LEU
Quant aux interprétations qu'il donne à des faits certains, elles ressemblent à toutescelles des sectaires ennemis de Rome. Le traducteur y fit des retranchements, et en oui dû faire davantage. La Vie de Philippe II, roi d'Espagne : elle a été traduite, en 1734, en 6 vol. in-12. L'auteur ne s'y montre ni catholique ni protestant. Si, pour être bon historien , il suffisait de n'avoir ni religion ni amour pour sa patrie, Léti l'aurait été à coup sûr. La Vie de Charles-Quint, traduite en français, en i vol. in-12, par les filles de l'auteur : compilation ennuyeuse; la Vie d'Elisabeth, reine d'Angleterre, 1694 et 1741,2 vol. in-12. Le roman y est mêlé avec l'histoire. L'Histoire de Cromwell, 1094 et 1703, 2 vol. in-12, ramas confus de tout ce qu'il a lu ou entendu : celle de l'abbé Raguenet est. d'un tout autre goût, et incomparablement mieux écrite. La Vie de Pierre Giron, duc d'Ossone, 1700, Paris, 3 vol. in-12, assez inté-essante, tfiais trop longue; Le syndicat d'Alexandre Vif, avec son Voyage en l'autre monde, 1669, in-12; satire emportée, telle qu'on devait l'attendre d'un apostat. Ce n'est pas la seule qu'il ait publiée contre Rome, les papes et les cardinaux; mais de telles horreurs ne doivent pas môme être citées. Critique historique, politique, morale, économique et comique sur les loteries anciennes et nouvelles, en 2 vol. in-12. C'est un fatras satirique, où il maltraite beaucoup de personnes. Parmi ses ouvrages italiens, on distingue: son Histoire de Genève. L'auteur n'y ménage pas cette ville. Son Théâtre de la Grande-Bretagne, 168V, qui le fit chasser d'Angleterre. L'un et l'autre sont en 5 vol. in-12. Le Théâtre de la France, 7 vol. in-4°, fig., mauvais ouvrage; le Théâtre de Belgique, 2 vol. in-8°, aussi mauvais que le précédent; Y Italie régnante, 4 vol. in-12; l'Histoire de l'empire ro~ main en Germanie, 4 vol. in-V°; le Cardinalisme de la sainte Eglise, 1668,3 vol. in-12: c'est une satire basse et sans esprit; La juste balance dans laquelle on pèse toutes les maximes de Borne et les actions des cardinaux vivants, 4 vol. in-12; libelle du même genre et dans le même goût que le précédent; le Cérémonial historique, 6 vol. in-12; Dialogues politiques sur les moyens dont se servent les républiques d'Italie pour se conserver, 2 vol. in-12 ; Abrégé des vertus patriotiques, 2 vol. in-8°; La Benommée jalouse de la Fortune, Panégyrique de Louis XIV, in-4c; Eloge de la chasse, in-12; des Lettres, 1 vol. in-12, où il avoue lui-même que sa vie n'était pas fort réglée, et qu'il menait celle d'un débauché (part. 1", p. 14-, lett. 3, p. 26, lett. 5); 17tinéraire de la cour de Borne, 3 vol. in-8°; Histoire de la maison de Saxe, 4 vol. in-4°; de celle de Brandebourg, in-4°; Le Carnage des réformés innocents, in-i°; Les précipices du siège apostolique, 1672, in-12, etc. Léti avait encore fait divers autres ouvrages qu'il a eu raison de désavouer. Tous ceux qui portent son nom ont été généralement condamnés à Rome le 22 octobre 1700. Léti a écrit plus de cent ouvrages qu'il doit plutôt à son imagination. qu'à l'histoire, ç]u'il con-
sultait rarement. Voyez le Dictionnaire de Moréri, les Mémoires de Nicéron, tom. II et 111, et le Dictionnaire de ChaulIVpié.
LEU (saint), appelé aussi saint Loup, évoque de Sens, succéda à saint Artème, l'an 609, se fit estimer du roi Clotare II, et aimer de son peuple. 11 mourut le i"r septembre 623, après l'avoir é lilié par ses vertus.
LEUDUGER (Jean) , missionnaire breton, né le 9 novembre 16V9, d'une famille de laboureurs, à Plérin, diocèse de Saint-Rrieue, fit d'excellentes études aux collèges de Saint- Brieuc et de Rennes. Il résolut alors d'embrasser l'éat ecclésiastique; mais comme il était encore trop jeune, il voulut faire auparavant un pieux pèlerinage à Rome, et y visiter les tombeaux des saints apôtres et les autres monuments religieux. Il termina son voyage, pendant lequel il ne vécut que d'aumônes, par un pèlerinage au Mont-Saint- Michel. A peine remis de ses fatigues, il alla étudier la théologie à Rennes sous les P. Jamon et Hervin, puis il entra au séminaire que Denis de La Rarde, évoque de Saint- Brieuc, venait d'établir. Dès que Leuduger eut atteint l'âge de 25 ans, ses supérieurs l'envoyèrent à Tréguier , où il fut ordonné prêtre. De retour dans sa paroisse natale, il s'appliqua avec une nouvelle ardeur aux études ecclésiastiques, tout en prêchant, tenant des écoles, confessant et faisant des catéchismes. Une mission qu'il fit à Lanvollon fut surtout remarquable par les succès qu'elle obtint. Nommé curé de Plouguen^st, il n'en continua pas moins, avec le P. Maunoir et d'autres prêtres zélés , son œuvre des missions. De la paroisse de Plouguenast il passa à celle de Saint-Mathurin de Moncontour, et et en 1690 il fut pourvu de la dignité de scolaslique de l'église cathédrale de Saint-Rrieuc, dignité qu'il n'accepta que parce qu'il y trouvait l'avantage de s'appliquer à son 'œuvre des missions avee plus de facilité. C'est à cette époque qu'il fit le voyage de Nantes pour se faire recevoir bachelier et docteur à l'université de cette ville, et il laissa les docteurs de la faculté de théologie également charmés de son savoir et de ses vertus. Leuduger ayant fait, peu de temps après, deux voyages à Paris, logea au séminaire des Missions-Etrangères, et il conçut le désir d'aller porter aux infidèles d-.s contrées lointaines la parole évangélique; mais son évoque ne put consentir à ce qu'il quittât son diocèse , où il était appelé à recueillir une ample moisson. Voulant étendre et fortifier l'instruction des prêtres, Leuduger institua des conférences ecclésiastiques ; c'est à cet enseignement que le diocèse de Saint-Rrieuc dut l'avantage de posséder bientôt un clergé remarquable par son zèle et par sa ferveur. C'est encore à lui que le diocèse est redevable d'une congrégation d'hospitalières, si connues en Bretagne sous le nom de Filles du Saint-Esprit , et répandues' maintenant dans toute la province. Leur but est de se dévouer non-seulement à l'éducation des pauvres filles, mais de plus à la visite des malades à domicile, et au service des hôpi-