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le consentement de Jean, patriarche de cette ville, ne l'est peut-être pas moins. Le patriarche s'en plaignit amèrement, et saint Epiphane s'en excusa sur la nécessité dos circonstances et sur le consentement présumé de Jean, sur ce qu'il avait ignoré la défense que Jean avait faite; enfin sur ce que le monastère où il avait fait l'ordination, n'était point do la juridiction de l'évoque de Jérusalem {voy. le tom. II dos Œuvres de siint Epiphano, p. 312, édition de Paris, 1622). 11 ordonna aussi un diacre à Constantinople sans le consentement de saint Chrysostome. Le pape Urbain II l'excuse en ces termes en écrivant à Hugues, archevêque de Lyon : Legimus sanctum Epiphanium episcopum, ex diœcesi S. Jo. Chrysostomi quosdam clcricos ordinasse, quod sanctus vir omnino non fecisset, si ei detrimentum fore perpenderct. Il l'excuse aussi sur sa bonne loi et sur l'utilité de cette ordination. Saint Epiphane mourut en retournant de Constantinople à l'île de Chypre, en 403, âgé d'environ 93 ans, regardé comme un évêque charitable, zélé, pieux; mais peu politique, et se laissant quelquefois emporter trop loin par son zèle. De tous les ouvrages qui nous restent de ce Père, les plus connus sont : son Panarium, c'est-àdire Y Armoire aux remèdes. C'est une exposition des vérités principales de la religion, et une réfutation des erreurs qu'on y a opposées. Son Anchora, ainsi appelé parce qu'il e compare à l'ancre d'un vaisseau, et qu'il e composa pour fixer la foi des fidèles et les affermir dans la saine doctrine; son Traite' des poids et des mesures, plein d'une profonde érudition; son livre des Douze pierres précieuses, qui étaient sur le rational du grandprêtre, ouvrage savant, trad. en latin, Home, 1743, in-4°, par les soins et los notes de François Fogini. Tous ces écrits décèlent une vaste lecture; mais saint Epiphane ne la puisait pas toujours dans les bonnes sources. 11 se trompe souvent sur des faits historiques peu importants; il adopte des fables et des bruits incertains. Son style, loin d'avoir l'élévation et la beauté de celui des autres Pères grecs, des Chrysostome, des Basile, est dur, négligé, obscur, sans suite et sans liaison. Saint Epiphane était un compilateur plutôt qu'un écrivain; mais la postérité no lui doit pas moins do reconnaissance. Sans lui, nous n'aurions aucune idée de plusieurs auteurs profanes et ecclésiastiques, dont il nous a transmis des fragments. La meilleure édition des œuvres de ce Père est celle du Père Pétau, en grec et en latin, 1622, avec de savantes notes, en 2 vol. in-fol. Voy. la Bibliothèque choisie des Pères de l'Eglise grecque et latine par M. l'abbé Guillon, où l'on trouve une excellente analyse des ouvrages de saint Epiphane.

EPIPHANE, patriarche de Constantinople en 520, prit avec zèle la défense du concile de Chalcédoine et de la condamnation d'Eutyehôs. Le pape Hormisdas lui donna pouvoir de recevoir en son nom tous les évoques qui voudraient se réunir à l'église romaine, à condition qu'ils souscriraient à la

formule qu'il avait dressée. Il mourut en 535, avec la réputation d'un bon évoque.

EPIPHANE le Scolastique, ami du célèbre Cassiodore, traduisit, à sa prière, les Histoires ecclésiastiques de Socrate, de Sozomène, de Théodoret. Il en fit ensuite un abrégé en 12 livres, auquel il donna le nom d'Historia tripartita. 11 tlorissait vers l'an 510.

EPIPHANE, moine et prêtre de Jérusalem, qu'Anselme Banduri croit être le même que Polyelcte, patriarche de Constantinople en 956, mort le 16 janvier 970, nous a laissé : De Syria et Urbe Sancta, en grec et en latin, inséré dans les Symmicta, d'Allatius, lib. I; Vitœ B. Mariœ Virginis et S. Andreœ apostoli, dont Allatius fait mention dans sa diatribe de Simeonum scriptis, p. 106.

EPIPHANE (le Père), religieux capucin, né sur le commencement du xvir siècle à Moirans, près Saint-Claude, s'appliqua avec beaucoup de zèle aux travaux des missions dans 1 s Indes. On sait qu'il existait encore en 1685. On a de lui divers écrits de théologie et do controverse, dont aucun ne parait avoir vu le jour. Tels sont : une Explication littérale de l'Apocalypse; une clef du même livre ; les Annales historiques de la mission des Pères capucins dans la Nouvelle-Andalousie; Ars memoriœ admirabilis omnium nescientium excedens captum, et aulres, dont on peut voir les litres dans la Bibliollieca scriptorum capuccinorum du P. Bernard, de Bologne,

EP1SCOPIUS ( Simon ), dont le nom de famille est Bischop, évoque, né à Amsterdam en 1583, professeur en théologie à Leyde en 1613, se lit beaucoup d'ennemis pour avoir pris le parti des arminiens contre les gomaristes. Ces deux sectes, toutes deux enthousiastes et factieuses, divisaient alors la Hollande. Episcopius plaida pour la première. Il fut insulté en public et on particulier, et insulta à son tour. Les états de Hollande l'ayant invité de se trouver au synode de Dordrecht, il ne put y être admis que comme homme do parti cité à comparaître, et non pas comme juge appelé pour donner des décisions. Le synode le chassa de ses assemblées, le déposa du ministère, et le bannit des terres de la république : décision injuste et absurde de la paît de gens qui ne reconnaissaient point de juges en matière de doctrine, et qui s'arrogeaient en même temps une infaillibilité qu'ils refusent à l'Eglise universelle ( Voy. Arminius, Gomar, Vorstius). Il se retira à Anvers, où ne trouvant pas de gomaristes à combattre, il s'amusa à disputer avec les jésuites. Son exil dura quelque temps; mais enfin, l'an 1626, il revint en Hollande, pour être ministre des remontrants à Boterdam. Huit ans après il fut appelé à Amsterdam, pour veiller sur le collège que ceux de sa secte venaient d'y ériger. Il y mourut en 1643, d'une rétention d'urine après avoir professé publiquement la tolérance de toutes les sectes qui reconnaissent l'autorité de l'Ecriture sainte, de quelque manière qu'elles l'expliquent. C'était ouvrir la porte à toutes les erreurs. Cette opinion

(il

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