‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 269 sur 323 · MAD · texte numérisé non relu

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de Madeleine. L'histoire de son voyage en Provence avec son frère Lazare et sa sœur Marthe, ne jouit pas du suffrage de la plupart des critiques; les témoignages îles anciens lui raan'iuent. Il faut convenir cependant, que si elle n'est point apouyée par des preuves positives, ce genre de preuve ne lui est cependant pas contraire ; si rien ne prouve que ce voyage est vrai, rien aussi ne prouve positivement et par voie de fait qu'il est faux ; on peut donc laisser subsister la tradition des Provençaux quelle qu'elle soit. Les savants auteurs des Acta sanctorum, après avoir amplement discuté la matière, conviennent que cette tradition n'a succombé jusqu'ici à aucun argument péremptoire. L'abbé Pa on, dans son Voyage de Provence, parait l'avoir traitée d'une manière trop leste. On a beaucoup disputé contre l'opinion commune qui fait de Marie-Madeleine, de la pécheresse dont parle saint Luc, ch. vu, et de Marie, sœur de Lazare, une seule et môme personne. Le Fèvre d'Etaples, Josse Clicthoue et le docteur Launoy ont attaqué cette opinion avec autant d'ardeur, que s'il s'agissait d'une vérité fondamentale de la religion et de la morale; mais ils n'ont pas eu plus raison pour le fond de la question que pour la manière dont ils l'ont traitée. La tradition, le consentement des Pères, l'office de l'Eglise, la persuasion générale du peuple chrétien, mais surtout le caractère d'amour, qui se manifeste dans ces prétendues trois Maries, d'une manière si intéressante et si uniforme, ne laissent aucun lieu de douter que les raffinements de la critique moderne n'aient ici manqué leur objet. On ne peut rien ajouter à la savante et lumineuse dissertation que les Bollandistes ont publiée sur cette controverse, Act. Sanct. lom. Sjulii. Noël Alexandre (Sœc. i, Disscrl. 17) d'-fend au^si l'ancienne et commune op nion. Noël Beda et Bernard I.ami, et l'illustre martyr, J an Fischer, l'avaient déjà soutenue, quoique avec un succès moins m rqué. Sur tout ce qui concerne sainte Marie-Madeleine on doit consulter principalement les Monuments inédits sur Vaposlolut de sainte Marie-Madeleine en Provence, et sur les autres apôtres de cette contrée, ouvrage aussi curieux que savant, édité par M. Migne, l'S'\S, 2 vol. in-4", ornés de nombreuses Tâvures.

MADELEINE de PAZZI (sainte), carmélite, née à Florence en 156G, de l'illustre famille de ce nom, entra très-jeune dans le couvent de Sainte-Fédrie de cette ville, où l'on conserve son corps dans une riche châsse. Elle mourut en 1607, fut béatifiée par Urbain VIII en 1026, et canonisée par Alexandre VII en 1699. Madeleine brilla par de grandes vertus; fut tourmentée par diverses tentations, et exerça sur elle-même beaucoup d'austérités. Sa Vie a été écrite en italien par Vincent Puccmi, et traduite en frineais par Brochand, et en latin par Papebroch. On en trouve un abrégé dans la Vie des saints, de Baillet, au mois de mai. Le P. Salvi, carme de Bologne, a recueilli les ÛEUtires spirituettes de sainte Madeleine de

Pazzi, Venise, 1739. Il a donné les relations des miracles opérés par son intercession, Milan, 172Y-1728. On a sa Vie, par le P. Cepa-i , jésuite, confesseur de la sainte, ou-' vra," traduit par l'abbé P., 1 vol. in-12.

M ADEU (Joacuim-Jkan), philologue et bibliographe allemand, né l'an 1626 a Hanovre, occupa une chaire d'histoire à l'académie de Helmstadt, fut recteur h Schœningen, et mourut le 17 aoiït 108;). On a de .Vader: Disputât io de conciliis, 1050; Dissertalio de S. LaurciUio, 1650; Vetustas, sanctimonia, potentiel atque mnjrstas celsissimœ do mus Bru/isivirensis ac Lumburgensis, Helmstadt, 1601, in-V ; De lîibliotltecis atque archivis rirorum clarissimorum libilli et commenlalionrs, cum pra-fatione de scriplis et bibliothecis antediluvianis , ibid., 1600, h\-k°; Epistola de scholarum anliquitate, ibid., 107i ; De coronis, nuptiarum prœsertim, sacris et profanis, dissert, que Graevius a insérée dans le tome VIII du Thesaur. anliq. romanar.; des éditions de divers auteurs, et de quelques ouvrages de plusieurs l'ôr s grecs et latins : mas ces édi ions ont été surpassées par celles qu'ont données des philologues plus récents ; une édition de Y Histoire ecclésiastique, d'Adam de la Brème, ibid., 1670.

MADOX (Isaac), é êque anglais, né à Londres le 27 juillet 1697, avait commencé par ê:re apprenti chez un rôtisseur. Ses heureuses disj ositions et son goût pour l'élude fixèrent l'attention de quelques personnes, qui se chargèrent de son éducation. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il devint en 1736 évoque de Saint-Asaph, fut nommé en 17i3 évoque de Worcester, et mourut le 27 septembre 175 >. On a de Madox une Défense de ia doctrine et de la discipline de VEglise d'Angleterre en réponse à /' Histoire des puritains (de Neale); et des Sermons, dont un a pour o jet l'inocualion delà petite-vérole.

MAFFÉE ouMAFFEI (Jkan-Piebue), célèbre jésuite, né à Bergame en 1535, enseigna la rhéton pe à Gênes en 1563, et en 1504 fut secrétaire de la république avant d'être de la oompa nie de Jésus, dans laquelle il entra en 1505. Philippe il, roi d'Espagne, et G égoire XIII eurent pour lui une estime partie l.ère. On a dit qu'il était tellement jaloux de la belle latinité, que, de peur de l'altérer, il deman ;a au pape la permission de dire son bréviaire en grec : c'est une fable. Le cardinal Bentivoglio, ami de ce jésuite, fa t entre lui et btrada le parallèle suivant : « Us se ressemblent dans la beauté du « style, dans la noblesse, dans l'harmonie « des paroles, et dans la clarté des pensées; « mais le P. Maffée l'emporte par la pureté « de la langue, et Strada par l'élégance : l'un « écrit avec gravité, et l'autre avec beaucoup « d'esprit. » L'extérieur du P. Matfée n'avait rien qui annonç/.t son mérite; sa conversation même était sans agrément. Il était d'un tempérament délicat , et ne conservait sa santé que par un régime pénible. H était prompt à s'enflammer; mais il rentrait en lui-même, et demandait pardon à ceux que sa vivacité avait offensés ou scandalisés. Il

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donnait à la perfection de ses ouvrages plus de temps que d'autres h la composition des leurs. Quand on lui paraissait surpris de cette lenteur, il répondait que les lecteurs ne s'informaient pas du temps qu'on avait mis à composer un ouvrage, mais des beautés qu'on y trouvait. 11 mourut a Tivoli le 20 octobre' 1603. On a de lui : De vita et moribus sancti ïgnatii, in-S°, Venise, 1685, et Bergame, 17V7, 2 vol. m-k°. C'est un enfant qui peint son père ; mais s'il a la tendresse et la naïveté de cet âge, il a les grâces et la vigueur des meilleurs écrivains latins; Historiarum indicarum libri XVI, traduits de l'espagnol, du P. A. Costa, plusieurs fois réimprimés in-fol. et in-8°. Le stylo en est trèspur et très-élégant. Les mémoires sur lesquels cet ouvrage a été composé sont les plus surs que l'auleur eût pu se procurer sur ces régions lointaines ; on assure que c'est le travail de dix années. Le début en est magnifique et sublime; et en général les réflexions de l'auteur et sa manière de présenter les grands événements sont nleins de dignité et de force. L'abbé de Pure l'a as-ez mal traduit en français. Elle va jusqu'en 155S. On y trouve à*la fin la traduction des 1 ettres écrites des Indes par les missionnaires. Elles ont aussi paru séparément sous le titre de Rerum a socielate Jcsu in Oriente gestarum volumen, Cologne, 1574, in-8°. Cinq livres de ces lettres sont De japonicis rébus. Le cardinal Henri de Portugal avait appelé Mr.ffée a Lisbonne pour écrire l'Histoire générale des Indes orientales. Grégoire X1I1 chargea Maffée d'écrire Y Histoire de son pontificat. Cet ouvrage, qu'il laissa manuscrit, n'a été publié qu'en 1742, à Rome, en 2 vol. in-4-0. On trouve la Vie de Maffée à la tète do ses Œuvres latines, 17i6, 2 vol. in-4°.

MAFFÉE ou M AFFEI (le marquis François- Scipion), né à Vérone le 1er juin 1675, d'une famille illustre, fut associé fort jeune à l'académie des Arcades de Rome. A 27 ans il soutint publiquement dans l'université de Vérone, une thèse qui respirait la gaieté de la jeunesse et de la poésie, quoique en prose. Elle loulait toute sur Vamour et contenait cent conclusions, très-décentes et sages,quoique dans une matière où il est aisé de s'oublier. Le marquis, passionné pour tous les g"nres de gloire, voulut goûter celle des armes. Il entra au service de Bavière , et se trouva en 1701 à la bataille de Donawert. L'amour des lettres le rappela bientôt en Italie. Il eut alors à soutenir une autre espèce de guerre; il écrivit contre le duel , à l'occasion d'une que, elle où. son frère aine était enga0é. Il lit un livre plein de savantes recherches sur les usages des anciens pour terminer les différends des particuliers. Il y fit voir aux duellistes que ce prétendu point d'honneur et le duel en lui-même sont opposés à la religion, au bon sens et à l'intérêt de la vie aile. Le marquis Maffée s'attacha ensuite à réforl mer le théâtre de sa nation. 11 composa sa Mérope , qui eut un succès brillant et sou tenu; une comédie sous le titre de la Cérémonie fut aussi fort applaudie. Sa réputation

était répandue dans toute l'Europe , quand il vin* en France en 17;32. Son séjour à Paris fut de plus d<i quatre ann 'es. On vit en lui un génie étendu, un esprit vif, fin, pénétrant, avide de découvert s , et très-propre à en faire; une humeur enjouée, un cœur naturellement bon , sincère , désintéressé , ouvert à l'amitié , pie n de zèk pour la religion et fidèle à en remplir les devoirs. A peine voulut-on s'apercevoir qu'il se prévenait aisément de ses propres idées ; qu'il était délicat sur le point d'honneur litlérune, rétif à la coût a fiction , trop absolu dans la dispute, et qu'il semblait vouloir faire régner ses opinions comme par roit de conquête. De France, le marquis Maffée passa en Angleterre, de là en Hollande, et o^uile à Vienne, où il reçut de l'empereur Charles VI des éloges plus flatteurs po r lui que les titres les plus honorables. De retour en LaJie, il continua à s'occuper des sciences, et mourut le 11 février 1755. Les Véronais l'avaient chéri avec une espère d'idol. trie. Pendant sa dernière maladie on fit des | rières publiques , et le conseil lui décerna,, après sa mort, des obsèques solennelles. On prononça d ns la cathédrale de Vérone son oraison funèbre. On a parlé beaucoup do 1 inscription : Au marquis Scipion Majfei vivant , mise au bas de son buste, qu il trouva, à son retour à Vérone , | lacé à l'entrée d'une des salles de l'académie. Co sont peut-être ces honneurs exagérés qui ont donné à ce savant estimable le ton décisif et les airs de suffisance qu'on lui a reprochés. S'il a pu trouver dans la cause une espèce d'excuse de l'effet, il sera toujours di.ticile do le justifier d'avoir paru rechercher la cause même. Les principaux de ses ouvrages sont : Rime e prose, Venise , 17 U"), in-4-0 ; La scienza cavalleresca, Rome, 1710, in~i\ Ce livre, contre l'usage barbare dès duels , est exe lient. 11 en a paru six éditions. La dernière a été commenté s par le P. Paoli, membre de l'académie des Arcades, sous le nom tie Tedalgo. La Mérope, t agédie. Il yen a eu plusieurs éditions; Traduttori italiani , ossia Notizia dei volgarizzamenti d'antichi scrittori latini e greci, Venise, 1720, in-8° ; Teatro italiano, ossia Scelta di tragédie per uso délia Scena , en 3 vol. in-8° ; Cassiodori complexiones in Epistolas et Aeta apostolorum et Apocalypsi.n, ex vetustîssimis membranis erutœ , Florence, 1721, et Roterdam, 1738; lstoria diplomatica , che serve d'introduzione air arte criliea intal materia, 1727, in-4°; Degli Anjitcatri, e singolarmente de Veronese, Vérone, 1728, in-12; Supplément um Acaciarum, monumenta numquam édita conlinms, Venise, 1728; Musœum Vcronense, 1729, in-folio : c'est un recueil d'instructions relatives à sa patrie; Vcrona illustrata , in-fol., Vérone , 1732 , et en k vol. in-8°. La république de Venise , à qui l'auteur dédia cet ouvrage , le décora d'un titre qui ne se donne qu'à la première noblesse , avec des revenus , des immunités et des privilèges. Il primo canto deV Iliade d'Omcro, tradutlo in versi italiani, Londres, 1737, en vers non rimes ; La Religione dei

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ycntili nel morire, ricavata da un basso-rilievo antico che si conserva in Parigi, Paris, 1736, in-4.°; Osservazioni letterarie chepos-

sono servire di contnniazione al Giornale de letterati d'Italia. On a encore de lui un ouvrage sur la Grâce. C'est une histoire théoloJque de ia doctrine et des opinions qui ont eu cours dans les cinq premiers siècles de l'Eglise, au sujet de ht grâce, du libre arbitre et do !a prédestination : elle est en italien, et fut imprimée à Trente , en 1742. Maffei y a joint quelques écrits théologiques qu'il avait aussi composés ; des éditions estimées de quelques Pères. Son attachement aux vérités du christianisme était aussi vif que réfléchi. Il donnait quelquefois dans des opinions qui paraissaient neuves et singulières ; mais il ne les défendait qu'autant qu'il les croyait conformes à la saine doctrine. Une Lettre au Père Ansaldi, où il nie absolument l'existence actuelle de la magie, a été réfutée car les savants Muratori et Tartarotti. Le célèbre marquis devait se borner à rejeter la multitude de fables qu'on débite en cette matière, sans attaquer la possibilité ou la réa ité de la chose en elle-même. Il y a d'ailleurs de 1 inconséquence dans son opinion , puisqu'il reconnaît que la magie a existé autrefois, qu'il y a encore aujourd'hui des possess.ons , etc. Il admet d'un côté ce qu'il rejette de l'au re. Les passages des Pères qu'il allègue sont ou tronqués ou mal expliqués ; ceux où les mêmes Pères établissent clairement la magie ne sont pas rapportés, etc. Voy. Asmodée , Delrio , de Haen , Spé , etc. En général , on reconnaît dans ses écrits une science plus étendue que profonde, plus variée que réfléchie, plus d'érudition que de logique , plus d'élocution que de pensées. Son style en prose manque parfois de précision et de nerf; il est pour l'ordinaire languissant et parasite. La marche de ses idées est quelquefois dénuée d'ordre, plus souvent de fermeté et de vigueur. Les OEuvres de Matfei ont été recueillies en 1790 à Venise, 28 vol. in-8°. — Il ne faut pas le confondre avec Scipion Agnello Maffei, de Tortone, auteur d'une Histoire de la ville de Mantouc, en italien.

MAGALLIAN ( Côme ) , jésuite portugais , dont on a des Commentaires sur Josué , sur les Juges , sur les Epitres à Tite et à Timothée, et sur d'autres écrits, occupa une chaire de théologie à Coïmbre , où il mourut eu lo2'+, dans sa 73e année.

M AGES, ce nom, qui ve u t dire Sag-es, désigne particubèrement les illustres seigneurs qui, conduits par un météore lumineux, que l'Ecriture appelle étoile, vinrent du fond de l'Orient ado.er Jésus-Christ, troublèrent la cour d'Hérode par la recherche qu'ils firent de cet Enfant divin , et retournèrent dans leur patrie après lui avoir rendu leurs hommages. On les appelle ordinairement les trois rois. Claudien, poète païen, leur donne aussi ce nom, et désigne les présents symboliques qu'ils firent au Sauveur des hommes :

Dant libi Chaldseï prœnuntia munera reges :

Myrrham homo, rex aurum, suscipe mura, Deus.

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Ce passage est parfaitement conforme à co qu'une ancienne tradition nous apprend sur ce sujet (Voy. Juvencus). Chalcdius, philosophe païen, fait mention de l'apparition de l'étoile miraculeuse qui conduisit los Mages h Bethléem , dans son Commentaire sur le Timée de Platon , pag. '219, « Il y a , dit-il , « une autre histoire plus digne de notre vé- « nération religieuse , qui raconte l'appari- « tion d'une étoile destinée à annoncer aux « hommes , non des maladies ou quelque « mortalité funeste, mais la venue d'un Dieu, « uniquement descendu pour le salut et le « bonheur du genre humain. Elle ajoute que « cette étoile ayant été observée par les « Chaldéens versés dans l'astronomie , sa « route nocturne les conduisit à chercher le « Dieu nouvellement né, et qu'ayant trouvé « cet auguste Enfant, ils lui rendirent les « hommages dus à un si grand Dieu. » On donne ordinairement aux trois Mages les noms de Gaspard, Melchior, Balthasar , et l'on croit que parmi eux il y en avait un noir. La cathédrale de Cologne se glorifie de posséder les corps de ces illustres voyageurs ; cette prétention ne paraît pas f mdée sur des titres qui puissent essuyer un examen sévère. Le monument ou lypsanothèque qui renferme ces reliques , est d'une richesse extraordinaire et d'un grand travail. Le P. Crombach, jésuite, a écrit en faveur de cette tradition de l'église de Colologne , un grand vol. in-lol. , où il y a bien plus de recherches que de critique : Primitiœ gentium , sive Historia SS. Trium Magorum, Cologne, 165'*. Le jour de l'Epiphanie, l'Eglise célèbre dans la personne des trois Rois la vocation de toutes les nations à la foi de l'Evangile , comme l'on voit dans l'office de ce jour , composé des passages les plus lumineux et les plus touchants de l'Ancien Testament, relatifs aux effets merveilleux du christianisme et à la réunion de tous les peuples sous la loi de Jésus-Christ.

MAGGI ou plutôt MAGGIO (François-Marie) , chanoine régulier, né l'an 1612, mort l'an 1686 à Palerme , fut envoyé dans les missions de l'Orient l'an 1636 par la congrégation de la Propagande. Il parcourut la Syrie, l'Arabie, l'Arménie, et y tit beaucoup de fruit. Partout il montra qu'il savait allier un grand zèle à beaucoup de prudence. De retour en Italie , il se rendit à Rome, où il travailla, par ordre de la Propagande, à la Grammaire des langues orientales ; étant passé à Naples , l'amitié du viceroi lui facilita les moyens d'établir dans ce royaume plusieurs maisons de théatins, ordre dont il était membre. On a de lui : Syntagmata linguarum orientalium, quœ in Georgiœ regionibus audiuntur, etc., Rome, 1643, in-f% et 1670, in-f; Desacris cœremoniis ; De PauliiV inculpata vita disquisitioncs historicœ; plusieurs ouvrages sur le Rituel et ascétiques

MAGISTR1S (Hyacinthe de), missionnaire italien et jésuite, né dans le diocèse de Crémone en 1605, professa d'abord les humanités, et fut envoyé par ses supérieurs dans les missions des Indes Orientales. Lors d'un

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second voyage qu'il fit en Europe pour les besoins de sa mission, le supérieur-général l'envoya visiter les établissements que Tordre possédait dans le Brésil. Il retourna ensuite dans l'Inde, et fut nommé préfet du noviciat de Goa, où il mourut le 11 novembre 1G68. On a de lui une Relation de l'état des missions à Maduré, et des établissements des jésuites sur la côte de Malabar, Rome, 1661, in-8° , en italien ; traduite en français par le P. Jacques de Machault.

MAGISTRIS (Simon ou Siméon de), savant orientaliste, né à Serra, village de Corse, en 1728, mort à Rome le 6 octobre 1802, y alla fort jeune, et y devint prêtre de l'Oratoire de l'Eglise-Neuve. S'étant adonné à l'étude des langues anciennes, il fut successivement employé par le pape Clément XIV et par Pie VI, qui le nomma évêque de Cyrène in partibus, et le mit a la tête de la congrégation chargée de corriger les livres et les liturgies des Eglises orientales. On lui doit : Daniel secundum septuaginta, ex tetraplis Origenis, nunc primum editus, ex singulari Cfusiano Codice annorum supra 1300, grec et latin, Rome, 1772, in-fol. ; ActaMarlyrum ad ostia tiberina ex manuscripto Codice regiœ bibliothecœ Taurinensis, Rome, 1795; Dionysii Alexandrini, etc., opéra quœ super sunt, grec et latin, Rome, 1796, in-fol.; Gli alti di cinque martiri nella Corea, etc., Rome, 1801, in-8°, et une édition du P. Josephi Bianchini elogium hist., Rome, 1764.

MAGLOIRE (saint), natif du pays de Galles, dans la Grande-Bretagne, embrassa la vie monastique, vint en France, fut abbé de Dol, puis évêque régionnaire en Bretagne. Il établit dans la suite un monastère dans l'île de Jersey, où il mourut en octobre 575, à près de 80 ans. Ses reliques furent transférées à Paris, au faubourg Saint-Jacques, dans un monastère de bénédictins, cédé aux Pères de l'Oratoire en 1628. C'était, avant la révolution française, le séminaire Saint-Magloire, célèbre par les savants qu'il a produits.

MAGNERIC (saint), un des plus saints évoques du vr siècle, gouverna l'église de Trêves, sous les règnes de Sigebert, Childebert et Chilpéric. Entre autres monuments qu'il a laissés de sa piété, on compte la célèbre abbaye de Sainl-Martin, qu'il fonda hors des murs de la ville, en mémoire du saint évêque de Tours, pour qui il avait une singulière vénération. 11 mourut en 596. Saint Grégoire de Tours nous a conservé quelques particularités de sa vie.

MAGNES ou Magnetes (Macarius), auteur ecclésiastique, qui florissait a Jérusalem sur la fin du mc siècle. Germain, patriarche de Constantinople, cite le nom do Magnés, prêtre de Jérusalem, parmi les noms de ceux qui assistèrent au concile d'Antioche, tenu contre Paul de Samosate, et où il accompagna son évêque Hyménée. Il écrivit : 'knoxpiny.riv, seu Responsionum adversus Theosthenem ethnicum, Evangclium calumniantem libri quinque ; un Commentaire sur la Genèse; un traité sur l'Eucharistie. De ces ouvrages de Magnés, il ne nous reste que des frag-

ments que M. Migne a recueillis dans un volume de son Cours complet de Patrologie. Ce volume a pour tilre : Œuvres très-complètes d'Amobe, reproduites d'après les éditions de dom Coustant, de Galland et d'Orellius; précédées des trois Dissertations de Dodwell, sur saint Cyprien, des OEuvres de saint Sixte et d:; saint Denys, papes, de Denys d'Alexandrie, de saint Félix, d'Eutychien, de Caius, de Commodien, d'Antoine, de saint Victorin et de Magnés, 1844, 1 vol. in-4°.

MAGNET (Louis), jésuite, né l'an 1575, mort l'an 1657, fut le rival de Buchanan en poésie sacrée. Il s'est fait un nom par sa Paraphrase en vers latins des Psaumes et des Cantiques de l'Ecriture sainte. Cet auteur est assez bien entré dans l'esprit des écrivains sacrés, et a rendu, autant qu'il est possible, la force de leurs expressions.

MAGN1 (Jacques), augustin, né à Toulouse, mort vers 1422, fort âgé, est auteur d'une Introduction à la philosophie, intitulée Sophologium, Paris, 1471, in-4", édition assez rare. Il y en a une autre plus ancienne, sans date.

MAGNI (Valérien), en latin Ma g nus, capucin, né à Milan en 1587, d'une iamille illustre, fut élevé aux emplois les plus importants de son ordre. Le pape Urbain VIII le fit chef des missions du Nord ; mais ayant écrit avec beaucoup d'emportement contre les jésuites, il encourut la disgrâce d'Alexandre VII, qui lui défendit d'écrire. Le capu • cin ne crut pas devoir obéir à cette défense, et publia quelque temps après son Apologie. On le mit en prison à Vienne, et il n'obtint sa liberté que par l'indulgence de Ferdinand 111. Il se retira sur la tin de ses jours à Saltzbourg, et y mourut en 1661, à 74 ans. On trouve, dans le tome II du recueil fanatique intitulé Tuba magna, une lettre qu'il a écrite dans sa prison même; il y répondait aux accusations intentées contre lui, de manière à le faire mettre on prison s'il n'y avait pas été. On a encore de lui quelques livres de controverse contre les protestants, qu'il haïssait cependant moins que les jésuites. On connaît sa réponse favorite : Mentiris im~ pudentissime.

MAGNIN (Charles-Etienne), ancien curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, à Paris, né à Charolles, diocèse d'Autun, le 28 novembre 1759, d'une famille honorable, était professeur et directeur au petit séminaire d'Autun à l'époque de la révolution. Le refus qu'il fit du serment l'obligea de quitter le diocèse, et il se rendit à Paris, où il pensait qu'il se déroberait plus facilement aux poursuites. Il eut le désir d'aller porter la foi chez les nations infidèles; mais sa famille montra une opposition si vive à ce projet, que l'abbé Magnin crut devoir céder. Du fond de l'asile que lui avait donné une bonne revendeuse de la rue Saint-Martin, il put encore répandre les secours et les consolations de la religion, visiter les malades, remplir, en un mot, les diverses fonctions du sacré ministère. Il pénétra même jusque dans le cachot de la reine Marie-Antoinette, qui reçut de sa main la sainte communion. Dans les jours

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les plus mauvais de la terreur, il allait, déguisé ou marchand d'habits, dans diverses maisons où des fidèles l'attendaient , et il offrait avec eux le divin sacrifice. Lorsque les temps devinrent plus calmes . 1 celé-? bra la messe dans on oratoire particulier, échappant ainsi h la nécessité de signer les diverses promesses de soumission (['l'exigeait le gouvernement républicain. A l'époque iln concordat, il fut attaché à la paroisse de S;iint-Hoi!i, en qualité de prêtre administrateur, et, en 1810, il fut nommé curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, en l'emplacement de M. Valayer, qui était appelé à la euro le Saint-Nicolas-des-Champs , et oui fut plus tard évèipie de Verdun. Le 15 février 1831, le service anniversaire qui l'ul célébré dans cette église, en commémoration de la mort du duc de Berry, donna un prétexte à des événements déplorables. L'église et le presbytère furent dévastés et pillés, et l'abbé Magnin lut jeté au dépôt de la Conciergerie, où il resta 19 jours. Lorsqu'il fut remis on liberté, il eut la douleur de voir son église fermée et menacée de destruction, et il dut se réfugier avec son clergé et ses paroissiens dans l'église de Saint-Èustache, qui servit alors pour deux paroisses. En 1837 il se démit de sa cure, espérant que son église serait ainsi rendue plus facilement au culte; elle fut en effet bénie par M. de Ou'den, le 13 mai de la mémo année, et le lendemain, jour de la Pentecôte, la grand'messe y lut chantée par M. l'abbé Quentin, vicaire-général. Un apothicaire avait usé de l'ascendant éphémère que le hasard des événements lui donnait pour transformer cotte église en mairie. L'abbé Magnin, nommé chanoine honoraire de Notre-Dame, se fixa dans la rue de Vaugirard, et continua l'exercice de son ministère dans l'église des dames Carmélites. Il est mort le 18 janvier 1843, dans sa 84e année.

MAGNUS ou MAGNI (Jeaw\ en suédois Store, qui veut dire grand, archevêque d'Upsal, en Suède, né à Linkœping on 1488, s'éleva avec for e contre le luthéranisme, et travai.la en vain à empêcher le roi Gustave Wasa de l'intro mire dans ses Etats. Ce monarque répondit a ses remontrances par dos persécutions ; il le fit passer pour un rebelle, et un peintre catholique de Flandre eut la lâcheté de représenter ce grand prélat comme luttant contre l'autorité légitime. C'est cependant ainsi que les apôtres et les premiers prédicateurs de l'Evangile o:;t lutté contre les empereurs païens. Le zélé et courageux archevêque se rend à lui-même, dans ses malheurs, le témoignage consolant de ne souffrir que pour la défense de la foi de Jésus-Christ : Ex primo regni sénat ore et felicissimo archiepiscopo, propter tuendam fidem Christi, foetus sum humihs, exsul et peregrinus (Hist. lib. xxn). Magnus, emportant les regrets des catholiques, se retira à Rome, y reçut beaucoup de témoignages d'estime, et y mourut en 1544. On a de lui : une Histoire de Suède, en 2* livres, intitulée : Gotlwrum, Suecorumgue historia ex probatis antiquorum

monumentis collecta, Rome, 1554, in-folio; Baie, 1558, in-8°, ouvrage publié* avec des additions, pai Olaiis Magnus, son frère; celle des archevêques d'Cpsal, sous le titre: Historia mctropoHlanœ Ecclcsiœ Upsalensis, in' regnis Sueciœ et Gothiœ a Joanne Magno , Gotho, sedia nposlolicœ legato , et ejusdem Ecclcsiœ archiepiscopo, collecta, opéra Olai Magni Gothi, ejù» fratris , in lucem édita, Rome, 1560, 1 vol. in-fol. On trouve dans ce livre do quoi rétablir la vérité des faits, et détruire les calomnies des luthériens con-rtro cet illustre archevêque, homme d'un zèle forme et d'une droiture inflexible. Sa résistance aux progrès des nouvelles sect'-s fut d'autant plus forte et plus constante, qu'il connaissait parfaitement les maux qui résultaient de toute innovation imaginée par des hommes oisifs et inquiets, au préjudice de l'ancienne religion que quinze siècles avaient laissée-dans la possession de passer pour la véritable.

MAGNUS (Olaus) , frère de Jean Magnus, auquel il succéda, l'an 1544, dans l'archevêché d'Upsal , parut avec éclat au concile de Trente, en 1540 , et souffrit beaucoup, dans son pays , pour la religion catholique. On a do lui l'histoire des mœurs, des coutumes et dos guerres des peuples du Septentrion, sous ce titre : Historia de gentibus septentrionalibus, etc., Rome, 1555, in-fol.; RAIe, 1567 : les autres éditions ne sont que des extraits. Cet ouvrag > renferme des choses curieuses, mais quelques-unes semblent être le fruit do la crédulité. L'auteur y mont e un grand attachement à la f i catholique.' Un autre ouvrage de ce prélat est intitulé : Tabula terrarum septentrional ium et rernm mirabilium , etc., Venise , 1039. Il mourut au monastère de Sainte-Brigitte, à Rome, en 1508, et fut enterré à côté de son frère , dans l'église du Vatican.

MAGR1 (Dominique), né, on 1004, a la Vale!te, dans l'île de Malte, prêtre de l'Oratoire et chanoine de Viterbo, mort le 4 mars 1072, à 08 ans, avait une érudition peu commune, embellie parles vertus sacerdotales. I! laissa ûi'ux ouvrages utiles : Hicrolexicon, Rome, 1077 , in-fol. , composé avec son frère Charles. C'est un dictionnaire qui peut beaucoup servir pour l'intobigence de l'Ecriture sainte; un Traité des contradictions apparentes de l'Ecriture , on latin , dont la meilleure édition est celle de 1785, in-12, à Paris, par l'abbé Lefèvre , qui l'augmenta de moitié. Elle a reparu à la tin du tom. Il du Hierol.ricon ; la Vie de Lalinus Latinius, qui est à la tête de la Bibliotheca sacra et profana de cet auteur, dont Charles Magri a donné l'é .ition,Rome, 1077, in-fol.; Yirtù delKafe, Rome, 1671, in-4°; Viaggio al monte Libano, 1664, in-4°. On préfère celui de Jérôme Dandini , avec des notes de Richard Simon. On trouve la liste des autres ouvrages de Magri dans le tom. XL! de Nicéron.

MAHÉ (Joseph) , chanoine , antiquaire et théologien , naquit le 19 mars 1700 , à Arz, petite île du Morbihan, située à une lieue et demie de Vannes, et dont la population près-

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que entière se compose de marins. Il perdit son père debonne heure, et il se vit un moment sur le point d'être obligé d'interrompre ses études , h cause tlu peu d'aisance de sa famille. Après avoir terminé son cours de théologie, il fut nommé vicaire à Kervign :c, et peu après il fut attaché, avec le même titre , à la paroisse de Saint-Salomon de Vannes. Pendant les orages révolutionnaires, l'estime dont il jouissait n'empêcha pas qu'il ne fût , comme tous ses confrères , l'objet d'une vive persécution , et il ne dut son salut qu'au dévouement d'un ami , à qui ii témoigna sa gratitude en instruisant ses enfants. Plus tard il subit une année de captivité. En 1802, M. de Pancemont, êvêque de Vannes, le pourvut d'un canonieat, q;;i permit à l'abbé Mahé de se livrer avec une nouvelle ardeur à ses études de prédilection. En 1806, il devint bibliothécaire de la ville de Vannes et aumônier du collège; mais il perdit ces deux emplois en 1815, le premier, parce que la majeuie partie des livres de la bibliothèque fut ren lue aux anciens possesseurs, et le second , par suite de la publication d'un ouvrage intitulé : Dialogue sur la grâce efficace par elle-même, entre Philocaus et, Alétliozète , Paris , 1818, in-12 , auquel on reprochait d'être entaché de jansénisme.

Mahé se soumit à la décision de son évêqu ', M. de Bausset, et sup, rima son livre. L'archéologie occupa alors presque tout son temps, et il publia un Essai sur 1rs antiquités du Morbihan , Vannes , 1825 , in-8", avec planches, ouvrage qui a obtenu l'estime des savants. Le Lycée armoricain , recueil mensuel de Nantes, renferme plusieurs dissertations de lui, des réponses aux observations ou critiques de M. de Fréminville, de M. de Penhouet , etc. Homère fut aussi l'objet de ses méditations , et il a laissé , sous le titre d'Antiquités homériques, un manuscrit assez volumineux. 11 a laissé également en manuscrit des Commentaires sur la Bible , travail q e lui faci itait sa grande connaissance des langues hébraïque, grecque et syriaque, une traduction des Psaumes, dont il ne put exécuter que la moitié, des notes et des Mémoires sur Je déluge universel et sur diverses difficultés4 des saintes Ecritures, etc., qu'il lisait à la sociéié î'olymathique du Morbihan, dont il fut président après en avoir été un des fondateurs. Le chanoine Mahé mourut à Vannes, le h septembre 1831, Agé de 71 ans.

MAHIS (Marin des). Voy. Crosteste.

MAHOMET, ou mieux MOHAMMED (Ibx Abdallah Abou'l Cassem), naquit a la Mecque , le 10 novembre 570, suivant l'opinion la plus probable. Sa naissance fut accompagnée, suivant les i.évols musulmans, de différ nts prodiges q .i se tirent sentir jusque dans le palais de Chosroès. Son père était idolâtre. Amenah , sa mère, juive de religion, était veuve depuis dix mois lorsqu'elle mit au monde cet enfant, futur auteur d'une superstition sanguinaire, étendue depuis le détroit de Gibraltar jusqu'aux Indes, et foudateur d'un empire devenu redouiabie aux chrétiens , destiné à punir leurs crimes et à

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