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tnireait tous les moments entre les exercices de* la religion et l'i tude de l'Ecriture et des saints Pères. En 773, il retourna dans sa pairie ; et saint (irégoire étant mort en 776, Albéric, son successeur, éleva Ludger à la dignité sacerdotale, et l'employa plusi»urs années à prêcher l'Evangile dans la Frise. Le succès répondit à son zèle. Il convertit une multitude innombrable d'infidèles et de mauvais chrétiens, fonda plusieurs monastères, et bâtit des églises de toutes parts sur les ruines du paganisme. Mais les Saxons étant venus fondre sur la Frise, il fut obligé d'interrompre ses travaux apostoliques et de quitter le pays. Pendant ce temps, il fit un voyage à Rome, afin de consulter le pape Adrien II sur le parti qu'il avait a prendre pour exécuter la volonté de Dieu. 11 se retira au Mont-Cassin pendant trois ans, et y pratiqua toutes les austérités de cette maison, sans y avoir fait néanmoins de vœux monastiques. Charlemagne ayant vaincu les Saxons, et s'étant rendu maître de la Frise en 787, Ludger revint dans son pays et y continua ses missions. Il annonça l'Evangile aux Saxons, et en convertit un grand nombre. Il porta la lumière de la foi dans la Westphalie, et fonda le monastère de Werden dans 1 • comté de la Marck. En 802, Hildehaud, archevêque de Cologne, sacra Ludger évèque de Mimigardeford, malgré la résistance de ce dernier. Ce fut aiors que la ville de Mimigar.ieford prit le nom de Munster, du monastère que Ludger y bâtit pour des chano nés régu iers, destinés à faire l'office divin dans la cathédrale. Le nouvel évêque joignit à son diocèse cinq cai tons de la Frise qu'il avait gagnés à J sus-Christ. On lui est encore redevable de la fondation du monastère de Heunstadt, dans le duché de Brunswick, qui dep lis fut appelé de son nom. Doux et atfable envei s les pauvres, il était plein de fermeté et de résolution à l'égard des riches enflés de leurs trésors, et d'une rigueur inflexible envers les pécheurs impénitents. Uue dame de qualité, coupable d'inceste, en fit l'expérience. Elle ne put rien gagner sur l'esprit de l'évêque, et comme elle ne se corrigeait pas, il la retrancha de la communion des tidèles. Dans tous les temps, la vertu eut des censeurs et des calomniateurs. Aussi cède de Ludger n'en fut pas à l'abri. On le décria auprès de Charlemagne ; on lui reprocha qu'il ruinait son évèclié, qu il négligeait l'embellissement des églises de sa juridiction. Le prince donna dans le piège, et ordonna à Ludger de se renJre à la cour, Ludger obéit. Le lendemain de son arrivée, un ofiVier le vint avertir que l'empereur l'attendait ; mais comme il était occupé à dire son office, il répondit qu'il irait trouver le prince aussitôt qu'il aurait fini. L'empereur le fil chercher jusqu'à trois fois, et dès qu'il fut arrivé, Charh magne lui demanda avec un peu d'émotion pourquoi il le faisait attendre si longtemps : « Je sais, sire, dit-il, tout ce que je dois à « votre majesté ; mais j'ai cru que vous ne a trouveriez pas mauvais que Dieu eût la
« préférence. Quand on est avec lui, il faut « oublier toutes les autres choses. D'ailleurs « en agissant de la sorte, je me suis conformé « aux intentions de votre majesté, puisque « après m'avoir choisi pour évêque, elle m'a « commandé de préférer le service de Dieu « à celui des hommes. » Cette réponse fit seule sa justification, et l'empereur le traita avec distinction, et disgracia ceux qui avaient voulu le perdre. Ludger mourut en 809, a rès avoir exercé jusqu'au dernier moment les fonctions de l'apostolat.
LUDOLPHE de SAXE, d'abord dominicain, puis chartreux, était prieur de Strasbourg en 1330. Outre une traduction du livre de limitation qu'il passe pour avoir faite , on lui doit une Vie de Jésus-Christ, in-fol., en latin, imprimée à ce qu'on croit, en 1474, dans son monastère; elle a été réimprimée avec une version française en 2 vol. in-fol. Ces deux éditions sont peu communes. En 18i8 , i-1 en a été donné une nouvelle traduction française, par madame ***, Paris, Renouard , *2 vol. in-12, format dit Charpentier.
LUDOLPHE ou LUDOLF (Job), savant orien aliste, né en 1624-, à Erfurt, d'une famille ancienne, s'app'iqua à l'étude des langués avec un travail infatigable. Il voyagea beaucoup, visita les bibliothèques des différents pays, en rechercha les curiosités naturelles et les antiquités, et forma des liaisons avec les savants. Ludolphe avait été précepteur des enfants du duc de Saxe-Gotha, avec lesquels il voyagea en Europe. Il vint à Par. s, et l'ambassadeur de Suède lui confia l'éducation de ses enfants. En 1649, il fut envoyé à Rome pour recueillir les mémoires que J. Magnus, évêque d'Upsal, devait y avoir laissés; mais ses recherches furent inutiles. C'est dans celte ville qu'il étudia la langue éthiopienne, laquelle lui fut très-utile dans l'histoire qu'il publia sur cette nation. Il fut conseiller à Erfurt pendant près de 18 ans, et se retira à Francfort-sur-le-Mein avec sa famille. L'électeur palatin le mit à la tête de ses affaires, et lui confia le soin de ses revenus. Ludolphe était aussi propre aux affaires de l'Etat qu'aux recherches pénibles des sciences. Sun ardeur pour le travail était si vive que, dans ses repas même, il avait toujours un livre devant les yeux. Il savait vingt-cinq langues. Il mourut à Fiaucfort en 1704, a 80 ans. Ses principaux ouvrages sont : Historia œlhiopica, Francfort, 1681, in-fol. On en publia, en 1684, un abrégé en français; un Commentaire sur cette histoire, 1691, in-fol., en latin ; un Appendice pour le même ouvrage, 1693, in-4°, en latin. L'histoire des Ethiopiens, leur religion, leurs coutumes, sont développées dans ces différents écrits avec beaucoup d'érudition, mais avec peu d'exactitude. L'abbé Renaudot en a relevé plusieurs fautes dans son Histoire des patriarches d'Alexandrie, et dans sa Collection des liturgies orientales; une Grammaire et un Dictionnaire abyssin, 1698, infolio ; Dissertatio de locustis, Francfort, 1694, in-fol.; Fasta Ecclesiœ alexanariîiœ, Franc-
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fort, 1691, in-fol.; un grand nombre d'autres Ouvrages, dont on peut voir la liste dans ia Vie de Ludolphe par Juncker; mais il ne faut pas s'en tenir h L'idée exagérée que ce biographe donne des qualités et ilas connaissances de son héros.
LUGO (Jean de), cardinal, né a Madrid en 1583, se disait deSéville, parce que son père y faisait sa résidence. Il se lit jésuite en 1603; et lorsque son père mourut, il partagea sa succession, qui était fort considérable, entre les jésuites de Séville et ceux de Salamanquc. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie en di\ers collèges, il fut envoyé à Rome pour y professer cette dernière science; ce qu'il lit avec succès pendant 20 ans. Le pape Urbain VIII le nomma cardinal en 16V3, et se servit de lui en plusieurs occasions. Cette dignité ne lui fit rien perdre de sou humilité, de sa modestie, ni de son amour pour la pauvreté et îa simplicité religieuse; il ne soulfrit jamais dans s n palais aucun meuble brillant ou précieux. Lugo mourut à Rome en 1660, à 77 ans. On a de lui un grand- nombre d'ouvrages en latin, qu'on a recueillis en 7 gros vol. in-fol.,Lvon, 1633-1660. Us traitent tous de la théologie scolasti .ne et morale, et furent imprimés successivement à Lyon, depuis l'3î jusqu'en 1600. Le volume qui a été le plus lu par les théologiens est le troisième, De virtute et sacramento pœnitentiœ, publié à Lyon en 1633, et réimprimé en 16'i4 et 1651. Ceux qui ont prétendu voir dans ses ouvrages le péché philosophique, ont mis dans cette accusation une animosité qui prouve mieux l'esprit de parti dont ils étaient animés, que l'erreur du cardinal, qui n'a jamais enseigné cete doctrine. Le cardinal de Lugo était fort cha itable. Ce fut lui qui donna le premier beaucoup de vogue au quinquina, qu'on appela la poudre de Lugo, et que les Anglais appellent encore aujourd'hui la poudre des jésuites, il la donnait gratuitement aux pauvres, et multipliait par là les occasions de s'assurer des propriétés de ce fébrifuge, qui se vendait alors très-cher. — Son frère aine, François de Lugo, jésuite comme lui, mort en 1652, à 72 ans est auteur d'un Commentaire sur la première partie de la Somme de saint Thomas, en 2 vol. infolio, d'un Traité des sacrements, et de plusieurs Traités de théologie, 3 vol. in-V\
LULLE, en espagnol Lulio (le bienheureux Raimond), surnommé le Docteur illuminé, né à Palma dans 1-llè de Majorque, en 1236, s'appliqua avec un travail infatigable à l'étude de la philosophie des Arabes, de la chimie, de la médecine et de la théologie. 11 alla plusieurs fois annoncer les vérités de l'Evangile en Afrique, et fut assommé à coups de pierres en Mauritanie, le 29 mars 1315, à 79 ans. 11 est honoré comme martyr à Majorque, où son corps fut transporté. On a publié plus de vingt ouvrages de Lulle, parmi lesquels on trouve la Cabale , ÏArs gencralis sive magna, etc. Lulle a eu un grand nombre d'abréviateurs et de commentateuis. Son Ars gencralis est de tous ses ouvrages celui qui
a fait le plus do bruit : il l'écrivit d'après un songe qu'il eut au pied d'un arbre où il s'était endormi. Il fit ensuite : Y Art inventif de la vérité; l'Art démonstratif, et l'Arbre ût la science. Il nous reste de lui un grand nombre de Traités sur diverses sciences, dans lesquels on remarque beaucoup d'étude et de subtilité, mais peu de solidité et do jugement. Quoiqu'il y ait encore aujourd'hui des gens qui prétendent qu'en saisissant la clef de ces mystérieux écrits, on trouve des connaissances vraies et simples, il est certain que cette voie d'y parvenir est pénible et puérile, qu'elle suppose dans celui qui la trace, un esprit tortueux et faux, et fronde la première qualité de l'enseignement, qui est la chuté. On a donné à Mayence, en lTii, le catalog e des ouvrages de cet auteur, in-8". On y trouve des Traités sur la théologie, la morale, la médecine, la chimie, la physique, le droit, etc. : car les docteurs de ces siècles embrassaient toutes les sciences, quoiqu'ils n'en possédassent parfaitement aucune. Il n'est cepenllant pas certain que les ouvrages énoncés dans ce catalogue soient tous de lui; on peut croire (pie plusieurs auteurs, pour donner de la vogue à leurs ouvrages, les ont décorés de ce nom célèbre alors ; par là on concilie très-simplement et sans efforts les idées contradictoires qui résultent des écrits de cet homme si fameux. On a en français deux Vies de Raimond Lulle : l'une est de M. Perroquet, Vendôme, 1667, in-8°; l'autre, du Père Jean-Marie de Vernon, Paris, 1668, in-12. Joruanus Brunus a donné deux ouvrages qui ont rapport à l'histoire de Lulle : Liber de Lampade combinatoria R. Lulli, Prague, 1588, in-8"; De comprndiosa architectura et complemento artis Lulli, Paris 1532, in-16. Mais cet apostat, fanatique forcené, dont les organes étaient évidemment dérangés , ne mérite aucune croyance dans ce qu'il dit de Lulle. Les écrivains qui prononcent difficilement sur le caractère des hommes extraordinaires * pnur lesquels le bien et le mal semblent pla;der avec une force à peu près égale, regardent Raimon i Lulle comme un personnage presque indélinissable. Sa vie fut d'abord dissipée et même libertine ; il se montra ensuite frère très-fervent du tiers-ordre de saint François , amateur de la solitude et sol iciteur assidu des princes, qu'il vit tous et pressa jusqu'à l'importunité, peur les faire entrer dans les plans de son zèle; négociateur d'une activité unique, auteur de plus de volumes qu'un homme n'en pourrait transcrire et presque lire durant la mesure ordinaire de la vie, accusé d'hérésie et martyrisé chez, les mahométans d'Afrique, homme en un mot si différent de lui-même et chargé de tant de contrariétés inconciliables , que si tout ce qu'on en raconte est vrai, les faits les plus romanesques ne sont plus chimériques. On lui a attribué jusqu'à la découverte du grand œuvre , et il se l'at ribue lui-même, si le passage où il dit qu'il l'a apprise par révélation est réellement de lui. On a cru lui reconnaître des traits de ressemblance avec