‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 268 sur 323 · MAB · texte numérisé non relu

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main-des-Prés le 27 décembre 1707, à 75 ans. Clément XI, en apprenant sa mort, fit écrire à dom Ruinart, qu'on lui ferait pla sir (l'inlu,mer un homme qui avait si bùn mérité des lettres et de l'Eglise, dans le lieu le plus distingué, « puisque tous les savants « qui iront à Paris, ne manqueront pas de «, vous demander où vous l'avez mis ? Ubi « posuistis eum? » Le pape voulait qu'on recueillit ses cendres sous le marbre avec une inscription qui convînt à des restes si précieux. L'intention du pontife ne fut pas suivie à cet égard ; mais dom Rousseau fit un éloge en style lapidaire, qui valait bien un monument. Les cendres de dom Manillon avaient été déposées, pendant la révolution, dans le musée des monuments français. On les a rapportées solennellement, le 26 février 1819, à l'église de Saint-Germain-des-P.és, et l'on a donné son nom à une des rues voisines. Ses principaux ouvrages sont : Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti in seculorum classes distributa, à Paris, en 9 vol. infol. Le premier volume de ce recueil, commencé par dom d'Achery, parut en 1668, et le dernier en 1702. Il va jusqu'à l'année 1110. L'ouvrage est aussi estimé pour les m numents qu'il renferme, que pour les préfaces dont l'auteur l'a orné. Ces préfaces ont été imprimées séparément, in-4u, 1732. Cet ouvrage a élé réimprimé à Venise en 1733 : un dixième volume qui aurait complété l'ouvrage se conservait manuscrit à la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés. Vetera analecta : ce sont des pièces recueillies dans diverses bibliotnèaues , et qui n'avaient pas été imprimées, en 4 vol. in-8", dont le premier parut en 1675, et qui fut achevé en 1685. Les dissertations qui enrichissent ce recueil ne sont pas ce qu'il y a de moins précieux. On en a donné une deuxième édition in-fol., à Paris, en 1723; c'est la plus estimée. De re diplomatica libri VI, Paris, 1681, 1 vol. in-fol., et un Supplément, publié en 1802. La meilleure édition est celle de 1709, par les soins de dom Ruinart. De Liturgia gallicana libri III, Paris, in-4°, 1685 et 1729; une Dissertation sur l'usage du pain azyme, dans l'eucharistie, in-8° ; une Lettre sous le nom (ÏEusèbe Romain, touchant le culte des saints inconnus, 1698, in-4°, et 1705, in-12; Musœum italicum, 1687-89, 2 vol. in- 4°, 1724, en société avec dom Germain ; Annales ordinis Benedictini , 1713-39, 6 vol., dont il a été donné 4 vol. in-fol., qui contiennent l'histoire de l'ordre des bénédictins, depuis son origine jusqu'en 1066. Les volumes suivants ont été donnés par dom Ruinart et dom Vincent Thuillier. L'Epîtrc dédicatoire qui est à la tête de l'édition de saint Augustin ; Sancti Bernardi opéra, 2 vol. in-fol., Paris, 1590 : c'est la meilleure édition; elle a été réimpr. en 1719. Tous les ouvrages précédents sont en latin. Ceux que le P. Mabillon a donnés en français sont : un Factum, avec une Réplique sur l antiquité des chanoines réguliers et des moines, pour maintenir les droits de son ordre, contre les chanoines réguliers de la province de Bour-

Dict. de Biographie relig. IL

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gogne ; Traité des études monastiques, 2 vol. in-4" ou in-12 ; une traduction de la règle de saint Benoît, in-1 8, 1697; une Lettre sur la vérité de la sainte larme de Vendôme. Vabillon, partout ailleurs bon critique, paraît dans cet ouvrage trop crédule et peu judicieux. Dom Thuillier publia , on 1724, les OEuvres posthumes de dom Mabillon, et y joignit celles de dom Ruinart : ce recueil est en 3 vol. in-4°. Voy. YHistoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, par Tassin ; les Mémoires de Nicéron ; la Bibliothèque des auteurs de la congrégation de Saint-Maur, par Lecerf, et le Dictionnaire de ChaufTep é. Dom Ruinart a écrit sa Vie, in-12, 1709. Elle a été traduite en latin par dom Claude de Vie, et imprimée à Padoue, 1714, in-8°. M. Em. Chavin de Malan a aussi publié une Histoire de dom Mabillon et de la congrégation de Saint- Maur, 1 vol. grand in-18. Mabillon avait été nommé membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres en 1701. De Bèze prononça son Eloge dans cette compagnie.

MABOUL (Jacques), prélat fiançais, né à Paris d'une famille distinguée dans la robe, se consacra à la chaire et prêcha avec distinction à Paris et en province. Il fut longtemps grand-vicaire do Poitiers, et devint évoque d'Alet en 170.S. Il mourut dans cette ville en 1723. Ses Oraisons funèbres ont été recueillies en 1748, en un volume in-12. Il n'a ni la mâle vigueur de Bossuet, ni le style châtié et poli de Fléchier; mais il est touchant et affectueux. On a encoiede iuidoux Mémoires pour la consignation des affaires de la Consiitution, in-4°, 1749. — M. Migne a fait entier dans sa collection des Orateurs sacrés, les œuvres oratoires de Maboul ei de plusieurs autres prédicateurs, sous ce titre : OEuvres complètes de Maboul, de Mascaron, de La Chambre, Sermons ehoisis de Nicolas de Dijon, et première partie des OEuvres complètes de Richard l'Avocat, 1 vol. in-4°. Deux autres volumes renferment la IIe et la IIP partie des OEuvres de ce «leniièr.

MACAIRE (sain ), l'Ancien, célèbre solitaire du ive siècle, né dans la Haute-Egypte, contemporain de saint Ephrem, et non disciple de saint Antoine, comme ledit Poiret, passa 60 ans dans le monastère de la montagne de Scété, partageant son temps entre la prière et le travail des mains, il mourut vers l'an 390, à 90 ans. On lui attribue 50 Homélies en grec, Paris, 1559, in-fol., avec saint Grégoire Thaumaturge, et séparément, Leipzig, 1698 et 1699,2 vol. in-8°. Les mystiques en font beaucoup de cas. On y trouve toute la substance de la théologie ascétique. Quoique saint AJacaire fût un homme sans études, il était puissant en œuvres et en paroles. L'Eglise célèbre sa fête le 15 janvier.

MACAIRE (saint), le Jeune, d'Alexandrie enEgyite, autre célèbre solitaire, ami du précédent, eut près de 5J00 moines sous sa direction. La sainteté de sa vie et la pureté de sa foi l'exposèrent à la persécution ues ariens. Il fut exilé dans une île où il n'y avait pas un seul chrétien ; mais il en convertit presque tous les habitants par ses mi-

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racle* Macaire mourut en 394 ou 'iO'i. C'est \ lui qu du attribue les tièglea des moines,

que nous avons eu trente cha litres dans le Codex regularum, collectas a sancto Benedicto ananiensijOuctusa Holsttnio, Ro ne, 1 <»(>1,

2 vol. in-V°. Jacques Tolliis a publié dans ses Insif/tiia itinerarii italici, un Dist ours de saint Macaire sur la mort des justes.

MACAIKK, métropolitain de L'Église ni— . lit traduire eu langue russe la Vie des samfe grecs, à laquelle il a euta celle des saints de sa nation, présida à 1 i ré laction des ann des connues sous le nomde Stepnia-Kniga, livres des degrés, qui contiennent l'histoire de llussie, depuis la fondation de l'empire par Rurik jusqu'en 15 il), et eut beaucoup de part à l'établissement de la première imprimerie qui fut formé a Moscou. De cette imprimerie sortirent en 156i les Actes et les Epîtres des apôtres, livre le plus ancien qui ait été imprimé en langue russe, et qui est remarquable par la finesse du papier et la beauté d s caractères Maca re mourut à Moscou, en 1503. MACASIUS François), né en 1J86, a Joachimsthal en Bohême, entra dans la société des jésuites, y enseigna diverses sciences avec réputation. Il mourut à Prague en 1733. On a de lui : Matinale theologico-canonicum sponsnlibus quœstionibus et resolutionibus cotnpendiose deduclis, Olmutz, 1730 et 1731, Prague, 17io, in-8° ; Jus ecclesiasticum commentariis in V libros decretalium Greyorii IX illustration, Prague, 17i9, 2 vol. iu-fol.

MACCAHTHY (Nicolas Tlite de), prédicateur célèbre et jésuite, naquit à Dublin d'une des familles les pi us illustres de l'Irlande. 11 n'avait que quatre ans lorsq e son père vint chercher à Toulouse où ii se tixa k liberié de conscience qu'L ne trouvait point dans sa patrie. 11 se rendit familières les langues grecque et hébraïque , et après avoir reçu la tonsure au séminaire de Saint- Magloirê à Paris à 1 âge de 1+ans, il suivait le cours de théologie en Sorbonne, lorsque les ora ,es révolutionnaires le forcèrent de rentre dans sa iamille. Sou temps fut consacré à des 1 ctures approfon nés, à de longues et patientes études, pour lesquelles la rie îe bibliothèque de son père lui otlVait toutes les ressources qu'il pouvait désirer. Sa piété ne le cédait pas a .-on érU iition et à son savoir, et il donnait l'exemple de la vertu la pus austère. C'est à un acte d : charité vraiment héroïque et non à des hésitations qu'il faut attribuer son entrée tardive dans ie sacerdoce. Pendant un hiver très-rigoureux il porta lui-môme une charge pesante de bois à une pauvre femme, abandonnée dans un grenier et qu'il secourait de ses aumônes. Les eiforts qu'il tit pour soutenir ce farueau peu proportionné à ses forces déterminèrent un • la. blesse de reins dont il souffrit jusqu'à la mort. Lorsque l'infirmité contractée pour une cause si honorable lui permit d'opérer la célébration des sa:nts mystères, il résolut d'entrer dan6 les ordres. C'e-t en 1814 qu'il fut fait prêtre au séminaire de Chambéry où l'avaient attiré d'anciennes liaisons avec les directeurs de -cet établissement. Après un

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an de séjour au milieu d'eul il revint d,! is sa famille, et se livra a I exercice du ministère. Dès son d bit, les succès de sa prédication furent ce qu'ils devaient être naturellement par l'effet «le la réunion d'un talent remarquable, d'un goût exercé, d'une instruction solide et d'une haute vertu. Sans égaler les deux c lèbres orateurs du xvne siècle, le P. de Maccarthy s'' st placé incon- Lablemenl .-m premier ramj; des prédicateurs moderne ;. Sa pensée est toujours juste, son style est pur, noble, abon lan', souvent pathétique ; jamais on ne Irouve une pensée sse, une exprès von ambitieuse; ses divisi ns sont un modèle de Justesse et de naturel ; il saisit habilement les trai's frappants, les i iées les plus saillantes de son sujet; il commente surtout et développe lTcriture sainte avec une rare supériorité. Onne pouvait faire un choix plus heureux pourl'épiscop.it (pie d'y élever l'abbé Maccarthy : en 1817, il fut nommé à l'évèché de Monlaubui, mais son humilité lui fit préférer la solitude et l'obscurité religieuse, et il ent a peu de temps après au noviciat (les jésuites. Après avoir prononcé ses vœux it reparut dans les chaires chrétiennes; Il n'avait été entendu précédemment qu'à Toulouse; il le fut depuis à la cour, dans plusieurs égl ses de Paris, dans! >s principales vides de France et depuis 183!) à Home, à Turin, à Chambéry, à Annecy enfin, où il mourut après une courte maladie ie 8 mai 1833. Ses Sermons ontéié publiée après sa mort, Lyon et Paris, 183i. 3 vol. in-v>' et in-12, et en 1836 on en a publié un quatrième à Lyon. En tète du premier volume est une Notice historique sur le P. Maccarthy, sans nom d'auteur, mais qui est du P. Déplace, jésuite Ivonnais.

MACCOVIUS ouMAK')WSIU(Jean), gentilhomme polonais, né en 1538 à Lobzenie, près >ie Posnanie en Pologne, d'une famille noble, devint professeur de théologie àFraneker en 16 IG. Il remplit cet emploi jusqu'à sa mort, arrivée en ltiVi. Il eut de grandes disput s avec les soc niens, les catholiq.es, les anabaptistes, les arminiens, etc. Ou a de lui des Opuscules philosophiques, théologiques, etc., imprimés d'abord séparément, puis réunis en 3 vol. iu-V, Amsterdam, 1060. Il y e'nSei ne les opinions les plus récoltantes du calvinisme , et soutient crûment que « Di u ne veut nullement le salut de tous « les hommes, mais qu'il ve it le péché, et « qu'il destine les hommes au péché en tant « que péché. » Il lu déféré au synode de Dordrecht, qui 1 ■ déclara exempt de toute i rreur, se contenta ut de l'avertir d'être plus circonspect dans ses expressions. Ce qui prouve qu'au jugement de ce synode, dont les décisions s .ni normales chez les caKinistes, la réd stiuation calvinienne renferme bien réellement toutes les horreuis qu'on lui attrioue, et que c'est à tort qu'on a accusé qu Ique^ théologiens de les avoir outré s. MALE (Jeanj. Voyez Léon de Saint-Jean.

MACÉ (François], consei.l. r et aumônier du roi, bachelic de Sorbonne, naquit à Paris veis 164-0. Il fut secrétaire des finances de la

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reine. À 45 ans on le nomma ebanoine-chevecier et curé de Sainte-Opportune : i] reçut alors le sacerdoce et devint aumônier du roi Louis XIII. Il se !it estimer par son savoir et ses vertus. On a de lui un grarid nombre d'ouvrages, doit les plus estimés sont : Psaumes et Cantiques dcl 'église , avecune paraphrase traduite du latin de Louis Ferrand. Paris, 16S6, in-8°; 1700, in-12; un Abrégé chronologique, historique et moral de l'Ancien et du Nouveau Testament, Paris, 170V, 2 vol. in-4°; ouvrage utile et bien rédigé, qui pour bien des gens peut suppléer à des ouvrages plus vastes; la science de l'Ecriture sainte, réduite en tables générales, ibid., 1703, in-4°; une Histoire morale, intitulée : Mélanie, ou la Veuve charitable,Vàv\s, 1729, in-12, production post: lin me qu'on attribua à l'abbé Choisi, et qui eut beaucoup de succès; Y Histoire des quatre Cicérons, Paris, 1714, in-12, La Haye, 1715, morceau curieux et intéressant, attribue d'abord au P. Hardouin, jésuite. L'auteur tâche de prouver par les historiens grecs et latins, que le fi s de Cicéron était aussi illustre que son pè e. Une Traduction de quelques ouvrages de piété du P. Busée; une traduction de Y Imitation de Jésus-Christ, Pa is, 1698, in-12; ibid., 1700, in-8°; ibid., 1718, in-24. Cette trad. avait eu lOéditions en 1734; Esprit de saint Augustin, ou Analyse de tous les ouvrages de ce Père. Cet ouvrage est manuscrit : il mériterait, dit-on, les honneurs de la presse. L'ai.bé Macé mourut à Paris en 1721.

MACEDO (François db), cordelier portugais, né a. Coïrabre en 1596, quitta l'habit de fa société de Jésus qu'il avait pris d abord, pour prendre celui de cordelier. Il fut l'un des plus ardents défenseurs du duc de Bragance, élevé sur le trône de Portugal. Le Père Macédo, après le couronnement du duc de Bragance, accompagna à Paris les ambassadeurs portugais qui y venaient pour faire reconnaître ce monarque. Il eut l'honneur de prêcher devant Louis XIII. Macédo, clans un voyage à Borne, plut tellement à Alexandre VII, que ce pape le fit maître de controverse au collège de la Propagande , professeur d'histoire ecclésiastique à la Sapience, et consulteur de l'inquisition. Le cordelier, né avec une humeur bouillante, impétueuse et tière, ne sut pas conserver sa faveur; il déplut au pape, et passa à Venise, où il soutint en arrivant des thèses de omni re scibili. Il donna ensuite pendant huit jours les fameuses conclusions qu'il intitula : les Rugissements littéraires du lion de Saint-Marc. S. s succès lui valureut une chaire de philosophie morale à Padoue. 11 jouit d'abord d'une grande considération à Venise, et y mourut en 1081. Macédo avait une lecture prodig.eu*e, une mémoire surprenante, beaucoup de facilité à parler et à écrire : il ne lui manquait q'.se plus de jugement et de goût. La Bibliothèque portugaise compte jusqu'à cent neuf ouvrages de cet inépuisable auteur, imprimés en différents endroits de l'Europe, et 30 manuscrits. Le P. Macédo dit lui-même dans son Mgrothecium morale, in-4° qu'il avait prononcé en publie 53 panégyriques, 60 discours latins,

32 oraisons funèbres, et qu'il avait fait 48 poèmes épiques, 113 élégies, 115 épitaphes, 212 épîtres dédicatoires, 700 Let'res familières, 2600 poèmes héroïques, IlOodes, 3000 épi ïi ainraes. 4 comédies latines, et qu il avait écrit ou prononcé plus de 150,0;)0 vers surle-champ. Quelle étonnante fécondité 1 Nicéron donne les titres de ses ouvrages, tome XXXI, p. 317-39. Nous ne citerons que : sa Clavis augustiniana liberi arbitrii, contre le P. Noris, depuis cardinal. Il y avait eu auparavant une querelle vive entre ces deux savants au sujet du monachisme de saint Augustin. On imposa silence aux parties; Schéma congregalionis sancti Officii romani, etc., Padoue, 1676, in-4°. C'est une dissertation sur l'inquisition, où l'érudition et les singularités sont semées à pleines mains. L'auteur fait remonter l'origine de ce tribunal jusqu'au commencement du monde, idée qui, d'ab mi très-paradoxale, devient plus soutenable, quand on réfléchit que tout ce qui sert à réprimer l'erreur et le vice est une espèce d'inquisition. Enajclopœdia in agonem litterarum producta, Borne, 1657, infol.; Propugnaculum Lusitano-Gatliciim, contra calumnias hispano-belgicas, etc., Paris, 1647, in-folio; YEloge des Français, Aix, 1641, in -4°, en latin. Macedo se déc'ara d'abord pour les principes de Jansénius dans Doctrina sancti Augustini de Prœdestinatione, in-4° ; mais le pape Innocent X ayant condamné les cinq iameuses proposi lions, Macedo changea de sentiment, et soutint que Jansénius les avait enseignées dans le sens condamné par le pape , et publia , pour le prouver, un livre intitulé: Mens divinitus inspirata lnnocentio X, in-4°.

MACEDO (Antoine de), jésuite portugais, frère du précédent, né à Coïmbre en 1612, fut envoyé en Afrique comme missionnaire, et à son retour il accompagna l'ambassadeur de Portugal en Suède. Ce fut à lui que la reine Christine fit les premières ouvertures du dessein qu'elle avait d'abandonner le luthéransme. Macédo fut ensuite pénitencier apostolique de l'église du Vatican à Borne, depuis l'an 1651 jusqu'en 1671. Il retourna alors en Portugal, où il fut fait recteur du collège d'Fvora, puis de Lisbonne. On a de lui : Lusitania infulata et purpurata (ou Vies des papes et des cardinaux portugais), Paris, 1673, in-8°; Divi tutclares orbis christiani, Lisbonne, 1687, in-folio. C'est un recueil de Vies des saints.

MACEDONIUS Ier, patriarche de Constantinople en 341, et fameux hérésiarque, soutenait que le Saint-Esprit n'était pas Dieu. Il causa de grands désordres dans sa ville, et s attira la disgrâce de l'empereur Constance. Acace et Eudoxe le tirent déposer dans un concile de Coustantinople en 360. 11 mourut ensuite misérablement. Les sectateurs de Macé onius s'appelaient Macédoniens. Leurs mœurs éiaient, du moins en apparence, pures et austères, leur extérieur grave, leur vie aussi dure que celle des moines. Ce simulacre de piéié trompa les faibles. Un certain Maiathonius, autrefois trésorier, embrassa

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cette secte, et son or fit plus d'hérétiques que tous les arguments. Cette secte l'ut proscrite, h la divinité du Saint-Espril clairement prononcée dans le concile général de Conslantinople en 381. C'est à cette occasion que ce concile ajouta au symbole de Nicée après les mots : Et in Spiritum sanctum,\es paroles suivantes : Dominum, et vivificantem, ex Pâtre Filioque procedentem, et cum Pâtre et Filio adorandum et glorificandum. Longtemps avant ce concile, on avait opposé à l'hérésie do Sabellius le dogme des trois personnes, dogme qui supposait évidemment la divinité du Saint-Esprit. Après la mort de saint Alexandre, le peuple avait choisi pour patriarche Paul, et les ariens élurent Macédonius. Con.4ance, qui favorisait les ariens, exila Paul ; mais il revint ensuite de son exil, et Macédonius, au dire de saint Athanase, servit sons lui comme prêtre. Paul, disgracié une seconde fois, eut pour successeur Eusèhe de Nicomédie. Ce dernier étant mort vers 341, Macédonius fut installé par ordre de l'empereur. Cette élection donna lieu à une émeute où périrent 3000 personnes. Macédonius s'en vengea en obtenant d' l'empereur un édit qui excluait des ég ises et des villes tous ceux qui étaient attachés à la foi de Nicée. Plus tard il voulut faire transporter dans une autre église le corps de Constantin. Cette profanation ameuta de nouveau le peuple, et l'on versa des ruisseaux de sang. Perdu enfin dans l'esprit de Constance, Macédonius qu tia le siège de Constantinople, fonda un monastère où il mourut vers l'an 3G1. Il eut pour successeur dans son hérésie Eleusius de Cvzique. Voy. Gélase de Cyzique. — Il ne faut [tas confondre ce Macédonius avec un autre patriarche de Constantinople, qui défendit avec zèle le concile de Chalcédome contre l'empereur Anastase, et mourut en 516. Son nom fut mis dans les dyptiques. Les Grecs célèbrent sa fête le 25 avril. Il avait été partisan de YUénotique de Zenon, mais il rétracta son erreur.

MACHABÉES, sept frères juifs qui souffrirent le martyre à Antioche, dans la persésécution d'Antiochus Epiphanes, avec leur mère et Eléazar, l'an 108 av. J.-C.

MACHABEES (les princes), ou Asmonéens.

Voy. Judas Machabée, Mathathias. jNous avons sousle nom de Machabées quatre livres, dont les deux pre niers sont canoniques, et les deux autres apocryphes. Le premier fut, à ce que l'on croit, composé sous Jean Hyccan, le dernier de la race des Asmonéens, et contient l'histoire de 40 ans, depuis le règne d'Antiochus Epiphanes jusqu'à la mort du grand-prêtre Simon. Le second est l'abrégé d'un grand ouvrage qui avait été composé par un nommé Jason, et qui comprenait l'histoire des persécutions d'Epiphahes et d'Eupator contre les Juifs. L'un et l'autre sont remplis de grands tr.dts d'histoire, et écrits avec beaucoup d'intérêt. La persécution et la mort d'Antiochus , le châtiment d'Héliodore envoyé pour dépouiller le temple, la conduite sage et courageuse du pontife Onias, le martyre d'Eléazar, celui

des sept frères avec leur mère, les victoires incroyables de Judas Machabée, remportées avec une poignée de monde contre des armées immenses, etc., tous ces événements sont présentés avec beaucoup de force et de • dignité. Les protestants ne reconnaissent pas la canonicilé de ces deux livres. Ce qu'on y lit touchant la prière pour les morts (voy. Judas Machabée), et quelques autres considérations de cette nature, ont pu les engager à ne pas les r. cevoir. Le troisième livre contient l'histoire de la persécution que Ptolémée Philopator, roi d'Egypte, fit aux juifs de son royaume. Le dernier est une espèce de résumé des deux premiers livres, et contient ce qui s'est passé chez les Juifs dans un espace d'environ deux cents ans. Quoique ces deux derniers livres ne soient pas canoniques, ils jouissent d'une considération distinguée, et tiennent une place honorable entre les histoires des nations; on peut les consulter avec confiance, touchantlesfaitsqu'ilscontiennent.

MACHAULT (Jean-Baptiste de), jésuite, né à Paris en 1591, et mort à Pontoise le 22 mai 1040, après avoir été recteur des collèges de Nevers et de Rouen, a composé Gesta a societate Jesu in regno sinensi, œthiopico et tibetano , et quelques ouvrages curieux et édifiants-. Il traduisit de l'italien en français Y Histoire de ce qui s'est passé aux royaumes de la Chine et du Japon, Paris, 1627, in-8".

MACHAULT (Jacques de), jésuite, naquit à Paris en 1600, f,t recteur à Alençon,a Orléans et à Caen, et mourut à Pa is en 1680. On a de lui : De missionibus Paraguariœ et aiiis in America méridional i ; De rébus japonicis ; De provinciis goana, malabarica et aliis ; De regno cochinchinensi ; De missione religiosorum societatis Jesu in Pcrside; De regno madurensi , tangorensi, etc. Ces ouvrages, bien écrits, offrent des détdls intéressants, non-seulement pour ceux qui ont à cœur la propagation de la foi, la conversion des infidèles, la civilisation des barbares, mais encore pour ceux qui cherchent des notions historiques et géographiques touchant diverses régions du globe. Mais depuis que l'on a fait paraître le recueil intitulé Lettres édifiantes et curieuses , J. de Machaull est presque tombé dans l'oubli.

MACHAULT (Louis-Chari.es de), né à Paris le 20 déc. 1737, fut d'abord grand-vicaire de Mgr de Lamotle d'Orléans , évêque d'Amiens, qui le demanda ensuite pour coadjuteur (1771). Machault succéda en 1774. à ce prélat qui laissait à son diocèse, disait-il, sinon un saint Jean Chrysostome, du moins un saint Jean l'Aumônier, faisant ainsi allusion à ses nombreuses libéralités envers les pauvres. Lorsqu'on publia en 1781 le prospectus des Œuvres de Voltaire , l'évêque d'Amiens lança un mandement contre la nouvelle entreprise. Il improuva au^si vers le même temps un livre d'épitres et évangiles, avec des réflexions, qui lui parut autoriser des erreurs. Il propagea la nouvelle dévotion au sacré cœur , et publia, à ce sujet , un mandement et un précis historique relatif à des guérisons miraculeuses, opérées par

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l'intercession de la sainte Vierge, en la chapelle qui lui était dédiée dans l'église paroissiale d'Albert , sous le titre de Notre-Dame de Brebière. Machault fut membre de la dernière assemblée du clergé, tenue en 1788, et député l'année suivante aux états généraux, pour le clergé du bailliage d'Amiens et Ha in. Il vota avec la minorité et signa ses diverses protestations. Le 25 août 1790, il publia une Instruction pastorale surlahiérarchiectla discipline ecclésiastique, de 95 pages in-8°. Il adhéra hl'Exposition des principes des trente évoques , et publia une déclaration sur le serment civique demandé. 11 ne tarda pas à émtgrer et se rendit à Londres. De retour sur le continent, il passa la plus grande partie du temps de son émigration dans la ville de Paderborn, en Westphalie, et c'est de là qu'il souscrivit , de concert avec les évoques émigrés, Y Instruction pastorale du 15 août 1798 sur les atteintes portées à la religion. Le 6 nov.l80l,il donna la démissi n demandée par le bref apostolique du 15 août précédent, rentra en France peu après, et se retira à Arnouville près Gonesse, où il a résidé jusqu'à sa mort arrivée le 12 juillet 1820, à l'âge de 83 ans. 11 avait été nommé, en 1818, chanoine du premier ordre du chapitre de Saint-Denys.

MACKNIGHT (Jacques), ministre presbytérien, né à lrwin dans l'Ecosse méridionale en 1721 , exerça les fonctions pastorales dans divers lieux de sa patrie, et enfin à Edimbourg. Il était savant et habile hellén.ste. On a de lui plusieurs ouvrages, notamment : Harmonie des quatre Evangiles, où Von a conservé l'ordre naturel de chacun, avec une paraphrase et des notes, 1756, in-4° ; trad. en latin par Ruckersfelder, professeur à Deventer, 1775, in-8°; La Vérité de l'histoire de l'Evangile, démontrée, en trois livres, 1764, in-4°; Nouvelle traduction littéraire, d'après l'original, de la première et de la seconde E pitre de saint Paul aux Thessaloniciens, avec un Commentaire et des Notes, 1787, in-4-°; Trad. littérale, d'après l'original grec, de toutes les Epîtres apostoliques, avec unComment. et des Notes philosophiques, critiques, explicatives et pratiques, à laquelle est jointe l'histoire de la Vie de Paul, apôtre, 1795, k v. in-4°.

MAGLAINE (Archibald), théologien écossais, fut ministre de l'église anglicane à La Ha e pendant plus de 50 ans; il quitta ce poste en 1796 par suite des troubles que la révolution française excitait sur le continent, et aila se fixer à Bath, où il mourut le 25 nov. 180'+, à l'âge de 82 ans. Ses principaux écrits sont : Lettres à Soame Jenyns, 1777, in-12; une traduction anglaise de l'Histoire ecclésiastique, publiée en allemand par Mosheim, imprimée d'abord en 1755, 2 vol. in-4°; 2e édition, 1758, 6 vol.in-8°; trad. en français par Eidous, Maëstricht, 1776, 6 vol. in-8°; des additions à l'édition in-4° ont aussi été publiées séparément en 1758.

MAGLOT (Edmond), chanoine prémontré, mort dans son abbaye de Létange en 1711, à 74- ans, est auteur d'une Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, en 2 vol. in-12,

dans laquelle il a mêlé quantité d'observations et de remarques t'iéologiques, morales et historiques. Cet auteur avait beaucoup lu, mais il manque quelquefois de discernement. Le religieux était pi us estimable en lui que l'écrivain ; ceux qui l'ont connu ont loué également sa piété, sa modestie et sa politesse.

MAGQUEîl (Philippe), avocat au parlement de Paris, sa patrie, né l'an 1720, d'un a famille originaire d'Ecosse, mort en 1770, composa plusieurs ouvrages historiques, et notamment un Abrégé chronol. de l'hist. ccclés., 2 vol. in-8u, Paris, 1751 et 1757, avec des additions, composé dans le goût de celui de l'Histoire de France de Hénault, mais écrit plus sèchement et avec moins de finesse. Les dernières éditions, dit Feller, ont été entièrement défigurées par les partisans des e. reurs de Jansénius. Un 3e tome, ajouté par l'abbé Dinouart, est l'ouvrage du fanatisme le plus complet. Voy. Marcel (Guillaume). Comme l'auteur touchait à l'époque où la philosophie devait produire dans les notions historiques une confusion générale, ses écrits se ressentent, quoique assez faiblement, de ceite circonstance du temps.

MACHINE (sainte), sœur de saint Basile et de saint Grégoire de Nysse, après la mort de son père et l'établissement de ses frères et sœurs, se retira dans un monastère, qu'elle et sa mère fondèrent dans le Pont, près du fleuve d'Iris. Elle y mourut saintement en 379. Saint Grégoire, ^on frère, a écrit sa Vie. On la trouve avec celles des Pères du désert.

MADAN (Martin), théologien anglais, né vers l'an 1726, mort à Epsom en 17^0, se fit une grande réputation comme prédicateur, et laissa : un petit traité sur la foi chrétienne, 1761, in-12; Commentaire sur les 39 articles, 1772,in-8°; Thehjphlhoro, 1780, 2 vol. in-8% qui furent suivis d'un troisième : l'auleur y fait l'apologie de la polygamie ; Lettres au docteur Priestley, 1787, in-12 ; une trad. de Ju vénal et de Perse, avec notes, 1789, 2 vol. in-8°.

MADELEINE (sainte Marie-), ainsi nommée du bourg de Magdalum, situé dans la Galilée, près la mer de Tibériade, fut guérie par Jésus, qui chassa sept démons de son corps. Elle s'attacha à lui, le suivit au Calvaire, et après que son corps eut été déposé dans le tombeau, elle retourna à Jérusalem préparer des parfums pour l'embaumer. Le surlendemain elle alla de grand matin au sépulcre avec les autres femmes, et n'ayant point trouvé le corps, elle courut en porter la nouvelle aux apôtres, et revint au tombeau. S'étant tournée, elle vit Jésus debout, sans savoir que ce fût lui. 11 lui demanda ce qu'elle cherchait ? Madeleine, pensant que c'était un jardinier, lui répondit : Si vous l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis, et je l'emporterai. Jésus lui dit: Marie... et aussitôt le connaissant à sa voix, elle se jeta à ses pieds pour les baiser; mais Jésus lui défendit de le toucher, lui apprit qu'il resterait encore quelque temps sur la terre avant que d'aller à son Père, et lui ordonna d'aller annoncer cette nouvelle consolante à ses frères. On ne sait plus rien de certain de la vie

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