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paraissent les moins croyables dans des Iris- et Sermons choisis de Simon de la Viergr et toriens célèbres et souvent contemporains ; de François de Toulouse (première partie), l'Histoire de la décadence de l'empire de Char- en 1 vol. in-4°, faisant partie de la Colleclemagne, 2 vol. in-12. L'auteur y discute as- tion des Orateurs sacrés. La ne partie, avec sez bien les querelles de l'empire et du sa- les OEuvres de Treuvé, forme un 2e volume, cerdoce. L'Histoire de la ligue, in-4° , ou en MA1MBOURG (Théodore), cousin du pré- 2 vol. in-12. On v trouve des choses assez eu- cèdent, se fit calviniste , rentra ensuite dans rieuses, entre autres la pièce fondamentale l'Eglise catholique , puis retourna de noude la ligue, qui est l'acte d'association de la veau à la religion prétendue réformée , et noblesse française. Histoire du pontificat de mourut socinien , à Londros , vers 1693. On saint Grégoire le Grand , et de celui de saint a de lui une Réponse à l'Exposition de la foi Léon, fortement attaquée , ainsi que l'ou- catholique, de Bossuet, qui n'eut pas de sucvrage suivant, par le cardinal Sfondrati, dans ces , et qui ne fit que prouver que l'ouvrage sa Gallia vindicata, 2 vol. in-4° ou in-12 ; de ce prélat est un chef-d'œuvre. Traité historique des prérogatives de VEglise MAIMONIDE , ou BEN MAIMON (Moïse) , de Rome. 11 y établit très-bien l'autorité de célèbre rabbin, né à Cordoue en 1139, suil'Eglise contre les protestants ; mais il n'a vaut le comput le plus probable , et suivant pas le même succès lorsqu'il sort de là, et le calcul de différents rabbins , en 1131 ou qu'il prétend réfuter ce que Sebeelstrate a 1136, étudia sous les plus habiles maîtres, écrit sur les actes du concile deConstance. et en particulier sousAverrhoès. Après avoir Plusieurs ouvrages de controverse ; leslZïs- fait de grands progrès dans les langues et toires deYarianisme,dcs iconoclastes, duluthé- dans les sciences, il alla en Egypte, et deranisme, du calvinisme, du schisme des Grecs, vint premier médecin du sultan Saladin et du grand schisme d'Occident , etc. Il y a des de ses deux successeurs. Maïmonide eut un inexactitudes mais beaucoup de détails ap- grand crédit auprès de ces princes, et mouprofondis. « Les protestants, dit un critique, rut, comblé de gloire, d'honneurs et de ri- « dont il avait peint la secte au na'urel, chesses, en 1209 , ou, selon quelques-uns, « l'ont décrié avec fureur ; sur quoi bien des en 1205. On a de lui : un excellent Com- « orthodoxes l'ont jugé d'abord , sans autre mentaire en arabe sur la Mischna , qui a été «examen. Sans l'approuver en tout, on rend traduit en hébreu et en latin, et imprimé « aujourd'hui beaucoup plus de justice à sa avec la Mischna , Amsterdam , 1693, 16 vol. « fidélité dans les citations. Ce qui empêche in-folio ; un Abrégé du Talmud, en 4 parties, « peut-être le plus de dissiper entièrement sous le titre de lad Chazakah, c'est-à-dire « les fortes préventions qu'on avait conçues Main-Forte, Venise, 1551), 4 v.in-f°. Cet abrégé « contre lui, c'est la qualité de son style est écrit très-élégamment en hébreu, et passe « pompeux jusqu'à l'emphase, avec une sur- chez les Juifs pour un excellent ouvrage. Un « charge de faits pittoresques, qui, dans le traité intitulé : M or eh Nebochim ou Nevo- « genre grave de l'histoire , ôtent à la vérité chim, c'est-à-dire, Le guide de ceux quichan- « l'airde la vraisemblance. » Des Sermons con- cellcnt. Maïmonide l'avait composé en arabe; tre le Nouveau Testament de Mons, 2 vol. in-8". mais un juif le traduisit en hébreu, du vivant On sent assez qu'Arnauld et Nicole ne l'ont môme de l'auteur. Il parut à Venise en 1551, pas laissé parler seul. 11 eut quelques dill'é- in-fol. Buxtorf en a donné une bonne trarends avec le P. Bouhours , qui avait criri- duction latine, 1629, in-4°. Ce livre contient que, non sans raison, plusieurs de ses ex- en abrégé la théologie des Juifs, appuyée pressions. Ceux qui ont dit qu'il avait été sur des raisonnements philosophiques, qui mécontent de l'Exposition de la foi de Bos- déplurent d'abord et firent grand bruit, mais suet , et que , dans son Histoire du luthéra- qui furent dans la suite adoptés presque gônisme , il avait fait le poi trait de ce prélat et néralement. Un ouvrage intitulé : Sepherla critique de son ouvrage sous le nom du Milzvoth, c'est-à-dire le Livre des préceptes, cardinal Contarini , ont écrit une calomnie hébreu-latin, Amsterdam, 1660, in-4°. C'est grossière , suffisamment réfutée par la sim- une explication des 613 préceptes aifirmaifs pie lecture de eet endroit (liv. m, ann. 15'i4). et négitifs de la Loi ; un traité De idolola- On a remarqué que ses sermons, tous d'une tria, trad. par Vossius, Amsterdam, 1642, 2 froideur insupportable, ont été le fruit de sa vol. in-4° ; De rébus Christi, trad. par G néjeunesse, et que ses histoires , où respire brard, 1573, in-8° ; Aphorismi secundum doctant de vivacité, ont été composées dans trinamGalcni, Bologne, 1489, in-4° ; Tractatus un âge mûr. Bayle, qui ne peut être suspect de regimine sanitatis, écrit en arabe, et dont à son sujet , lui trouvait un talent parlicu- la version latine a paru à Augsbourg, 1518, lier pour l'histoire. « 11 y répand, dit-il, in-4°. Liber de cibis vetitis, ouv:aj;e curieux. « beaucoup d'agréments, plusieurs traits vifs trad. en latin par Marc Woeldicke, et publié « et quantités d'instructions incidentes ; il y à Copenhague en 1734, in-4°. On a encore « a peu d'historiens , même parmi ceux qui de Maïmonide plusieurs Epîtres et d'autres « écrivent mieux que lui, qui ont plus de ouvrages qui lui ont acquis une grande ré- « savoir , qui aient l'adresse d'attacher le putation. Les Juifs l'appellent YAigledes doc- « lecteur comme il le fait. » Et Voltaire dit, ■ teurs, et le regardent comme le plus ;>eau en parlant de Maimbourg : « Il eut d'abord génie qui ait paru depuis Moïse le législa- '( trop de vogue, et on l'a trop négligé en- teur. Maïmonide est souvent cité sous les « suite.» — M. l'abbé Migne a publié les OEu- noms de Moses Mgyptius, à cause de son sèvres ( oratoires) complètes du P. Maimbourg, jour en Egypte; de Moses Cordubensis, parce
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qu'il «'tait de Cordoue. On l'appelle aussi le Docteur 4e justice. 11 est souvent désigné par h; QOBû de Bombant, composé des lettres initiales R. M. B. M. qui indiquent son nom en
entier, c'est-à-dire Babbi, Moïse, lien vlils de), Mai mon. Les Juifs ont coutume de désigner ainsi les noms de leurs fameux rabbins par des lettres initiales. M. Michel Herr a donné en 1815 une Notice sur Matmonidr, philosophe juif du \u siècle, in-8" de 12 pages.
MAINFERME Jkw H La), religieux de Fonlevraidt, né I an 10.V0, à Orléans, mort au monastère de la Madeleine en 10!)3, à kl ans, publia une défe&âe de Robert d'Arbrisscl, sous ce titre : Clypcus Fontis-Ebraldtnsis ordinis nascentis, in quo antiquitates ordinis re fer tint ur, nolis historicis, moralibus atque thrologicis illustratus, Sauinur, 1684, 1088 et 16;>2, 3 vol. in-S". Le principal objet do cet ouvrage est de le justiiier du reproche d'avoir été trop familier avec ses religieuses : il le fait d'une manière pleinement satisfaisante ; mais ce qu'il dit de l'autorité que les religieuses de Fontcvrault ont sur les religieux et les prêtres qui dépendent d'elles, n'a pas paru également solide» Voij. Arbrissel. AiAiKL (Guillaume Le), né à Baracé en Anjou, eut part aux affaires les plus importantes, de son temps, fut nommé évoque d'Angers en 1290, assista au concile général de Vienne en 1311, et mourut en 1317. On a de lui an Mémoire sur cequ'd convenait de régler au concile de Vienne. On le trouve dans Raynaldus, sans nom d'auteur; un Journal important des principaux événements arrives sous son épiscopat : le P. d'Achcry l'a inséré dans le tome X de son Spicilégc ; des Statuts synodaux, qui se trouvent dans le recueil des staLuts du diocèse d'Angers. Gouvelle a écrit sa Vie, Angers, 1730, in-12. MAiRONlS (François deJ, fameux cordelier, vit le jour à Maironès, village dans la vallée de Raccelo. mette en Provence. 11 enseigna à Pans avec tant de réputation, qu'il y l'ut surnommé le Docteur éclairé. C'est le premier qui soutint lacté singulier appelé Sorbonique, dans lequel celui qui soutient est obligé de répondre aux difficultés qu'on lui propose depuis six heures du matin jusqu'à six heures du soir, sans interruption. On a de François de Maironis divers Traités de philosophie et de théologie, in-fol. 11 mourut à Plaisance, ville de France, en 1325. MAiSIÈRFS ou MALZ1ËRES (Philippe de), naquit dans le château de Maisières au diocèse d'Amiens, en 1312, porta successivement les armes en Sicile et en Aragon ; revint en sa patrie, où il obtint un canomeat ; entreprit ensuite le voyage de la Terre- Sainte, et se mit un an dans les troupes des intidèles pour s'instruire de leurs forces. Son mérite lui procura la place de chancelier de Pierre , successeur d'Hugues de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem, à qui ses conseils furent t. ès-utiles. A son retour en France, l'an 1372, Charles V lui donna une charge de conseiller d'Ltat, et le fit gouv< rneur du dauphin, depuis Charles VI. Enfin Maisières. dégoûté du monde, se retira 1 an
1380 chez les célestins do Paris. Il y finit ses jours, sans prendre l'habit, ni faire les vœux, h mourut en 1405, après leur avoir légué tous ses biens. C'est lui qui obtint de Charles VI, en 1305, l'abrogation de la coutume que l'on avait alors de refuser lo sacrement d pénitence aux criminels condamnés à mort. Les principaux, ouvrages de Maisières sont : Le Pèlerinage, du pauvre pèlerin ; Le Songe du pieux pèlerin. Dans l'un il expose les règles delà vertu, et dans l'autre il donne les moyens de fane cesser les vices. Le poirier fleuri en faveur d'un grand prince, manuscrit, etc. On lui a attribué le Songe du Vergier, 14-01, in-fol., mais il est plutôt de Raoul de Presle. L'abbé Lebeuf a publié une Notice sur la vie de Philippe de Maisières, dans le Recueil de l'académie des inscriptions, tom. XVII, et le Catalogue raisonné de ses ouvrages clans le même recueil, t. XVI. MAISTRE (Raoul Le), né à Rouen, embrassa l'ordre de Saint-Dominique en 1570, y enseigna la théologie, et fut chargé de divers emplois honorables. Il est auteur d'un livre intitulé : Origines des troubles de ce temps, discourant brièvement des princes illustres de la maison de Luxembourg. 11 donna aussi, en 1505, une Description du siège de Rouen. MAISTRE (Antoine Le), avocat au parlemement de Paris, naquit dans celte ville en 1608, d'Lsaac Le Maistre, maître des comptes, et de Catherine Arnauld, sœur du fameux Arnauld. Il plaida dès l'âge de 21 ans, et obtint tous les suffrage*. Le ch mcc.ier Seguier le tit recevoir conseiller d'iïlaf, et lui oll'rit la charge d'avocat-général au parlement de Metz ; mais il ne crut pas devoir l'accepter. Il se retira peu de temps après à Port- Royal, et y mourut en 1658, à 50 ans. Ou a de lui des Plaidoyers, imprimés plusieurs fois, et beaucoup moins applaudis à présent qu'ils ne le furent lorsqu'il les- prononça. Un auteur a dit, en parlant de Patru et de Le Maistre : « On trouve dans ces deux hoinm. s, « appelés les lumières du barreau, des ap- « plications forcées, un assemblage d idées « singulières et de mots emphatiques, un ton « de déclamateur ; quelques belles images, il « est vrai, mais su vent hors de place ; le na- « turel sacrifié à l'art, et l'état de la question « presque toujours perdu de vue. » De semblables plaidoyers ne doivent exciter d'autre admiration que celle d'avoir passé longtemps pour des modèles. La Traduction du Traité du sacerdoce de saint Jean-Chrysostome, avec une belle préface, in-12; une Vie de saint Bernard, in-8" et in-i°, sous le nom du sieur Lamy (toutes les éditions ne portent pas ce nom) : elle est moins estimée que celle du même saint par Villefore : la Traduction de plusieurs traités de ce Père: plusieurs Ecrits en faveur de Port-Royal ; la Vie de D. Barthélémy des Martyrs, avec du Fossé, Paris, 1663, in-V ; Liège, 1697, in-8°, bien écrite. l)upin, dans sa Bibiolhèque ecclésiastique du xvir' siècle, et l'abbé Goujat dans son supplément au Morévl, lui attribuent M Apologie par feu M. Vabbé de Saint- Cyran, 1644, in-4°.
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MAISTRE (Louis-Isaac Le), plus connu sous le nom de Sacy, était frère du précédent et neveu d'Antoine Arnauld; il naquit à Paris en 1613. Après avoir fait ses études sous les veux de l'abbé de Saint-Cyran, il fut élevé au sacerdoce en 1648, et cboisi pour diriger les relieuses et les solitaires de Port-Royal-des-Chanips. La réputation de janséniste qu'avait ce monastère lui occasionna des désagréments. Le directeur fut obligé de se cacher en 1660, et en 1661, il fut renfermé à la Bastiile, d'où il sortit en 1G68. 11 demeura à Paris jusqu'en 1675, qu'il se retira à Port-Royal, et fut obligé d'en sortir en 1676. Il alla se fixer à Pomponne, et y mourut en 1684, à 71 ans. On a de lui : la Traduction de la Bible, avec des explications du sens spirituel et littéral, tirées des saints Pères. Du Fossé, Huré, Le Tourneux en ont fait la plus grande partie. Cet ouvrage, plus élégant que savant, est en 32 vol. in-8°, Paris, 1682 et années suivantes. C'est l'édition la plus estimée. L'auteur refit trois fois la traduction du Nouveau-Testament, parce que la première fois le style lui en parut trop recherché, et la seconde fois trop simple. On contrefit l'édition de 32 vol. in-8°, à Bruxelles, en 40 vol. in-12. Les meilleures éditions de cette version ont été faites à Bruxelles, 1700,3 vol. in-4°; à Amsterdam, sous le nom de Paris, 1711, 8 vol. in-12; à Paris, en 1713, 2 vol. in-4°; et en 1715, avec des Notes et des concordes, 4 vol. in-iolio. La traduction du P. Carrières, aujourd'hui plus répandue, est moins élégante, mais plustidôle et surtout plus orthodoxe. La Bible de Sacy ne doit être lue qu'avec précaution : l'auteur, attaché au parti de Jausénius, y laisse percer quelquefois sa doctrine en interprétant a sa manière les passages de l'Ecriture qui peuvent y avoir rapport; une Traduction des Psaumes, selon l'hébreu et la Vulgate, in-12 ; une Version des Homélies de saint Chrysostome sur saint Mathieu, en 3 vol. in-8° ; la Traduction de l'Imitation de Jésus-Christ, sous le nom de du Beuil, prieur de Saint- Val, Paris, 1663, in-8°; celle de Phèdre, in-12, sous le nom de Saint-Aubin; de trois comédies de ïérence, in-12; des Lettres, de Bongars ; du porme de saint Prosper sur les ingrats, in-12, en vers et en prose; les Enluminures de Valmanach des jésuites, 1654, in-12, réimprimées en 1733. Il parut, en 1653, une estampe qui représentait la déroute du jansénisme foudroyé parles deux puissances, et la confusion des disciples de l'évêque d'Ypres, qui vont chercher un asile chez les calvinistes. Cette estampe irrita beaucoup les solitaires de Port-Royal. Sacy crut la faire tomber par ses Enluminures, dont Racine s'est moqué dans une de ses lettres. 11 est assez étrange en effet que des gens de goût et de piéié pussent écrire des satires qui blessaient l'un et l'autre : Heures de Port- Royal, que les jésuites appelaient Heures à la janséniste, et elles méritaient ce nom. L'exercice durant la mes.-e est tiré sans aucun changement de la Théologie familière de Saint-Cyran, condamnée en 1643 par M. de
Gondy, archevêque de Paris, et à Rome en 165V. Lettres de piété, Paris, 1690, 2 vot. in-8°. L'Abrégé de l'histoire de la Bible, avec des figures, publié sous le nom de Royaumont, qu'on attribue communément à M. de Sacv, est, selon quelques-uns, de Nicolas Fontaine, qui avait été son compagnon de prison, et qui a fait son éloge dans les Mémoires de Port Royal. Cet ouvrage, beaucoup répandu, est sèchement écrit, d'une mutation froide et parasite, quelquefois indiscrète et. peu assortie à l'âge pour lequel il fut fait. Quoique les erreurs du parti n'y soient pas prodiguées, elles ne laissent pas de se montrer dans l'occasion. On l'a remplacé avantageusement par ';':.';:/ ire abrégée de lareligion avant la venue de Jésus-Christ, Paris, 1791, 1 vol. in-12, < t V Histoire abrégée, de VEglise, par M. Lhomond, 1 vol. in-12, Palis et Liège. Yoy. le Journal historiq. et littér., i» mai, 17*91, p. 3.
MAISTRE (Joseph, comte de), ministre d'Etat de la cour de Piémont, écrivain politique et religieux, né à Chambéry, le 1er avril. 1753, d'une ancienne famille originaire de Languedoc, était fils du comte Xavier de Maistre, président du sénat de Pavie. Entré dans la magistrature en 1775, Joseph de Maistre fut du nombre des magistrats délégués par le gouvernement saule auprès du sénat de Savoie. De bonne heure il publia erueJques opuscules politiques dans lesquels il montrait les progrès de certains principes qui devaient enfanter la révolution française, et dans plusieurs occasions il prédit celte grande catastrophe. Le comte de Maistre fut nommé sénateur en 1787. Lors de l'invasion des Français en Savoie en 1793, il se retira en Piémont, et suivit son souverain dans l'île de Sardaigue. En 1/99, il fut nommé régent de la grande chancellerie de ôardaigne et envoyé à Saint-Pétersbourg en 1803 comme ministre plénipotentiaire. Il se fit connaître dans cette cour par ses tedents diplomatiques, et en même temps par la fermeté de ses principes et la sagesse de sa conduite. 11 paraît que le motif de son retour tient à l'expulsion des jésuites, avec lesquels il avait des relations intimes ; mais ce rappel ne fut point une disgrâce. De nouvelles dignités l'attendaient à la cour de son roi ; et à samort, arrivée le 25 février 1821 , il était ministre d'état, régent de la grande-chancellerie de Sardaigne, membre de l'académie de Turin, et chevalier grand-croix de l'ordre de Saint- Maurice et de Saint-Lazare. Quelque temps avant samort, il écivaitàM. deMarcellus, ancien député de la Gironde : « Je sens que ma san- « té et mon esprit s'affaiblissent ;ouslesjours. « Hic jacet ! voilà ce qui va bientôt me rester « de tous les biens de ce monde. Je finis avec « l'Europe, c'est s'en aller en bonne com- « pagnie... » Ses principaux écrits sont: Eloge de Victor-Amédée, Lyon, 1775, in-8°; Discours prononcé par les gens du roi, à la rentrée du sénat de Savoie, 178V, in-8°; deux Lettres !-/' - à ses compa-
triotes, 1793, in-8°; Adresse de quelques militaires savoisiens à la nation française. 1796,
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in-8°. Mallet-Dupan fut l'éditeur de cet ouvrage, où l'auteur démontre l'injustice des lois françaises contre les émigrés, et notamment contre les sujets du roi de Sardaigne ; Jean-Claude Têtu, maire de Montagnolc , 1795, in-8", brochure politique comre certaines dispositions du directoire fiançais; Considérations sur la France, Londres (Lausanne;, 1796, in-8'. «Cet ouvrage a eu un gran I nombre d'éditions; on en a fait trois clandestines à Paris, à Lyon et en Suisse, dans les années 1796 et 1797 : celle de Paris, Poîey, 1821", in-86, a été revue et corri-éo par] auteur; lissai sur le principe générateur des constitutions politiques et des autres institutions humaines, Pétersbourg, 1810, in-8°. L'auteur y établit, entre autres choses, que la puissance divine est la source immédrato de toute autorité sur la terre ; et en parlant des religions il s'exprime en ces termes : « Toujours il y a eu des religions sur la « terre; < t toujours il y a eu des impies qui «les ont combattues; toujours aussi l'im- « piété fut un crime; car comme il ne peut « y avoir de religion fausse sans aucun mé- « lange de vrai, d ne peut y. avoir d'impiété « qui ne combatte quoique vérité divine plus « ou moins défigurée; mais il ne peut y avoir « de véritable impiété qu'au sein de la véritable « religion ; et par une conséquence nécessaire, « jamais l'impiété n'a pu produire dans les « temps passés les maux qu'elle a produits « de nos jours; car elle est toujours coupable, « en raison des lumières qui l'environnent. « C'est par cette règle qu'il faut juger le « xvme siècle; car c'est sous ce point de vue « qu'il n.- ressemble à aucun autre. On en- « tend dire assez communément que tous les « siècles se ressemblent, et que tous les hom- « mes ont toujours été les mêmes. Mais il faut « bien se garder de ces maximes générales, « que la paresse ou la légèreté invente pour « se dispenser de réfléchir. Tous les siècles, « au contraire, et tontes les nations mani- « lestent un caractère particulier et dislinctif « qu'il faut considérer soigneusement. Sans « doute il y a eu toujours des vices dans le « monde; mais ces vices peuvent différer en « quantité, en nature, en qualité dominante « et en intensité. Or, quoiqu'il y ait toujours « eu des impies, jamais il n'y avait eu, avant « le xvmc siècle, et au sein du christianisme, « une insurrection contre Dieu ! jamais, sur- « tout, on n'avait vu une conspiration sacri- « lége ne tous les lalenis contre leur auteur : « or c'est ce que nous avons vu de nos « jours....» Et plus bas: « Ce ne fut donc « que dans la première partie du xvme siècle ' q ;e l'impiété devint réellement une puis- « sanee. On la voit d'abord s'étendre de « toutes ports avec une rapidité inconceva- « ble. Du palais à la cabane, elle se glisse « partout, elle infeste tout ; elle a des che- « m ns invisibles, une action cachée, m.iis
« infaillible Par un prestige inconceva-
« ble, elie se fait aimer de ceux même dont « elle est la | lus mortelle ennemie... » Sur les délais de la justice divine dans la punition des coupables, traduit du grec de Plutarque,
avec des notes, Lyon, Rusand, in-8° de 228 pages; Du Pape, par l'auteur des Considérations sur la France, Lyon, 1819, 2 vol. in-8°; 2e édition, augmentée et corrigée par l'auteur, 1821, 2 vol. in-8°. L'auteur consicère le pape, sous quatre points de vue, savoir, l°dans ses rapports avec l'Eglise catholique; 2° avec les souverainetés temporelles; 3° avec la civilisation et le bonheur des peuples; k° avec les églises schismatiques. De l'Eglise gallicane dans ses rapports avec le souverain pontife, pour servir de Suite à l'ouvrage intitulé : Du Pape, ;;nr routeur des Considérations sur la France, Paris, 1821, in-8°; Lyon, 1822 (posthume). M. l'abbé Baston publia une réfutation du livre de M. de Maistre, sous ce titie : Réclamations pour l'Eglise de France, et pour lavérité, contrel'ouvragede .VI. de Maistre, intitulé : Du Pape, et sa Suite; Les Soirées de Saint-Pétersbourg, ou Entretiens, etc., Paris, 1821, 2 vol. in-8". Cet ouvrage posthume eut un succès prodigieux. A travers quelques légers défauts auxquels l'auteur se laisse entraîner par un zèle louable, dans son origine, on remarque dans ces entretiens une morale pure el religieuse, l'amour de l'ordre et de la justice, de l'élévaiion dans la pensje, do la force et de l'éloquence dans le style. Lettre d'un gentilhomme russe sur l'inquisition espagnole, Paris, Méquignon aîné, 1822, in-8°. Yoy. Llorente. M. de Maistre laissait en manuscrit un Traité contre la philosophie de Bacon, qui a été imprimé depuis. 11 a paru une Défense des soirées de Saint-Pétersbourg par un ami de la sagesse et de la vérité, insérée dans un ouvrage qui a pour titre : Opuscules théologiques, Paris, Migneret, 1822, in-8°. On trouve une Notice sur le comte de Maistre dans le Journal de Savoie, 1821, p. 97-101, et dans la Minerve littéraire, tome II, p. 319- 322. M. Migue a publié en un seul volume : Considérations sur la France; Essai sur le principe générateur des constitutions ; Délais de la justice divine; Du pape et de l église gallicane; 1841, in-i°de v,H colonnes. — Son frère Xavier de Maistre, est auteur du Voyage autour de ma chambre, du Lépreux de la cité d'Aoste, et de plusieurs autres compositions gracieuses.
MA1US (Jean-Henri), théologien luthérien, né à Pfortzheim, dans le marquisat de Bade- Doui lach, en 1653, etaittres-ver.se dans Ja littérature hébraïque. Il enseigna les langues orientales avec réputation dans plusieurs académies, et en dernier lieu à Giessen, où il fut pasteur, et où il mourut l'an 1719. Il était profond dans l'amiquilé sacrée et profane. On a de Maius un très-grand nombre d'ouvrages; on y trouve beaucoup de savoir, mais aussi presque partout les préjugés de sa secte. Les principaux sont : Eistoria animalium Scripturœ sacrœ, in-8°; Vita J. Reuchlini, 1687, in-8'; Examen Hisloriœ criticœ Micardi Simonis , in-i° ; Synopsis theologiœ symbolicœ , in-i°; — Moralis , in-4°; — Judaicœ, in-4° ; Jntroductio ad studium philologicum , criticum et exegeticum, in-4°; Paraphrasis Epistolœ adHebrœos, in-i°; Theologia evangelica , 1701 et 1719 , k part, in-4"; Ani-