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de Pie VII, qui le nomma trésorier de la chambre on 1800, et, l'année suivante, cardinal (23 février 1801), et préfet, de l'index. Lors de l'invasion des Français, il quitta Rome avec les autres cardinaux, et fut conduit sous escorte à Milan. Mandé à Paris, en 1809, il en fut exilé en 1 S10, avec douze autres cardinaux, à cause de leur refus d'assister au mariage de Napoléon avec l'archiduchesse Marie-Louise. On leur retira leurs pensions, et ils reçurent la défense de porter les marques de leurs dignités. Le cardinal Litta f t relégué à Saint-Quentin jusqu'en 1813, qu'on l'appela à Fontainebleau auprès du pape, et l'année suivante, on l'exila à Nîmes. A la chute de Napoléon, il retourna à Rome, où Pie VII le nomma préfet d.; la Propagande, et le fit entrer dans l'ordre des cardinaux-évèques, sous le titre de Siinte- Sàbine. Qua''d Murât, alors roi de Naples, envahit Rome, en 1815, Litta suivit le pape à Gènes, d'où il adressa, le 26 avril 1816, un rescrit au vicaire apostolique de Lom.res, au sujet du veto royal relatif à la nomination des évoques. On a publié une Lettre du même cardinal, du 16 mai suivant, sur le serment et les prières demandés aux ecclésiastiques français par Ronaparte, lors de son retour de l'île d'Elbe à Paris. La seconde abdication de celui-ci ramena le pape et les cardinaux dans la capitale de l'Eglise, d'où Litta alla à Milan complimenter 1 empereur d'Autriche. A son retour à Rome, le pape 1 à accorda, en 1818, la dignité de grand vicaire. Comme il faisait, en avril 1820, la visite de son diocèse, il fut surpris par une forte pluie qui lui occasionna la fièvre. Il était à cheval, dans un endroit montagneux, et éloigné de tout village. Transporté dans une pauvre cabane, ce vertueux prélat y mourut deux jours après, le 1" mai 1820, âgé de 66 ans. Son corps fut transporté à Rome, et inhumé avec de magnifiques obsèques. Il parut presque aussitôt une Notice sur sa vie. On attribue au cardina1 Litta un ouvrage fort bien écrit en français, qui a eu trois éditions, et qui a pour tit. e : Lettres (au nombre de vingt-neuf) sur les quatre articles dits du clergé de France ; troisième édition, revue, corrigée et augmentée par l'auteur, Rruxelles (ou plutôt Lyon), 1818, in-8°, de 142 pages. Le cardinal Litta s'y prononce pour la suprême autorité du pape dans presque toutes les matières ecclésiastiques ; mais il ne pense pas que le pape seul tienne immédiatement son autorité de Dieu; que les évéques soient les simples vicaires du pape ; qu' 1 n'y ait que lui qui ait le droit de décider les questions de foi, ni qu'il puisse faire des lois ecclésias iques.
LUT LETON ou LYTTELTON (Georges), né en 1709, fit ses études à Oxford, voyagea en France, en Italie, et à son retour fut députéau parlement, et sedistingua dans le parti de l'oppos lion, du temps que Robert Walpo- Je était principal minis're d'Angleterre. Le prince de Galles, ayant quitté la cour, choisit Littleton pour son secrétaire. 11 devint ensuite trésorier de l'épargne, conseiller privé, et mourut le 22 août 1773. On a de lui : La Re-
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ligion chrétienne démontrée par la conversion et V apostolat de saint Paul,^ 1717 : ouvrage traduit en français par l'abbé Guénéeî Paris, 175i, in-12. On voit par cet ouvrage que Littleton, entraîné dans le déisme, a été ramoné au christianisme par les réflexions qu'il a faites sur la conversion de saint Paul, telle qu'il la rapporte l ;i-même dans les Actes des apôtres et dans les Epîtres. Il y a des vues profondes et parfaitement convaincantes : il est à regretter que l'auteur ait fait contraster avec les meilleurs raisonnements lespréjiués de sa secte, jusqu'à assimiler les miracles de l'Eglise catholique aux scènes honteuses de Saint-Médard ; Dialogue sur la mort, in-8° ; Histoire de Henri II, 17Ji, 3 vol.
LIVlNEIUS (Jean), natif de Dendermonde, était originaire de Gant. Levinus Torrentius, évêque d'Anvers, son oncle maternel, lui inspira le goût de la littérature sacrée. Etant allé à Rome, il y trouva les savants cardinaux Guillaume Sirlet et Antoine Cara.tï'a, qui l'associèrent à leur travail sur la Bible des Septante qui parut en 1587 avec l'autorisation de Sixte V. Il profita de son séjour à Rome pour tirer des cornes de divers manuscrits grecs de la bibliothèque du Vatican et de quelques autres. Livineius a donné des \rersions de plusieurs opuscules des Pères grecs, qu'il a accompagnées de notes qui prouvent qu'il était bon critique : mais son latin est dur. 11 fut ensuite chanoine et chantre d'Anvers, et y travailla avec Guillaume tanterus à examiner et à confronter quelques manuscrits de la version des Septante, et leurs observations servirent à la partie grecque de la Polyglotte de Plautin ; d'après son épitaphe, il mourut en 1599, âgé dn 52 ans. Nous avons d \ lui : une première édition latine et grecque des livres de la Virginité, de saint Grégoire de Nysseet de saint Jean-Chrysostome, qui ont passé toutes les deux dans le recueil des OEuvres de ces deux saints Pères, par le Père Fronton du Duc ; Panegyrici veteres, Anvers, 1599, in-8° ; une première Version des Sermons de saint Théodore Studite, et d s Homélies de saint Eucher, Anvers, 1602, 1 vol. in-8°.
LIVlNGSïON (Jean), ministre écossais, né l'an 1603, montra pour le presbytérianisme un zèle qui lui attira des désagréments*. Il fut un de ceux qui présentèrent le Covenant au roi Charles il, peu de temps avant son débarquement en Ecosse. En 1663, il fut banni du royaume pour avor refusé de prêter le serment de fidélité, et il passa en Hollande. Livingston devint pasteur de la congrégation écossaise de Roterdam, et y mourut Je 9 août 1672. On a de lui : Lettres écrites de Leith, en 1663, à ses paroissiens à Âncrum; Caractères mémorables de la Providence divine ; une traduction latine de l'Ancien Testament, qui n'a pas été imprimée.
L1VOY i.TiMOTiiÉE de), barnablte, né vers 1" .5, à Pithiviers, devint membre de l'académie des Arcades, et mourut en 1777. 11 avait professé les humanités dans différents collè-
ges et voyagé en Italie. Sur la fin de ses l'ours il s'occupa particulièrement de littérature. Le P. de Livoy est auteur du Dictionnaire des synonymes français, Paris , 1767, in-8° , plusieurs fois réimprimé et assez utile. Il traduisit de l'italien : Tableau des révolutions de la littérature, de Denina, 1767, 2 vol. in-12; Traité du bonheur public, de Muralori, 1772, 2 vol. in-12; L" homme de lettres, du P. Bartoli, 1768, 2 vol. in-12; Y Exposition des caractères de lavraie religion, du P. Gerdil, Paris, 1770, in-8° ; Voyage d'Espagne fait en 1755, avec des'notes historiques , géographiques et critiques, 1772, 2 vol. in-12.
LIZET (Pierue), né dans la haute Auvergne, au diocèse de Saint-Flour, devint avocat général on 1517, puis, en 1529, premier président au parlement de Paris. Ayant eu le malheur d'indisposer contre lui la maison de Lorraine, alors toute-puissante à la cour de France, il se vit contraint de donner sa démission en 1550, obtint, en considération de sa pauvreté, l'abbaye de Saint-Victor, et y reçut la prêtrise. Il mourut en 1554, à 72 ans. Il a publié des ouvrages de controverse, en 2 vol. On voit qu'il avait lu beaucoup, et qu'il était animé d'un zèle ardent pour la défense de la vraie foi ; mais comme il n'était pas théologien, il ne raisonne pas toujours juste : ce qui fournit matière a Bèze de le ridiculiser dans une satire d'ailleurs très-mauvaise.
LLORENTE (don Jlan-Antonio), ex-chanoine de Tolède et littérateur espagnol, secrétaire du saint-office, conseiller de Joseph Bonaparte, naquit d'une famille d'ancienne noblesse, mais de fortune modique, à Rincon-del-Soto, près de Galahorra, dans la Vieille-Castille, le 30 mars 1756. Il fit ses études littéraires à Tarragone , celles de droit à Saragosse, et termina son cours d'instruction à Madrid, où il fut reçu bachelier en 17/6. Il reçut la prêtrise en 1779, et prit le grade de docteur en droit canon à Valence en 1780. La même anir'e il concourut avec succès pour un canonicat de la cathédrale de Tarragone, se fit recevoir avocat au conseil suprême de Cas^il e, et devint membre de l'académie canonique de Saint-Isidore à Madrid, puis, en 1782, procureur fiscal et vicaire général de l'évêehé de Caiahorra. En 1785, Llorente fut n mmé commissaire du saint-office de la ville de Logrogno, et, trois ans après, le nouvel évêque de Galahorra le choisit pour examinateur syndical des prêtres de son diocèse en matières théologiques. A la même époque, ayant conçu le projet de substituer un corps de jurisprudence nationale à i'ét .de des lois romaines, il en fit part au comte de Florida-Bianca ; mais ce minisire éclairé le fit renoncer à ce projet intempestif, dont l'exécution, faite d'après les idées de Llorente, aurait profondément troublé l'Espagne. Appeié en 1788, à Madrid en qualité d'avocat consultant, parla duchesse de Soto-Mayor, il se livra à des recherches généalogiques sur la maison de cette duchesse , et publia , Duur éclaircir des
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(lestions de droit, une Histoire du procède la maison de Soto-Mayor, concernant plu sieurs droits seigneuriaux depuis le \m siècle. Il composa aussi quelques Mémoires .suides sujets rte localités ec lésiasl a es, sur J c prééminence des ambassadeurs d Espagne, sur ceux de France, auprès des conciles gêné' raux de lu cour de Home et les autres assem bléei diplomatiques, etc. En 17 9, il fut nommé Secrétaire de l'inquisiteur de la c ur, puis chanoine de la cathédrale de Calahorra : e'esl à cette époque qu'il fut chargé d'un travail fort impur, a t sur le saint-office, travail pour lequel le grand inquisil ur lui avail confié di^ papiers irès-précieùi ; il fut accuse d'avoir abusé de cet le confiance pour rétéler dans une cor espondanne pli losophique les secrets de I inquisition. Llorente perdit ses titre- inquisitoriaux et fut envoyé dans un Couvent de récollets, dans le désert de Calahorra. Cette espèce d'exil ne dura pas longtemps : des lettres pleines de soumission et de repentir, et des amis qu'il s'était ménagés auprès du prince de la Paix, parvinrent non-Seulement à lui faire rendre la liberté, mais encore à lui faire obtenir plus tard le titre de chanoine écolâtre de Tolède et la croix de l'ordre de Charles 111. A l'époque où les Fiançais envahirent l'Espagne, il s'était attaché à la cause des Bonaparte ; nommé par le grand duc de Berg (Murât) pour faire partie de l'assemblée des notables qui devaient donner une nouvelle constitution à l'Espagne, il se rendit à Bayonne et fut un des premiers et des plus zélés courtisans du roi Joseph, qui le cho'sit pour son conseiller intime, et le fit ensuite garde des archives de l'ancienne inquisition. Alors on vit deux ecclésiastiques espagnols , lui et Escoiqultzj suivre des roules tout opposées. Le sain -ofiiceavait été supprimé par un décret du nouveau roi (180!)); un ordre du même prince tit mettre à la disposition de Llorente les papiers des différents tribunaux de l'inquisition répandus en Espagne, et le chargea d'en écrire l'histoire. Llorente publia plusieurs biochures ou Mémoires destinés à préparer les esprits à l'histoire à laquelle il travaillait ; il avait déjà attaqué dans plusieurs écrits le saint-siége, notamment dans sa Collection diplomatique sur les dispenses matrimoniales. Pendant qu'il s'occupait ainsi de son ouvrage sur l'inquisition, il faisait paraître des brochures politiques en faveur de José, >h ; il se chargea de l'exécution de l'ordre qui supprimait les couvents, accepta la place de directeur général des biens nationaux, et ayant pris à tâche de se rendre agréable à son maître, il se multipliait et se trouvait partout où il y avait un service à rendre à la cause de l'usurpation. Lorsque Ferdinand VII eut recouvré sa couronne, Llorente, qui était venu chercher un asile en Franc . lors d l'évacuation de la Péninsule par l'armée française, reçut du gouvernement espagnol défense de rentrer dan- sa patrie. A l'époque de la restauration française, en 18U, il se rendit en Angleterre; mais il revint bientôt en France où il publia
un Mémoire pour servir à Vhistoire de la révolution d'Espagne, 1 vol. in-8°, qui eut beaucoup de succès. Llorente, n'ayant plus rien à attendre de la famille Bonaparte, voulut rendre Un hommage à l'antiquité de colle des Boarbons, en faisant paraître V Illustration de l'arbre généalogique du roi d'Espagne Ferdinand VII, 1815, in-fol. Il [trouve que ce monarque est le 34' descendant en ligne directe, de Sigerdus, roi des Saxons, mort eu (J >.'}. Cette adroite soumission au pouvoir existant en Espagne n'ayant produit aucun effet, Llorente écrivit des let'res à Ferdinand VI!, et au chapitre de Tolède, dans lesquelles il tâchait , non-seulement de faire excuser, mais de faire apnrouver sa conduite passée ; ses lettres restèrent sans réponse. A la môme époque il traduisit, diton, en espagnol, le roman intitulé : le Clievalier Faublas, ouvrage rem' li de grossières turpitudes. Le député M. Clause! de Coussergues ayant dit à la tribune, le 28 février 1817, que le saint-office avait a lopté depuis longtemps, en Espagne, un système de modération, Llorente répondit au député par une lettre traduite en français, et imprimée le 30 mars, in-8°, dans laquelle il prétendait que, outre les victimes déjà immolées, l'inquisition en avait fait périr dans les flammes mille cinq cent soixante-dix-huit, depuis 1700 jusqu'à 1808 On a délié tous
les pariisans de Llorente de citer une preuve lé iale de ce fait, preuve d'autant plus dit'licile, que depuis que la mdson de Bourbon règne en Esp igné, c'est-à-dire depuis 1709, on ne se souvient pas que ce tribunal ait fait brûler aucune victime. Il est avéré que de grai.ds coupables enfermés dans les prisons s'accusèrent, en dernier ressort, de crimes imaginaires contre la religion, atin qu'on les transportât dans ces terribles cachots du sàint-oftice, où ils recevaient un traitement plus doux. Quelque sévère que puisse avoir été, dans les siècles passés, le saint-oftice, il est indubitable qu'il délivra l'Espagn ! de ces guerres de religion qui désolèrent la France et l'Allemagne, et où périrent mille fo s plus de victimes qu'il n'en a péri par les lois rigoureuses de l'inquisition. Un ouvrage que Llorente publia sur les pap< s, et qu 1 |u s impru lences qu'il commit le firent renvoyer de France; il mourut à Madrid quelque temps après son arrivée, le 25 février 1823, à G7 ans. Llorente aurait pu se rendre util > aux. sciences et à la religion ; mais de mauvais conseils, es encourage ments perfides, une ambition sans bornes, lui firent oublier c • qu il devait à son caiactère, et ii se laissa égarer par de fausses opinions. On a de lui : Mémoire sur un cirque romain à Calahorra, Ma .ri 1, 178Î), in-i° ; Dissertation sur la situation géographique de l'ancienne Segobia, dédiée à l'a adéraie de Séville dont il était membre honoraire, ibid., i7:)0, in 8° ; Notices historiques sur les provinces d'Alava, Guipuscoa et Biscaye, avec l'origine de leurs lois fondamentales, Madrid, 1790, 5 vol. in-8° : l'ouvrage n'est pas terminé ; Mémoire héraldique sur les armes