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cien culte des Aranes païens, qui y allaient une fois tous les ans pour adorer leurs divinités, dans un temple aussi renommé parmi eux <pje celui de Delphes l'était chez les Grecs. Mahomet, fier de ses premiers succès, se lit déchirer roi, sans renoncer au caractère de chef <ie religion. Cel apode sanguinaire ayant augmenté ses forces, oubliant la trêve qu'il avait faite deux ans auparavant avec les habitants de la Mecque, met le siège devant cette ville, l'emporte de force, et, le fer et la flamme à la main, il donne aux vaincus le choix de si religion ou delà mort. On passe au fil de l'épée tous ceux qui résistent au prophète guerrier et barbare. Le vainqueur, maître de l'Arabie, et redoutable à tous ses voisins, se crut assez fort pour étendre ses conquêtes et sa religion chez les Grecs et chez les Perses. Il commença par attaquer la Syrie, soumise alors h l'empereur Héiaclius; il lui prit quelques villes, et rendit tributaires les princes de Dauma et Deyla. Ce fut par ces exploits qu'il termina toutes les guerres, où il avait commandé en personne, et. où il avait montré l'intrépidité d'Alexandre. Ses généraux, aussi heureux que lui, accrurent encore ses conquêtes , et lui soumirent tout le pays à Y00 lieues de Médine, tant au levant qu'au midi. C'est ainsi que Mahomet, de simple marchand de chameaux devint un des plus puissants monarques de l'Asie. Il ne jouit pas longtemps du fruit de ses crimes. Il s'était toujours ressenti d'un poison qu'il avait pris autrefois. Une juive, voulant éprouver s'il était réellement prophète, empoisonna une épaule de mouton qu'on devait lui servir. Le fondateur du niahométsme ne s'aperçut que la viande était empoisonnée qu'après en avoir mangé un morceau. Les impressions du poison le minèrent peu à peu. 11 fut attaqué d'une fièvre violente, qui l'emporta dans la 62e année de son âge, la 23e depuis qu'il avait usurpé la qualité de prophète, la 11e de l'hégyre, et la 032e (ie Jésus-Christ. Sa mort fut l'occasion d'une grande dispute entre ses d sciples. Omar, qui de son persécuteur était devenu son apôtre, déclara, le sabre à la main, que le prophète de Dieu ne pouvait pas mourir. Il soutint qu'il était disparu comme Moïse et Elie, et jura qu'il mettrait en pièces quiconque oserait soutenir le contraire. 11 fallut que Abubekerlui prouvât par le fait que leur maître était mort, et par plusieurs passages de l'Alcoran, qu'il devait mourir. L'imposteur fut enterré dans la chambre d'une de ses femmes, et sous le lit où il était mort. C'est une erreur popuia:re de croire qu'il est suspendu dans un coffre de fer qu'une ou plusieurs pierr. s d'aanant tiennent élevé au haut de la grande mosquée de Médine. Son tombeau se voit encore aujourd'hui à l'un des angles de ce temj le. C'est un cône de pierre placé dans une chapelle dont l'entrée est défendue aux profanes par de gros barreaux de fer. Le livre qui contient les dogmes et les préceptes du mahométisme s'appelle le Coran ou Koran. C'est une rapsodie de six mille vers, sans ordre, sans liaison, sans art.
Les contradictions, les absurdités, les anachronisme, y sont répandus à pleines mains. 11 recueillait les fables les plus absurdes des juifs et des hérétiques, et les mêlait à la narration des livres saints sans discernement. On peut juger du chaos qui en est résulté. S'il se présente çà et là quelques passages raisonnables, des maximes d'une bonne morale et même des endroits sublimes et touchants, c'est que l'imposteur répète ou imite le langage des chrétiens et des juifs sur la Divinité, ses ouvrages et ses lois. « Si l'on « niait, dit un savant moderne, que ce qu'il « a de bon sur la Divinité et la morale vient « de nos Livres saints, je me contenterais de « renvoyer au Coran même. On y verrait en « combien d'endroits il copie Moïse ou l'E- « vangile; mais aussi par combien de folies « et d'extravagances qui lui sont propres il « a défiguré ce qu'il prenait chez nous! Or, il « me semble que, pour apprécier un homme, « il faut s'appliquer très-spécialement à dis— « tinguer ce qu'il a tiré de son propre génie, « de ce qu'il prend ailleurs. Pour lui en faire « honneur, au moins faudrait-il nous mon- « trer le degré de perfection qu'il pourrait y « avoir ajouté. Mais très-certainement on « n'espérera pas nous montrer quelque de- « gré de peifection ajouté par Zoroastre ou « par Mahomet à la doctrine de Moïse, aux « lois de l'Evangile. » — Toute la théologie du législateur des Arabes se réduit à trois points principaux. Le premier est d'admettre l'existence et l'unité de Dieu, à l'exclusion de toute autre puissance qui puisse partager ou modifier son pouvoir. Le deuxième est de croire que Dieu, créateur universel et tout-puissant, connaît toutes choses, punit le vice et récompense la vertu, non-seulement dans celte vie, mais encore après la mort. Le troisième est de croire que Dieu, regardant d'un œil de miséricorde les hommes plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie (il n'y en avait presque plus alors dans toutes les provinces que ses sectateurs ont subjuguées depuis), a suscité son prophète Mahomet pour leur apprendre les moyens de parvenir à la récompense des bons et d'éviter les supplices des méchants. Cet imposteur adopta, comme l'on voit, une grande partie des vérités fondamentales du christianisme : l'unité de Dieu, la nécessité de l'aimer, la résurrection des morts, le jugement dernier, les récompenses et les châtiments. Il prétendait que la religion qu'il enseignait n'élait | as nouvelle , mais qu'elle était celle d'Abraham et d'Ismaël, plus ancienne, disait-il, que celle des Juifs et des chrétiens. Outre les prophètes de l'Ancien Tes ament , il reconnaissait Jésus , fils de Marie , né d'elle quoique vierge , Messie , Verbe et Esprit de Dieu. Il donnait même dans l'hérésie des impassibles , en assurant que Jésus-Christ n'avait pas été crucifié. « La perfidie des Juifs, dit-il, a été punie « pour avoir nié la virginité de Marie, et « avoir dit qu'ils avaient mis à mort Jésus le « Christ, fils de Marie, envoyé de Dieu. Ils « ne l'ont ni tué, ni sacrifié; ils n'ont eu en
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« leur pouvoir que son image. Sa personne « leur a été enlevée et placée auprès de « Dieu. » Quoiqu'il eût beaucoup puisé dans la religion des Juifs et des chrétiens, il haïssait cependant les uns et les autres : imitant en quelque sorte les plagiaires, qui affectent de mépriser et de censurer îes auteurs qu'ils ont volés. La circoncision, les oblations, la prière cinq fois par jour, l'abstinence du vin, des liqueurs, du sang, de la chair de porc, le jeûne du mois rhamadan et la sanctification du vendredi furent les pratiques extérieures de sa religion. Il proposa pour récompense, à ceux qui la suivraient, la jouissance de toutes les voluptés charnelles. Un homme qui proposait pour paradis un sérail ne pouvait que se faire des prosélytes parmi des gens grossiers et vicieux. 11 n'y a point de religion ni de gouvernement qui soit moins favorable au sexe que le mahométisme. L'auteur de ce culte antichrétien accorde aux hommes la permission d'avoir plusieurs femmes, de les battre quand elles ne voudront pas obéir, et de les répudier si elles viennent à déplaire; mais il ne permet pas aux femmes de quitter des maris fâcheux, a moins qu'ils n'y consentent. Il ordonne qu'une femme répudiée ne pourra se remarier que deux fois; et si elle est répudiée de son troisième mari , et que le premier ne la veuille point reprendre, elle doit renoncer au mariage pour toute sa vie. 11 veut que les femmes soient toujours voilées, et qu'on ne leur voie pas môme le cou ni les pieds. En un mot, toutes les lois à l'égard de cette moitié du genre humain sont dures et injustes. Les prétendus philosophes qui ont entrepris de réhabiliter la mémoire de Mahomet, de justifier sa religion, de réfuter les reproches qu'on lui a faits, seraient plutôt venus à bout de blanchir un nègre. L'état d'ignorance, de stupidité, de servitude, de corruption, dans lequel sont plongés tous les peuples soumis à ses lois , est une démonstration contre laquelle les sophismes et les subterfuges ne tiendront jamais, et qui couvrira toujours de confusion les apologistes. Mahomet est le plus ancien écrivain qui ait parlé clairement de l'immaculée conception de la sainte Vierge; c'est dans son Alcoran, sura 3. Voy. aussi Maracci, Prodrom. ad réfutât. Alcor., p. 4, p. 86. Il avait sans doute pris cette opinion des chrétiens orientaux, qui s'étaient retirés de son temps en grand nombre dans l'Arabie, pour éviter les mauvais traitements qu'on leur faisait éprouver dans leur patrie. Voy. Sixte IV. La meilleure édition de Y Alcoran est celle de Maracci,' Alcorani textus universus, en arabe et en lalin, in-folio, 2 vol., Padoue, 1698, avec des notes. Il n'avance rien qu'il ne prouve par les textes formels de ce livre et par les témoignages des auteurs arabes : il avait étudié cette langue pendant quarante ans. Il y en a une traduction anglaise, in-4°, par M. Sale, avec une introduction et des notes critiques, dont plusieurs n'ont pas paru justes à tout le monue. « Je suis fâché, dit Porter, l'homme « le mieux instruit de son temps de la reli-
« gion musulmane, d'être obligé de dire que « souvent il montre trop d'empressement à « faire l'apologie du Koran, et qu'il cherche « plutôt a pallier les extravagances sans « nombre qu'il y rencontre, qu'à les exposer « sous leur véritable point de vue. 11 résulte « du moins un avantage de cette partialité : « c'est qu'on peut être assuré qu'il n'a pas « ajouté une seule absurdité h celles qui y « sont réellement, et qu'il n'a point chargé « le ridicule qu'elles ont dans l'original. « Quelques faiseurs d'esprit hétérodoxes , « pour se donner un air de singularité, si ce « n'est aux dépens de l'honnêteté, au moins « aux dépens du sens commun , ne se sont « point fait scrupule de se déclarer les admi- « rateurs du Koran, d'en exalter les dogmes, « et même d'oser les mettre en parallèle « avec ceux qu'enseignent nos livres sa- « crés. » [Observ. sur la religion, les lois, le gouvernement et les mœurs des Turcs, Neufchâtel, 1770, tome II, p. 22 et suiv.) Il faut voir tout ce que cet habile homme a dit sur cette matière : il avait longtemps demeuré à Constantinople en qualité d'ambassadeur du roi d'Angleterre, et rien n'avait échappé à ses observations. Du Ryer a donné une version française de V Alcoran, Paris, 1647, in-4u; La Haye, 1683, in-12. La tra .uction française de celle de M. Sale parut à Amsterdam, 1770, 2 vol. in-12 : plus élégante que ce le de du Ryer, elle est moins estimée de ceux qui cherchent le vrai. M. Sale s'est moins occupé à rendre fidèlement le sens de l'original qu'à lui donner des tournures raisonnables; et quand il n'a pu atteindre ce but , il s'est permis des altérations et des omissions que les règles d'une traduction ne comportent pas. La traduction italienne attribuée à André Arrivabene, 1547, in-4°, est très-rare, mais peu estimée, ayant été faite sur une rnauva'se traduction latine. On fait encore Mahomet auteur d'un traité conclu à Médine avec les chrétiens, intitulé : Testamentum et pactiones initœ inter Muhammedum et christianœ fidei cultores, imprimé à Paris, en latin et en arabe, en 1630 ; mais cet ouvrage paraît supposé. Hottinger, dans son Histoire orientale, page 248, a renfermé dans 40 aphorismes ou sentences toute la morale de l'Alcoran. Albert Widmanstadius a expliqué la théologie de cet imposteur dans un Dialogue latin, curieux et peu commun, imprimé l'an 1540, in-4°. Le cardinal de Cusa a réfuté l'Alcoran sous le titre de Cribrationes Alcorani. Keland et quelques autres ont vainement entrepris de justifier la religion et le livre de ce brigand. Voy. la Vie de Mahomet par Prideaux et par Gagnier. On peut consulter encore Y Alcorani textus universus de Maracci, dont nous avons parlé, ainsi qu'un très-bon ouvrage imprimé à Tyrnau en 1717, Mahumetanus in lege Christi, Alcorano suffragante, instructus; et la fin du Traité De Veritate religionis christianœ, par Grotius, livre vie. On lit une conférence curieuse de quelques missionnaires avec des mahométans , dans YHistor. soc. Jesu, part. 4. Voy. les articles Ryer et Sayary.
MAHY Ri-un ariv, jésuite, né à Namur en i€8fc» prêcha avec ré >utation pendant 27 ans dans ditférentes illes des Pays-Bas. Il prêchait a la cathédrale de Liège, lorsquune mort subite l'enleva le 8 avril 174». Il a donné au public VBiêtoire du peuple hébreu jusqu'à la ruine rir ia Synagogue, Liège, 17*2, 3 vol. in-12. Le style en est trop oratoire.
MAIDSTON (Richard de), Anglais, fut ainsi nommé du lieu de sa naissance; il mourut le 1" juin 1396, dans le cou vent d'Arlesfort, de l'ordre des Cannes, où il avait pris l'habit. Celait un homme versé dans la théologie, dans La philosophie et dans les mathématiques. Il a laissé plusieurs ouvrages. Les plus curieux et les plus raies sont ses Sermonet brèves intitulait: Dormi secnre, Lyon, l'iOV, in-V, et Paris, 1820, même format. Ou a dit qu'effectivement ils n'étaient bons qu'à faire dormir; mais ce bon mot est au moins trop général, car ses sermons renferment aussi (ies choses très-propres à réveiller.
MAIER (Jean), carme, natif de Ghela ou Geel, village de Rrabant, était versé dans le grec elle latin : il mourut à Anvers en 1577. Il a laissé des Commentaires sur les E, dires de saint Paul, sur le Décalogue, des Discours latins et grecs; mais on croit que ces ouvrages ont éié la proie des flammes.
MAIER (Michel), alchimiste, était né en 1568 a Rinshourgdans le duché de Holsteiu. L'empereur Rodolpiie II l'honora du titre de son médecin. 11 se lixa en 1620 à Magdebourg, et y mourut en 1622, à 5i ans. 11 livra sa raison, sa fortune et son temps à l'alchimie, cette folie ruineuse. Parmi les ouvrages qu'il a donnés au public sur cette matière, les philosophes, qui le sont assez peu pour vouloir faire de l'or, distinguent et recherchent son Atalanta fugiens, 1618, in-i"; et sa Septimana philosophica, 1620, in-k°, ouvrages où il a consigné ses délires. On a encore de là : Sitenlium post clamorcs , seu Iractatus revelationum fratrum Jioscœ Crucis, 1617, in-8° ; De fraternitate Roseœ Crucis, 1618, in-8"; Jocus severus, 1617, in-4°$ De Rosea Cruce, 1618, in-i"; Apologclicns revelationum fratrum Roseœ crucis, 1617, in-3". Plusieurs écrivains ont cru que cette société des frères de la Rose-Croix avait été l'origine de celli des francs-maçons, il paraît cependant que l'objet de cel e-la t nail à la physique, et, si on en croit quelques aut urs, à la magie, et que la dernière a été d'abord proscrite par des mot.fs dit!' t. nts, tolérée en-uite par une suite du relâchement arrivé dans les mœurs de ce siècle , soupçonnée d'être entia un des grands mobiles des révolutions dirigées contre la religion et l'ordre public. On peut consulter le Voile levé et la Conjuration contre V Eglise catholique, deux volumes qui ont paru en 1792. V. le Journal hist. et itft.» Î" juin 1792, p. 183. Cantilenœ intellectuales , Rome, 1622, in-16; Ros ock, 1623, in-8"; Musœum chymicum, 1708, in-4°; Arcana arcanissima, id est, Uierogiyphica M- <j!/ptio-grœca, in-V.
MAIER (Christophe) , savant controversiste jésuite, natif d'Augsbourg, mort en
1626, Agé de 58 ans, dont on a quelques ouvra.es écrits avec assez de chaleur.
MAIER (Jean-Frédémc). Voy. Mayer.
MAIGNAN ou MAGNAN (Emmanuel), Ma-
(jntuins. religieux minime, né à Toulouse, . le 17 juillet 1601, apprit les mathématiques sans maître, et les professa à Rome, où il y a eu pendant longtemps en cette science un prof sseur minime français. Kircher lui disputa la gloire de quelques-unes de ses découvertes en mathématiques et en physique. Revenu a Toulouse, le P. Magnan fut honoré d'une visite de Louis XIV, lorsque, venant d'épouser l'infante d'ÉSpagne, il passa par celte ville en 16(,0. Ce monarque, frappé <\r^ talents de ce religieux, voulut l'attirer dans la capitale; mais le P. Maignan s'en défendit avec autant de douceur que de modestie. Il mourut à Toulouse le 2*J octobre 1676, après avoir passé par les charges de son ordre. Sa patrie plaça son buste, avec une inscription honorable, dans la galerie des hommes illustres. Le P. Maignau enrichit le public des ouvrages suivants : Perspectiva horaria, 1648, in-fol-, Rome. C'est un traité de catoptrique, dans lequel l'auteur donne de bonnes règles sur cette partie de la perspective. On y trouve aussi la méthode de polir les cristaux pour les lunettes d'approche. Celles que le P. Maignan lit conformément à ses règles , étaient les plus longues qu'on eût encore vues. Un Cours de philosophie, en latin, in-fol., Lyon, 1673, et Toulouse , 1763, k tom. in-4.°. 11 n'est plus d'aucun usage dans les écoles. L'auteur y attribue à la différente combinaison des atomes tous les effets de la nature, que Descartes fait naître de ses trois sortes de matières. Si on jugeait de son esprit par ce système, on n'en concevrait point une idée fort brillante. 11 faut cependant observer qu'il s'éloignait infiniment d'Ëpicure, en supposant) non-seulement pour l'existence, mais encore pour la combinaison des atomes , un être souverainement puissant et sage. Il se défendit le mieux qu'il put contre ses critiques dans sa Philosophia sacra, qui fut suivie de plusieurs appendices. De usu licito pecuniœ, 1673, in-12. Le P. Maignan s'écarte, dans ce traité sur l'usure, de l'opinion commune des théologiens, et son sentiment a depuis été adopté par une mulitude de juristes et de commerçants. Cependant, a bien prendre la chose, L'ancienne doctrine théologique subsiste toujours, et se retrouve dans les subtilités mêmes qu'on imagine pour l'éluder, cl qui ; rouvent précisément qu'on ne l'a pas bien comprise, et qu'on lui donne une rigueur et une étendue qu'elle n'a pas. On remarque qu'en général il avait du penchant pour les singularités 11 lit bien des eil'orts pour concilier les différentes opinions de l'école, entre autres cèdes des thomistes sur la gr.'iCe, avec cèdes des sectateurs de Molina; tuais ces eiforts ne servirent qu'à montrer combien cette matière est obscure et impénétrable. (Voy. Merlin, Charles.) Le P. Saguens, son élève, a éciit sa Vie; elle parut à Toulouse en 1697, in-i°, sous ce titre :
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De vita, moribus et scriptis Emmanuelis MagAani.'Où peut encore consumer: Projet pour l'histoire du P. Maignan, et apologie de la doctrine de ce philosophe, en forme de leltie à tous les savants , particulièrement à ceux de J 'ordre des minimes, par le P. H. P. du même ordre, 1703, in-12.
MAIGROT (Charles), né à Paris en 1652, docteur de la maison de Sorbonne, vivait dans le séminaire des Missions Etrangères, lorsqu'il fut envoyé à la Chine. A peine eut-il rempli quelque temps les fonctions de missionnaire qu'il fut nommé àl'évôché de Coli'pn, in parlibus, avec le iitre de vicaire apostolique. L'abbé Maigrot était un hommo d'un èle ardent. Il desapprouva la conduite des jésuites, condamna la mémoire de leur plus digne missionnaire , le P. Matthieu Ricci, et déclara les rites observés pour la sépulture absolument superstitieux et idolâtres. Dans les lettrés , il ne vit que des athées et des matérialistes. Le mandement publie en 1693, dans lequel il prononçait ces anathèmes, déplut à la plupart des ouvriers évaug'liques. L'empereur en fut fort irrité. Le patriarche d'Antioche, légat apostolique à la Chine , tacha d'adoucir ce prince, et loua beaucoup, dans 1 audience publique qu'il eut de l'empereur en 1706, la science de M. de Cocon dans la largue et les allaircs chinoises. Le mo.iarquele lit venir, l'interrogea et fut fat surp . is de ce que ses réponses ne répondaient pas à l'idée que iui en avait donnée M. de Tournon. De quatre caractères gravés au dessus du trône, dont on lui demanda l'explication, Maigret n'en put lire que de x qui étaient des plus ordinaires , et n'en put expliquer aucun. L'empereur en témoigna sa surprise dans un décret qu'il lui adressa le second jour d'août de la même année ; peu «près il i'exila, et se p'aignit de ce que les missionnaires lui avaient caché plu-ieurs déni rches de Maigrot, dont il n'ava.t été instruit que par l'imprudence d'un ecclésiastique, son ami, nommé Guctti, qui, dans un interrogatoire, n'eut i>as la présence d'esprit de les voiler. Maigret linit sa cairière à Rome, le 28 féVi ier 1730. On a de lui des ObservaPons latines sur le livre XiX' de l'Histoire des jésuites de Jouvenci. Cet ouvrage, plein u'animosité, a été traduit en français sous ce titre : Examen des cultes chinois. Comme si un homme qui ignorait la langue chinoise su point que nous venons de dire, pou ail être juge uu sens des paroles et des usages île ce peuple. Ce qu'il y a de plus singulier* c'est que Maigrot ne put se défendre de les avoir pratiqués lui-même dans la province de sa juridiction. De ce fait qu'on n'a pas contesté parce qu'il était trop notoire, il suit au moins que l'évoque de Conon ne savait trop à quoi s'en tenir sur la question des cérémonies: ou ceux a qui il en faisait un crime n'étaient pas véritablement coupables, ou il l'était lui-même autant qu'eux. Maigrot cependant mérila la bienveillance des papes Clément XI, Innocent XIII et Benoit Xlil.
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MAILLA ou plutôt MAILLAC ( Joseph- Anne-Marie de Moyria de), savant jésuite, né en 1679, au château de Maillac, dans le Bugey, fut nommé missionnaiie de la Chine, où il passa en 1703. Dès l'âge de 28 ans il était si versé dans les caractères, les arts, les sciences, la mythologie et les anciens livres des Chinois, qu'il étonnait, malgré leur présomptueuse vanité, les lettrés eux-mêmes.
L'empeur Kang-îli, mort en 1722, l'aimait et l'estimait. Ce prince le chargea, avec d'autres mis- i'M na res, de lever la Carte de la Chine et de la Turtarie chinoise, qui fut gravée en France l'an 1732. 11 leva encore des cartes particulières de quelques provinces de ce vaste empire. L'empereur en lut si satisfait, qu'il fixa l'autour dans sa cour. Le Père de Maillac traduisit aussi les grandes Annales de la Chine en français, et fit passer son manuscrit en Fiance l'an i737. Cet ouvrage, intitulé Histoire générale de la Chine, a été publié à Paris par les soins de l'abbé Crosier, en 13 vol. in-4°, 1777 à 1785, amas de contes, de fables et d'anachronism s de tous ks genres, si l'on en excepte les derniers temps qui en sont moins chargés. C'est le jugement qu'ont porté de ces fameuses Annales tous les savants non prévenus; et il est étonnant qu'après cola M. Grosier en ait eut; épris l'édition. «Les historiens chinois (di- « sent les .uteursanglaisdelanouvelle///sfo?'re « universelle, hv. iv, chap. 11) ont ridicule- « mont appliqué à l'état ancien de leur mo- « narchie , les notions confuses que la tra- « dition leur avait transmises, touchant la « création du mondo, la formation del'hom- « me, le déluge et l'inst.tution des arts. De « tout cela ils ont composé un système « monstrueux d'histoire, etc. » Boyer, auteur très-versé dans l'histoire chinoise, n'a pas meilleure opinion des anciens monuments de ce peuple. Fouquet, évoque titu-r laired'FIcuthéropolis, a publié, en 1729, une table chronologique de l'empire chinois, rédigée par un seigneur tartare. Cette table lixe le commencement de la véritable chronologie d s Chinois au règne de L^e-Vang, l'année 434, avant Jésus-Christ; et on pourrait, pour d'excellentes raisons, la fixer à un temps postérieur, comme a fait le célèbre Goguet, dans son profond el lumineux ouvrage sur Y Origine des lois, tom. III, disse t. 3. « On peut assurer hardiment, dit-il, « que jusqu'à ï an 206 avant Jésus-Christ, « leur histoire ne mérite aucune croyance. « C'est un tissu perpétuel de fables e! de « contradictions; c'est un chaos monstrueux « dont on ne saurai t exlraire rien de suivi « et de raisonnable. » Le style de ces Annales ne vaut pas mieux que les choses. Au-si l'éditeur a-t-il taché de le réformer, quoique avec un faible succès; il a supprimé des harangues amphigouriques et insupportablement monotones, des l^perbo es révoltantes, et une infinité d'endroits parfaitement ridicules... Le Père de Maillac mourut à Pékin le 28juin 1748, dans sa 79e année, après un séjour de 45 ans à la Chine. L'empereur hhian-Loung lit les frais de ses funérailles.
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Ce jésuite était un homme d'un caractère vif et doux, capable d'un travail opiniâtre et d'une activité que rien ne refroidissait. Sa contiance apparente dans les rodomontades chinoises doit être considérée comme une faiblesse indispensable chez cette nation vaine et violente. On trouve son Eloge à la tête du tom. XXVIII' des Lettres édifiantes. Voy. Le Comte et du Halde.
MAILLARD (Olivier), fameux prédicateur cordelier, né en Bretagne dans le xv' siècle, docteur en théologie de la faculté de Paris, fut chargé d'emplois honorables par le pape Innocent VIII, par Charles VIII, roi de France, par Ferdinand, roi d'Aragon, etc. 11 mourut à Toulouse le 13 juin 1502. 11 laissa des Sermons remplis de plates bouffonneries, de traits ridicules. Ses Sermons latins furent imprimés à Paris depuis 1511 jusqu'en 1530, en sept parties qui forment trois volumes in-8". La pièce la plus originale de ce prédicateur est son sermon prêché à Bruges le cinquième dimanche de Carême en 1500, imprimé sans date, in-i°, où sont marqués en marge, par des hem! hem! les endroits où le prédicateur s'était arrêté pour tousser. On se tromperait si on croyait que la manière de prêcher du P. Maillard était celle généralement en usage de son temps. Nous avons des sermons de son siècle qui, sans être éloquents et méthodiques , sont du moins instructifs et décent*;. On a encore de lui : La Confession générale du frère Olivier Maillard, Lyon, 1520, in-8°. M. Gabriel Peignot a donné une nouvelle édition de cet ouvrage composé en 1W0; il l'a publié comme monument de la langue française au xvr siècle, avec une Notice sur l'auteur, des Notes et une Table des matières, Paris, 1828,
MAILLE (Louis), prêtre du diocèse d'Aix en Provence, prit paît à l'affaire des Filles de l'Enfance, et se retira à Rome dans le but de les servir auprès d'Innocent XI, qui protégeait leur institution. 11 ne réussit pas dans son projet; mais la connaissance qu'il lit de la plupart des cardinaux l'engagea à se fixer dans cette capitale, où il fut nommé professeur au collège de la Sapience. L'abbé Maille s'acquitta de cette charge avec distinction, et obtint l'estime de Clément XI; cependant le cardinal de Janson, ministre du roi de France aupiès du saint-siége, s'étant plaint de lui comme attaché à la cause du jansénisme, il fut arrêté et enfermé au château Saint-Ange, où il demeura l'espace de cinq ans, pendant lesquels il loucha néanmoins les émoluments de sa chaire de professeur. Remis en liberté à la mort de Louis XIV, il rentra en France, et fut placé par le cardinal de Noailles chez les doctrinaires de Saint-Charles à Paris, où il mourut le 8 août 1738, âgé de 81 ans.
MAILLE (N.), oratorien, né en 1707 à Brignoles, au diocèse d'Aix, professa successivement dans sa congrégation les humanités, la rhétorique , la philosophie et la théologie, pendant dix ans. Quoiqu'il n'eût aucun degré dans la cléricature , il remplissait avec
une exactitude exemplaire tous les devoirs de la communauté, et était assidu à tous les exercices. Sa conformité d'opinions sur les matières de. la grâce, et de sentiments a l'égard de la société des jésuites avec M. de Fitz-James, évêque de Soissons, le fit appeler par ce prélat pour professer la théologie dans son séminaire épiscopal, avec offre de l'élever aux ordres. Le Père Maille s'y refusa parce qu'il n'aurait point obtenu de lettres dimissoriales de l'archevêque d'Aix, à moins de signer le formulaire. 11 se retira à Marseille , où il mourut le k mai 1762. âgé de 55 ans. On a de lui : Le Père Berruyer convaincu d'arianisme, de pélagianisme et de nestorianisme, 2 vol. in-12, 1755; Le Père Berruyer convaincu d'obstination dans l'arianisme, etc., 1756, 1 vol. Les imputations d'arianisme , etc. , et, à plus forte raison, d'obstination dans cette hérésie, dont le Père Maille chargeait Berruyer, étaient peu charitables et nullement vraies, puisque ce dernier, dès 175V, avait adhéré à la censure de son livre, par un acte de soumission lu en Sorbonne. Voy. Berruyer.
MAILLÉ DE BRÉZÉ (Simon de), d'une des plus illustres et des plus anciennes maisons de la Touraine, d'abord religieux de Cîteaux et abbé deLoroux, devint évoque de Viviers, puis archevêque de Tours en 1554. Il accompagna le cardinal de Lorraine au concile de Trente , et tint un concile provincial à Tours en 1583. 11 traduisit du grec en latin quelques homélies de saint Basile , et mourut en 1597, à 82 ans , avec une grande réputation de savoir et de sainteté. La maison de Maiilé était très-florissante dès le xir siècle. — Jacquelin de Maillé , chevalier de l'ordre des Templiers, combattit avec tant de valeur contre les infidèles , qu'ils crurent qu'il y avait en lui quelque chose de divin. Ils le prirent pour le saint George des chrétiens. On prétend qu'après qu'il eut été accablé sous la multitude de traits qu'on lança sur lui , les barbares ramassèrent avec une espèce de superstition la poussière arrosée de son sang, pour s'en frotter le corps.
MAIMBOURG (Louis), célèbre jésuite , né à Nancy en 1610 , de parents nobles , se fit un nom par ses prédications. Obligé de sortir de la compagnie de Jésus par ordre du pape Innocent XI, en 1682, pour avoir écrit contre la cour de Rome en faveur du clergé de France , il fut gratifié d'une pension du roi , qui sollicita en vain ses supérieurs de ne pas l'exclure de la société. Les jansénistes eurent en lui un ennemi ardent. 11 se signala contre eux en chaire et dans le cabinet, et attaqua surtout le Nouveau Testament de Mons. Il se choisit une retraite à l'abbaye Saint-VictordeParis,oùil mourut d'«poplexie en 1686 , à 76 ans. Maimbourg était d'un caractère plein de hardiesse et de vivacité. On a de lui un grand nombre d'ouvrages historiques, qui forment 14- vo!. in-i°, et 2li vol. in-12. Nous nommerons seulement : Y Histoire des croisades, 2 vol. in-4°, ou + vol. in-12, écrite avec agrément , mais remplie de faits douteux, quoique l'auteur ait puisé ceux qui