LES LET
dame Lestonac, par le Père Beaufils, je- Paris, 1818, 1 vol. in-12; Règle de Saint-Bcsuite, Toulouse, 1742, in-12. noît, nouvelle édition, avec les Constitutions LESTRANGE (le Pore Augustin de), abbé du Tiers-ordre de la Trappe, Paris, Rusand, de la Trappe, un des plus illustres réforma- 1824, in-12; plusieurs prières et avis pour leurs de l'ordre de Citeaux, né en 175':, au ses religieux ou les fidèles, les uns impriçhâteau de .Colombier-lc-Vieux (Ardèche), mes, les autres manuscrits, entra jeune encore dans un des couvents de LETI (Grégoire), né à Milan en 1630, cet ordre : à l'époque de la révolution, il d'une famille bolonaise, montra de bonne était maître des novices dans la province du heure beaucoup d'esprit, et peu de vertu. Perche. En 1790, des commissaires du dé- Après avoir fait ses éludes chez les jésuites parlement de l'Orne vinrent signifier à ces à Cosenza et à Rome, il se mit a voyager, et bons cénobites la suppression de leur mai- se fiteonnaître pour un homme d'un caractère son, décrétée par l'assemblée nationale. Les ardent. L'évoque d'Aquapendentc, son onreligieux de la Trappe sous la conduite de de, qu'il alla voir en passant, fut si choqué leur chef se rendirent au canton de Fribourg de la hardiesse de ses propos sur la religion, en Suisse. Il paraît qu'ils choisirent cet asile qu'il Je chassa en lui prédisant qu'il se laisafin d'ôtre à portée de suivre les événements serait infecter du poison do l'hérésie. Ses de la révolution et d'attendre l'occasion de craintes n'étaient pas sans fondement. Leti rentrer en France. Cet espoir ne se réalisa vit à Gènes un calviniste, qui lui inspira ses qu'en 1817, époque où une partie des rcli- principes. Il passa de là à Lausanne, où il gieux trappistes revinrent sur le sol natal, lit profession de la nouvelle religion. Un méayant à leur tête le Père Lestrange, dont les decin de celte ville lui lit épouser sa fille. De vertus l'avaient élevé à la dignité d'abbé. Il Lausanne il alla à Genève, en 1G60; mais trouva que lous les biens delà Trappe avaient son humeur querelleuse l'ayant obligé de été vendus; d'autres obstacles vinrent s'op- sortir de cette ville, après y avoir demeuré poser au rétablissement de son ordre; mais environ 20 ans, il se réfugia d'abord en sa pieté fervente et l'activité de son zèle par- France, où l'on ne s'accommoda guère de vinrent à les surmonter. En peu d'années lui, puis à Londres. Charles II le reçut avec il établit la maison-mère à Soligni, départe- bonté, et dès la première audience il lui fit ment de l'Orne, et il fonda plusieurs suc- un présent de mille écus, et lui promit la cursales à Laval, à Choilet, à La Meilleraie, charge d'historiographe. Ce bienfait n'empèà Lyon et à Aiguebelle en Savoie, On érigea cha pas qu'il n'écrivît l'Histoire d'Angleterre aussi (18(8), par ses soins, à Soligni, uncollége avec une licence qui lui fit donner <on congé, séparé du monastère, qui recevait un grand Amsterdam fut son dernier asile. 11 y mounombre d'élèves. Dorfl de Lestf ange mourut rut en 1701, h 71 ans, avec le titre d'histoà Lyon le 10 juillet 1827. La muHilude de ses riographe do la ville. Leti était un historien saintes occupations et ses fréquents voyages famélique, qui, en écrivant, consultait plus ne l'empêchèrent pas de composer un assez les besoins de son estomac que la vérité, grand nombre d'écrits : Règlements de la Mai- Il offrit ses services à tous les potentats de son-Dieu de Notre-Dame de la Trappe, par l'Europe. 11 leur promettait de les faire vivre M. l'abbé de Raneé, augmentés des usages par- dans la postérité; mais c'était à condition ticuliers de la Val-Sainte... , choisis et tirés qu'ils ne le laisseraient pas mourir de faim par les premiers religieux de ce monastère, dans ce monde. Sa plume est toujours flat- Frihourg, 1794, 2 vol. in-4°; Conversations teuse ou passionnée. Plus soigneux d'écrire de dont Augustin,abbédelaVal-Sainte de Notre- des faits extraordinaires que des choses Dame de laTrappe, en Suisse, avec de petits en- vraies, il a rempli ses ouvrages de mensonfants de son monastère, suivies, etc., en Suisse, ges, d'inepties et d'inexactitudes. Son style et à Paris, chez Leclère, 1798, 1 vol. in-18, est assez vif, mais diffus, mordant, hérissé souvent réimpr. à Lyon, chez Rusand ; Ins- de réflexions pédantesques et souvent très-tr actions et réflexions à l'usage de ceux et de mauvaises, et de digressions accablantes. On celles qui ont le bonheur de vivre dans la ré- a de lui un grand nombre d'ouvrages en itaforme de Notre-Dame de la Trappe, en deux lien. Parmi ceux qui ont été traduits en parties : la première, Pratiques extérieures; français, on cite : la Monarchie universelle la seconde, Pratiques intérieures, manuscrit, du roi Louis XIV, 1689, 2 vol. in-12. Il y eut in-4°; Traité abrégé de la sainte Volonté de une réponse à cet ouvrage, sous le titre de Dieu, tiré en grande partie des Réflexions du L'Europe ressuscitée du tombeau de M. Léti, père Nouet, et augmenté de quelques autres, par Utrecht, 1690, in-12; Le Népotisme de Rome, un religieux de la Vcd-Sainte de Notre-Dame in-12, 1667, traduit en français en 1669, 2 de la Trappe, 3e édition revue et augmentée, tomes in-12 ; la Vie du pape Sixte-Quint, tra- Lyon ,1827, 1 vol. in-12; une édition du duite en français en 2 vol. in-12, Paris, 1685; Rréviaire de l'ordre ; une édition des Prières et plusieurs "fois réimprimée depuis. L'auet règlements de la confrérie de Notre-Dame teur répondit aune princesse qui luideman- Aiixiliatrice; Les Devoirs du Chrétien, im- dait si tout ce qu'il avait écrit dans ce livre primés en Suisse; une collection des Brefs était vrai : « Une chose bien imaginée fait de Pie VII, relatifs aux circonstances, qu'il « plus de plaisir que la vérité dépourvue fit imprimer en Angleterre, et qui pourrait « d'ornements. » Excepté quelques propos faire suite à celle de l'abbé Guillon ; Manière prêtés sans doute à Sixte V, et sûrement trôsde faire avec fruit, en 33 stations, le chemin contestables, c'est peut-être la seule histoire du grand Calvaire, établi à Belle-Fontaine, où Léti se soit le plus approché de la vérité.
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