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le milieu du iv" siècle, célèbre dans l'Eglise par ses exils, et par le zèle qu'il lit paraître pour la loi catholique COUtre les ariens, était né dans les (laides. On croit qu'il assista au concile de Sardique en 3V7, et qu'il mourut en exil.

•LUCIUS. fameux arien, fut chassé du siège d'Alexandrie en -'{77, et mourut ensuite misérablement. Il avait usurpé le siège d'Alexandrie sur saint Athanase.

LUCRÈCE (Titus Lucretïus Carus), poète et philosophe, naquit à Home d'une ancienne famille, l'an 93 avant Jésus-Christ. Jeté au milieu des temps les plus orageux de la république, témoin des proscriptions de Marins et de Sylla et de to nés les horreurs de la guerre civile, il ne joua aucun rôle dans les scènes sanglantes, se lini dans un sage éloignement des tempêtes politiques, et chercha dans le sein de l'étu le un asde contre la turbulence des factions. Il avait fait ses études à Athènes, et c'est dans celle ville qu'il puisa les principes de la philosophie d'Epieure. Il fut le premier qui fit paraître dans Borne la physique, ornée des fleurs de la poésie. Le poëte philosophe adopta Vinfini d'Anaximandre et les atomes de, D'mocrite. Il tache de concilier les principes de ces deux philosophes avec ceux d'Epieure, dans son poème Dererumnatura, en six livres. Son ouvrage est moins un poème héroïque qu'une suite de raisonnements, quelquefois bons, mais plus souvent absurdes. Jam lis homme ne nia plus hardiment la Providence, et ne parla avec plus de témérité de Dieu. Il semble que son but n'a été que de détruire l'empire de la Divinité, el d'enlever a l'homme les consolations que lui présentent la religion et une raison saine, qui, par la vue et l'usage aes créatures, f it remonter jusqu'au Créa'eur. Il croit l'en dédommager par la jouissance des plaisirs sensuels annoncés dans l'invocation môme de son poème, où il appelle Vénus la seul' mère des plaisirs dont les hommes et les dieux puissent espérer de jouir :

/Eneadum geniirix, divumque liominumque voluplas,

Cette brutale philosophie l'aveugla au point d'assurer que les yeux n'étaient pas faits pour voir, mais qu'on s'avisait de voir parce qu'on avait des yeux. Le poète ne vaut guère mieux que le philosophe. On a vu des littérateurs épris de la doctrine d'Epieure, pousser l'enthousiasme jusqu'à préférer son chantre à celui d'Enée. Ce paradoxe n'est pas nouveau ; un ancien s'en p aignait déjà: Lucilium pro Horatio, Lucretium pro Virgilio legunt. ( Author. anon. De causis corruptœ eloq.) 11 faut convenir que pour cela la corruption du goût ne suffit pas ; il faut encore celle de l'esprit et du cœur. Quoique né avant Auguste, on prendrait Lucrèce pour un écrivain postérieur de trois siècles à' Virgile, tant son style est dur, sa v rsification négligée, sa marche pénible el embarrassée. On a beau dire que le pinceau de la poésie n'est pas fait pour les objets qu'il avait à peindre; cette excuse, imaginée par quel-

ques-uns de ses partisans, est suffisamment réfutée par les Géorgiques, dont la nature est aussi didactique <pic celle du poème épicurien. Lucrèce se lit mourir à la fleur d9 , son âge, à V2 ans, la 52' année avant J.-C, dans une frénésie causée, dit-on, par un philtre que lui donna sa maîtresse ; mais si l'on considère la multitude des suicides que la doctrine d'Epieure produit tous les jours parmi nous, on ne sera pas dans le cas de recourir au philtre. Il est d'ail! mrs constant que sa tête était depuis quel pie temps dérangée par une bile noire, fruit de ses longues méditations sur le désespérant système du néant. La première édition de son ouvrage, faite à Vérone en i486, estrecherc'iée. On a encore celle d^ Venis \ Aide, 1500-15; celle de Lambin, Paris, 1563, 1570, in-fc"; celle de Miclicl Dufay ( Fayus ), ad usum Delphini, 1681), in-i°. Celle de Gréech, avec la traduction en anglais, Oxford, 1695, in- 8°, est plus belle qw, la réimpression de 1717. Ce traducteur avait si bien médité l'original, qu'il prit aussi le parti de se détruire à l'Age de k\ ans. Nous avons encore l'édition de Maittaire, Londres, 1713, in-12 ; celle d'Havercatnp, Leyde, 1725; ce'le de Bentley et Wakefîeld, Londres, 1796-97, 3 vol. in-4°; celle de Gla-cow, 1813, k vol. in-8". Le baron des Coutures en publia une traduction français 3 en 1685, avec des notes. Cette version, qui n'est pas exacte, el qui pourrait être mieux écrite, a été éclipsée par celle qu'a donnée La Grange, avec de savantes notes, Paris, 1767, 2 vol. in-80 et in-12. Leblanc de Guillet en 3 donné, en 1789, une traduction en 'vers, dont un critique a porté le jugement qui suit : « Une justice qu'il faut « rendre à M. Leblanc, c'est qu'il ne contri- « bua point par les charmes de son style à « répandre et à faire aimer le poison decette « doctrine scandaleuse et impie : sa poésie « est un puissant antidote contre la séduc- « tion. » M. de Pongervillea publié, en 1823, une traduction en vers de Lucrèce, 2 vol. in-8° ; elle a eu d'honorables suffrages ; nous n'osons cependant croir.; qu'on ait voulu les donner aux disserta ions dans lesquelles le traducteur essaye vainement de laver Lucrèce du reproche d'athéisme. Voy. Marolles (Michel), Polignac. Alexan 1 e Marchetti donna la traduction du poème de Lucrèce en vers sciolti, qui est estimée à Londres, 1717, in-8°; Amsterdam (Paris), 1754, 2 vol. in-8% fi"urcs.

°LUDGER (saint), né vers l'an 743, d'une des premières maisons de Frise, fut mis de bonne heure, selon ses dési s, sous la conduite de samt Grégo.rc, disciple et successeur dn saint Boniface, qui, prenant u;i soin particulier de son éducat.on, et charmé des progrès que son élève faisait, dans les sciences de la vertu, 1 ii donna la tonsure cié.icale. Ludger, voulant .^e perfectionner de plus en plus dins les connaissances propres à former son esprit et son cœur, passa en Angleterre et suivit pendant quatre ans et demi le célèbre Alcuin, qui était à la tète de l'école d'York. Avare de son temps, il en par-

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