pays étrangers, fut déposé de sa place de prieur du collège, et perdit aussi la procure générale, lise fit alors pourvoir du prieuré-cure de Nantouillet en Brie, où il mourut vers 1650. On a de lui : Bibliotheca Prœmonstratensis ordinis, Paris, 1633, in-folio, en deux parties, dont la première est dédiée au pape Urbain VIII, et la seconde au cardinal de Richelieu. Cet ouvrage est malheureusement fautif, et il fut question, dans plusieurs chapitres généraux, de le réimprimer avec les corrections convenables.

LEPELLETIER. Voy. Pelletier.

LEPLAÏ. Voy. Plat

r.EPROUST (le P. Pierre), religieux de Pc Ire des Ermites de Saint-Augustin, né à Po tiers le W décembre 162i, fit profession au couvent de cette ville sous le nom de frère Ange, le 25 mars 16i2. Après avoir été fait prêtre, il fut chargé par ses supérieurs de professer la philosophie et la théologie, ce qu'il fit pendant dix ans avec beaucoup de succès, puis il s'adonna à la prédication, et parut avec distinction dans les chaires de Berry, de Bretagne et de Paris. Il engagea presque toute sa famille à se consacrer à

Dieu : trois de ses frères entrèrent dans l'ordre des Capucins, et deux de ses sœurs se firent religieuses. Elu en 1(159 prieur du couvent de Lamballe, le P. Leproust fut nommé visiteur en 1662. Il fit célébrer avec pompe la fête de la canonisation de saint Thomas de Villeneuve, religieux auguslin, puis archevêque de Valence en Espagne, canonisé en 1658 par le pape Alexandre VIL L'ardente charité dont il était animé le porta à fonder une congrégation, dont les membres liés à Dieu par les trois vœux de religion, durent se dévouer au service des pauvres dans les hôpitaux. Trois demoiselles nobles et inspirées par une piété fervente secondèrent ses projets, et il les établit en 1662 dans l'Hôlel-Dieu de Lamballe appelé le Petit-Hôpital. C'est ainsi que commença la société des Hospitalières de Saint-Thomasde-Villeneuve, société qui s'étendit promptement, non-seulement dans beaucoup de villes de Bretagne, mais dans les autres provinces, et à Paris, où elle possède quatre maisons, et où réside la supérieure générale. Nommé provincial de son ordre en 1691, le P. Leproust fut obligé de partager son temps entre les soins à donner a sa propre congrégation et ceux que réclamait sa fondation récente. Tourmenté par de graves infirmités dans les dernières années de sa vie, le P. Leproust se fixa au couvent des Petits-Augusiinsde Paris, aujourd'hui le palais des Beaux-Arts, et y mourut le 16 octobre 1697. Sa Vie, écrite par le P. Hivard, son petit-neveu, est conservée manuscrite chez les dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve de Paris.

LEQLTEN. Voy. Quies (Le).

LÉR1 (Jean de), ministre protestant, né en 153i, a la Margelle, village de Bourgogne, fit en 1556 le voyage du Brésil avec deux ministres et quelques autres protestants, que Charles Durand de Viliegagnon, chevalier de Malte, et vice-amiral de Bretagne, avait appelés pour y former une colonie de huguenots, sous la protection de l'amiral de Coligny. Cet établissement n'ayant pas réussi, Lén revint en France. 11 essuya dans son retour tous les dangers du naufrage et toutes les horreurs de la famine. 11 se vit réduit avec ses compagnons à manger les rats et les souris, et jusqu'aux cuirs des malles. On a de lui une Relation de ce voyage, imprimée in-8", en 1578, et plusieurs fois depuis. Elle est louée par de Thou. Léri se trouva dans Sancerre lorsque cette ville fut assiégée par l'armée catholique en 1573, et il publia l'année suivante, in-8°, un Journal curieux de ce siège et de la cruelle famine que les assiégés y endurèrent. Il mourut à Berne en 1611.

LER1DANT (Pierre), avocat au parlement de Paris, né en Bretagne, fut un de ces jurisconsultes du xvme siècle qui contribuèrent le plus par leurs écrits à corrompre les notions du droit, et surtout à renverser les antiques principes qui font la base de la société civile et religieuse : tels *ont : X Examen de deux questions importantes sur te mariage, 1753, in-4% qui n'est qu'un petit pla-

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giat fait à Launoy, tout comme celui-ci avait dépouillé le fameux de Dominis : car ces hétérodoxes docteurs n'ont pas môme le mérite de l'originalité. M. Jacques Clément, chanoine de Ganil, a réfuté cet examen dans son Traité du pouvoir de l'Eglise sur le mariage des catholiques, Liège, 1768, in-i°. {Voy. Dominis, Launoy, Gerbais, Gibert) ; Consultations sur le mariage d'un Juif, 1758, in-4°; Code matrimonial, in-4°, infecté de diverses erreurs. Il a écrit encore sur d'autres matières, comme Y Antifinancier, HGï, in-12; Institutions philosopfiicœ, 1761, 3 vol. in-12. 11 mourut le 28 novembre 1768.

LEROY. Voy. Roy.

LESAGE-TÈN-RROCK , intrépide défenseur de la cause catholique dans les Pays- Ras, avait été élevé dans les erreurs du protestantisme qu'il abandonna dès qu'il connut la lumière de la vérité catholique, à laquelle il consacra toute sa vie et son beau talent. Dès les premiers moments qui suivirent sa conversion, Lesage comprit quelle était la situation de l'Eglise dans les Etats néerlandais, et il entreprit de la relever de l'état d'abjection à laquelle l'avait réduite une oppression de trois siècles, en revendiquant en sa faveur les droits inaliénables qui lui avaient été ravis. Il fut en Hollan le le père de la presse catholique. Ses frères, qui se trouvaient, à l'égard des reformés hollandais, dans une position plus humdiante que celle des juifs, se laissaient aller au découragement, et il ne fallait rien moins que le plus énergique effort de leur part, afin d'obtenir des concessions successives de leurs orgueilleux adversaires. Ce fut Lesage qui commença le combat. Comme les catholiques manquaient d'un organe dans la presse quotidienne, il fonda deux journaux : Catolycke nederlandsche Stemmen, et Godsdient vriend, qui rendaient enfin aux catholiques la conscience de leur nombre et de leur puissance, avec le courage d insister sans relâche sur la reconnaissance et sur la restitution de leurs droits. Lesage était avocat ; à sa réputation incontestée d'un des premiers jurisconsultes du pays, il joignit bientôt celle d'un publiciste éminent. Lorsque le gouvernement des Pays-Ras, agissant avec une violence jusqu'alors inouïe, en vint à fermer les séminaires catholiques, la voix de Lesage foudroya cet acte de tyrannie, et ses protestations trouvèrent de l'écho dans tout le royaume. Un ordre royal le fit jeter en prison, et il fut dès lors considéré comme un confesseur de la foi. La main de Dieu ne tarda pas à s'appesantir sur le persécuteur : on connaît les consé uienees si funestes pour la maison de Nassau de sa persécution anti-catholique, qui lui coûta tout un royaume. Le roi ayant été obligé d'abdiquer, son fils comprit la nécessité de changer de voie, et il se montra plus favorable au catholicisme. L'arrestation et l'exil de l'archevêque de Cologne {Voy. Droste-Vischering) ayant vivement ému les catholiques de Hollande, Lesage «prit énergiquement la dépense du vénérable captif, jusqu'à ce qu'il

le sut rendu à la liberté. Jusqu'à ses derniers jours, il continua de combattre vaillamment pour la foi dans ses journaux qui jouissaient d'une estime et d'une influence extraordinaires. Lesage mourut à Graves dans le Rrabant septentrional le 12 juillet 1847, à l'âge de plus de 70 ans, après avoir été muni de tous les secours de la religion. Chaque jour avant de se mettre au travail il entendait deux messes, à l'une desquelles il recevait ordinai ement la sainte communion.

LESAGE. Voy. Sage (le).

LESCHASSIÉR (Jacques), avocat et substitut du procureur général au parlement de Paris, sa patrie, né en 1559 , mort en 1625 , à 75 ans, se lia d'amitié avec Pibrac, Pithou, Loisel et d'autres savants hommes de son siècle. Pendant la guerre de la ligue, il sortit de Paris pour suivre Henri III et Henri IV. La plus ample édition de ses OEuvres est celle de Paris , 1652, in-4°. Son petit Traité de la liberté ancienne et canonique de l'Eglise gallicane a été pins applaudi des protestants que des catholiques. Sa Consultation d'un Parisien, en faveur de la république de Venise , lors de ses différends avec le pape Paul V , 1606 , in-4% lui valut une chaîne d'or. Leschassier avait acquis une si grande réputation, qu'il était toujours consulté sur les matières civiles et canoniques. 11 a écrit sur le droit de nature, sur la loi salique, etc

LESLEY ( Jean ) , Lœslœus ( on prononça Lélie ) , évoque de Ross en Ecosse , né en 1527, était d'une des plus nobles familles de> ce royaume. Il fut ambassadeur , en 1571 r de la reine Marie Stuart à la cour d'Angleterre, et y souffrit de grandes persécutions. Il rendit des services importants à celte; princesse, et négocia pour sa liberté à Rome, à Vienne et dans plusieurs autres cours. Il: fonda trois séminaires pour les Ecossais y l'un à Rome, l'autre à Paris , et le troisième; à Douai, et exerça pendant sept ans les fonctions épiscopales dans le diocèse de Malines. Il mourut à Rruxelles le 31 mai 1596. On a de lui une Histoire d'Ecosse en latin , sous ce titre : De origine , moribus et rébus gestis Scotorum, Rome, 1578, 1 vol. in-4° ; et quelques écrits en faveur du droit de la rein» Marie et de son fils à la couronne d Angleterre. Les protestants ont accusé son Histoire de partialité ; mais elle ne pouvait manquer d'essuyer ce reproche de leur part, à moins d'en arracher les faits les plus vrais et les plus connus. Voy. King, Guillaume.

LESLEY (Charles) Lélie, évoque de Carlisle, mort en 1722, fut tout à la fois zélé défenseur du christianisme et zélé partisan de la maisoii de Stuart. Il est auteur de plusieu s traités estimés des anglicans : Méthode courte et facile contre les déistes, in-8% traduite en latin , in-4° ; Méthode courte et facile contre les Juifs , plus étendue que la précédente, et tirée en partie de l'ouvrage de Limborch, intitulée : Arnica collatio cum erudito Judœo (Voy. Limborch) ; Défense de la méthode contre les déistes ; Lettre sur le dieu des Siamois , Sammonochodon ; Lettre à un déiste converti ; La vérité du christianisxne

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démontrée, dialogue entre un chrétien et un il»'1 st (, 1711, in-8' ; Dissertation sur leiugèintiu particulier et sur l'autorité m matière de [<>i. Tous pee écrits, sicêpté le 6f, traduita. • le l'an-Jais pu le P. Howblganl de l'Oratoire, ont paru à Paris, l'an 1770, m un vol. in

HESftlORE-GÛBÛOlS. Vov. Gorbô

LfcSSEVTLLK !•: stachb Lr Clerc de) . de, Pans, d'une famille ooble, se signala i < ■ 1 i enionl dans aes études, qu'il fut cl oisi réel ir de l'université' de cette vilie avant l'âge (Je 20 ans. 11 devint docteur de la maison et société de Sorbonne, I un des aumôniers ordinaires du roi Louis XIII, conseiller au Icineut, et eniiu évêque de Coutances. Il aconit l'estime et l'amitié do ses diocésains, ef fut l'arbitre des affaires les plus importants la province. Une connaissance profonde du la théologie et de )a jurisprudence le rendirent. ; ailieulièrement recommandal)le. Gel illustre prélat mourut a Paris en 1605, pendant l'assemblée du clergé, à laquelle il était député.

LESSUS (Léonard) , né à Brechtan, village près d'Anvers , en loo'i-, prit l'habit de jésuite en 1572, et professa avec distinction la philosophie pendant sept ans à Douai , et la théologie à Louvain depuis l'an 1585 jusqu'en 16U5. Il fit soutenir, de concert avec llamélius , son confrère , en 1586, d s Thèses qui paraissaient opposées aux sentiments de saint Thomas. La faculté de théologie de Louvain censura trente-quatre propositions tirées des thèses de Les ius. Elle crut voir que le jésuite, en combattant le baïanisme, s'était jeté dans le semi-pe'lagianisme. Stapleton, professeur à Louvain, se déclara contre cette censure dans une lettre à l'évoque de Middelbourg , insérée dans l'Histoire des congrégat.ons De Auxiliis du P. deMeyer, p. 32. L'université de Douai se joignit à celle de Louvain. Il règne dans la censure de Douai un air de vivacité qui montre un peu de passion. Lessius en ayant appelé à Rome, Sixte V fit examiner dans une congrégation la doctrine condamnée dans Lessius, et, après un rigoureux examen, ses propositions lurent déclarées sanœ doctrinœ artteuli. La censure fut cassée , et le jugement pontifical publié à Louvain, par ordre du nonce Octavio, évoque de Cajazzo, en 1588. Quesnel et Gerberon publièrent chacun une Apologie historique de la Gensure ; mais ces deux apologies lurent condamnées par Innocent XII, en 1697. Lessius fit déclarer pour lui les universités de Mayence , de Trêves et d'Ingolstadt. On peut voir ce qui regarde cette affaire, amplement détaillé par Habert, évoque de Vabres, dans son livre De la défense de la foi sur la grâce, chap. xiv, § 3. On sait que Habert n'était pas favorable aux jésuites, et sa relation acquiert par là une considération particulière : elle est toute à la décttarge de Les ius. Ce jésuite célèbre mourut en 1623, à 6i) ans. Il savait la théologie, le droit, les mathématiques, la médecine et l'histoire ; ses ouvrages en sont un témoi-

lage. Les principaux sont : De justitia et, jure actwnum humanarum UOri quatuor, An-

\rv>, 1621 ; Lyon, 1653, in-folio. Saint François de gales estUnaW in< ■ icoup cet ouvrage,

C mine il paraît par une lettre qu'il lui «v ri—

vit. et dont ('original fut gardé jusqu'en 1773 au collège des jésuites à Anvers. C'est dans la ' môme lettre nue le sa nt évoque sa déclare pour le i sentiine its de Les ius sur la prédestination et la grâee [Voy. Gr. v. kso\). De , tesfatet wuui pontificù, ouvrage solide et bien écrit, i lis dans lequel l'auteur parait tenir encore h l'opinion de la puissance temporelle des papes; Hygiasticon, seu »era ratio valctudinis Oonai et vit s, wia cum scnsuum cl judi'ii et memoriœ iuic;ri(nt- ad extrevytm venecl tem conservanâœ, Anvers, 161$ et 1614», in-8", avec le traité de Louis G naaro sur la même matière, traduit de l'italien par Lessius, Cambridge , 163V, in-8°. Ces deux traités ont été traduits en franc is par Séb. Hardi , Pari ■ , 16V6, et enrichis de notes par de La lïonnodière, Paris, 1701; plusieurs Opuscules recueillis en 2 vol. in-folio, pleins de lumières et de sentiments , écrits avee beaucoup de clarté, d'élégance et d'intérêt. On y distingue le petit traité De capessenda vera religione, ouvrage qui , dans sa brièveté , fait un excellent traité de controverse , par 1 quel beaucoup d'hérétiques ont été ramenés a l'Eglise ; et celui De Ptovidentia Numinis, plein de pensées justes , , rofondes et touchantes. La Vie de cejésuite a paru sous ce titre : De vita et moriOus L. Lcssii, Paris, 16VV, in-12. On garde dans la bildiot' èque de l'archevêché de Malines les Informations manuscrites sur sa vie et ses veitus. On les avait prises d'abord après sa mort , dans la croyance que l'on travaille! ait un jour à sa béatification. Lessius possédait le grec, l'histoire, le droit canon , le droit civil , les mathématiques et la mé iecine. Juste-Lipse fait les plus grau \s éloges de ce savant. Voy. la Vie de Lessius par Foppens, Bibl. Belg.

LESTONAC (Jeanne de), fondatrice de l'ordre des Religieuses bénédictines de la compagnie de Notre-Dame , naquit à Bordeaux en 1556. Elle était fille de Richard de Lestoriac, conseiller au parlement de celte ville, et nièce du célèbre Montaigne. Après la mort de Gaston de Mont-Ferrand, son mari, dont elle eut sept enfants, elle iuslitua son onl.e pour L'instruction des j-uues tilles, et le lit approuver par le pape Paul A' en 1607. Quand ce pontife eut donné sa bulle, il dit au général des jésuites : «. Je viens de vous « unir a de vertueuses filles, qui rendront « aux personues de leur sexe les pieux ser- « vices que vos pères rendent aux hommes « dans ioute la chrétienté. » .Madame de Lestonac, en se consacrant à la vie religieuse, avait sacrifié tous les agréments de la figure et les avantages de la naissance. Elle mourut en odeur de sainteté dans son couvent de Bordeaux, le 2 février 10V0, âgée de 8i ans. La cougiégation se répr.ndit en France, et il y eut un grand noir-nrc do maisons, que la révolution de 1789 n'éj pas plus que

l auties établissements édifiants et utiles. Y<ij. l'Histoire des religieuses de Notre- Dame, par Jean iiouzonié : et la Vie de ma-

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